Notre parenté dans l’écriture

Quand on débute en écriture littéraire, on croit avancer seul.
En réalité, des silhouettes marchent devant nous. Elles ne nous parlent pas, mais elles nous tiennent la main à leur façon. Ces ombres, ce sont les auteurs que tu as lus, ceux dont leurs phrases et leurs rythmes t’accompagnent sans que tu t’en rendes compte.

Si tu observes bien, tu verras que l’un d’entre eux marche plus longtemps à ton côté. Pas pour que tu l’imites, mais parce que ta langue et la sienne vibrent dans la même tonalité. Ce n’est pas un plagiat, c’est une filiation. On appartient toujours à une lignée, même lorsqu’on ignore son arbre généalogique littéraire.

Nos prédécesseurs sèment des graines dans nos parents, dans nos professeurs, dans les conversations et même dans les silences. On finit par écrire avec cette poussière de siècles.
L’assumer, c’est déjà se libérer. Accepter qu’on avance dans une famille d’esprit, c’est avoir trouvé un foyer pour ses mots.

Je me rappelle ma propre surprise. Aucune étude derrière moi, juste des carnets griffonnés. Un jour, après avoir obtenu un prix de poésie, quelqu’un m’a lancé : « Tu es dans la veine de Prévert. »
Prévert, que je ne connaissais même pas !
J’ai filé lire ses textes.
Et là, stupeur : cette parenté était réelle. Non pas une ressemblance servile, mais une façon commune de tirer un fil du réel pour le faire chanter de travers.

C’est à la fois déstabilisant et magnifique. On tombe parfois sur une image de lui et on se dit : « Mince, j’aurais aimé l’avoir trouvée. » On se rassure aussitôt : elle est dans la famille, elle n’est pas perdue.

Ce jour-là, j’ai compris que l’écriture est une tribu. On y entre sans s’en apercevoir. On y trouve ses anciens, ses cousins, ses éclaireurs.
Et quand on admet qu’on en fait partie, on écrit plus librement, plus joyeusement, comme si quelqu’un marchait devant, à un rythme tranquille, en te laissant assez de place pour inventer ta propre piste.

Mon prochain livre est sur le feu. Il sera publié avant Noël.

EXTRAIT

 «  Je ne donne pas de leçons. Je partage simplement ce que la vie m’a enseigné.

  Si j’ai choisi d’écrire à la deuxième personne, ce n’est pas pour être directif, mais parce que ma voix intérieure (endophasie) me tutoie toujours quand elle me chuchote les « phrases-titres » rapportées dans ce livre. Ces « phrases-titres » peuvent paraître injonctives, mais entends bien que je ne donne pas de leçons. 

  Je partage simplement ce que la vie m’a enseigné en espérant que mon expérience puisse être utile à qui voudra s’interroger sur les travers de la nature humaine.

  La vie est courte, à peine quelques dizaines d’années, pas plus. On en perd de nombreuses à découvrir les comportements de notre espèce. 

Ce livre te fera gagner du temps. Ne le ferme pas, il ouvre des portes. 

  Surtout si tu fais partie des individus en difficultés d’adaptation, d’attention, de comportement et d’apprentissage. Bref, si on te caractérise comme un cancre, un nul, un ignare, voire un bon à rien, un sans avenir…

Retiens qu’être atypique, c’est un peu comme être un myope et ne distinguer que les objets rapprochés. Il ne voit pas le même environnement que les autres. Ce qui ne veut pas dire qu’il est déficient, mais différent. Sa différence peut plus ou moins le handicaper, mais aussi lui donner des talents que les « normaux » n’ont pas.

Mon livre intéressera aussi les parents, les enseignants et les personnes reconnues comme différentes, mais aussi tout un chacun, car il traite de résilience, de la façon de trouver du sens à la vie et de mettre tout cela en musique.»

PS : Mon écriture sent le prolo et le parigot, mon vocabulaire vient de la rue. J’assume. Si on me l’enlevait, c’est comme si on m’émasculait.

13 réponses

  1. Rose Marie Huguet dit :

    Pascal, vous êtes une personne extraordinaire !
    Que dire d’autre ?
    J’attends comme tout le monde avec impatience l’arrivée du Père Noël !
    Merci pour votre temps, pour votre énergie et ce je ne sais quoi qui nous triture la tête chaque semaine et que nous adorons.

  2. Gilaber dit :

    En poussant la porte du cercle Entre2lettres, j’ai trouvé une famille qui partage la même passion pour l’écriture. Notre participation est sans chichis ni tralalas, chacun dépose sur le blog un peu de son cœur et de son âme sans crainte d’être jugé et c’est très bien ainsi.
    Il me tarde de faire l’acquisition du précieux livre. Ne changez rien, vous êtes parfait dans votre mission du guide de l’écriture.
    Prenez bien soin de vous et à bientôt pour d’autres envolées littéraires.

  3. Michel-Denis ROBERT dit :

    C’est vrai que les pommes c’est plus familier que les poires. Parce que tu la tiens dans ta main, la pomme. La mémoire, quand elle flanche, tu as toujours le recours de la souris et la souris, tu la tiens dans la paume de ta main. D’où pom-pom girl qui te laisse poire. Mais, tu as toujours l’espoir de tomber dans les pommes si elle te laisse tomber. C’est bizarre le rapport entre les pommes, les poires et les souris !
    J’ai cherché dans l’ordinateur comment lui, il conçoit les poires. Trop facile ! Il m’a pris pour une pomme. Il m’a dit de m’abonner à une conférence. Ils étaient plusieurs poires. Pendant une pause, ils ont grignoté des beignets aux framboises.
    Ils m’ont pris pour une pomme. Ma pomme, c’est moi. Ca nous rajeunit pas.
    J’avais déjà la mémoire en compote. Comment retrouver un moment précis dans une compote ? Il me fallut tout éplucher. Je n’étais plus chez moi. Je ne savais plus si j’étais pomme ou poire. C’est alors que la fortune me sourit. Car la souris était dans la paume de ma main.
    Et j’ai pu reprendre la main sur ma mémoire. Je m’étais paumé et j’ai retrouvé l’espoir avec ma souris dans la paume de ma main.
    Bonne journée !

  4. Antonio dit :

    Alors, comme ça, tu dis toujours « pain au chocolat » à la boulange de Cadillac ? 🙂
    Au plaisir de te lire, cher ami !

  5. Béatrice Dassonville dit :

    Trois auteurs m’ont profondément fait vibrer intérieurement, dans mon adolescence :

    — Giono (langue charnelle et poétique)
    — Hermann Hesse (style clair, épuré, au service de l’expérience intérieure)
    — Zola (écriture dense, imagée, sensuelle)

    Tout mon être (corps-esprit) se sentait en profonde affinité avec eux. Ils m’ont permis de libérer en moi des forces vives, encore souterraines, pour en féconder la terre des mots. Trouver mon propre style.

  6. Jean Marc Durand dit :

    A bientôt!

  7. camomille dit :

     » mais une façon commune de tirer un fil du réel pour le faire chanter de travers. » Tout est dit et bien dit!

    A très vite le plaisir de découvrir votre livre

  8. 🐁 Souris verte dit :

    Une voix intérieure qui te tutoie ! 👼 quelle chance que tu l’entendes ! 🐁

  9. Valerie dit :

    Mais quel article fabuleux ! Merci Pascal pour ce partage. Et rassure-toi on l’aime ton parler parigot. Bises

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