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Dans notre ville, un guérisseur de coup de cœur souhaite s’installer. Cette idée divise les habitants. Certains pensent qu’il peut aider les personnes qui souffrent. En tant que correspondant local de la municipalité, on me demande mon avis et je dois avouer que je suis contre son installation.
Un chagrin d’amour fait partie de la vie. C’est triste, certes et c’est une épreuve difficile, mais le coup de coeur ne se guérit pas avec une formule magique. Ce serait trop facile et bien pratique. Il suffirait à ce guérisseur de psalmodier tout en agitant une baguette magique ou une fiole contenant un produit miraculeux ? de faire quelques tours de passe-passe connus de lui seul pour que le coup de coeur disparaisse ? Que nenni ! du temps et quelques larmes versées, quelques conseils bien sentis, une nouvelle rencontre… Voilà le seul remède dont on peut avoir besoin. petit à petit la blessure s’effacera sans qu’il soit question d’aller dépenser ses deniers pour un hypothétique miracle.
Bien sûr, chacun est libre de croire à ce qu’il veut, mais je préfère la sagesse du maitre du temps aux promesses du merveilleux.
Un guérisseur de coups de cœur souhaite s’établir dans votre ville. Les habitants sont partagés entre les pour et les contre. Pour quelles raisons allez-vous soutenir un camp plutôt que l’autre ?
La plaque professionnelle de son cabinet mentionne Docteur Folamour (bien qu’il ne soit titulaire d’aucun diplôme), spécialiste des coups de cœur. Près de son cabinet, se trouve une boutique « Haut les cœurs » soi-disant biologiques.
Ce non-professionnel des coups de cœur et des états d’âme a réussi à s’attirer tout ce que la population de Saint-Amour compte de cœurs éplorés, de cœurs solitaires, de cœurs d’artichaut, de cœurs serrés, de cœurs brisés, de crève-cœur, etc … promettant monts et merveilles :
– des baumes au cœur
– de la gaieté au fond du cœur
– des bouches en cœur
– des rires de bon cœur-
– des remèdes contre les peines de cœur
– et pour finir des cœurs de pierre pour les irrévocablement déçus
Une première moitié de la population, votant habituellement – des baumes au cœur gauche, et cliente assidue des astrologues et cartomanciennes, se réjouit de l’installation de ce thérapeute
Une première moitié de la population, votant habituellement – des baumes au cœur gauche, et cliente assidue des astrologues et cartomanciennes, se réjouit de l’installation de ce thérapeute
Une première moitié de la population, votant habituellement – des baumes au cœur gauche, et cliente assidue des astrologues et cartomanciennes, se réjouit de l’installation de ce thérapeute
Une première moitié de la population, votant habituellement à gauche, et cliente assidue des astrologues et cartomanciennes, se réjouit de l’installation de ce thérapeute
« Tout ceci n’est qu’une vaste supercherie » clame haut et fort l’autre moitié de notre petite ville, plus méfiante et plus à droite. « C’est une honte, une infamie, profiter aussi de la crédulité de personnes mentalement fragiles. C’est offrir tacitement aux de jolis cœurs et autres bourreaux des cœurs la liberté de profiter des dames esseulées et argentées et aux Lolitas celle d’abuser de vieux messieurs trop crédules »
Je suis d’accord avec cette partie de la population. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de me présenter au double mandat de député-maire de Saint-Amour. Pour cela j’ai rédigé ce discours que je vous livre.
« Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens. Mes chers enfants.
« xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx.
Après cette première partie consacrée à mon combat contre le Docteur Folamour et sa médecine occulte contre les coups de cœur, je souhaiterais vous faire part de ma seconde lutte, celle contre le manque d’activité physique et son corollaire l’obésité, responsable de nombreux maux de cœur
C’est ainsi que, si je suis élu, je mettrai en place les mesures suivantes visant à vous inciter à marcher et vous bouger: Elles sont toutes excellentes pour la santé et vous aideront à supporter les coups de cœur
– une station de bus sur deux sera supprimée
– les déplacements en voiture et à deux-roues seront prohibés dans le centre-cille
– les ascenseurs des immeubles fonctionneront à partir du 3e étage
– les escalators seront définitivement neutralisés
– les programmes TV débuteront à partir de 19h et le week-end seules les compétions sportives seront diffusées
– deux heures par jour seront consacrées à l’activité physique dans tous les établissements scolaires dès la maternelle ainsi que dans les EHPAD et maisons de retraite
– chaque foyer sera tenu de posséder un chien, les sorties tri-quotidiennes pour leurs besoins seront considérées comme de l’exercice physique
Voici une présentation non exhaustive des mesures qui seront mises en place dont j’ai conscience qu’elles seront jugées impopulaires et qu’elles me vaudront railleries et levers de boucliers mais elles seront salutaires pour votre santé en général et celle de votre cœur en particulier
C’est à ce moment-là que je sentis sauter un bouton de mon pantalon taille 52 qui me serrait depuis mon déjeuner copieux au Grand Véfour
Ouais ça serait chouette un guérisseur de coup de cœur.
Il manque celui-là !
Presque toutes les autres parties du corps humain elles sont représentées chez nous, sauf lui.
Les guérisseurs pour les coups de rein, de foie, de langue, d’estomac…
Avec en plus dans notre village, les guérisseurs pour les coups au derrière, les coups de chevaux et de cheveux.
Et jusqu’à présent aucun guérisseur de coup de cœur.
Et ce genre de coups on en a tous, surtout les quelques centenaires du hameau.
Ben oui nous autres nous continuons à avoir des aventures. Des fois cela ne se passe pas comme on voudrait.
Hi ! Hi ! Tomber amoureux à notre âge n’est pas de tout repos et, quelquefois ça fait un peu mal, cette cabriole.
Avec les filles nous réagissons comme des ados.
Un peu de jalousie.
Également nous nous faisons plaquer. Sans en connaître les raisons.
Après ces petits désagréments il faut du temps pour refaire surface tout seul.
Oui ce guérisseur tombe vraiment à pic.
Alors à la majorité absolue il faut voter pour lui.
C’est vrai, les jeunes, les moins jeunes, on en a tous besoin de ce spécimen de guérisseur.
Je vous ai dit à peu près mon âge.
Il m’arrive bien souvent de tricher un peu.
La nuit et le soir je me transforme.
Je redeviens un jeune et beau garçon.
Ouais j’en ai de la chance.
Je fais cela grâce à une potion magique que nous avons gardée en famille.
C’est très cool de passer presque instantanément de 102 ans à 19 ou 20 ans.
Alors je sors dans la rue ni vu ni connu sauf par les belles filles.
Quel est donc ce prince que nous n’avons jamais vu ?
Être jeune je m’en rends compte tous les jours et de plus en plus, on reçoit également des coups de cœur.
Oui donc oui moi le vieillard jeune ou jeune vieillard, je milite ferme. Très ferme des champs.
Ce guérisseur de coup de cœur il nous le faut et vite.
Ma carcasse de centenaire le réclame. Et aussi ma belle enveloppe d’homme jeune.
Ouais l’amour ça n’a pas d’âge. Et les coups au cœur dans notre village dénommé Trèfle de Cœur, ils ne manquent pas non plus.
Donc vive notre libérateur, notre sauveur.
Ce guérisseur de coup de cœur des temps modernes !
Vive notre village !
Vive ce guérisseur !
Vive demain et aussi l’éternité !
La mairie avait organisé une consultation citoyenne. Les habitants de la commune devaient se prononcer pour ou contre l’installation d’un « guérisseur de coup de cœur ». Les votes étaient ouverts aux administrés dès l’âge de six ans.
J’en avais huit à l’époque. J’étais fier à l’idée de pouvoir glisser mon bulletin dans l’urne installée dans la classe de CP.
Une réunion préalable avait eu lieu dans la salle des fêtes.
Le guérisseur en question avait exposé les soins qu’il se proposait de prodiguer et l’éthique qu’il entendait respecter. Je n’avais pas tout compris. J’avais cependant retenu qu’il s’engageait à ne rien raconter aux parents pour les jeunes patients. Ça, c’était important. Ce qui m’avait beaucoup amusé, c’est qu’il arborait des montures de lunettes en forme de cœur. Je me suis promis qu’avec mon premier salaire, plus tard, je m’offrirai les mêmes même si ma vue était parfaite.
Nous en avons parlé à la récré avec les copains. Il y avait les pour et les contre. Les filles étaient toutes pour. Elles anticipaient les princes charmants pas si charmants que cela… Les garçons étaient partagés. Certains craignaient que ce nouvel arrivant soit un charlatan. D’autres redoutaient que nos élans soient freinés voire anéantis. Que deviendraient alors nos coups de cœur pour devenir cosmonaute ou pilote de Formule 1 ?
Le grand jour est arrivé. Pour ce moment solennel, j’ai mis le costume que je portais au mariage de tonton Luc, nœud papillon assorti et souliers vernis. J’ai glissé le papier OUI dans la poche droite de ma veste, le Non dans la gauche. Une fois dans l’isoloir, mon cerveau est parti en vrilles. Je devrais voter OUI pour le cas où Lisa me briserait le cœur et NON si j’ai un coup de cœur pour le dernier Tintin. Je suis sorti de l’isoloir rouge de confusion. J’ai glissé mon enveloppe dans la fente et signé le registre.
J’avais besoin d’air. Je me suis précipité à l’extérieur de la classe, chaque poche de ma veste délestée de son bulletin respectif.
807 Un guérisseur de coup de cœur souhaite s’établir dans votre ville. Les habitants sont partagés entre les « pour » et les « contre ». Pour quelles raisons allez-vous soutenir un camp plutôt que l’autre ?
Cette annonce dans le journal local : « guérisseur de coup de cœur souhaite trouver un local en centre-ville pour exercer » soulève une protestation collective sans même savoir de quoi il s’agit exactement. Les « pour » sont violemment en désaccord avec les « contre ». Dans les magasins, les réunions, les bistros, on ne parle que de cet évènement. La question engendre des inimitiés entre amis ou famille. Personne n’analyse si c’est une bonne ou une mauvaise idée. Tous sont catégoriques « pour » ou « contre ».
À la fin de l’article, un numéro de téléphone est indiqué. Curieux, j’appelai afin de me forger un avis constructif.
Rien de bien méchant, ce guérisseur se propose d’aider les gens dont les coups de cœur en tout genre ont mal tourné. Il m’a raconté que cette idée lui est venue lorsqu’il s’est emballé pour une maison abandonnée quasiment en ruines. Il la lui fallait sans attendre : la vue était splendide, c’était l’affaire à ne pas rater ! Ce fut une telle catastrophe financière qu’il dut consulter pendant plus d’un an un psychiatre. Sa femme avait essayé maintes fois de le raisonner sans succès. L’obsession de son mari à remettre en état cette épave la fit fuir pour ne pas se retrouver à la rue sans le sou.
Guéri, il voulut mettre à profit cette triste expérience pour aider les autres. Il fit une formation lui permettant de développer son intuition concernant les mécanismes de ce que l’on appelle « les coups de cœur ».
De mon côté, au conseil municipal j’essayais de calmer les esprits sans grand succès, mais une idée avait germé.
Mon jeune fils me faisait pitié. Il persistait à être obsédé par une fille qui ne le regardait même pas. Je pris rendez-vous avec le guérisseur, bien que je ne fusse pas vraiment convaincu. Contre toute attente, cette visite fut profitable. Après quelques séances, je retrouvai un ado heureux.
Ma décision était prise. Moi, « l’enfant du pays » j’allais m’associer avec cet homme !
Deux belles calligraphies côte à côte affichent : l’une « guérisseur de coups de cœur en tout genre » et l’autre « Spécialiste de coups de cœur amoureux ». Les habitants, intrigués par cette alliance inattendue, commencèrent peu à peu, très doucement, à revoir leurs jugements trop spontanés. Acculés à des situations difficiles, certains y virent l’opportunité d’apprendre à gérer leurs élans soudains.
Pour les « coups de cœur amoureux ». Les adultes hésitaient encore ; les adolescents eux, avaient déjà franchi la porte. Jamais je n’aurais cru que des enfants auraient eu le courage de venir. L’ambiance dans la salle d’attente devint comme une cour de récréation et je suis sûr qu’elle fut pour beaucoup dans le succès du traitement.
Ma première réussite, fut de voir ces jeunes retrouver leur joie de vivre
Un guérisseur de coups de cœur prochainement en ville, mais oui bien sûr.
Le dernier coup de cœur de mon épouse m’a valu deux mois de salaire et un coup au cœur.
Une parure boucles, collier et broche stupidement exposée à la devanture d’une bijouterie alors que nous déambulions place Vendôme. Ce fut un coup du sort que nous nous promenions dans ce quartier un jour de semaine . De plus, le vendeur avait honteusement fait preuve de flatterie et de flagornerie en affirmant que cette parure convenait parfaitement au joli teint de Madame et à sa coiffure. Celle-ci m’avait fait des roucoulades et des minauderies telles que je n’avais plus qu’à capituler.
Un guérisseur, certainement oui car le prochain coup de cœur que j’appréhende risque d’être encore plus monumental car il concerne notre future résidence secondaire. Je ne méconnais pas les agissements des agents immobiliers qui, recevant des consignes concernant la surface , le lieu et le budget, s’empresse de proposer un bien hors lieu dépassant la surface et surtout le budget, sous le prétexte d’une occasion coup de cœur à saisir absolument avant une date limite rapprochée sous peine de la voir s’envoler. Je fais confiance à mon épouse pour « épouser » les arguments imparables du négociateur.
Mais à supposer que ce guérisseur guérisse, mon épouse souhaite-t- elle vraiment guérir ?
Sans faire appel à ce probable charlatan, j’ai un remède qui devrait momentanément la calmer.
Lui dire que j’ai été viré et que je suis au chômage, même si c’est un pieux mensonge.
Un guérisseur de coup de cœur souhaite s’établir dans votre ville. Les habitants sont partagés entre les « pour » et les « contre ». Pour quelles raisons allez-vous soutenir un camp plutôt que l’autre ?
L’autre jour, je croise mon amie Louise (Lou pour les intimes) qui me demande si je compte aller à la réunion publique au sujet de l’installation du guérisseur de coup de cœur dans la commune ?
— Bien sûr que je vais y aller, c’est très important pour moi !
— Ah ! dit-Lou surprise. Et tu es pour ou contre ? Moi, j’hésite, p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non.
Lou n’est pas Normande pour rien ! Comme je la connais bien (depuis le C. P à vrai dire) elle va se baser sur ma position pour se décider.
— Je suis pour, à cent pour cent, je lui réponds avec certitude.
— Mais Flo, t’as pas peur que ce soit un charlatan et qu’il va tous nous embobiner ? S’inquiète Lou.
En plus d’être normande, Lou est méfiante comme une souris peut l’être devant un morceau de gruyère sur une tapette !
— Vois-tu, Lou, c’est à cause de Robert. J’en peux plus !
— C’est si grave que ça, me lance Lou avec inquiétude.
— Tu ne peux même pas l’imaginer ? Je suis désespérée. Robert a des coups de cœur pour tout ! Au début de notre mariage, il faisait des petites collections, genre des capsules de bouchons de champagnes ou des sous-verres à bières. Maintenant, il fait du téléshopping. Il a des coups de cœur pour toutes ses passions : la chasse, la pêche, Le jardinage. Je peux te dire que ça fait mal au portefeuille.
— J’te crois, dit Lou avec compassion.
— C’est pas tout que j’lui dis ! Aux dernières vacances, on est allé visiter les plages du débarquement. Robert a eu un coup de cœur pour la région et il veut qu’on déménage.
— T’avoueras que c’est beau par là ! J ‘connais bien, j’y suis née, me précise Lou avec une voix pleine d’émotions.
— C’est pas une raison, que j’réponds un peu énervée. L’autre fois, à la foire aux chiens, il a eu un coup de cœur pour une meute de Beagles. Tu te rends compte, on a déjà un épagneul, un Braque allemand et un basset Artésien Normand. Je sais Lou que c’est ton préféré ! Heureusement, j’ai réussi à l’en dissuader.
— Ma pauvre, dit Lou en me prenant dans ses bras.
— Je suis au bout du rouleau ! Je veux le désintoxiquer ! Alors, Oui, Oui et Oui pour le guérisseur de coup de cœur ! Et j’espère que tu me soutiendras lors du vote ?
— Comment tu peux en douter ! lance Lou en me faisant un clin d’œil.
©Raymond
Un guérisseur de coup de cœur souhaite s’établir dans notre ville. Les habitants sont partagés, bien sûr, entre les pour et les contre.
Pour en finir avec les rumeurs permanentes, les incessants cancans et autres racontars, la municipalité décide de convoquer un conseil municipal spécial avec un seul point à l’ordre du jour :
« Ouverture d’un cabinet de guérisseur de coup de coeur. »
L’heure de la réunion est un peu baroque, vingt-trois heures. Qu’importe ! je me rends au conseil, en tant qu’auditeur libre. Je veux être aux premières loges pour entendre et surtout écouter les débats entre ceux qui seront pour, contre, les indécis, les dubitatif, les atrabilaires, enfin, la fine fleur de notre cité . Les absents aussi, sont là !.. Bref, je me régale !
Je profite de l’occasion pour vous dire que notre charmante ville détient le record depuis des dizaines d’années du plus fort taux de « pour/contre »
Le maire ouvre la séance en annonçant la venue du guérisseur qui souhaite ouvrir une boutique dénommée « Coup de cœur. »
Entre alors un personnage de petite taille, rondouillard, au teint rougeaud, à l’allure peu assurée.
Un imperceptible murmure traverse l’assemblée. Le maire se racle la gorge puis s’adresse au guérisseur :
Monsieur… Duflan, vous désirez ouvrir un commerce en notre ville, au 75, rue de la République n’est-ce pas ? Pouvez-vous nous dire en quoi consisterait exactement votre activité ?
Pourquoi ce conditionnel, Monsieur le Maire ? Mon activité consiste …
On ne parvient pas à entendre ce que dit le pauvre guérisseur tant le charivari a repris, une vraie cour de récré. Je jubile dans mon coin !
Entre alors un autre personnage, un peu plus grand que le précédent, un peu plus pâle, un tantinet maigrichon.
Qui c’est celui-là ? entend–on depuis l’assemblée (Tiens, ça ressemble à du Pierre Vassiliu)
Je suis l’associé de Monsieur Duflan et je vais m’occuper de l’autre partie du projet …
Quoi, vocifère l’un des conseillers, y’a un plan B ?
Euh …oui, c’est le Coup au Cœur ; Nous voudrions une enseigne qui entrelace…
Les entrelacs se transformnt en rires, hurlements, chaises volantes, maire impuissant, compte rendu caviardé. Trois heures sonnent lorsque nous sortons de la mairie, hilares, hirsutes, plus pour et contre que jamais.
Moi, je suis pour l’ouverture de ces deux cœurs enlacés et j’en appelle même un troisième : le Cœur d’Artichaut
P.S. :j’ai évoqué Pierre Vassiliu – que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître- pour se remémorer la fantaisie et le talent qui parcouraient la chanson française d’il y a bien longtemps)
Chère Avoires,
On pourrai même dire qu’il est, complètement toqué, ce mec-là, complètement gaga. Il a une drôle de tête ce type-là… En marge du texte, c’est une très bonne description des conseils municipaux de notre charmante ville… surtout depuis la dernière élection municipale…
bien à toi.
Monsieur le maire, en compagnie de son conseiller se posait la question, grave ce matin-là.
Déjà, au réveil, il se demandait si c’était lui qui était grave ou la question elle-même. La réunion, la veille avait été houleuse et sa nuit un peu trop agitée.
Alors, avant son petit déjeuner, il mit un certain temps avant de remettre les pieds sur terre. Sans doute les saints de glace l’incitèrent à la philosophie plus qu’à la morale, surtout à cause de la glace, se dit-il en souriant. Manifestement, il devait puiser dans ses réflexions pour trouver une solution dans les plus brefs délais.
Est-ce qu’un guérisseur de coups de coeur doit prendre le pas sur ce qui est habituellement toléré dans une commune ou pas ?
Son thème principal, cette année, ce sont les oiseaux. L’année précédente, les fleurs. Son année s’était bien déroulée. Il en avait tiré la conclusion que la nécessité de contenter tout le monde n’était pas simplement due qu’à la question électorale. Parfois, même pour une commune tranquille, il est bon de lâcher prise. Les fleurs, c’est vivant et ça ne pose de problèmes à personne. Elles s’imposent en douceur.
Tandis que les oiseaux c’est une autre paire de manches !
— Une paire d’ailes !
— Hein !
— Rien que le fait de prononcer le mot « Les oiseaux ! » devant ma chatte, celle-ci devient soudain toute attentive et elle se mute instantanément en chasseresse.
Mais là, c’est plus sérieux, les oiseaux ont leur propre hiérarchie établie en fonction de leur taille. Une tourterelle vient de chasser des moineaux pour se repaître de leur repas sur le bord de la fenêtre. Elle s’insère juste dans le thème de cette année.
— Comment ?
— Vous ne m’écoutez pas, je suis en train de réfléchir sur le coup de coeur. Le gars veut lancer une nouvelle mode dans le village.
— Oui, j’ai bien compris. Mais je vois surtout que vous n’êtes pas bien réveillé. Vous parlez tout seul.
— Peut-être que je parle tout seul, mais cette décision, je ne veux pas la prendre tout seul. Je vais organiser un référendum.
— Mais pourquoi ? Ca va nous faire du boulot en plus. Et puis un guérisseur, c’est génial ! Ca fera un plus pour la commune.
— Arrêtez avec vos plus. Un guérisseur !… Bon d’accord ! Mais de coups de coeur ! Vous ne trouvez pas que les deux effets s’annulent. Autrement dit ++ = 0.
— Vous croyez ?
— Tenez ! Je vais prendre l’exemple de mon chat. Vous ne savez pas ce qu’il a fait ce matin ?
— Non !
— Enfin, c’est plutôt la chatte de la voisine. Elle a sauté sur le bord de la fenêtre et elle a renversé la gamelle des graines pour les oiseaux.
— Parce qu’elle croyait en attraper un !
— Non, elle est jalouse que je leur donne à manger et pas à elle. Les oiseaux ne l’intéressent pas vraiment. Elle les observe mais elle les préfère en liberté.
— Quel rapport avec le guérisseur ?
— Lui aussi, je le préfère en liberté. Il ira se faire voir ailleurs.
— Et le référendum ?
— Je me demande si ça vaut la peine. On pourra plutôt organiser une réunion d’information. Et nous ferons un vote à main levée. Un référendum, c’est surtout à l’échelle d’un pays. Vu ce qu’ils en font !
À Lézard-Tranquille, village corse accroché à la montagne comme une vieille biquette à son rocher, on se méfiait déjà des continentaux, ceux qui mettent des sandales avec des chaussettes, alors quand Ange-Marie Santonacci, autoproclamé Coach en Sinistrose, sorte de guérisseurs des coups de cœur, s’installa, dans l’ancienne boucherie d’Aristide Mattei, encore chaud à la morgue, se fut comme une déclaration de guerre.
Au café, les anciens crachaient dans leur pastis et maugréaient.
— Z’avez vu ses promesses sur la vitrine ? Couples en panne, Libido en berne, Amour à sens unique, ici résultats discrets garantis, fulmina Andréa.
— Depuis quand les affaires de la chambre à coucher se soignent comme une bronchite ? ajouta César.
— Et depuis quand ici la discrétion existe. On sait bien qu’en Corse, même les mots chuchotés ont des commères, railla Andréa.
— L’est devenu un vrai pinzutu, le Ange-Marie. Si ça va pas avec ma femme, on lave notre linge sale sur l’oreiller. Pas besoin de loveshop, clame Toussaint.
César avala son pastaga de travers.
— Love quoi ?
— Bin sa pharmacie pour trucs de bordel. Y’a même des slibards en bonbons à grignoter ? rétorque Toussaint.
— Bah moi dans la salle de jeu, j’ai pas l’temps de grignoter. C’est déjà bien quand la mama est partante… vais pas risquer une pause et qu’elle change d’avis, poursuis César.
Alba, la tenancière du café, vint ajouter son grain de sel.
— Moi, j’dis qu’un peu de nouveauté venue d’ailleurs pourrait dégriser l’intimité, devenue plus une rengaine qu’un moment d’intense échange des plaisirs de la chair.
Tous les hommes se tournèrent vers elle, interloqués de tant d’audace, d’un sujet pourtant tabou.
Au même instant, la clochette de la porte tinta. On se signa presque à l’entrée d’Ange-Marie, en costume lilas, lunettes Rayban et chemise ouverte sur une grosse chaîne en or et des bagouzes à tous les doigts.
— Salute amicu. Vous n’allez pas louper les promotions. Pour chaque achat je vous offre au choix : un élixir désir du mouflon ou une tisane Détox du sanglier.
Ce fut Baptiste, qui réagit le premier.
— J’essaierai bien le Désir du mouflon pour mes chèvres. Elles ont moins d’entrain depuis l’hiver.
— Tes chèvres ? Lesquelles ? Tu as des plantations de clémentines, le tance, Alba.
Baptiste rougit.
— Non, mais Giuseppe, lui, il en a.
— Parfait Baptiste, pour te remercier de me soutenir, je t’offre un flacon pour un acheté.
Aussitôt, les autres prompts aux calculs se resserrèrent autour d’Ange-Marie.
César leva la main et demanda :
— Pour les veufs tu peux faire un prix ?
— Mais César, ta femme est vivante !
— Oui, mais elle dort dans une autre chambre depuis trois ans. Ça fait long la jachère.
— Et moi, j’en prends une caisse de Relance attraction, susurre Andréa.
— Bah, toi aussi Andréa, c’est n’importe quoi. Ta femme t’a quitté en 2018.
— J’anticipe son retour, moi !
Quand je vois, les plus farouches opposants dégainer leur porte-monnaie, plus vite qu’ils n’avalent leur pastis, pour moi, comme Alba, je soutiens l’installation d’Ange-Marie pour venir au secours de la misère sous les draps.
Comme quoi, à la fin, c’est la faim qui fait sortir les loups du maquis.
Comme d’habitude Mijoroy très vivant et bien plaisant a lire. 🐭🐻
Venant tout droit de Miami
Un guérisseur de coup de cœur
A débarqué, à la bonne heure
A Paris !
Il a posé ses valises rue Crémieux
Qui dit mieux
Pour commencer sa tournée
La rue la plus colorée
Où les habitants tombent amoureux
Si facilement …
Du travail, il en a tellement
Tenez, dans la maison bleue
Il a dû panser les plaies
Avec succès
D’une charmante adolescente
Enamourée de son voisin japonais
Et un peu plus loin
Mais dans la même zone
Sise dans la maison jaune
Il a œuvré pour tarir le chagrin
D’un célibataire se croyant endurci
Tombé dans les filets
D’une amazone si jolie
Qu’il en avait perdu tous ses esprits
Lui aussi, guéri
Quant à Mme Rose
De la maison du même nom
Sur du papier fleuri
Tout en vers et prose
Elle a confié ses pertes d’illusions
A l’homme de si bonne réputation
Qui lui fit enfin garder raison
Alors, amis lecteurs/lectrices
Qui avez le cœur en détresse
Voulez-vous son adresse ?
très original tant dans la forme que le fond. C’est bien de varier les types d’écrits pour les exercices.J’ai particulièrement aimé la chute : « Quant à Mme Rose
De la maison du même nom
Sur du papier fleuri
Tout en vers et prose
Elle a confié ses pertes d’illusions
A l’homme de si bonne réputation
Qui lui fit enfin garder raison
Alors, amis lecteurs/lectrices
Qui avez le cœur en détresse
Voulez-vous son adresse ? » bravo.
Merci beaucoup
Un guérisseur de coup de cœur souhaite s’établir dans votre ville. Les habitants sont partagés entre les pour et les contre. Pour quelles raisons allez-vous soutenir un camp plutôt que l’autre ?
Et bien voilà qui n’est pas banal. On n’arrête pas le progrès. Des cœurs brisés, il doit y en avoir un paquet dans le village, comme dans tous les villages en somme. Des cœurs blessés qui restent bien enfouis sous les pulls et les peaux meurtries. Je le sais quand je sors acheter mon pain et que je demande à Paul ; « alors comment vas-tu ? » et qu’il me répond en fuyant mon regard « ça va ça va… » d’un air peu convaincu. Je me sens bien impuissante, pas assez proche pour lui poser des questions qui pourraient être intrusives et pas assez éloignée pour ignorer sa mélancolie alors si un guérisseur peut l’aider tout comme Mathilde qui a laissé filer son Don Juan, lassée de ses infidélités. Et je ne parle pas de Jean qui ne parvient jamais à faire disparaitre son regard triste derrière son large sourire…Mais il ne faudrait pas non plus que ce guérisseur les emmène sur des chemins obscurs. Comment le savoir ? Comment lui faire confiance ? Il parait qu’il débarque d’une grande ville. Pourquoi vient-il ici plus qu’ailleurs ? Aucune réputation de village cœur d’artichaut ne précède notre paisible bourgade ? Non, vraiment je ne sais quoi penser…Je suis bien mal à l’aise face aux personnes ultra engagés dans le camp des pour et le camp des contre qui haranguent les gens sur le marché. Et si on lui accordait le bénéfice du doute , tout en le surveillant de façon bienveillante? Et puis, il est peut-être charmant ce guérisseur…Mon cœur à moi n’a pas besoin d’être guéri, il est alerte, il va bien et je suis tout à fait d’accord pour qu’il soit pris !😉
806e COCORICŒUR
Un réparateur ? On a déjà donné !
C’est pour un coup de cœur, un vrai, comme autrefois ? Papa m’a reconnu je lui en suis reconnaissant car il a réparé. C’est pas la question dites-vous ?..
Celui-là, il fait dans la dentelle, Il pique, il ourle, il coud, au cas par cas. Et puis, il sait s’entouré, il a des aides, des petites mains. Incognito d’abord, sa renommée s’enfle, on le voit à l’œuvre, retour de boîte de nuit, à la sortie des écoles. Qu’en est-il des vieux ? Il rend bon pied bon œil, le reste suit. Ah, c’est un gaillard que ce rafistoleur ! Nonobstant, pour remettre sa montre à l’heure, mieux vaut la confier à un spécialiste. Il ne soigne que les symptômes pas la cause. Dans la cité, le tissu associatif est déjà bien présent, que ce soit, l’accueil des nouveaux arrivants, proposant diverses activités culturelles et ludiques, ou Soroptimist proche des femmes, de l’intégration, des victimes et même les ‘amis du maire’ qui promeuvent la ville et son rayonnement, on est pourvu ! Dans le journal et les réseaux, le courrier du cœur, brisé, abîmé, mais cœur libéré fait flores. Réparateur est, inscrit à la chambre des métiers, dessinez son caducée.🐻
Guérisseur de coups de cœur
Moi, je ne veux en aucun cas voir s’installer ce soi-disant « guérisseur de coups de cœur », encore un charlatan qui use et abuse des réseaux sociaux pour attirer pour se faire du fric sur le compte de paumés, de gogos prêts à écouter les balivernes de cet individu et de tant d’autres de ses semblables.
Ici, c’est une petite ville tranquille où il fait bon vivre, où tout le monde se connait. Bon, il y a bien quelquefois des problèmes de voisinage, de coq trop matinal qui s’égosille au grad dam des partisans de la grasse matinée, de haies mitoyennes bancales parce-que coupée au cordeau d’un côté et souffrant d’un manque d’entretien de l’autre, de gamins faisant pétarader leurs mobylettes à l’heure de l’apéro en terrasse, il y a bien aussi deux ou trois commères à la langue bien pendue, enfin quoi, ce n’est pas Clochemerle.
Si ce pseudo guérisseur parvenait à y poser son sac plein de fadaises, s’en serait fini de notre « art de vivre » comme on dit dans le poste. Je vois déjà déambuler dans nos rues des zombies aux yeux rouges, le nez dans le mouchoir, venus chercher une solution bidon à leurs coups de cœur qui ont mal tourné.
Je ne veux pas de cet escroc ici. Moi, les coups de cœur, je ne sais même pas à quoi ça ressemble. J’ai un chien, deux chats, un canari, quelques poissons rouges, je suis tranquille … heureux.
Un guérisseur de coup de cœur souhaite s’établir dans votre ville. Les habitants sont partagés entre les pour et les contre. Pour quelles raisons allez-vous soutenir un camp plutôt que l’autre?
Henri, le doyen du village, est farouchement contre. Il entraîne avec lui les conservateurs et anciens du village.
On a très bien vécu jusqu’à présent sans ce type de charlatan. Nous savons très bien gérer nos coups de cœur.
Arnaud, habitant très impliqué dans la gestion de la commune, entraîne avec lui les jeunes et les progressistes
Bien sûr, toutes les spécialités sont les bienvenus, nous manquons de commerçants et de prestataires.
Les arguments de part et d’autre fusent lors de réunions interminables.
Un coup de cœur, ça se maîtrise, un homme ça se retient.
Ce n’est pas toujours facile de se sortir seul, d’un coup de cœur impossible
Mais en cas de cœur brisé, il y avait les sites de rencontre pour ça.
Si tu crois que c’est facile dans notre ville isolée, au milieu de nulle part.
Ça marche bien dans l’amour est dans le prés, pourtant ?
Le taux de succès à long terme est très faible, tu le sais, c’est du cinéma.
La production répare les pots cassés et entourent les cœurs brisés.
Tu crois vraiment qu’ils le font quand les caméras cessent de tourner ?
Le guérisseur de coup de cœur, qui est aussi cardiologue, s’est senti rejeté par ce village pour lequel il avait eu un coup de cœur, il est parti s’installer ailleurs.
Henri a fait un infarctus, sans le défibrillateur du guérisseur de coup de cœur, il en est mort.
Au départ, j’ai eu un coup de cœur pour lui. Puis je me suis ravisé : comment avoir un coup de cœur pour celui qui est censé les guérir… C’était le cœur du problème et cela m’a foutu un sacré coup, à m’en donner mal au cœur, alors que j’aurais dû m’en donner à cœur joie. Bref, le cœur a ses raisons que la raison ignore et j’ai préféré m’abstenir plutôt que me retrouver au cœur d’un imbroglio…
C’était dans l’air du temps. Chaque émotion se devait d’avoir son spécialiste. Elle était analysée, interprétée, modifiée. C’est ainsi qu’apparurent les guérisseurs de coups de cœur.
Monsieur Adevine était l’un d’eux. Il souhaitait s’établir à Port-Artichaut, petite ville bien sympathique. La nouvelle fit vite le tour et les commentaires allèrent bon train. Certains voyaient cette implantation d’un bon œil, d’autres, comme moi, rejetaient fermement cette venue.
J’adore les coups de cœur. Ces instants où tout s’arrête, où l’on est seul au monde face à un objet, un paysage qui nous coupe le souffle, nous subjugue. La face critique du cerveau en mode OFF.
On s’approprie matériellement ou émotionnellement le coup de cœur. On se sent léger, heureux. Les yeux brillants, le sourire béat, la journée prend une nouvelle tournure. On ne marche plus, on sautille. On fredonne, on se projette, on se retient de ne pas hurler de bonheur.
Et il y en a qui veulent se priver ou nous priver de ces moments magiques ? Sornettes !
Se vriller la tête pour devenir émotionnellement neutre à coup de blablablas particulièrement onéreux, effectuer des exercices quotidiennement afin d’atteindre la parfaite grisaille et se confondre avec un mur, non !
Aux allergiques du bonheur, aux dubitatifs, aux grincheux, aux indifférents, à tous ceux qui craignent leurs émotions, l’allégresse, l’imprévu, je les invite à lâcher prise.
Oubliez Monsieur Adevine. Il n’est que le fruit d’une intelligence artificiellement dopée sans âme mais cupide.
Redonnez la liberté à votre cœur, il ne sert pas que de pompe à sang.
Le Guérisseur de coups de cœur…
La première affiche est apparue un mardi matin, collée de travers sur l’arrêt de bus de la place centrale.
« Guérisseur de coups de cœur — ouverture prochaine. »
Dans le groupe au cœur duquel je me suis glissé, certains riaient, d’autres se jetaient sur l’affiche pour l’arracher, tandis que beaucoup notaient l’adresse.
Moi, je suis resté immobile.
— Un charlatan, déclara une voix sèche.
— Ou peut-être un homme utile, répondit aussitôt une autre.
Je me suis retourné pour faire face à ceux qui avaient lancé ces deux phrases. À ma grande surprise, j’étais maintenant seul sous l’abribus. Sans savoir pourquoi, j’ai senti qu’à cet instant précis quelque chose avait bougé dans ma tête.
Ne souhaitant pas m’attarder, je repris ma marche comme si je n’avais rien entendu.
Le marché bruissait autour de moi ; les commerçants criaient les prix des fraises, les scooters traversaient la rue dans un grondement nerveux, mais dans mon esprit une salle immense venait de s’éclairer…
Un tribunal.
Au centre siégeait ma conscience.
À gauche, la Raison feuilletait déjà un volumineux dossier imaginaire.
À droite, l’Espoir souriait tristement.
Et moi, coincé entre eux, je comprenais avec malaise que ce procès ne concernait peut-être pas seulement ce guérisseur.
Peut-être allait-on aussi m’y juger.
Ne dérogeant pas à mes habitudes et comme ce début de printemps le permettait, je me suis installé au soleil à la terrasse du café de l’Esplanade, juste en face du théâtre municipal. Mon regard se posa sur l’affiche, haute en couleur, qui annonçait le prochain spectacle : Le Malade imaginaire – de Molière.
— Pourquoi ne pas lui envoyer le charlatan qui doit prochainement s’installer dans la ville ?
Je tournai aussitôt la tête vers la droite ; personne n’était attablé à proximité.
— Bien que les coups de cœur ne soient pas une maladie. Ce charlatan, comme tu le désignes, pourrait peut-être vraiment aider les gens !
Cette fois-ci, la voix parvenait de ma gauche, bien que cela fût impossible, à cause du mur qui s’y dressait. Je dus me rendre à l’évidence : les voix étaient bien dans ma tête. Elles débattaient au sujet du guérisseur de coups de cœur, à l’insu de mon plein gré…
— Personnellement, j’estime que les sentiments amoureux doivent rester du domaine de l’intime. Personne ne devrait avoir le pouvoir de « réparer » ou « fabriquer » l’amour, dit la voix de gauche.
— Pourquoi le risque de dépendance émotionnelle te fait-il si peur que ça ? répondit celle de droite.
— Non, pas du tout ! Mais l’amour n’est pas une mécanique à réparer.
— Peut-être… mais ceux qui souffrent n’attendent-ils pas simplement qu’on les aide à continuer ?
— Stop !
Aux têtes qui se retournèrent brusquement vers moi, je compris que j’avais crié à voix haute. Quelques passants s’étaient arrêtés, intrigués ; leurs mines sévères me donnèrent soudain l’impression d’être observé par un jury silencieux. Même le brouhaha du marché semblait s’être transformé en murmures d’audience. Et lorsque le serveur s’approcha de ma table, vêtu de son pantalon noir, de son gilet sombre et de sa chemise blanche impeccablement boutonnée, je ne vis plus en lui un simple employé de café, mais un huissier venant réclamer le silence dans une salle de tribunal.
— Voilà votre cappuccino… et votre viennoiserie habituelle.
Le serveur déposa le tout devant moi avant de m’observer avec inquiétude :
— Vous allez bien, monsieur Raymond ? Vous êtes tout pâle.
— Oui… oui, très bien, Rémi. Merci.
J’attendis qu’il essuie distraitement une table voisine avant de reprendre :
— Dites-moi… vous avez entendu parler du « Guérisseur de coups de cœur » qui doit bientôt s’installer en ville ?
Un léger sourire passa sur son visage :
— Depuis ce matin, ici, les clients ne parlent que de ça.
— Et vous, qu’en pensez-vous ?
Rémi haussa les épaules avec la fatigue tranquille de ceux qui écoutent les confidences des autres toute la journée :
— Moi… pas grand-chose, au fond. Le monde tourne de travers depuis longtemps. Si ça peut aider certains couples à se retrouver… ou donner un peu d’espoir aux célibataires…
Il désigna d’un mouvement du menton les tables autour de nous :
— Vous seriez surpris de tout ce qu’on entend dans un café. Les gens parlent fort quand ils sont heureux… mais encore plus fort quand ils sont malheureux. Alors oui… peut-être que les habitants ont simplement besoin de croire en quelque chose.
— Les peines de cœur peuvent détruire quelqu’un…
Je levai les yeux vers lui pour poursuivre la conversation, mais Rémi n’était déjà plus là.
À sa place, le silence.
Puis la voix :
— Si ce guérisseur apporte du réconfort, est-ce vraiment si mal ?
— Le réconfort n’excuse pas la tromperie.
Tromperie.
Le mot tomba en moi comme une pierre dans une eau sombre.
Une ancienne blessure remonta aussitôt à la surface.
— Et la souffrance ne justifie pas les mensonges, poursuivit la voix sèche.
— Pourtant… ce sont bien les mensonges qui font souffrir.
Les voix semblaient désormais fouiller ma mémoire comme des avocats cherchant une faille dans un témoignage.
Alors je la revis.
Dans son manteau jaune qu’elle portait ce soir-là.
La lumière froide du couloir.
Et surtout ce bruit.
La porte qui se referme.
Puis la clé qui tourne lentement dans la serrure.
— Tu vois bien que l’amour brise parfois davantage que la maladie.
— Certaines personnes ont besoin d’aide… mais la fierté les empêche de l’admettre.
— Ou la peur.
— Peur d’être manipulé.
— Peur de souffrir encore.
— Peur de rester seul.
— Adèle…
Ce ne fut pas un cri.
Plutôt une plainte échappée d’un endroit que je croyais fermé depuis longtemps.
Alors le tribunal se tut.
Plus de plaidoirie.
Plus d’accusation.
Seulement ce vide laissé par l’absence de la femme qui m’avait brisé le cœur.
Je restai immobile tandis qu’au-delà de mes blessures, la ville continuait de vivre dans son agitation ordinaire.
Et soudain, une pensée me traversa :
Peut-être que les habitants ne cherchaient pas vraiment l’amour.
Peut-être cherchaient-ils seulement une raison d’espérer encore…
— Qui suis-je pour juger ceux qui souffrent ?
N’est-ce pas la question que tt le monde se pose ? Merci ça me rassure🐁
Un panonceau apposé sur le tableau des annonces municipales annonce l’arrivée d’un « Guérisseur de coups de cœur ». Les lettres imprimées en rouge sur fond noir dans une typographie gothique doivent attirer le passant.
– Qu’est-ce que c’est que cette arnaque encore, se demande l’instituteur qui s’arrête devant.
– C’est moche commente à son tour sa collègue. Le Coup de cœur, c’est positif. Pourquoi faudrait-il un guérisseur ?
– Certains ont peut-être du mal à se remettre d’une dépendance affective, tente d’expliquer l’instit. Parmi nos élèves, nous avons déjà vu de tristes figures après la séparation de deux jeunes amoureux.
– Mais pourquoi cet aspect glauque de l’écrit ? reprend la collègue. Il me fait penser au pire : la torture, la mort…
– Peut-être est-ce pour exprimer la douleur justement. Mais pourquoi s’agirait-il d’un guérisseur ?
– Ce genre de personnage, non reconnu par des titres, me ferait fuir comme s’il s’agissait à priori d’un charlatan.
– Je crains que cet écrit n’oriente certains de nos adolescents vers le dit guérisseur. Ils sont assez fragiles nos jeunes et leurs peines de cœur peuvent être difficiles à gérer.
– Allons demander à la mairie si le panonceau a reçu l’aval de la municipalité pour figurer parmi les annonces locales.
A l’accueil de la mairie, les deux enseignants viennent vers moi.
– Bonjour Monsieur le Conseiller. Nous souhaiterions savoir si vous avez vu l’annonce de l’arrivée d’un guérisseur de coups de cœur sur les panneaux municipaux ?
– Oui, en effet, j’ai vu cette annonce hier soir.
– Pensez-vous que cette publicité doive cohabiter avec les annonces des horaires d’ouverture de la piscine ou de la date du prochain match de volley des élèves du lycée ?
– Je me pose la question, comme vous, semble-t-il ?
– Avez-vous rencontré le Guérisseur en question ?
– Non, c’est Madame le Maire qui a été contactée. Elle semble connaître la personne et l’apprécie m’a-t-il semblé.
– Et bien, Monsieur le Conseiller, je ne suis pas d’accord pour qu’une telle promotion soit faite sans consulter les administrés que nous sommes.
– Je vous comprends et m’en réjouis. A vous d’imaginer une contre-attaque, si je puis dire.
– A l’occasion, je peux même vous faire des suggestions et faciliter les actions positives que vous immiscerez. Personnellement, je pense qu’un coup de cœur est un évènement heureux et il conviendrait de le présenter ainsi.
– Nous sommes tout à fait d’accord, Monsieur le Conseiller. Nous vous présenterons nos suggestions ou propositions sous 48 heures. Est-ce que dans l’intervalle, nous pourrions soustraire le panonceau du guérisseur ?
– Malheureusement, je crains que vous ne déclenchiez alors, l’hostilité de Madame le Maire et de « son » guérisseur.
– Bien, au travail. Allons construire une campagne en faveur du coup de cœur !
Deux jours plus tard, les deux enseignants, de leurs collègues, amis et élèves arrivent avec des corbeilles de gâteaux en forme de cœur, prêts à être distribuer à l’entrée du terrain de volley et à la sortie de la piscine. Chaque dispensateur a préparé un petit laïus sur la définition et les bienfaits des coups de cœur. La jardinière qui, dans ses serres et platebandes, a des cœurs de Marie en pleine floraison, en a fait de multiples présentations installées sur le rebord des fenêtres des classes et sur les comptoirs des commerçants qui ont accepté avec joie ce magnifique élan de beauté, de pureté et… de publicité pour la jardinerie concernée.
Bien entendu, dans la majorité des classes, les enseignants ont pris le temps d’échanger sur les notions de coups de cœur afin de cerner si les élèves craignaient ou aspiraient à vivre de tels évènements. A vrai dire, ils furent rassurés. Leurs élèves ne semblent pas avoir besoin de quelque guérisseur que ce soit pour vivre heureux cette fin d’année scolaire. Par ailleurs, le panonceau du guérisseur a disparu du panneau d’affichage sans que l’on ait vu qui s’en était chargé.
Un guérisseur de coup de cœur ?
Mais c’est une plaisanterie Monsieur le Maire?
Et pourquoi pas un guérisseur de l’amour, un guérisseur de la tristesse, un guérisseur de la vie ?
Ah ! Mais oui ! Il est vrai que ça existe déjà tout ça : les psy, les curés, les pompes funèbres…
Oh ! Mon Dieu ! On est cernés !
On ne peut plus vivre en paix sans assistance.
Tiens, que je vous dise :
Hier, par exemple, en écoutant Bertrand BELIN chanter « Oiseau », j’ai eu un sacré coup de cœur ! J’ai ressenti plein de belles choses… de l’émotion… de l’admiration… de la satisfaction, des trucs qu’on ne peut pas trop définir : du plaisir quoi !
Et vous croyez que j’ai envie de me guérir de ces sensations ?
Pitié Monsieur le Maire ! Laissez nous vivre en paix avec avec nos coups de cœur, avec nos hauts et avec nos bas, et occupez-vous des poubelles et de tout le reste…
Chacun son truc et vogue la galère.
Moi, je suis contre. Ces guérisseurs sont tous des charlatans. Une fois j’ai eu affaire à un guérisseur de coup de pied au cul – et je peux vous dire que j’en ai reçu quelques-uns de la part de mon père, j’ai toujours les mêmes hématomes. Au coeur ! Et pas au derrière, comme il a cru bon y enfoncer ses aiguilles, et pas que !
Alors j’imagine celui-là tripatouiller nos pauvres cœurs, déjà en mal de vivre, pour les empêcher de succomber à je ne sais quel accès de folie, par des tours de vice pour les fixer à la raison, puis des coups de marteau pour les clouer au pilori, avant de les « sédater » au brome pour exorciser le mal profond.
Quel mal y a t-il à battre la chamade pour une maison avec vue sur la vallée, une voiture avec des jantes chromées, une robe avec le dos échancré, un homme, une femme, au regard illuminé, quand bien même la foudre pourrait bien dévaster tout sur son passage, l’ennui, la tristesse, la monotonie, par un coup fatal, magistral, celui d’aimer éperdument sans conditions et sans le grain de sel de la raison ?
Moi, je suis contre tous ces barbares !
Ils défilaient sous mes fenêtres avec des slogans :
» On veut un guérisseur, y en a marre des coups d’coeur »
» Les coups d’coeur ne passeront pas par nous »
Excédée par tant de conservatisme, j’enfilais ma veste pour descendre moi aussi dans la rue.
Vive les coups de coeur, à bas le guérisseur me lançais je
Bientôt me rejoignirent les sentimentaux à la vie amoureuse jalonnée de coups de coeur sans suite qui vous laissaient dévasté jusqu’au prochain, les aventuriers ayant tout lâché pour aller vivre au bout du monde, ceux qui avait acheté la maison de leurs rêves qu’il avait fallu dix ans pour rendre habitable et bien d’autres encore.
Et l’on voulait guérir ces idéalistes, ces joyeux fous se lançant dans l’action bille en tête ?
De mon côté mon dernier coup de coeur concernait un tableau dépassant nos moyens, mais qui m’avait mise dans un tel état émotionnel que je n’ai pas hésité bien longtemps, au grand dam de Valentin, mon coup de coeur depuis trente ans.
Nous partîmes une douzaine mais par un prompt renfort, nous nous vîmes deux cents arrivés à bon port.
Devant nous la petite troupe était plutôt clairsemée. J’avais bon espoir qu’après un vote à main levée, ce charlatan ne mettrait jamais les pieds chez nous.
J’espère que le vote se déroulera la main sur le coeur…
Bon week end.
POURQUOI?
Mesdames et messieurs les édiles communaux,
Dans le cerveau de quel idéologue chagrin a germé l’idée qu’il nous fallait un guérisseur de coup de coeur?
Serions-nous malades d’éprouver cette fulgurance du coeur que des esprits chafouins et « bien pensants » jugent si déraisonnable voire si dangereuse qu’il faille nous en guérir? Et pourquoi pas nous vacciner tant qu’à faire?
Dangereuse pour qui d’abord?
A vous ces plus que parfaits auto-proclamés qui voudraient nous lisser nous, les imparfaits, je dis:
Laissez-moi rêver et succomber à la tentation du coup de coeur, laissez-moi garder le droit à l’erreur et parfois regretter.
Laissez-moi vibrer le temps d’une étincelle d’amour inexpliqué et inexplicable qui ne brillera que pour moi et peut-être seulement pour un temps.
Et si le guérisseur m’ôtait le droit à l’enthousiasme non raisonné, à l’impulsion, au rêve matérialisé sur un … coup de coeur!
Et s’il m’interdisait le droit d’aimer? Coup de coeur, coup de foudre, où mettra-t-il la limite?
J’assume ces instants de démesure, ce risque amoureux non calculé, ces projets un peu fous.
J’assume la déception qui suivra parfois, j’assume la chute et sa souffrance.
Laissez-moi abandonner le « peser-mesurer » du choix raisonnable.
Mesdames et messieurs,
Laissez-moi mes coups de coeur, laissez-moi vivre!
Très beau plaidoyer de l’amour… et comme le chantait François Valéry; « Aimons-nous vivants ! »
Bon week-end.
Pourquoi guérir des coups de coeur ?? Est-ce une maladie ?? Ou une affection rendant la vie plus surprenante, apportant ouverture, fantaisie, rompant la platitude, ou la maîtrise parfaite ?? Très agréable ce trouble, ce sourire intérieur face à une oeuvre , en écoutant une composition, rappelant notre porosité au monde, peut-être plus puissant plus intense, face à une personne …
On n’a pas envie de guérir de ce type d’affection, on a envie de rester disponible pour les prochains coups de coeur, de les vivre …
Comme le chantait Mouloudji :
L’amour, l’amour, l’amour
Dont on parle toujours
L’amour
C’est un printemps craintif
Une lumière attendrie
Ou souvent une ruine…
Bon week-end
Chers ami(e)s d’écriture, 🙂
Le chemin du samedi me mènera ailleurs jusqu’au mois de septembre, et je ne pourrai donc pas rejoindre notre chère « cour récréative » avant cette date.
Je garderai cependant le plaisir de vous retrouver le mercredi, à la rubrique de Pascal, pour quelques parenthèses de mots partagés.
Je vous souhaite de vous laisser emporter par ce nouvel exercice, d’y trouver un bel élan, une émotion, peut-être même un petit « coup de cœur ».
Amicalement,
Béatrice
Nous attendons votre retour avec impatience et bon vent sur ce chemin de traverse!
À très bientôt chère Béatrice.
Prenez bien soin de vous, nous saurons vous attendre !
Ce sera toujours un plaisir de vous lire. A bientôt !
Objectivement, j’ai connu un guérisseur de coup de cœur qui assurait terrible, qui rassurait énorme. C’était un non frimeur qui soignait aussi bien les coups de poings, les coups de pied, les coups de boule et les coups de gueule. Enfin toutes les secousses de notre quotidien, encombré de partout.
A l’époque, dans notre petite ville, on trouvait un guérisseur à peu près toutes les cinq maisons. Pour vraiment pas cher, voire à crédit, on pouvait se faire soigner à coups de gestes oubliés, de tapes dans le dos et de breuvages traditionnellement secrets. L’homme s’avérait le plus souvent souriant, il dédramatisait votre malheur du moment, vous beurrait une tartine trempée dans un noir café du matin. Juste avant la reprise du collier, l’étrangleur d’illusions.
Entre deux lampées, l’araignée garce qui vous tissait le linceul, on lui arrachait symboliquement les pattes, on en faisait des brochettes que même nos fidèles chiens refusaient de renifler.
Notre guérisseur, il se montrait aussi à la pointe. Bien qu’ancré dans la tradition millénaire des rebouteux pas boutonneux, il se montrait à l’écoute des nouvelles ondes du progrès, les perceurs de coffres psychiques.
Parfois il organisait comme des thérapies de groupe, des séances de parole ouverte où chacun pouvait recracher sa bile accumulée.
Mais moi, ce que je préférai, c’était les séances en tête à tête, juste avant la fermeture de son cabinet de soins. Le moment où je captais au mieux ses ondes silencieuses, le torchon de sa sagesse, la vaisselle de nos doutes à nouveau étincelante, bien rangée sur le comptoir de nos existences.
Même qu’à force de le fréquenter, oui Monsieur, on en améliorait notre vocabulaire. Oui grâce à ce petit prof de français écœuré de la nationale éducation et qui s’était réfugié chez nous.
Tout ça, pour vous dire, Mr le Maire que, si dans votre programme de réélection, faute de mieux, yavait la réouverture d’un bistrot, pour sûr, moi, je vote pour vous.
Superbe !
Merci….
Attention Jean-Marc,
Boire un petit coup c’est agréable. Boire un petit coup c’est doux. Mais il ne faut pas rouler dessous la table.
Bon week end.
Il ne s’agit bien sûr que de dégustations, de breuvages et de mots, jamais de beuverie!
807e/ RÉUNION
C’est lundi. Les commerçants du pays se sont réunis pour discuter de la venue d’un réparateur de coups de cœur.
C’est qu’ils sont intéressés au premier chef ces marchands de bonheurs, même que c’est le nom de la boutique du brocanteur. Et puis, il n’y a pas qu’eux… l’hotel en face Aux bons moments lui aussi va morfler !
Si vous me demandez mon avis dit le docteur, en tant que cardiologue il est clair que le coup de cœur est ‘indispensable’ et même plusieurs et de suite évidemment… pas un coup de cœur par-ci par-là… mais ce qui m’embête c’est que ce réparateur me fait concurrence … et ma femme qui est psy ? Elle, elle est sur le carreau direct…
Oui disent dubitatifs les commerçants on a bien vu dans le bled à Tournons-Chèvre eh bien c’est le contraire ! Les magasins ont doublé leur chiffre d’affaires tellement il a amené de monde ce gars-là !
– Oui dit la psy mais les gens ne se parlent plus. Pire ils s’ignorent ! Je le sais parce que c’est moi qui les soignent…
Oui.. nos intérêts sont différents.
Et vous me demandez de prendre position ? Vous rigolez ! Moi je suis neutre j’ai besoin de tout le monde et je suis trop content de partager une chopine avec vous tous. Du reste il fait soif non ?
Attention dit le toubib… avec modération ! 🐁
Attention Souris verte, les recommandations actuelles de santé publique préconisent une limite de 1 verre par jour pour les femmes et de 2 verres pour les hommes. Dépasser ces limites peut annuler les éventuels bienfaits et augmenter les risques pour la santé… pour apprécier un coup de coeur dans sa plénitude, mieux vaut avoir l’esprit clair.
Bon week end.
Bien retenu.. merci cher Gilaber 🤗