Exercice inédit d’écriture créative 112

Parlez-nous d’un livre que vous avez beaucoup aimé
comme d’un grand cru que vous auriez savouré.

Quelques expressions pour vous mettre en bouche :

Belle jeunesse, c’est franc.

Bien en chair.

Bouffée de petites bulles fines qui amènent la fraîcheur et le plaisir.

Comme il faut, sans excès.

De la tenue.

Du corps

Du tempérament et une belle persistance au palais.

En bouche, on remarque tout de suite

Juste ce qu’il faut.

Il n’offre aucune résistance au palais

Matière délicate.

Mûre et goûteuse.

Nez délicatement fruité.

Nez encore assez timide.

Petite note acidulée.

Plein de rondeurs douces tendres et fruitées.

Qui a de la tenue.

Reste en bouche

Robe pelure d’oignon orangée.

Sur une touche d’amertume.

Touche poivrée en finale.

Toujours à bonne température.

Très belle robe rosée, légèrement orangée.

Un côté serein… chair onctueuse.

Une attaque de fines bulles non agressives avec ensuite un goût franc,

Laisse en bouche une agréable fraîcheur et un bon goût de fruit.

Une chair à croquer

Jolie robe

Puissant

Riche en tanin

À boire rapidement

Notez que vous pouvez transformer et adapter ces expressions pour le besoin de ce jeu

9 Responses

  1. Clémence dit :

     Parlez-nous d’un livre que vous avez beaucoup aimé comme d’un grand cru que vous auriez savouré.

    Après la frénésie d’une fin d’année académique, les plaisirs d’été s’invitaient chez moi : rêver, flâner, siroter, déguster, grignoter……à l’ombre des oliviers, bercée par le chant des cigales et enivrée des senteurs mêlées des lavandes, des lauriers fleurs, des jasmins et des roses.

    Je repensai tout à coup à lui. Lui que j’avais trouvé à la place d’honneur, tel un cru millésimé posé sur un tonnelet de chêne.
    Je repensais à son créateur, nez fin capable de détecter les mille saveurs du quotidien et les transformer en un tourbillon d’arômes.
    A eux deux, ils composaient l’alchimie du bonheur.

    J’allai jusqu’à ma bibliothèque, le ressortis de son rayon, il serait, une fois encore, mon roman de l’été.

    Avec tendresse, je le caressai. Il me rappelait le glacis du verre sans sa froideur. Sa robe, grenat dans sa jeunesse, passait délicatement au rouge tuilé alors que ses touches végétales annonçaient un soupçon de fraîcheur.

    J’en fis distraitement un éventail puis un orgue olfactif au gré des pages. Senteur de papier, senteur de sous-bois ; effluves d’une violette oubliée, picotements d’épices et mots évocateurs : effeuillant, trouille, liberté, Port-Vila, gourmande, amante, .…

    L’ouvrir sans tire-bouchon, l’ouvrir d’un marque page et me délecter d’avance.

    Pour cette cinquième dégustation, je pouvais être rassurée. Le contenu ne serait ni éventé ni bouchonné.
    Il est comme ça, Alexandre, un éternel optimiste.

    Retour sur l’étiquette. Le cépage : déclinaisons d’éternité. Un nom : la plus belle des folies.

    Sans trop d’ostentation, j’admirai le verre de cristal : une coupe sobre juchée sur un pied élégant.

    Temps suspendu, image au ralenti.
    Le breuvage gicle du goulot, écarlate. Les mots explosent d’entrée  de jeu: « Où est la vraie vie ? »

    La coupe est remplie.
    L’histoire se déroule.

    Vivacité, nervosité, les arômes sont sublimes.
    Vivacité, nervosité, le style a de la rondeur.

    Le vin est gouleyant, la caudalie somptueuse.
    Le récit est tour à tour velouté, agressif, parfois âpre souvent ample.

    Une pointe tannique alerte mes sens : des papilles agacées, un cahier rouge en page 35.

    Un vin chaleureux se partage autour d’une table.
    Un livre aimé voyage de mains en mains.

    Les amis arrivèrent , dégustèrent, apprécièrent . Litanie de couleurs et de parfums, de saveurs et d’arômes, de consistances et de sensations.
    Un livre nouveau s’assemblait au gré des interprétations des paragraphes et chapitres et s’inscrivait dans les mémoires du jour.

    Ni bouteille, ni livre pour ces instants. Un feu d’artifice de mille sensations et d’émotions jaillissait d’un Mathusalem  d’exception.

    « Troublés, occupés à rire, ils oublièrent de critiquer… Ils s’engageaient confiants dans l’étroit couloir du bonheur, en croyant aux rhododendrons de leur passion…»

    Une douce torpeur m’envahissait, le livre me tomba des mains.

    Alexandre JARDIN – Autobiographie d’un amour.

  2. Antonio dit :

    J’avais 14 ans. Et comme tous les adolescents qui s’adonnent aux plaisirs des grands, je n’ai pas apprécié alors à sa juste valeur ce grand cru. Parce que les grands croivent, je fais exprès de l’écrire comme ça car à 14 ans je le disais encore comme ça, les grands croivent qu’il suffit de tendre un vers empli d’un tel nectar pour qu’on le délecte à la première gorgée.
    C’était donner de la lecture au cochon de gamin que j’étais. Moi je l’ai trouvé juste… bof !
    « Mouais, pas mal, mais ça pique un peu non ? »

    Aujourd’hui quand j’y repense, je me dis que j’ai gâché le plaisir d’une première lecture d’un tel bouquet de pages. Chaque fois que je débouche sur les premiers vers, j’ai ce regret là, de savoir déjà le bonheur qui m’attend. Tourner les pages, délicatement… et humer les mots avec des yeux grands ouverts. L’émerveillement me prend, des notes d’alexandrins et de proses… oh non, là, oui, un quatrain ?… les phrases coulent dans ma tête et libèrent des arômes incroyables de mon imagination. Je les retiens avant de les avaler pour de bon.

    Et que c’est bon ! Rappelle-toi Barbara il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là. J’ai refermé le livre, j’ai posé mon vers et ses mots sont toujours là, au dos de la bouteille. Rappelle-toi Barbara… Oh Barbara Quelle connerie la guerre.

    Une structure crémeuse, une légère acidité, long en bouche et ces notes empyreumatiques, de tabac sans doute qui lui donne ce caractère. Un éclat brillant, une rondeur de parler qui m’émeut.

    Un vrai poème à chaque page !

  3. Saghey dit :

    Plus de quinze ans après, je m’en souviens encore. J’errais chez ma grand-mère ne sachant pas quoi faire. Je m’ennuyais ferme!
    Par dépit, j’entrepris de farfouiller dans le débarras à la recherche d’une occupation.
    Je découvris une vieille caisse où il était inscrit : A consommer avant le …
    En ouvrant, un lourd arôme boisée s’en dégagea. J’y plongea la main et eu la surprise d’y dénicher un cru datant de 1967. L’année ne me donna pas d’indication, je l’espérais juste gouteux et puissant.
    Par contre, son nom me resta en bouche, comme un écho à ma propre condition : « Cent ans de solitude ».
    Et comme dans un état de manque, je bus avidement la quatrième de couverture. La robe me conquit et je décida de lire ou plutôt de boire l’incipit sans attendre.
    C’est ainsi que je fus véritablement saoule pour la première fois de ma vie. J’inhalais le village de Macondo, ses habitants et je réalisa enfin ce qu’une bonne bouteille pouvait être.
    Depuis ce jour, à l’abri des regards, il m’arrive de replonger dans ce millésime et pour rien on monde je ne regretterai d’avoir connu ce moment de solitude.

  4. L.Hoareau dit :

    Parmi les titres du millésime littéraire 2012, j’ai eu envie d’en déguster un plus particulièrèment. J’ai senti que ce livre diffusé par un domaine très côté serait un bon cru. La robe m’a d’emblée interrogée, et son histoire intriguée. En bouche, j’ai apprécié les notes d’humour, voire d’espièglerie… à m’en faire pétiller les neurones et à m’en provoquer des bouffées de points d’interrogation. Plus encore, je me suis demandée si moi-même je n’étais pas non plus atteinte d’une « questionnite aigüe », une maladie incurable et chronique, comme le personnage de ce cru. Bien que d’une bonne consistance en 280 pages, je ne sais encore s’il vieillira bien.

  5. Sylvie dit :

    C’est l’histoire de deux rois, de l’homme et du chamois : un duel dont j’ai goûté et toujours savoure la puissance et la délicatesse comme celles d’un vieux Bourgogne noble et solennel. Le chamois a la robe lourde, l’homme l’étoffe charpentée. Leurs vies et leurs destins sont une rivalité aux notes boisées, un nectar de finesse qui, au fil des pages, libère des parfums et des arômes de simplicité, de force et de pudeur. C’est la sève brute d’une terre rocailleuse, un fruit d’une maturité parfaite dont je me délecte sans modération. Le ton est simple et juste. C’est une longue attente au rythme lent de la nature, de la vieillesse, de l’amertume, toujours accompagnée d’une touche délicate et éphémère, fraîche et papillonnante, avec une note finale parfumée aux douceurs de l’éternité.

  6. gepy dit :

    Au début, je ne savais à quoi m’attendre. L’étiquetage m’annonçait un cru assez banal, bien que le cépage soit déjà connu par un certain nombre de goûteurs.
    Il me semble, de mémoire incertaine, que c’est mon grand-père maternel qui me l’avait conseillé.
    Je me décidais donc à l’ouvrir par obligation familiale.
    Je l’ai fait, seul, un soir, allongé dans mon lit.
    J’étais adolescent. Je ne me préparais pas à prendre ma première « cuite », loin de là, mais à découvrir de nouveaux arômes, à l’abri du regard de mes parents.
    Rien que par cette sensation, j’étais déjà enivrée.
    Dès la première gorgée, je fus surpris par un effet assez piquant, presque poivré, pour mon jeune palais inexpérimenté.
    Ne pas s’arrêter à la première impression. Je continuais à explorer.
    A la deuxième gorgée, je ressentis de fines petites bulles amenant fraîcheur et plaisir. Je souriais en ressentant la richesse de ce tanin.
    Puis, les fameuses petites bulles me laissèrent un goût franc dans la bouche. Chaque gorgée en appelait une autre. Toutes mes papilles gustatives étaient en éveil. C’était d’un tel tempérament, d’une telle puissance que, sans m’en rendre compte, je le bus rapidement.
    Je me souviens les crises de rire étouffées pendant ma dégustation. C’était tellement nouveau et tellement hilarant. Jamais je n’avais observé une telle robe.
    Aujourd’hui encore, aucun vert breuvage ne m’a apporté autant de saveurs enjouées que la découverte de ce San-Antonio des années 70.
    Hélas, je ne peux que garder en mémoire la qualité de ce cru. Car, vu l’évolution de mes connaissances en œnologie, en débouchant à nouveau cette bouteille, j’ai compris que je ne retrouverai plus jamais un tel parfum de jeunesse.

  7. L.Hoareau dit :

    Parmi les titres du millésime littéraire 2012, j’ai eu envie de déguster le dernier livre de Bernard Pivot, « Oui, mais quelle est la question ? ». J’ai senti que ce livre diffusé par le domaine Nil Editions serait un bon cru. Sa robe m’a d’emblée interrogée, et l’histoire Adam Hitch, journaliste dont la vie sentimentale est ravagée par son addiction aux questions, intriguée. En bouche, j’ai apprécié les notes d’humour, voire d’espièglerie… à m’en faire pétiller les neurones et à m’en provoquer des bouffées de points d’interrogation. Plus encore, je me suis demandée si moi-même je n’étais pas non plus atteinte comme Adam Hitch de « questionnite aigüe », une maladie incurable et chronique. D’une bonne consistance en 280 pages, je ne sais encore si cela vieillira bien.

  8. Smoreau dit :

    J’avais d’abord acheté une année. 2005. 5 ans en cave chez mon libraire. J’aime ça. Puis, c’est le nom qui m’avait attiré « Sur une touche d’amertume ». Il promettait. Je l’avais mis de côté avec soin. Je choisirai le moment. Le bon moment.
    Un soir d’hiver, froid et vent au dehors, chaleur et quiétude à l’intérieur, je me préparai. Comme pour un grand millésime, j’allai le chercher avec solennité. Comme un bouchon, je fis sauter la jaquette. Pour me mettre en bouche, je me délectai de la 4e de couv. Une promesse… Je me préparai à la première gorgée, celle que l’on fait rouler entre palais et langue. Les premiers mots seraient-ils à la hauteur ? Je le humai. Quel arôme ! Je le pressentai « puissant ». L’odeur qui nous prépare à la dégustation. Tous mes sens sont en alerte. Est-ce que je vais découvrir un nouveau bouquet ? Je rêve, j’imagine ces longs moments de plaisir.
    Bien installée, j’avalai d’un trait la première phrase. Oh !
    Pour être certaine, je le humai, testai de nouveau sa robe : le titre, l’auteur.
    Me serais-je trompé de terroir ? D’année ?
    Avec prudence, je repassai sur ma langue les mots ; à voix haute, je les écoutai.
    Bouchonné !

  9. Jean de Marque dit :

    Je ne m’en doutais pas, à l’époque.

    Ce grand livre où s’étalaient nos noms parmi d’autres accouplés sentait la piquette.

    La mariée portait une robe pelure d’oignon et quelques tantes larmoyaient leurs émotions.

    Les mouchoirs paraissaient les plus puissants des bijoux à offrir au voisin.

    Le oui m’était quelque peu resté en bouche. Je m’étais senti, un instant comme une mouche, survolant trop rapidement un lac de vinaigre.

    La vigueur de la jeunesse, j’avais quand même moins de 30 ans, m’avait amené au bord du fleuve de l’amour et ça ne rigolait pas.

    Attiré par les rondeurs tendres et fruités, mon Cupidon n’avait fait qu’un tour de dégustation avant de tomber au fond du tonneau.

    Je n’ai jamais revu le livre. Je n’ai jamais croisé d’autres liés, à jamais pendus à leur moitié …

    Libéré du croquant de la chair à raisin, celui se coinçant toujours entre deux dents… je me suis remis… à boire de l’eau.

    Cet amour là sentait le vieux tanin, le bouche à bouche parcheminé.

    Moi, je cherchai une matière plus délicate à savourer.

    Elle ne pouvait s’inscrire dans ce type de livre.

    J’allais me replonger dans les poésies de mon enfance.

    Ca coulait de source!

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