785e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas…
Vous n’êtes pas… ?
Non, mais faisons semblant…
Inventez la suite

Sans la générosité des membres bienfaiteurs, ce blog serait déjà mort. Soutenez l’association Entre2lettres.


Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas…
Vous n’êtes pas… ?
Non, mais faisons semblant…
D’accord !
Comment allez vous ?
Je ne sais pas trop et vous ?
Mieux que la dernière fois que l’on s’est vu, rappelez-vous au stade, lors de la rencontre de nos équipes favorites.
Ah oui celles-ci ! Mais bien sûr. Effectivement vous n’étiez pas au mieux. Tout comme moi…
Ah mais oui, ça me revient maintenant, vous étiez très fatigué, vous sembliez très affaibli et amaigri.
Oui si on veut ; compte tenu du fait que j’avais pris 10 kilos et que j’étais surexcité à cause du traitement de cheval que je prenais…
Et votre femme ?
Toujours au cimetière ! et la vôtre ? Elle rayonnait la dernière fois que l’on s’est vu il y a trois mois…
Toujours en maison de repos…c’est bien triste…depuis un an, c’est long…
Comme vous dites. Je perds un peu la notion du temps en ce moment…L’âge sans doute…
Surement. Je me sens moi-même assez désorienté…Je pense que je vais retourner me reposer dans ma résidence secondaire.
Ah oui, dans l’Aube.
Oui enfin dans l’Aude.
Oui bien sûr. Je vais aussi prendre quelques jours de vacances chez mes enfants.
Chez vos filles peut-être ?
Humm, mes belles-filles plutôt.
Alors Au plaisir !
A jamais.
Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas…
Vous n’êtes pas… ?
Non, mais faisons semblant…
Cela ne fait rien monsieur.
Même si l’on se connaît pas trop, on peut discuter de la pluie et du beau temps. Ou d’autres choses encore.
Voyez monsieur moi je ne suis pas d’ici, j’habite sur plusieurs planètes en même temps.
J’ai un énorme don d’ubiquité. Je suis une âme, en ce moment déguisée en être humain, qui erre qui erre à travers l’univers.
Mangeant bien des fois des spaghetti aux vers de terre qui sont cuits à l’envers.
Le monsieur écoutait attentivement la dame aux cheveux blancs qui paraissait âgée.
Vu les paroles qu’elle venait de prononcer il se dit que peut-être elle divaguait.
Alors la dame comme si elle avait lu dans les pensées du bonhomme devint rouge tomate, avec des yeux lumineux couleur orangée.
Lui, le monsieur qui revenait de la boulangerie et qui tenait dans sa main gauche deux baguettes, et de l’autre main trois croissants au beurre, devint vert concombre. Entièrement de la tête aux chaussures, le visage, les mains, y compris les vêtements.
Les yeux lumineux de la vieille dame le fixaient étrangement.
L’homme eut peur, il s’angoissa, pensa même qu’il vivait en ce moment sa dernière minute sur Terre.
Alors il se dit. Je rentre chez moi, ma femme m’attend.
On n’a pas encore pris le petit déjeuner.
Et sans un regard à la dame aux cheveux blancs, il lui tourna le dos, et partit vers sa maison.
Quant à la femme, elle se gratta le nez, fit demi tour et partit dans la direction opposée. Puis elle disparut.
Un chien loup, on ne savait pas d’où il venait, passant par là, aboya d’un coup. Apparemment sans aucune raison.
Peut-être vit-il la dame-esprit s’envoler dans le ciel ?
Puis l’animal hurla à la mort et se mit à courir à vive allure dans les rues de la ville.
Plusieurs personnes furent plus qu’étonnées de voir ce chien, un peu bizarre.
On prévint la police.
Ce chien en effet pouvait être dangereux pour les personnes âgées et les enfants.
Les recherches furent vaines.
Lui aussi semble-t-il avait disparu !
Quant au monsieur et sa femme ils passèrent une agréable journée.
Heureusement pour eux ils ne connurent pas le même sort, ils ne s’évaporèrent pas dans la nature.
Ils sont donc toujours parmi nous, avec leurs trois enfants, attendant impatiemment la fête de Noël !
Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas…
Vous n’êtes pas… ?
Non, mais faisons semblant…
D’accord. Jouez-vous toujours au golf ?
Pas vraiment mais j’habite le golfe…
Le golfe ?
Oui du Morbihan
Mais c’est bien sûr, j’ai confondu golf et golfe
Et vous, toujours dans la peinture ?
Oui tout à fait
Pas d’allergies avec les odeurs ?
Ah non, les personnages de mes romans sont inodores mais pas sans saveur
Ah, très drôle
Et votre épouse, est-ce qu’elle va bien ?
Mon époux, vous voulez dire. Il m’a quitté le mois dernier pour un jeunot
Quel dommage ! Vous devez vous sentir seul
Ah non, j’ai tous mes héros. Et vous, vos enfants ?
Souvenez-vous, mes enfants s’appellent Médor et Daisy, un mâle et une femelle de race différente
J’avais oublié, mais j’espère les rencontrer un jour
Nous devrions prendre rendez-vous pour une nouvelle rencontre
Vous avez raison
Je m’envoie un message
Ah oui, qu’est-ce que vous notez ?
Rendez-vous à une date et un lieu inconnus avec un semblant d’ami
C’est parfait. Alors à bientôt.
Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas…
Vous n’êtes pas… ?
Non, mais faisons semblant… même si ce sera un faux-semblant…
Mais il y a des faux-semblants très ressemblants, ce me semble !
Oui, si nous les faisons ensemble.
Alors qui êtes-vous réellement ?
Je suis celui qui suit.
Je ne vous suis pas…
Arrêtons-nous là parce que cela risque d’être sans suite !
Je vous raconte une histoire passée d’hier. En effet, c’est récent, c’est presque du présent puisqu’elle se poursuit aujourd’hui. Dans la mémoire fraîche se mélangent d’autres moment plus anciens. Et il y a toujours un fil conducteur.
Parfois, arrivent certaines choses qu’on croit anodines. C’est juste que nous savons pas les interpréter sur l’instant. Nous n’avons pas encore trouvé le rapport entre eux. Alors la mémoire est sollicitée. C’est la première fois qu’une telle coïncidence se produisait. Je n’y ai pas prêté une attention particulière. C’est dans le repos que les choses se décantent.
J’étais dans l’esprit de découvrir ce film que je tenais tant à voir : « L’inconnue du Moyen-Orient, pourquoi avait-il cette connotation Agatha Christique vantée par les médias ? », Sans doute à cause de l’ambiance du moment. Une atmosphère pesante attendant un dénouement heureux, dont on devine qu’il va arriver mais on ne sait pas quand.
Dans le noir de la salle de cinéma, j’entendis cette phrase qui, sur le coup, me fit penser qu’elle ne m’était pas adressée, à moi personnellement. Mais à une autre personne noyée dans un groupe qui entrait en même temps dans la salle obscure. Dans le brouhaha, je n’ai pas identifié la direction.
— Vous ici ? Quel bonheur ! ça fait si longtemps qu’on en s’est pas vus, dit-elle en s’approchant.
Cela aurait pu être une réplique du film, au tout début. Est-ce qu’avant d’aller voir ce film, je ne m’en était pas projeté une scène ? La star de cinéma, j’en rêvais ?
Et puis ce visage tourné vers moi. Cette voix douce. J’eus un doute. Est-ce cette amie qui m’avait si brusquement quitté, il y a tant d’années ?
Il lui fut plus facile de me reconnaître puisque j’étais face à la lumière. Elle, dans l’ombre, je ne pus distinguer ses traits.
— Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez. Je ne suis pas…
— Vous n’êtes pas… ?
Nous avons buté sur le même doute. Peut-être nous connaissions-nous d’une autre vie que nous avions oubliée et dont le feeling serait restée intact. La surprise me parut tellement agréable que je ne pus m’empêcher de continuer… mais faisons semblant, me suis-je dit tout bas. Je crois qu’elle pensa la même chose.
— Est-ce que tu as des nouvelles de Gabrielle, cette amie qui venait de Corée du Nord ?
-Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est vus !
– Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez. Je ne suis pas…
– Vous n’êtes pas ?
– Non, désolée, mais si vous voulez, nous pouvons faire semblant…
Il me regarda, interloqué :
– Faire semblant ?
– Eh bien oui, pourquoi pas ? Vous aviez l’air tellement réjoui de me voir ! Ça m’a fait chaud au coeur ! Donc, évidemment, à mon tour, je suis ravie de vous rencontrer ! Mais dîtes-moi, cher ami, vous êtes venus voir le film surprise ?
– Heu…oui, mais, écoutez, je m’excuse de vous avoir abordée ainsi. Vous ressemblez tellement à Mylène..
– Mais je suis Mylène, voyons, n’en doutez pas ! Alors ce film, qu’en avez-vous pensé ?
– Voyons, c’est grotesque ! Si vous n’êtes pas Mylène, on en reste là…
– Mon ami, vous n’avez pas changé, toujours aussi obtus. Moi, j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs, mais l’ensemble est très poétique, ne trouvez-vous pas ?
– Ecoutez, Madame…
– Mais appelez-moi Mylène, bon sang ! Vous étiez moins guindé avant ! Vous rappelez-vous nos fous rires en cours de gymnastique ? Et à la médiathèque ?
– Mais nous n’avons jamais fait de gymn ensemble. Et la médiathèque, je ne me souviens pas…
– Mais le club lecture du Jeudi, voyons ! Oh, qu’est-ce que nous avons ri !
– Le club lecture…mais arrêtez, ce n’était pas moi…
– Pas vous ! Mais bien sûr que si ! Qu’est-ce qui vous arrive à la fin ? Il y a cinq minutes, vous proclamiez le bonheur de me voir et à présent, vous vous rétractez comme un escargot dans sa coquille !
Je me tus et l’observai d’un air narquois. Il se tortillait, de plus en plus mal à l’aise.
– Ecoutez Madame, je vous ai pris pour une autre et je m’en excuse. En fait, je ne suis pas très physionomiste..
– Ben voyons ! Monsieur est devenu snob, il ne reconnaît plus ses vieilles copines. Eh bien , je vous laisse. Adieu , sans rancune !
Je le plantai là et me dirigeai vers le bar du cinéma, où nous pouvions boire un verre en parlant du film. Ma copine Gentiane me rejoignit :
– Mais qui est ce Monsieur ? Tu l’as complètement désarçonné !
– Oh un raseur, que j’ai connu dans le temps. Je crois que je l’ai dissuadé de m’aborder de nouveau !
Et en prime, je me suis bien amusée !
Gentiane sourit :
– Moi, aussi je me suis bien amusée en vous écoutant. Mylène, tu es une excellente comédienne !
– Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
– Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas…
-Vous n’êtes pas… ?
-Non, mais faisons semblant…
– Ça tombe bien car je l’ai en travers de la gorge depuis tant d’années ! Tu te souviens du seau d’eau sur la porte de ma chambre. Maman sortait de chez le coiffeur. Tu lui as ruiné sa coiffure. Et c’est moi qui est pris quinze jours sans télé.
– Quoi, quoi ?
– Et la fois où tu as coupé les poils de l’arrière-train du caniche. C’est encore moi qui ai subi la punition.
– Quoi, quoi ?
– Et la fois où…
-STOP. Suis pas là pour réparer ton enfance. Et d’ailleurs, je ne suis pas celui que vous croyez !
– Quoi, quoi, bien-sûr que je te reconnais…
– Quoi, quoi ?
En entendant tous ces quoi quoi, les grenouilles de la mare aux canards crurent qu’on les convoquait pour un concert et se mirent à coasser à qui mieux-mieux. On ne s’entendait plus. La vieille mère maquerelle devenait folle.
Faîtes -moi taire ces batraciens. Je paye en nature pour chaque paire de cuisses de grenouilles qu’on me rapporte.
Bientôt le silence se fit, inquiétant, sinistre.
La mère maquerelle qui avait présumé de son corps fit un infarctus foudroyant.
Beaucoup d’hommes du village se retrouvèrent avec une pisse-chaude. Leurs femmes étaient furieuses et la zizanie s’installa dans les ménages.
Le toubib débordé fit une déprime et partit pêcher la truite.
Matthieu le pharmacien, stressé par la pénurie de pénicilline, en perdit presque tous ses cheveux. Il ne lui restait plus qu’un poil sur le caillou.
Jean, sans antibiotiques, voulut se soigner à l’ancienne et fit une grossière erreur. Il se gava de bromure, en perdit toutes ses dents sauf une et sa virilité, qui de toute façon ne lui servait plus à rien. Il était devenu trop, trop moche !
Et le silence toujours ! Même les canards ne cancanaient plus, trop tristes d’avoir perdu leurs amies grenouilles. Ils finirent par s’exiler comme beaucoup d’habitants qui ne supportaient pas le silence.
Comme quoi, parti d’une conversation bizarre la vie du village s’en trouva bouleversée. L’effet papillon, quoi !
• Ça alors ! Salut ! Excuse-moi, mais ton nom ne me reviens pas. Quel bonheur de te revoir après de si longues années !
• Je pense que vous faites erreur. Je ne vous connais absolument pas et je suis très physionomiste.
• Peu importe, faisons comme si.
• Tu es bien original, mais pourquoi pas. Un peu de fantaisie dans la vie ne fait pas de mal, n’est-ce pas ? Dis-moi, comment as-tu traversé toutes ces années ?
• Oh ! Elles ont été bien chargées. Je suis concepteur de rêves pour enfants, principalement de rêves de possession. J’adore ! Je leur gonfle la tête de trucs de plus en plus farfelus et exigeants.
• C’est marrant. Moi je suis concepteur de migraines parentales. Je leur donne le tournis, à tel point qu’ils n’arrivent plus à faire face à quoique ce soit. Je les vide de leur clairvoyance et ils se retrouvent dans un sacré caca. Marrant, non ? On n’a pas changé depuis le lycée. De nos idées saugrenues, on en a fait notre métier. Tu te rappelles tous les sales coups que nous avons faits ?
• Tu parles si je m’en rappelle et surtout des heures de colle et des torgnoles des parents. Tu crois qu’ils aimeraient ce que nous sommes devenus ? Deux gamins grisonnants avec des cerveaux court-circuités ?
• A quoi bon se poser la question, on est bien là tous les deux, non ? Et puis il nous reste encore tellement de choses à faire. Regarde toutes ces familles à tarabuster. Encore de belles années devant nous de franche rigolade. Personne ne viendrait nous soupçonner de les faire tourner en bourrique.
• T’as raison. Je me rappelle d’une certaine Merry qui te collait tout le temps au train. Une vraie pouf ! Fagotée comme l’as de pique, peinturlurée à la spatule, une horreur ! Et aussi de ce nabot grassouillet avec son anorak rouge et la capuche en fausse fourrure blanche. Il se prenait pour un roi. Tout le monde se foutait de sa tronche. T’en as souvenir ?
• Attends, t’es qui toi ? C’est quoi cette embrouille ?
• Moi, je ne suis qu’un inconnu qui te tient compagnie. Comme je suis sympa et que tout le monde te regardait parler tout seul, je suis entré dans ton jeu.
• Tu veux dire que je divaguais ?
• Je pense que tu t’emmêlais les pinceaux entre celui que tu as été et celui qui tu es maintenant. Je pense que quelqu’un dans ton enfance t’a pourri la vie, d’où ce meli-mélo.
• Tu as bon cœur, je te remercie de m’avoir suivi dans mes méandres. Trinquons à cette pittoresque parenthèse qui nous a fait nous rencontrer.
• Avec grand plaisir Monsieur Noël Joyeux, c’est bien ton nom, n’est-ce pas ! Au fait, moi je suis le Père Fouettard. Tchin !
— Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
— Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas…
— Vous n’êtes pas… ?
— Non, mais faisons semblant, que vous êtes quelqu’un. C’est plus confortable que la vérité, dit le cercueil en grinçant.
— Confortable ? Vous êtes littéralement raide dans votre carcasse en bois.
— Et vous, en pièces détachées. Nous avons chacun nos défauts.
— Certes, j’aime le bruit de mes os qui s’entrechoquent lorsque la terre bouge. C’est mon côté percussif. Vous m’avez l’air cloué sur vos positions.
— Faux. Je reste ouvert aux locations courtes ou définitives.
— J’espère alors que vous avez de la conversation.
— No, mais j’ai de la profondeur et du fond.
— On dit pourtant que vous renfermez dans l’obscurité.
— Calomnie. J’accueille en pleine lumière. Je referme ensuite, par discrétion pour l’odeur de la décomposition.
— Vous voyez, on se ressemble : on me ferme les yeux, on vous cloue le couvercle.
— Voilà une belle amitié, conclut le cercueil.
— Oui… faisons semblant qu’elle soit éternelle, scande le squelette.
– Toi ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vues !
- Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas « elle ».
- Tu n’es pas toi ?
– Non, mais faisons semblant.
Sur ce, elle me prit le bras, familièrement et m’entraina dans sa promenade. Je sentais comme un doux malaise. C’était elle, je la reconnaissais et en même temps, ce n’était pas elle. Dans son regard, un petit quelque chose de différent. Son sourire était le sien pourtant.
– Si j’étais l’autre, vous lui diriez quoi ?
– Hum hum… tu me manques. Et pourtant, tu es toujours avec moi.
Elle me serra affectueusement le bras. Et me dit, comme depuis toujours « ma chérie » de sa voix douce. Une voix d’enfant. C’était bien sa voix. Une voix qui console, qui rassure.
La première fois, qu’on s’est rencontrées, à minuit au bas d’un immeuble. On s’est reconnues, on s’est souri. « Ah ! C’est toi ? » et elle m’a prise dans ses bras. Proches depuis toujours et éloignées.
Arrivées, à la forêt, je sentis une disparition. Je me tournais vers elle, elle n’était plus là mes côtés. Et pourtant, je sentais sa main sur mon bras. Et sa voix dans mon oreille. C’était elle et pas elle. Elle était encore là et pourtant plus là.
Très beau récit qui nous renvoie à nos souvenirs de l’au-delà qui meublent notre vie… ils peuvent être doux ou déchirants, parfois les deux à la fois.
Bien à vous et bon dimanche.
Les souvenirs inventés…
— Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
L’exclamation fuse. L’homme s’avance, sourire large, bras déjà entrouverts — trop tard pour reculer sans avoir l’air malpoli.
— Heu… Excusez-moi, je crois que vous faites erreur, je ne suis pas…
— Vous n’êtes pas… ? Ah ? Ah bon ! Mazette, voilà qui tombe à plat comme une crêpe sans levure. Toutes mes excuses, j’ai cru reconnaître un ami cher, très cher même, un vrai collector humain que j’ai perdu de vue depuis… pfiou… deux ères géologiques au moins.
Le deuxième homme esquissa un sourire poli, presque compatissant :
— Ne soyez pas désolé, je vous en prie. Après tout, se tromper, c’est humain. Certains en ont même fait une carrière politique.
— Vous avez raison… mais voyez-vous, cette confusion vient d’ouvrir une trappe secrète dans ma mémoire, une trappe que je pensais scellée au béton armé. Et voilà que des souvenirs en sortent, tout poussiéreux, mais pleins d’enthousiasme.
Un silence, puis une lueur dans les yeux du deuxième :
— Allons-y pour ça. De toute façon, vous êtes déjà lancé dans un élan affectif incontrôlé. Si cela peut vous aider, faisons semblant de nous retrouver après de longues années.
— Voilà une proposition délicieusement absurde. Très bien, jouons-la comme ça.
Ils s’assoient. Deux bières arrivent, aussi interloquées que le serveur.
— Dans mon souvenir, nous étions inséparables. Tu te rappelles la fois où l’on avait fait croire à nos parents qu’on avait rencontré des extraterrestres derrière la grange ?
— Évidemment ! (Dit le deuxième, avec le ton assuré d’un acteur qui improvise sur un texte inconnu.)
— Tu t’étais roulé dans la farine pour imiter « l’aura cosmique » !
— Et tes parents ont déboulé avec une lampe torche, persuadés que les Martiens se planquaient derrière les ballots de foin.
— Mon père avait dit : « Si je trouve un extraterrestre, je lui fais passer l’envie d’extraterrestrer ! »
— Brandissant une sandale.
— Une sandale anti-invasion, évidemment.
D’un même geste, ils trempent leurs lèvres dans la bière. Des perles de mousse accrochées à ses moustaches, le premier reprend son flot de souvenirs qu’il tient à partager :
— Et puis il y a eu le sucre dans le réservoir de la mobylette de ton frère.
— Le moteur toussait comme un vieillard asthmatique.
— Puis il a fait une sorte de glouglou final, comme un appel à l’aide.
— Le mécanicien avait déclaré : « J’ai jamais vu un moteur faire un coma diabétique ».
— Et ton frère, rouge comme une tomate, qui jurait qu’il allait nous transformer en confiture.
— On y a échappé de peu.
Ils se sourient, heureux de se trouver de communes histoires imaginaires qui devenaient, à force d’être racontées, aussi solides que si elles avaient été vécues.
— Oh, et la queue du chat de la voisine… pincée dans une tapette à souris.
— « Pour tester la gravité », disions-nous.
— Le chat, lui, a testé la vitesse.
— Il a traversé la cour comme un missile.
— Et la voisine derrière, hurlant que nous étions « deux petits monstres ».
— Je l’entends encore.
Ils opinent du chef, fiers de leur complicité factice d’un passé dans lequel ils n’ont pourtant rien vécu en commun… mais, dans une connivence assumée, ils font semblant… semblant d’être de vieux amis heureux de se retrouver…
— Tu te souviens de la fois où l’on avait lancé ce club très… confidentiel ?
— Le « Cercle des Illuminés de la Cabane au Fond du Jardin » ?
— Oui ! On avait rédigé des règles incompréhensibles.
— Dont « Article 2 : chacun doit jurer fidélité au Grand Pieu Sacré ».
— Qui n’était qu’un vieux piquet de clôture moisi.
— Mais les autres enfants nous regardaient avec un mélange d’admiration et de perplexité.
— Jusqu’à ce que l’on fasse ce rituel idiot, où chacun devait danser autour du pieu en criant « Omelette du futur ! »
— Je n’ai jamais compris pourquoi.
— Moi non plus, mais ça donnait de la personnalité au club.
— Les parents, eux, pensaient qu’on préparait un mauvais coup.
— Ils n’avaient pas tout à fait tort.
Ils rient de bon cœur, ravis de cet imaginaire partagé. Le temps se gonfla, se dilata, comme s’il acceptait gentiment de leur offrir un peu plus d’espace pour que leurs bêtises d’enfance fictives puissent y loger. Ils ne cherchent plus leurs souvenirs, ils se déversent en abondance…
— Bon… dit le premier en se penchant, un sourire malin au coin des lèvres. Il y a un souvenir légendaire…
— Ah ?
— Oui. Celui de la lettre d’amour.
Le deuxième éclata de rire.
— Oh non, pitié… pas celui-là !
— Si ! On doit l’évoquer.
Ils se redressèrent comme deux vieux acteurs prêts à rejouer une scène culte.
— C’était en CE2, dit le premier. On était en classe, l’institutrice écrivait au tableau des multiplications sordides.
— Et toi, tu venais d’apprendre que ta fiancée — enfin, ta prétendue fiancée de la semaine — voulait une lettre d’amour.
— Oui ! Mais j’étais nul en écriture sentimentale.
— Alors tu as demandé à Gérard.
— Pauvre Gérard…
— Un poète contrarié.
Ils rirent.
— Bref, Gérard se lance. Une vraie prose : « Chère Mélanie, ton sourire brille comme un lampadaire neuf dans la nuit… »
— « Je voudrais te tenir la main jusqu’à la fin de la récréation » !
— Et le final : « Je t’aime plus que le chocolat du goûter. »
— Il avait même mis un cœur au-dessus du i de « t’aime ».
— Le plus coupable des cœurs.
Ils essayèrent de se calmer, mais c’était impossible.
— Et là, poursuivit le second, je ne sais pas pourquoi, une pulsion bizarre nous a saisis.
— Oui, c’est toi qui t’es levé, je m’en souviens parfaitement !
— Et j’ai crié : « Madame ! Madame ! Gérard écrit des LETTRES D’AMOUR ! »
— La classe s’est retournée comme une nuée de moineaux affamés.
— Elle lui a confisqué la lettre.
— Elle a lu la première phrase… et elle a dit : « Tu vas la lire à haute voix. »
— Là, Gérard a blêmi.
— Il avait la couleur du plâtre.
— Il a commencé : « Chère Mélanie… ton sourire brille comme un lampadaire… »
— Et toute la classe s’est écroulée de rire !
— Même toi, tu riais alors que c’était TON idée !
— On est parfois ingrats.
— Pauvre Gérard. Il n’a peut-être plus écrit de lettre d’amour.
Ils portèrent un toast silencieux à Gérard, où qu’il soit.
Dans une alchimie improvisée, les heures filent. Les deux hommes rient à gorge déployée, comme s’ils s’offraient l’un à l’autre des pans entiers d’enfance recyclée.
Ils ne se connaissent pas.
Ils ne se sont jamais vus.
Mais ils rejouent, avec l’aisance d’amis de toujours, un passé qui n’a appartenu à personne. Ou qui appartient à tout le monde, quelque part. Plus ils inventent, plus le réel semble minuscule, démuni, presque inutile. Après tout, pourquoi se contenter d’une vie quand on peut en créer deux en une seule soirée ?
La nuit tombe. La bière a coulé comme des souvenirs liquides. Le serveur commence à regarder l’horloge d’un œil insistant. Les deux hommes se lèvent, légèrement hésitants — à cause de la bière ou de l’émotion, difficile à dire.
La poignée de main flotte entre chaleur et prudence, comme un avion en phase d’atterrissage.
— Alors… à bientôt ?
— Eh bien… laissons le hasard décider.
— Le hasard, oui. Il a fait des merveilles ce soir.
— Peut-être qu’il nous reconnaîtra mieux que nous-mêmes.
Ils se quittent, chacun marchant dans une direction différente.
Chacun sourit.
Chacun se demande s’il a vraiment passé la soirée avec un inconnu…
… ou avec un ami qu’il n’avait simplement pas encore inventé.
Je tiens juste à préciser que dans ce récit, j’ai réellement vécu la facétie de « La lettre d’amour ». Piège tendu par un camarade de classe, dont j’aurais dû davantage- me méfier…
– Vous ici ? Quel bonheur !
A la bonne heure
Cela fait si longtemps…
Combien de temps déjà ?
– Excusez-moi, ne vous méprenez pas
Je ne suis pas…
-Vous n’êtes pas…
– Absolument pas, mais faisons semblant
Si vous n’y voyez pas d’inconvénient
Qui croyez-vous que je sois
– Une chère amie que j’ai connue autrefois
Et pour qui j’avais nourri
De profonds sentiments à son endroit
Mais qui me laissa un jour en plein désarroi
– Et comment s’appelait-elle ?
– Isabelle
– Et moi Annabelle
Une syllabe commune peut nous rapprocher
Faisons confiance à l’alphabet
Les lettres ont leurs secrets, vous savez
Délicieusement mutines sont les voyelles
Parfois même très sensuelles
Quant aux consonnes
Roublardes comme personne
Elles peuvent générer des maldonnes
Créer de piètres malentendus
Allez savoir qui est qui
Qui est moi et qui est autrui
Alors, on fait quoi ?
On le force le destin
Pour faire un bout de chemin
Ou bien taratata vous ne m’aurez pas ?
Eh bien soit,
Pour l’instant, personne ne saura.
Les cuves de Méphisto
— Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
— Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas…
— Vous n’êtes pas… ?
— Non, mais faisons semblant… Je me propose de vous servir de guide… enfin… si vous le voulez bien. L’enfer est un lieu plein d’embûches et, pour le dire gentiment, de choses non désirables.
— Je suis donc en enfer ! Cette odeur de soufre, de chair brûlée, ces cris… quelle pestilence ! Jamais je ne pourrai tenir une minute de plus. Excusez-moi, mais je n’ai nulle envie de faire du tourisme ici.
— Qui entre ici n’en sort pas si aisément, à moins d’une profonde repentance… et encore…
Navré, le nouvel arrivé, les yeux encore tout rougis par les fumées, considérait celui qui lui proposait ses services. Il était grand, squelettique, les joues creuses, vêtu seulement d’un pagne. Un drôle de turban lui enrobait la tête.
Un fakir ! se dit-il. Il ne manquait plus que ça !
— Eh oui, je suis fakir, ne vous en déplaise, mon cher ami. Cependant, considérez votre chance : le diable ici m’a tellement en horreur qu’il m’a confiné dans un espace qui est l’antichambre de l’enfer !
Surpris, l’autre répondit :
— Voilà qui ne me rassure guère… Si même le diable ne vous supporte pas ! Qu’avez-vous donc fait de si horrible ?
Le fakir éclata de rire. Les damnés le regardèrent d’abord avec étonnement, puis avec haine. Ce rire avait quelque chose de provocant, de dégoûtant, tant il était déplacé dans un lieu où tout n’était que supplice et souffrance.
L’homme au turban, satisfait de l’effet produit, persifla :
— Qu’attendez-vous pour rejoindre ces honnêtes ombres qui longent les entrailles de la terre comme un seul troupeau ? Elles espèrent encore de leur bourreau une once d’empathie, mais le diable les déteste toutes. Elles ne sont pour lui que chair à rôtir. Au bout du compte, il s’ennuie… alors qu’avec moi…
— Que voulez-vous dire ?
— Son enfer est mon paradis. Enfin… celui de tous les fakirs. Imaginez un peu : nous avons le plus grand parcours d’entraînement qui soit. Non pas quelques mètres de braises ardentes, mais des autoroutes ! Et je ne vous parle pas de la nourriture : couteaux, sabres, glaives, dont beaucoup ici ont fait un fort mauvais usage en trucidant leurs contemporains. Il m’a fallu les fondre — j’avais peu de goût pour le sang — mais…
En gloussant, il ajouta :
— J’avais la fourniture, le feu, et question température, ici, on est au top !
Médusé, l’autre écoutait tandis que le fakir poursuivait avec volubilité :
— Les coups de fourche du diable m’étaient de doux supplices ; j’en redemandais même. Ses serpents se détournaient de lui au son de ma flûte, à tel point qu’il ne lui reste plus aujourd’hui que quelques vieux dragons pour alimenter ses cuves. Aussi, pour se débarrasser de moi et de tous mes pairs, il a créé cette antichambre de l’enfer… où, d’ailleurs, il ne met jamais les pieds.
Impressionné, le nouvel arrivé objecta :
— Mais alors, que faites-vous au cœur des appartements du diable ?
— Du marché noir ! Je chaparde ici et là tout objet à lame tranchante et, en même temps, fais œuvre de charité pour ceux qui préfèrent choisir leur enfer plutôt que de le subir… Alors, que décidez-vous ?
L’homme hésitait. La cantine du diable, pas plus que celle du fakir, ne le tentait vraiment. Le métal avait-il meilleur goût que le soufre ? Ancien ministre de l’Économie, il pesait le pour et le contre. Une gestion catastrophique lui avait fait perdre confiance en sa capacité à mener sa propre affaire.
Et si le fakir lui jouait du pipeau ?
Il décida malgré tout de le rejoindre, car là, au moins, étaient ses compétences.
Contrariées, les cuves de Méphisto se mirent à bouillonner avec plus de force que jamais.
Quand un personnage vous poursuit, vous connaissez-ça aussi, n’est-ce pas ? Il me fallait lui donner une autre vie, et j’espère que ce sera la dernière qu’il me réclamera. Sinon, quel enfer !
– Vous ici Nemo ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
– Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je suis pas celui que vous supposez être qui je suis. Mais faisons semblant de se connaître. J’ai du temps à tuer parce que ma femme est chez le coiffeur. Entre la couleur, les bigoudis et tout le tremblement, ça prend un temps fou et quand, enfin, elle ressort de chez son figaro j’en reste éberlué de stupeur, je la reconnais même pas ! C’est qui ce Nemo ?
– Oh lui ! Je ne sais pas ce qu’il est devenu, il a dû prendre un mauvais coup cet ours mal léché qui vivait en ermite au fond du « bois joli ». De temps en temps, il sortait de sa tanière pour s’en jeter un derrière la cravate, au « café des amis ». Et quand il avait son compte, il en racontait, bon sang de bonsoir !
– J’imagine qu’il refaisait le monde.
– Mieux que ça ! Au grand désespoir du tenancier, ils soûlait tant les piliers de bistrots qu’ils n’avaient pas besoin de consommer pour être complètement paf. Certains prenaient leurs cliques et leurs claques quand ils le voyaient entrer. Et, pas moyen d’en placer une avec lui. Avec ça je ne vous dis pas : un délateur, un corbeau, je ne vous dis que ça ! Toute la bourgade en prenait pour son grade et on se souvient des bourre-pifs mémorables sur la place de l’église. Cet espion m’a même coûté mon mariage, soi-disant que je flirtais avec ma voisine de palier.
– « Il n’y a pas de fumée sans feu » ! Tiens, il me semble que c’est ma femme qui sort de chez le merlan, on va pouvoir rentrer à la loge parce qu’il faut que je sorte les poubelles et balaye les escaliers. Enchanté d’avoir fait votre connaissance. Moi, c’est Pipelet et je suis au 3 rue Eugène Sue.
_ Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
_ Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas…
_ Vous n’êtes pas… ?
_ Non, mais faisons semblant…
_ D’accord, mais qui êtes-vous pour que je sache qui je suis, racontez moi pour que je me connaisse.
_ Vous n’êtes pas si mal pour votre âge, tout juste la trentaine mal tassée.
_ Et vous la quarantaine bien serrée, qui de nous deux est le plus jeune ? Celui qui le dis est celui qui l’est ! Comme quand nous étions enfants.
_ En tout cas je suis bien heureux de partager un moment avec vous, c’est toujours un bonheur de se voir, comme si je me regardais dans le miroir, c’est fou comme on se ressemble.
_ Oui les mêmes traits du visage, les mêmes rides, à croire que nous avons eu la même vie et que le temps passe aussi vite pour vous comme pour moi.
_ Vous me répéterez encore que le temps n’a pas d’importance que seule la vie est importante et vous auriez bien raison.
_ Quel philosophe vous faites, quand je pense que j’ai lu du Descartes et sa méthode et que je connais par cœur « la critique de la raison pure » d’Emmanuel Kant, pas besoin de s’embarrasser des classiques Kant on vous connait !!!
_ Pour ma part, je bénis le ciel de vous croiser inopinément et à bâtons rompus, comme si le destin existait au-delà de la chance qui nous incombe et nous tombe dessus quand nous croisons nos chemins en nous ramenant tous les deux à Rome.
_ Pourquoi ne jouerions nous pas au loto ce soir pour faire concourir les astres en notre faveur et voir si les dieux de l’Olympe et d’ailleurs ne bénissent pas notre rencontre fortuite autant que fort délibérée.
_ Promis nous partagerons les gains et nous nous envolerons sous d’autres cieux tout aussi cléments n’en doutons pas.
_ Vous faites partie de quel club d’impro pour votre part ? Moi c’est les Impro’locos de Blois, on est très fort en thème.
_ Pour moi j’apprécie beaucoup mon groupe les Imbroglios, nous nous réunissons tous les lundis à pas d’heure, et on ne se quitte jamais.
_ Vraiment vous êtes très fort, n’est pas fou qui veut, mais je vous en prie, la prochaine fois que l’on se croise ayez l’obligeance de quitter votre entonnoir de sur votre tête pour me saluer. Et promis je lâcherai votre main après l’avoir serrée.
Jean louis Métivier 12/2025
– Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
– Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas celle que vous croyez !
– Vous n’êtes pas celle que je crois ?
– Non, mais faisons semblant puisque ça a l’air de vous faire autant plaisir ! J’adore rendre service aux gens !
– Ah ! Ça me rassure que vous ne soyez pas celle que je crois ! Parce que, en vrai, ça ne me faisait pas tant plaisir que ça de la revoir, mais je me suis senti obligé de manifester de l’enthousiasme.
– Alors vous êtes un hypocrite ?
– Heu… je sais pas, je crois pas…
– Ben oui… ou bien vous êtes un couard ?
– Ho ! Vous alors ! Comme vous me parlez…
– En fait, vous êtes un couard hypocrite qui ne s’assume pas…
– Mais… Mais…
– Mais quoi ? Je vous ai dit que j’aimais rendre service aux gens, et il était temps que vous rencontriez quelqu’un qui vous aide à vous assumer.
– Ah maintenant ça suffit hein ! Vous commencez à m’exaspérer !
– Et ben voilà ! Nous y sommes ! Vous voyez qu’il fallait pas grand-chose pour que vous arriviez à dire ce que vous pensez.
Ne me remerciez pas, je vous l’ai dit que j’aimais rendre service !
Oh, excellent! Bravo j’adore, voilà un nouveau métier presque. Suis certaine que beaucoup ici pourraient faire office de : redresseur de morgue!
Quand on veut reconnaitre un faiseur d’embrouille, on le trouve toujours facilement 😊. Bravo pour l’originalité !
Quelle joie que de redescendre vers la plage du Guen. Je m’y rendais enfant, chaque été, depuis la maison de nos grands-parents. La lande d’ajonc, de genets et de pins est toujours présente avec ses senteurs de résine et de légère noix de coco. J’attends, aujourd’hui encore, le moment où la mer va se laisser découvrir juste après la courbe, à droite. En dépit des décennies qui me séparent de mon enfance, le décor a été préservé. Il n’y a, comme nouveauté, que les aménagements, en bout de route, pour accueillir les voitures et vélos bien plus nombreux qu’auparavant. Une partie du parking est réservé aux résidents à l’année. Je m’engage dans cette direction, alors que je suis piéton aujourd’hui.
– Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus ! m’interpelle une femme, teint ambré et boucles brunes soulevées par le vent marin.
– Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas venue sur cette plage depuis des années.
– Vous n’êtes pas la fille de Madeleine et André, au Castelet ?
– Non, je suis leur petite fille. Vous me confondez probablement avec ma mère. Les années ont passé ! C’est assez fréquent que l’on me rappelle nos ressemblances. Mais « faisons semblant », nous avons vraisemblablement des souvenirs en commun. Vous vivez à Erquy ?
– Oui depuis toujours. Quand j’ai connu votre famille, je vivais dans la ferme où vous veniez chercher le lait aux Hôpitaux. Maintenant, je tiens la petite supérette du camping des Pins.
– Alors, enfant, c’est toi qui venais à vélo jouer chez nos grands-parents ?
– Absolument. Je m’appelle Juliette et toi, tu es Geneviève ?
– Non, Geneviève est ma sœur. C’est avec elle que tu jouais, enfant.
– Je me rappelle que nous avions à disposition une charrette en bois, faite par ton grand-père.
– Oui, nous en avons fait des kilomètres avec cette charrette dans le grand jardin. Maintenant, je n’ai plus de point de chute sur place. Je reviens régulièrement m’imprégner des lieux. J’ai gardé des souvenirs et sensations très précises des allers et retours vers la ferme de tes parents : Ta mère prend le seau de la traite et emplit la buis métallique. Le lait brillant s’engouffre dans le récipient avec un léger bruissement, sans déborder. Le couvercle d’aluminium est ajusté.
Sur la route du retour, la buis de lait est alourdie, sa chainette chante contre le col du pot. La poignée de bois tournée, fermement tenue au creux de la main, laisse le pot s’agiter de ses propres mouvements à la cadence des pas sur les gravillons de la route. S’ensuit, le cérémonial dans la cuisine de Madeleine : Le couvercle de la buis fait un « poc » mat à l’ouverture. Une casserole où repose l’anti monte lait accueille le lait frais. Quelques bulles translucides décorent la surface. La chaleur du gaz sous la casserole laisse rapidement s’exprimer la danse de l’anti monte lait qui scande un rythme de castagnettes affolées contre le fond du récipient, tandis que le lait émet de gourmands borborygmes.
Une odeur douceâtre s’échappe en volutes de fumée. Le lait se couvre d’un ivoire lisse que le moindre mouvement plisse en vagues de crème.
– C’est fantastique de retrouver, grâce à toi, ces opérations ordinaires, qui n’existent plus. En t’écoutant, je revois précisément les lieux, les parfums de la ferme : le fourrage, les vaches…
Tu viens régulièrement à Erquy ? Tu pourrais peut-être raconter la vie ici, quand tu étais enfant, même si tu ne venais que pendant les vacances, je crois que les touristes apprécieraient entendre parler d’une époque qui n’est plus.
– Je ne suis pas certaine de trouver un public pour cela. Les vacanciers doivent apprécier des récits avec beaucoup d’action. Ce que je n’ai pas à leur offrir.
– En tout cas, moi, je serai très heureuse de te recevoir te de partager nos souvenirs, notre bonheur d’avoir connu cette époque dans ces lieux idylliques.
– La mer est haute, nous pouvons nous baigner. Tu viens ?
J’aime l’idée d’une confusion des générations. On ne vieilli qu’à l’extérieur. L’àge n’a pas sa place dans nos mémoires.
— Toi ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
— Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas la personne que vous croyez.
— Tu n’… vous n’êtes pas le père Noël ?
— Non, désolé, je m’appelle Nicolas, Nicolas de Myra.
— Pourtant, cette longue barbe, et ce bonnet rouge… il ne s’en séparait jamais.
— C’est un cadeau de mon épouse qu’elle m’a tricoté. Et où l’avez-vous rencontré ?
— En Laponie, nous chassions le renne.
— Incroyable, mon épouse est finlandaise. Racontez-moi !
— Oh ! C’est une bien longue histoire.
— Ça tombe bien, j’aime les longues histoires.
— C’était un bon gars, le père Noël, et un bon chasseur. Il avait un traîneau tiré par huit huskies. Lui, il tirait à la carabine à silex, calibre 12. Moi, j’avais une vieille Winchester de mon père. Une catastrophe. En cinq ans de chasse, je n’ai atteint que dix fois ma cible quand lui ratait rarement un coup. La survie des Samis dépendait beaucoup de nous, je devrais dire de lui. Pour se nourrir et s’habiller. Quelle période bénite ! Les bivouacs dans la toundra, les aurores boréales, chaque jour était un émerveillement. Et puis, il y a eu cette épidémie au sein de la meute de chiens. Je n’ai jamais vu le père Noël aussi malheureux. C’était sa seule famille. Deux ont survécu, seulement, sur une vingtaine. Les plus robustes. Ils ont continué à tirer le traineau bien chargé tandis que nous courions à côté. Mais ça n’a pas duré bien longtemps. C’est là qu’il a eu cette idée géniale. Capturer des rennes vivants pour constituer un attelage. On a galéré, mais au bout de quelques mois on avait six rennes dressés à courir ensemble. Quelle aventure !
— Je ne vous le fais pas dire. Et ensuite ? Vous continuiez à les tuer, malgré tout ?
— Ca a été compliqué, on a chassé l’ours brun pour sa peau, et des lagopèdes pour leur viande. Les rennes devenaient trop attachants. Surtout pour le père Noël. Un bon gars, je vous dis, le cœur sur la main. À chaque solstice d’hiver, il déposait des vêtements, de la nourriture, à l’entrée de chaque maison de son village. C’était devenu une coutume. Le jour de Noël. Et puis, j’ai dû rentrer aux États-Unis pour reprendre le ranch de mon père, dans l’Ohio. Depuis, il n’y a pas un jour où je ne pense pas à lui. Alors, de vous voir, avec cette barbe et ce bonnet…
— Quel bonheur de te revoir, mon ami ! Raconte-moi encore nos aventures !
— Je ne te crois pas. Tu n’es pas le père Noël, si ?
— Non, mais il n’y a pas de mal à faire semblant.
Une belle histoire de Noël pour les grands enfants que nous sommes et qui finalement nous laissons emportés par cette magie du mythe du Père Noël.
Le père noël tueur, c’est comme le lapin chasseur ? Au moment de prendre d’habit pour le bonheur des enfants, je retiens le mot de la fin 😊
Vous ici ! Quel bonheur, il y avait si longtemps qu’on ne s’était vu !
Excusez moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas…
Vous n’êtes pas …?
Non, mais faisons semblant
Tout à fait, d’autant que vous me semblez plutôt sympathique
Très bien, alors on sonne ?
Oui, nous poursuivrons cette conversation à l’intérieur
C’est pourquoi ? demanda une voix à l’interphone
Nous ne le savons pas encore
Nous ? Vous êtes plusieurs ?
Deux
Bon ça va, prenez le monte charge, c’est au trente sixième dessous
Trois minutes plus tard
Ah! c’est vous ! Marie Jeanne et Joseph Claude, c’est bien ça ?
En effet dirent les nouveaux arrivants en saluant le portier, vous nous connaissez ? Parce que nous non
Vous étiez sur la liste des arrivées d’aujourd’hui, mais on ne m’avait pas prévenu que vous étiez ensemble
Nous ne le sommes pas répondirent ils en choeur
Mais figurez vous, poursuivit Joseph Claude, que nous avons cru nous reconnaitre ce qui fait…
Bon bon, vous direz cela à qui de droit en temps voulu, prenez le couloir en face, porte numéro deux pour monsieur, numéro cinq pour madame
Mais nous aimerions faire un peu plus connaissance dit celle ci, nous avons à peine eut le temps de …
Il y a des fauteuils, vous pourrez bavarder tranquillement en attendant votre tour, vous ne serez pas seuls, avec ce virus nous sommes un peu débordés, nos conseillers ont fort à faire.
Et puis, n’allez vous pas avoir l’éternité devant vous dit le concierge, refermant la porte en ricanant.
Au fait, je me présente:
Hadès, bras droit de Déméter, ma soeur bien aimée.
Je vais d’ailleurs devoir vous abandonner, elle m’attend pour notre briefing quotidien.
N’hésitez pas à me solliciter en cas de besoin. Il disparu par une porte dérobée, laissant Marie Jeanne et Joseph Claude un tantinet perplexes.
J’aime beaucoup cet humour noir. Vous me rejoignez dans l’idée. Je trouve que c’est bien d’oser sortir des sentiers battus et de surprendre le lecteur.
j’aime beaucoup en effet titiller un peu le lecteur en sortant de ces fameux sentiers re battus
Belle journée à vous
Génial l’idée que deux inconnus descendent ensemble au 36° dessous, comme des drogués ? Je reste un peu sur ma faim, à la fin 😊
je vais vous la livrer ,la fin !!!Ils ne se marièrent vécurent éternellement malheureux et n’eurent grâce à Lucifer, aucun enfant.
Bonne journée à vous
Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu on ne s est pas vus !
Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas.
Vous n etes pas. ?
Non, mais faisons semblant. C’était sans ambages, quels bonheurs ! C’était un plaisir pour une méprise,ronds de jambes et jeux de mots laids! Vous habitez chez vos parents? Habla espagnol ? Une technique d’ approche banale somme toute qui vous interpelle quelque part : je vois que vous avez la jambe belle, cela sans chapeau ni l ‘épée pour amuser la galerie : il va y avoir du suif, mords y l’oeil t’auras la cuisse ! Au dessert, de farlouche, mélasse et raisins secs, œil au beurre noir et œuf en neige, un côté médiéval! Der « Schwanendreher »de Paul Hindemith, j’adore! 🐻
785/MÉPRISE
La Saint Parfait, jour de la fête patronale, allait cette année encore rapprocher les familles.
Janine se réjouissait de retrouver ses cousins dont nombreux suivaient leurs études à l’étranger. Il y en avait même qu’elle n’avait pas revus depuis plusieurs années.
En plein préparatifs,
elle entendit une voiture arrivée. Une jeune fille, sortie en premier du véhicule, ce précipita à son cou, c’était Rose ! Trois grands garçons suivirent, tous blonds comme elle, signe essentiel de cette famille normande.
Bien sûr elle reconnut tout de suite son préféré : le ‘p’tit Nono’ comme on l’appelait à l’époque sauf que là, avec son mètre quatrevingt passé et l’appareil dentaire en moins il avait beaucoup changé. Il la serra très fort dans ses bras en souriant et ce fut pour Janine le même émoi qu’il y a quelques années. D’autres jeunes les rejoignirent sur la pelouse sous le cerisier. ‘ Le ‘P’tit Nono’ sortit sa guitare et tous entamèrent leurs chansons, ils adoraient Mike Brandt. Ce fut une sacrée découverte, elle ne savait pas qu’il jouait de la guitare et ses dents ! Ce merveilleux sourire ! Ils passèrent ce jour de fête à danser, manger, et rire… le bonheur de se retrouver en famille.
Le soir, comme quand elle était gamine, elle se serra contre lui : tu sais Nono, tu es tellement grand maintenant et tu fais de la musique, …
Et doucement dans l’oreille – je ne suis pas Nono comme tu dis, je m’appelle Richard mais je t’ai trouvée si mignonne !… et si on faisait comme si ?…
Elle se serra plus fort contre lui…
Une hirondelle goguenarde les survola en piaillant de rire…
Que voilà une petite bluette digne de la semaine de Suzette ! Merci mes amis d’avoir eu le courage de la lire🐁
Merci Souris verte pour cette petite bluette, toute « mignonne ». 🙂
Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait longtemps qu’on ne s’était pas vus !
– Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas celui que vous croyez…
– Vous n’êtes pas Marcel ?
– Non, mais faisons semblant !
– D’accord, pas de problème pour moi !
– Alors comme ça, vous passez souvent dans le coin ?
– Oh oui, quasiment tous les jours.
– Et on ne s’est jamais parlé, étonnant, non ?
– Nous devons être distraits, ou discrets
– Ou trop occupés…..
– A priori, vraiment à priori, vous n’avez pas trop vieilli, non ??
– C’est gentil de me dire ça, parce que certains matins, je me fais encore des illusions.
– Bof, les illusions, ça fait de mal à personne, ça aide à survivre, quand ya pas mieux.
– Déjà quand on parvient encore à toucher ses orteils avec ses pouces, c’est que tout n’est pas encore complètement foutu, pas vrai ?
– Comme vous dites, avec le nez toujours au milieu de la tronche, ça le fait grave, comme dit mon petit-fils…hein pépé ?
– Mais dites donc, ne portiez-vous pas la barbe, par le passé ?
– Si si,..dites donc, vous…, vous avez quand même une sacrée mémoire des inconnus. A une époque, j’ai cru que ma barbe allait effrayer mes enfants.Alors je l’ai taillé, la totale. En fait ça a déclenché le contraire. Le glabre, la lèvre vierge, ça peut affoler des petits marmots, élevés au poil.
– Ça vous a pris, comme çà ?
– Oui, une petite voix a dû me dire, qu’en plus, ça ne pouvait que me rajeunir.
– Ah….et vous entendez souvent des voix ?
– Par le passé oui…parfois…
– Et maintenant ?
– Maintenant, c’est tout le temps…tenez, tendez l’oreille…
« Alors Marcel, tu la libères quand cette salle de bain. Tu ne vas pas encore nous faire tout un tralala, juste pour ta remise de la médaille du travail…allez, ouste ! »
J aime beaucoup!😊
C’est réussi, on ne s’attend pas à une telle chute. Bravo !
La mémoire des inconnus. Genial !
La chute est inattendue. Et très originale. Bravo Jean-Marc 🙂
Tout ça pour moi…. Noël avant l’heure…Faut que je songe à faire ramoner mes pantoufles, astiquer ma cheminée et tailler de belles bûches pour remercier les aimables lecteurs, Pascal compris! Bon ouiquend à toustoutes!
Vous ici ? Quel bonheur ! Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus !
Excusez-moi, je crois que vous vous méprenez, je ne suis pas…
Vous n’êtes pas… ?
Non, mais faisons semblant… entre deux personnes qui ont été amis il y a trente ans et deux inconnus, quelle différence, après tout ?
En effet, nous avons manifestement à peu près le même âge et donc, une culture commune.
A propos, êtes-vous plutôt Beatles ou Rolling Stones
Moi ? Je suis Jul. Mon petit-fils m’a emmené à un concert. Je n’ai rien compris aux paroles, mais quelle ambiance !
Connais pas. Et pour votre retraite, que faites-vous ? Moi, je suis président d’un club de scrabble.
La retraite ? Mais je travaille toujours, je n’ai que 65 ans. Chorale, peinture, écriture et musique font partie de mes autres activités.
Et question santé, comment ça va ? Moi j’ai de l’arthrose et des problèmes de prostate.
Ah oui ? Vous devriez essayer le Pilate. Ça me fait un bien fou. Pour la prostate, c’est sous contrôle, via des prises de sang régulières.
Je vois que vous êtes comme moi, en vacances dans le sud. Ça nous change de la grisaille parisienne.
Mais j’habite ici depuis des années, la vie est tellement plus belle au soleil !
Je vois que vous avez un chien, ça doit être salissant et surtout encombrant, non ?
Pas du tout, c’est un précieux compagnon, toujours aimant et enthousiaste. Il me rend heureux.
Finalement nous sommes très différents l’un de l’autre.
En effet, il me semblait bien vous avoir reconnu, mais notre entretien est fidèle à mon souvenir. Bonne continuation, Monsieur.
J aime beaucoup! La chute est réussie!😊
C’est inattendu… on se laisse prendre par l’histoire. C’est réussi, bravo !
Voici deux personnes : l’une incarne l’action, la positivité et l’enthousiasme ; l’autre, au contraire, exprime un certain défaitisme et se heurte aux limites du corps, alors qu’elles ont à peu près le même âge.
N’étant pas sur la même fréquence, elles ne se voient pas et ne se rencontreront jamais, si ce n’est de façon accidentelle, dans un discours creux et stérile. Arnaud nous en fait une démonstration habile.
Pfff ! Mon message s’adressait à Nicolas.