Exercice inédit d’écriture créative 89

C’était un drôle d’oiseau, qui rêvait de vivre de sa plume.
Alors il commença par écrire le roman de sa vie.
Mais il ne réussit qu’à pondre quelques lignes
Il est vrai qu’il était né dans une basse-cour,
c’est tout juste s’il savait battre de l’aile.

Imaginez une suite en tâchant de rester dans le même thème

7 Responses

  1. Clémence dit :

    C’était un drôle d’oiseau, qui rêvait de vivre de sa plume. Alors il commença par écrire le roman de sa vie. Mais il ne réussit qu’à pondre quelques lignes.

    Il est vrai qu’il était né dans une basse-cour, c’est tout juste s’il savait battre de l’aile.
    Il était né, certes, dans un une basse-cour, mais pas n’importe laquelle ! Celle qu’aurait pu chanter Souchon :
    « Une belle basse-cour à bijoux, un poulailler d’acajou où on entend la conversation de la volaille qui fait l’opinion… »

    Enfant roi, il pépiait et tout le monde s’extasiait :
    – On en fera un grand avocat, de ce petit homme !
    École primaire, collège et lycée, il brilla par son plumage : classico-gothico-romantique mais bien peu par son ramage.

    A l’aube de ses vingts ans, il entra à la Fac des Lettres. Il espéra y décrocher le sésame prestigieux qui l’élèverait au firmament de la célébrité.
    Hélas, les amphithéâtres ressemblaient à des nids poussiéreux. Il leur préféra donc les terrasses des cafés de Saint Germain.

    Il se prit à écrire. « C’est en forgeant que l’on devient forgeron », se répéta-t-il pour se convaincre. Il continua « C’est en lisant que l’on devient liseron. C’est en écrivant que l’on devient… »

    Il ébaucha le roman de sa vie, il écrivit à peine un chapitre puis renonça. Il tenta le polar mais il n’aimait pas la violence.

    Un soir, il trouva l’inspiration. A l’instar de Jean de La Fontaine, il se servirait d’un objet transitionnel pour aborder les thèmes sociétaux.
    Il déploya ses plumes à grands battements d’ailes et prit son envol.
    Le monde politique version halieutique. Le monde économique version botanique. La société version minérale. La philosophie version astrologique….
    Il rédigea quelques manuscrits qu’il présenta fièrement à plusieurs maisons d’éditions.
    Toutes refusèrent : trop vieillot, trop avant-gardiste, trop naïf, trop pédant…
    Il tomba tristement du nid…
    « Je suis né avec une cuiller d’argent dans la bouche, me voici le bec dans l’eau… »

    Son orgueil piqué au vif et refusant obstinément tout vol en rase-motte, il se réfugia toute une nuit dans le parc voisin. Il entendit le triste hululement de la chouette et imagina toutes les causes de son désarroi. Au petit matin, il fut réveillé par les joyeux chants des oiseaux et reprit courage. Il se donnait encore une journée pour trouver l’idée de génie qui le transformerait en aigle littéraire.
    -Non, se dit-il, je ne mourrai pas en petit gratteur à plume. Je veux être célèbre !

    Et tout à coup, en regardant deux rouge-gorges triller indéfiniment la même ritournelle, il se dit :
    – Ils ne se comprennent certainement pas puisqu’ils répètent toujours la même chose! Mais pourquoi donc? Ah, mais …. bien sûr ! Ils connaissaient l’air….mais pas….

    Une inspiration aussi grandiose qu’inattendue lui donna des ailes. Il courut s’acheter une valisette en bois et à compartiments, quelques jolies plumes et du papier.

    Il souriait, la vie était belle. Il la tenait, sa célébrité. Elle était gravée sur le couvercle de la valisette en lettre capitales dorées :
    « Écrivain ornithologique public »
    En dessous, en minuscules :
    « Vous connaissez l’air, je connais les paroles. Faisons des chansons. »

    Par un beau soir d’été, quartier Saint-Germain, une fenêtre sous les toits est ouverte, un Titi parisien chantonne…
    « Quand nous chanterons le temps des cerises
    Et gai rossignol et merle moqueur
    Seront tous en fête
    Les belles auront la folie en tête
    Et les amoureux du soleil au cœur
    Quand nous chanterons le temps des cerises
    Sifflera bien mieux le merle moqueur…. »

  2. Geneviève dit :

    C’était un drôle d’oiseau, qui rêvait de vivre de sa plume.
    Alors il commença par écrire le roman de sa vie.
    Mais il ne réussit qu’à pondre quelques lignes
    Il est vrai qu’il était né dans une basse-cour,
    c’est tout juste s’il savait battre de l’aile.
    Chaque matin, au chant du coq et malgré un froid de canard, il prenait sa plus belle plume pour écrire quelques lignes.
    Il était toujours passé pour un oiseau rare, avec son appétit de moineau, et sa tête de linotte.
    Il ne se découragea pas. Il se vit déjà célèbre et se dit qu’il allait pouvoir enfin voler de ses propres ailes!
    On ne le traiterait plus de grand serin, ni de poule mouillée.
    Il travaillait tellement qu’il n’avait plus le temps de siffler comme un merle. Il se couchait maintenant avec les poules!
    Son ouvrage terminé, il se sentit léger comme un oiseau!
    Il rameuta toute la basse-cour mais personne n’apparut.
    Il fit le pied de grue un moment, apercevant bien la tête de quelques oies blanches, et d’un vieux hibou!
    Il dû se rendre à l’évidence, lui qui se voyait déjà comme un coq en pâte, devait changer son fusil d’épaule.
    C’est alors que le lendemain il sauta du coq à l’âne et se mit petit à petit… à faire son nid!
    Geneviève Tavernier

  3. Smoreau dit :

    J’aime les sonorités de ce pastiche
    Il est très agréable à lire, surtout à haute voix

  4. Pierre de Greef dit :

    Drôle d’oiseau (clin d’œil à Mr de la Fontaine…)

    C’était un drôle d’oiseau, qui rêvait de vivre de sa plume.
    Alors il commença par écrire le roman de sa vie.
    Mais il ne réussit qu’à pondre quelques lignes
    Il est vrai qu’il était né dans une basse-cour,
    Et c’est tout juste s’il savait battre de l’aile.

    Il prit donc son courage à deux pattes
    S’exerçant chaque jour à pousser très très fort…
    Vous aurez bien compris qu’il imitait son maître
    En voulant à tout prix chi….. comme un humain.

    N’arrivant pas à pondre les lignes souhaitées
    Il inventa ce jeu qui devait -pensait-il – le sauver :
    « Je sais battre de l’aile… donc me les arracher ! »
    Se dit cet animal qui n’était pas bancal.
    « Je vais donc une à une m’arracher toutes ces plumes »
    « M’en servir pour écrire afin de tout vous dire »
    « Ainsi l’inspiration me viendra comme un trait ! »

    Ainsi ce grand futé d’oiseau bien fuselé
    Se mit à débiter des textes ficelés
    Qui firent sa fierté pendant des jours entiers.
    Je vous livre un extrait de ce qu’il croyait être
    Des feintes littéraires pleines de caractère :

    « O wazoo que je suis, comme je me sens beau »
    « Combien je remercie ce Dieu qui ma donné »
    « Faculté de voler sans presque respirer »
    « Wazoo suspend ton vol, du haut de ces nuages »
    « En remplissant l’espace de vagues très sauvages »

    Vous en avez assez entendu, O lecteur impatient…
    Et… que je vous comprends !
    Mais le fol en question, lui, se croyant bien fort,
    Se voyait déjà Roi d’une vraie Cour sur pattes,
    Proclamant ses louanges en mille dithyrambes !

    Aussi lorsqu’ un beau jour, n’ayant plus qu’une plume,
    bien fatigué d’écrire, son corps tout épuisé,
    il se mit à penser, à se prendre à rêver.
    « Ecrire, ma foi, n’est pas si mal, »
    Se dit notre animal toujours si peu banal ;
    Mais voler pour de vrai et découvrir ce ciel que je décris si bien
    Voilà ce qui serait pour moi, oiseau, récompense suprême.

    Hélas, ce triste sire, gonflé de morgue suffisante,
    Pétri de vanité et d’orgueil insensé,
    Avait fort bien rêvé mais… fort peu réfléchi.
    Aussi, lorsqu’enfin prêt, il voulut s’envoler
    Il dut se rendre à l’évidence :

    Une seule plume sur un seul oiseau
    N’a jamais permis, même à l’aigle royal,
    De s’envoler d’un seul mètre.

    La leçon de cette fable est très simple :
    Pour écrire une belle histoire,
    Ce n’est pas la plume qui compte,
    Mais bien d’abord…la réflexion.

    Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.
    Ah non, çà, c’est de quelqu’un d’autre…
    Pas de plagiat s’il vous plaît !

    Pierre De Greef
    5 août 2012

  5. Antonio dit :

    C’était un drôle d’oiseau, qui rêvait de vivre de sa plume.
    Alors il commença par écrire le roman de sa vie.
    Mais il ne réussit qu’à pondre quelques lignes.
    Il est vrai qu’il était né dans une basse-cour,
    c’est tout juste s’il savait battre de l’aile.

    « C’est un peu court jeune oisillon ! lui lança un oiseau de mauvais augure qui survolait le ciel des Editions Charognard & Co, il va falloir pondre autre chose que ces gazouillis si vous voulez arriver ne serait-ce qu’à décoller ».
    Notre drôle d’oiseau s’efforçait d’écrire, encore et encore, il trempait sa plume dans l’air du temps, du mieux qu’il savait, mais au bout de deux lignes, toujours le même blocage.
    Alors que tout le nid s’était vidé, chacun de ses frères et sœurs ayant déjà écrit les premières pages du roman de leur vie, dans le ciel des éditions Charognard & Co, le dernier des oisillons se résigna à ne pas sortir de son cocon au milieu de la basse-cour.

    Il continua à gazouiller ses brèves sans se soucier des autres, quand il reçut une réponse d’un autre drôle d’oiseau perché à une branche d’un arbre voisin. Ils gazouillèrent ensemble et correspondirent ainsi quelques temps sans quitter leurs nids. Jusqu’au jour ou un autre drôle d’oiseau les suivit, puis un autre, et un autre… de deux ils devinrent des milliers. Même les poules se joignirent aux conversations de cette drôle de communauté qui correspondait en gazouillis de quelques lignes, jamais plus de 140 caractères, pas un de plus, sans que personne ne sut vraiment pourquoi.

    Et tout ce drôle de monde n’en avait que faire, à la barbe des oiseaux de mauvais augure, perplexes dans le ciel des Editions Charognard & Co.

  6. Smoreau dit :

    C’était un drôle d’oiseau, qui rêvait de vivre de sa plume.
    Alors il commença par écrire le roman de sa vie.
    Mais il ne réussit qu’à pondre quelques lignes
    Il est vrai qu’il était né dans une basse-cour,
    c’est tout juste s’il savait battre de l’aile. Pas comme son père qui se tenait fier même les pieds dans le fumier. Il avait fait le coq, le quéqué, pour faire la cour à sa mère, une poule de la ville voisine. Au bal, elle caquetait avec ses copines, des oies pas sauvages. Le premier soir, elle lui avait posé un lapin. Mais à force de bêlements, il l’avait séduite. Amoureuse, elle buvait du petit lait, devenue douce comme un agneau. Ils avaient henni « oui » de concert.
    Mais pas de quoi, écrire un roman passionnant. Il grognait devant sa page blanche. De surplus, il écrivait comme un cochon, laissait comme des pattes de mouche sur le papier blanc. A ce rythme, il ne mettrait pas de beurre dans ses épinards et serait vite sur la paille. Il en avait « mare ». Il ruminait.
    « Allez mon poussin ! Courage ! » Il picora du vocabulaire dans le dictionnaire et plongea dans l’encyclopédie. Les idées se jetèrent sur le grillage de son jugement. Comme un caneton, son imaginaire barbotait dans les images, les sons. Un souvenir venait se nicher au creux de la page. Sa plume glissait. La confiance et la ténacité, les mamelles de la réussite littéraire !

  7. Durand Jean Marc dit :

    C’était un drôle d’oiseau, qui rêvait de vivre de sa plume.
    Alors il commença par écrire le roman de sa vie.
    Mais il ne réussit qu’à pondre quelques lignes.
    Il est vrai qu’il était né dans une basse cour,
    C’est touit juste si il savait battre de l’aile.

    Il prit donc des cours par correspondance
    A l’université des pondeurs de textes.
    N’ayant pas les moyens financiers,
    (il venait d’une très très basse cour),
    Il échangeait ses cours contre des oeufs.

    A force de ne pas vouloir écrire
    De ses propres ailes,
    Il s’enkylosa la patte littéraire
    Et s’atrophia le croupion.

    Les diplômés parisiens
    Se cuisinèrent une grande omelette
    Et comme la morale n’est pas mon fort,
    Le fermier, une veille de communion,
    Trancha dans le vif du sujet.

    Fantaisistement vôtre!

    Jean de Marque.

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