Exercice inédit d’écriture créative 288

ma-mere-etait-comme-ça

Ma mère était comme ça,
mon père était comme ça,
ma soeur et mon frère aussi.

Alors moi, j’ai fait comme si…

Imaginez une suite

29 Responses

  1. ROBERT dit :

    Mon père était comme ça

    Ma soeur et mon frère aussi

    Alors j’ai fait comme si

    Et puis j’ai réfléchi

    Ici pas de chichi

    Autant faire une copie

    Pour la petite pie

    Et son p’tit papa

    Qui n’en avait pas

    Tout ça correspondra

    Comme tu le voudras

    Au jour du pain rassis

    Tu sais celui d’ici

    Qui n’est pas com’ là-bas

    Là-bas y a du combat

    Alors restons ici

    Nous serons mieux assis

    Chacun y aura droit

    Mais là ça ne va pas

    Le droit n’est pas ainsi

    Il ne peut être ici

    Ma mère dit pourquoi pas

    Y’aura pas de passe droit

    Le droit a droit aussi

    A la part que voici

    Mon père dira d’accord

    Il y en a encore

    Mon frère qui n’est pas là

    Ma soeur lui gardera

  2. Gwenaëlle dit :

    Ma mère était comme ça
    Mon père était comme ça
    Ma sœur et mon frère aussi
    Alors moi j’ai fait comme si
    Comme si j’étais comme ça
    J’allais comme je pouvais
    J’allais couci couça
    Je me sentais bancale,
    Équilibriste de ma vie
    Tout en moi luttait pour être autrement
    Pour être moi, moi, Moi
    Mes bas et mes hauts
    Mes peurs et mes joies
    Mes envies
    Mes hauts le cœur
    Je cachais tout
    Et j’avançais comme eux
    Je vivais comme eux,
    je souriais comme eux,
    Je pensais comme eux,
    J’étais eux
    Mes ailes étaient soudées
    Je ne pouvais m’envoler
    Je ne pouvais exister
    Je rêvais en secret
    Je pleurais en secret
    Je n’avais qu’une envie
    Ouvrir la porte vers ma liberté
    Afficher ma vérité
    Un jour j’ai craqué
    Et j’ai sauté

    © Gwenaëlle Joly

  3. Mon père était comme ça, ma mère était comme ça, mes frères et mes sœurs aussi.
    A la maison toutes les questions trouvaient d’emblée leur réponse. A toute demande, l’un ou l’autre répliquait : « C’est comme ça ».
    Et le plus grave, c’est que soi-même, quand on soulevait un problème, ou qu’on rapportait un fait, on avait pris le pli de terminer l’exposé, invariablement par la même sentence : « C’est comme ça »
    S’il arrivait à l’un ou l’autre d’émettre non pas vraiment un doute, mais un « Peut-être que… ?», on voyait aussitôt la famille à l’arrêt, mon père fronçait le sourcil, ma mère stationnait bouche ouverte et geste en suspens, mes frères et sœurs inspectaient leurs souliers avec insistance. On rassurait alors l’assemblée de toute urgence par un « Mais, bien sûr,… » avant de rétablir le statu quo dans un sourire forcé. Et tout le monde poussait un soupir de soulagement.
    Dans cette famille on ne raisonnait qu’au passé pour vanter un référent immuable, au présent pour chanter une harmonie sans faille, et au futur, prolongement obligé de ce présent paradisiaque. Le futur était le temps de conjugaison préféré, puisque seul un avenir plein de promesses pouvait succéder à ce présent parfait. Il était bien sûr réglé par avance, et chacun de nous mis sur les rails de la réussite programmée dans ce « meilleur des mondes possibles », auquel il ne fallait surtout rien changer. Aussi, les projets d’avenir tout tracé allaient bon train.
    Mais moi je me sentais mal à l’aise dans ce futur là.
    Alors je me mis à faire comme …si…
    Si… Un tout petit mot qui ouvrait la porte des possibles, et un nouveau temps de langage, le conditionnel, un temps où les choses n’étaient plus ce qu’elles semblaient être mais prenaient la tangente de l’imaginaire. Un temps qui me faisait signe. Ce sésame ouvrait sur des mondes parallèles. Et j’explorai ce continent de la pensée dont j’avais tout à découvrir.
    Alors les paperasses de bureau devinrent pages volantes, les sinistres tableaux de comptabilité des mots vagabonds, les « main-courantes » stériles des histoires à dormir debout. Les murs s’écartèrent, se percèrent de trouées sur le ciel. Les pieds restèrent au sol mais la tête se promena ailleurs. Ailleurs, maître mot.
    J’étais partie.
    Je m’étais trouvée.
    Et c’était comme ça.

  4. Peggy dit :

    Ma mère était comme ça,
    mon père était comme ça,
    ma soeur et mon frère aussi.
    Alors moi, j’ai fait comme si…

    Mais à force de faire comme si,
    Je me suis retrouvé comme ça.
    Ne croyez pas que me voici
    Rallier à leur comme ça

    Non, pas du tout mon comme ça
    Est tout à fait spécial, comme si
    J’avais réussi un comme ça
    À moi tout seul. Et ainsi

    J’étais bien dans mon comme ça
    Mais pour eux ça n’allait pas
    Le mien n’était pas le leur.

    Alors j’ai bien réfléchi
    À ce qui serait mon bonheur :
    Comme ça et comme ça réunis

  5. luxury bio dit :

    Ma mère était comme ça, mon père était comme ça, ma sœur et mon frère aussi.
    Alors moi, j’ai fait comme si j’étais des leurs, comme si je n’étais que leur prolongement, comme si j’étais leur appendice.
    Ce fût un supplice d’une extrême violence, je luttais contre mes sentiments naturels, j’apprivoisais à tous les instants cet autre moi qui me tirait toujours aux antipodes de ce qui se faisait dans la famille. Le mutisme contre le verbalisme, un monde apathique, pas une seule oscillation dans leur ton tandis que mes cordes vocales rêvaient de s’animer, de se remuer, de broncher. Eternellement monocordes, dans la famille on ne parlait que pour dire quelque chose de nécessaire ou d’utile sinon on se taisait.
    Si cela me coûtait et bien je crois que cela devait leur coûter encore bien plus de se réduire à la condition d’automates dépouillés de toutes substances émotionnelles. Les parents avaient été élevés comme ça, c’était un état des choses immuable, on ne se dévoile sous aucun prétexte, on ne communique pas sur ses sentiments ou ses états d’âmes, on revêt la pudeur comme une seconde peau, comme un habit qui ne vous lâche jamais. Moi j’étais différent, d’abord, je suis venue au monde dans des circonstances particulièrement éprouvantes pour ma mère. Il paraît qu’elle ne s’était même pas autorisée à crier, à pleurer sa douleur, elle souffrait en silence sans prononcer le plus petit gémissement de douleur ou soupir de soulagement.
    Ma naissance dura près de vingt heures dans une insonorité impensable et insoutenable pour le médecin et la sage-femme l’entourant.
    Je soupçonne mon frère et ma sœur d’être venus au monde sans pousser un cri. Moi, il paraît que j’étais déjà différent, que je hurlais dès ma sortie pour ne plus cesser jusqu’à ce que le babillage vienne remplacer les cris, même si maman ne le stimulait guère. Je suis née loquace, bavard, une vrai pie, chose inconvenante et inconcevable dans l’esprit de mes parents.
    Petit à petit j’ai appris la retenue, j’ai appris à me mettre en réserve pour ne pas blesser mes parents et surtout pas ma mère qui feignait toujours la maladie à cause du souci que je lui causais à ne pas me conformer aux habitudes. Je ne voulais pas de cet héritage mais j’ai bien été obligé de faire comme eux, comme tout le monde, comme si j’étais un enfant muet. En apparence j’étais comme eux, mais à l’intérieur ça bouillonnait, je pensais ce que j’aurai voulu parler, mon monde était fait d’une débauche de verbes en effervescences, de mots en tous genres qui se bousculaient, d’adjectifs qui se chamaillaient la meilleure place dans mes pensées. Parler était synonyme de gros-mot pour mes parents et des gros-mots j’en avais plein la tête et le cœur, plein le ventre et aussi sous mon manteau, dans mes chaussures, sous mon oreiller. Je les cachais partout sauf sous ma langue d’où j’avais peur qu’ils s’échappent. Aujourd’hui encore, lorsque je rends visite à mes parents, toutes ses planques me sont fidèles et bien utiles à ma partie de cache-cache. Ce qui est sûr c’est que jamais je ne me tairais, ma langue quitte à fourcher ne connaîtra aucun répit. Tourner sa langue 7 fois dans sa bouche, mais pourquoi donc ? Je m’arrêterai seulement quand la mort me fera taire. Et quand à mes parents, ma sœur et mon frère, je ne suis même pas sûr qu’ils s’autorisent le dernier râle quand la mort silencieuse aussi que leur vie viendra les faucher !

  6. Clémence dit :

    Ma mère était comme ça, mon père était comme ça, ma sœur et mon frère aussi.
    Alors moi, j’ai fait comme si…

    C’est effectivement ce qu’elle aurait pu dire un jour….
    Mais pour comprendre ça, il faut d’abord connaître l’histoire…

    Pour eux, ce fut un mariage arrangé. En ces temps là, c’était comme ça. Il fallait réconcilier deux branches ennemies. Ils en furent les protagonistes.

    Au cœur des collines verdoyantes et des forêts profondes, ils trouvèrent un logis plein de charme. Vu leur rang, ils ne lésinèrent pas. C’était comme ça. Ils s’installèrent dans un palais, près de la ville. Ils se choisirent également un domaine niché dans la nature sauvage.

    Ils eurent un fils. La lignée était assurée. C’était très important, en ce temps-là. C’était comme ça.
    Ils eurent un deuxième fils. Le père devint volage, la mère demeura très sage. C’était souvent comme ça…

    Une petite fille naquit. Deux années après, vint une deuxième petite fille. Elle surprit ses parents lorsqu’elle poussa son premier cri : une minuscule dent pointait dans sa bouche. Un fait très rare, mais pour elle, ce fut ainsi. Si, si…

    La famille s’agrandit, la table aussi : deux fauteuils pour les parents et dix chaises pour les enfants. C’était comme ça !
    Les parents étaient respectueux des traditions. Les us et coutumes rythmaient la vie quotidienne.

    Chaque matin, le père se levait sans faire de bruit et s’habillait. Il se rendait à la cuisine. Allumait ou réveillait le feu, dressait la table, réchauffait le lait et le café, coupait le pain en tranches épaisses.
    Il appelait femme et enfants.

    Chaque matin, la mère se préparait et passait dans les chambres des enfants. Elle les embrassait, veillait au choix de leurs tenues puis, en file indienne, ils descendaient l’escalier majestueux. Ils rejoignaient ainsi le père qui les attendait à la cuisine.

    Ils prenaient place à table et déjeunaient dans un joyeux tintamarre. Ce n’était peut-être pas comme ça dans toutes les chaumières, mais chez eux, c’était comme ça. Si, si, les enfants avaient le droit de parler à table !

    Le petit déjeuner terminé, le père emmenaient ses fils. Il veillait à leur toilette puis les emmenait à la pêche ou la chasse. C’était comme ça. Les hommes entre-eux.

    Le petit déjeuner terminé, la mère appelait les filles. Elles faisaient leur toilette et les emmenaient au potager puis à la cuisine. C’était comme ça, les femmes entre-elles, à la cuisine.

    La vie était ainsi faite. Les parents avaient fait comme leurs parents et ils entendaient à ce que les enfants fassent comme eux. Comme ça….

    Tous s’accommodèrent donc de faire comme ça. Tous ? Vraiment ? C’était sans compter sur la « petite », celle qui avait une quenotte à la naissance.
    Ses parents avaient beau lui dire : « Quand on est une fille de bonne famille, c’est comme ça ! », elle leur répondait fièrement : « Et bien moi, je ferai comme si… »

    Elle enfilait un pantalon et rejoignait immuablement son père et ses frères sur leur terrain de jeu.
    Les années passèrent. Les parents et les enfants, devenus adultes à leur tour, perpétraient la tradition du « C’est comme ça ». Tous, sauf l’adolescente rebelle.

    Un jour, elle rencontra le Prince Charmant.
    Lorsqu’elle arriva au Palais, l’Impératrice voulut lui imposer l’étiquette.
    – C’est comme ça, ma chère enfant, vous vous y plierez…
    – Moi, je ferai comme si… répondit-elle.

    Nul n’entendit ce que murmura Sissi en tournant les talons.
    – Moi, je ferai comme si je ne vous avais pas entendue….

    © Clémence

  7. evelyne Ricard dit :

    Eve et les questions existentielles

    Adam et Eve sont au paradis…
    Les amoureux vêtus de blanc, beaux comme des astres contemplent de leur terrasse en front de ciel, le coucher du soleil. Les derniers rayons du soleil illuminent la blonde chevelure d’Eve qui adore ce moment où son Adam est tout à elle. Ce soir, quelque chose la tracasse.
    – Dis Adam, Dieu t’a bien créé à son image, n’est-ce pas ?
    – Ben oui, c’est ce qu’il m’a dit et alors ?
    – Et moi, je viens d’où ?
    – Heu… Tiens je ne m’étais jamais posé la question !
    – Ah ça ne m’étonne pas de toi. Eh bien, je vais te dire ce que Saint Pierre m’a dit l’autre jour.
    Adam prend un air soucieux : Seigneur, que va-t-elle encore inventer ?
    Elle poursuit :
    – Ecoute bien Adam, Dieu aurait pris une de tes côtes pour me modeler, t’imagines ! D’ailleurs, c’est simple à vérifier. Chéri, sois gentil soulève ton tee-shirt que je compte tes côtes.
    Adam rechigne mais il sait que, quand Eve a une idée, inutile de résister.
    Elle compte :
    – Mais Adam tu en as bien deux douzaines. Alors tu vois, cette histoire, c’est de la foutaise !
    Bon, si on réfléchit aux paroles de Dieu qui sont bien souvent elliptiques: une côte, ce peut être le symbole de colonne, de soutien, d’étai. Cela voudrait dire alors que la femme est le soutien de l’homme, sa planche de salut en quelque sorte.
    Eve éclate de rire :
    – Oh Adam, cette version me plaît bien !
    Eve regarde, son compagnon avec amour.
    – Attends mon chéri je n’ai pas fini. Tu ne sais pas ce que j’ai lu sur internet ?
    Adam qui s’attend au pire, écarquille les yeux.
    – Imagine-toi que, vous les hommes, vous auriez eu un petit os qui lors des rapports s’insérait dans le pénis : le Baculum comme il l’appelle. T’imagine, y en a plus d’une qui en rêverait!
    Mais attends, ne te réjouis pas trop vite car d’après les savants l’ustensile aurait disparu au fil des siècles. Si tu veux mon avis, je sais qui a fait le coup ! C’est Dieu pour nous créer ! Et après il a recousu le tout. D’ailleurs vous avez une cicatrice le long du zizi et au scrotum. La voilà la preuve !
    Adam soupire :
    – Bon, Eve tu n’as pas autre chose à me raconter ? Regarde comme ce soir le coucher de soleil est beau. Un vrai camaïeu de teintes pastel qui…
    Eve l’interrompt, sa voix tremblote :
    – Adam c’est très sérieux ce que je te raconte parce que j’accepte volontiers de ne pas avoir de nombril mais, mais…
    Eve, essuie une larme au coin de l’œil :
    – … mais je suis trop triste parce que je n’ai ni père ni mère!
    Elle renifle.
    Adam se penche vers elle et lui prend la main :
    – Mais enfin chérie, c’est la première fois que tu me parles de ça ?
    – Mais c’est à cause de ce Pascal Perrat et de son Entre2lettres. Ecoute le thème de la semaine :
    Ma mère était comme ça,
    mon père était comme ça,
    ma soeur et mon frère aussi.
    Eve relève la tête rejetant d’un geste de la main sa blonde chevelure :
    – Ben oui, on n’a pas d’histoire ! Si tu crois que c’est drôle de vivre comme ça. Il en a même qui disent que « Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient ! »*
    Adam se redresse dans son fauteuil de nuages :
    – Eh bien ma vieille, je vais te dire : si tu avais des ascendants, tu n’imagines pas tous les ennuis que tu aurais.
    Dès la naissance, on flanque sur le dos du bébé des ressemblances pas toujours flatteuses : « oh, elle ressemble à la tante Machine, celle qui avait si mauvais caractère » ; ou alors, « il me fait penser à l’oncle truc » qui était si laid. Et alors là, t’es sûre que ça le poursuivra toute sa vie !
    Et écoute un peu ce qui se passe dans les couples: « et ta mère ceci, et ton père cela » ou pire « Tu ressembles à ta mère, t’es radin comme ton père ».
    Y en a combien qui sont obligés d’aller chez le psy pour tenter de régler ces problèmes ?
    Nous Chérie, nous avons un père spirituel : Dieu. Certes avec lui, il faut faire gaffe mais il n’est pas mauvais bougre ! Mais ce Pascal Perrat qui te tourne la tête avec toutes ces idées saugrenues, je vais aller lui dire deux mots à celui-là !
    Eve se précipite sur les genoux d’Adam et lui passe les bras autour du cou :
    – Oh non, non mon chéri, ne fais pas ça ! Pour une fois qu’un humain a des idées divines !

    Evelyne Ricard
    Juin 2016

  8. François Nugues dit :

    Ma mère était comme ça, mon père était comme ça, ma sœur et mon frère aussi.
    Alors moi, j’ai fait comme si j’étais différent, juste une vue de l’esprit car je sais bien que je suis comme ça aussi ! mais qu’importe, j’ai envie d’un peu de liberté et celle-ci commence avec les différences : sans différence, pas de personnalité, et donc aucun moyen d’être soi-même.
    Reste à trouver la différence… il y a plein de possibilités… la longueur de ceci, la raideur de cela, la douceur, la senteur, le toucher… mais comme dirait Prévert,  » Je suis comme ça et n’y puis rien changer ! »
    Et dans la dynamique ? Dans le mouvement ? Ha, voilà une piste intéressante ! Voyons, voyons, je ne vois rien ! Ecoutons ? Touchons ? Goûtons ? Rien de nouveau !
    Epuisant de chercher une voie nouvelle. Je n’ai choisi ni mon genre, ni mon histoire, ni ma fonction ; je suis fait comme ça et n’ai rien choisi et maintenant je voudrais me faire remarquer comme étant différent… épuisant !
    Tant pis, je reste comme les autres, cool, peinards, bons à rien mais reposé !

  9. loholibama dit :

    Ma mère, mon père, ma soeur et mon frère étaient comme ça…
    alors, j’ai fais comme si…
    Je déteste cela, ils ont cette manies prise je ne sais ou…
    Et ils trouvent que cela reste correct, qu’il n’y a aucun
    inconvénient à continuer à le faire et après tout qui cela
    gène t-il? Eh bien moi! Depuis de nombreuses années
    je me cantonne à faire comme ci. Mais là, j’en ai plus
    qu’assez…Ma toute nouvelle collection venait de me
    parvenir et j’avais hâte de prendre enfin connaissance
    du travail effectuer par tant de mains habiles…Ma mère,
    chère âme fut toute chamboulée à son tour et avec sa
    propre vision du monde et des biens d’autrui s’en fut
    heureuse portée la bonne nouvelle et voila toute la famille
    ravi agglutinées dans ma modeste chambre.Et patati-et-
    patata. Ils en étaient à s’extasier de ce bien quand soudain…
    le mot qui me fit voir rouge et exploser ma colère.
     » enfin nous allons pouvoir notifier toutes ces nouvelles
    connaissances et, en marge nous pourrons… Non!
    Il est interdit d’écrire sur ces livres de notés ou de notifier
    en marge quoi que ce soit.Est ce bien compris! Je déteste
    cela, depuis des années vous gribouillez sur les pages
    ou en bas de pages des notes que souvent vous oubliez…
    pourquoi donc ce carnage! Respectez l’ouvrage…Mes livres
    ne servirons pas votre soif de scribouillards. Fâchés la famille
    quitta ma chambre, ouf! je venais de sauver ma collection de livres.
    Je déteste cette manie qu’ils ont d’écrire à même un livre.Et à
    partir de ce jour, ma famille appris à respecter les livres…
    ma victoire je la dois à mon courage…j’avais compris que de
    ne rien dire faisais de moi un complice passif. Maintenant,
    mes livres sont bien à l’abri de ce terrible carnage…

  10. Sylvie dit :

    Ma mère était comme ça, mon père était comme ça, ma sœur et mon frère aussi. Alors moi, j’ai fait comme si j’étais comme ça aussi. Il me suffisait d’observer ma sœur, la nuit. Même si elle se levait tout doucement, je l’entendais, j’ouvrais un œil, je regardais à travers le drap puis je sortais peu à peu la tête. De toute façon, elle ne me voyait pas, elle ne voyait rien, mais moi je voyais tout, aidée par les interstices des persiennes qui laissaient passer la lumière du réverbère. Elle marchait, d’abord à tâtons. Puis elle s’avançait avec assurance vers la porte. Au début, je croyais qu’elle était fantôme, elle et tous les autres membres de la famille. Toutes les nuits, ils marchaient pieds nus sur le parquet, chacun leur tour, les bras tendus. Ils n’entendaient rien ni personne, ils étaient dans leur monde. Seulement moi, je n’étais pas comme ça. Ils en parlaient parfois entre eux, mais je ne comprenais pas. Un jour, mon frère a lancé à table : pourtant, ça tient de famille, donc elle aussi, elle doit être mm…bule ? en me désignant, un regard accusateur tourné vers ma mère, et en ricanant bêtement. Je devais avoir quatre ou cinq ans. Je ne comprenais pas, je répétais tout bas « mm… bule, bule ». C’est joli, on dirait des bulles. Et ma mère, gênée, répondit : oui… bien sûr… oui… ça viendra quand elle va grandir.
    Le soir même, avant de m’endormir, je demandai à ma mère :
    – Dis, Maman, c’est quoi… mm… bule ?
    Elle fit semblant de ne pas comprendre :
    – Euh… une bulle de savon
    – Non, quelque chose bule que Paul a demandé et que tu as dit que je serai quand je serai grande.
    Ma mère pinça les lèvres et son regard s’arrêta un long moment sur le cirque en carton qui trônait sur la commode, un cadeau de je ne sais plus qui. Elle me chuchota alors à l’oreille :
    – Funambule… Tu seras funambule… comme ton vrai p…
    Je restai perplexe. Je ne comprenais rien à leurs histoires de bulles mais j’étais bien décidée à devenir funambule, à marcher la nuit les yeux fermés, comme tout le monde. Je commençai alors à imiter ma sœur et à quitter mon lit au milieu de la nuit pour jouer au fantôme comme eux tous. Sauf que moi, je faisais semblant, je n’étais pas funambule. Jusqu’au jour où, quelques années plus tard, rentrant de l’école, je me glissai sous le grand chapiteau rouge qui s’était monté sur la place. À l’intérieur, il y avait une répétition avec les éléphants, les acrobates, les trapézistes, les clowns. Je suis restée là longtemps à les observer quand quelqu’un cria : en piste les funambules ! Spontanément je me précipitai. Personne ne m’avait remarquée, ils se demandèrent tous ce que je faisais là, mais je persistai tellement à dire que j’étais funambule… Un homme en blanc me posa sur une corde et sans hésiter, je me lançai. Il me sembla que je marchais pour la première fois. Depuis, jour et nuit, je déambule, ma vie tient à un fil et de ce fil, j’ai tissé ma bulle.

  11. francoise dit :

    Ma mère était comme ça,
mon père était comme ça,
ma soeur et mon frère aussi.
Alors moi, j’ai fait comme si j’étais malade. Je ne mangeais plus. Mon père m’a demandé comme çà tu n’as pas faim ? Non je suis allergique à toute nourriture. Alors comme çà tu veux encore nous faire des ennuis ? Non je veux aller voir un allergologue pour qu’il me guérisse. De peur d’avoir des ennuis avec la Protection Enfantine,dont un représentant nous avait déjà rendu visite, ils prirent un rendez-vous et l’eurent rapidement quand ils eurent expliqué au spécialiste, que leur fils était allergique à toute nourriture et qu’il refusait de manger.
    Alors mon garçon, que t’arrive-t-il, tu serais allergique à toute nourriture ?
    Non Docteur, je suis allergique aux « comme çà » de ma famille ?
    Voulez-vous m’expliquer demanda-t-il à mes parents ?
    Ils bafouillèrent, lui expliquèrent qu’ils avaient eu du mal à accepter ce petit ravisé ? Ceci expliquait peut-être cela !
    Mais Madame il y a la pilule ?
    Oui mais ce mois-ci je l’avais arrêtée pour des raisons qui me sont restées très obscures.
    Bon je ne vais pas y aller par quatre chemins : vous allez, vous quatre, me copier 100 fois par jour
    « nous ne devons plus prononcer «  comme çà « 
    et vous reviendrez, avec vos copies dans huit jours. En plus, vous allez prendre chacun, à jeun 10 pilules de ce pot. Vous noterez également combien de fois vous avez failli.
    8 jours plus tard, nous retournâmes chez l’Allergologue avec leurs copies.
    Bon,leur dit-il, comment vous en êtes-vous tiré ?
    Nous avons fait des efforts et nous croyons être pratiquement guéris de ce tic de langage.
    Bien pendant quinze jours vous ferez seulement 50 lignes et votre adolescent me téléphonera et nous ferons un point ensemble. Vous pouvez également arrêter les pilules.
    Je suis sorti du cabinet très fier d’avoir été nommé « adolescent ».
    Et là je n’en revins pas, mes parents et leurs deux autres enfants ne prononcèrent plus, dans les derniers jours, « comme çà ».
    je retrouvai l’appétit que d’ailleurs je n’avais jamais perdu (je mangeais en cachette), mes parents ne copièrent plus de lignes et furent un petit peu plus, plus affectueux à mon égard. Sur le lavabo, ma mère laissait sa plaquette de pilules bien en vue ! Pour ne pas l’oublier sans doute afin de ne pas avoir un nouveau ravisé !!!
    Un soir, au dîner, nous mangeâmes des frites.je les engloutissai avec mes doigts quand mon père cria « c’est comme çà que tu manges tes frites ». Et là Je lui lançai mon assiette et son contenu au visage.
    Et c’est comme çà que je devins un homme….

  12. Isabelle Pierret dit :

    Sa mère, une femme dominatrice et inintéressante, exigeait qu’il lui fournisse chaque mois, la liste exhaustive de ses dépenses d’argent de poche. Elle était comme ça, inquisitrice et manipulatrice.
    Son père, un homme affable retrouvait chaque année son rituel de vacances allemandes où il rejoignait Annetta, son amour de jeunesse, au motif de RV professionnels dont personne n’était dupe. Il était comme ça : fidèle et absent.
    Sa sœur, un petit bout de femme mal fagotée, avait renoncé à sa féminité et déchirait le silence de cette maison, à grands coups de préludes, de fugues et d’orages au piano. Elle était comme ça, une pianiste fanée et introvertie.
    Son frère lisait des revues pornos, mangeait des cachous du matin au soir et ne parlait à personne. Il était comme çà, emmuré et morbide.
    Alors lui, il avait fait comme si tout cela n’existait pas : il se racontait un autre monde, et rêvait de voyages et d’épopées. Il dévorait les livres, les récits, les biographies, les films et les documentaires l’enrôlant dans ces habits d’aventurier qu’il n’était pourtant pas.
    Coincé par cette accablante famille grippée de ces dysfonctionnements pathétiques, il coassait son « aux armes, citoyens ! » à qui-mieux-mieux, jusqu’à ce qu’un couard incongru lui susurre : l’aventure, tu sais, elle est religieuse.
    Le 31 octobre 2015, à Charm-el-Cheik, il embarqua sur le vol 9268, Airbus de la compagnie Metrojet, à destination de St-Petersbourg, aux côtés des 216 autres passagers. Il n’y eut aucun survivant.

  13. Peggy dit :

    De François qui n’arrive pas à se connecter.

    Ma mère était comme ça, mon père était comme ça, ma sœur et mon frère aussi.
    Alors moi, j’ai fait comme si j’étais différent, juste une vue de l’esprit car je sais bien que je suis comme ça aussi ! mais qu’importe, j’ai envie d’un peu de liberté et celle-ci commence avec les différences : sans différence, pas de personnalité, et donc aucun moyen d’être soi-même.
    Reste à trouver la différence… il y a plein de possibilités… la longueur de ceci, la raideur de cela, la douceur, la senteur, le toucher… mais comme dirait Prévert,  » Je suis comme ça et n’y puis rien changer ! »
    Et dans la dynamique ? Dans le mouvement ? Ha, voilà une piste intéressante ! Voyons, voyons, je ne vois rien ! Ecoutons ? Touchons ? Goûtons ? Rien de nouveau !
    Epuisant de chercher une voie nouvelle. Je n’ai choisi ni mon genre, ni mon histoire, ni ma fonction ; je suis fait comme ça et n’ai rien choisi et maintenant je voudrais me faire remarquer comme étant différent… épuisant !
    Tant pis, je reste comme les autres, cool, peinards, bons à rien mais reposé !

  14. Kacyne B. dit :

    Ma mère était comme ça
    Elle ne parlait pas, ou peu,
    Elle ne chantait pas,
    Et ne riait jamais.
    Mais la nuit, je l’entendais pleurer.

    Mon père était comme ça,
    Un rescapé de la Grande Guerre,
    Revenu avec une jambe de bois et borgne.
    L’alcool brouillait sa vie.
    Et la nuit, je l’entendais cogner.

    Ma sœur était comme ça,
    Avec son bec-de-lièvre et son pied bot,
    Tous, la bousculaient et la moquaient.
    Une souffre-douleur si douce, si gentille.
    Et la nuit, je l’entendais crier.

    Mon frère était comme ça,
    Un enfant du diable.
    Le mal et la haine coulaient dans ses veines
    Et le conduiraient à l’échafaud.
    Jour et nuit, j’entendais les rires de sa folie.

    Dans cette chaumière, les murs suintaient de misères.
    Il y avait des mots que ces gens-là ne connaissaient pas.

    Alors, moi, je ne voulais pas être comme ça.
    Je leur réservais une surprise.
    Je suis né….mort.

  15. NathalieG dit :

    Ma mère était comme ça, mon père était comme ça, ma soeur et mon frère aussi.
    Alors moi, j’ai fait comme si… Comme si j’avais ma ligne sur la portée.
    Mais mon son n’était pas dans le bon ton. Je n’étais pas à la hauteur d’un si. Et ce souci n’était pas mineur.
    Je sonnais mal, et cela s’entendait. On ne pouvait plus faire comme Si. Ce n’était plus réglé comme du papier à musique. Fallait que je me case dans une grille vierge ou que je trouve une piste rythmique à ma portée.
    Alors, avec ma famille, on s’est mis en accords. Je devais prendre des mesures. En 4 temps et 3 mouvements, je trouverai une nouvelle partition.
    Moi, la petite MiLa, avec mes potes RéMi et DoMi, nous avons pris la clef des champs. Avec ma clique, nous avons fait le mur-mure. Direction le Fado.

  16. Christine Macé dit :

    Ma mère était comme ça, mon père était comme ça, ma sœur et mon frère aussi.

    Alors moi, j’ai fait comme si… j’avais rien vu, rien entendu. J’ai fermé les yeux, bouché mes oreilles. Et j’ai sauté dans le vide. Pris la vie à pleine bouche. Goûté un peu à tout.
    Eux ils disaient « papillonné ». Comme si c’était une maladie, un méfait. Pire : une trahison. Je les entendais chuchoter le soir. Ils pigeaient rien, ça me faisait marrer.
    Pendant qu’ils gambergeaient, je m’entraînais à décoller. Pas bien haut au début, fallait pas manquer d’oxygène. Ou plutôt de carbone, vu que c’est à cet air-là que j’avais été élevée. Trop risqué de passer brusquement du caniveau au grand bleu.
    Je faisais ma patiente. Un à un, j’épinglais mes post-it de ciel sur le mur. Ça a mis du temps avant de me faire un vrai coin d’espace. J’y suis pas encore tout à fait. Mais à chaque jour suffit sa peine. Alors je trime, toujours en secret. Sur fond de quolibets. S’ils savaient où je me les mets…
    Aujourd’hui ils se méfient, voire me fuient. Je ne suis plus de leur monde. Ils me regardent bizarre, craignent la contagion. Des fois qu’il y aurait autre chose, ailleurs : impossible à leurs yeux !
    Moi je rigole. Et je vole, loin, loin…

    Bon dimanche, Christine

  17. Nadine de Bernardy dit :

    Avec ma mère c’était plutôt :
    Bon tu fais comme ça et tout se passera bien
    Non ne ris pas comme ça, tu vas trop loin
    Je t’interdis d’aller au lycée vêtue comme ça.

    Mon père, lui, c’était :
    Alors, comme ça, mademoiselle veut être écrivaine!
    Comme ça tu ne pourras pas dire que je ne t’avais pas prévenue
    Tais toi,on ne parle pas comme ça à son père.

    Mon grand frère n’hésitait pas :
    Si tu ne fais pas comme ça, je te jure que tu vas morfler ma petite vieille
    Parce que c’est comme ça et pas autrement!Tu n’es qu’une fille
    Ca suffit comme ça, n’en rajoute pas une couche.

    Quand à ma soeur elle me susurait :
    Ah! tu ne savais pas que les parents parlaient de toi comme ça dans ton dos
    C’est pas en étant fringuée comme ça que tu vas te dégoter un mec
    Ne me regarde pas comme ça, je fais ce que je veux.

    Alors moi,lasse de ne pas me sentir comme ça ,j’ai respecté les consignes,me suis habillée comme si j’étais une fifille,fait de la comptabilité comme si cela me passionnait,obéit à mon frère comme si c’était normal,épousé un notaire comme si je l’aimais.
    J’ai fait comme ça pour devenir invisible,irréprochable.
    Comme ça, j’ai cessé d’entendre la petite voix intérieure qui me criait de faire comme ça me chantait,que je pouvais exister pour moi même,comme si ma vie m’appartenait.
    Comme si ma différence était un atout et non une gêne.
    J’ai si bien réussi que ,comme ça,au fil des ans, elle s’est éteinte, épuisée de lutter comme ça, pour rien .Et j’ai continué à vivre comme si j’avais remporté une victoire.
    Comme si j’étais heureuse.

  18. Jean-Pierre Peyrard dit :

    Eux, ils étaient, et moi, j’ai fait… Comme si… Depuis ce temps, eux, est-ce qu’ils ont continué à être ? A être ce qu’ils étaient ? Et moi, est-ce que j’ai continué à faire comme si ? Comme si je n’étais pas ? Mais, si on fait comme si, est-ce parce qu’on n’est pas ? Pas… comme ceux qui font comme s’ils étaient pour toujours ce qu’ils sont ? Ou alors, quand on fait comme si, est-ce que ce n’est pas pour ne pas être pour toujours ce qu’on est, parce qu’on sent bien qu’on n’a pas choisi ce qu’on est ? Alors, quand, à l’époque, j’ai fait comme si, est-ce que ce n’était pas pour ne pas être comme eux, qui croyaient avoir choisi ce qu’ils étaient ? Et si, sans bien m’en rendre compte, j’ai préféré le passé composé du faire à l’imparfait de l’être, n’est-ce pas parce que je n’avais rien trouvé de mieux pour devenir ?

  19. Jean Louis Maître dit :

    Mal de mère

    Ma mère ?
    Elle était comme ça !
    Mon père ?
    Il était comme ça,
    Et ma sœur ?
    Et mon frère ?
    Aussi !
    Alors moi, j’ai fait comme si…

    Ma mère faisait des chichis
    Et elle était un peu chochotte.
    Elle enfilait des dessous chics,
    Elle dansait le cha-cha-cha
    Et ma sœur était sa chouchou
    J’étais encore dans les choux…

    Mais avant moi, ce fut mon frère
    Et lors de sa venue sur terre,
    C’est lui qui devint le pacha.
    Sans faire de prêchi prêcha,
    Je dirai qu’il fut son chouchou
    J’étais encore dans les choux…

    Enfin, quand mon tour approcha
    De devenir son petit chat,
    Son chéri, le cher de sa chair,
    Ce serait chou vert et vert chou
    Pensai-je en sortant de mon chou…

    Je ne connus que le souci,
    Pas de caresses, ce coup-ci !
    Et pourtant, l’on dit comme ça
    Qu’il n’y a pas de deux sans trois !

    Fut-ce à cause de ma coqueluche ?
    Ou est-ce qu’un jour, l’amour lâche ?
    Que les sentiments s’effilochent ?
    Que de son dernier, l’on se fiche ?
    Je ne sais pas…

    On avait une 203.
    Tous les autres montaient devant
    Mais moi, je n’eus jamais le droit
    Parait que c’était mieux avant
    Disait ma sœur, disait mon frère
    Approuvaient mon père et ma mère…
    Avant quoi ?
    Avant moi ?…

    « Quatre parts pour une pizza,
    Ça, ça se coupe aisément, ça ! »
    Criait-elle fortissimo !
    Pour que cesse la zizanie
    J’ai dit que je n’aimais pas ça !
    « Moi, je n’aime pas ça ! »
    Six mots…

    Quand il y avait du chorizo
    Elle me donnait la ficelle !
    Je n’avais que ça à sucer…
    Et pour la soupe aux vermicelles
    Elle me servait juste l’eau
    Et quant aux pâtes accidentelles,
    Celles qui se seraient glissée
    Avec grand soin, les repêchait
    Et les redonnait à mon frère…

    Alors, bien sûr, j’ai peu grossi !
    Pas d’amour, rien qu’un peu d’eau fraîche !
    Grosso modo, ça vous aigrit,
    Couci, couça, les cheveux gris
    Ont engrisé ma vie aussi…

    Oui, ma mère me délaissa !
    Oui, mon père fut son complice !
    Et j’ai enduré ce supplice
    Pour que, sans eux, je m’accomplisse…
    J’ai bien connu le mal de mère
    M’en souvenir est un calvaire…

  20. Sonia BDE dit :

    Ma mère était comme ça,
    Mon père était comme ça,
    Ma sœur et mon frère aussi.
    Alors moi je fais comme si,
    Je n’étais pas un lémurien,
    Et à force je n’ai plus goût à rien.

    C’est comme ça quand on est échangé à tord,
    Et que l’on se retrouve dans une famille de castor.
    Ah, ça il construisent, et cela avec une certaine passion !
    Alors que moi je ne rêve que de chansons, de partager rires et émotions.
    Dur d’être un petit lémurien,
    Quand ta famille sur toi ne voit rien.

    J’essaie pourtant consciencieusement jour après jour,
    Donnant l’illusion en construisant une jolie tour.
    Et puis au fond je le sais, ce qui ce rend fort,
    C’est ma gentille famille de castor,
    Alors peut-être que si j’arrive à tout combiner,
    Je pourrais peut-être construire ce dont j’ai rêvé.

  21. Brigitte Dalla Torre dit :

    Ma mère était comme ça,
    mon père était comme ça,
    ma sœur et mon frère aussi.
    Alors moi, j’ai fait comme si…
    … Si J’avais un marteau
    Je cognerais le jour
    Je cognerais la nuit
    J’y mettrais tout mon cœur
    car je suis le vilain petit canard
    celui enfermé dans le placard
    et dans ce placard…
    j’y mettrais mon père
    Ma mère, mes frères et mes sœurs
    Oh oh, ce serait le bonheur

    Si j’avais une cloche
    Je sonnerais le jour
    Je sonnerais la nuit
    J’y mettrais tout mon cœur,
    Pour alerter les services sociaux
    Et les voisins le soir sourds comme des pots
    Je dénoncerais mon père
    Ma mère, mes frères et mes sœurs
    Oh oh, ce serait le bonheur

    Si j’avais une chanson
    J’la chanterais le jour
    J’la chanterais la nuit
    J’y mettrais tout mon cœur
    Mais à force de sévices, ma voix
    S’est définitivement éteinte
    A tout jamais.

    Brigitte

  22. laurence noyer dit :

    Ma mère était comme ça
    Mon père était comme ça
    Ma sœur et mon frère aussi
    Alors j’ai fait comme si

    Parce que chaque jeudi
    On est ceci, on est cela
    Quand, trêve de blabla
    On fait la bamboula
    Et ça jusqu’au samedi

    Ma mère au tralali
    Mon père au tralala
    Sous la pergola de la villa
    Nous y voici, nous y voila
    Et nous liessons jusqu’au lundi

    Ma sœur en si
    Mon frère en la
    Et moi parfois
    Couci, couça
    Pour aller jusqu’au mardi

    Deci, dela
    On fait comme si
    Quand on ne sait pas
    Comment faire ça
    Ici et là

  23. durand dit :

    Ma mère était comme ça, mon père était comme ça, ma sœur et mon frère aussi. Alors moi, j’ai fait comme si c’était normal d’être comme ça.

    Je me doutais bien que ça jasait dans la famille. Qu’on appréciait comme-ci comme-çà qu’ils ne fassent pas comme tout le monde. Qu’ils n’aillent jamais ni aux mariages, ni aux enterrements. Pour eux, tout ça, c’était comme un peu trop de la mort.

    Tout ça, c’était aussi face au quotidien. On ne se lavait qu’avec un seul savon. On se rinçait beaucoup. Parfois on se lavait à la piscine. Ca c’était bien. Ca nous faisait comme un voyage. On passait devant le local du refuge et on écoutait hurler le sauvage des chiens.

    C’était comme ça. On découvrait le monde par les trous des yeux et des oreilles. Ca résonnait dans nos crânes. Parfois si fort qu’on prenait un cachet blanc. Ca aussi, c’était des vacances pour la tête.

    Parfois, on allait s’assoir sur le banc de l’école pour ne pas être remisé sur celui de la société.On n’était pas très on en orthographe, à force d’apprendre à lire sur les publicités des murs.

    Jouer c’était comme si c’était la vie. Je me collais au bord du caniveau. Je malaxais de la merde et de la flotte, comme dans l’histoire drôle et j’attendais qu’un con de poulet vienne demander pourquoi je fabriquais un pompier et pas un gendarme. Et ça marchait. Comme ça l’histoire drôle devenait encore plus drôle.

    Un jour, comme ça, ma mère qui aimait bien fouiller dans les rochers du bord de mer s’est chopé un crabe.
    Jusqu’au bout de la marée basse.

    Alors mon père comme si de rien n’était parti s’inscrit au club des exploseurs de foie. Avec ses potes, il désamorça plus d’un canon jusqu’à ce qu’une tranchée l’engloutisse dans le délire.

    On était habitué à se débrouiller seuls depuis un moment,comme si on savait ce qui nous était promis. Je croyais atterir au refuge, avec les chiens.

    Ben non! La société nous a adopté, une famille aléatoire nous a adapté.Nos seules bulles éclataient dans les bandes dessinées.

    On jouait aux pieds nickelés…jusqu’à la case prison.
    C’était pas terrible, les barreaux du temps à passer!

    Heureusement, de l’autre côté du boulevard, on pouvait entendre chanter les chiens, nos frères!

    Ca c’était bien!

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