Comprendre la raison

Histoire chargée d'enseignement

HISTOIRE CHARGÉE D’ENSEIGNEMENT (7)

Un voyageur parcourant le monde se trouva un jour face à l’embranchement de deux chemins.
L’un filait tout droit, l’autre zigzaguait. L’un était arboré, l’autre était dénudé.

Il emprunta le plus arboré et se retrouva bientôt devant une grande porte sans aucun nom dessus. Il tendit l’oreille. Des cris de souffrance et d’horribles gémissements s’en échappaient.
Prenant son courage à deux mains il poussa le battant et entra. Dans une vaste et luxueuse pièce un festin extraordinaire était préparé. Les effluves de mets délicieux amoncelés sur une immense table faisaient saliver.
Étrangement, les convives attablés autour de ces agapes hurlaient de faim ?

Il eut tôt fait de comprendre la raison.
Des cuillères, deux fois plus longues que leurs bras, étaient fixées à leurs mains de telle manière qu’ils puissent se servir, mais pas de porter cette riche nourriture à leur bouche.
Horrifié, le voyageur rebroussa chemin jusqu’à l’embranchement et prit l’autre direction.

Bientôt, il se retrouva aussi devant une porte identique à la première. Mais en s’approchant prudemment il n’entendit que des éclats de rire et de bonne humeur.
Les convives étaient soumis au même défi, mais une chose avait changé : au lieu de tenter désespérément de porter la nourriture à leur bouche, ils se nourrissaient les uns les autres.


Je suis hors-n’homme. Un neuroatypique à dominance dyslexique. 
De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau.
Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris.
Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

7 Responses

  1. Anne L. dit :

    Ce choix du chemin me rappelle une anecdote avec St Ignace de Loyola. Il était monté sur son âne. A un embranchement, 2 chemins s’offrirent à lui. Mais il ne savait lequel prendre. Il fit alors confiance à sa monture pour décider lequel prendre.

  2. Le chemin arboré me fait penser aux pays riches d’Occident, et le chemin dénudé aux pays défavorisés.

    Pour les premiers, le chemin est droit, facile à emprunter et résolument tentant. Cependant, l’avidité – avoir la cuillère plus longue que le bras – fait que chaque année, le seuil des ressources de la planète est largement dépassé, avec toutes les conséquences que nous connaissons (appauvrissement des peuples, chômage, drogue, violence, désordres sociaux, etc.)

    Pour les seconds, si le chemin est certes dénudé, au point de satisfaire à peine les besoins fondamentaux tels qu’un toit, l’accès à la nourriture et à l’eau, existe une solidarité au sein de la famille et du village pour le partage des outils et des ressources , le maintien des personnes âgées dans le clan familial. Fêtes, musiques et autres manifestations maintiennent la cohésion du groupe.

    La question qui se pose alors est : le bonheur dépend-il de ce que nous « prenons », ou de ce que nous « partageons » avec les autres ?

  3. Fanny Dumond dit :

    J’aime beaucoup cette double parabole. L’une oppose l’égoïsme et l’entraide, tandis que l’autre nous montre que nous allons au-devant de déceptions si nous choisissons un chemin de vie qui nous semble bien balisé, sans écueil. Elle me rappelle l’une de vos propositions, cher Pascal : grand chemin et petit chemin. Je vous remercie de cette belle lecture et vous souhaite une agréable après-midi. Fanny

  4. Dominique dit :

    Un voyageur parcourant le monde se trouva un jour face à l’embranchement de deux chemins. L’un filait tout droit, l’autre zigzaguait. L’un était arboré, l’autre était dénudé.
    Il vérifia tout d’abord sur sa carte où l’un et l’autre de ces chemins conduisaient.
    Rien !
    La carte était muette : cet embranchement n’existait pas !
    Enfin, du moins, pas sur le papier ou pas sur CE papier ….
    Un rapide coup d’œil à son téléphone portable lui confirma qu’il se trouvait bien au milieu de … rien !
    Pas d’embranchement, pas de patte d’oie, pas de carrefour ; il était censé aller tout droit.
    Mais tout droit n’existait pas, en réalité ; enfin, dans la réalité visible à ses yeux.
    Que faire ?
    Etait-ce vraiment cela « sortir des sentiers battus » ?
    Il connaissait l’expression pour l’avoir entendue à plusieurs reprises mais sans en comprendre vraiment le sens. C’est quoi « un sentier battu » ? battu par le vent ?
    Et puis « sortir » ? il était déjà dehors, non ?
    Il cérébrait à toute vitesse tout en restant immobile.
    A qui se fier ? à quoi ? carte ? téléphone ? yeux ?
    Certains diraient « à son instinct », « à son ressenti » mais c’étaient « certains » ! Lui : ben rien ! son instinct bien que dûment convoqué ne lui dictait absolument rien ! son ressenti était qu’il était bel et bien perdu et son intuition … devait avoir fui devant le dilemme !
    Alors ?
    Tout droit ?
    En zigzag ?
    Le stress commençait à monter.
    Quelles seraient les conséquences de ce choix ? heureuses ? catastrophiques ?
    Il hésita encore quelques minutes et tout penaud décida de rebrousser chemin. Là, du moins, il connaissait !

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