Combien de mots connaissez-vous ?

Selon vous, combien de mots connaissez-vous ?  
Mots dont vous pouvez donner la définition ?

Dites un nombre, comme ça, pour jouer.

Avant de lire la suite, réalisez ce petit test :

1  – Tel un dictionnaire, essayez de donner la définition de chacun des 7 mots suivants :

Apostille : 

Formication :

Parembole :

Incunable :  

Orographie :   

Tabouer :  

Jambelet :

2 – Vérifiez, à l’aide d’un dictionnaire, si vous ne vous êtes pas trompé.

Notez que l’objet de ce billet n’est pas de polémiquer, acceptez ce test comme un jeu.
Trouvez une définition sans regarder sur Internet ou dans un dictionnaire, vous allez faire un constat surprenant.   

Les créateurs de dictionnaire pensent généralement qu’une personne ayant fait des études supérieures
a environ 20 000 mots en vocabulaire actif et 30 000 mots en vocabulaire passif.

On entend par vocabulaire passif les mots dont on comprend approximativement le sens mais dont on n’est pas sûr de les employer correctement.
On estime qu’une personne cultivée connaît donc à peu près 50 000 mots. (Un dictionnaire usuel du type Petit Larousse ou Petit Robert en compte environ 60 000).

Au cours de mes stages, je propose parfois à des journalistes une liste de mots en leur demandant d’en donner la définition,
à peine 10 % des réponses sont exactes.
Ce n’est donc pas du tout le reflet des chiffres précédemment que je trouve très optimistes.

Mais comme vous le savez, on fait dire ce que l’on veut aux chiffres, il faut se souvenir que Racine dans ces tragédies n’utilise que 4 000 mots.  

En conséquence, retenez que les mots les plus simples facilitent davantage la lecture que les mots compliqués.
Si vos lecteurs butent à chaque ligne, contre des mots, dont seul un dictionnaire pourrait leur donner le sens, ils se fatiguent et décrochent.
Les mots, rarement employés dans le français quotidien, sont un obstacle à la lecture.
Si on ne peut pas éviter de les utiliser, on multipliera les images et pour gommer la difficulté du texte.
Employez donc toujours de préférence, un vocabulaire concret plutôt qu’abstrait.
Vos lecteurs vous en sauront gré. 

 

Dictionnaire Larousse

Dictionnaire Larousse

 

Les réponses au test :

Apostille : n. f. 1° Annotation en marge ou au bas d’un écrit. Écrire en apostille. Ce que j’ai lu dans l’apostille de votre lettre ne m’a pas extrêmement plu, BALZAC

Formication : n. f. Terme de médecine. Sensation de picotement sous la peau causée par des difficultés de circulation.

Parembole : n. f. Espèce de parenthèse dans laquelle le sens de la phrase incidente a un rapport direct au sujet de la phrase principale.

Incunable : adj. Édition incunable, édition qui date des commencements de l’imprimerie.

Orographie :  n. f. Traité, description des montagnes, du relief.

Tabouer : verbe. Déclarer tabou

Jambelet : n. m. Ornement circulaire qui est pour la jambe ce que le bracelet est pour le bras.

9 Responses

  1. ines dit :

    moi je connaiser orographie et tabouer et j avous que orographie c’etait ma prof de francais qui me la dit et tabouer c’est ma mère

  2. lanrezac dit :

    Euhhh « il faut se souvenir que Racine dans ces tragédies n’utilise que 4 000 mots » il faut écrire dans SES tragédies…!!!!

  3. Michel Cittone dit :

    Texte reçu de la part de Michel Cittone, abonné et ami :

    …Je fis longtemps le métier, fatigant mais lucratif, qui consiste à razzier des mots et à les former en caravane, pour les revendre au marché noir. J’en ai toujours chez moi un lot varié. Ma collection passe pour une des plus riches de Paris. Elle comprend des mots dont feu Larousse lui-même n’a jamais soupçonné l’existence.

    A la vérité , Larousse était surtout empailleur. Il naturalisait les mots, les étiquetait, les classait dans sa logothèque, selon cet ordre absurde qu’il nomme alphabétique, organisant de ces monômes pétrifiés dont l’apparition vous laisse pantois : A aa, aabam, aal, Aalborg, Aaron, Abab, ababaye, ababouiné, abaca.
    Pour ma part, je préfère donner du travail aux mots, leur permettre de courir leur chance.
    Certains me doivent leur situation, et se croient obligés, pour me témoigner leur reconnaissance, de me rendre visite à tout bout de champ. Axolotl, par exemple, et Scissiparité sont devenus des habitués de la maison, ainsi que Brucolaque , Exophtalmie et Saburre.

    Je les aime bien, mais ils sont un peu collants. Ils ne savent pas s’en aller. L’observation n’est pas nouvelle. Au lycée, mon professeur de grammaire me disait déjà: « Prends garde aux mots. Si tu es gentil avec l’un d’eux, au bout d’un instant il te tape sur le ventre, il te mange dans la main, il te rabindranate ta gore. Tu ne peux plus t’en débarrasser. »

    Un incident , qui eut une grande importance dans ma carrière, se produisit un jour qu’un de ces mots encombrants avait forcé ma porte. Depuis plus d’une heure, il était là près de moi, à pousser de petits aboiements et à métronomer de la queue pour attirer mon attention. Etait-ce Catalyse ou Thaumatolampas ? Je ne m’en souviens plus. Toujours est-il qu’agacé je me levai brusquement, attrapai le raseur par la peau du cou et, prenant mon couteau de l’armée suisse, lui fis subir incontinent l’opération dite de la contrepèterie.

    Vous la connaissez sans doute, Etienne Tabourot, sieur des Accords, qui le premier l’a pratiqué, l’a décrite dans ses Bigarrures.
    Elle consiste à exciser délicatement la tête d’un mot, puis à pratiquer l’ablation de l’abdomen, et à mettre l’un à la place de l’autre. Le résultat fut si saugrenu que je fus pris d’une tendresse folle pour l’objet de cette métamorphose. Je l’emmenai incontinent à la brasserie Lipp, où il obtint un vif succés.
    Cela me mit en appétit. Je fis d’autres essais, d’abord par désoeuvrement, puis par curiosité. Je perfectionnai ma méthode et acquis bientôt une certaine renommée. On m’appelait le Voronoff du langage(…).
    Je les transmuais au gré de ma fantaisie, avec la joie créatrice du tondeur qui change un caniche en bouquet de goupillons ou du musicien qui taille en fox une marche funèbre…(…)… Un de mes amis cheau de buref à l’Assisblique Putance, fit mettre à ma disposition un laboratoire où je pus réaliser sur une grande échelle mes expériences de chirurgie verbale.

    Je greffai à des noms communs des vesticules de terbes rares, à des adversaires des ganglions d’adjectifs.
    Je gratifiai de solides squelettes des substantifs invertébrés, des mots lusques.
    Grâce à moi, bien des vocables affligés d’impuissance congénitale reprirent confiance en eux, acquirent du tonus, devinrent capables de couer des jouilles dans la vie. Je pratiquai des croisements inouïs, mariant la lape et le carpin, fécondant la porte cochère avec du frai d’axolotl, transfusant dans les veines du porc drapaud du sang de vélodrome.

    Après quoi, je signais leur bulletin de sortie , et ces rats à trompe, ces poissons à fourrure, ces crabes à plumes, ces hannetons bulldozers, quittaient la clinique , en marchant sur leur langue, en aboyant de la queue, en volant de leurs propres oreilles, tous remis à neuf-l’envers vaut l’endroit,- méconnaissables, revalorisés, pareils à des êtres échappés de la planète Mars, comiquement cosmiques et inversement, se poussant du col et ramenant leur fraise , comme la mouche du vinaigre quand elle apprend par le Journal Officiel qu’elle vient d’être promue au rang de drosophila melanogaster.

    Ces recherches auxquelles je consacrais des nuits entières, n’allaient pas sans altérer ma santé. Je payai ce surmenage par de violents maux de reins oculaires, par une cruelle sciatique du cervelet ! Mais , aussi, quel triomphe, après une belle réussite ! Quelle joie , par exemple, lorsque qu’un malheureux comme Parallélogramme qui s’était trainé jusqu’à ma table d’opération, me suppliant de l’alléger, se relevait changé en Paragramme ollé ! et me quittait en dansant le boléro.

    Ou bien encore quand des équipages entiers de mots en chômage repartaient équipés à neuf, depuis paticaine jusqu’au dernier musilier farin, prêts pour le grand branlecon de babas.
    Quand j’avais ainsi lancé mes sujets dans la vie, je suivais leur carrière avec un orgueil paternel. Certains de ces teaux à deux vêtes, de ces moupattes à cinq tons, trouvèrent des engagements comme phénomènes dans les foires littéraires. D’autres eurent des succés au music-hall, dans les salons. .Mais, il faut bien l’avouer, je fis aussi des mécontents. Il y eut des plaintes, des lettres anonymes. La Société Protectrice des Animots intervint. Un marlepentaire interpella le gouvernement au sujet de ma clinique qu’il appelait une nouvelle « île du Docteur Moreau » et où, prétendait-il, un sadique se livrait à de monstrueuses vivisections verbales.

    La plupart des réclamations venaient de sujets dont j’étais pourtant particulièrement fier. Tel fut le cas de Diplotame. Il ne me pardonnait pas de l’avoir , selon lui, rendu ridicule.
    Depuis sa transformation , il parait qu’on le trouvait lourd, pataud, maladroit. A l’O.N.U . il avait mis les pieds dans le plat. L’imbécile m’imputait la responsabilité de ses échecs et menait une sourde campagne contre moi dans les milieux diplotamiques.

    Cette histoire me revenait , pendant que je regagnais mon domicile , par la rue de Buci. Je sentais que j’étais suivi. Quelqu’un collait à mes talons. Qui ?
    Je n’eus pas de peine à l’identifier au bruit gélatineux de ses pas, blouf, blouf, blouf, sur le pavé mou. C’était mon diplotame.
    M’étant par un brusque bond de côté, tapi dans un couloir d’hôtel, je le dépistai. Il passa sans me voir, de ses gros yeux de nyctalope, hésita quelques instants, humant le brouillard d’un mufle perplexe, puis il s’engagea sur le boulevard Saint-Mergeain.

    Je respirai et repris tout en marchant le fil de mon poème interrompu. Mais soudain, comme j’arrivais devant ma porte, je m’aperçus qu’un groupe aux allures louches s’approchait, rasant les murs.
    Bientôt ils firent bloc et foncèrent sur moi. Je les reconnus. Ils étaient tous là, les ratés, les déchets, les vadetravers, tous les mal foutus, tous les mots vornés: le médagogue, le démocrate tréchien, le rassemble-gauche dément, le bléricopain pupulaire, massés derrière le diplotame et hurlant : « Pargue au foteau! ».
    Comment parvins-je à fendre leur foule, à gravir traque à traque mes étages, à ouvrir mon pied d’un coup de porte, je ne sais. J’avais peur…La sueur me ruisselait entre les côtes.
    Je bondis sur le télénophe: -Allô ! Le copissaire de molice ? Allô ! Ici , Péon-Faul Margue…Oui l’évicrain, le toèpe…Margue ! M comme Mladiwir, A comme Axédranle, R comme Rabnabé…Au secours ! Venez-vite. Il n’y pas une pinute à merdre . Je suis assiégé par les mots…
    Quelques instants plus tard , le copissaire de molice, suivi de deux nersopages blêtus de vanc, faisait irruption chez moi, me passaient la camiforce de sole et m’enquarbaient pour l’aclique sinile Sainte-Anne.

    Texte extrait de « A la façon de Léon-Paul Fargue » de Georges-André Masson (Editions L.L.C, Paris,1949)

  4. Christian dit :

    J’en connais un correctement (incunable) et deux autres déjà lus… mais souvenir trop lointain pour être sûr de quoi que ce soit.
    Je sais modestement que je ne suis pas sur le podium.
    Il m’arrive aussi (souvent) d’être très étourdi. Mais la dernière phrase de l’article : « Vos lecteurs vous en seront gré. » me cause pas mal de formication du côté des neurones.

  5. Sabine dit :

    Je ne connaissais que incunable et orographie…

  6. durand dit :

    Merci Pascal de nous mettre le nez dans nos approximations de définitions.

    Je viens de mettre le nez dans un livre de Jankélevitch: « La musique et

    l’ineffable ». Absolument illisible sans un dictionnaire sous la main avec deux

    mots »exceptionnellement » confus par page. OUF! Ecoeuré d’avoir à abandonner

    un thème qui me passionnait.

    Sinon,

    « Non, je ne suis pas un incurable des mots portés sur la fornication des apostillons. » Marc de Mercantour. (Le retour du Texte) 1922.

    « Je ne tabouerai jamais à un parembolchevik l’approche ororthgraphique réalisée autour d’une svelte jambelette » Leonid Tolstoy (Va, recours et nous range!).1893.

  7. Caroline dit :

    Mince alors, je n’en connaissais aucun !

    J’aime bien la petite musique du mot Apostille et puis aussi de Parembole. Je les imagine en plein champ d’une histoire à écrire…
    Il y a des mots, comme ça, qui nous donnent à inventer aussi autre chose, autrement…

    Merci pour ce jardin de mots !

  8. Françoise - Gare du Nord dit :

    Je ne connaissais que deux mots sans en savoir précisément le sens (apostille et incunable), pour les autres, c’est une découverte

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