791e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Je suis à la recherche d’un hier en pleine forme.
Qu’il ait encore de la braise sous la cendre.
J’attends vos propositions.

Notez que je ne peux répondre en privé, qu’aux commentaires liés au dernier et avant-dernier exercice.

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45 réponses

  1. Urso dit :

    Hier oui je m’en souviens bien.
    Vous vous souvenez aussi comme la vie était rose.
    Et bien c’était moi le peintre qui peignait tout en rose : le ciel … les nuages … les trottoirs et aussi les gratte-ciels !
    J’avais une source secrète où je m’approvisionnais lorsque mes stocks de peinture étaient presque à sec.
    Je peignais la nuit, habillé en noir, courant dans toutes les directions avec mes seaux remplis à ras bord.
    Cela me semble complètement irréel de le penser aujourd’hui, car jamais oh non jamais, la police ou l’armée, ou un autre surveillant ont découvert cette activité grandiose de peintre de la Terre. Personne donc ne m’a jamais répéré comme étant l’auteur de cette barbouille géante.
    Qui sait, peut-être, que le commun des mortels devait penser que ce rose étalé dans les villes du monde c’était quelque chose de naturel, comme tombé du ciel ou venant des étoiles.
    Oui hier la vie fut plus belle avec ce rose ambiant à la surface du globe, dans presque la quasi-totalité du monde habité.
    Mais non les enfants, les jeunes, qui n’avaient pas connu ça, n‘allez pas penser ou croire que j’ai aussi mis de la peinture sur les mers et les océans … les forêts, … les montagnes et les volcans …

    Pour ce qui est de la nature, je l’ai respectée et donc je ne l’ai pas peinte : mes seules exceptions ont été, comme je l’ai dit, de donner quelquefois des coups de pinceau sur le ciel et les nuages et de les rendre pas saoul mais rose. Glou Glou comme dirait l’autre.
    Donc la nature je l’ai laissée telle qu’elle était. Cela aurait été un sacrilège de ma part. Je m’en tenais donc uniquement à l’urbain, les cités et les villes. Et croyez-moi j’en ai eu du travail avec cette peinture rose.
    Aujourd’hui ayant pris un peu de repos, car mes os commencent à craquer, je me considère vraiment, réellement, sans modestie, comme un bienfaiteur de l’humanité. Car, avec ce rose, je pense avoir rendu, à toutes et tous, la vie un peu plus joyeuse de ce qu’elle est en temps normal. En recouvrant ce qui nous entoure avec ce rose bonbon et flamant dont j’ai le secret.

    Et oui que voulez vous le hier c’était hier et aujourd’hui c’est aujourd’hui.
    Le hier était plus beau avec ce rose dominant.
    Actuellement c’est un cousin germain qui a pris la relève et lui il a préféré tout repeindre en vert pomme Golden. Et puis la source de cette couleur ce n’est plus la même.
    Le vert Golden personnellement je n’accroche pas trop.
    Alors lorsque je veux revoir le rose de hier, pas la ville, oui hier, je prends mes clic et mes clac, je me tourne un peu sur moi-même, et je reviens en arrière revoir hier.
    Oui à hier, j’y retourne de temps en temps. J’y fait des séjours brefs ou pas brefs.
    Cette fois-ci je vais peut-être y rester un peu plus de temps.
    Et pourquoi pas pour la vie entière et m’inonder, m’asperger, m’envelopper de ce rose-rose.
    Egalement il faut que je repense à mes seaux car avec le temps le rose s’en va.
    Je cours et recours alors la nuit durant avec mes seaux de peinture rose, repeindre le joli monde de hier.
    Et au matin je suis heureux de retrouver ma copine qui est fleuriste, lui offrant toujours les mêmes fleurs. Toujours 3 roses couleur lilas. Je le sais qu’elle doit peut-être le penser, que je suis un peu fou, de lui offrir tous les matins ces 3 roses. Et pourtant elle reste, elle reste toujours avec moi, toujours là et présente.
    Oui oui je l’aime bien, je l’adore !
    Tiens tiens, je la reconnais cette chanson, c’est la vie en rose de Edith Piaf.
    Oui hier je vais y rester, toujours, éternellement, pour ne plus m’en aller, ailleurs, je ne sais où !
    Hier hier qu’on y est bien, avec ce rose et ce sourire unique et tellement réconfortant de ma copine fleuriste !

  2. Même si vous trouvez un hier sous la cendre, vous ne pourrez pas le prendre à deux mains… à moins qu’il ne soit feu! Mais si par hasard, vous découvrez un avant-hier, alors vous créerez un précédent. Il faut laisser du temps au temps…

  3. Anne Le Saux dit :

    L’annonce est apparue sur le site allovoisins.com ce lundi matin
    « Je suis à la recherche d’un hier en pleine forme. Qu’il y ait encore de la braise sous la cendre.
    J’attends vos propositions. »
    Margot était sceptique. Un hier en pleine forme avec de la braise sous la cendre ? De quoi pouvait-il bien s’agir ?
    Une personne âgée à la recherche de sa jeunesse égarée ? Une personne malade, incurable et nostalgique ? Un adolescent féru d’histoire ? Un ancien combattant dans un dernier tour de piste ?
    « FeuRouge », l’émetteur du message ne mettait pas sur la voie.
    Margot suivit son intuition et répondit :
    « Cher(e) FeuRouge, je vous propose de vous armer de pinceaux et de repeindre les murs extérieurs de votre maison en bleu, couleur du ciel. Pour les murs intérieurs, je vous conseille du vert dans les pièces de vie, du rose dans les chambres et du jaune dans la salle de bains et les WC. Vous pouvez ignorer cave, débarras, garage et grenier. Vous évitez de peinturlurer votre chien ; il pourrait faire une allergie. Pendant les travaux, vous n’oubliez pas de vous étirer, de vous hydrater et de vous nourrir sainement. En contemplant le résultat, vous allez vous sentir en pleine forme. Hier aura perdu ses couleurs moroses. Aujourd’hui et demain seront éclatants de dynamisme et de joie. Donnez-moi de vos nouvelles. Je suis impatiente ! ».
    « PS Pourquoi ne pas changer votre pseudo. Avec FeuVert vous devriez déjà vous sentir mieux »

  4. Avoires dit :

    Pierrot et Jacot se rencontrent à l’angle des boulevards de la République et de la Liberté. Ils ne s’étaient pas vus depuis un bon bout de temps.
    « Salut Jacot ! Comment vas-tu , ça fait un bout de temps qu’on ne s’est pas vus
    – Depuis Efacerev, tu sais la lessive qui efface tout. Tu me mettais en garde et je t’avais répondu que j’étais insomniaque…
    – Ah oui, je me rappelle, mon pauv’Pierrot, tu dors toujours pas ?
    – Toujours pas, mais laiss’tomber répondit le pauv’ Pierrot..
    – Je te trouve bien triste. La nouvelle année n’a pas bien commencé ? Qu’as-tu mon Pierrot ? Est-ce que je peux t’aider ?
    – Je suis à la recherche d’un…d’un…d’un hier en peine forme 
    – Quoi ? Tu recherches un hier. Tu préfères pas des lendemains qui chantent ?
    – Il faudrait encore que le présent nous y prépare .
    – Et tu crois qu’un hier en forme changerait la donne ?Tu devrais faire une cure de sommeil Pierrot, tu as des idées…bizarres. Un hier en pleine forme ! Un hier en pleine forme  !ricanait Jacot
    – Oui, et qu’il ait encore de la braise sous la cendre, poursuivit Pierrot
    – Hein, un hier qui a de la cendre sur la braise ? Tu débloques Pierrot
    – Mais non, tu ne comprends rien Jacot. Je voudrais un hier, le contraire du lendemain, un avant-présent.
    – Mais ça n’existe pas ! Je peux te proposer un avant-demain ou un après-hier, c’est plus original et ça revient au même
    – Je ne veux pas de l’original, je veux du hier persista Pierrot
    – Et en pleine forme qui plus est ! répartit Jacot. Tu le veux arrondi, carré, rectangulaire, triangulaire, ventru, bedonnant, ton hier, en forme olympique ? La forme trapézoïdale est pal mal non plus. Il faut aussi qu’il soit braisé sous la cendre ?
    – Ne te moque pas Jacot
    – Écoute, mon vieux, ce que tu recherches est impossible à trouver.
    – C’est ce qu’il me semble renchérit Pierrot.
    – Tu as de la mémoire ?
    – Euh…oui, je crois
    – Et bien, souviens-toi des bons moments, ça devrait aller. »

  5. PEGGY dit :

    Je suis d’accord c’est moins personnel, et surtout le plus important, grâce à l’écriture manuelle, des documents inestimables ont ressurgi. Cependant aujourd’hui tout va plus vite, à la main, on est obligé de s’appliquer, bien réfléchir avant de tracer les mots, tu vois comme c’est long…Bon, assez discuté, je te laisse redormir tranquillement dans le tiroir.

    Quand même ! Et si je réessayais ?
    Ouvrir la bouteille d’encre, remplir le stylo, retrouver ces gestes oubliés. La plume glisse agréablement sur le papier, mais l’habitude s’est perdue. Cela fait longtemps que je n’ai plus écrit à la main et j’ai du mal à former de jolies lettres. Il faut prendre son temps, réfléchir avant de coucher les mots sur le papier. Je rédige des vœux pour un mariage sur un vélin pur coton d’une douceur exceptionnelle et une texture soyeuse qui fait chanter la couleur de mon encre.

    La sensation est si agréable à retrouver !
    Il m’a fallu un temps fou pour rédiger ces quelques mots, mais le résultat en valait la peine !

    J’ai remis le stylo dans le tiroir en lui promettant de le sortir plus souvent, sachant que je ne tiendrai peut-être pas parole.
    Je suis d’accord c’est moins personnel, et surtout le plus important, grâce à l’écriture manuelle, des documents inestimables ont ressurgi. Cependant aujourd’hui tout va plus vite, à la main, on est obligé de s’appliquer, bien réfléchir avant de tracer les mots, tu vois comme c’est long…Bon, assez discuté, je te laisse redormir tranquillement dans le tiroir.

    Quand même ! Et si je réessayais ?
    Ouvrir la bouteille d’encre, remplir le stylo, retrouver ces gestes oubliés. La plume glisse agréablement sur le papier, mais l’habitude s’est perdue. Cela fait longtemps que je n’ai plus écrit à la main et j’ai du mal à former de jolies lettres. Il faut prendre son temps, réfléchir avant de coucher les mots sur le papier. Je rédige des vœux pour un mariage sur un vélin pur coton d’une douceur exceptionnelle et une texture soyeuse qui fait chanter la couleur de mon encre.

    La sensation est si agréable à retrouver !
    Il m’a fallu un temps fou pour rédiger ces quelques mots, mais le résultat en valait la peine !

    J’ai remis le stylo dans le tiroir en lui promettant de le sortir plus souvent, sachant que je ne tiendrai peut-être pas parole.

  6. mijoroy dit :

    — Aujourd’hui, tu comptes aller où ? gémit le genou.
    — Au lit, non ? soupire l’épaule.
    — Sérieusement ? crie le dos. Vous me lâchez tous en même temps !
    — Eh, c’est la vieillesse, marmonne le mollet. Et arrête de nous tirer, de nous pousser au bout du bout de nos limites.
    — Nous avons eu un « Avant », hélas, hein ? râle le cœur. Avant, je battais la chamade ! Maintenant je ronchonne juste.
    — Toi aussi le moteur de la vie, tu veux quitter le navire ? ironise le mental. Eh bien, moi, je tiens la barre. Je vous soutiens tous, même quand vous vous débinez.
    — Merci… à vous tous, vous faites ce que vous pouvez, souffle le corps entier. Mais c’est dur, vous savez, je m’épuise…
    — Allons, pauvre bichon !? Je trouve ça drôle ! Un corps qui grince, un cœur qui bougonne, et moi, le mental, seul à ne pas flancher. Allez : on se redresse, on respire, on avance. Même si ça craque, ça brûle, ça gémit… la braise sous la cendre, les gars, c’est moi qui l’entretiens. Tant que l’cœur bat, tout va.

  7. CATHERINE M.S dit :

    Je suis à la recherche
    D’un hier en pleine forme
    Comme si j’allais à la pêche
    A quelque chose d’informe
    A un souvenir lointain
    Qui ressemblerait à un petit matin
    Une paire de rideaux en voile
    Flirtant avec quelques étoiles
    Une brise qui rafraîchirait l’atmosphère
    Et n’aurait rien d’autre à faire
    Des draps froissés
    Des oreillers écrasés
    Des vêtements oubliés
    D’autres par terre
    Un souvenir si près, si loin
    Un souvenir coquin
    Un hier joyeux
    Un hier heureux
    Un hier facétieux
    Qui se moque de demain
    Il est bien plus malin
    Il sait bien qu’il ne sert à rien
    De changer les règles du jeu
    Hier est révolu
    Il ne reviendra plus
    Inutile d’insister
    Ça n’a aucun sens
    Il appartient au monde de l’absence
    Mais avec une telle présence…
    Impossible de l’oublier.

  8. iris79 dit :

    Je suis à la recherche d’un hier en pleine forme.
    Qu’il ait encore de la braise sous la cendre.
    J’attends vos propositions.
    Bonjour,
    Je pense pouvoir répondre à vos attentes. J’ai là devant moi un hier qui pourrait vous satisfaire. Il a la particularité de se régénérer continuellement et ne perd rien de son éclat et de sa forme. Il semble fait de plein d’amour, de sérénité et de calme et il étincelle de sa toute-puissance. Il fait un bien fou à celui qui le regarde et connaissant ce bonheur rare, je suis prêt à le partager tellement j’en sais les bienfaits. Nous pouvons convenir d’un arrangement. Je cherche depuis quelques semaines à le conserver bien sûr mais surtout à le démultiplier pour pouvoir mieux le transmettre. Maintenant que je sais qu’il reste intact dans le temps et que son souvenir continuellement renouvelé fait un bien fou à moi et à tout ceux qui l’on partagé, je ne peux que vous encourager à venir vous en rendre compte par vous-même. La seule contrainte que j’ai pu sans aucun doute mettre en lumière est que la bienveillance est de mise pour que le feu de ce hier brûle en permanence et infuse dans le présent et l’avenir.
    Venez avec un flambeau, il sera ainsi plus facile de vous le passer.
    Bien à vous
    Chaleureusement

  9. Rose Marie Huguet dit :

    J’y crois pas ! Elle est en quête de ce qu’elle porte en elle ? Eh oh ! J’suis là ! Même si tu cherches à me noyer, mes braises sont incandescentes. Ho ! Tu m’écoutes ? Je suis ton hier avec ses braises.
    Pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Tu ne te rends pas compte que ta demande est des plus étranges et impossible à satisfaire ? Comment veux-tu utiliser le hier de quelqu’un d’autre ? Complètement farfelu !
    Ouvre donc tes chakras au lieu de vouloir vivre au travers des autres. Tu te rappelles cette promenade pendant laquelle ton cœur se pinçait, un sourire s’esquissait, tes yeux brillaient ?
    Pourquoi as-tu refermé les vannes ? La braise était prête à rugir ! Ce que tu peux être timorée. Tu me fatigues.
    Je te rappelle que tu as plusieurs couches de braises bien vivantes, en pleine forme, prêtes à te propulser vers un nouveau demain ? Ça en fait des strates, mais tu préfères fermer les yeux et reporter à plus tard ton grand ménage en quêtant des hiers inconnus.

    Tu me fais penser à un cheval avec ses œillères. Arrête de rêvasser. Tu n’es pas la Belle au Bois Dormant et aucun prince ne viendra te délivrer avec un gros bisou.
    Alors, remue ton popotin et fonce ! Concrétise tes rêves, termine ce que tu as commencé et mis de côté. La braise ne s’éteint pas, il suffit de la réactiver.

    Allez hop ! Chaud devant !

  10. Coriandre dit :

    Au cabaret « Le paradis des zygomatiques », un humoriste de talent se produisit.
    Salle comble, rires communicatifs, succès garanti. Sa prestation était géniale car Monsieur Comick vivait son sketch intensément, il gesticulait sur scène en singeant une péronnelle qui déversait des lapalissades tout en jouant les femmes savantes.
    L’hilarité était à son comble quand un incident fit tout basculer…

    Le show man commenca à balbutier, redoubler de grimaces, lancer ses bras en direction des spectateurs comme pour les inviter à monter sur les planches.

    Cette nouvelle séquence faisait-elle partie de son numéro ? Certains ne se posèrent même pas la question en continuant à se tordre de rire, seules quelques personnes avisées reconnurent un symptôme beaucoup plus inquiétant…

    Alors que l’amuseur public restait à terre, un spectateur, infirmier de son état,appela les pompiers.
    Arrivée à l’hôpital, diagnostic : AVC
    Oui, ce chaos cérébral avait terrassé ce pauvre professionnel qui se trouvait au zénith de son art !

    Cet ouragan lui fit perdre la parole mais sa mémoire et ses capacités intellectuelles restèrent intactes.
    A l’affiche, les habitués ne retrouvèrent plus leur humoriste préféré…

    Alors que Monsieur COMICK avait gardé tout son humour et que brûlait en lui un feu inextinguible, il décida de remonter sur scène en faisant du mime.

    Les clients affluèrent à nouveau pour le découvrir dans son nouveau rôle.

    Alors que tout semblait noir, fini à jamais, une flamme l’anima.

    La résilience n’est-il pas l’art de naviguer dans les torrents ? Boris Cyrulnik.

  11. ourcqs dit :

    Trouvé quelques braises d’un hier immobile endormi, , tapi sous les cendres . Il respire encore, un souffle léger pour un réveil en douceur .Des idées s’envolent, des images se forment, commencent à bouger, et tout à coup les flammes s’élèvent, émergeant des scories de la veille.
    Prêt pour demain, en forme, débarrassé de l’inutile …

  12. Alain Granger dit :

    A plus de 80 ans, grand-mère Chardon piquait encore. Certes, quelques poils drus piquaient lorsque je l’embrassais, mais elle piquait surtout par sa vivacité d’esprit. Ma mère hésitait à s’y frotter avant de se prendre une réplique, une pique bien sentie dans les oreilles. Mon père ne s’y aventurait pas, certain d’engendrer les foudres de l’ex patronne d’une guinguettes sur les bords de la Marne sur son gendre. Sa douceur m’était réservée ; sa tendresse et sa générosité aussi. Je lui dois mon premier vélo « Mercier » de couleur bleu électrique.

    Chez elle, il y avait de la braise sous la cendre au sens propre du terme. Pas de chauffage central avec des radiateurs. Un simple fourneau à charbon chauffait les deux pièces de son appartement. Allumer son vieux fourneau était un véritable rituel. D’abord le papier journal savamment froissé. Puis des morceaux d’une cagette à légumes récupérée chez l’épicier. Lorsque la cagette avait atteint la bonne combustion, quelques boulets d’anthracite étaient adroitement posés dessus afin de ne pas étouffer le foyer mais suffisants pour se faire lécher par les flammes et les braises. Lorsque la combustion du charbon avait prise, grand-mère pouvait remplir la bouilloire encastrée dans la fonte. De temps à autre, grand-mère Chardon déplaçait un ou deux cercles métalliques pour accéder au ronronnement du foyer et manipuler les boulets restés de côté avec son pique-feu. Le soir, quand elle laissait mourir le foyer, elle m’accordait le privilège de récolter les cendres et de les descendre à la cave et de remonter du charbon dans une sorte de broc métallique. La descente d’escaliers qui menait à notre cave me faisait peur. On racontait des histoires sur un « Patère » qui enlevait les enfants pas sages. J’aimais cette sensation de peur. Je revenait tout fier de l’avoir dépassée avec le seau à charbon rempli, pour me coucher bientôt sous l’édredon épais à côté de grand-mère. Ça sentait un peu la pommade camphrée mais ça ne me gênais pas. Avec le froid sur le bout du nez, je dormais comme un loir. Le matin, grand-mère me laissait dormir jusqu’à ce que l’odeur du chocolat chaud vienne titiller mes narines et me donner l’envie de la retrouver ainsi que le pain beurré et confituré dans la cuisine.

    Un jour grand-mère fut agressée dans sa montée d’escalier par un jeune homme qui voulait lui arracher sin porte-monnaie Elle le tenait toujours à la main en visitant les commerçants du quartier. Loin de se démonter, grand-mère hurla : « Au secours ! » et garda ses ongles enfoncés dans le cuir de son petit trésor. Malgré ses 25 ans, le voleur ne put le lui arracher. Lorsqu’il entendit des voix répondre à l’appel de sa victime, il préféra s’éclipser. Chapeau bas, grand-mère Chardon. ! Mon hier était en grande forme. Dommage que ce présent de bonheur ne soit pas demeuré longtemps mon futur.

    • Béatrice Dassonville dit :

      Un bel hommage à cette Grand-mère ! 🙂

      • Alain Granger dit :

        Merci Béatrice . Pour ma part j’ai aimé l’expression que vous avez utilisé: « … un reste de nuit insiste ». j’aime cette personnalisation d’un élément naturel. Bravo

    • Nicolas Thebault dit :

      Bravo cher Alain. Ton texte me rappelle qelques souvenirs de chez mes grands-parents, la cave à charbon, la cheminée en continue et … le vélo Mercier 😊

      • Alain Granger dit :

        Merci Nicolas. Concernant ton texte, J’ai bien aimé ton optimisme dans l’utilité du présent et l’avenir des « vieux » et bien sûr ton expression: « … je vois par la fenêtre de ton âme, à travers ton regard vers moi, la lumière d’un souffle nouveau ». Bravo!

  13. Gilaber dit :

    Au seuil d’hier

    J’ai le sentiment d’être comme un bernard-l’ermite, d’habiter un aujourd’hui fatigué, qui ne serait pas le mien. Cela me pousse à la recherche d’un hier en pleine forme, pour l’habiter en pleine conscience et le vivre dans la lumière. Pour cela, il faut qu’il subsiste encore de la braise sous la cendre, afin d’embraser ma journée d’un feu de joie.

    J’attends… mais, pour l’instant, rien ne pointe au-dessus de la ligne d’horizon, bouchée par de gros et lourds nuages sombres. Je n’ignore pas que le rayonnement se cache derrière ce rideau cotonneux et obscur, au travers duquel rien ne filtre. Mais j’attends que ce triste voilage se déchire pour laisser enfin paraître la lumière. Rien. Pas même le souffle d’une brise légère pour dégager l’éther.

    Où puis-je trouver d’autres propositions pour parvenir au bout de ma quête ? J’attends ! Mais c’est le vide sidéral qui s’ouvre devant moi, et ma patience a des limites…

    Jadis, je me suis longuement promené sur la jetée. La brume qui m’enveloppe aujourd’hui est chargée de la même odeur d’embruns iodés qui flottait alors dans l’air. Je cherche à croiser le regard bleu azur de cette inconnue qui m’avait souri sans rien demander en échange. Je revois la foule massée au bord du quai ; des bras en émergeaient, agitant les mains et des mouchoirs en guise d’au revoir.

    Aujourd’hui, j’ignore encore quelle était la destination de ce paquebot. J’ai toutefois en mémoire la phrase lancée par un vieux monsieur qui essuyait ses joues ruisselantes de larmes d’une main tremblante, aux doigts déformés par l’arthrose :
    — Je ne reverrai pas mes petits-enfants avant longtemps !

    Il s’en est allé, le dos voûté, comme si son chagrin pesait sur ses épaules. Un homme lui tenant le bras semblai l’accompagner dans sa douleur.

    Moi, j’attends que le voile se déchire. Et si c’était moi qui devais souffler ? Provoquer un infime déplacement — prendre une décision — avancer d’un pas, ou tout simplement exprimer un refus ?

    En somme, j’attends et j’exige… mais qui suis-je pour avoir de telles prétentions ?

    Je suis pourtant conscient d’être à un endroit juste, mais inconfortable : là où les voix se superposent au point de brouiller la mienne. Comme la journée passait sans que rien ne bouge et que l’angoisse gagnait du terrain, je n’ai pas eu d’autre choix que de me rendre au commissariat pour déclarer la disparition de mon hier radieux.

    À l’énoncé de ma requête, le policier posa sur moi un regard inquisiteur. Me percevait il comme un trublion venu semer le désordre dans l’antre des forces de l’ordre, où semblait régner la paix chez ceux chargés de préserver la nôtre et dont ils sont les gardiens ? Après une courte réflexion, il me dit :
    — Si je résume ce que vous venez de me dire, et dans la mesure où j’ai bien saisi chacun de vos mots : aujourd’hui, vous déposez un avis de disparition pour hier, et cela ne peut pas attendre demain… parce que c’est urgent ?
    — Oui, c’est un peu ça.
    — Comment ça, un peu ? C’est ça ou ce n’est pas ça.
    — Non… enfin, oui ! Mais le hier que je recherche doit être en pleine forme, un hier merveilleux… le meilleur que nous ayons vécu.
    — Comme aujourd’hui, par exemple ?
    — Ah non, pas du tout… puisque nous sommes aujourd’hui.
    — Mais demain, il sera hier. Quelle importance, puisque vous recherchez un hier ? Vous le tiendrez avant qu’il ne disparaisse, comme les précédents.
    — Ce que vous me proposez là, c’est un hier instable, fluctuant, incertain. J’y perçois un hier rapiécé, aux coutures fragiles. Si délicates, qu’elles finiront par lâcher, parce que j’y serai trop à l’étroit. Ce n’est pas du tout la description de celui que je recherche.
    — Mais enfin, monsieur, nos vies ne sont composées que d’une succession d’hiers…
    — Vous cherchez à m’embrouiller monsieur.
    — Pas du tout. Mais je n’ai pas que ça à faire, surtout si vous vous obstinez à rechercher un hier qui ne veut peut-être plus de vous !

    Je restai bouche bée. Il avait sans doute raison. Pourquoi m’obstiner à rechercher un hier pour lequel je ne représentais probablement plus rien ? Derrière moi, une file d’attente s’allongeait, et j’entendis une vieille dame ronchonner :
    — Il verra, celui-là, quand il aura mon âge, que parfois la vie est faite de lendemains qui déchantent…

    J’aurais aimé lui dire que je recherchais mon hier et que je n’avais que faire de lendemains chantants ou non, mais je n’en avais ni le temps ni l’envie.

    Le policier me regardait toujours avec la même curiosité, comme s’il cherchait à lire dans mes pensées. Le doute s’immisçait en moi. Ce qui avait été vécu ne pouvait pas revenir — ou, du moins, pas avec la même intensité, la même saveur, les mêmes couleurs. Alors, à quoi bon courir après une chimère ?

    Cet hier n’existait peut-être plus. Avait-il seulement existé ? Ou pire encore… n’avait-il jamais existé tel que je le fantasmais ? Et si la braise que j’espérais n’était qu’un souvenir entretenu par le manque ?

    À la sortie du commissariat, mes pas me guidèrent une fois encore vers le quai, nourrissant le fol espoir que mon hier tant recherché vienne me taper sur l’épaule en murmurant à mon oreille :
    — Je suis là, et nous allons revivre ensemble cet hier merveilleux qui ne quitte pas tes pensées.

    Mais tel ne fut pas le cas. Un nouveau paquebot quittait le quai pour une nouvelle croisière. Une nouvelle foule s’était rassemblée, agitant des bras et des mouchoirs — toujours le même au revoir.

    En somme, rien ne diffère vraiment d’un jour à l’autre. Aujourd’hui, demain, hier, avant-hier… les jours ne sont que ce que nous en peignons ; nous sommes le pinceau, le tableau et le regard. Certains brillent, d’autres s’effacent, mais tous portent en eux l’écho de nos pensées. Et au bout du compte, ce ne sont pas les jours qui nous traversent… c’est nous qui traversons les jours. Mais en vérité, ils ne peuvent pas exister sans nous. Ils sont aussi des miroirs discrets de notre esprit… et nous, les seuls à nous y refléter. Parce que finalement, les jours passent, semblables et différents à la fois, mais, ils ne nous façonnent pas… c’est nous qui façonnons les jours et ce que nous y voyons dépend de la lumière que nous y posons à un moment bien précis.

    • Béatrice Dassonville dit :

      J’adhère bien à l’idée que « Nous sommes le pinceau, le tableau, le regard ». Par conséquent, créateurs de la qualité de notre réalité. Laquelle est bien « miroir de notre esprit ».
      Merci Gilaber. 🙂

    • 🐁 Sourisverte dit :

      Un avenir qui n’est pas le mien ! Serions nous sous une forme d’emprise ? 🐁

    • Nicolas Thebault dit :

      chaque jour est un départ sans retour possible, l’essentiel est de hisser les voiles, quitte à ignorer la destinatiin finale. C’est la conclusion que je tire de cette belle enquête policière 👍

  14. MICHEL-DENIS ROBERT dit :

    Deux collègues discutent devant la machine à café.

    — T’aurais pas un euro par hasard !
    — Tu crois que mes euros, je l’ai par hasard ? Tu peux y aller, la machine prend la monnaie.
    — Oui, mais pas les pièces de 5 centimes.
    — Bon, ça fait le deuxième café que je t’offre cette semaine. On est le 24 et t’as déjà plus un rond.
    — Merci ! t’es bien gentil, je te revaudrais ça, tu l’sais. Mais, par hasard, t’aurais pas une idée de qui aurait collé ce post-il sur la machine ?
    — Ben non et toi ?… Un hier en pleine forme ça veut dire quoi ?
    — Y a p’têt une faute d’orthographe ! C’est p’têt un hiver en pleine forme !
    — Ca n’a pas plus de sens. C’est peut-être la grande blonde qui chercherait un gars mature, un peu comme toi ?
    — Ah, tu crois ? Et elle aurait mis un hier ? A mon avis elle aurait plutôt mis un demain.
    — Ca dépend comment elle voit les choses ! Vu qu’t’as pas un rond, elle te verrait plus comme un hier ! Le problème c’est la braise. Vu que tu roules en Porsche, elle croit peut-être que tu en as.
    — Ah, tu crois qu’elle serait intéressée ?
    — A mon avis t’as des chances, un gars en Porsche, c’est toujours intéressant.
    — Tu crois qu’elle a de l’oseille, du blé, du flouze ?
    — Peut-être pas elle, mais ses parents.

    Arrive la demoiselle en question. Ils se taisent en lui adressant un large sourire.

    — Bonjour Messieurs, vous me paraissez bien sages ce matin.
    — C’est qu’on réfléchissait.
    — Ah, ça vous arrive !
    — Bah, on se demandait qui a pu mettre ce post-il en évidence, il me semble avoir reconnu ton écriture !
    — Ca, effectivement, c’est mon écriture !
    — Et tu cherches un hier, c’est quoi ?
    — C’est le patron qui m’a dit : vu que c’est autour d’un café que fusionnent les meilleures idées. Il ne met pas de caméra mais il aimerait avoir un retour par écrit sur la manière dont on pourrait améliorer les relations dans l’entreprise.
    — Ah bon, par écrit ?
    — Ben oui, on en discute à la prochaine réunion mensuelle. Si vous avez des idées, elles sont bienvenues.

    • Gilaber dit :

      Bien vu ! Bravo, il m’a semblé revoir un épisode de Caméra Café… et d’entendre Jean-Claude Convenant (Yvan Le Bolloc’h) échanger les propos avec Hervé Dumon, le syndicaliste (Bruno Solo), c’est un géniale idée.

      • Michel-Denis ROBERT dit :

        Merci Gilaber !
        Je ne regardais pas trop cette émission. Mais il est vrai que la mise en scène permet beaucoup de liberté d’expression avec des personnages différents.
        Bonne journée !

    • Béatrice Dassonville dit :

      Merci Michel-Denis Robert pour ce texte vivant et original. 🙂

  15. Béatrice Dassonville dit :

    Ces hiers où le matin se lève.

    Ils sont ceux de tous mes matins, de ceux plus que d’autres. Surtout quand les jours deviennent plus longs, quand le printemps frappe au carreau, dans ce surgissement de la vie.

    J’ai le goût des matins, lissés de confiture sur la brioche chaude, de l’odeur du café, de ces heures qui s’étirent nonchalantes, encore toutes imprégnées de lune et de rêves brumeux.

    Sous le store à peine relevé, un reste de nuit insiste : elle est à l’œuvre, mais pour peu de temps. De la lumière des astres, il ne lui reste plus qu’à souffler sur celle qui lui tient obstinément tête — Vénus, ou l’étoile du berger.

    Le jour est dans une sorte d’entre-deux. Il chuchote les voix de la nuit avant de prendre le relais. Tout est silence. La radio est éteinte. Les bruits du monde aussi. Ma mémoire se tait.
    Plus rien n’existe que cette page blanche d’un jour nouveau, neuf.

    Je relève alors le store, ouvre la porte pour accueillir une onde d’air frais. Si le temps le permet, je m’installe sur la terrasse, une autre tasse de café à la main, tandis que la lumière du jour progresse tout doucement. Ma mémoire, toujours en pause, ne feuillette plus ses souvenirs.

    C’est ainsi que j’entends des mouvements furtifs dans les arbres, un pépiement tout doux. À part le coucou, les oiseaux se lèvent tard, comme s’ils retenaient encore un peu de la nuit.

    Qui sait écouter le silence sait qu’il est bavard. Discret comme la braise sous la cendre,
    il contient tous les potentiels de la flamme qu’il faut raviver.

  16. Nadine de BERNARDY dit :

    Madame

    en réponse à votre annonce du Bon Coincoin, je peux vous proposer un hier en pleine forme comme vous le souhaitez.
    J’ai une réserve de braises sous une épaisse couche de cendres provenant des bûches de ma propre forêt de chênes bio garantissant la qualité de mes hier.
    Elles rougeoient d’impatience de renaître pour donner le meilleur d’elles même.
    Si nous faisons affaire je peux vous en proposer un bon kilo, livré à domicile dans une petite marmite bien protégée. Il vous fera retrouver cet hier que vous convoitez ainsi que des lendemains qui chantent.
    Ceci pour la somme de 116 euros 99, livraison et marmite comprises.

    N’hésitez pas à me contacter au 01 25 84 65 33
    Bien à vous
    Mr CENDRILLON
    3 rue Charles Perrault
    29013 BROCELIANDE
    PS :
    ni reprise ni remboursement

  17. camomille dit :

    Madame,

    Pas d’HIER disponible en ce moment dans notre logiciel et les délais de réassort sont aléatoires.
    Nous le regrettons.

    Mais est-ce qu’un AVANT-HIER ferait l’affaire ?

    Nous en avons un fraîchement rentré.
    Deux décennies seulement le séparent du statut d’HIER.
    Certes, le tarif est légèrement supérieur mais nous vous le recommandons.
    Il est propre,
    Il est en pleine forme,
    Quand à la braise sous la cendre… Vous nous en direz des nouvelles !!!
    Son CV « souvenirs » est riche et devrait correspondre à vos attentes de conversations intimes.
    Avec lui, les retours en arrière seront réjouissants et le présent revigoré.
    C’est donc un deux-en-un que nous vous proposons.
    Une affaire quoi !…

    Sachez que vous avez la possibilité de l’essayer pendant une semaine.
    S’il ne vous convenait pas, (ce qui nous étonnerait grandement), nous vous le rembourserions. Cependant, les frais de retour resteraient à votre charge.

    possibilité d’emballage cadeau moyennant supplément
    Paiement par CB sécurisé.

    Alors Madame ?… Séduite ?…

  18. Nicolas Thebault dit :

    Entre2lettres 791

    Je suis à la recherche d’un hier en pleine forme. Qu’il ait encore de la braise sous la cendre. J’attends vos propositions.

    Pourquoi vouloir ressusciter un hier révolu ? La forme de votre aujourd’hui est différente mais tout aussi pleine. Elle est remplie des merveilleux malheurs dont vous avez su faire quelque chose de positif. Plus important encore, tous ces bonheurs partagés qui vivront après vous, dans le cœur des vivants.

    Certes, Il y a peut-être un peu de neige sur votre toit, mais sûrement encore un bon feu dans la cheminée. Si vous entretenez cette flamme intérieure, en éliminant progressivement les cendres, la braise continuera de vivre en vous jusqu’au dernier souffle.

    Tout est différent, à chaque étape de votre vie. D’abord l’âge de tous les apprentissages, puis la performance et maintenant la transmission. Vous sentez vos forces vous abandonner ? Ce ne sont que des muscles. La sagesse est la plus grande amie de la maturité. Le feu crépite toujours dans votre fort intérieur. Nombreux sont ceux qui viennent s’y réchauffer, faire sécher leurs larmes après les tempêtes.

    Et puis, plutôt que de regarder vers hier, vous pouvez bâtir de nouveaux projets d’avenir. C’est le secret de la vie elle-même, toujours se transformer, se projeter, apprendre quelque chose de nouveau, le donner en héritage.

    Bien sûr, ton champ des possibles peut bien passer de cent mille à mille, avec l’âge, entre hier et demain. Cent fois moins, me diras-tu, mais que dis-tu de mille qui s’ouvrent à toi ? Bien plus qu’il n’en faut pour plusieurs vies, c’est la leçon que m’a apprise un quadri amputé qui donnait des conférences sur la joie de vivre 😊

    Ah, mais je vois par la fenêtre de ton âme, à travers ton regard vers moi, la lumière d’un souffle nouveau. Tu as remis du bois dans la cheminée et ton âme reprend souffle et vie.

    Annonce modifiée : être d’hier et surtout d’aujourd’hui, partage son feu intérieur avec la génération vers demain, qui aurait besoin de ranimer sa flamme.

    • Béatrice Dassonville dit :

      La vie est en effet un perpétuel mouvement. Parfois, hier nous semble plus doux, comme un refuge léger et choisi, nous délivrant des poids du présent.

      Aujourd’hui, au contraire, se présente dense, brut, presque lourd. Il nous invite à travailler sa matière, à en extraire l’essence, à polir la gangue pour découvrir la perle cachée en son cœur.

      Merci Nicolas pour ta proposition. 🙂

  19. Jean Marc Durand dit :

    Mon hier, je ne sais plus trop où je l’ai garé. Le bon hier est en moi, le mauvais a été expulsé. Ça représente un fameux pudding dont je ne reconnais plus très bien les ingrédients. Allez, disons le rhum, et les raisins.

    Dans ce temps d’avant, ma pleine forme me faisait courir, j’avais des poumons géants, les pattes de cet animal imaginaire qui me permettait de mastiquer l’espace, pas une flèche, juste une petite pointe têtue et résistante.

    Je ne courais après rien de précis, je pressentais ce et ceux que je fuyais.

    J’aurai aimé une longue queue, comme les gibbons, pour faire l’amour aux arbres. Plutôt qu’une petite grotte.

    Mes yeux complétaient ma panoplie. Je visionnais bien au-delà des horizons entartrés. Rien de rapace chez moi, sauf ce regard perçant sur une volonté planante, un air de se faire oublier pour choper l’essentiel. Et je photographiais mon monde, j’encadrais les doutes et explosait les certitudes.

    Puis vinrent les hublots. Et je ne chantais pas comme certains, ma joie de vivre dans un sous-marin jaune. L’art de survivre au délabrement devint mon quotidien lucide.

    Je bichonnais mes jointures, ne forçait jamais trop sur la pompe. J’évitais tous les excès, toutes les poudres au cerveau, je déambullais ma vie, je surveillais mes formes, jamais trop, jamais trop peu.

    C’est comme ça, si on ne veut pas saborder l’entre deux de sa vie.

    Bien qu’évitant le soleil, ma peau se desséchait. Je me faisais caméléon, tatou, pangolin, petite armure au cœur fébrile.

    Et la braise ronronnait toujours autour d’un autre feu, si possible, un minimum partagé.

  20. 🐁 Sourisverte dit :

    HIER C’EST DEVANT
    Il n’est pas loin cet hier. Ne pas le chercher derrière non !
    Ni devant ! Il est dedans ! Bien emballé dans la boîte cadeau qui nous sert de tête, il attend … il guette le moment où on ouvrira le paquet.
    Si j’ouvre les yeux je vois toujours au printemps les cerisiers en fleurs. L’hiver je sens encore les marrons qui grillent sur brasero au coin de ma rue et j’entends toujours en bas de l’immeuble celui qui se dit aveugle et qui serine son orgue de barbarie.
    Bien sûr me direz- vous ce sont de vieilles chansons mais ce n’est pas toujours ‘qu’il est mort le poète’…
    Alors on va arrêter de se gratter sous nos cheveux blancs hein ! Et andiamo !🐁

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