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L’homme ouvrit de grands yeux. Il ne rêvait pas, il en était persuadé.
Sous le drap, il avait vu deux minuscules pieds, semblant être reliés par un cordon lumineux bleu blanc vert à ses pieds gigantesques.
Quelle était donc cette histoire qu’il était en train de vivre ?
Et sa jeune femme qu’il voyait continuer à dormir d’un sommeil profond.
Dans sa tête l’homme n’eut pas le temps de penser à autre chose.
Une force irrésistible comme jaillie du néant l’attira soudain hors de la chambre, en lui faisant traverser le mur sans le fracasser.
Il avait pour seul vêtement un pyjama bariolé et des chaussettes trouées.
Il habitait la ville de New York, et ce matin là un observateur levant la tête au ciel, muni de jumelles ultra performantes, aurait pu apercevoir un drôle d’assemblage.
Des petits pieds fonçant droit dans l’espace suivis d’un monsieur en pyjama, doté de pieds surdimensionnés.
Par la suite, cette personne sut qu’elle avait été enlevée par des extraterrestres.
Des tout petits pieds venus d’une autre galaxie.
Peut-être nickelés ils voulaient connaître les potentialités soi-disant immenses de ce grand scientifique vivant sur la planète Terre.
Mais ceux-ci furent vite déçus.
Ils ne trouvèront rien chez ce grand scientifique qui pouvait accroître leurs propres connaissances du monde vivant et de l’au-delà.
Car le monsieur fut plus malin qu’eux. Il les embrouilla en leur apprenant à jouer au jeu d’échecs.
C’était également un champion dans ce domaine.
Et les pauvres petits pieds extraterrestres ne comprirent presque rien à ce jeu.
Et un beau jour ils le ramenèrent sur Terre, dans sa chambre, d’un haut immeuble de la ville de New York.
Il retrouva sa jeune femme qui cette fois-ci était éveillée.
Il fut heureux de ce retour et profita à plein de la vie, qui paraît-il est courte.
Et des fois en dégustant un bon plat de pieds de porc qui est son plat préféré, il repense un peu à cette ancienne histoire, d’étranges extraterrestres.
Au saut du lit, il n’en crut pas ses yeux, ses pieds (chaussures pointure 44 ) avaient grandi, exagérément grandi. Il mit cette étrange transformation sur le compte d’un esprit brouillé par la quantité d’alcool ingurgité la veille
Sa compagne dormait encore, il souleva le drap : il eut du mal à la reconnaître. Tout chez elle avait démesurément rétréci, ses petits petons pointure 38 affichaient un 34, ses tétons 95 D affaissés à un 75 A, son 1m70 rabaissé à un 1m50 etc…
Il l’adorait et pourtant tout n’avait pas été facile….. pour lui.
Elle était issue d’une lignée maternelle où, sur chaque branche de l’arbre, perchait une femme défendant ardemment la cause féministe en particulier féminine en général
Ainsi, son arrière-grand-mère, suffragette dans l’âme, lutta jusqu’à sa mort contre le corps parlementaire pour obtenir le droit de vote pour les femmes. Pour être les égales des hommes. En vain
Sa grand-mère, militante au MLF, se battit pour que les femmes puissent disposer librement de leur corps et de la liberté concevoir ou non des enfants. Pour accéder, d’une certaine façon, à une égalité avec les hommes.
Sa mère manifesta dans les rangs des Chiennes de garde et aboya pour que les femmes bénéficient des mêmes droits que les hommes : salaires, évolution de la carrière, postes à responsabilité. Ainsi, les femmes seraient vraiment les égales des hommes
Pas complètement, cependant. Car elle estima et que ce n’était pas assez. Les scandales sexuels dévoilaient chaque semaine une nouvelle affaire. Elle décidé de s’engouffrer dans les collectifs Balance ton porc et Me Too. Elle considéra que les femmes étaient devenues presque les égales des hommes. Elle ne niait pas les progrès et estimait qu’il y avait encore du travail à faire. Les femmes n’étaient pas encore totalement les égales des hommes
Elle se considérait pourtant comme son égale mais depuis leur mariage la veille, elle était devenue sa moitié
Au saut du lit, il n’en crut pas ses yeux, ses pieds avaient grandi. Sa compagne dormait encore, il souleva le drap…
« Waouh ! » pensa-t-il en se retenant de ne pas crier. Il ne voulait pas réveiller celle qui dormait à poings fermés près de lui. Il faut dire que la soirée d’hier avait été formidable, mais très harassante !
Il regarda de nouveau sous les draps. Il n’y avait pas que ses pieds qui avaient pris des proportions démesurées ! Il était « monté comme un âne » ! Mais, dans son cas, ce n’était pas qu’une expression, c’était la réalité. Et quoi que certains puissent penser, il était certain que sa compagne n’allait pas du tout apprécier cette difformité. Elle serait horrifiée !
En voyant ses mains et ses bras, il eut soudain la révélation que tout son corps avait changé. Il se pencha délicatement sur le côté pour s’observer dans le miroir de l’armoire de sa grand-mère. Heureusement que celle-ci n’était plus de ce monde. En le voyant ainsi, elle aurait fait une crise cardiaque, la pauvre !
Sa tête avait enflé ; ses yeux ressemblaient à ceux d’un batracien, son nez à celui d’un éléphant de mer, ses oreilles à celles d’un cochon et ses lèvres à celles d’une personne ayant reçu de grosses injections de botox ! Il n’osait pas bouger de peur que sa dulcinée le voie dans cet état. C’était un vrai cauchemar, il s’en assura en se pinçant. La douleur lui prouva qu’il ne rêvait pas ! Comment allait-il redevenir lui-même ?
Il se remémora la soirée de la veille. Certes, il avait bien picolé, mais ce n’était pas la première fois ! Il n’avait pas bu assez pour sombrer dans un coma éthylique qui le ferait délirer ! Il se souvenait s’être endormi tout de suite, lui qui a toujours des difficultés à tomber dans les bras de Morphée.
Il eut un déclic : il se souvenait que son pote, qui ne jure que par la phytothérapie lui a donné deux gélules en lui disant que ce n’était que des bonnes plantes, qu’il dormirait comme un bébé. En ajoutant d’une voix ironique :
— Je pense que tu te souviendras longtemps de la nuit que tu vas passer ! Que sous-entendait-il ?
Sa muse se réveilla et l’observa un bon moment.
— Bien dormi ? Pas trop de cauchemars ? Tu as une tête d’enfer, mon chéri ! me dit-elle en souriant, l’air de ne se rendre compte de quoi que se soit !
— S’il n’y avait que ça ! murmurais-je ! Je suis complètement à la ramasse, terrorisé par ce que je vois quand je me regarde dans le miroir et sous les draps !
— Ben, ce n’est pas étonnant, connaissant ton copain, il a dû mettre quelques champignons hallucinogènes dans les gélules qu’il t’a fourguées !
Au saut du lit, il n’en crut pas ses yeux, ses pieds avaient grandi, exagérément grandi. Sa compagne dormait encore,
Il souleva le drap…avec lenteur. Il était encore Presque endormi. Le soleil montait, à peine rose. Son corps était encore lourd de la nuit. Il nageait dans un lac empli d’algues ensorceleuses, qui lui entravaient les mollets.
Il resta perplexe, ne bougea pas. Tout mouvement étant douloureux. Son bras se tendit à gauche ; sa main rencontra une douceur de soie quelque peu froissée. Un doux parfum s’en dégageait, malgré cela un mal-être le jetait dans le désarroi. Il essaya de rassembler ses idées. Sa femme dormait. Ne pas la réveiller surtout … Elle est si belle quand elle sommeille, abandonnée aux rêves, Toute offerte à la lumière naissante.
Il essaya de bouger ses jambes entravées, de mettre un pied au sol, mais au lieu du tapis de fourrure il le posa sur un bout de carton lacéré et rugueux qui lui griffa les orteils. Il se souvint qu’avant de dormir il avait lu un conte ressuscité d’une ancienne revue.
Cette légende l’avait transporté dans un monde, angoissant. Il s’était endormi tourmenté. S’imaginant être le héros de cette fiction surannée empreinte de magie.
Le jour se levait lumineux, prometteur d’une belle journée. Il décida de sauter dans le réel. Tout heureux de retrouver, sa femme et son quotidien, banal, mais sans problème, cela lui convenait. Posant ses pieds au sol il constata qu’ils ne rentraient plus dans ses pantoufles ; de véritables palmes ! Ils avaient tant grandi durant cette nuit tourmentée, il croit fantasmer et replonger dans la légende effrayante.
Sa douce compagne s’éveille s’étire et souri puis elle se met à rire à gorge déployée en voyant son époux debout, stupide, le regard fixé sur ses pieds démesurés et méconnaissables
…………….
_ Chéri ! nous allons enfin pouvoir essayer la plongée, toi qui avait si peur de la mer ! te voilà équipé maintenant, j’en ai tellement rêvé ! j’ai supplié le génie des océans pour qu’il t’aide à surmonter cette frayeur, maintenant je peux, enfin, redevenir sirène et vivre éternellement heureuse sans crainte de te perdre, viens près de moi, que nous fêtions dignement nos retrouvailles originelles.
.
LE ROI BOÎTEUX mis en musique par g.Brassens
Un roi d’Espagne, ou bien de France
Avait un cor, un cor au pied
C’était au pied gauche, je pense
Il boitait à faire pitié
Les gens de cour, espace adroite
S’appliquèrent à limiter
Et qui de gauche, qui de droite
Il apprirent tous à boiter
On vit bientôt le bénéfice
Que cette mode rapportait
Et de l’antichambre à l’office
Tout le monde boitait, boitait
Un jour, un seigneur de province
Oubliant son nouveau métier
Vint à passer devant le prince
Ferme et droit comme un peuplier
Tout le monde se mit à rire
Excepté le roi qui, tout bas
Murmura « monsieur, qu’est-ce à dire?
Je vois que vous ne boitez pas »
« Sire, quelle erreur est la vôtre!
Je suis crible de cors, voyez
Si je marche plus droit qu’un autre
C’est que je boite des deux pieds »
« Sire, quelle erreur est la vôtre!
Je suis crible de cors, voyez
Si je marche plus droit qu’un autre
C’est que je boite des deux pieds »
Source : LyricFind
Excellent 🤣
Il posa les pieds au sol et s’arrêta net… un sentiment étrange l’envahit tandis qu’il baissait les yeux vers…. vers ce qui était encore la veille, des pieds normaux. Du moins, le pensait-il tant ils étaient, comment dire… différents. Oui c’est celà, ils étaient différents enfin pas comme d’habitude. Il tenta de mettre ses chaussons et fut bien obligé de constater que les pieds n’entraient plus dans les chaussons. Ceux-ci semblaient… plus longs, plus grands, plus imposants. Bref, ce n’était pas ses pieds enfin en tout cas ce n’était pas ses pieds habituels. Il ne savait que penser et n’osait même pas se déplacer. Interloqué, stupéfait, intrigué, il appela sa compagne mais n’obtint aucune réponse. Alors, il souleva le drap tout doucement et le fit glisser lentement s’attendant à découvrir quelque chose d’étrange. Mais rien… tout était normal à part ses propres pieds qui semblaient avoir encore changés. Ils grandissaient. À vue d’œil. Les orteils s’allongeaient, la peau se tendait, devenant presque transparente, Ça ne s’arrêtait plus, en fait. Ça ne s’arrêterait pas.
Sa compagne finit par bouger, alertée par le bruit. Elle ouvrit les yeux, croisa son regard paniqué, puis regarda vers le bas du lit. Elle poussa un cri étouffé, la main plaquée sur la bouche, reculant tout au fond du matelas, terrifiée. Il comprit alors qu’il ne rêvait pas mais il n’avait même plus peur. Il regarda ses jambes devenir de plus en plus lourdes. Ils poussaient les meubles, les orteils touchaient le mur opposé de la chambre. Et alors que la pièce devenait définitivement trop petite pour lui, il ferma les yeux, attendant simplement de voir jusqu’où son propre corps allait le mener.
Au saut du lit, Sophie n’en crut pas ses yeux, ses pieds avaient grandi, exagérément grandi. Elle poussa un cri de joie.
« Enfin, je vais pouvoir devenir Patagon ! »
Elle tourna le regard vers son compagnon qui dormait encore. Elle souleva le drap et vit avec surprise que les pieds de Marc avaient ,eux aussi, atteint la pointure adéquate.
Elle le secoua gentiment
« Marc, réveille-toi, toi aussi tu les as ! » s’exclama-t-elle
« Quoi, qu’est-ce que j’ai ? » demanda -t-il quelque peu éberlué par les secousses de Sophie. Puis sentant au bout de ses jambes un poids inhabituel, il comprit et se leva d’un bon, tout heureux.
« Nous avons réussi, c’est du tonnerre ! Oh !ma chérie, c’est merveilleux, nous allons pouvoir demander la nationalité Patagon. Tu te rends compte !
Tout à leur bonheur, Sophie et Marc se remirent au lit où leurs pinceaux s’emmêlèrent joyeusement…
Ils obtinrent en effet la nationalité patagon, leurs pieds ayant la taille requise.
Quelques mois plus tard Sophie et Marc déclarèrent à l’état civil la naissance de leur fille, prénommée Magellane en souvenir du marin portugais qui le premier avait rencontré les Patagons.
Au saut du lit, Martin n’en crut pas ses yeux : ses pieds avaient grandi, exagérément grandi.
Encore engourdi par le sommeil, il distingua sous le drap deux formes énormes au bout du lit. Il pensa d’abord que son chat s’était glissé sous les couvertures pour venir se lover contre lui. En remuant les jambes pour le chasser, il ressentit pourtant une étrange lourdeur.
Intrigué, il souleva le drap.
Un cri lui échappa.
Ses pieds avaient atteint des proportions démesurées.
Sa compagne dormait encore. Tremblant, il se leva et constata l’ampleur du désastre. Ses pieds mesuraient près de soixante centimètres. Une sueur froide lui parcourut l’échine. Il se pinça pour vérifier qu’il ne rêvait pas. La douleur fut bien réelle.
La veille au soir, il avait pourtant chaussé du quarante-et-un.
Il tenta quelques pas. Ses pieds étaient très lourds et à cause de leur taille, ils s’emmêlèrent au point de le projeter ventre à terre sur le carrelage du couloir… réveillée par le raffut de la chute, sa compagne accourut et, à la vue de la scène, elle poussa un cri mêlé de stupeur et d’effroi :
— Mais qu’est-ce que c’est que ça ?
— Si seulement je le savais…
Le docteur Martel arriva moins d’une heure plus tard… il examina méticuleusement ce cas aussi extraordinaire qu’incompréhensible.
Mais le médecin fut incapable d’établir le moindre diagnostic. Par conscience professionnelle, il consulta ouvrages spécialisés et revues médicales, éplucha le Vidal, la bible des médecins, mais rien n’y faisait. Aucun cas semblable n’avait jamais été recensé. Radios, scanners, analyses sanguines et imagerie par résonance magnétique ne révélèrent aucune anomalie susceptible d’expliquer cette croissance spectaculaire. Quant aux professeurs et spécialistes consultés, aucun ne put garantir un retour à la normale.
Martin devait se rendre à l’évidence : ses nouveaux pieds allaient faire partie de sa vie.
Les semaines suivantes furent éprouvantes.
Marcher devint une véritable épreuve. Il avait l’impression d’être chaussé de palmes géantes. Chaque déplacement exigeait attention et concentration. Il trébuchait souvent, renversait les objets sur son passage et attirait partout les regards.
Trouver des chaussures fut un autre calvaire. Les commerçants éclataient parfois de rire lorsqu’il demandait une pointure adaptée. Finalement, un artisan lui fabriqua une paire sur mesure. Malheureusement, leur taille extravagante lui donnait une allure de clown.
Ce détail allait bouleverser sa vie professionnelle.
Martin travaillait comme conseiller en gestion de patrimoine dans une grande banque. Son métier reposait sur la confiance et la crédibilité qu’il inspirait à ses clients. Or, dès son retour au bureau, il sentit les regards changer.
Ses collègues peinaient à masquer leur amusement. Quant aux clients, ils avaient bien du mal à détourner les yeux de ses chaussures. Certains demandaient même à être reçus par un autre conseiller.
Un matin, son directeur le convoqua.
Avec mille précautions, il lui expliqua que la situation devenait délicate. La clientèle recherchait discrétion et sérieux. Aussi injuste que cela paraisse, l’apparence de Martin attirait désormais davantage l’attention que ses compétences.
Quelques mois plus tard, il quitta la banque.
Lors de son pot de départ, plusieurs clients vinrent lui serrer la main avec émotion.
L’un d’eux prit même la parole :
— Je ne suis pas venu parler des pieds de Monsieur Martin, mais de l’homme qu’il est. Depuis quinze ans, il gère mes affaires avec compétence et honnêteté. Je regrette simplement que certains aient fini par regarder davantage ses chaussures que la qualité de ses conseils.
Ces mots touchèrent profondément Martin.
Depuis des mois, il avait l’impression que plus personne ne voyait autre chose que sa différence. Pourtant, derrière cette émotion naissait aussi une amertume. Si tout le monde reconnaissait ses qualités, pourquoi personne n’avait-il trouvé le courage de s’opposer à son éviction ?
Peu à peu, Martin se replia sur lui-même.
Dans la rue, les enfants le montraient du doigt. Des adolescents imitaient sa démarche maladroite. On le surnommait « Monsieur Palmes », « Pieds géants » ou encore « le Yéti ».
Chaque moquerie laissait une nouvelle blessure.
Puis, un jour, alors qu’il traversait un parc, un directeur de cirque l’aborda :
— Avec des pieds pareils, vous feriez un excellent clown.
La proposition le surprit. Après réflexion, il accepta pourtant.
Il pensait avoir trouvé un moyen de transformer sa malédiction en chance.
Mais là encore, la réalité se révéla plus cruelle qu’il ne l’avait imaginé.
Les autres clowns faisaient rire par leur talent. Lui faisait rire malgré lui. Il incarnait le clown triste, celui qui tombait, recevait des tartes à la crème et devenait la cible des plaisanteries. Les éclats de rire du public lui rappelaient parfois ceux qu’il entendait dans la rue.
Derrière son maquillage se cachait souvent une profonde tristesse.
Pourtant, avec le temps, quelque chose changea.
Martin apprit à utiliser ses immenses pieds. Leur taille lui procurait un équilibre étonnant. Il inventa de nouveaux numéros, impossibles à reproduire pour les autres artistes.
Peu à peu, le public cessa de rire uniquement de sa différence. Il venait désormais admirer ce qu’il était capable d’accomplir.
Un soir, après une représentation, un petit garçon s’approcha timidement de lui :
— Monsieur, j’aimerais avoir des pieds comme les vôtres.
Martin le regarda, stupéfait :
— Vraiment ?
— Oui. Tout le monde est pareil dans ma classe. Vous, au moins, personne ne peut vous confondre avec quelqu’un d’autre.
Ces paroles le bouleversèrent.
Pendant des années, il avait considéré ses pieds gigantesques comme une malédiction. Pour la première fois, il les regarda autrement. Ils n’étaient pas seulement la cause de ses malheurs ; ils faisaient aussi de lui un être unique.
En rentrant chez lui ce soir-là, il marcha d’un pas plus assuré. Ses pieds n’avaient pas diminué, mais le poids qu’ils faisaient peser sur son cœur, lui, venait enfin de disparaître.
Gilaber,il s’en sort bien ton Martin !
👍🐁
Bravo pour cette éloge à la différence🙂
Ses métatarses et phalanges avaient plus que doublé de volume. Ses pieds avaient atteint la longueur de ses cuisses. « Surtout ne pas la réveiller », se dit-il. « Elle qui a déjà un pied bot, je ne veux pas lui imposer ça », se dit-il encore. En voulant marcher sur la pointe des pieds, il se cogna à la poutre se sa chambre mansardée. Il jura. Pourtant, il ne s’était pas levé du pied gauche. Il s’habilla dans la salle de bain : « Bon, surtout garder les pieds sur terre. Je vais aller voir le podologue. Restons optimistes. Surtout ne pas perdre pied. Peut-être trouve-t-il le moyen de me retirer cette épine du pied. Je sais que je n’ai pas rendez-vous, mais je l’espère, vu la situation, il me prendra sûrement au pied levé », se dit Benjamin Millepied.
Non, Benjamin n’était pas danseur, il dansait d’ailleurs comme un pied. Il était simplement chausseur. Il prenait son pied à exercer ce métier et avait beaucoup d’ambition. Jamais il ne trainait les pieds pour se rendre au travail. A pied d’œuvre dès l’aurore, il en avait sous le pied pour répondre à toute les demandes. Malgré ses 50 ans, pas question de lever le pied. Il en était à son 3ème magasin. Plutôt que de s’acheter un nouveau pied à terre, il avait investi dans l’achat d’une nouvelle boutique de plain-pied. S’il n’avait pas les deux pieds dans le même sabot pour procurer la bonne chaussure à ses clientes, lui, il avait trouvé chaussure à son pied avec Etoile Chausson. Il lui avait fait un appel du pied durant un bal, lu avait cassé les pieds pour danser à nouveau avec elle et avait fait des pieds et des mains pour la revoir ensuite. Son futur beau-père avait tout fait pour lui couper l’herbe sous le pied. Mais comme sa fille adorait Benjamin, cet homme qui lui disait qu’elle avait le pied beau malgré sa difformité, il finit par accepter cet homme qu’il croyait bête comme ses pieds. Lorsque Benjamin mit les pieds dans le plat et la demanda en mariage, monsieur Chausson rentra dans ses petits souliers pour dire oui à celui qui n’était pas sur le même pied d’égalité que lui. Toutefois, il joua le jeu avec Benjamin. Il lui mit le pied à l’étrier en finançant sa première boutique.
Si leurs relations étaient parties du mauvais pied, elles s’améliorèrent au fur et à mesure des bons résultats du gendre. Benjamin, lui qui aurait dû recevoir une palme pour l’exemplarité de sa carrière, se retrouvait avec de grands pieds palmés aujourd’hui.
Le podologue qui reçut le chausseur ne savait pas sur quel pied danser. Il ne comprenait pas ce qui arrivait à son patient. Benjamin quant à lui, il n’était guère patient. Aussi, le podologue le rassura dans un premier temps : « Vous avez bon pied bon œil, vous ne risquez pas de partir les pieds devants ». Et, plutôt que de se prendre les pieds dans le tapis en lui prescrivant une opération inopérante, le médecin le prit à contre-pied et lui dit. « Ce qui vous arrive est peut-être d’ordre psychosomatique. Aussi, je vais vous envoyer consulter un confrère psychiatre ». Benjamin prit son diagnostic au pied de la lettre et engagea aussitôt un rendez-vous. La psychothérapie qui suivit lui permit de prendre conscience qu’il n’était qu’un colosse aux pieds d’argile. Au lieu de faire un ulcère à l’estomac comme tout entrepreneur anxieux, il avait grandi des pieds. Le psychiatre lui fit comprendre l’analogie entre son malheur et la nature de sa profession. Tous deux avaient un point commun : le pied. Benjamin vendit alors ses magasins pour n’en garder plus qu’un. Dans la journée il prit son temps et de plus en plus de vacances. Alors, progressivement, ses pieds perdirent du volume. Désormais, Benjamin attendait de pied ferme de se confronter à sa nouvelle : profiter de son Étoile le plus longtemps possible.
Une avalanche de jeux de mots. J’aime 😜
Il n’en crut pas ses yeux
Au saut du lit
Ses pieds avaient grandi
Grandi…
Comme s’il était chaussé
De bottes de sept lieues
Tout jeune retraité
Il décida d’en profiter
Accompagné de son sherpa Médor
Il traça une sorte de carte aux trésors
Sensée les guider
Muni de quelques bricoles, une boussole
Une flasque remplie d’alcool
Et autres babioles
Il commença sa folle virée
Des kilomètres avalés
Des continents traversés
D’autres cultures approchées
De grands artistes croisés
Des dessinateurs
Des sculpteurs
Des musiciens
Des écrivains
Qui utilisaient des mots abscons
En fonction des régions
Mais grâce à l’Intelligence Artificielle
Pas si superficielle
Il a pu entrer en relation
Avec toutes ces populations
Tous ces mots échangés
Ces émotions partagées
A l’heure qu’il est
Je le sais
Avec son fidèle compagnon
Il continue sur sa lancée.
Il se leva avec précaution pour ne pas réveiller sa douce moitié. Il faillit tomber à la renverse. Ses pieds n’en finissaient pas de sortir du lit. Ils avaient poussé comme des champignons. Il souleva le drap pour observer les pieds de sa compagne : normaux.
Il ne savait où donner de la tête. Cauchemar ou réalité ?
Il se leva. C’était comme s’il marchait avec d’immenses palmes. Il éclata de rire. Un pas et il retrouva au bout du couloir. Le hic, c’était qu’il voulait aller à la salle de bain. Le couloir étroit, l’empêchait de faire demi-tour. Ses pieds se retrouvaient coincés.
Plus qu’une solution, en marche arrière. Et hop, il se retrouva à l’autre bout du couloir.
Il commençait à rire jaune.
Il se mit sur la pointe des pieds. Pas aisé. Le déséquilibre était terrible, même en se tenant aux murs.
Il se retrouva sur les genoux, les pieds coincés entre ses fesses et les murs dans une improbable posture.
Il tenta d’avancer un genou. Vingt dieux. Les palmes n’apprécièrent pas du tout. Qu’à cela ne tienne. Il insista malgré les craquements.
C’était de pire en pire. Son corps se disloquait.
Une autre idée saugrenue germa dans sa tête. Marcher sur les mains.
Sauf que ses pieds, si longs, lui firent perdre l’équilibre et il se retrouva sur le ventre, les pieds menant leur vie.
Épuisé, il s’endormit. Il rêva qu’il dévissait ses pieds à l’envie en fonction de ses besoins. Il en avait de différentes longueurs, selon qu’il était pressé ou pas.
C’était top ! Il fallait qu’il trouve des modèles pour femme. Comme ça il pourrait marcher avec sa compagne d’un même pas harmonieux pour la première fois.
De grands coups de coude dans les côtes le tirèrent de son sommeil.
C’était bobonne qui avec son habituel amour le priait de se magner le popotin au plus vite et de préparer le petit déjeuner.
Entre deux lancements de tête, il comprit son rêve.
Il lui fallait fuir, vite, très vite, très loin, direction le bonheur.
Quelle chaleur ! Même la nuit, la température ne baisse pas. Il sort la jambe gauche de dessous le drap et la garde ainsi à mi-chemin entre le lit et le sol. Tout tentative pour trouver un peu d’air est bon à expérimenter.
Par la fenêtre entrouverte, la lueur du réverbère extérieur projette un filet de lumière sur un bout du mur de la chambre. Bertrand regarde ce rai diffus et voit l’ombre portée de sa jambe et de son pied. Une confusion, une anxiété submergent son esprit ensommeillé. L’ombre dessine un bout de jambe tordue et un pied démesuré. Le relief de la porte du placard casse l’ombre de la jambe qui apparait fracturée et le pied disproportionné ressemble davantage à une fourchette d’ogre qu’à ses propre nougats, panards, arpions ! Quelle horreur !
Il se tourne alors vers la place de sa compagne, intrigué qu’il est, de savoir si elle est tombée dans les bras de Morphée.
Bertrand soulève le drap pour voir si elle réagit. C’est alors qu’il aperçoit une forme noire enroulée au fond du lit. La conscience lui revenant doucement, Bertrand réalise que c’est Cocaïne le chat de la maison mais que sa femme n’est pas allongée comme il s’y attendait. L’idée qu’elle se soit levée prendre le frais ou boire un verre d’eau affleure son esprit, quand tout à coup, il se souvient qu’il n’a plus de femme ni de compagne depuis six mois qu’elle est enterrée à quelque distance de chez eux.
Bertrand se sent soulagé. Il a le lit pour lui seul. Il pousse Cocaïne lors du lit et prend ses aises dans la diagonale de la couche.
« Le bonheur n’est pas toujours dans un ciel éternellement bleu, mais dans les choses les plus simples de la vie, » comme un lit pour soit tout seul une nuit de canicule….
Au saut du lit, il n’en crut pas ses yeux, ses pieds avaient grandi, exagérément grandi. Sa compagne dormait encore, il souleva le drap et n’en revint pas. Comment était-ce possible ? A aucun moment de la nuit il n’avait éprouvé un sentiment étrange, une douleur, un indice qui lui aurait mis la puce à l’oreille, l’aurait alerté que quelque chose d’anormal était en train de se passer. Il se leva pour être tout à fait sûr de ce qu’il voyait. Il posa ses pieds près de ses pantoufles et ne put que se rendre à l’évidence. Rassembler ses esprits prit un certain temps, essayer de trouver un plan d’attaque. Téléphoner aux urgences ? ils allaient le prendre pour un fou. Aller chez le médecin ? Il l’enverrait chez un spécialiste et cela prendrait des semaines avant d’avoir un rendez-vous. Il repassa toute la journée de la veille dans son esprit histoire de trouver une explication : faisait-il une allergie ? s’était-il fait piquer ? Non, cela ne pouvait pas être ça. Les pieds n’étaient pas déformés ni douloureux, juste beaucoup plus grands.
Quelle ne fut pas sa stupéfaction et peut-être son soulagement de constater au réveil de sa femme, qu’elle avait subi le même sort. Ils n’en revinrent pas mais au moins se sentaient moins seuls dans cette galère. Il leur fallut plusieurs heures dans la maison et dans le jardin pour s’habituer à leur nouvelle morphologie. Leurs premiers pas furent lourds, hésitants, mal assurés. Leur centre de gravité s’était déplacé. Mais le corps s’habitue.
Petit à petit, ils se firent à leur nouvel équilibre. Ils consultèrent des sites sur lesquels des chaussures hors normes étaient vendues à des prix très chers mais ils n’avaient pas le choix. Ce fut plus difficile de trouver pour sa compagne. Ils se rabattirent donc sur des paires de baskets qui avaient l’air confortables. Ils restèrent discrets, se firent livrer jusqu’à ce qu’enfin les chaussures arrivent un beau matin ensoleillé. Quand ils les essayèrent, quelque chose changea, presqu’instantanément en eux. Leurs regards se croisèrent et ils comprirent. Ils firent quelques pas, les trouvèrent étonnamment confortables et s’aperçurent qu’avec leurs pieds, leur ambition aussi avait grandi. Eux encore hier si fébriles à l’idée de voyager, de sortir de chez eux, furent pris tout à coup d’une ambition démesurée ; parcourir le monde. Leurs nouveaux grands pieds leur donnaient l’élan de tenter ce qu’ils n’avaient jamais osé ; sortir de leur zone de confort et de chez eux, aller plus loin, mettre un pied devant l’autre et partir à la découverte du monde.
Il leva le droit ses yeux curieux. Quel raison à se paradoxe ? Ses pieds avaient rapeutisses. Le problème c’est où quand comment combien à cause de qui de quoi. Donc la un peu stoïque. On va bien trouver faut juste être patient. Un peu de Colombo.et la confiance en sont intuition eguisees d’expérience. Poisson avec cette vie…j’aurais des plus grands pieds pour suivre les aléas du courant du temps. Puis les côtés si tu les prends trop fort tu reviens pas au milieu
YING YANG. Elle a des petits pieds et moi des grands. Mais ça d’un coup. Hier on s’est couché tout était normal…
Bon ,tu prends vite conscience que temps que tu es assis ça va et ta femme se lève précipitamment et ce casse la binette, pas assez d’entraînement. Manque d’appuis. Mais ça cela arrive à tout le monde. Vers 50 si tu marches en canards c’est mauvais signe pour toi. Malus valgus et un cri profond que t’as raison n’écoute pas . Je m’autoproclame
Clostrophobe des pieds je suis fière j’ai le cerveau étriqué. Mon mari la bas il marche en claquettes enfin des strings de pieds. Mais qu’est-ce qu’il marche. Il aime tout. Grimpe ne tient pas en place. Avant il partait à l’aventure pour apprendre. Moi je suis sa femme je l’attend sagement. Il est heureux. Moi aussi j’ai les enfants. Papa nous gâte pour les vacances on part en famille au clubs med à l’île Maurice. Je trouve cela bien. Cela fait 20 que l’on y va tous les ans. Puis les enfants aiment bien. Puis c’est pas dangereux.
Voilà ma vie femme au foyer accomplie ,aujourd’hui avec le recule je me rend compte que j’ai beaucoup piétiner dans ma vie.
Mon mari lui il a marché comme tout le monde toute sa vie sur ses pieds . Mais il a pas fini de chercher car il veut apprendre mais par le Har Zard….
4 ou 21
Au saut du lit il n’en crut pas ses yeux, ses pieds avaient grandi, exagérément grandi. Sa compagne dormait sans doute encore.
Il souleva le drap et entendit une petite voix grondeuse :
– Sors moi de là en vitesse, tu m’as poussé tout au fond avec tes grands panards! Il ouvrit le drap en grand, sa Momone gesticulait, rouge de colère, devenue pas plus grande qu’une lilliputienne.
– Ben dis donc te voilà bien pourvu, tu vas chausser du combien maintenant ? L’expression avoir des pieds comme des péniches te va drôlement bien.
Ils furent pris d’un grand fou rire devant l’invraisemblance de la situation. Entre deux accès d’hilarité Nestor la prit dans ses bras pour l’examiner de plus près, sa petite bonne femme.
Elle était bien croquignolette sa mini Momone !
Sans plus s’appesantir sur la situation, ils retournèrent au lit sur le champ.
Au saut du lit, Pepino n’en crut pas ses yeux : ses pieds avaient grandi exagérément. Sa compagne dormait encore ; il souleva le drap et, horrifié, constata que sa Berthe avait des battoirs. Il la secoua pour la réveiller. Se retournant en sursaut, elle lui colla une mandale qui lui mit des étoiles plein les yeux.
— Ça va pas la tête de me réveiller pendant que je prends mon pied dans mon rêve ? s’égosilla-t elle. Qu’est ce qui te prend ?
— Il me prend… Il me prend… Regarde tes mains et mes pieds, ils sont démesurés, dit il en posant un peton sur la gorge de sa princesse.
— Arrête, je ne peux plus… respirer ! suffoqua t elle en se dégageant.
— Aïe, tu me fais mal avec ta pogne. Déjà qu’elles n’étaient pas jolies, tes mains, là on peut dire que c’est le pompon. Que nous arrive t il ?
Debout, face à face, ils se défièrent du regard.
— C’est ta faute aussi, avec ta soif de vivre sur un grand pied. Mossieur n’en a jamais assez pour paraître dans la famille et tout le quartier, s’époumona t elle.
— C’est l’hôpital qui se fout de la charité. La Miss n’en a jamais assez de dépenser mes sous à tort et à travers pour crâner devant ses copines. Comment qu’on va faire ? Je ne peux plus conduire pour aller au boulot et emmener les gosses à l’école.
— Et moi alors, comment je vais faire pour la vaisselle, le ménage et les courses ? Je ne peux pas sortir comme ça : tout le monde va se foutre de moi. Si seulement la légende urbaine disait vrai sur les grands pieds, soupira t elle.
— C’est pas tout ça, il faut réveiller les triplés pour qu’ils se rendent à l’épreuve du bac de français. Comment qu’on va faire ? Je vais appeler un taxi.
Étonnés de ne pas voir leurs têtes sur les oreillers, ils soulevèrent les draps. Enfer et damnation ! Ils étaient redevenus des nourrissons.
« Bonjour. Il est 6 heures. Radio Bafouille vous souhaite une bonne journée. »
Pepino ouvrit les yeux, puis il ausculta ses ripatons et, secouant la tête, enfouit au fond du tiroir « Rhinocéros ».
811 – l’appel de la forêt
Au saut du lit, il n’en crut pas ses yeux : ses pieds avaient grandi, exagérément grandi. Sa compagne dormait encore.
Il lui fallait réfléchir, et vite. Devait-il lui dire à son réveil ? Il préféra garder cela pour lui et s’efforça de trouver une paire de chaussures, habituellement trop grandes. Ses nouveaux pieds n’y rentrèrent pas sans mal. Il se dit qu’il aurait des ampoules, ça pourrait aller.
Avant que sa femme ne se réveille, il consulta les sites médicaux pour trouver une explication rationnelle.
On lui parlait d’œdème, en lui conseillant de consulter si le gonflement était important, soudain, douloureux.
L’autre possibilité était une affection hormonale, l’acromégalie, qui pouvait entraîner un agrandissement des pieds et des mains.
Cependant, cela se développait habituellement sur des semaines, des mois, des années, pas du jour au lendemain.
Il courut chez son voisin médecin. Sa vitesse de pointe s’était trouvée décuplée, malgré les chaussures devenues trop petites. Il s’en étonna. Son ami docteur, lui, ne parut pas inquiet outre mesure. Il examina ses griffes, ses pattes et son pelage. Il évoqua surtout comme tout diagnostic, la pleine lune, les poils qui lui poussaient dans le dos, l’homme n’avait pas remarqué ce détail. Pas d’ordonnance ni de rendez–vous chez un spécialiste, le seul conseil qu’il reçu a été de s’isoler un jour ou deux, nu, dans la forêt. Il l’assura qu’à l’issue, tout redeviendrait comme avant. Avant que ses ongles ne poussent exagérément, il lui dit aussi d’écrire un mot à sa femme :
« Prétexte une urgence, là où le portable ne passe pas, et assure-la de ton prochain retour. »
Rien ne se passa finalement comme prévu. Après une transition complète, il prit goût à cette vie sauvage et ne revint jamais en arrière.
811/ LA BONNE FÉE
Ne dit-on pas Berthe au grand pied…
Il eût peur tout a coup en voyant la transformation de la longueur de son pied gauche d’être devenu une… mais non, tout le reste était bien en place ! Rassuré il regarda sa femme… enfin celle qu’il croyait être la sienne depuis plus de vingt ans ! Mais allongée près de lui et de dos, c’était une superbe sirène avec une magnifique coiffure blonde ondulée… En s’éveillant elle poussa un petit soupir, se leva en toute hâte, et courut se regarder dans la glace…
– Ça a marché dit-elle en tapant des mains ! ça a marché ! J’ai rajeuni de dix ans… elle exultait de joie. Puis voyant ma triste figure.
– il fallait que je donne une contrepartie alors tu comprends j’ai dit prenez sur mon mari . Au fait, Qu’est-ce que tu as de changé ?
– mon pied gauche ! regarde-le dis-je lamentablement il a pris dix centimètres…
– Eh bien oui… autant que d’années mais je vais t’ arranger ça ne t’inquiète pas en redemandant à rajeunir d’encore dix ans comme ça le pied droit sera comme le gauche ! Tu dois être heureux non ?
Imaginez la suite !🐁
Au saut du lit, il fut quand même surpris, ses pieds avaient encore grandi. Sa compagne sommeillait. Il souleva le drap. Elle dormait toujours avec ses chaussettes. Normal, par ce froid, dans leur mini roulotte, sur la place du village, Fresselines, au fond de cette vallée de la Creuse, plein Nord.
Le petit cirque y traînait son maigre spectacle, Gus, l’avaleur de couleuvres, Totoche, le dresseur de puces exotiques et Momo, le directeur, organisateur, hâbleur.
Ses pieds avaient encore grandi. Et finalement, c’était un peu normal. Après tout, en tant que clown, à porter des godasses trop grandes pour faciliter ses chutes, ce n’était que naturel. Les pieds de Gus s’étaient étalés dans ses chaussures. C’était la nature du clown.
Au-delà, il s’agissait aussi d’une histoire d’amour. Ti Ming, sa compagne était une contorsionniste chinoise. Elevée à l’ancienne, on lui avait enfermé ses petits pieds dans des bandeaux pour qu’ils demeurent menus.
Gus avait craqué pour les mignons petons de Ti Ming. Mais elle vivait mal ce qu’elle considérait comme un handicap, à ne même pas pouvoir tenir sur un vélo, à se montrer incapable de suivre Gus dans les balades montagnardes. Celui-ci souvent devait la porter pour traverser les torrents.
C’était quand même une drôle d’histoire d’amour, une qu’on ne va pas montrer au cinéma, mais ils la vivaient bien.
Gus assumait la situation. D’ailleurs à réfléchir à son prochain numéro, celui où il devait tomber dans une baignoire pleine d’eau savonneuse, il ne désespérait pas de voir ses pieds se palmer.
Ainsi il pourrait emmener Ti Ming jusqu’au grand fleuve. Il pourrait lui faire traverser la Loire et lui promettre de monter jusqu’au grand cirque Medrano.
Durant la nuit, j’avais bien ressenti une gêne, un inconfort que je ne parvenais pas à définir.
Au réveil: la surprise, l’incrédulité, l’horreur: deux pieds immenses pointaient de dessous le drap.
Ça ne pouvait pas être les miens quand même! Mais si! Ça bougeait quand je voulais remuer les orteils.
Qu’est-ce qu’Antoine avait encore fabriqué?
Antoine c’est mon papa de BD, celui qui me dessine depuis plus de cinquante ans et moi je suis Ernest Latuile, son héros bravache et malchanceux.
Hier, j’avais bien remarqué qu’Antoine était « à côté de ses pompes » : la mine du crayon griffait le papier, elle s’était cassée trois fois, il avait juré quand il avait renversé le flacon d’encre.
La semaine dernière, il avait déclaré: » Cette année, je « fais » le salon d’Angoulême. »
Il parlait de sortir de sa zone de confort, de changer la routine, d’explorer des mondes nouveaux, de se frotter à la modernité…
Qu’est-il allé faire dans cette galère?
Il est revenu, dépassé, harassé, grognon, saoulé d’infographie, de modulations graphiques à visée politico culturelles…
Je l’ai entendu se disputer avec son éditeur.
Et voilà le résultat : de frustration et de dépit, il fait n’importe quoi. Il m’allonge les pieds comme un malade.
Et il me laisse en plan. Il n’a même pas pris la peine d’agrandir la case, donc mes pieds dépassent dans la case suivante. Il aurait pu allonger la couette ou me dessiner des chaussettes! Mais non, Monsieur boude et moi je me les gèle.
Je voudrais bien crier, appeler mais la bulle de texte n’est pas tracée. Conclusion: je suis muet.
Tiens, au fait, qu’est-ce qu’il a fait à Victorine? Victorine c’est ma femme de BD.Pour le meilleur et pour le pire.
Ah bon, elle dort toujours et a l’air d’être bien proportionnée, elle.
Je vais faire comment moi maintenant pour chausser mes mocassins pointure ’38? Comment je vais conduire ma Simca 1000 1973? Ben oui, je n’ai rien changé depuis soixante ans moi!
Et mes pieds, où est-ce qu’il compte les ranger page 3, celle où il n’y a que des petites cases?
J’espère qu’il n’est pas parti pour de bon quand même!
Et maintenant voilà qu’il pleut sur la planche qu’il a abandonnée devant la fenêtre ouverte.
Ah! Enfin il se manifeste, mais les dégâts sont faits : Je suis trempé, la page est irrécupérable.
Antoine regarde, souffle, hoche la tête: « N’importe quoi! »
Je finis en boule avec mes pieds démesurés dans la corbeille.
Victorine n’a pas bougé d’un trait.
Au saut du lit, il n’en crut pas ses yeux, ses pieds avaient grandi, exagérément grandi. Sa compagne dormait encore, il souleva le drap et… Oh ! Nom de Dieu : elle était morte !!!
Une fois le choc encaissé, il réfléchit et en déduit ceci :
– Il est vrai qu’elle n’était pas vraiment à la hauteur et rien n’arrive au hasard.
Toutes ces manifestations synchronisées sont sûrement un signe du destin, pensa-t-il, et il est temps que je trouve enfin chaussure à mon pied !
Une nouvelle vie m’attend !!!
C’est horrible et drôle à la fois. J’adore !
Au saut du lit, il n’en crut pas ses yeux, ses pieds avaient grandi, exagérément grandi. ….. sa compagne toujours endormie, il souleva les draps et les petits pieds bien soignés de sa compgne le narguaient, avec ses ongleses rouges impeccables . Pourquoi lui, avait ces grands … sortis d’un conte .. Un conte non terminé, qui laissait échapper quelques indices pour se greffer au hasard des dérives noctambules , un signe pour le plonger dans une histoire, une misssion spéciale ??
Comment vivre avec ?? Travailler en bottes de sept lieues, impossible, accompagner son élégante amie, ridicule , grotesque,
Il se mit à rêver à une bonne fée,mais elles ne répondent pas aux appels, toujours occupées , sur messagerie . Une baguette magique échappée de l’histoire suivante pourrait tout rétablir . Mais. la suite était chez Gulliver avec les Lilliputiens ..
Cauchemar !! Allait-il se réveiller , comme d’habitude en charmante compagnie ou dans un autre lit avec d’autres pieds ???
811e/AVATAR
Au saut du lit, il n’en crut pas ses yeux, ses pieds avaient grandi, exagérément grandi. Sa compagne dormait encore. Passée la surprise il se résolut. Le point positif était une plus grande surface à chatouiller. Toutefois, il devait mesurer ses abattits. Voir si rien n’avait changé par ailleurs., ou si tout était proportionné. Une nouvelle donne. Toucherait-il le plafond en se levant ? Il se recoucha. Mit la tête sous l’oreiller, là où ils mettait ses idées de la veille. Avait-il fait un vœu exhaussé ce matin ? Devrait-il se confiner, consultez ? Il se contenta
d’appeler son cordonnier : si vous avez encore vos bottes de sept mieux déposez-les sur le paillasson. Se rendort. Sa femme se leva sur la pointe des pieds pour ne pas le réveiller. Du coin de l’œil il l’observait, un spectacle négligé depuis lurette, comme si il ne l’avait jamais vue. Dans la cuisine, Elle s’affaire, pour le déjeuner, a-t-il jamais vécu pareil instant depuis que…
Il se leva enfin. Qu’en était-il ?
-Chéri va prendre ta douche, et mets du parfum-
Il comprit mieux son chien.🐻
Au saut du lit, il n’en crut pas ses yeux, ses pieds avaient grandi, exagérément grandi. Sa compagne dormait encore, il souleva le drap… Ce n’était pas une mise en jambes, mais il avait mis le doigt dans un engrenage infernal. Comme il avait l’estomac dans les talons, il se leva. Sa compagne ouvrit un œil et n’en crut pas ses yeux : son homme avait grandi pendant la nuit ! Le problème était qu’elle ne pouvait servir deux mètres… Alors que faire ? Elle décida alors de prendre ses jambes à son cou : il fallait qu’elle se taille !