Exercice inédit d’écriture créative 237

membresA peine l’homme était-il créé
que ses membres commencèrent
à couper les cheveux en quatre :

Nous, ce qui nous rapproche beaucoup c’est le coeur, se flattèrent les bras,
alors que vous les jambes, ce qui vous sépare c’est le sexe.

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23 Responses

  1. Michel ROBERT dit :

    A peine l’homme était-il créé que ses membres commencèrent à couper les cheveux en quatre. Nous, ce qui nous rapproche beaucoup, c’est le coeur, se flattèrent les bras, alors que vous , les jambes, ce qui vous séparent, c’est le sexe.
    – Ah ! Ca dépend, si on est quatre, ça rapproche dit le pied droit !
    – Bien vu, je l’apprendrai par coeur, répondit le bras gauche.
    – Toi, si tu es gauche, c’est que tu es maladroit, dit le bras droit.
    – D’accord ! Mais je suis du côté du coeur, je suis plus intelligent, dit-il du tac au tac en prenant la mouche.
    – Arrêtez de me prendre la tête dit le cerveau, j’en ai ma claque de vos histoires. Je voudrais dormir. Demain, je n’ai pas envie d’être sur les genoux.
    – Oh ! Mais on fait de l’esprit mon cher, tu n’es pas si lent que tu en as l’air, dit la langue !
    – Depuis que tu es pendue, tu devrais être morte, lui dit vertement celui-là.
    – Silence ! Le cerveau a raison, dit l’index en muselant la bouche.
    – Qu’est-ce que ces enfantillages, cria le double devant le miroir !
    – Tu as des cheveux blancs, s’étonnèrent les yeux devant le reflet.
    – C’est la vie mon bonhomme, si tu veux ne faire qu’un, il ne tient qu’à toi de briser la glace, se dit-il en souriant.

  2. Gontier Christine dit :

    A peine l’homme était-il créé que ses membres commencèrent à couper les cheveux en quatre :
    -nous, ce qui nous rapproche beaucoup c’est le cœur, se flattèrent les bras, alors que vous les jambes, ce qui vous sépare c’est le sexe.
    -pourquoi nous diviser ainsi ? Pourquoi le cœur serait-il un organe noble alors que le sexe serait quelque chose de laid ? Pourquoi ne pas voir pas delà bien et mal, beau et laid ? Un cœur n’a t-il pas besoin d’un sexe pour aimer et faire de la vie ? Et réciproquement.
    Le sexe est l’origine de la vie. C’est grâce à lui que l’Homme naît.
    Nous, jambes, sommes fières de faire parties de cet ensemble. Rien est divisible chez l’Homme, rien, et il en sera ainsi pour tous les Hommes et le monde, un ensemble interdépendant pour la survie, voilà ce que nous sommes…voilà que nous sommes liés.

  3. Françoise Gare du Nord dit :

    « Nous, ce qui nous rapproche beaucoup c’est le cœur, » se flattèrent les bras, « alors que vous les jambes, ce qui vous sépare c’est le sexe. Le sexe qui, sans vouloir être injurieux, ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Le sex-appeal ou le sexe à pile ? Hi ! Hi ! Hi ! Vous ne pouvez lutter contre la force du cœur et vous pouvez repartir la queue entre les jambes ! Notre grand cœur c’est celui qui bat, qui aime, qui vit » continuèrent les membres supérieurs

    « Vous jouez les fiers à bras mais vous n’êtes que des petits bras ! Quel cœur vous rapproche-t-il exactement ? Le cœur d’artichaut ? Le cœur brisé ? Le contrecœur ? Le haut-le-cœur ? Le mal au cœur ? Le cœur de pierre ? Nous nous séparons, c’est vrai, et même nous nous écartons mais c’est pour deux nobles causes : permettre au sexe de donner du plaisir et surtout la vie. Sans LUI vous n’existeriez même pas » ripostèrent les membres inférieurs.

    « Cessez de vous chamailler ! Lorsque nous vous écoutons les bras nous en tombent et nous n’avons qu’une envie : prendre les jambes à notre cou. Nous sommes quant à nous très fières d’encadrer notre chère bouche, l’organe vital par excellence. Qui à part elle peut aspirer l’air essentiel à la survie, tout aussi essentiel que la nourriture qu’elle ingère! Qui à part elle permet de s’exprimer et prouver qui l’on est ? » intervinrent les joues

    « Votre bouche ! Votre bouche ! Vous n’avez que ce mot-là à la bouche ! Ce n’est rien d’autre qu’une grande gueule quand elle ne reste pas bée ou cousue de fil blanc. L’essentiel c’est le cerveau, celui qui nous commande à tous et voyez-vous il est très bien entre nous. Alors ne venez pas nous chauffer » explosèrent les oreilles

    Au sein de ce brouhaha et de ces invectives, deux petites voix passèrent inaperçues : « Nous allons avoir un mal fou pour les départager et à élire celui qui mérite, plus que les autres, le droit de se trouver au plus profond d’entre nous deux» prophétisèrent les fesses

  4. waryam dit :

    A peine l’homme était-il créé que ses membres commencèrent à couper les cheveux en quatre:
    Nous, ce qui nous rapproche beaucoup c’est le cœur, se flattèrent les bras, alors que vous les jambes, ce qui vous sépare c’est le sexe.
    Les jambes sans se gêner avaient répliqué : Bien au contraire ! Le sexe nous uni à d’autres jambes et vous permet de vous unir à d’autres bras même quand le cœur n’y est pas.
    Les bras, révoltés, s’étaient levés pour dire : Mais le sexe sans le cœur finit toujours en fiasco !
    Les jambes, provocatrices, croisées l’une sur l’autre, répliquaient : Et le cœur sans le sexe n’est rien d’autre qu’une pompe qui se gonfle et surtout se dégonfle dans une monotonie qui finit toujours par lui être fatale.
    Les bras, s’étant croisé à leur tour sur le tronc, avaient sentit les battements du cœur s’accélérer. Ils s’étaient empressés de lancer : Ah là, vous confondez amour et sexe ! C’est l’amour qui donne au cœur des ailes, le fait sentir léger comme une plume et adoucit ses battements.
    La tête, à qui cette discussion avait donné des maux terribles, s’était baissée pour dire : Que personne ne dise du mal ni du cœur, ni du sexe. J’ai incessamment besoin des deux. Quand à l’amour, j’en ai vraiment peur. Avec lui je perds la boussole et je ne contrôle plus rien. Bref, il me déstabilise et je n’y peux rien.

  5. Françoise dit :

    A peine l’homme était-il créé
 que ses membres commencèrent
à couper les cheveux en quatre :
Nous, ce qui nous rapproche beaucoup c’est le coeur, se flattèrent les bras,
alors que vous les jambes, ce qui vous sépare c’est le sexe
    plus c’est grand plus c’est bête ricanèrent les doigts des mains
    vous avez raison applaudirent les doigts de pied
    un peu de modestie chanta « grand corps malade »
    ce n’est pas l’heure de prendre son pied
    chut cria l’index sur la bouche 
    le majeur fit un geste obscène
    l’annulaire et le pouce se caressèrent
     l’auriculaire chatouilla  une oreille
    prises de frénésie les jambes s’élancèrent sur leurs pieds
    les bras les accompagnèrent en cadence 
    les cheveux flottèrent au vent
    ils coururent, coururent
    après quoi ?
    that is the question ?
    Après l’amour peut-être chuchota le zizi
    pour lui donner raison
    les jambes accélèrèrent l’allure
    ce n’était plus le moment de couper les cheveux en quatre……

  6. Nadine De Bernardy dit :

    Là haut, Dieu se frottait les mains en ricanant dans sa barbe.
    – Ah ! les sots,je l’aurai parié . Regarde moi ça , dit-il en se tournant vers le Saint Esprit, accoudé à ses côtés
    Le saint observait ce qui se passait en bas avec consternation.
    – Seigneur mais qu’as-tu fait ? Pourquoi un coeur, un sexe et différent en plus ! Ils ne vont même pas savoir quoi en faire les malheureux.
    Tu aurai dû te contenter de les munir d’un corps tout simple, mais surtout pas de désir,de sentiment. Quel gaspillage pour des êtres périssables et vaniteux.
    Mais regarde donc celui là,le barbu, juste derrière un gros chauve qui ergote en disant que lui, a le coeur sur la main. Tu as vu ce qu’il fait ?
    – Non dit Dieu,hilare
    – Si, tu as vu ! Sous prétexte de vérifier que chacun a bien un sexe au bon endroit,il trousse les femelles et semble étonné de ne rien trouver à l’endroit indiqué.
    Mécréants! impies! débauchés! – s’indignait le saint
    – Du calme mon ami , elles n’ont pas RIEN, elles ont le secret de la vie, tout comme moi- dit le Seigneur – Regarde, ils sont encore comme des enfants .
    Laisse les faire leurs expériences,se découvrir mutuellement.Je les trouve d’un drôle ces humains !
    Si cela peut te rassurer, dis – toi que leur punition va venir . Quelques siècles après la naissance de mon fils,viendra une homme, un autre juif, pour les convaincre que c’est cette différence la cause de tous leurs maux,de leur éternelle insatisfaction.
    Il va te les culpabiliser à tout jamais. Les mâles comme les femelles.
    Ah ! j’ai bien travaillé aujourd’hui , demain je me repose « 

  7. Fanny dit :

    A l’approche du bac, Pascal nous aurait-il concocté un sujet de philo ? Bravo à tous. Amicalement. Fanny

  8. Fanny dit :

    À peine l’homme était-il créé que ses membres commencèrent à couper les cheveux en quatre :

    – Nous, ce qui nous rapproche beaucoup c’est le cœur, se flattèrent les bras, alors que vous les jambes, ce qui vous séparent c’est le sexe.

    – Comment ça ! s’écrièrent les jambes. On est plus proches du sexe que vous du cœur. On peut mesurer si vous voulez.

    – Wouais, mais nous nous sommes en haut et vous en bas. Dieu ne s’est pas foulé, vous êtes horribles à regarder. Vous êtes deux poteaux velus qui servent simplement à soutenir le corps. Nous sommes gracieux, utiles à la cueillette, à la chasse pour vous nourrir vous aussi. Vous ne pourriez pas vivre sans nous.

    – Et si nous n’étions pas là comment le corps se déplacerait pour chercher des baies, hein !

    – Heum ! Mais nous, nous pouvons avoir la main sur le cœur.

    – Sacrebleu ! Cessez de vous prendre pour le nombril du monde. Le cœur n’a pas le monopole. Nous sommes près du sexe qui donne la vie. Alors qui a la meilleure place, à votre avis ?

    L’homme en avait par-dessus la tignasse de ces discussions stériles. C’était pire que le paradoxe de l’œuf ou de la poule. Il se décida à contacter le S. A. U. (Service Après Usage). Il envoya un C. M. F. (Court Message de Fumée) à son créateur qui fit la sourde oreille. De guerre lasse, il décida de se rendre au siège social de la manufacture. Il fut reçu par un aimable séraphin qui lui annonça en tournant les pages d’un immense registre :

    – Voyons voir ! Dieu est de plus en plus débordé. Mardi, il reçoit l’autruche qui se plaint d’avoir des ailes et de ne pas pouvoir voler. De dépit, elle se met la tête dans le sable. Mercredi, c’est le moustique qui se noie dans un verre d’eau malgré sa trompe. Ensuite, c’est l’escargot qui n’en peut plus de ses douleurs podales tant sa baraque est lourde. Tiens, la limace qui est jalouse de lui a annulé son rendez-vous. Je peux te caser à sa place.

    Le jour J, l’homme fut reçu par son concepteur.

    – De quoi te plains-tu ? Il m’a fallu des millénaires pour te créer. Tu es parfait et à mon image. Regarde, dit-il en déployant un plan, tes proportions sont parfaites, je ne pouvais pas faire mieux.

    – Bien sûr, évidemment, dit l’homme un tantinet intimidé devant le Big Boss. Mais comprenez-moi, s’il vous plait. Je n’en peux plus. Je crois que je vais devenir fou.

    – Et que veux-tu que je fasse ? Tu veux finir manchot et cul-de-jatte ? Tu aurais l’air de quoi ! Et puis, je ne suis pas responsable de ce qui se trame dans ton cerveau. Je t’ai créé une enveloppe, à toi de gérer le reste. Je ne vois qu’une chose à faire. Je vais te diriger vers P. P. C’est un éminent spécialiste qui saura régler ton problème.

  9. AB dit :

    Quel exercice mathématique encombrant que vouloir décrypter ce corps de Vitruve. Des cheveux à se faire pour démêler chacun à sa façon cette image embrouillée.
    On peut s’essayer à comprendre, voire analyser, si je vous livre ma réponse vous m’en voudrez sans doute mais il faut déjà que je me coupe les cheveux en quatre et en route pour ce voyage merveilleux où j’ose vous emmener à ma façon, je le fais en regardant ce corps tout d’abord en formes multiples et silencieuses tellement, que je m’invite à les toucher par le regard en une caresse éphémère mais encore faut-il pour cela essayer d’avoir les clés pour accéder à ces forteresses carrées et rondes dans lesquelles il est enfermé, déjà cette représentation me fait trembler, la vie commence- t-elle par des prisons ?

    Le ventre n’est-il pas rond et la maison carrée ?
    Il faut que j’en ressente les contours, j’ose, j’approche mes yeux, le regard se dirige de quel côté? Le droit, celui que je connais le plus et dont je saurai me débrouiller ou plutôt le gauche, plus difficile, plus étranger, les deux m’attirent, me fascinent, je vois mais plus encore j’entends, les bras revendiquent le cœur aux jambes qui font écho par l’intermédiaire du sexe en une différence excessive, le rapprochement et la séparation, une autre énigme de la vie ! quand moi, je tremble à continuer mon inspection, ma grande aventure, si j’attrape la paume droite, la gauche me boudera et si la gauche me boude, je ne voudrai pas que cela froisse le cœur qui au milieu des deux me renverrait.
    A travers lui, c’est le battement de l’humanité que j’entends, alors, je préfère finalement m’en remettre aux jambes, plus folles et légères, du moins il me semble, elles s’étirent telles quatre branches qui veulent recueillir la sève du sexe qui les sépare faisant ainsi le repeuplement humain, la mesure dans la démesure.
    Quatre jambes, quatre paumes quatre bras. Ho- là, Léonard de Vinci a bien fait de décortiquer cette problématique bien trop compliquée pour moi.

    Pourtant, le contour n’est pas fini, je me suis hâtée vers les bras et les jambes, me rapprochant évidemment du cœur pour comprendre l’humanité toute entière et même rougir en vibrant vers le sexe mais je ne t’oublie pas là-haut, toi la tête si fragile, généreuse, fière et tellement complexe, telle une reine, tu restes immobile, impalpable, improbable, tu fais la pluie ou le beau temps, je le sais, par toi passe l’essence même de la liberté ou de l’aliénation, je te salue, la tête, ce corps si bien construit te soutient comme j’ai essayé de soutenir ce difficile complexe mathématique.

  10. Clémence dit :

    A peine l’homme était-il créé que ses membres commencèrent à couper les cheveux en quatre :
    Nous, ce qui nous rapproche beaucoup c’est le cœur, se flattèrent les bras, alors que vous les jambes, ce qui vous sépare c’est le sexe.

    Elle s’était juré qu’elle ne prendrait plus la plume ni le clavier pour aucune publication
    Et pourtant, lorsqu’une une association qu’elle appréciait beaucoup l’avait sollicitée par mail pour écrire un article, elle ne put résister à la tentation. Elle lu le titre :
    «A peine l’homme était-il créé que ses membres commencèrent à couper les cheveux en quatre. Nous, ce qui nous rapproche beaucoup c’est le cœur, se flattèrent les bras, alors que vous les jambes, ce qui vous sépare c’est le sexe.  
    Elle trouva ce sujet drôle mais certes pas inintéressant. Elle céda. Elle rédigerait cet article. Elle fit ce qu’elle fit d ‘habitude : décomposer le titre, chercher sur Internet une série de mots clés et, enfin, laisser la nuit faire son œuvre.

    Mais cette fois, rien ne se passa comme d’habitude : aucune piste, aucun angle d’attaque la satisfaisait. Elle n’allait tout de même pas refaire le panégyrique de l’homme de Vitruve et encore moins l’histoire de la création de l’homme !

    Elle surfait distraitement sur le net quand une petite icône surgit dans le coin de l’écran. Un message. Une de ses amies d’enfance lui annonçait qu’elle allait être grand-mère d’une petite fille. Toujours en panne d’écriture pour cette journée maussade, elle alla se réfugier dans « sa tour ». Son regard tomba sur un vieil album. Elle s’installa sur sa chaise de bureau et commença à le feuilleter….

    Une photo d’une classe maternelle. Soixante petites bouilles. Parmi tous ces visages, elle reconnut le « petit Jacques ». Un blondinet joufflu. Elle se souvint du premier bisou qu’elle donna à Jacques : celui d’un adieu.
    Deux enfants, face à face, les pieds joints et les jambes bien campées au sol, les bras en arrière tout comme le postérieur et les joues qui se rapprochent des lèvres en cœur et le cœur qui bat…

    Elle continua de tourner les pages… sa mémoire prit le relais des souvenirs émotionnels.
    A la rivière, les vacances, les soirées tièdes, les « à demain », ponctués d’un bisou où les bras se frôlent alors que les corps se tiennent à distance.
    Au cinéma, un bras passe doucement au-dessus d’une épaule et la tête s’incline, les battements du cœur rythment la bande-son.
    Les balades à vélo dans la campagne, le vent coquin qui soulève les jupes en Vichy, une main qui se tend pour aider dans une côte, le cœur qui s’emballe, effort ou émoi ?

    Un ballet fantasmagorique s’invente au fil des jours, au fil des nuits.
    Ce sont surtout les bras qui mènent la danse. Ils s’ouvrent, ils accueillent, ils se referment, ils enlacent un cœur qui bat de plus en plus fort.

    Premier bal sous les lampions : les doigts se croisent, les bras enserrent, l’odeur chaude de la peau enivre, frissons et émois troublent les sens. Les corps se rapprochent, les parents observent discrètement!
    « Vous permettez, Monsieur…. »

    La liberté ! Enfin….
    La bande de copains. Les premiers couples se forment. Pour certains, ils se déferont. Pour d’autres, ils dureront.
    Les rencontres secrètes à l’orée d’un bois, les escapades pour la journée de pique-nique, les bras et les jambes entrent dans la danse….

    Les bras se flattent d’avoir le cœur en leur centre.
    Les jambes flageolent.
    Le cœur s’emballe.
    Le corps s’enflamme.

    La fête, les fleurs, la musique et la robe blanche….
    Plus de conflit entre membres d’un corps, place à l’explosion d’un joyeux tintamarre !
    Cœur et sexe, bras et jambes forment un sextuor d’amour.
    Plus tard, un peu plus tard, le rose aux joues, on annoncera la nouvelle, l’heureuse nouvelle…

    … Elle le tenait, son article !

  11. MALLERET PEGGY dit :

    Chère Henriette vous venez de me faire passer un moment réjouissant, qui me donne envie de continuer. Vivement votre roman.

  12. Henriette Delascazes dit :

    Miel, j’ai beaucoup aimé votre texte qui pourrait faire une excellente suite au mien.

    Dans mon histoire il y a une suite dans un autre contexte, pour adapter au sujet j’ai dû tout de même en réécrire une partie.
    J’aime beaucoup votre texte.
    Bon week end
    Henriette

  13. Miel dit :

    Moi au contraire, je trouve cette amorce tellement belle qu’elle se suffit à elle-même… Tout est dit, rien à rajouter pour ma part.
    Mais au moment de conclure, quelques lignes, tirées par les cheveux, me viennent…
    (je répondais à partir du com de Stéphanie, je n’avais pas lu encore votre texte, Henriette, et je vous jure que je n’ai pas copié !:-)

    A peine l’homme était-il créé
 que ses membres commencèrent
à couper les cheveux en quatre :
 nous, ce qui nous rapproche beaucoup c’est le coeur, se flattèrent les bras,
alors que vous les jambes, ce qui vous séparent c’est le sexe.
    Dieu réfléchit. Il avait crée le cœur pour l’homme mais personne à aimer.
    Il avait crée le sexe mais personne pour en jouir.
    C’est alors qu’il créa la femme.
    Deux bras, deux jambes tout pareil mais avec quelques petites différences, histoire de ne pas se répéter.

    Les membres de la femme rencontrèrent la même division, la même rivalité que ceux de l’homme. Le haut en adversité du bas.

    Dieu réfléchit.
    Il manquait à ces deux êtres une vibration particulière, une essence élémentaire à la vie. Un point d’union.

    Il les dota alors d’une divine folie, une essence irremplaçable, l’amour-fusion comme une aspiration à l’unité originelle.

    Dès lors, les membres inférieurs et supérieurs des deux créatures se recherchèrent. Alignés désormais sur la même longueur d’onde.
    Les bras de la femme et ceux de l’homme, unis bientôt par un même cœur, et dans un entrecroisement de tendres tronçons de chair et de muscles saillants, furent irrésistiblement attirés les uns vers les autres dans un cœur à cœur émouvant.

    Les jambes féminines et masculines n’étaient pas en reste. Non plus séparées par le sexe mais au contraire réunies par lui, les unes par-dessus les autres dans un corps à corps éperdu.

    Naquit dans un entrelacs de membres une sorte de bête à deux dos, une déesse hindoue…

    Dieu fut satisfait. Ces deux-là seraient complémentaires à condition de ne jamais oublier l’amour.

    Il créa alors un ange qu’il appela Cupidon. Deux jambes, deux bras, un grand cœur espiègle mais pas de sexe.
    Il l’équipa d’un arc et lui intima de leur tirer en plein cœur, une flèche d’or comme piqûre de rappel chaque fois que le besoin s’en ferait ressentir.

  14. Henriette Delascazes dit :

    A peine l’homme était-il créé que ses membres commencèrent à couper les cheveux en quatre : Nous, ce qui nous rapproche beaucoup c’est le cœur, se flattèrent les bras, alors que vous les jambes, ce qui vous séparent c’est le sexe.
    Ainsi qu’il a été dit, Dieu aidé de Diable avait peuplé les cieux, la terre et les eaux de toutes sortes d’habitants.
    Au départ, ils se trouvaient fort satisfaits de leurs créations, mais très vite ils se lassèrent, car ils ne parvenaient jamais à se faire obéir ou même à communiquer. Ces habitants-là, qu’ils avaient appelés « animaux », étaient tous forts indépendants…certains comme les grenouilles ou les sauterelles bondissaient à leur arrivée en coassant ou stridulant bêtement. La cigale les agaçait, en plus ils ne la détectaient jamais, malgré le son infernal dont elle les assommait. Les majestueuses libellules, les fastueux papillons et les bellissimes volatiles dont certains avaient des couleurs luxuriantes soit tout le groupe dénommé oiseaux ou insectes s’envolait à tire-d’aile dès qu’ils se sentaient approchés. Aucune communication n’était possible avec ces animaux-là. Les poissons eux, glissaient béatement dans les ondes, totalement indifférents aux espoirs de leurs créateurs.
    Les autres animaux n’étaient pas plus démonstratifs : les renards glapissaient et ils avaient même remarqués qu’ils utilisaient la ruse pour s’esquiver à la moindre approche, les chiens aboyaient ou ne cessaient de poursuivre les chats, les vaches meuglaient stupidement, le dromadaire blatérait, la chèvre chevrotait, les singes se moquaient, le lion rugissait et les affolait, brefs aucun n’acceptait de coopérer. Leurs créations étaient toutes très égoïstes, se disaient-ils.
    Alors qu’ils désespéraient de concevoir un habitant plus raisonnable avec qui ils communiqueraient, ils réalisèrent qu’ils avaient surtout besoin de se faire aimer.
    Un angelot qui avait fait ami-ami avec un diablotin proposa :
    « Et si l’on créait un humain avec un vrai cerveau qui fonctionne ?
    — Oui, l’idée semble intéressante dit Dieu, heureux d’avoir été compris ;
    — Humm ! répliqua Diable, il faudra bien travailler le concept, car on n’a eu trop d’échecs. »
    Chacun dans ses ateliers, Dieu dans ses nuages blancs et Diable dans ses nuages noirs se retirèrent durant un temps. Puis vint le moment du brainstorming du lundi matin !
    Chacun exposa son idée, démontra son projet, ses plans, ses épures, les modes d’emploi, et les garanties qui convenaient… et c’est ainsi qu’après avoir voté : l’humain fut créé. La maquette fut acceptée à 52,6% des voix.
    Bien sûr, il fallait la peaufiner, mais là, ils travailleraient ensemble. Chacun dans sa spécialité.
    Dans le cahier des charges, il était dit que l’humain marcherait droit, debout sur deux jambes chacune posée sur un support plat qui s’appellerait… Pied, ce nom est tout bête d’ailleurs, mais il faillait y penser. L’angelot dessinateur décora même ce pied de petites boucles pour faire joli, qu’il appela d’un nom amusant : orteil. Voilà c’était tout bête.
    L’humain aurait aussi deux grands bras qui pourquoi pas se termineraient non pas par des pattes, mais par deux appendices ressemblants aux pieds, mais qui seraient plus habiles, plus agiles surtout. On proposa le nom de « Main » et les orteils que tout le monde trouvait jolis, se nommeraient « doigts » ça faisait plus manuel cette désignation-là.
    Il aurait tous les organes qu’ils avaient déjà imaginés pour les précédentes créatures, il fallait bien qu’ils fassent usage des kilomètres de tuyaux, de canalisation, de muscles, et des tas d’attributs dont ils n’avaient jamais connu l’utilité, mais qui grevaient leurs stocks. Ça leur permettrait en plus de nettoyer les hangars.
    Il aurait bien sûr une tête garnie d’un cerveau opérationnel, cette fois on avait amélioré le logiciel qui avait été oublié chez les autres, et pourquoi pas un cœur qui serait utilisé « pour les aimer ».
    On testa tous ces organes ils semblaient fonctionner et l’on procéda donc à l’assemblage.
    Cet humain que l’on avait au départ appelé HOMME, trouva que ce nom était trop banal et se choisit un prénom : il décida de s’appeler ADAM !
    Donc, Adam vécu là tout seul dans le Paradis terrestre au milieu de toutes sortes d’animaux avec lesquels il jouait pendant ses récréations, car Dieu et Diable lui apprenaient toutes choses qu’un homme doit savoir : la liste est trop longue je ne pourrais la détailler ici (mais en cherchant un peu vous la trouverez assurément !), ils modifiaient sans cesse le logiciel chacun ayant son idée. Mais Adam n’était pas très assidu et commençait à se lasser de ces leçons et surtout de devoir étudier toutes ces choses qu’on lui imposait. Adam était un rêveur.
    Il voulait s’amuser, mais là aussi il commençait à se démoraliser de toujours batifoler avec les chiens et les chats, les singes, les tigres ou les chèvres, la gent volatile n’étant pas très coopérante.
    Alors puisqu’il avait un cerveau formaté pour réfléchir il décida de faire une réclamation, à la fin d’une leçon où il n’avait pas vraiment participé, son esprit étant focalisé sur le choix de la réclamation, car il en avait beaucoup à faire.
    Il se lança :
    — À quoi me servent ces grands bras si je n’ai personne qui vient s’y blottir ? (Ni Dieu ni Diable n’avaient envisagé cette utilisation-là !)
    — À quoi me sert ce cœur qui ne bat que lorsque j’ai peur ?
    — À quoi me servent ces longues jambes si ce n’est à courir ou à fuir, je voudrais m’en servir pour danser, et surtout à quoi me servent ces choses qui me gênent entre mes jambes lorsque je cours (il faut préciser qu’en ce temps-là, au Paradis, Adam n’avait besoin d’aucune nourriture… ses organes étaient en jachère, personne encore n’avait trouvé d’utilisation à ce qu’ils avaient fabriqué !)
    Dieu et Diable écoutaient ses récriminations, un peu interloqués toutefois du culot de leur créature.
    — Monsieur Dieu, regardez, tous les animaux vont par paire. Vous, vous avez Diable pour vous distraire ou vous chamailler, les anges et les diablotins à commander, moi je voudrais bien un ami à mon image.
    Les créateurs semblaient un peu déçus du manque de reconnaissance d’Adam, mais accédèrent toutefois à sa demande (ils avaient tout de même remarqué qu’Adam faisait un gros burn-out, et les hôpitaux n’avaient pas encore été créées).
    Et c’est alors que malgré les réserves émises par l’ange Gabriel et après une nouvelle période d’études et de réflexions, et surtout pour que toute leur œuvre ne soit pas gâchée, ils améliorèrent leur concept qui semblait acceptable, et créèrent un nouvel humain différent de l’Homme qu’ils appelèrent FEMME. Ils l’offrirent à Adam qui s’en trouva ravi.
    Adam nomma sa femme Ève, ce nom lui plaisait bien.
    Ils furent heureux un long temps. Adam serrait Ève dans ses bras, et tout naturellement embrassa ses douces lèvres, parcouru fébrilement les collines de son corps et sans avoir besoin de leçon finirent par utiliser les parties qui Jusqu’à ce jour étaient à l’abandon… ! Ils en usèrent, abusèrent tant et tant à travers tant de temps, que vous connaissez tous la suite et les malheurs engendrés.
    (J’assume pleinement la folie de mon histoire. Elle fait d’ailleurs partie, un peu modifiée, de mon roman en cours de relecture : Modus Vivendi ©)
    Bon week-end à tous.
    Henriette.

  15. Christine Macé dit :

    A peine l’homme était-il créé que ses membres commencèrent
    à couper les cheveux en quatre…

    On a beau être au 25e siècle, c’est toujours le même raffut dans le bâtiment.
    Le locataire du bas, un certain monsieur Zizi, faut qu’il la ramène. Fanfaron et sur la brèche au moindre jupon qui passe dans le quartier, il ne manque pas une occasion d’attirer l’attention. Jouisseur et grand amateur de caresses, à ce qu’on dit, il est pourtant du genre changeant d’humeur et peut se révéler brusquement boudeur – parfois même totalement mutique au moment même où on attend qu’il exprime son talent ! Un gros susceptible en fait. Ces jours-là, ses voisines les sœurs Gambette n’en mènent pas large et se mettent au garde à vous, droites comme des I, pour faire corps avec le rabat-joie, en priant les jumelles de cesser leurs jeux de balles et de se tenir tranquilles jusqu’à la fin de l’orage qui ferait trembler l’édifice.
    Monsieur Cœur, lui, vit dans les étages. Un aristo qui joue les grands seigneurs. On le dit chef d’orchestre (M. Zizi l’appelle méchamment « le concierge ») et il ne dédaigne pas ce rôle de maestro. Bien que, dans une autre vie, il ait dû être garagiste car il parle à tout bout de champ moteur, pompe et contractions rythmiques. A moins que ce ne soit agent de la circulation, une autre de ses marottes, la circulation. Ou encore gymnaste : ses voisins de gauche et de droite, MM. Bras, en savent quelque chose, régulièrement contraints à des exercices physiques soi-disant destinés à garder souplesse et fermeté. « Ne l’oubliez pas : vous êtes des membres supérieurs ! » leur serine-t-il pour encourager leur ardeur. Mais ils vouent à leur professeur une profonde admiration. D’autant plus qu’ils se sont rendu compte qu’il cache un secret de taille : en réalité, c’est un grand romantique, toujours prêt à s’envoler sur les plus hauts sommets. Et quand il part en escapade, personne ne sait quand il en reviendra, et surtout dans quel état !
    Il ne dédaigne d’ailleurs pas d’emmener avec lui l’ensemble des locataires qui doivent marcher en cadence ! A l’exception de M. Zizi qui regimbe : obéir aux ordres n’a jamais été son fort et, par principe, il refuse de suivre le chef dans ses élucubrations. En bref, ces deux-là sont rarement d’accord et du train où vont les affaires, on a frôlé plus d’une fois la guerre des chefs.
    Fort heureusement, l’intervention d’autres locataires, moins bruyants et prônant la paix des ménages, a évité le pire : un armistice a été conclu et les belligérants renvoyés dos à dos avec ordre de faire perdurer le mieux possible cet habitat partagé dont chacun a le meilleur parti à tirer.
    Notez qu’il y a bien encore, en douce, quelques rixes entre les résidents des hauteurs et les costauds de la gonflette du rez-de-chaussée, mais avec les années, ça se tasse.
    C’est qu’avec les années, justement… Même s’il en est tout contrit, M. Zizi a dû se résoudre à recourir à la chimie pour conserver un minimum de jeunesse et de fringance. Aujourd’hui, le ViagrB fait fureur et plus personne ne craint d’aller réclamer ses pilules roses au pharmacien… sauf lui. On a sa fierté tout de même !
    Le jour où il rentre tout penaud de la pharmacie, M. Zizi tombe nez-à-nez avec le locataire de la « haute ». Pensif et sombre, au point d’avoir failli le renverser, le «maître» n’a pas fière allure, lui non plus, et tente maladroitement de dissimuler un petit sac en papier dont M. Zizi a le temps de voir qu’il provient de la même officine. Alors lui aussi prend « quelque chose » pour se maintenir en forme, retarder les effets du vieillissement, profiter encore un peu du temps incertain qui lui reste ?… Ça lui fait comme une bouffée de tendresse et il relève fièrement la tête face à son vieil adversaire : ils devraient peut-être en parler de leurs histoires de pannes maintenant qu’ils ont chacun leurs ratés. Il a sûrement quelques tours dans son sac, le vieux romantique, des trucs pour continuer à faire rêver les filles : vu que c’est bien connu, les gonzesses, c’est les mots doux qu’elles préfèrent, pas les killers…

    Bon dimanche, Christine

  16. Stephanie dit :

    « Nous, ce qui nous rapproche beaucoup c’est le coeur, se flattèrent les bras, alors que vous les jambes, ce qui vous séparent c’est le sexe. »

    Imaginer la suite ? Elle avait beau réfléchir ce matin rien ne lui venait. Enfin rien de bien intéressant. Sortir du sujet ? Poursuivre dans le registre du corps séparé ? Mais qu’est ce qui sépare les parties de notre corps ?
    Le corps ? La maladie ? Elle n’avait pas envie de parler de ce sujet là, surtout en ce moment.
    Ou alors trouver des objets en deux morceaux ? Une paire de ciseaux, une casserole a manche amovible. Les animaux ? Rapprocher, et séparer. Se mettre dans la peau d’une paire de bras.
    Oui des bras arrogants, musclés, qui n’en feraient qu’à leur tête. Ou bien raconter l’histoire d’un pantin désarticulé ?
    Non vraiment, elle trouva le sujet bien étrange. D’habitude les suites étaient plus simples, les deux premières phrases plus ouvertes. Elle se demanda ce que le coach littéraire avait bien pu vivre dans sa semaine pour avoir eu une idée pareille. Il s’était cassé la jambe ? Le bras ? Ou bien il avait croisé quelqu’un qui lui avait inspiré cette phrase mystérieuse. Ou alors il n’avait pas eu d’idées. Il était à cours d’exercices. Elle referma sa tablette dubitatif. Elle attendrait le prochain exercice samedi prochain.

  17. A peine l’homme est-il créé qu’ils commencent
    à se couper en quatre, en huit, en seize et ainsi de suite
    Ils s’organisent rapidement. Accrochés à la paroi, ils récupèrent les éléments nécessaires pour grandir.
    A ce stade, une différence apparaît entre ce qui sera le haut et le bas
    La forme est grossièrement allongée
    Au bout de quelques mois ; « ils » sont devenus la tête, le profil, les bras, le ventre.
    Dans certains cas favorables, (ça dépend de la position des jambes), il est possible de voir le sexe et si les bras s’écartent, on peut voir battre le cœur.
    La dernière contraction sépare les jambes, le sexe apparaît : c’est une fille !
    Un joli cœur, sur lequel se rapprochent les bras du papa.

  18. charly dit :

    Oui, mais quand la femme fut créée, on inventa le cerveau. Dès lors le cœur qui rassemblait les bras fut surmonté de deux trésors sexuels et les jambes furent débarrassées à jamais de leurs grosses entraves pendantes pour céder place à ce nid d’amour vénusien qui nous prolonge.

    Et c’est drôle, maintenant tout le monde en veut ! Même les hommes qui ont un cerveau. Plus intéressés par le tanin des vieux fûts que par le lait de la mamelle, ils cherchent toujours à humer le téton nourricier qui les sécurise et leur promet la richesse. La bonne fortune sera plutôt ferme et volumineuse sans excès, plutôt bien maintenue. Certains jouent la longévité avec la poire, d’autres l’hygiène avec les gants de toilette. Tous y trouvent leur festin. De rares cas s’y ennuient et préfèrent le vent de la plaine.

    Au-delà de ces montagnes voluptueuses, le passant devant la grotte s’émerveille ;

    à la recherche de quelques grenouilles humides à consommer telles quelles.

    Jadis, ils en sortirent par la tête affrontant une lumière insolente qui leur brûla la rétine ;

    aujourd’hui de retour, ils défricheraient volontiers ce bois joli pour y placer leur pine.

    Mais mon cœur se réjouit devant celle que j’aime,

    Les bras m’en tombent, et mes jambes flagellent.

  19. Durand Jean Marc dit :

    A peine l’homme était’il créé que ses membres commencèrent à couper les cheveux en quatre: Nous ce qui nous rapproche beaucoup c’est le coeur se flattèrent les bras, alors que vous les jambes, ce qui vous sépare c’est le sexe.

    Holà, holà … s’agitèrent les doigts,visez moi ces quatre vulgaires bâtons, les voilà embarrassés d’une bien belle importance.

    Allongés, ils ne servent à rien, encombrent le sommeil. Sans nos bouts, que seraient ils ??

    Les bras pour l’amour, va savoir à quelle pieuvre tu succomberas, à quel labourage du coeur ?

    Alors qu’avec les doigts existe la simple dextérité de l’onanisme.

    Quand à vos jambes, censées vous transporter vers le lapin de vos extases, que seraient t’ils sans vos pieds…rien!

    Redessinons donc la géographie de nos corps. Rapprochons les oreilles de notre cerveau, réajustons nos yeux sur notre moelle épinière.

    Le dessin de Léonard de Vinci enferme bien le corps humain dans un cercle clos:Des ailes sans plumes et des pattes sans écorce.

    On y verrait bien une marionnette en mal d’agitation dont le nombril serait encore le centre.

  20. « Ce qui nous rapproche beaucoup,
    C’est le coeur, se flattent les bras,
    Mais ce qui vous sépare, vous,
    Les deux jambes, tas d ‘ échalas,
    C’est le sexe, ce grand grigou ! »

    Comme naguère, avec Gaster
    A qui les membres firent guerre,
    Convoquons Jean de la Fontaine
    Afin d’apaiser cette haine
    Entre nos trois paires en peine.

    Ce fabuliste fabuleux
    A mêlé morale et licence
    En apologue délicieux.
    Sous son aile, ma plume danse
    En quelques vers licencieux.

    Parfois, quand l’amour nous fait peur,
    On lui adresse un bras d’honneur
    On prend ses jambes à son cou,
    La queue basse, alors, pour le coup,
    Des bras, des jambes, chacun coud !

    Mais quand le sexe nous habite,
    Suggérant rimes équivoques,
    Bras, mains et doigts, on sollicite,
    Et notre coeur bat la breloque
    Dans un va – et – vient sans limite.

    Notre corps étant un grand tout
    Évitons – en le découpage,
    Les têtes à queue et les ragoûts
    Et efforçons – nous d’être sages
    Surtout quand nous faisons les fous.

    • Fanny dit :

      Félicitations, Jean Louis. Je ne suis pas férue de poésie (exercice des plus difficiles) mais votre poème a attiré mon attention : c’est un petit chef d’œuvre et que dire de sa morale avec ses deux verbes évitons et efforçons nous. Cordialement. Fanny

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