La difficulté de coucher par écrit des choses vues

Me faisant part de la difficulté de coucher par écrit des choses vues et entendues, Antonio *, un ami, m’écrit :

« Souvent ça m’arrive d’avoir des scènes et des dialogues que je trouve drôles ou originales animées par les gens qui m’entourent.
Après avoir couru dans le parc de Versailles par exemple.
Là, c’est une vraie caverne d’Ali baba pour scénarii burlesques tant les gens sont spéciaux et de toutes sortes.

Des fois je me dis, vite, rentre ! …
Il faut noter cela et comme si j’étais devant un écran impossible de me décoller de mon histoire dont je resterai l’éternel seul spectateur.
Et chaque fois que je rentre chez moi, quand j’ai le courage de vouloir me rappeler et écrire ma scène, ça devient lourd et indigeste parfois.
Je ne retrouve pas la même fluidité.
Le temps d’écriture avec mes doigts est trop long par rapport à ma pensée qui fuse et dont le fait de l’arrêter pour écrire lui ôte toute sa fluidité. »

Rien n’est meilleur que l’imagination pour rapporter le réel
Je m’explique : quand vous observez un événement se déroulant dans la rue ou dans un parc, comme mon ami, laissez-vous » impressionné » telle une ancienne pellicule photo argentique.

Puis, une fois devant votre cahier ou votre écran d’ordinateur, laissez votre imagination développer, dans le noir de votre labo-cerveau, ce que vous avez mentalement photographié sur le terrain.
Ne cherchez surtout  pas à écrire exactement et dans les moindres détails ce que vous avez vu et entendu, tel un témoin devant un tribunal,
laissez faire votre imagination pour retranscrire ce qu’elle a capté.
Que croyez-vous qu’il se passe quand nous pensons à notre petite enfance ?
Notre mémoire arrange les faits à sa façon, elle brode le passé.
Il suffit d’ailleurs de partager ses souvenirs d’enfance avec nos parents pour voir combien ils différent.
C’est un peu comme si nous avions vécu ces souvenirs sur la même plage, sauf que pour nos parents la marée était basse alors que pour nous elle était haute.

Passez par le dire
Quand on raconte une anecdote on la vit, on est dedans.

Avant de décrire la situation que vous avez observée, passez par l’écriture à haute voix.
Racontez-vous votre événement en recueillant sur un brouillon de papier, sans ordre et sans jugement, tout ce qui vous viendra à l’esprit.
Ce sera plus facile de l’écrire définitivement après.
Passer par le dire donne une grande liberté on « écrit » sans contraintes excessives.
Grâce aux progrès technologiques, vous pouvez même vous dispenser d’écrire.
Vous racontez votre sujet d’observation devant votre ordinateur et il le transcrit sur le champ.
Il existe maintenant des logiciels qui se  chargent d’écrire, sans trop d’erreurs, tout ce que vous leur dictez.
MacSpeech Dictate pour Mac ou Dragon pour PC.
Je les ai testés, c’est étonnamment efficace. Certains auteurs les utilisent régulièrement.

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Antonio * qui demeure à Versailles, participa pendant de nombreuses années à l'atelier d'écriture que j'animais chaque lundi soir de 20 h à 22 h à Paris dans le 15e arrondissement.

1 Response

  1. Chantal dit :

    Après une séquence comme a vécu Antonio, j’utilise le dictaphone de mon smartphone et j’enregistre ce que j’ai vu, les émotions, les détails… C’est ensuite plus facile d’écrire.

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