523e exercice d’écriture créative imaginé par PascaL Perrat

Exercice d'écriture très créative

C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets,
la bise cherchait qui griffer.
Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent.
Étonnamment, je…

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Sur ce blogue, on n’apprend pas à écrire un roman ou des nouvelles, on enflamme son imagination. Les exercices que j’invente, aiguillonnent l’esprit. Mon but est de conduire toute personne vers le créateur plus ou moins claquemuré en elle. L’enfant imaginatif avec lequel elle se réconcilie définitivement dès qu’elle se prête au jeu. Après quoi, elle décide de mener le projet d’écriture qui lui convient.

32 Responses

  1. Michel-Denis ROBERT dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mains, la bise cherchait qui griffer. Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, les murs grelotèrent. Etonnamment, je ne rentrais pas la tête dans les épaules. Black Monday. C’était un Black Monday ! Là-bas, ils ont l’habitude. Le temps est toujours pluvieux. Aussi je pensais à me mettre à la place d’un quidam outre-Manche. J’étais dans ma ville mais je me dépaysais avec cette averse dont les gouttes s’envolaient parfois sous les coups de bourrasque. Et ça revenait me fouetter le visage. Je bouclai mon imper. Je n’aime pas le froid au corps. Mais le visage, j’adore quand le vent et la pluie burinent. La mer était démontée et provoquait le gonze. Ne t’approche pas, aujourd’hui je ne suis pas bonne à tenir avec des pincettes. C’était bizarre qu’elle commence à dialoguer ou c’est mon imagination qui se déportait avec le zef.
    Soudain une limousine noire ornée de chromes avec des phares surpuissants qu’on aurait dit des yeux de dragon, débusqua de la rue principale perpendiculaire. Elle fit une embardée juste à ma hauteur, pas pour m’éviter mais pour foncer sur la gauche vers le sud. A bord, trois silhouettes noires, chemises blanches, cravates. J’aperçus la cicatrice de l’homme au volant. C’est un nerveux, un fourbe. Je l’avais remarqué dans un combat de rue alors que je lavais mes carreaux. C’est un fin distributeur de coups, plus avec les pieds qu’avec les mains. Dans la bagarre, il rétala un type qui ne demandait rien à personne. Du moins, c’est ce que je crus comprendre dans ma surprise, au moment où ça s’est produit.
    La police est arrivée. Ils ont réconforté le personnage toujours allongé. Puis, ils l’ont embarqué dans leur Peugeot. On aurait dit une scène pour le cinéma. C’est pour cette raison que je ne me suis pas soucié. J’aurais juste à m’informer sur le tournage dans la ville, dans un journal local ou à la radio. Ce matin-là, je traînais dans les rues, et malgré le temps, je ressentais une joie secrète que je partageais avec la pluie. J’étais juste un touriste !
    J’aurais deux ou trois coups de fil à donner. Deux coïncidences en deux jours, ça devient un évènement. Un vrombissement évoquant une puissance contenue me sortit de mes rêveries. Le temps de grimper sur le trottoir, avec cette pluie, le sol était glissant. Au feu, une Jaguar rouge-orangé démarra en trombe et piqua vers le sud, comme la précédente. Ce n’était plus des coïncidences, mais des interpellations. J’eus l’intuition que si je cherchais à savoir, j’aurais des ennuis. Mais un besoin inextinguible de satisfaire ma curiosité fit taire mes craintes. Si j’étais revenu, c’était dans un but précis, je ne devais pas déroger. Si la Jaguar poursuivait le monstre, je devrais rendre des compte sur ce que j’en avais déduit. Pour le moment, je me dirigeais vers le kiosque. Il avait couvert tous ses journaux d’un plastique transparent. Je m’approchai. Personne à la réception, pas de sonnette.
    – Il y a quelqu’un ?
    Normalement oui; il devrait y avoir quelqu’un. Derrière les magazines, un journal se replia, sur lequel j’eus le temps de lire en gros titre : « LE LUNDI NOIR DE LA POLICE ! ». Un homme émergea comme dans un théâtre de marionnettes. Son béret, ses lunettes, sa barbe de deux jours et sa blouse me firent penser à un instit recyclé.
    – Bonjour ! Vous avez le matin ?
    – Cest le dernier, dit-il en montrant le journal qu’il tenait. J’ai été dévalisé tôt ce matin.
    – Si vous me le vendez, je paye plein tarif.
    – Allez ! De toute façon, j’ai lu ce qui m’intéressait.
    – Et qu’est-ce que le lundi noir de la police ?
    – Ben ! Vous lirez. Un homme est décédé hier dans les bureaux de la police.

  2. Catherine dit :

    Etonnament, je trouvais que ce lundi avait fait preuve d’un certain aplomb pour venir briser la promesse qu’il m’avait faite, moi qui avais alors fièrement cru à sa parole. C’est que dimanche, heureux sous un soleil radieux, les pieds en éventail, sirotant une bière au cassis, je lui avais demandé pour se racheter du terrible rhume qu’il m’avait amené la semaine dernière par un courant d’air aussi violent qu’inopiné d’avoir cette fois la galanterie de céder son siège au mardi. Bien m’en a pris ! Revenons un peu sur les faits. Du 1er au 15 août j’étais comme chaque année à la même époque en vacances sauf que mon boss – ah le sal(….)- m’avait appelé la veille du lundi 14, et par un hasard mal fait, la sonnerie stridente du téléphone avait recouvert le pzzzz de ma boisson préféré d’un étrange pressentiment.
    « Oui tu dois faire ce dépannage demain. Tout le monde est en vacances. C’est toi qui a vendu cette merde après tout. Veux-tu avoir la mort de cette vieille dame sur la conscience ou peut-être te retrouver à devoir t’occuper des vieilles pousses de tes marguerites pendant les longs mois d’hiver l’histoire de tuer le temps ?
    — |Bon allez. Ok. Je viens lundi à 15 heures. Je prendrais le 1er train de l’après-midi après avoir enfilé un jambon-champignons chez Pierrot. Mais vraiment c’est parce-que c’est … »
    Et voilà comment j’avais demandé au lundi de tourner court. Et satané lundi. J’ai su dès le lendemain matin que c’était bien lui. Son habitude toujours de vous secouer comme le Père Fouettard pour vous remettre au boulot. Ah je le connaissais ce lundi. Toujours difficile de négocier avec lui, toujours inflexible. Il ne tolérait rien. La moindre minute de retard à sortir du lit, et c’était la pluie battante. La pire des espèces après mon patron. Ah comment avais-je pu être aussi naïf… Aujourd’hui, ce n’était pas la pluie mais le vent qui cherchait à me figer sur place en m’enroulant les mollets, la bise qui cherchait à me griffer. Ah quel roublard, il avait réussi à m’amadouer pour mieux me prendre à son piège. Comprenez-moi bien. J’ai toujours détesté le lundi.Mais aujourd’hui, sans ambages, je signe ce jour d’une croix noire. Ainsi va mon suprématisme…

  3. pakitapom dit :

    C’est un méchant lundi que ce 5 novembre là. Le vent mord les mollets, la bise cherche qui griffer. Soudain, la ville est prise d’un grand frisson, ses murs grelottent et le pavé tremble sous le vacarme des pas  Étonnamment, malgré la froidure qui cisaille leurs corps d’oripeaux couverts, toutes sont là rassemblées sur la place de gréve, devant l’hôtel de ville , réclamant à grands cris du pain pour leurs enfants qu’elles portent parfois hardiment sur la hanche ou emmaillotés dans un grand châle, sur leur maigre dos

    Ne raconte-t-on pas que l’Autrichienne se rit du peuple en lui conseillant de manger de la brioche faute de pain . On dit aussi que, peu de jours auparavant , alors que le peuple de Paris crève la faim, le régiment des Flandres fut reçu en grande pompe et banqueta fort richement à l’Opéra de Versailles. Ce grain dont on manque si cruellement pour faire du pain semble facilement se moudre en d’autres moulins; On dit encore que la cocarde bleue et rouge, symbole récent de la nation,.fut, cette nuit là, foulée au pied , pour être remplacée par la cocarde blanche de la royauté. C’en est trop !

    C’est ainsi que plus de 8000 femmes armées de piques et de fourches prennent le chemin de Versailles. Le souvenir de la prise de la Bastille et des têtes tranchées que l’on promenait au sommet de piques ensanglantées il y a quelques mois à peine les rend hardies et attise leur fureur. Après des heures de marche épuisante dans le froid et sous une pluie battante elles arrivent enfin aux grilles du palais royal. Un groupe d’une vingtaine de femmes envahit l’Assemblée Nationale . Elles réclament de voir le roi pour obtenir de lui la signature de décrets qui leur garantira pain et protection contre ceux qui les affament et aussi le respect de la cocarde nationale .

    Suivant les femmes en colère, la foule a continué de marcher sur Versailles et les grilles du château n’ont pas résisté longtemps aux assaillants. Louis XVI signera non seulement les décrets mais ratifiera aussi, sur le conseil de Lafayette, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, avant de quitter pour toujours le Palais de Versailles et de retourner à Paris, escorté par les émeutiers et suivi d’un impressionnant convoi de grains et de farines pour nourrir son bon peuple.

    Exténuées mais fières du combat mené , les femmes pénètreront dans la capitale en hurlant à la foule : « Soyez rassurés, nous ne manquerons plus jamais de pain, vous vous ramenons le boulanger, la boulanger et le petit mitron » Pour certains, un heureux commencement , pour d’autres , une bien triste fin ..

  4. Françoise - Gare du Nord dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets, la bise cherchait qui griffer, les bourrasques arrachaient les cheveux, la tornade faisait chuter au sol, le blizzard giflait le visage, l’ouragan tordait les poignets

    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent, les rues furent inondées de trombes de larmes, les arbres se recroquevillèrent, les volets gémirent, les tuiles des toits émirent des plaintes et même le grand portail de l’église se mit à crier.

    Étonnamment, je n’étais ni surprise ni même apeurée par tous ces éléments déchaînés et le vacarme provoqué. Car rien de tout cela ne m’était étranger, je peux même dire que cela m’était familier.

    J’ai passé mon enfance, toujours placée dans l’oeil du cyclone, celui d’une tramontane tonitruante et ses bises sur moi, de force 12 sur l’échelle de Beaufort

    J’entrais dans l’adolescence et ses inévitables tourbillons, alors qu’elle amorçait les quarantièmes rugissants. Et toujours ces rafales si violemment ressenties.

    Puis ce furent ses cinquantièmes hurlants et toujours ses courants d’air qui me glaçaient les sangs

    Elle, qui répondait pourtant au doux prénom d’Alizé et au surnom de Brise-menue fut une grande lectrice de Frédéric Mistral et de Paul Auster

    Nos liens furent orageux jusqu’à son dernier souffle. Mais, je n’ai jamais compris pourquoi elle avait élu domicile dans cette bourgade normande, inconnue et sans charme, venteuse et pluvieuse, qui connut pourtant une notorité internationale en juin 1944.
    Cette femme, cette mère qui ne fut certes pas une sainte et qui jamais ne mit les pieds dans une église

  5. Her dit :

    523e exercice d’écriture créative imaginé par PascaL Perrat
    PAR PASCAL PERRAT · PUBLIÉ 5 DÉCEMBRE 2020 · MIS À JOUR 5 DÉCEMBRE 2020
    Exercice d’écriture créative

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets,
    la bise cherchait qui griffer.
    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent.
    Étonnamment, je…
    🔸🔸🔸
    Étonnamment, je n’avais pas peur ce qui est totalement étonnant car j’avais toujours imaginer le pire sauf …
    Telle que si redoutait, l’annonce en question à était faite et nous sommes lundi… Le LUNDI. Pas n’importe lequel ! Le Big méchant lundi!
    Un temps plusque pourrit, le ciel noir parsemé de nuages fumants, opaques et toxiques…
    Rien que ça ! Ah non seules éclairages, des traînées de feu que laissent les débris dans la couche d’ozone.
    Les vibrations dans les fondations se font de plus en plus puissantes… Nous y sommes, ce n’est pas une énième fausses fin mystique aléatoires !
    Depuis toujours on se surprend à s’imaginer la fin du monde mais sans y croire une seule seconde et pourtant…
    Force de prédiction, de sondes en tout genres… De prélèvements atmospherics et de robots sur les astéroïdes nous sommes lundi 2//2/2222 et c’est la fin!
    La nuit glaciale nous envahie, et les pluies de cendres couvrent d’un voile ténébreux tout ce qui est vivant et visible.
    L’air est irrespirable à l’extérieur et je ne peux que patienté de savoir si le ciel va me tomber sur la tête ou si je vais finir mort de faim.

    Si ma maison va brûlé sous une retombée ou si je vais m’endormir asphyxié. Tout ce que je sais c’est que les murs grondent, trembles, que le vent nous transforme en statut de glace et qu’il fait pas seulement nuit mais il fait noir. Un brouillard qui brûle les yeux, les poumons. Seule la radio sur une seule fréquence est audible. Dire que nous avons des programmes intégrés, des membres de rechangent équipés en fonction de nos activités Mais rien pour respirer en cas de toxicité !
    Il fallait bien réussir à stopper cette humanité robotisée !
    La planète est parvenue à évoluer malgré l’intelligence artificielle et le fait que plus un arbre n’existent !
    Big Bang, après l’ exterminateur des dinosaures, et le virus de l’ être humain qui à tellement négliger la vie en désirant tout anéantir et devenir l’esclave de ses propres machines…
    02/02/2222 , lundi c’est le Magma magnétique et unique gardien et protecteur de cette planète qui survivra !
    Le lundi tout est fini! Retour vers le futur ou à l’infini et au delas. C’est salop et pas rigolo! C’est un lundi flingué par un méchant coup du sort…
    Une trajectoire étudié et une fatalité. Une putain de sale journée ! Je vais pas non plus pleurer !
    On pourrait même se dire qu’on l’a bien chercher ; même si j’y suis pour rien si c’est con nous ont pas préparé ou formaté à crever… Pardonnez-moi mon langage… Mais ce lundi ne me fais pas juste chier comme ceux quand tu vas bosser; il est le dernier !
    Le dernier jour de l’humanité !

  6. Urso dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets,
    la bise cherchait qui griffer.
    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent.
    Étonnamment, je … me mets à compter tout haut. Le compte à rebours a commencé.
    Dehors le vent souffle, il fait froid.
    Moi je sais aussi que dans quelques minutes, la ville va être détruite, de grosses explosions sont à prévoir. Ce lundi sera le dernier.

    Je m’en fais pas trop. Bien installé dans le canapé, je me sers un bon verre de whisky. Et puis allant dans la cuisine, un détail me surprend. Sur la porte du réfrigérateur je vois qu’il y a une note Post-it avec ce mot : chéri je t’aime !
    Ma pensée s’embrouille. Qui l’a mis. Ce n’est pas possible. Hier soir ce Post-it n’y était pas. Je ne suis pas fou.

    Cela fait des années que je vis seul. Ma femme est partie. Elle a préféré un homme plus jeune. Vraiment je ne sais pas qui a pu écrire ce  » je t’aime « .

    Je me sers un autre whisky. De toute façon c’est la fin. Dans quelques secondes, il y aura un énorme champignon bien gris qui va recouvrir la ville. Des millions de morts sans doute. Pffft plus rien. Que c’est triste.

    Et puis mon chat se rapproche de moi. On dirait qu’il ressent mon désarroi. De ses yeux verts clairs il me regarde tout étonné. Comme s’il ne m’avait jamais vu.
    Sa réaction fait comme un déclic en moi. Je retombe tout à coup.
    Oui ça me revient. Je n’ai pas dormi de la nuit. Tout occupé que je suis en ce moment à achever un livre de science-fiction. Étant carrément plongé dans mon histoire, je crois bien que j’ai fait une symbiose entre la réalité et la fiction. Sortant de moi-même et entrant dans le contexte du livre.
    Moi, mon truc ce sont les scénarios catastrophes. Parfois je me dis que plus c’est gros, plus il y a de morts, et plus un bouquin à des chances d’être vendu.

    Et là je refais surface progressivement. Sortant de ma torpeur. Non dehors il ne fait pas froid et le vent ne souffle pas fort. Et surtout la cité ne va pas être détruite par je ne sais quels ennemis très méchants, tout droit sortis de mon imagination.

    Ah ah l’écriture, comme elle peut vous transporter dans un autre monde. Vous faire vivre dans une réalité bien différente.

    En fait, je suis en ce moment au bord de la mer, dans ma petite maison secondaire. En train justement d’écrire. Et ce Post-it que tout à l’heure j’ai vu, c’est celui de ma femme. Oui ma chère femme.
    Elle est sortie faire des courses.

    La vie est belle et demain c’est Noël.
    Profitons-en ! Et pour moi c’est certain je vais dans quelques jours terminer mon bouquin … qui me donne des sensations et parfois des cauchemars.

  7. Kyoto dit :

    C’était un méchant Lundi. Le vent mordait les mollets. La bise cherchait qui griffer.
    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent.
    Etonnamment, je transpirais.
    La Lune souriait.

    Ce fut un terrible Mardi. De grelotter, les murs se fissurèrent. Le vent maudit s’engouffra dans chaque lézarde.
    Brusquement, la ville fut prise de tremblements, ses murs s’effondrèrent.
    Mars gronde.
    Curieusement, j’éternuais.

    Ce fut un Mercredi chaotique. Un brouillard de poussières et de Cendres dominait la ville fantôme.
    Le soleil s’est sauvé avec la lune et sont partis en voyage astral pour une durée indéterminée.
    La nuit succédera à la nuit.
    Mercure était fiévreux.
    Comment ne pas pleurer ?

    Ce fut un Jeudi triste et essoufflé. Il a passé son temps à courir après Vendredi sans doute perdu dans les Limbes du Pacifique.
    Jupiter a enfin trouvé Vénus.
    Incroyablement, je reprenais espoir.

    Un nouveau Samedi arriva. Un mince arc lumineux apparut dans le ciel. La Lune était de retour. Elle s’ennuyait de la Terre et a écouté les bons conseils de Saturne.
    La quiétude s’installait.
    Curieusement, je n’arrivais pas à sourire.

    Enfin Dimanche ! Eclairé par le Soleil, qui se languissait.
    Toutes les planètes formèrent une ronde.
    Et me saluèrent.
    Etrangement, je m’envolai.

  8. Maïté P dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets, la bise cherchait qui griffer. Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent. Étonnamment, Jean, lui, semblait totalement épargné par ces désagréments. Lui, qui habituellement se plaignait de chaque contrariété à sa mère. A présent, elle n’y répondrait plus. Étant donné qu’elle avait disparu. Où était-elle ? Où étaient-ils tous ? Peut-être allait-il trouver une réponse à cette question. C’est avec cette soif de découvrir la vérité que Jean se dirigeait, insensible à cette vague polaire, vers son lieu de rendez-vous. C’était au six de l’avenue Jean Médecin. La glace figée au sol qui rendait le sol glissant, le ralentissait à peine. Le vent semblait se mesurer sa volonté mais s’épuisait lui-même tant la conviction de Jean était forte. Il ne voulait plus être seul dans cette grande ville. Il avait reçu ce message, preuve qu’il n’était pas totalement seul finalement. Cela faisait maintenant quinze jours qu’il n’avait plus vu un seul être humain et que ses parents avaient disparu brutalement, ce matin du 1er avril 2031. Quinze jours à vivre sur les réserves de l’appartement. Quinze jours à se battre contre cette vague de froid qui était arrivée si subitement. Quinze jours sans sans eau, ni électricité à vivre reclus chez lui. C’est donc avec tout l’espoir d’une vie que Jean se dirigeait vers cet énigmatique messager.

  9. Jean-Christophe Knaub dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets, la bise cherchait à griffer.
    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent. Étonnement, je ne m’en faisais pas. Après tout, nous n’étions que dimanche.

    Il n’y avait que certains écrivains pour s’attacher à composer quelques nouvelles d’anticipation, et quelques-uns s’étaient fait une spécialité pour prévoir du jour au lendemain, notre cas ici présent.

    Ainsi, j’allais faire les courses la veille, sachant à peu près ce que nous mangerions les repas prochains. Et si la ville devait être prise d’un grand frisson, en changerais-je le menu du jour et ses perspectives gustatives ? Pourquoi donc ?

    J’avais adopté une philosophie personnelle, élaborée au fil du temps, de mon vieil âge, qui consistait à rester en-dedans, à l’abri des bouleversements climatiques, « à l’étroit de ce qui est possible »*
    Le grand frisson ? C’était… avant !

    « Dehors, dans la chaleur de l’été, tout est en place, même la chaleur. Belle journée en perspective »

    * « Antoine Emaz – En deça »

  10. eleonore gottlieb dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets,
    la bise cherchait qui griffer.
    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent.
    Étonnamment…
    Un méchant lundi, on peut le dire ! déjà que le dimanche avait été très moyen. De la pluie toute la journée, des bourrasques qui rabattaient les volets délabrés contre le mur, bousculaient les montants des fenêtres, les faisant grincer lugubrement.
    Ah oui quel dimanche ! la nuit même, je n’avais pas pu fermer l’œil, mes idées noires chahutaient dans mes neurones affolés, mes membres se crispaient de douleur. Pour m’apaiser et trouver un peu de repos je pensais à un lundi meilleur. J’avais un rendez -vous décisif, je devais remettre un courrier important au chef de service pour lui demander un entretien, et, éventuellement, un changement de poste qui entrainerait une augmentation substantielle de mon maigre salaire. Oh ! bien sûr, passer de vendeuse auxiliaire à première vendeuse, c’était beaucoup d’ambition, j’en avais bien conscience, mais comme on dit : « qui tente rien, n’a rien »
    Lundi 6h30, je venais juste de me rendormir. J’ai sauté de mon lit, j’ai couru à la salle de bain, j’ai avalé mon café brulant, fait une tentative de maquillage en me souvenant que, monsieur Pierre, avait en horreur les visages trop crayonnés. On n’est pas au bal ici lançaient-il aux filles trop apprêtées. J’y allais donc avec délicatesse.
    Descendre mes 4 étages en courant dans les escaliers sans trop faire claquer mes talons hauts. Je savais que cet immeuble était habité par plusieurs personnes âgées, je ne voulais pas les réveiller à cette heure matinale.
    Ma lettre bien cachée au fond de mon sac, je sautais dans le bus. La tempête n’avait pas faibli. Les tourbillons emportaient les journaux du kiosque, les gens s’agrippaient à leur parapluie qui se retournaient à chaque fois qu’ils les redressaient, la pluie battait les visages, les femmes cachaient leur cheveux en nouant des foulards et les hommes retenaient leur chapeau ou tenaient leurs bonnets fermement sur leur crâne.
    La bise s’immisçait jusque sous les robes, soulevait les jupes un peu amples c’était une armée de chats sauvages lâchés en pleine ville.
    Puis soudain, calme plat. Plus un souffle, plus une goutte de pluie. Rien. Seul un grand silence figeant les êtres et les choses. Je serre mon sac contre ma poitrine, je pense à ma précieuse lettre.
    Un coup de tonnerre violent, un éclair déchire les nuages, personne ne bouge. La foule immobile retient sa respiration. Un grand frisson ébranle les murs des bâtiments. Des échafaudages tombent sur les trottoirs. Je serre mon sac sur mon cœur. Je devine ma lettre au fond de sa cachette, je la sens battre contre moi. J’avance sur les pavés mouillés, mes talons claquent, mes boucles collent à mon front. Je suis seule, éperdue dans la rue.
    J’arrive devant le magasin de chaussures. Monsieur Pierre est devant la vitrine, il m’accueille avec un grand sourire. Bonjour mademoiselle Angèle, il est tôt, pouvez-vous venir jusqu’au bureau, il nous reste ½ heure avant l’arrivée des premiers clients, j’ai une proposition à vous faire, vous êtes là depuis 2 ans, vous connaissez parfaitement la maison maintenant. Est-ce qu’un poste de première vendeuse vous tenterait ?
    Je le regarde ébahie, balbutie un : « oui Monsieur Pierre »
    Je regarde la rue, tout est calme, normal, pas un souffle pas de tempête. Tout cela n’était qu’un cauchemar, qu’un piège tendu par mon imaginaire bousculé par mes émotions frôlant la démesure.

  11. Rousseaux Françoise dit :

    C’était un méchant lundi ; le vent mordait les mollets, la bise cherchait qui griffer.
    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent. Etonnamment, je ne ressentais aucun désarroi, et pourtant, j’ai toujours détesté le froid. Je me traine d’un bout à l’autre de l’hiver, engoncée dans les écharpes et les bonnets lors de mes rares sorties, et sinon, collée aux radiateurs de mon appartement .
    A cette époque, je pratiquais déjà le télétravail , même si cela ne s’appelait pas encore ainsi.
    Or, ce matin là, au lieu de rester chez moi et de m’asseoir devant mon ordinateur , j’ai décidé de sortir , toutes affaires cessantes.
    D’un pas alerte, j’ai marché dans les rues , où se hâtaient de rares passants. Le monde autour de moi grelottait, mais je n’avais pas froid, j’étais bien.
    J’ai déambulé pendant des heures, puis j’ai pris le bus pour rentrer chez moi. J’ai allumé mon ordinateur et j’ai effectué des recherches sur les sites des agences de location qui proposaient des maisons à la campagne.
    En fait,ce lundi là, en affrontant l’hiver, j’ai trouvé la force de dire adieu à la ville.

  12. Catherine M.S dit :

    C’était un méchant lundi
    Le vent mordait les mollets des petits
    La bise cherchait qui griffer
    Dans la cour de récré
    L’école frissonnait
    Les murs grelottaient
    Les nez coulaient
    La maîtresse rêvait de palmiers
    De sable chaud et d’alizée …

    Seul Saku, le nouveau venu
    Petit esquimau
    Arrivé ici quelques semaines plus tôt
    Était comme un poisson dans l’eau
    Les manches de sa blouse relevées
    Il faisait des pieds de nez
    A ses camarades frigorifiés
    – Saku, où est ta polaire ?
    Lançait la maîtresse d’un ton sévère
    – Il n’y a que l’étoile qui met sa polaire !
    Répondait le gamin le nez en l’air
    Sur ce les autres s’esclaffèrent
    Saku est obtus !
    Saku est obtus !
    Saku est obtus !
    Ils venaient juste d’apprendre le mot
    En leçon de vocabulaire …

    La maîtresse sut à cet instant
    Qu’il leur faudrait encore un peu de temps
    A tous ces enfants
    Pour apprendre autre chose
    Que le calcul, les sciences et la grammaire
    A vivre ensemble tout simplement
    Rendez-vous au printemps ?

  13. françoise dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets, 
    la bise cherchait qui griffer. 
    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent. 
    Étonnamment. , oui étonnamment,
    je me trouvai là sur la place de la liberté en slip brésilien rouge
    les pieds nus, tel un va-nu-pieds
    on venait de m’expulser du sauna où j’étais
    sans rime ni raison selon moi
    peut-être pour me réchauffer le cœur
    j’eus la nette impression que la statue de la Liberté me souriait
    Soudain un agent de police me mit une contravention de 135 E
    parce que je n’avais pas l’attestation de déplacement dérogatoire
    et je fus verbalisé pour attentat à la pudeur aggravé
    par le fait que mon slip étant rouge iattirait d’autant plus les regards
    Au vu et au su des badauds
    qui me prirent peut-être pour un dangereux malfrat
    Manu militari , dans un fourgon cellulaire,
    on m’emmena en garde à vue à la Santé
    et tant qu’à faire dans le quartier « ultra sensible »
    le lendemain matin on m’apporta des vêtements
    qui m’allaient comme un gant et on me libéra
    A la porte de la prison une mercedes avec chauffeur m’attendait
    Je fus ramené à mon domicile
    Sans perdre de temps je pris ma serviette
    le métro, l’ascenseur et entrai dans mon bureau pile à l’heure
    Un collègue me dit que mon nouveau costume m’allait super bien
    et me demanda si j’avais bien profité de ma journée RTT
    On peut dire çà lui répondis-je
    ———————

  14. Laurence Noyer dit :

    C’était un méchant vent. Il mordait les mollets,
    Ses aquilons cherchaient à griffer sans arrêt.
    Par ses expéditions violentes et menaçantes
    Ses meutes furibondes propageaient la tourmente
    La ville frissonnait, confinait ses enfants
    Fermait tous ses volets, surveillait tout le temps

    C’était un vent mauvais, un féroce animal
    De la race des bourrasques et des fortes rafales
    N’étant pas disposé à se laisser dompter
    Il hurlait dans la nuit, enragé, déchainé

    C’était un vent rodant, porteur de contagions
    Il tentait d’infiltrer partout ses embryons
    De ses bises virales naissaient des ouragans
    Qu’on sonne l’hallali de ce fauve violent !
    Et que le ciel assure la prolifération
    D’agiles cerfs-volants, de bulles de savon

  15. Nadine de Bernardy dit :

    C’était un méchant lundi,le vent mordait les mollets,la bise cherchait qui griffer.
    Soudain la ville fut prise d’un grand frisson,ses murs grelotèrent.
    Etonnament,sortant de chez moi bien protégée contre ce mauvais temps,je vis,remontant la rue à pas lents,une caravane tout droit sortie du désert de sable du Sahara.
    Les chameliers enturbannés d’indigo,menaient d’un pas lourd leurs chameaux aux bosses flapies.Les hommes transpiraient à grosses gouttes,ils étaient couverts de poussière ocre,le regard tourné vers l’horizon,leurs yeux las ne voyaient rien de ce qui les entourait.
    Le troupeau ne valait guère mieux,visiblement épuisé il allait son chemin.Les bêtes avaient l’oreille basse et le poil terne.
    Ebahie je les regardais passer tels des fantômes,leurs lourdes pattes résonnant sur la chaussée.Une cadence lente et régulière.
    Ils étaient neuf,conduit par huit hommes,le dernier,un chamelon aux grandes jambes ossues,était mené par un jeune garçon qui semblait en meilleure forme que ses aînés.
    Il cria pour arrêter le convoi.
    Holà,me salua-t-il,pourriez vous nous indiquer un point d’eau,nous marchons depuis longtemps et sommes fatigués.
    Mais d’où venez vous,m’enquérais je
    D’au delà de la mer toujours bleue et le soleil brûlant.Il semblerait que nous nous soyons légèrement égarés en descendant du bateau
    En effet c’est l’hiver,le vent, le froid et la mer est loin
    Le froid!Quelle chance vous avez,nous ne connaissons point. Et cette eau?
    Continuez tout droit,prenez la deuxième sortie du rond point de la Renarde ,direction
    Saint Aubin le Bas.Au bout de deux kilomètres,vous verrez la Ru,c’est un rivière qui doit être à un bon niveau actuellement.
    Merci l’amie,je vous revaudrais ça,dit il,fanfaron
    Le garçon indiqua la route dans un langue inconnue et la caravane se remit en branle.
    Je les regardais disparaître au loin,suivis par un nuage de poussière.Machinalement je levais la main en leur souhaitant bon voyage.

    Avais je croisé un mirage?

  16. Maguelonne dit :

    Aucun regret, au moins j’aurai connu un été magique se disait Fourmi.Je suis née dans la fourmilière du deuxième district du village. Travaillez, travaillez, travaillez, prenez de la peine…Mon œil, j’ai toujours su qu’il y avait un ailleurs plus souriant. J’ai essayé d’entraîner les copines. Peine perdue. Toutes avec des œillères et sourdes comme des pots, elles m’ont exclue de la fourmilière. Ça été la chance de ma vie.
    J’ai rencontré Cigale, belle, légère. Je suis tombée en folie d’amour. Avec elle j’ai chanté, dansé jusqu’au bout de la journée. Et la nuit, lovée dans ses pattes nous dormions au clair de lune. J’ai découvert le paradis. Je ne savais même pas que ça existait. À la fin de l’été Cigale a disparu. Des oiseaux de mauvais augure m’ont dit qu’elle ne reviendrait plus. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. La première bise est arrivée. J’avais froid, faim et plus aucun subsides.
    J’ai fait repentance devant la fourmilière. On m’a repris mais je suis condamnée aux travaux forcés. Ce qui, soit dit en passant, ne change pas grand chose à ma première vie. On m’a désignée soldat bas de gamme. Mon rôle consiste à obéir à tous les ordres pour défendre la fourmilière contre les prédateurs. C’est épuisant, hyper dangereux et ingrat. Mais avec mon casier judiciaire aucune chance d’avoir une promotion. Heureusement j’arrive à grappiller de courts instants de repos et je rêve de Cigale. Elle reviendra, je le sais.
    Pendant ce temps Professeur Tourneboule, inventeur pas très brillant, continue ses recherches. Il ne sait faire que ça : il invente, il invente à tour de bras. Le porte parapluie à cigarettes pour fumer sous la pluie, la machine à chat qui miaule pour effrayer les souris, les couches de pigeons pour ne plus recevoir les fientes sur la tête, la brosse à laver le dos avec rétroviseur intégré, le VTT à ressorts qui lui a valu six mois d’hôpital et un an de rééducation.
    C’est là qu’il a pris conscience que le temps passait, que ça n’arrive pas qu’aux autres et que nul n’est éternel. Nul sauf lui. Depuis lors il s’est plongé dans l’étude de la cryogénisation humaine. Pour rendre service à ses congénères, et surtout pour ne pas être seul lorsqu’il sera décongelé il a décidé de cryogéniser tout le deuxième district. Il a donc inventé un fusil soufflant et tirant dans tous les coins un gel cryogénisant. Et quoi de mieux qu’une fourmilière qui fourmille de fourmis pour tester son invention.
    Alors ce méchant lundi où le vent mord les mollets, où la bise cherche qui griffer, il tire dans Fourmi-City. La ville est prise d’un grand frisson ses murs grelottent. Étonnamment je n’ai pas peur. C’est Cigale qui vient me chercher.
    Coucou Cigale, je suis lààààààà

  17. LURON'OURS dit :

    🐨 DERNIER CARRÉ
    La fille de l’air gelait. Je n’ai rien à me mettre. Pourquoi sortir lundi quand tout est fermé ? J’ai tout dépensé vendredi dernier. Un jour à ne pas manquer le black friday. Des prix marchands, on paye si peu, on achète tant !
    Content, dehors le vent montre les dents, la bise sort ses griffes, quel jour méchant ! Brrr ! La ville frissonne, et pas qu’un peu. Pris d’un mouvement brownien, les murs se hérissent le poil. Ils grelotteraient même s’ils avaient un soupçon d’humanité. Chats chiens se rebiffent, la scie grince des dents, le loup rode famélique.
    Chat-loup-scie and scie fredonnent la rengaine du tango.
    La fille de l’air frissonne en remontant ses chaussettes de laine de ballerine, elle s’abrite suis son poncho et enfile ses mitaines.
    L’électricité a sauté qu’importe mémé tisonne, il reste du charbon à la cave. 🐨

  18. Souris bleue 🐀 dit :

    🐀 LE MÉCHANT VENT DU LUNDI

    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent.
    Étonnamment au fond du bois
    Une cabane sur un arbre perchée
    Résistait aux ravages.
    Le chêne se voulait rassurant
    Ne crains rien, je suis solide ma reine
    -oh c’est juste que mon toit fuit.
    Ne voudrais-tu de tes doigts branchus tenir mes tôles ondulées.
    Pas très loin sur un jonc une limace s’accrochait à la feuillée.
    Ballottée d’avant en arrière, glacée geignait.
    Ne crains rien lui dit le jonc je plie mais jamais ne romps.
    C’est un colimaçon qui passant par là les nargua
    Que faisiez-vous au temps chaud ?
    Je m’abritais sous la cabane pardi !
    Par le vent narquois, les feuilles se sont envolées
    La limace grelotte dans sa nudité mais le jonc est toujours là.
    Sous la pluie maintenant le colimaçon rigole, se rince l’œil.
    De l’autre côté, ça ne va pas mieux
    Par la bise venue, la branche s’est fendue.
    La cabane perd les eaux
    Elle va bientôt mettre bas.
    Vent et pluie
    Un méchant lundi🐀

  19. Fanny Dumond dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets, la bise cherchait qui griffer. Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelotèrent.

    Étonnamment, je me sentais mal à l’aise. J’étais déboussolé, je ne comprenais pas ce que je faisais là. Je dominais cet endroit étrange et je cherchais un coin de verdure. J’avais faim et j’étais en quête d’une steppe pour trouver de quoi me nourrir. De colère, je balayai tout sur mon passage. Des sortes de niches percées s’écroulèrent dans un grand fracas et dans des nuages de poussière qui me firent éternuer. J’évitai de justesse des trucs bizarres qui s’envolaient. J’écrasai de tout mon poids des choses qui avançaient à la queue leu-leu et qui puaient. Je mordis, je griffai, je piétinai bon nombre de bestioles qui s’enfuyaient sur deux pattes, en hurlant. Dans les airs, j’entendis un vrombissement qui m’agaçait. Enfin, je trouvai refuge dans une grande forêt où je trouvai de quoi subsister. Mais, après m’être rassasié, je me sentis patraque. Je pensai que j’aurais dû me méfier de ce goût désagréable. Cahin-caha, sur mes pattes qui ne me portaient plus, je me réfugiai dans un abri où se trouvaient des ptéranodons géants. Je leur demandai où nous étions et ils ne me répondirent pas. Las, je m’endormis.

    Mardi, la ville détruite s’éveilla dans la consternation. On ne pouvait ni mesurer les pertes en vies humaines ni les dégâts. Dino fut retrouvé gisant sur le sol de l’aéroport. Il intrigua les savants du monde entier qui voulaient le préserver. Mais, après moult réunions et décrets au palais du gouverneur, l’armée fut appelée en renfort. Elle acheva le monstre après deux heures de lutte acharnée pour trouver le poison idéal à lui injecter.

    Le professeur Tyra qui l’avait cloné dans son laboratoire, s’était empressé de disparaître. Il avait trouvé refuge sur une île paradisiaque où un doux zéphyr lui réchauffait les mollets.

  20. Nouchka dit :

    « C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets, la bise cherchait qui griffer.
    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent. Étonnamment je… » poursuivais la marche qui menait de l’appartement, découvert la veille dans cette station de la Vanoise, vers la supérette locale. Le ciel si bleu à notre arrivée était maintenant sombre et triste. La température avait chuté et le vent de nord-est piquait le front, cette bande sans protection entre le bonnet et l’écharpe. Les yeux pleuraient et déformaient la vision des chalets que nous allions atteindre. Je serrais les dents et cherchais à me protéger, les bras au corps, le menton abaissé, enfoui dans le col de l’anorak, reniflant tous les trois pas déterminés, évitant les obstacles de glace et de neige sur la chaussée.
    En dehors des sifflements du vent qui balayait ce qu’il trouvait à soulever, la nature semblait en attente ; pas de bruit venant des pistes désertées. Le concert des installations était interrompu. Pas de cliquetis des perches et tourniquets des remontées mécaniques, pas de skieurs inscrivant ce son mat caractéristique de leur passage sur la neige fraiche ; tout était à l’arrêt.
    Seule dans ce souffle glacial, je persistais à me rendre, là où ma gourmandise m’entrainait. J’avais envie de barres triangulaires de chocolat au lait, nougat, miel et amandes. J’avais envie de retrouver ce goût que je n’avais pas savouré depuis un achat de même type, dans une boutique d’aéroport, quelques années plus tôt. Cet achat-là avait été fait pour offrir. Mais aujourd’hui, j’avais une pulsion incoercible pour cette friandise, rien que pour moi.
    Mon effort dans la tourmente était tel que je m’imaginais revenir avec une quantité inavouable de chocolat juste pour satisfaire mon désir de mordre dans ces triangles un peu épais, semi croquants, si propices à combler des moments de faiblesse…

  21. iris79 dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets,
    la bise cherchait qui griffer.
    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent.
    Étonnamment, je ne m’affolais pas ce matin là alors qu’en d’autres temps, j’aurais été pris d’une mauvaise humeur cinglante qui m’aurait poussé à marmonner, à regretter le bel été, à pleurer sur ces conditions météorologiques qui allaient être extrêmes. Cet épisode qui avait été annoncé pour la deuxième fois au cours de cette décennie et qui avait viré au cauchemar digne des plus grand film catastrophe américain, avait laissé, la première fois, des traces profondes dans la population. Mais cette fois, les gens étaient prêts. En jetant un œil par la fenêtre de mon dixième étage qui tremblait sous les bourrasques je vis que les flots d’hommes, de femmes et d’enfants telles des processions de fourmis se dirigeaient déjà vers le parc chargés de leur barda, de remorques à bras blindées.
    Nous savions que l’étape suivante serait la coupure géante d’électricité et peut-être pour les moins chanceux, l’écroulement de leur bâtiment.
    Je rejoignis le flot de personnes plutôt calmes et nous convergeâmes vers les larges allées qui ceinturaient les espaces verts aussi aménagés à cette nouvelle éventualité d’une tempête extrême qui devenait aujourd’hui une réalité. Au moins, les instances locales avaient anticipé ces nouveaux dangers, ces désordres climatiques qui nous mettaient au bord de l’effondrement. Il était désormais inscrit en chacun d’entre nous que nous subirions à des époques presque prévisibles les affres et soubresauts d’une nature balafrée, éventrée, gravement blessée qui même avec un réveil tardif de ces hôtes, ne parviendrait plus à retrouver sa jeunesse éternelle.
    Nous prîmes donc place sur les territoires qui nous étaient attribués par quartier et hissâmes les camps de fortune. Nous savions contrairement à la première fois que nous pourrions y trouver paradoxalement une chaleur que bon nombre avait découvert au cours du premier cataclysme, une entraide inédite, une solidarité devenue indispensable et bien tardive hélas. On alluma les premiers feux autour desquels on se rassembla dans un silence presque cérémonial. On reconnut des visages que l’on ne faisait que croiser au cours des jours ordinaires. Là, le veux monsieur du 3ème, ici la boulangère du coin de la rue, plus loin, le chauffeur de bus qui était à cette occasion chargé d’acheminer dans son petit camion électrique les réserves de denrées que l’on se partageraient au cours des pro-chaines semaines.
    Les bruits de la nuit furent terrifiants. Les débris volaient de toute part. Les frontons derrière les-quels nous étions abrités paraissaient bien dérisoires. La plupart d’entre nous n’avaient évidemment pas pu trouver refuge dans les bunkers ultra, protégés, aménagés que des poignées de privilégiés avaient édifiés en temps tranquille en dehors de la ville.
    Quelques enfants étouffaient des pleurs de fatigue et de peur. L’épisode devait durer au moins quarante huit heures mais personne ne pouvait prédire l’exacte durée de cette catastrophe.
    L’absence de réseau obligeait chacun d’entre nous à se connecter autrement, par un regard, un sou-rire, quelques paroles échangées, timidement puis plus franchement. La crainte de l’autre s’évanouissait ici et là, grandissait là-bas. Peut-être même des amitiés survivraient-elles à ce chaos. Même si nous savions que la plupart d’entre nous, une fois cette épreuve dépassée, reprendrait le cours de leur existence à peu près comme avant…Et il fallait croire que cet « à peu près » allait porter quelques espoirs…

  22. Antonio dit :

    Étonnamment, je ne ressentais rien. L’effroi glissait sur moi comme une pluie glaciale sur un ciré.

    Rien ne me saisissait, tout juste la neige m’effleurait le visage, pour voir si j’allais me mettre en boule. Comme c’était blizzard. Mais je ne bronchais pas, stoïque comme une stalagmite. Je restais là, comme un cône prêt à s’allonger devant la première armoire à glace venue.

    Des givrés, il n’en manquait pas, ils dévalaient les rues dont la chair se creusait de peur en nids-de-poule. Un premier frimât, puis un autre, puis tout une bande me tomba dessus, cherchant l’embrouille.

    « Qu’est-ce que tu fous là ? tu nous cherches, tu vas nous trouver ! »

    Tandis qu’ils se cristallisaient sur ma personne, je ne répondis pas, je restai de glace, droit, la tête haute, même si quelques gouttes suaient de mon front de stalagmite. Il y avait comme une atmosphère de faits divers.

    Quand je sentis cinq coup retentir derrière l’oreille. Mon heure avait sonné. Elle était grave, dans son costume sombre, et s’avançait sur moi.

    « Ding dong toi, qu’est-ce tu traînes encore là, tu ne vois pas que c’est fini pour toi ».

    Puis elle me planta ses deux aiguilles dans le cœur.

    Ainsi, samedi 5 décembre, avec quinze jours d’avance sur le calendrier, l’automne fut mort assassiné.

  23. Jean Marc Durand dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets, la bise cherchait à griffer. Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent. Etonnamment, j’étais là, moi, avec mon short, ma chemise à fleurs et mon chapeau de paille. Faut dire qu’il y avait déjà une sacrée paire de mois, à transformer en années, que j’avais gagné ce concours à la télé. Je n’étais demeuré champion que deux semaines de suite mais j’avais décroché un superbe séjour sur une île exotique dans un hôtel quatre étoiles et en pension complète. Et puis, ça avait bloqué. D’abord mon divorce qui m’avait pris la tête, du temps et pas mal de fric. Puis la première vague d’une nouvelle épidémie m’ayant confiné dans mon pays. Puis un rouleau de terrorisme, un compresseur d’envie de se promener. Puis une élection nationale douteuse. Puis un retour de l’épidémie. Puis des cathédrales qui brûlaient, des usines qui fermaient, des restaurants morts, des ponts entraînés par les eaux, des gens sautant par les fenêtres. Des compagnies aériennes en faillite.

    Enfin, à chaque empêchement, l’organisation s’était montrée correcte. Ils avaient toujours accepté de reporter mon gain pour plus tard. Alors j’ai attendu, bien obligé. J’ai créé un potager, enfin je comprenais ce que c’était de faire poireau. Je me chauffais avec de mauvais livres, arrachés, dépecés et compressés en briquettes. Je télétravaillais dans mon lit, parfois sous la douche.

    Et puis plus tard, une fois que tout le monde fut vacciné, chacun son tour, et j’étais loin d’être prioritaire, je pus envisager un départ. Je n’étais pas encore trop vieux, j’avais toujours eu, à mon avis, le sens aigue d’un tourisme éclairé. J’allais profiter de l’aubaine pour peaufiner mes connaissances ornithologiques. Je partis donc un dimanche matin pour atterrir le lundi.

    En ce temps-là, les chinois maîtrisaient déjà très correctement le climat. Ils avaient racheté la plupart des déserts africains. Le monde avait beaucoup bougé. Le mur entre les Corées était tombé mais on ne savait pas au profit de qui. Ca changeait si vite qu’on ne possédait pas vraiment le temps d’en parler, encore moins d’y réfléchir. La 8G galopait les renseignements, s’égarant le plus souvent ses espionnages dans l’Espace et ses banlieues.

    J’étais donc là, moi, au pied de ce grand froid citadin. De fait, seuls quelques buildings vieillissant entourant une piste d’atterrissage raccourcie au fil des ans. On m’expliqua que l’île avait perdu 50 % de sa surface, que l’hiver y demeurait 6 mois et, qu’au lieu de paradis et d’oiseaux du paradis, j’avais plutôt toutes les chances d’observer des pingouins.

    Vu que le gel risquait de bloquer le trafic aérien pour des mois, on me conseilla de ne pas traîner sur place. J’avais une heure devant moi. J’entrai dans la seule boutique de souvenirs pour acquérir un objet local et significatif. Je flashais sur un superbe masque ethnique qui allait trôner au-dessus de ma cheminée.

    Ce n’est qu’après m’être confortablement installé au fond de mon siège du retour que je constatais que le masque avait été fabriqué en Chine. L’avion dans lequel je voyageais avait été aussi construit en Chine. A un moment, je me demandais même ce que je pouvais avoir, en moi de chinois. Les vaccins, il y avait de fortes chances, les fausses dents, c’était certain.

  24. camomille dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets,
    la bise cherchait qui griffer.
    Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent.
    Étonnamment, je me sentais bien et j’avais chaud, pourtant c’était un méchant lundi.
    Autour de moi, quelques personnes affolées essayaient de regagner leur appartement, courbées en deux.
    Les murs grelottaient bruyamment,
    La bise griffait et grondait,
    La ville frissonnait dans un bruit inquiétant.
    Tout ce vacarme me dérangeant, je décidais de couper le son et le son fut coupé.
    Je me sentais bien, j’avais chaud et je n’entendais rien.
    J’avançais tranquillement dans la rue en souriant.
    « ça marche ! » me disais-je « ça marche ! ».
    L’émotion m’envahissait.
    « ça marche Émile ! », « ça marche ! ».
    Je continuais d’avancer en me concentrant farouchement.
    Au détour d’une rue, un pauvre homme égaré et paniqué me reconnut :
    – Rentrez vite chez vous Monsieur COUÉ… ce n’est pas prudent de traîner là aujourd’hui.
    – Ne vous inquiétez pas l’ami…. j’ai ma MÉTHODE !
    Oui, c’est grâce à ce méchant lundi que je fus enfin pris au sérieux.
    La suite, vous la connaissez… du moins je l’espère !
    Bien à vous,
    Émile COUÉ de la châtaigneraie

  25. Blackrain dit :

    C’était un méchant lundi, le vent mordait les mollets, la bise cherchait qui griffer. Soudain, la ville fut prise d’un grand frisson, ses murs grelottèrent. Étonnamment, je ressentais l’émotion qui suintait dans l’air. Il était 21h40, je fumais une dernière cigarette sur mon balcon. Sur l’écran de mon téléviseur, Roger Lanzac annonçait l’entrée d’Achille Zavatta sur « la piste aux étoiles » tandis que la fumée de ma Gitane montait vers celles qui brillaient dans cette nuit froide. Soudain, un souffle puissant m’inonda le visage de crachats épais. Un immense grondement précéda de peu l’extinction de toutes les lumières de la ville. Fréjus se retrouvait dans le noir. Sous de pâles rayons lunaires j’aperçu une immense vague qui se ruait sur l’amphithéâtre. La ruine antique fit le dos rond avant de se rebiffer pour dévier l’immense flot sur la gare. Le bruit fut apocalyptique. La lutte fut brève et violente. Les rails se mirent à hurler, tordus et pliés qu’ils étaient par des tonnes d’eau boueuse. La vague d’environ dix mètres de haut se détourna ensuite pour s’engouffrer dans l’avenue de Verdun. Du haut de ma balustrade je la vis foncer sur moi. Mon instinct de survie fut plus fort que ma curiosité. Je fis un pas à l’intérieur avant de me jeter à terre. J’eu l’impression que les murs allaient s’écrouler. La déflagration fut effroyable. C’était la guerre. C’était Verdun. Des flaques gluantes vinrent claquer contre le mur. Des cris, des hurlements emplissaient la montée d’escalier. Les gens se précipitaient dans les étages. Puis le tremblement cessa. Le bruit s’éloigna. Je me relevais, indemne. Je me précipitais sur mon balcon. En contrebas de mon 4ème étage tout était en ruine. De chaque côté de la rue les magasins et les appartements du rez-de-chaussée étaient éventrés. Les flots meurtriers avaient tout défoncé. Ils avaient emporté les gens et les meubles, avaient enchevêtré les voitures et les camions, les précipitant parfois jusqu’à l’intérieur des habitations. Un flot épais et bouillonnant courait dans la rue sombre. Je crus apercevoir un corps sans vie. Il flottait entre deux branches mortes, a demis dénudé, probablement surpris dans son sommeil. Après cette vague de stupeur je me ressaisis. Je pris une lampe torche, j’enfilais une paire de bottes en caoutchouc et un vêtement chaud avant de descendre dans la rue. Elle était encore plus sombre que je ne la voyais d’en haut. J’avais de l’eau jusqu’aux genoux. Je progressais avec difficultés au milieu des objets épars que les flots dissimulaient en partie. Je parvins à joindre quelques pompiers sur la place de la vieille ville. Elle était intacte, sans doute protégée par la bute sur laquelle elle reposait. C’est là que j’obtins quelques informations. Le barrage voûte de Malpasset avait cédé, laissant cinquante million de mètres cubes d’eau se précipiter dans le défilé du Reyran pour regagner la mer. Au bout de la nuit je rentrais chez moi, complètement épuisé par les vas et viens en barque, par les pelletées de boue qui pesaient sur mes épaules et sur mes cuisses endolories, et surtout accablé par les pleurs des survivants qui déploraient la disparition de leurs proches ou la perte de tous leur biens. Jamais je ne pourrai oublier cette nuit tragique du 2 décembre 1959 qui avait emporté 423 personnes dans les caprices du destin et de ses pluies diluviennes que la Provence peut endurer quelquefois.

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