Et vogue la galère…

On dirait parfois qu’un pays se gouverne comme un bateau dont le capitaine changerait d’idée à chaque marée.

Au départ, il déclare fièrement : En avant toute ! Voguons au moteur thermique.

Alors on produit le meilleur moteur possible, on dépense des fortunes, on forme des mécaniciens, on construit des usines, on graisse les mécaniques, on astique les pistons. Le bateau file. Pas mal.

Puis, au bout de quelque temps, le même capitaine fronce les sourcils : Le thermique ? Trop cher, trop sale, trop dépassé. Passons à la voile !

On démonte, on transforme, on hisse des mâts, on tend des voiles, on ruine au passage ceux qui fabriquaient les moteurs. Le bateau repart, gonflé d’espérance. C’est l’avenir !

Mais voilà : le vent, ce grand fonctionnaire du ciel, n’est pas toujours au bureau.

Alors quelqu’un propose : Essayions le solaire !

Nouvelles dépenses, nouveaux discours, nouveaux ingénieurs, nouveaux panneaux brillant au soleil comme des promesses électorales. On applaudit. Jusqu’au premier jour gris.

Car le soleil, lui non plus, n’est pas toujours présent. Dans certaines régions, il signe rarement la feuille de présence.

Alors on réfléchit encore. On organise des commissions, des sous-commissions qui cogitent… On produit des rapports, des contre-rapports. On change les plans, on change les mots, on change les responsables.

Et pendant ce temps-là, ceux qui fabriquaient les voiles regardent couler leurs ateliers, ceux qui faisaient les moteurs boivent la tasse, ceux qui posaient les panneaux attendent l’éclaircie.

Finalement, le bateau n’avance plus vraiment.

Alors, le capitaine, très sérieux, annonce : Mes amis, il nous reste une solution simple, écologique, populaire et participative : la rame.

Et voilà tout le monde aux avirons. On rame.

On rame beaucoup.

On appelle ça une transition.

Mais vu du pont inférieur, ça ressemble beaucoup à la France.

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Je suis hors-n’homme. Un neuroatypique à dominance dyslexique atteint d’aphantasie : incapable de fabriquer des images mentales et de se représenter un lieu ou un visage. Mes facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau et mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Si vous remarquez une faute, merci de me la signaler : association.entre2lettre@gmail.com

12 réponses

  1. Avoires dit :

    Comme le souligne Béatrice, nous sommes aussi responsables de la dérive dans laquelle nous sommes puisque nous avons voté pour des incapables.
    Cette dérive engendre de l’angoisse, de la tristesse, du désarroi, de la pauvreté, de l’ignorance. La culture et toutes le enchantements qu’elle nous procure s’en trouvent affectés.
    Heureusement, il y a le blogue de Pascal !

  2. MICHEL-DENIS ROBERT dit :

    Les statuts de l’Union Européenne ont été écrits par un ancien nazi et un banquier.
    Tout s’explique.

  3. 🐁Souris verte dit :

    C’est la valse hésitation…
    Nous étions perfomants sur les moteurs ‘diesel’ a cause des écolos – qui savent eux ce qui est bon pour nous – nous voila dans les mains de la fée électrique…. l’Allemagne a appuyé sur le champignon sauf qu’elle rétropédale pour ses voitures maintenant qu’elle a tout faut arrêter dans les marques françaises..idem pour la fermeture des centrales nucléaires… donc eux ont été obligés de reouvrir les centrales à charbon nous ‘offrant ‘ ainsi la possibilité de de faire de même avec les nôtres quii doivent être beaucoup moins polluantes qu’il y a une trantaine d’années quand on les a fermées sans doute ou alors ? Cherchez l’erreur ! On a perdu la guerre mais on gagnera l’a guerre économique… c’est ce que nos ‘ voisins ont dit au siècle dernier… ils tiennent parole…
    Le gourvernement répond à une soumission européenne qui est loin de nous être favorable ça certain…

  4. Je partage pleinement votre avis, Pascal. Tout cela révèle une profonde incompétence à certains sommets que nous ne nommerons pas. Mais cela met aussi en lumière notre propre renoncement collectif : celui de déléguer notre pouvoir, notre discernement et parfois même notre consentement à des dirigeants persuadés de maîtriser le cap, tels d’orgueilleux capitaines du Titanic.

    Ce que nous traversons ressemble à un effondrement systémique, qui dépasse largement le seul domaine que vous évoquez aujourd’hui. C’est une crise de gouvernance, de lucidité, mais aussi de conscience — individuelle autant que collective.

    Peut-être faudra-t-il effectivement toucher le fond pour retrouver l’élan de remonter. Reste à espérer que nous saurons tirer les leçons de cette époque : comprendre qu’aucune société durable ne peut se construire sans responsabilité, sans humilité et sans conscience du bien commun.

    • 🐁Souris vertr dit :

      Le problème est que les candidats qui se présentent pensent à leur ambition personnelle et oublient ce pourquoi elles se sont présentées. Nous : responsables soit mais pas coupables si elles s’avèrent incapanbes. Et on paye gravement les pots cassés

  5. Antonio dit :

    -C’est à nous, Monsieur, d’aviser promptement aux moyens de sauver des fers une France que nous aimons avec tant de tendresse.

    -Que diable allait-elle faire dans cette galère ?

    De mon petit strapontin, gouverner un pays ressemble beaucoup à du théâtre dont la pièce n’a pas le talent et la vision de Molière.

  6. Michel-Denis ROBERT dit :

    Demain…

    Sur la place éclairée
    Tout le monde danse
    Devant l’indifférence
    Des commerçants affairés
    Le partage muselé
    Interdit les projets
    L’avenir est ficelé
    Seuls importent les sujets
    Vibrant derrière leur masque
    Des temps nouveaux pointent
    Au-delà des décisions fantasques
    Demandés par des mains jointes.

    Poème écrit lors du confinement en automne 2020
    Bonne journée !

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