Deux espèces d’idées

Dernièrement, une abonnée m’a écrit, après avoir découvert l’exercice d’écriture créative que je proposais : « Mais comment t’est venue cette idée ? »

Forcément, ça m’a fait réfléchir à cette drôle de chose qu’on appelle une idée.

On confond souvent deux sortes d’idées. La première, ce sont celles qu’on commande. On en a besoin pour régler un problème, traverser une difficulté, monter un projet, trouver une solution, décrocher un nouveau job, etc.
Alors on intime l’ordre à son imagination : « trouve-moi une idée pour…». Mais très souvent, elle fait la sourde oreille. Parce qu’une idée, ça ne marche pas comme un livreur de pizza à domicile.

Puis il y a l’autre catégorie : les idées qui ne sont pas convoquées. Celles qui arrivent sans prévenir. Tu ne les cherches pas, elles te trouvent. Elles débarquent comme ça, l’air de rien.
Je me dis parfois que notre imagination ressemble à un hôtel quatre étoiles, mais gratuit. Un lieu où certaines idées ont envie de s’arrêter.
Elles passent devant, regardent, sentent l’atmosphère et se disent : « Tiens, ici, on est bien ! » Alors elles entrent. Elles posent leurs valises. Elles s’installent chez toi.

Tu ne peux pas dire que tu es allé les chercher. Elles sont venues parce que l’endroit leur plaisait. Parce que c’était accueillant.

Encore faut-il que cet hôtel intérieur soit vivant. Chaleureux. En mouvement. Un lieu en légère ébullition, toujours prêt à se transformer. Un endroit sympathique pour les idées, où elles sentent qu’on ne va pas les enfermer ni les exploiter à coups de rendement.

Quand une idée vient toute seule, c’est souvent un signe. Cela prouve que ton for intérieur est ouvert. Hospitalier. Et peut-être aussi que tu as conservé quelque chose de précieux : une part intacte de ton enfance. Cette zone du cerveau où l’imagination joue encore, expérimente, s’émerveille.

Un cerveau trop sérieux fait fuir les idées. Un cerveau resté un peu enfantin leur donne envie de coopérer. S’associer à tes rêves et projets.


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12 réponses

  1. ourcqs dit :

    Mes idées nomadisent, elles arrivent quand je déambule, elles accrochent des mots, des voix, des odeurs, elles dérivent entre elles, elles dialoguent . un petit monde intérieur …

  2. Gilaber dit :

    Merci Pascal, pour ton accueil fidèle et chaleureux, semaine après semaine, dans ce lieu où le confort n’est jamais dissocié de la pensée. Ton hôtel quatre étoiles devient alors un espace d’expérimentation intérieure, nourri par les défis que tu imagines avec une créativité toujours renouvelée.

    Le sujet que tu présentes aujourd’hui ouvre au questionnement : Mais qu’est-ce qu’une idée, au juste ?
    Est-elle la naissance d’une pensée originale, capable de répondre au réel, de provoquer un acte, de faire émerger une œuvre ou une invention ?
    Ou bien n’est-elle qu’un frémissement de l’esprit, une croyance, une image fugace, une hypothèse que l’on ose à peine formuler ?

    Avoir une idée, ne signifie en rien que nous soyons un Géo Trouvetou de l’imagination ou de la pensée. C’est peut-être simplement pressentir qu’une chose pourrait être vraie, sans jamais en être certain. Une intuition fragile, suspendue entre le doute et l’espérance. Et posséder des idées ne signifie pas être un génie de l’imagination, encore moins un architecte infaillible de la pensée.

    Car l’ouverture de l’esprit n’est pas une rupture violente, mais un consentement silencieux. Ouvrons alors notre boîte à penser, sans contrainte ni urgence, et laissons la créativité s’écouler librement, à son propre rythme, comme une fertilité patiente qui ne demande qu’à être accueillie.

    Bonne soirée à vous deux.

  3. Avoires dit :

    Le mot idée vient d’un verbe grec qui signifie VOIR.
    C’est sans doute pour cela qu’on associe une lampe au mot.
    Je trouve aussi que les idées sont comme des nuages dans le ciel, très peu statiques, galopant, mouvantes, déformables à souhait
    Reste l’indémodable Idefix…

  4. Sylvianne Perrat dit :

    J’aimerais être une idée !

  5. camomille dit :

    Lumineuse métaphore !
    Vous lire est réjouissant Pascal🫠

  6. Antonio dit :

    Une belle métaphore quatre étoiles 😉

  7. Valérie Jacquin dit :

    Bonjour,
    Merci Pascal pour toutes vos idées !
    J’aimerais avoir plus de temps pour associer les miennes aux vôtres.
    Même si je ne participe pas à tous vos rendez-vous du samedi, je lis toujours avec plaisir vos propositions d’exercices et les textes des membres du blog.
    Avec toute vos bonnes idées, votre hôtel doit afficher souvent complet !

  8. Béatrice Dassonville dit :

    Je trouve tout à fait juste — et délicieusement amusante — votre métaphore de l’hôtel quatre étoiles, cher Pascal, ce lieu où les idées feraient halte, attirées par la qualité de l’accueil.

    Un endroit où les rides du temps se dessinent aux coins de chaque ouverture, comme de petits soleils discrets, témoins de ce qui a été vécu, pensé, transformé.

    J’ai toujours imaginé les idées comme des voyageuses. N’ont-elles pas, par essence, quelque chose de l’onde ? Elles apparaissent, se déplacent, se superposent, disparaissent parfois, avant de revenir autrement.

    Dans ce vaste réseau — disons cosmique par métaphore — elles semblent se rassembler par affinités, par résonance. De là naissent des égrégores tantôt sérieux et grimaçants, tantôt légers, traversés de rires d’enfant.

    Et selon nos paysages intérieurs, notre cerveau — émetteur et récepteur à la fois — dresse ses antennes. Il capte certaines de ces configurations plutôt que d’autres, non par hasard, mais en fonction de ce que nous sommes prêts à accueillir.

  9. Malleret dit :

    Cher Pascal mon hôtel ne fonctionne pas trop mal pour différentes idées, mais pour le moment il n’accueille pas celles dont j’aurais besoin pour répondre aux tiennes !!
    J’ai bien compris que ce n’est pas comme un livreur de pizzas, ce qui m’arrangerait bien en ce moment !!!

  10. Jean Marc Durand dit :

    Pour vous donner une idée, vous pouvez lire « Le Péril Bleu » de Maurice Renard (oui, j’ai bien écrit Maurice) et « La guerre des Mouches » de Jacques Spitz. Comme quoi des idées libres peuvent fournir des écrits plus guillerets que la moyenne.

  11. Jean Marc Durand dit :

    Ah oui, toutes ces idées vagabondes. Elles abondent….Cette nuit m’est apparu un Bernard l’ermite barbotant dans la piscine de la centrale nucléaire de Gravelines. Je n’en dis pas plus, car une nouvelle viendra. Et Godzilla, il pourra aller se rhabiller. Parce que mon Bernard….il va secouer autrement efficace le cours de la planète.

  12. Basciani Caroline dit :

    Un grand merci !
    Vos idées m’ enchantent toujours.
    Très bonne journée à vous.

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