Ressuscité sur un passage piéton

Nous étions plantés devant le passage piéton, derrière nous, un petit groupe d’écoliers, cartables au dos, encadrés par une jeune fille, attendait aussi.
Les voitures défilaient, pressées.
Une fois la voie libre, on s’apprêtait à traverser, quand une voiture déboula, moteur rugissant.
Mon ami, excédé, s’exclama : « Et encore un roulant à toute berzingue ! »
Les enfants, surpris par cette expression, ont ricané, entonné « À toute berzingue ! » : « À toute berzingue ! », puis traversé joyeusement la chaussée.
Heureux d’avoir découvert cette vieille tournure populaire
Ce jour-là, des mots anciens, que l’on croyait morts, ont ressuscité sur un passage piéton.
Se sont remis à vivre dans des bouches enfantines.
Comme nous, des termes et des expressions meurent de vieillesse.
Mais d’autres, parfois, retrouvent un souffle par hasard.
Et vous, connaissez-vous, des mots ou expressions qu’on n’entend plus, sauf dans nos souvenir ?
✍️ Le mot berzingue viendrait du (picard) brindezingue signifiant ivre. Par assimilation, on identifie l’ivresse à l’euphorie et donc à la vitesse.
Je suis hors-n’homme. Un neuroatypique à dominance dyslexique atteint d’aphantasie : incapable de fabriquer des images mentales et de se représenter un lieu ou un visage. Mes facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau et mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Si vous remarquez une faute, merci de me la signaler : association.entre2lettre@gmail.com


Scrogneugneu, saperlipopette,voilà que ce vieux croûton vient de casser sa pipe! A quatre- vingt- quinze piges, me direz-vous …
Un vrai rastaquouère qui houspillait sans arrêt sa marmaille. Il avait vécu avec une chouette nénétte qui potinait dès potron-minet
Qu’est ce que tu beurdasses? (qu’est-ce que tu fais en patois local). Je demande souvent cela à mes élèves et ils comprennent très bien ce que cela veut dire sans que je ne leur ai jamais donné la traduction et sans qu’ils la connaissent!
Moi je vais passer la panosse et on arrête de faire des gognes ,
j’enfile mes grolles je m’occupe du caïon pour ne pas prendre une avoinée .
Attention de ne pas revenir mâchurée , il faut prendre du souci et ne pas débarouler dans le fossé pour niouler après .
On n’oublie pas de se laver l’oignon …………………..
Deux collègues sont installés devant un pastaga, à la terrasse d’un café, à deux pas du Vieux Port. L’un d’eux, au débit de paroles assourdissant, n’a de cesse de raconter des salades :
– Arrête de m’emboucaner avec tes histoires de fadas , tu m’escagasses. Allez boulègue, sinon il n’y aura plus dégun pour faire une belote ! Lui lance l’autre.
À leur arrivée, une foule est assemblée devant l’entrée du club « L’As de pique » :
– C’est quoi ce moulon là-bas ?
– Ô regarde moi ça ! C’est Mimile, il ne tient plus debout tout seul. Il est complètement empégué ce jobastre ! Avec cette chaleur, il va caner ! Et en plus il chiale comme une madeleine.
– Il a voulu chaler Polo sur son vélo et ils sont tombés ! Lance quelqu’un.
– Ce matin, ils voulaient descendre en métro. Quand ils ont vu qu’ils étaient tous esquichés comme des sardines, Mimile a voulu prendre son vélo… rond comme une queue de pelle, voilà le résultat !
– Peuchère, l’a pas fait esprès!
– Ô bonne mère ! C’est sa femme qui va pas être ravie.
– De toute façon, elle marronne tout le temps !
– Ça c’est bien vrai. On va l’entendre jusqu’à l’an Pèbre !
Et la foule se disperse, indifférente au malheur de Mimile et Polo…
C’était une situation rocambolesque ; Une gourmandine hurluberlue s’ennuyait comme un crouton de pain derrière une malle. Elle en avait sa claque de cette vie de patachon. Entre tartempion celui qui yoyotait de la touffe, provoquait des embrouillaminis, en contant fleurette à la pépée avec qui il batifolait mais qui était à couteaux tirés avec les autres morues du bouge, au coin de la rue. C’était du délire ! Mais comment plier bagages et prendre la clef des champs ?
Saperlipopette brama le quidam les nerfs en pelote, ce zig va pas dégager la rue ? Ca fait une plombe que je poireaute dans ma chignole en plein cagnard.
Il se mit à traiter le casse bonbons de tous les noms :
paltroquet, goujat, j’en passe et meilleures
C’était le jour où nous pendions la crémaillère. Un type est arrivé, collet monté. Je faillis prendre mes cliques et mes claques. Mon coeur battait la chamade. Il venait faire son inventaire et saisir. Je me dis dans mon for intérieur, il va faire un carton, alors que tous n’étaient pas déballés. Nous étions en liesse et subitement, le pignon sur rue a jeté un froid.
En cinq sec, nous l’envoyâmes aux pelotes. Nous lui fîmes comprendre qu’il était à côté de la plaque. Nous lui avons coupé le sifflet. Au tiercé nous avions fait un tabac.
Il est reparti : « Au temps pour moi, dit-il ! »
Dès potron-minet, je suis partie faire mon jogging.
Bon, pas de quoi en faire tout un pataquès non plus… parce que tout le monde s’en bat l’œil !
Ça ne vaut pas tripette !
J’enfile ma gabardine, chausse mes snowboots, mets mon bada et je file chercher le bricheton…
Pas le temps de vous « raconter des carabistouilles », il ma faut filer « à fond les ballons » à mon rencard, en prenant garde de ne pas me « casser la margoulette ».