Exercice inédit d’écriture créative 57

Un violoncelle se rend chez un psy :
Le psy : –  Qu’est-ce qui ne va pas ?
Le violoncelle  : Je ne supporte plus les pianos !
Le psy :  Depuis quand ?
Le violoncelle : Depuis un certain Noël.

Imaginez la suite 

13 Responses

  1. Clémence dit :

    Un violoncelle se rend chez un psy :
    Le psy : –  Qu’est-ce qui ne va pas ?
    Le violoncelle  : Je ne supporte plus les pianos !
    Le psy :  Depuis quand ?
    Le violoncelle : Depuis un certain Noël.

    Cela faisait exactement trois ans que j’avais avait été recruté par cet Orchestre à la renommée grandissante.
    Trois année d’un immense bonheur.
    Jusqu’à un certain Noël.
    Noël comme la fête.
    Noël, comme ce violoncelliste prétentieux qui se gaussait de sa rime et qui replaça, à pique levée, mon alter ego installé à ma droite.
    Tenuto, je ressentis quelques bémols. Puis, sordino, ce sont quelques fausses notes qui se sont infiltrées. Ensuite, staccato , la gamme de mon mal-être se développa crescendo. Mes esses et mon âme soupiraient à cœur fendre, mon archet en perdait ses crins les plus nobles, issus de la queue d’un étalon noir.

    C’est alors qu’il me vint l’idée de les garder, ces crins, de les coller sur de petits cartons et d’y noter la date du concert ainsi que l’œuvre jouée. Lorsque leur nombre atteignit mon chiffre fétiche, 7, je décidai de consulter.

    Le psy : –  Qu’est-ce qui ne va pas ?
    Le violoncelle  : Je ne supporte plus les pianos !
    Le psy :  Depuis quand ?
    Le violoncelle : Depuis un certain Noël.
    Je m’affalai sur le canapé, frémissant de tout mon corps et grimaçant de toutes mes cordes. Mon manche hoquetait en un lamento morendo…
    – Vous ne supportez plus les pianos…
    – Je le les supporte plus, je les hais. J’en viendrais même à haïr mon chef d’orchestre qui n’a de cesse de me répéter « piano, piano » en pointant sa baguette vers moi…
    – Mais…
    – Mais je ne peux pas le haïr, il est tellement brillantissime ce maestro !
    – Et…
    – Il n’a de cesse de me répéter « piano, piano » mais il ne comprends pas – ou ne veut pas voir- pourquoi je joue un peu plus vite que le tempo. C’est la seule parade que j’aie trouvée.
    – Donc…
    – Donc, je joue presto pour éviter les coups de coude de mon voisin Noël, le second violoncelle….
    – Les coups de coude ?

    – En fait, le second violoncelle, je dois le reconnaître, est une exception. Il est gaucher et il a su imposer sa « gaucheté ». Regardez, quand vous jouez un instrument à cordes, vous tenez l’instrument de votre main gauche, vous l’appuyez sur votre épaule gauche et vous tenez l’archet de la main droite…

    – Et…

    – Et voilà mon problème, je ne veux ni me plaindre ni raccuser, mais j’ai de plus en plus de mal à supporter, de face, les « piano » du chef et , de côté, les coups de coude…

    – Et….

    – Je crois que je vais envisager mon départ. Qu’en pensez-vous ? Je pourrais faire une carrière de soliste, voire former un orchestre de chambre…Les œuvres ne manquent pas…L’Arpeggione de Schubert, Le duo violon, violoncelle KV 424 de Mozart, les derniers Quatuors à cordes de Beethoven, les Rossini, les….
    – Bien. Bien.

    – Et vous pensez que….

    – Je ne suis pas à votre place….

    Quelques mois plus tard, à Mariakerke, dans la petite église Onze-Lieve-Vrouwkerk, j’accompagnais, avec deux violons et un alto, un jeune clarinettiste.
    Au programme, le Quintette pour Clarinette de Mozart et le Trio des Quilles….

    Il m’arrive encore de jouer avec un piano, mais uniquement si c’est mon mari qui est au clavier…

    En hommage à tous mes amis musiciens.

  2. Sabine dit :

    Un violoncelle se rend chez un psy :
    Le psy : Qu’est-ce qui ne va pas ?
    Le violoncelle : Je ne supporte plus les pianos !
    Le psy : Depuis quand ?
    Le violoncelle : Depuis un certain Noël.
    Le psy : Que s’est-il passé ?
    le violoncelle : Le piano à queue du salon a fait sa crise, au moment où l’on posait tous les cadeaux sur lui. Monsieur se plaint parce qu’on ne voit pas ses cordes ! Il se moque de moi qui en exhibe quatre, alors qu’il en a plus de 200 qui restent cachées. Il voudrait qu’on ouvre son couvercle, au lieu de se servir de lui comme d’une table. Mais en réalité, savez-vous pourquoi il veut qu’on montre ses cordes ?
    Le psy : Non, dites.
    Le violoncelle : Pour prouver qu’on les frappe ! Il est devenu fou, docteur. Je vous le dis, IL EST FOU. Il raconte partout qu’on me caresse gentiment, alors que lui, on frappe ses cordes du matin au soir et du soir au matin.
    Le psy : Conseillez- lui se rendre à la S.P.IM., il vous fichera la paix.
    Le violoncelle : La S.P.I.M. ?
    Le psy : La Société Protectrice des Instruments de Musique. Là-bas, ils ont déjà recueilli une harpe qui se faisait pincer, une guitare qu’on électrocutait, un tambour qu’on battait à coup de baguettes…
    ©Margine

  3. Halima BELGHITI dit :

    Un violoncelle se rend chez un psy :
    Le psy : – Qu’est-ce qui ne va pas ?
    Le violoncelle : Je ne supporte plus les pianos !
    Le psy : Depuis quand ?
    Le violoncelle : Depuis un certain Noël.
    Le psy : Oui, racontez-moi
    Le Violoncelle : Voyez vous, docteur j’ai l’habitude de jouer dans des orchestres synphoniques dans lequels je suis presque toujours la vedette…Mon son se dégage nettement du son des autres instruments…Et le ou la violoncelliste est toujours mis en avant
    Le psy : Et donc ce Noël-là, que s’était-il passé ?
    Le Violoncelle: il y avait un piano
    Le psy : oui, c’est normal, c’était noël
    Le Violoncelle : oui, et tout le monde était agglutiné autour de lui
    Le psy: le piano souvent accompagne les chants de Noël. N’avez-vous pas joué ensemble?
    Le violoncelle : Non justement ! A chaque fois que j’essayais d’accompagner un chant, il refusait, il couvrait mes notes, il jouait soit plus vite, soit plus doucement… on était complètement désaccordés…c’était horrible !
    Comment vous êtes-vous senti?
    Le Violoncelle :-Je me suis senti repoussé, rejeté, mal-aimé, j’ai trouvé que son attitude était injuste avec moi; comme lorsqu’on ne voulait pas de moi à la fanfare du lycée…Tous y était, Trompettes, saxo; grosses caisses, cymbales…Ils n’ont pas voulu de moi sous prétexte que je n’étais pas un instrument à vent…
    Le psy: Qu’avez vous fait?
    -Jai un peu grincé des notes et j’ai préféré aller me coucher. Je me suis rangé dans mon étui. Je faisais un peu la tête à tout le monde, pas envie de parler, j’ai baissé le rideau…
    Le psy : Vous vous sentiez mieux ensuite…
    -Je continuais à entendre ce satané piano de mon étui et ces stupides chants de noël, chantés par des gens qui ne savent même pas chanté
    Le psy: C’est une veillée de noël pas un concert
    -Ben justement, je ne suis pas arrivé à trouver ma place docteur
    Le psy : Vous ne trouvez pas votre place ?
    -Non
    Le psy : Pourquoi ?
    Le Violoncelle : C’était pareil lorsque mon père a quitté ma mère pour une batterie, je n’arrivais plus à me situer. Je me suis sentie abandonné, j’étais perturbée… J’ai ressenti la même chose, lorsque le piano attirait tous les regards sur lui…
    Le psy : Vous êtes en colère contre votre père ?
    – Oui, très. C’est pas chic de nous abandonner ma mère et moi … et pour une batterie !!
    Le psy : Votre père n’est pas chic ?
    – Oui exactement !! Il aurait pu penser à moi… pensé que j’avais besoin de mes deux parents pour grandir
    Le psy : Ils n’ont pas pensé à vous ?
    – Non, ils auraient pû !!! Personne ne pense à moi
    Le psy: Isidore, est-ce que vous voyez que c’est une blessure d’enfance qui a été réactvée par la situation que vous avez vécu avec le piano…il vous renvoi à quelque chose de douloureux chez vous….
    -Oui, docteur vous avez raison. Le violoncelle sanglote…
    Le psy : -Pensez-vous que le piano y soit pour quelque chose ?
    – Non docteur, vous raison, j’ai une souffrance intérieure qui est réactivée par certaines choses que je vis
    Le psy: Nous avons bien avancés aujourd’hui. A la semaine prochaine.
    – D’accord docteur, merci beaucoup
    Le psy: Aurevoir Isidore, on se voit la semaine prochaine
    Isidore se dirigea vers la porte pour sortir. Il l’entrouvre et au moment de la franchir, il se retourne vers son psy une dernière fois avant de quitter la pièce :
    – Docteur, puis-je vous dire une dernière chose ?
    Le psy : -Bien sûr
    Le Violoncelle : -Je ne supporte plus les pianos !

    Halima BELGHITI

  4. – que s’est-il passé?
    – Oh c’est simple, il était prévu que le piano et moi jouions au dessert.
    – Le piano et vous?
    – Enfin quand je dis nous, il s’agit d’Ernest et Séraphine, qui devaient jouer pour la famille les derniers morceaux appris.
    – Et alors?
    – Alors cet imbécile d’Ernest s’est cassé le bras. Et ça a commencé à l’apéritif.
    -Qu’est ce qui a commencé à l’apéritif?
    Pendant 5 mn on a entendu des ’’alors Séraphine…tu nous joues quelque chose?’’ ..et puis Mademoiselle s’est mise à égrainer des notes au piano.
    – Mais il n’y avait rien de plus normal, c’était Noël!’
    – Vous parlez d’une fête pour moi! Je me trouvais à côté du piano, et comme je dérangeais on m’a mis près de la fenêtre, puis près de la porte! Et cette – Séraphine qui n’arrêtait pas de narguer son frère, enfin moi devrais-je dire!
    – Mais pourquoi se sentir attaqué de la sorte?
    Et bien voilà, d’habitude c’était moi qui récoltais les oh et les ah, devant le jeu d’Ernest, avec des ’’qu’est ce que c’est bien pour son âge’’, ou des ’’ce doit être difficile’’ et …j’en passe!
    – Mais pour une fois…
    – Pour une fois quoi? Et cette petite dinde à qui on a demandé de jouer entre chaque plat et au dessert. Et c’est là que…sniff sniff
    Mais pourquoi pleurez-vous?
    – Figurez-vous qu’ils m’ont rangé dans le placard de leur entrée qui n’est pas chauffée!….et j’y suis encore
    – Mais Ernest doit être guéri?
    – Pff …cet idiot est tombé de nouveau, et s’est reparti pour trois mois d’isolement pour moi!
    – Oui mais il faut relativiser, cela aurait pu arriver à Séraphine?
    – Vous vous moquez de moi, vous êtes naïf vraiment!… Vous avez déjà vu un piano dans un placard VOUS?!
    Geneviève Tavernier

  5. Hazem dit :

    Un violoncelle se rend chez un psy :
    Le psy : –  qu’est-ce qui ne va pas ?
    Le violoncelle  : Je ne supporte plus les pianos !
    Le psy :  Depuis quand ?
    Le violoncelle : Depuis un certain Noël.
    Le psy : hum ? Lequel ?
    Le violoncelle : Celui de 1997.
    Le psy : Que s’est-il passé ce jour-là ?
    Le violoncelle : J’ai vécu un échec total.
    Le psy : À quelle épreuve ?
    Le violoncelle : Une imposée par ma mère bien sûr !
    Le psy : J’écoute ?
    Le violoncelle : Elle a voulu que je lui transcrive la sonate au clair de lune de Beethoven en live devant notre famille.
    Le psy : C’est difficile…
    Le violoncelle : Je connaissais déjà très bien le morceau pour avoir écouté ma cousine Elké le répéter cent fois, elle le savait et m’entendait essayé de la jouer dans ma chambre, mais de là à le faire devant une esplanade bondée de cordes, pianos, la famille des vents au complet, cuivres et autres bois.
    Le psy : Vous dites bondée ?
    Le violoncelle : Hoo oui… À l’époque notre famille se réunissait encore en nombre, alors comprenez-moi, à peine seize ans et tout le monde savait que je convoitais la place de premier dans mon orchestre. Il y avait parmi eux des figures intimidantes et austères, mon oncle Classius, le premier violon de Madrid, grand père Altius, glockenspiel renommé de Londres, sans compter mon père.
    Le psy : Vous l’avez fait ?
    Le violoncelle : Je ne pouvais faire autrement. J’ai bombé ma caisse, affermi mes chevilles, je me suis dressé sur mon piquet, j’ai tendu mon archet et la tuerie à commencée.
    Le psy : Continuez…
    Le violoncelle : J’ai commencé comme il le fallait, d’un parfait adagio, bien soutenu, avec tout le résonnement que je pouvais offrir de mon bois encore jeune. À la fin des deux premières mesures, même les deux cousines trompettes on arrêté leurs sornettes pour prêter oreille à mon son, je me suis senti confiant.
    Le psy : …
    Le violoncelle : conscient que la cinquième mesure allait être un point difficile, je me suis concentré très fort et l’entrée en jeux de la deuxième mélodie n’a pas posé de problème, j’affirmai davantage mon acoustique.
    Le psy : …
    Le violoncelle : À la dixième mesure, quand ça se complique un peu, j’ai fait une petite faute. J’ai oublié le bécarre et joué un dièse au sol, dans l’ampleur de la sonorité c’était presque imperceptible, je ne l’ai en plus pas appuyé. La majorité de l’auditoire n’a pas remarqué l’erreur, mais ténue ou pas, les plus pointilleux ont froncé les cordes.
    Le psy : … hum ?
    Le violoncelle : J’ai continué jusqu’à ma chute attendue par les grands de la famille qui biaisaient le regard.
    Le psy : attendu ?
    Le violoncelle : certains le remarquèrent, je le sais, le morceau commencé trop haut, je n’anticipais pas que sans arrangement finir le morceau serait impossible. Le pied du mur apparut, je l’ai heurté à la dix-neuvième mesure quand je n’avais pas la note, même en fouillant toute ma table d’harmonie.
    Le psy : Donc vous détestez les pianos ?
    Le violoncelle : Oui, je les hais, ces grandes gigues avec leurs pavés de notes extravagants et éloquents.
    Le psy : Mais vous avez tout de même épaté tout le monde ce jour-là ?
    Le violoncelle : Tout le monde m’a complimenté, Altius, bien doté en notes également, est venu me taper sur l’épaule et m’a dit qu’avec l’expérience je ne ferai plus pareille bourde, mon père m’a tapé sur la volute en l’appelant petite linotte, joli jeu de mots d’ailleurs, car si j’avais déroulé toute la partition avant de me gonfler d’orgueil… pfff.
    Le psy : Et la suite du réveillon ?
    ….
    à suivre :p

    © Hazem A.A.H. 2012

  6. Caroline Basciani dit :

    Un violoncelle se rend chez un Psy :
    Le Psy :-Qu’es ce qui ne va pas ?
    Le violoncelle : Je ne supporte plus les pianos !
    Le Psy : Depuis quand ?

    LE VIOLONCELLE : Depuis un certain Noël, car comprenez moi, pour commencer je me suis retrouvé au seuil d’un couloir, debout, en pleine circulation, avec personne pour me prendre contre soi, réduit comme en d’autres temps à un simple accompagnement, et au gré des allées et venues des invités, en présence, paraît il, pour partager un moment d’amitié.
    Une situation « entre deux » oserais je dire, oui, entre cuisine et autres pièces de choix, et de surcroît, enfermé sans pouvoir -son- dire, ( mot dire) dans mon étui de silence, interdit d’expression…
    La crainte, qui sait ? Que mon archet incapable de conduire sa ligne toute droite comme il plairait à certains, ne vienne ouvrir le discours ambiant d’une soirée avant tout tonitruante, plutôt que vibrante et pourquoi pas différente ? Une soirée émotionnelle et musicale qui sont ma seule interprétation ? car je suis avant tout tendu à tous les vents, plutôt qu’expressif autrement. …

    Alors voilà, déjà, avant tout, on m’a fait entendre que je n’avais que la place d’un objet de décoration et point celle de compagnie, moi qui ne rêvait pourtant que d’une soyeuse harmonie, incapable de raconter des blagues certes, mais tout emprunt de liberté et de joyeuseté, je me suis retrouvé d’emblée, mis au placard des oubliés.

    Dans le salon, on avait installé le sapin et tout devant, en plein milieu de la pièce, trônait par dessus tout, le piano…Pourquoi pas ? Seulement, il faut bien comprendre qu’il se trouvait ainsi, lui, au coeur des conversations, et qu’il avait là, en priorité, de quoi entrevoir 1000 situations lui permettant en prime, comme à mon grand plaisir aussi, la possibilité de se pencher sur la gamme d’autant d’émotions lui permettant d’imaginer, de créer tant de mélodies et de chansons..!

    LE PSY : J’entends, j’entends……Qu’en étant si loin de toutes les conversations vous n’ayez pas pu ……Une place stratégique pour le piano diriez vous ?

    LE VIOLONCELLE : C’est bien ainsi que je ressens les choses. Imaginez donc, un couvercle ouvert à 45°? Rien que ça ! Et comme ci de rien était, dans sa grande robe noire d’apparat, prêt à capter toutes les paroles, les vibrations, et même quelques confidences appuyées, par des invités accoudés en toute sympathie sur les contours de sa table d’harmonie. Un tout plein d’émotions à saisir, à retenir, à perceptir (percevoir en langage violoncelle) à introduire au plus profond de lui pour de prochaines mélodies martelées du sceau de tant d’histoires de vies. Qu’elle chance à laquelle je n’aurai pas accès !

    LE PSY : De votre place qu’était il possible d’envisager pour vous ?

    LE VIOLONCELLE : Figurez vous, qu’appuyé contre mon mur, je devais me contenter des allers et retours des invités pris dans leurs intimes discours des grands soirs, sans un regard, perdu dans mon silence et pris de panique à l’idée qu’on m’oublie à ce point. J’étais prêt à bondir, mais de quoi aurais je eu l’air face à une assemblée venue se délecter d’une musique qui n’était pas la mienne ? Fier (car c’est bien là ce qui me caractérise aussi, j’en conviens), et bien conscient que ma vision de la partition de ce soir là, devait se contenir, au profit des notes (mots ) prévus d’avance, n’existant pas au fil des intentions et des valeurs de ma vie musicale, je laissais le discours, discourir …Incapable d’intervenir.

    Quelques belles robes plus légères que la mienne venaient me frôler, agripper mon étui de protection, s’appesantir sans attention sur mes cordes, qui bien que protéger par mon étui, vibraient maintenant de contusions posturales et non plus musicales. Des robes du dimanche, s’autorisaient à bousculer mes abords sensibles qui craignent si souvent de perdre l’équilibre tout en ayant pourtant fière allure…Je me trouvais alors pris au piège de vibrations abominables, parce que l’on m’a fabriqué comme ça et bien malgré moi, dès que j’ai des émois..Des états de mon âme.
    .Il me fallait rétablir sans cesse ma posture, me boucher les chevilles (les oreilles), tenter de vibrer moins fort, comprendre la fatigue, et la situation des robes et des beaux costumes qui en voulaient à la terre entière de ne pas festoyer ce soir là, et de se plaindre, et de se laisser aller… »Allons ! Disait l’un d’eux, se battre et défendre sa place, sa situation enfin quoi !? S’apitoyer ne sert à rien ce qu’il faut c’est réagir face aux évènements qui accablent ! »…

    Le tout, était distillé en paroles, paraboles, un verre de Champagne à la main, entre bon samaritains qui allaient faire travailler demain, des gens, des sans plus rien, enfermés dans des étuis de médisances avant que d’avoir eu véritablement la possibilité, de jouer leur propre musique de la vie….

    PSY : Et le piano, pendant ce temps là ?

    VIOLONCELLE : Lui, pensez donc, il était à la fête, pris à partie par les invités qui s’y étaient attablés, mais oui, monsieur ! lui, le piano ! une table devenue..Il faut bien le dire, tellement habitué à tous les échappements, puissants, piano et forte, e le comble c’est qu’il sautait en plus d’une idée à l’autre, une blanche, une noire, une blanche, une noire…..Sans se compliquer l’existence, se jouant de toutes les situations, le pédalier offert au gré de n’importe quelle mélodie…. Il pavanait en laissant s’échapper une grave par ci, une intermédiaire par là, sans parlé des aigües, dès qu’une coquette s’approchait et qu’elle laissait glisser ses ongles pointus et maquillés à souhait, sur ses Ses touches….Lui, il en profitait pour -pianoforter- à tous les vents, (comme qui dirait à tous les râteliers)

    Le PSY : Que faire dans une situation pareille d’après vous ?

    Le VIOLONCELLE : Rien mais rien ! -Piedtrifié- (debout dans l’horreur en langage violoncelle) dans mon absence, j’assistais de loin, à l’interprétation d’un piano qui se prenait pour le maître de cérémonie et même mieux, j’ose dire, pour une vedette !
    Voyez vous, difficile de rivaliser ? De tenter au moins d’exister ? Imaginez donc, moi qui avait été conçu dans une boutique de Luthier, à Venise, juste à côté de l’atelier de Maître Zanetti, le fabricant de masques !?…

    Il faut que je vous explique, que le Luthier, mon ami, m’avait créer en direct d’un arbre, un de ses proches les plus cher à son coeur, qui avait poussé au beau milieu d’un tout petit jardin, pas plus grand qu’un tapis déployé…
    Seulement voilà, un hiver, l’arbre s’était endormi pour toujours, même la Colombe venue tous les soirs sur une de ses branches avait disparue, alors le Luthier en désespoir de cause, m’avait inventé à partir du bois mort et abattu e son ami, puis, précieusement gardé jusqu’à ce jour où un pianiste, costumé, masqué, le premier matin du premier jour du carnaval, (le maitre de nos lieux, ce soir là…) était venu m’acheter et s’était acharné à faire sortir de moi, des sons et des mélodies martelées, en me forçant à être selon son bon vouloir musical…..Le Luthier l’avait prévenu pourtant en lui disant qu’il ne se jouerait des notes par moi, que sous les doigts d’un musicien porté par un réel sentiment de sincérité…
    Enfin, tout ça….Mon amie Lili Crayon, Clown et pas méchante pour deux sous, pourrait vous en conter mais c’est une autre histoire….Pardonnez moi, je m’égare…

    J’ai tout fait pour m’en sortir, pour être apprécié, tendre la note (main) à mon pianiste (le maître de notre lieux ce soir là) dans son approche, oui, j’ai tendu mes cordes à souhait, penché bien en arrière comme il se doit mon chevalet…Et pourtant, moi, le plus gros des violons en rêvant d’être le plus délicat, j’ai été mis en aparté d’une soirée de Noël dont j’aurai tant aimé qu’elle fut pour une fois, à nulle autre pareille, et non point une dysharmonie, que dis je ? Une cacophonie magistrale sans un soupir, ni même un sentiment…

    Le Psy : Et si vous aviez pu participer à cette cacophonie qu’auriez vous ….?

    LE VIOLONCELLE : Mais monsieur, monsieur, j’aurai, j’aurai…… illuminer mon archet et tenter le tout pour le tout, envoyer valser cette mécanique de perfusion pianottesque au profit d’une percussion Vivaldesque et printanière, cordes et âmes en tourbillons…Et puis, après ça, j’aurai jazzé toute la nuit et non pas jasé sur tous les ennuis des gens qui voudraient bien faire partie d’une soirée eux aussi…
    J’aurai mis le saxo, à contribution, planqué dans une malle, pour qu’il interpelle toutes les belles dames et les fassent danser au son de la diversité plutôt que toujours pianoter sur un instrument qui devrait se plaindre et se révolter de toutes les lettres à Elise « désinterprétée » ce soir là, par des voleurs de grands sentiments…
    J’aurai j’aurai j’aurai ….Demander au piano de m’accorder sa plus belle symphonie en fermant son couvercle de grand pimpant et nous aurions jouer la nuit de Noël en toute amitié….Mon archet tendu vers le but ultime , ses touches en harmonie vers le plus intime, et nous aurions alors, pu nous mettre au diapason de nos origines…Toutes d’eux pareillement issues d’un arbre un jour et quelque soit la façon…

    LE PSYCHIATRE : Que vous inspire cette phrase de Lao Tseu….La plus belle musique c’est le silence…?

    Et le VIOLONCELLE de répondre agacé :
    Et moi je vous dis comme l’aurait dit Debussy : « Qu’un grand Malher ne vient jamais seul », ainsi fut fait qu’au plus fort d’une marche funèbre mal jouée par un des invités qui voulait s’interpréter plutôt que d’interpréter, et tandis que je tenais le coup depuis le début de la soirée, sous le poids d’une trop grande indifférence, je me suis retrouvée au ras du pédalier du piano, humilié, en banc de « comptoir »pour tous les invités en mal de pouvoir (s), et dans l’impossibilité de s’asseoir, ailleurs que sur leur fierté !

    Vous comprendrez monsieur, pourquoi, et malgré toutes mes tentatives pour rester debout, je sois enclin à détester à présent, le piano, oui, celui par qui, accompagné des invités de ce soir là, la dysharmonie et la dignité furent mises à rude épreuve tandis que je ne rêvais que d’un peu d’attention et de vérité.
    Oui, j’en conviens, je suis d’une grande fierté, que me conseillez vous ?

    Le PSYCHIATRE :
    Non, vous ne me devez rien pour cette séance.
    Tous mes voeux de douce nouvelle année.

  7. Antonio dit :

    Le psy : Ah, bon ? Racontez-moi !
    Le violoncelle : C’était il y a deux ans. Pas ce Noël-ci mais celui d’avant. Les pianos se sont radinés sans qu’on les ait sonnés au FCI des SPF.
    Le psy : FCI des quoi ?
    Le violoncelle : oui, le Foyer Culturel des Instruments Sans Partition Fixe. On y fête Noël chaque année. On peut y déguster des symphonies, des allégrettos et toute sorte de musique qu’on sert sur un plateau. C’est vraiment très bon et tellement chaleureux à l’oreille … hum !!
    Le psy : et il n’y avait pas la place pour les pianos ?
    Le violoncelle : ce sont des pique-assiettes, ils ne peuvent s’empêcher de s’étaler. Ca picore une note, puis deux, quand ce n’est pas par poignée qu’ils avalent les mesures des partitions à leur portée.
    Le psy : et cela vous dérange que les pianos participent à la fête ?
    Le violoncelle : Mais ils ont tout. Ils ne sont pas dans le besoin. Ils jouent toute l’année, certains d’entre eux même à Pleyel. Ils sont la coqueluche du grand public, une vraie plaie pour nous. Il faut qu’ils viennent jouer jusque dans notre assiette, nous marteler les notes une à une, touche par touche, comme pour nous rappeler que nous ne les produisons pas aussi harmonieusement qu’eux. Aaaargh … ça me fait grincer de rage !
    Le psy : je vois. Et aujourd’hui que vous ont-ils fait pour être si mal en point ?
    Le violoncelle : On accordait nos violons avec ma copine, ce matin, quand une note venue d’ailleurs nous a stoppé net. Elle provenait d’un de ces pianos dans la salle d’à côté.
    Le psy : et ?
    Le violoncelle : J’ai pété une corde. J’ai archet jusqu’à lui et le ton est monté. Je lui ai dit d’arrêter ces fa-dièses et de fermer son clapet…
    Le psy : et ?
    Le violoncelle : il m’a collé un boogie woogie dans les temps et ni une ni deux, j’ai valsé sur le parquet. J’ai voulu me relever en m’accrochant à l’accord de sol mais j’ai glissé dessus et suis retombé sur le do.
    Le psy : et ?
    Le violoncelle : il était en do majeur quand j’étais endommagé. Il est passé en la mineur quand je me suis laminé…
    Le psy : et ?
    Le violoncelle : j’ai mi bémol et suis retourné voir ma mie. Le piano s’est remis en do mineur sans broncher, toujours bien droit contre le mur. Je ne supporte plus les pianos, docteur … hou, hou !!!

  8. Lafaurie dit :

    Un violoncelle se rend chez un psy :
     Le psy : – Qu’est-ce qui ne va pas ?
     Le violoncelle : Je ne supporte plus les pianos !
     Le psy : Depuis quand ?
     Le violoncelle : Depuis un certain Noël.
    Le psy : Ah bon, lequel ?
    Le violoncelle : le Noël blanc…
    Le psy : Eh bien, expliquez-vous !
    Le violoncelle : C’est simple, la partition ne comportait que des blanches et comme un fait exprès, ces messieurs les claviers frappaient des touches noires !
    Le psy : Et alors ?
    Le violoncelle : Comment vous dire, ils n’étaient pas dans le ton. C’était comme si avec leurs gros sabots de dièse, ils salissaient la neige d’argent.
    Le psy : Mais tout en frappant noir, ne maintenait-il pas la blanche ?
    Le violoncelle : Si fait mais c’était de la pure hypocrisie !
    Le psy : Je vois, je vois… à la réflexion, je vous vois avide de pureté et un brin asocial
    Le violoncelle : Que voulez-vous, le solo me va bien. Grâce à Rostropovitch, au pied du mur de Berlin, je suis devenu une star !
    Le psy : Et en plus mégalomaniaque, vous êtes sérieusement atteint. En tout cas, pour votre allergie, je ne vois qu’un remède, soigner le mal par le mal. Voyons, voyons…
    Le violoncelle : Eh bien docteur, je suis tout ouïe
    Le psy : Je vais vous prescrire une cure de Chopin mais, au début, respectez bien la dose : pianissimo !

    Alain Lafaurie

  9. Peggy dit :

    Un violoncelle se rend chez un psy :
    Le psy : –  Qu’est-ce qui ne va pas ?
    Le violoncelle  : Je ne supporte plus les pianos !
    Le psy :  Depuis quand ?
    Le violoncelle : Depuis un certain Noël. Ne croyez pas que je cherche à me vanter si je vous dis que tous les grands chefs d’orchestre me demandent, c’est juste pour vous donner une idée de mon niveau.

    Le violoncelle renifle.

    Excusez-moi, j’ai encore des difficultés à raconter cette histoire tant elle m’a bouleversée. Si vous connaissiez le bonheur de sentir l’archet frotter sur mes cordes ou les doigts de l’artiste les pincer pour en sortir LE son qui se rapprochera de la perfection, pouvoir palper l’émotion du public et saluer sous les ovations…
    Le psy : – S’il vous plait revenons à ce fameux Noël
    Le violoncelle : – J’y viens. On avait fait « un pont d’or » à mon Maître afin qu’il joue à Noël. Aldo serait au piano. Mon Maître et Aldo sont de vieux amis, et nous, leurs instruments servons avec admiration les deux virtuoses depuis longtemps. Une grande complicité s’est établie entre nous.
    Le psy : oui….
    Le violoncelle : – Donc, nous franchissons le porche d’un somptueux hôtel particulier. À l’intérieur, un piano à queue est installé dans une immense pièce décorée de fresques du XVIIIème. Un écrin pour un prestigieux Steinway et un violoncelle sortant du célèbre atelier de Stradivari.
    Le psy : – Et alors ?
    Le violoncelle : – Alors, une porte s’ouvre sur l’enfer. Un homme apparaît : – Maestro, merci d’avoir accepté de transcender mon art avec le vôtre. Comme vous le savez, dans quelques heures, je dois servir le repas le plus exceptionnel de ma carrière. Je me dois d’être, comment dire ? Divin .

    Nous voilà au milieu de légumes, de viande, de poissons, d’hommes s’activant dans un brouhaha indescriptible de casseroles, d’allées et venues. Je ne peux empêcher mes cordes de lâcher un son rageur, nous ne jouerons pas avec le grand Ciccolini* mais avec un Aldo Chef cuisinier !
    Mes cordes voudraient dire : – Maestro vous n’allez quand même pas jouer dans un office !
    J’essaie d’émettre des sons audibles dans cette cacophonie, alors que le Chef inspiré est en pleine création sur son piano de cuisine !
    Quelques heures plus tard, tout à son élaboration, Aldo plonge des fruits de mer dans une huile bouillante dont les éclaboussures viennent me souiller, moi, violoncelle sorti des mains du meilleur luthier du monde. Pas une excuse, le Maestro de la bouffe est dans un état second : – Pierre, envoyez à la 12

    Quelle outrecuidance ! Trop c’est trop ! J’en suis si offusqué que j’en brise mes cordes.
    Le psy : – Hum hum, voyons voir. Je dirais : Syndrome de lèse majesté.

    Peggy Malleret

    * Aldo Ciccolini – célèbre pianiste italien contemporain

  10. Christine Macé dit :

    Un violoncelle se rend chez un psy :
    Le psy : – Qu’est-ce qui ne va pas ?
    Le violoncelle : Je ne supporte plus les pianos !
    Le psy : Depuis quand ?
    Le violoncelle : Depuis un certain Noël…

    Encore un cas tordu, pense le thérapeute en s’asseyant sur le fauteuil derrière le divan :

    – Je vous écoute, ajoute-t-il, sans grande conviction et pas mécontent d’en profiter pour faire un petit roupillon.

    Régulièrement le psy émerge et fait « hum, hum » histoire de donner le change. Mais le client est en verve, il s’épanche, gémit, pleurniche et rabâche son infortune, le nez plongé dans la boîte de kleenex. Entre deux somnolences, le thérapeute fait mine de prendre quelques notes. Pourquoi est-ce que la pendule n’avance pas aujourd’hui ? Il fait beau dehors, j’irai bien prendre l’air plutôt que d’écouter cette sérénade indigne de Schubert. Noël, Noël ! Qui n’a pas son Noël noir. C’est même devenu très tendance : certains de mes collègues en ont fait leurs choux gras et les magazines féminins regorgent de bonnes recettes pour éviter la sinistrose qui ravage chaque année la moitié des fosses d’orchestre. Il faudrait mieux en prendre son parti : la seule vedette, à cette époque de l’année, c’est un vieux bonhomme qui cavale comme un dératé depuis plus d’un mois pour remplir sa hotte qu’un sale gamin s’empressera de ravager en quelques minutes sous les yeux énamourés de ses parents zézayant « tu as vu mon chéri comme il t’a gâté, le Père Noël… ! ». Non sans quelques frissons pour leur compte en banque qui clignote comme les lumières du sapin.

    – Le pire, continue le violoncelle, c’est quand…
    – La séance est terminée, ça fera 70 €, revenez la semaine prochaine…

    Joyeux Noël (tout de même !). Christine

  11. George Kassabgi dit :

    Un violoncelle se rend chez un psy :
    Le psy : – Qu’est-ce qui ne va pas ?
    Le violoncelle : Je ne supporte plus les pianos !
    Le psy P: Depuis quand ?
    Le violoncelle V: Depuis un certain Noël.

    P : racontes-moi…
    V : mes notes sont naturellement douces et fluides…elles sont faites pour maintenir le calme, pour donner du temps au temps, pour nous bercer d’un état au suivant en promettant pouvoir devenir meilleur tout doucement ; mais ce sacré Noël a introduit le piano au centre du monde et y a mis en plus des tambours et des trompettes… en somme, un tas de bruits qui eux martellent et fracassent et incitent la majorité à vouloir plus au lieu de faire mieux. Son apparition ne promettait rien qui vaille et on est forcé de vivre avec le résultat tandis que le pire est à venir.

    P : Allons, ce n’est pas si grave que cela. Il faudrait regarder tout cela objectivement. Et voir au loin. Est-ce vraiment la faute au piano et ses accompagnements avec tambours et trompettes de Noël? Bien avant cela, il y avait déjà le martellement des tonnerres dans le ciel qui ne promettaient que de la fureur et de la foudre se fracassant sur tous et en plus il y avait les hurlements de loups affamés qui eux n’incitaient certainement pas à faire mieux.
    V : oui, mais le fond de mon problème c’est que le piano et les tambours et les trompettes de Noël ne semblent jamais avoir de fin… cela a commencé et personne ne sait si cela va finir un jour. Quant aux tremblements et aux hurlements eh bien on n’en parle plus chez nous.

    P : mais au fait… ce que tu décris vaut pour tout le monde et non pas seulement pour le violoncelle ? alors ?
    V : ah non… c’est particulièrement dur pour le violoncelle car les cordes du piano sont semblables aux miennes… moi je glisse tendrement dessus, tandis que le piano emploie le marteau pour créer ses notes.

    P : Je vois… mais si on éliminait le marteau, crois-tu que la vie serait meilleure pour toi violoncelle et pourquoi pas pour la majorité ?
    V : question difficile… je crois qu’il faudrait éliminer aussi bien les marteaux que ceux qui aiment le martellement ou ont acquis le tic nerveux de marteler avec tout objet… comme les sages nous le disent, si l’ouvrier possède l’outil il est aussi vrai qu’à la longue l’outil finit par dominer l’ouvrier…

    P : oh, je suis en retard… on m’attend pour le réveillon… on reprendra cette discussion après-demain cher violoncelle.
    V : tant pis pour moi… avec Noël et son piano, voilà un psy qui ne cessera pas de me marteler pour un bon bout de temps…

    George Kassabgi

  12. Jean de Marque (alias Jean Marc Durand) dit :

    Bien vu Sperrat. Je n’aurai ni le temps ni l’envie de faire mieux! Bon courage à tous les violoncelles! Jean de Marque!

  13. SMoreau dit :

    – Qui est-ce ce Noël ?
    – C’est un guignol qui se croit « Chef ». Depuis un an, j’appartenais à un orchestre célèbre. Et, M O I le Violoncelle, j’étais la vedette de la partition. SOLO ! Je jouais fier, seul pendant plus de la moitié du concert. Je donnais le meilleur de moi-même. Je ployais humble sous les applaudissements chaque soir. Mes parents, une élégante harpe et un noble violoncelle assistaient à toutes les répétitions et concerts. Ils m’admiraient en silence, mais leurs cordes vibraient.
    Ce jour-là, je vis arriver un nouveau chef d’orchestre, « Noël », se présenta-t-il. Il était vieux, barbu et habillé de rouge. Ridicule pour notre orchestre classique.
    Tout de suite, je me suis méfié.
    Sans tambours ni trompettes, il déplaça sur la scène tous les instruments. Avec respect et gaité déplacé, il plaça le piano au milieu de la scène ! Sans un regard pour mon vieux bois, mes cordes de rêve, il me relégua au fond, sans un mot.
    Je déglutis, je rougis, je bafouillais…
    Il leva sa baguette… silence… et les touches du piano dansèrent dans un bruit d’enfer. Mes parents se recroquevillèrent sur les fauteuils comme honteux.
    Nos oreilles souffraient. Mon orgueil me fit verser quelques larmes de dépit. Je ne pipai aucune note. Mon silence fut la réponse à cette monstrueuse chanson : « Petit papa Noël, quand tu descendras du… »

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