Exercice inédit d’écriture créative 36

Cette fois, ça ne faisait aucun doute, son ombre prenait de l’embonpoint.
Ses contours étaient déjà potelés et ses rondeurs laissaient présager l’obésité.
Il était temps de réagir.

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6 Responses

  1. Clémence dit :

    Cette fois, ça ne faisait aucun doute, son ombre prenait de l’embonpoint. Ses contours étaient déjà potelés et ses rondeurs laissaient présager l’obésité. Il était temps de réagir. 

    Ce n’est pas ce que l’on croit….

    Comme tous les matins, après mon petit déjeuner, j’allumai mon PC et filai sur mon site préféré. Quel « titre » allait titiller mes neurones ? Ah ……

    «  Cette fois, ça ne faisait aucun doute, son ombre prenait de l’embonpoint. Ses contours étaient déjà potelés et ses rondeurs laissaient présager l’obésité. Il était temps de réagir. »

    – Tiens, tiens ? me dis-je, une ombre, quelle ombre ?
    Je trébuchai ensuite sur son « embonpoint » et son orthographe.Regardez : alors que s’accumulent les rondeurs et les potelés, voilà que le «m» de l’embonpoint perdait un jambage avant le « p » !
    Réagir à quoi ? A une présence subversive, une ombre.
    Réagir à quoi, encore ? à un mal-être général, l’obésité.

    J’en étais arrivée à ce point de mes élucubrations pessimistes , à me demander comment j’allais assembler mes pensées divergentes et « extra-vaguantes » lorsqu’un drôle de personnage s’invita à ma table.

    – Voudrais-tu m’offrir un café ? J’ai envie de bavarder avec toi…

    Quelque peu surprise, je me levai et revins avec deux tasses de café et un silence interrogatif.

    – Je pense comme toi…, me dit le drôle de personnage.
    – Nous ne nous connaissons pas ! Comment pouvez-vous savoir ce que je pense ?
    – Je te connais mieux que toi même ! Je t’observe depuis longtemps, je t’écoute, je…
    – Ce n’est pas possible…
    – Mais si ! Je t’ai accompagnée tout au long de tes lectures ; Et pas n’importe lesquelles…
    – Et qui êtes-vous donc ?
    – Certains m’appellent philosophe ou sociologue, d’autres m’appellent simplement « l’empêcheur de tourner en rond »….
    – Ah, je vois….

    – Je vois comme toi… ces montées en bouffées flasques de l’individualisme, des incivilités, de l’égocentrisme et des égoïsmes, comme des ombres absorbant la lumière…Je frémis en voyant la vie en mosaïque, en zapping et en immédiateté…
    – Difficile d’échapper à ….

    Ne trouvant pas les mots, je me levai et allai préparer deux autres cafés . Je sentais que nous allions en avoir besoin car la suite s’annonçait corsée….

    – Difficile d’échapper à cette société d’aujourd’hui, reprit mon drôle d’invité ….
    – Oui, j’ai l’impression que son ombre se transforme. Elle prend de l’embonpoint, des rondeurs, du potelé….
    – Triste paradoxe.
    – Paradoxe ? …
    – Mmmmm, comment dire ? Le contraste entre les mots utilisés pour parler de son ampleur et la gravité des faits ….Une part d’ombre m’inquiète… l’ombre des mots, l’ombre des doutes, l’ombre des non-dits….
    – Tellement envahissante…
    – Pour ne pas dire : obésité, souligna mon drôle de personnage
    – Oui, l’obésité des corps mais aussi, l’obésité de trop d’avoirs, de trop paraître, de trop de pouvoir.…

    Je restai sans voix, main et tasse de café en l’air. Je regardai la tasse vide sur la table… la chaise vide ….le drôle d’individu avait disparu…..

    Je frissonnai….

    Oui, une espèce d’ombre planait ……
    Il était temps de réagir….
    Rien n’était entièrement perdu….

    © Clémence

  2. Sabine dit :

    Zut, il faut vraiment que je me relise plus sérieusement. Une fois mis le dernier point, je suis toujours trop pressée de poster ma trouvaille. Pascal, voulez-vous remplacer « boucher » par « fermier « s’il vous plaît.
    Merci

  3. Sabine dit :

    Cette fois, ça ne faisait aucun doute, son ombre prenait de l’embonpoint. Ses contours étaient déjà potelés et ses rondeurs laissaient présager l’obésité. Il était temps de réagir.
    – Allez hop ! se dit-il. A l’eau !
    Et il nagea quatre heures par jour.
    – Plus de matières grasses aux repas. Que de la salade et des carottes.
    Et il devint végétarien.
    – Finie la sieste, ça fait du lard.
    Et on le vit courir toute la journée.
    Il maigrit tellement qu’on ne tarda pas à lui voir les côtes.

    Mais le fermier se fâcha :
    – Que veux-tu que je fasse de toi maintenant? Il faut que tu sois bien gros, bien gras. Tu es un cochon d’élevage, tout de même ! Tans pis, puisque tu n’es pas bon pour l’abattoir je vais te saigner, ça fera toujours un peu de boudin pour ce soir.
    ©Margine

  4. marsienfr75 dit :

    Cette fois, ça ne faisait aucun doute, son ombre prenait de l’embonpoint. Ses contours étaient déjà potelés et ses rondeurs laissaient présager l’obésité. Il était temps de réagir.

    Ses jambes et sa tête se ratatinaient, se rabougrissait, sa forme était inhumaine.

    Plus tard, sa hauteur devint déséqulibrée. Il n’était plus un omo sapiens. De quel endroit de l’espace pouvait il provenir ?

    Il ne comprenait plus ; que lui arrivait il ? Se métarmophosait il ?

    Il regardait le ciel en cherchant une soucoupe qui pourrait le récupérer et l’amener sur un monde où il pourrait se sentir comme les autres.
    Son ombre diforme derrière lui, sembalit le trahir. En soulevant les épaules de désespoir, il fut surpris par l’évolution de ce qu’il appercevait traîner dans son dos.

    Alors il tendit un bras devant lui et constata que le soleil avait réduit et s’était rapporoché à un tel point que finalement ‘il était au bout de ses doigts !

  5. Frédérique dit :

    Cette fois, ça ne faisait aucun doute, son ombre prenait de l’embonpoint. Ses contours étaient déjà potelés et ses rondeurs laissaient présager l’obésité. Il était temps de réagir.

    Voilà déjà quelques temps que son ombre semblait s’arrondir. Mais il avait voulu l’ignorer. Renoncer aux douceurs lui paraissait inconcevable. D’ailleurs, tout le monde le sait, l’ombre ne reflète pas la réalité. Elle n’est pas nous même. Juste une projection. Il lui suffisait de se décaler un petit peu et, hop, fin de l’embonpoint. S’il attendait encore, son ombre s’étirerait. Il paraîtrait mince, du moins il en aurait l’illusion. Il se contorsionna, en vain. Pour l’instant pas de doute, ces bourrelets demeuraient bien présents.

    Il allait réagir, bientôt. Enfin, pas la peine de se précipiter, novembre débutait. Les jours racourcissaient. Les contours s’estompaient. Alors son ombre n’allait pas tarder à perdre son embonpoint. Plus exactement, il ne la verrait plus. il ne se verrait plus. Elle se fondre dans la nuit et lui avec.

  6. Antonio dit :

    S’il y en a qui fondent au soleil, son ombre, c’était l’inverse, elle grossissait à vue d’œil.
    Il fallait le voir courir, le pauvre, il traînait son ombre comme un poids qui raclait le sol à chaque pas, tentant de s’accrocher au moindre caillou sur le chemin.
    Rien n’y faisait, même un régime drastique d’une exposition équilibrée ne changeait rien à ses formes de plus en plus rondelettes.
    Alors il s’est mis à les cacher en s’habillant d’amples parasols. Puis, ne supportant pas les quelques apparitions de son double obèse lors des changements de direction, il se mit à vivre la nuit et dormir le jour. Mais parfois, le clair de lune le trahissait encore.
    C’en était trop, du jour au lendemain, il ne bougea plus de chez lui, lumières éteintes. Et ne lui parlez pas de bougies ! La vue de son obèse qui se trémousse derrière le révulsait. Le noir total fut requis.

    Son ombre avait disparu, elle était morte, il l’avait tuée. L’horreur le saisit à la gorge. Il alluma précipitamment toutes les lumières comme on fait du bouche-à-bouche à un noyé. L’ombre ne revint pas elle, ou du moins à lui. Il sortit dehors en courant, ses yeux pleuraient à la lumière du soleil, il tourna tout autour de lui, elle n’était plus là, plus attachée à son corps, elle s’était fondue dans le noir qui l’avait étouffée, ce trou noir qui l’avait avalée.
    S’il y en a qui deviennent l’ombre d’eux même, lui était devenu l’ombre de son ombre, un mort-vivant que la lumière n’atteignait plus désormais.

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