Quand devient-on écrivain ?

Quand devient-on écrivain ?
Si vous posez cette question autour de vous, on vous répondra souvent : c’est quand on a publié un ou plusieurs livres.
Je ne partage pas cette manière de penser.
Pour moi, on devient écrivain quand l’envie d’écrire ne vous lâche plus. Quand elle survient subitement à un moment de votre vie et que vous ne pouvez plus vous retenir d’écrire. Ce peut être pendant la prime jeunesse ou bien après.

Je vous donne mon exemple.
Javais environ six ou sept ans quand la musique d’un poème lu par la maitresse d’école m’a littéralement séduit.
J’ai tout de suite eu envie d’imiter cette poésie, d’écrire pareillement.
Comme je suis dyslexique, je n’écrivais que phonétiquement, un charabia inintelligible pour tout le monde.
Une honte ! J’ai vite caché mes gribouillis pour ne plus subir les moqueries de mes parents et des enseignants. Mais je n’ai jamais plus perdu mon envie d’écrire. J’ai écrit toute ma vie, dès que possible, et quels que soient les sujets et les genres. L’envie d’écrire ne m’a plus quitté. J’étais devenu écrivain.

L’envie d’écrire est comme la force intérieure et naturelle qui oriente quelqu’un vers le dessin, dès qu’une feuille est devant soi l’envie d’écrire ou de griffonner surgit.
C’est cela devenir écrivain, même si on n’est jamais publié. À partir de du moment où l’envie d’écrire est constante en vous et pour toujours, vous êtes écrivain.
La discussion est ouverte, je ne détiens pas la vérité, j’exprime seulement mon ressenti.

Quel est votre avis sur cette question ?


Je suis hors-n’homme. Un neuroatypique à dominance dyslexique. 
De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau.
Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris.
Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

27 Responses

  1. ROBERT Michel dit :

    L’écrivain est un peintre dont les mots sont les couleurs et la ponctuation, des notes de musique.
    Enfin, je crois !

  2. Merci Mijoroy. Il y a bien de l’envie, de l’invisible et de la fulgurance, dans cette part assumée de vous-même. 🙂

  3. Écrivain est un mot qui définit une fonction. Et une fonction est si éloignée d’un « état d’être ». De celui qui sent, au tréfonds de lui-même, ce feu intérieur, ce magma brûlant.

    L’écrivain est un volcan en activité. Il lui faut libérer sa tourmente incandescente, de manière folle et fracassante, irrépressible. Rendant le sol qui l’entoure extrêmement fertile.

    À ne pas confondre avec l’écri-vain qui est un volcan éteint. Tout au plus, ce dernier libèrera des rideaux de fumée, des crachetons de poussière sur ses pentes endeuillées et ses plaines stériles, car il n’est habité par rien, si ce n’est par un rêve mercantile et égotique.

    L’écrivain n’a pas de rêves marchands. Il ne cherche pas la célébrité. Il n’a rien à prouver et à démontrer. C’est plus fort que lui… IL EST.

  4. FANNY DUMOND dit :

    Bonjour tout le monde ! Éternelle question qui fait débat sur un site d’écriture/lecture sur lequel je suis inscrite. Certains soutiennent qu’écrivain est un métier qu’il faut apprendre comme n’importe quelle autre profession. Ce qui fait débat, c’est lorsque des personnes se présentent comme « écrivain » dès lors qu’elles ont produit une petite rédaction, tandis que moi qui ai 8 ouvrages édités, 1 à soumettre prochainement et 2 autres en cours d’écriture, je me considère comme étant une écrivante, une écrivailleuse. Je sais Pascal que vous allez m’écrire pour me tailler les oreilles en pointe 😉

    Telle que vous, cher Pascal, depuis ma prime jeunesse, bien avant de savoir lire, je suis attirée par les mots et depuis que je sais lire, je suis une « grosse » lectrice. Et comme vous et d’autres, il me prend souvent le besoin, comme une envie irrépressible d’écrire. Aussi, je déniche mon bloc, j’écris une première phrase et je laisse voguer mon imagination en totale improvisation. Finalement, je suis surprise de connaître ce qui était enfoui dans mon esprit.

    Et pour vous faire un clin d’œil, Pascal : je suis qui je suis ! Une artiste, je crois, d’après des tests lors d’une embauche. Ce vocable me plaît bien, finalement.

    Bonne fin de semaine à toutes et tous et au prochain rendez-vous chez l’ami Pascal.

    Fanny

    • mijoroy dit :

      J’aime beaucoup votre expression « une écrivailleuse ». Ma mère me traitait de scribouillarde infernale, je répondais non je fais de « l’écrit travail » du haut de mes huit ans. Dans ma cabane de jardin, je m’étais fais avec une caisse en bois plastifier avec les restes de papier autocollant de la cuisine,mon bureau. J’y restais des heures à écrire travailler 🙂

      • FANNY DUMOND dit :

        Bonsoir mijoroy. C’est bien de ne pas se prendre au sérieux. Eh oui, enfant tranquille, comme moi qui m’inventais des histoires dans ma tête, pour m’évader ! Excellente soirée à vous l’écrit travailleuse ! Les enfants ont toujours les justes mots pour dire leurs pensées, ce qu’ils ressentent et qu’ils sortent comme ça au grand étonnement de leur entourage.

    • JANINE GERSON-PERE dit :

      Fanny, Je rebondis sur une de vos phrases « certains soutiennent qu’écrivain est un métier qu’il faut apprendre comme n’importe quelle autre profession ». Bonne question. Mais quelle est la réponse. ?
      Amitiés

      • Pascal Perrat dit :

        On peut envoyer un enfant qui aime lez foot dans la meilleure école de foot, s’il n’a pas un talent inné ce ne sera jamais un Zidane. Écrivain n’est pas un métier qui s’apprend sur les bancs des ateliers ou les écoles d’écriture. Certains proposent même d’apprendre le métier de poète…

      • FANNY DUMOND dit :

        Bonsoir Janine. Pascal a donné la réponse et j’ajouterai une question : est-ce qu’Arthur Rimbaud  » l’homme aux semelles de vent  » qui a écrit son plus beau poème à l’âge de 16 ans était allé à l’école des poètes ? Il portait ce don en lui et ne savait pas qu’il avait du génie et il a brûlé ses 500 exemplaires édités de  » une saison en enfer  » avant de partir vers une autre destinée.

    • Oui, Fanny, vous allez vous faire « tailles les oreilles en pointe ». Les elfes les portent à merveille et il ne faudra pas vous en plaindre.

      Seuls, les illégitimes ont des choses à vendre et à crier sur les toits. Rien à voir avec la passion et la joie créative.

      Faites vivre l’artiste qui est en vous, pour votre bonheur et le nôtre.

  5. Antonio dit :

    Je dirais que l’écrivain, c’est comme la beauté, il n’existe qu’à travers les yeux de celui qui regarde.
    Pour moi, je suis écrivain quand je vois le travail accompli, publié ou pas.
    Pour d’autres, il faudrait que je gagne ma vie avec pour l’être.
    On ne serait que ce que l’on gagne, sur une fiche de paie, ou à être connu et reconnu ?
    Alors, je me contenterais d’être un « écrivant », celui qui sème sur sa route des écrits vains.

    Au Café de la page blanche je m’étais déjà posé la question, tellement c’était dur à (se) dire : « je suis écrivain ».
    https://lecafedelapageblanche.com/2016/01/12/je-suis-ecrivain/
    😉

    • durand jean marc dit :

      Et c’est là que l’écrivant vint! 😉

    • gottlieb Eléonore dit :

      tellement vrai Antonio je pense que écrire c’est comme ouvrir une porte sur …. et la surprise est derrière et c’est comme un miracle ! on ne comprend pas forcément ce que l’on dit et je relis des textes écrit il y a plusieurs années et l’étonnement est la rencontre avec nos profondeurs! Oh ! tient … j’ai dis ça , je ne le savais pas ou moment ou c’est apparu , comme la peinture , la musique ou tout art , je crois , laisser passer ce qui doit passer et c’est la toute la magie .

  6. durand jean marc dit :

    Le bricoleur dans son coin, à force de passion et de « travail » parvient parfois à façonner quelques merveilles. S’il n’a pas les « diplômes » mais l’envie, il peut se créer une auto entreprise, se créer un réseau de connaissances et de reconnaissance. Ca peut l’aider à mieux vivre mais pas à s’enrichir. Si il a décroché quelques « buvards certifiants », les reins et les poignets solides, il pourra monter sa propre boîte, ouvrager et distribuer ses zoeuvres. D’autres, la plupart, iront bosser en usine pour des productions manufacturées dans le goût du moment.

    Moi, quelqu’un me l’a dit, certainement mon chat, que je resterai toujours bricoleur, et ça me va!

    PS: Oui, parce que mon chat, c’est quequ’un!

    « C’est en écrivant qu’on devient écrevisse et je n’ai pas envie de finir, balancée dans le court-bouillon de la Culture! » Jean de Marque, poète bricoleur du siècle à venir.

    • mijoroy dit :

      J’adore votre citation Jean-Marc 🙂

      • durand jean marc dit :

        Merci mijoroy! Encore une de mes fulgurances à éditer dans mon prochain chef-d’oeuvre. « Pensées au bord et au fond du gouffre » ou Les mémoires du spéléologue égaré dans les couloirs du métro. Bonne journée. Bonne semaine et bonne année!

  7. JANINE dit :

    Bravo pour cette question mon cher Pascal. Comme vous je me suis souvent posé cette question.
    Au départ, pour moi, est écrivain celui (ou celle) qui publie des livres.
    Mais à la réflexion, en vous lisant, et en lisant les commentaires précédents, je m’aperçois que non.
    Si on aime écrire, si on aime jouer avec les mots, si on aime les cahiers et les stylos pour pouvoir noter ce qui vous passe par la tête, si on se relève la nuit parce qu’on a une idée, si on aime aussi la compagnie des livres, alors oui on est écrivain !

  8. Zeller dit :

    Pour moi l’étiquette ne compte pas. Si je n’écris pas pendant un temp, je dessine, je crée et de nouveau j’écris ou j’ai un projet en tête et je fais des recherches.
    Être publié c’est aussi se forcer à mettre noir sur blanc, à corriger, à réécrire. C’est un versant public de l’écriture et bien souvent cela me permet d’en terminer avec un sujet. Sinon je me répète et j’écris indéfiniment la même chose.

  9. ACHILLE Dominique dit :

    Je pense que la question ne sera jamais tranchée. Certains diront qu’on ne peut appeler écrivain que quelqu’un qui publie, d’autres réserveront celle appellation à ceux qui vivent de leur plume. Je suis assez d’accord avec votre vision des choses: ce qui compte n’est pas le simple fait d’écrire mais le besoin, le désir irrépressible d’écrire, quitte à se heurter à l’indifférence, à la moquerie, au rejet.
    Quand je parle de mes écritures, je ne dis jamais que je suis écrivain (pudeur ? timidité ?), je dis que j’écris. Si on me questionne, je développe…

  10. mijoroy dit :

    J’ai eu la même expérience, j’ai entendu la lecture du Pont Mirabeau d’Apollinaire suivi de Chanson d’automne de Verlaine alors que j’étais une adolescente de onze. C’était ma grand-mère paternelle qui sans le savoir venait de semer les graines de l’écriture. Depuis l’envie d’écrire des mots qui sonnent, claquent, dansent, virevoltent ne m’a plus quittée. Bien au contraire cela n’a fait qu’augmenter. Car malicieuse ma grand-mère n’avait de cesse de sortir de sa besace des histoires toutes plus palpitantes les unes que les autres. Elle m’inculquer subtilement les valeurs qui ont fait de moi une adulte autonome et responsable. Etre écrivain, c’est oui cette force invisible, ce besoin fulgurant de prendre un outil scripteur et de raconter les aventures, le quotidien d’être de fiction ou de réalité. Par la suite j’ai découvert Voltaire et Hugo qui eux m’ont appris ainsi que Zola que les mots écrits pouvaient être des armes redoutables. Alors suis-je écrivaine ? Sans aucun doute. Etre auteure reconnue est un autre débat. Merci Pascal de cette question pleine de bons sens.

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