Un cerveau meublé à l’ancien
L’homme traverse ce siècle « branché fibre optique », montre connectée et téléphone scotché à la main.
Mais si un psy pousse la porte de son crâne, il tombe sur une maison de famille avec poutres apparentes, tapis élimés, baignoire en zinc et cheminée à l’ancienne.
À l’extérieur, apparemment, tout est « moderne ». À l’intérieur, c’est autre chose. Il a bien l’électricité, mais les murs pensent encore à la bougie.
Le cerveau humain adore les vieux meubles. Ils sentent la certitude, le vécu, le « ça a toujours été comme ça ».
Résultat : on achète le « tout nouveau gadget » tout en continuant à ranger nos émotions dans des armoires de famille et classer nos angoisses dans des bonnetières.
On croit avoir évolué parce qu’on est à l’heure de l’IA.

Mais en réalité, on cogite encore avec des instincts de caverne et des préjugés taillés dans le silex. Il suffit de soulever son tapis mental pour découvrir de la poussière préhistorique.
Cette postérité invisible, c’est ce qui nous retient quand une idée neuve survient.
On ne sait pas comment faire avec.
Faut-il laisser ce courant d’air frais s’extérioriser ou le claquemurer ?
Ce qui peut nous sauver, c’est que, même dans une très vieille maison, on peut toujours ouvrir une fenêtre. Laisser entrer un courant d’air qui soulèvera les rideaux, fera trembler les bibelots, dérangera les vieux cadres accrochés aux murs.
Et ce sera déjà une révolution.
Je suis hors-n’homme. Un neuroatypique à dominance dyslexique atteint d’aphantasie : incapable de fabriquer des images mentales et de se représenter un lieu ou un visage. Mes facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau et mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Si vous remarquez une faute, merci de me la signaler : association.entre2lettre@gmail.com


Un lieu sûr
Vous en êtes encore à la fibre optique ?
Je me suis fait implanter une puce Musk dans le cerveau, en tout cas, ce qu’il en reste.
L’ensemble de mes souvenirs, connaissances et émotions y sont stockés. Mon cerveau ne me sert plus qu’à essayer de trier les milliards d’informations qui me parviennent, à flux continue. Comment distinguer le vrai du faux, l’essentiel de l’accessoire ?
Ne pouvant pas vraiment me débrancher de ce torrent de données, j’ai commencé par arrêter de l’alimenter. Tous ces inconnus se foutent bien de mon avis, je ne le donne plus que dans le secret de l’isoloir, en allant voter. Ça m’évitera les avalanches de haine consécutives à tout avis contradictoire, désormais.
Je ne crache pas dans la soupe, car, plutôt que de la subir, on peut obtenir instantanément, par une simple pensée, l’information que nous avons choisie. Pourquoi renoncer à ce formidable agrégateur de la pensée et de la connaissance humaine ? Bien sûr il faut trier, recouper et valider les infos, à la manière d’un journaliste, mais il s’agit là d’un effort minime par rapport à cette formidable moisson.
Pour me préserver, en ouvrant une fenêtre apaisante dans mon esprit accaparé, je me réfugie dans un endroit sûr. Ce petit appartement à la montagne, dans lequel mes parents recevaient une foule d’amis et la famille, quand j’étais gosse. Ils étaient tous authentiques et pleins d’émotions positives. Nous partagions des fondues mémorables, dormions en vrac sur les banquettes où sous la table. Nous allions skier en hiver et nous partions en randonnée l’été, toute la journée, dans un décor de rêve.
Une fenêtre ouverte sur le bonheur. Je me souviens 60 ans après de chaque détail de la décoration sobre, fonctionnelle et de bon goût, de ce magnifique écrin d’une vie heureuse avec les autres. j’y retourne dès que je peux, grâce à ce bout de mémoire intacte. Ce sera sans doute ma dernière image joyeuse quand je fermerai les yeux, reconnaissant à la vie, de l’avoir vécue.
Je ne dirai pas que : « c’était mieux avant »… parce qu’aujourd’hui c’est bien aussi ! Quand j’étais en activité, j’ai vu arriver les premiers ordinateurs reliés à une méga imprimante… je me souviens de la réaction de certains personnels qui avaient l’habitude du papier, du crayon et de la gomme… il leur a fallu un temps d’adaptation à la modernisation de nos procédures de travail… la première réaction a été le rejet… mais, après avoir dompté le clavier et la souris… il leur a été impossible de revenir en arrière. Et, lorsqu’une panne intervenait… c’était un drame. Comme quoi… il est bon d’aller de l’avant !
Il se pourrait que notre cerveau, parfois, ne soit qu’une maison pleine de courants d’air. Tout dépend de la manière dont nous utilisons les outils à notre disposition. Dans le monde de la matière, tout possède une double polarité : à nous de choisir celle qui favorise réellement l’évolution de notre humanité.
Pour ma part, je vois le cerveau comme un simple récepteur : il stocke, analyse, compare. Mais il n’est pas la conscience. Celle-ci n’est pas locale, mais extraneuronale (expériences EMI).
Si nous nous fions uniquement au cerveau pour appréhender le réel, il résistera au nouveau, puisqu’il devra d’abord le tester, le mesurer, l’évaluer. La conscience, au contraire, explore. Elle voyage léger, avance vite, curieuse et intrépide.
Au fond, tout est question de perception, de niveau de conscience. Nous pouvons nous réfugier dans le connu, dans l’accumulation rassurante, ou choisir d’embrasser le changement, l’impermanence, là où naissent les graines du nouveau.
Comme ces rendez-vous du mercredi sont enrichissants !
Un artiste a créé un sculpture de poussières du Musée de la Chasse , elle interpelle ..
entendu dans le bus, l’ IA ,, intelligence des ancêtres ….
On vit une époque formidable …
Un artiste a fait une sculpture des poussières du Muséee de la Chasse ….
elle interpelle ..
Deux dames discutant dans le métro afiirmaient que pour elles, IA == intellligence des ancêtres …
On vit une époque formidable !!!
Parfois à l’aide d’une bonne oreille professionnelle, on fracasse les vieilles armoires. On y trouve les tiroirs secrets où est cachée une histoire de famille jamais dévoilée. Dans la corniche poussiéreuse, un livre ouvert nous attend pour panser un mal héréditaire.
C’est joliment dit Sylviane😌
On nous interdirait presque de dire le mot « Noël » au nom des idées modernes.
Mais le Progrès oublie que la Tradition a plus de capacités à se renouveler que le dit Progrès.
Progrès ou idéologie ?
Je crois que l’idée de progrès est devenue une idéologie progressiste qui montre ses limites et qu’un retour aux valeurs traditionnelles se dessine dans le temps long.
On verra bien !
Enfin, la voici notre petite chronique du mercredi ! Merci Pascal. Je brule de l’envie d’y répondre, mais je risque de ne pas être à l’heure à mon rendez-vous. Alors, à ce soir, et au plaisir de lire chacun de vous. 🙂
Pfff. Je suis si pressée que le mot brûle en a perdu son chapeau. 😀