L’image prend vite un coup de vieux, l’écrit résiste mieux

Nacera Bechbeche nous ouvre son univers

Extrait : « Nous étions à la pause en terrasse au bord de la mer. De mémoire, nous observions les vagues se briser contre le récif. Le vent chaud et humide à la fois soufflait légèrement en soulevant quelques grains de sable.
Alors que nous étions passés au dessert, une pluie fine nous invita à accélérer notre retour.
Sur le chemin, une femme s’est effondrée dans nos bras. Ce n’était pas du désespoir ni de la tristesse et ce n’était pas de la colère non plus. Elle nous a regardés dans le fond des yeux avec tout l’amour qu’une femme peut porter dans ces moments-là.
En partant, pour nous remercier de ce moment de réconfort, elle nous a fait cadeau de cette larme.
Je ne peux pas vous donner d’éléments sur l’identité de la larme. Cependant, une analyse sur l’origine des émotions qui produisent cette larme nous serait fort utile pour apprécier l’attitude à adopter si, par aventure, elle repassait par
là… »

L’écho d’une larme, Nacera Bechbeche, Éditions Sydney Laurent

BRÈVES D’ÉCRITURE

L’écriture vieillit moins vite

Le constat est sans appel. Il suffit, par exemple, de regarder un film inspiré d’un livre des années 80, puis de se plonger dans l’ouvrage en question pour se rendre compte que l’écrit résiste mieux au temps que l’image. Une fiction mise en film prend vite un coup de vieux, l’écrit résiste mieux, car l’imagination du lecteur réalise son propre film avec des images contemporaines.

L’écriture claquemure

Je ne sais plus qui a dit ou écrit :  » La plupart des écrivains passent moins de temps dehors qu’un détenu en prison. »
Je me reconnais bien dans cette situation. Heureusement, j’ai un grand terrain à entretenir, un peu moins d’un hectare…
Dès que le temps le permet, je jardine. Sinon, une petite application installée sur mon ordinateur m’avertit régulièrement qu’il est grand de bouger un peu.

L’écriture aime se mettre au vert

Il semblerait que les auteurs en panne d’idées, régénèrent plus rapidement leur imagination lorsque la fenêtre de la pièce où ils gambergent donne sur un paysage naturel.

L’écriture est un sport de haut niveau

L’écriture imaginative exige une bonne fraîcheur d’esprit. Quand on écrit une fiction, notre cerveau mobilise toutes ses forces et son intellect. Nos neurones tournent à plein régime. C’est intense et la fatigue vient vite. Ma recette contre le coup de pompe : deux ou trois carrés de chocolat, un grand verre d’eau et quelques pas.

L’écriture inclusive engrosse la phrase

Brève de dyslexique : il paraît que dans notre monde des Bisounours, les femmes se sentent dépréciées par une règle grammaticale : le masculin l’emporte sur le féminin. Confondre sexe et genre grammatical me laisse pantois. Le Robert aurait intégré cette lubie qui alourdit la phrase et la rend incompréhensible. Ce vieux dico confronté à ses concurrents numériques, toujours plus performants, tente de nous de nous faire de « l’oeille » avant de rendre l’âme.

Je suis hors-n’homme. Un neuroatypique à dominance dyslexique. 
De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau.
Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris.
Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

8 Responses

  1. Michel-denis Robert dit :

    Récemment j’ai essayé la lecture à voix haute. C’est génial ! Complètement différent que la lecture pour soi-même à voix basse. Quand on lit à voix haute, on entend sa propre voix. Ainsi est créé le volume dans lequel ce qu’on lit prend sa place que notre imaginaire visualise.

  2. Jean-Pierre dit :

    Un clin « d’oeille », juste pour dire qu’un texte de fiction est en général une histoire qu’on raconte (avec des mots…qu’on entend).
    Et inversement.
    « Il (elle) a une belle voix pour écrire » disait ma grand-mère en parlant d’un(e) chanteur(euse) sans voix (ou si peu) dévorant un micro semblable à un cornet de glace.
    C’est parfois vrai.
    Mais que seraient les mots d’un roman (ou d’une chanson) s’ils étaient uniquement des signes écrits sur un papier (ou si le micro était en panne) ?
    Quand je lis, j’entends une voix off qui me parle avec les mots du texte, et qui me raconte l’histoire dans le creux de « l’oeille ».
    À condition que ces mots soient prononçables en l’état, si possible sans parenthèses (malheureusement je ne sais pas faire), et sans les signes abracadabrants de l’écriture inclusive.
    Alors, les mots du texte, on les voit… ou on les entend ???

  3. Pascal Perrat dit :

    J’ai tenté de dire que lorsque nous lisons un texte, notre imagination produit des images correspondant à notre époque. Quand l’auteur parle de passagers prenant place dans un avion, par exemple, nous n’imaginons pas un avion à hélice.
    Amicalement. Pascal.

  4. 🐀 Souris verte dit :

    🐀 je ressens ce que dit Avoires dans les films policiers même lorsqu’ils sont ‘datés ‘, est ce du fait de l’intrigue ?
    Quant aux acteurs c’est surtout leur façon de parler telle Gabin, Maillan qui marque une époque me semble-t-il.
    Dans l’écrit, certains mots sont suranés, obsolètes je pense même que de nombreuses personnes ne les connaissent pas. Et avec toutes les nouvelles ‘dénominations’ : techniciennes de surface par exemple, là aussi ça revient compliqué comme au temps de Molière et les  »commodités de la conversation ».
    Merci Pascal de soulever le sujet. 🐀

  5. Avoires dit :

    e ne suis pas sûre que l’écriture vieillisse moins vite que l’image : on n’écrit plus à notre époque comme il y a cent ans. Le vocabulaire, le style ont beaucoup changé. Mais il est vrai qu’une histoire bien écrit reste passionnante par tous les temps
    Quand aux films, certains vieillissent très bien, notamment ceux en noir et blanc…

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