Exercice inédit d’écriture créative 212

cuillere-et-fourchetteUne fourchette et une cuillère papotaient
autour d’une assiette

en attendant l’arrivée d’un couteau.

Sais-tu ce qu’une de mes soeurs a découvert
dans notre arbre généalogique ? s’exclama la fourchette.

Non…
– Une fourche !  t’imagines ?

Vous êtes invité à imaginer la suite

24 Responses

  1. geraldine dit :

    Une fourchette et une cuillère papotaient
    autour d’une assiette
    en attendant l’arrivée d’un couteau.
    Sais-tu ce qu’une de mes soeurs a découvert
    dans notre arbre généalogique ? s’exclama la fourchette.
    Non…
    – Une fourche ! t’imagines ?
    – Oui très bien mais en es-tu sûr ?
    – Commet ça ? bah oui si elle l’a trouvée elle a existé !
    – oh tu sais moi la généalogie, je m’en méfie…
    – pourquoi donc ? tu es jaloux c’est tout
    – moi jaloux ? mais je n’ai rien a t’envier ! Figures toi, que mon grand-père me racontait l’autre jour, l’histoire de notre famille : Comme tu le sais, il descend tout droit de la grosse louche qui est dans la cuisine. Mais ça c’est ce qui est écrit sur les papiers ! en fait, son arrière arrière grand-mère avait fait « alliance » avec le pochon et ça… ça ne se raconte pas dans la famille, tout le monde en a honte !
    – Baliverne !
    – Ah oui, par ce que tu crois que je préfère avoir une louche comme ancêtre ? Tu parles, une louche en plastique !
    – Oui mais de chez Tupperware !
    – ah ah que tu es drôle ! moi, si je te confesse mon histoire, ce n’est pas pour que tu te moques. C’est pour éviter que tu t’inventes une vie. A l’époque, les femmes devaient se divertir pendant que les hommes partaient pendant des semaines, voir des mois… on ne sait où d’ailleurs… peut être avons nous des oncles et tantes qui se promènent sans même que nous nous doutions de leur existence.
    – En admettant que tu ais raison, comment dois-je faire pour savoir ?
    – Demande à tes parents, tes grands-parents ! mais si l’adultère est trop récent, ils risquent de nier l’évidence et ne te retraceront que se qu’ils veulent bien !
    – Chut, le couteau arrive… je me renseigne et je reviendrai te voir. En attendant, finissons notre repas.

    Après plusieurs semaines, la cuillère demanda à la fourchette où elle en était dans ses recherches.
    – Figures toi que tu avais raison, en fait, je n’ai aucun ancêtres !
    – Mais ce n’est pas possible ça !
    – Comment ça ?
    – Eh bien tes parents ont bien des parents qui ont des parents ???
    – Non pas du tout !
    – qu’est-ce que tu me chantes ?
    – Je ne suis que le fruit d’une production industrielle, pas de quoi faire une caisse ! Je n’ai pas d’histoire et j’en aurais jamais
    – Oh là… ça sent la déprime ! mais si tu as déjà TA biographie ! A toi maintenant d’être la souche !
    – Mais avec qui ?
    – Avec quelqu’un que tu aimes bien, qui partage ta vie quotidienne, tes secrets…
    – Oui ! ce n’est pas bête ça ! Je vais vite aller voir le couteau, depuis le temps qu’il me tourne autour !

    C’est ainsi que la cuillère a disparue peu à peu de nos tables quotidiennes, elle ne fait que des apparitions furtives car son traitement pour la dépression est très lourd et qu’elle doit accepter la réalité, la fourchette ne l’aimait pas…

  2. Clémence dit :

    Une fourche !  t’imagines ?

    Il est dix-sept heures, le repas est prévu à vingt heures, j’ai le temps de te raconter ! L’histoire est un peu longue, la fin stupéfiante, mais toutes deux méritent ton attention !

    Au douzième siècle, un chevalier, Templier à ses heures revenait d’une des premières Croisades, fatigué et écœuré de tant de barbarie.
    N’ayant pas le courage de rentrer au pays pour y narrer ses exploits, il préféra quitter le bateau de nuit sur une barque légère. Il accosta dans une anse , au Cap Corse.

    Les gens du pays ne lui posèrent guère de questions ! Il s’installa, se fit construire un château, s’offrit le titre de Seigneur De La Mare, puis, il prit femme et assura sa descendance…par des mâles bien bâtis !

    Les années passèrent par dizaines… Il arrive parfois que trop de bonheur nuit au bonheur … c’est ce qui arriva à la descendance du Seigneur du Cap Corse.

    En ce début de seizième siècle, le malheur s’installa aussi brutalement que le bonheur s’ était installé tranquillement. Alors que le seigneur était parti à la chasse, le feu se déclara au château et du terrible brasier, rien ne sortit indemne. Épouse et enfants périrent. Pierres, meubles et objets semblaient être passés dans un «broyeur- réducteur ».
    Devant tant de désolation, le seigneur glissa quelques souvenirs dans sa gibecière : tessons de verres et une fourche quasi intacte, sinon que le feu l’avait transformée en modèle réduit…
    « On ne sait jamais, comme arme de poing… ». La vue des paysages sublimes ajoutaient tant de douleurs à sa peine qu’il décida de partir.
    Peu de bagages… ce qu’il portait ce jour maudit et sa besace. « A nous Paris » se dit-il amèrement.

    Il traversa la Provence et la trouva apaisante.
    La vie étant plus forte que tout malheur. Il s’y fixa , fonda une famille. Ce bonheur tout neuf inclut bien sûr la besace, héritage oh combien sacré!

    Un fils naquit, puis arriva un petit fils….qui, manifestement avait l’amour des chevaux.
    Trop petit pour accomplir tous les soins, il confia sa peine à son grand-père. Celui-ci alla chercher « la besace » et en sortit la petite fourche…celle-ci prit vie en rendant de bons et loyaux services !

    Mais, allez savoir pourquoi la bougeotte s’empara de ce jeune damoiseau . Il décida, quoiqu’il lui en coûtât de quitter cette si belle Provence, de finir cette remontée amorcée par ses aïeux : des Terres Saintes en passant par la Corse, jusqu’à Paris..
    Il partirait sans aucun bagage, si ce n’est la besace !… encore elle, toujours elle….et une bourse pas trop légère !

    A Paris, il rencontra une belle dame, ce fut le coup de foudre…Le père de la Belle, orfèvre de métier et bien argenté ainsi que le courage du jeune homme furent les bases d’une réussite fulgurante !
    Tout était source de plaisir ! du plus petit au plus grand !

    Ainsi, la Belle aimait les fraises, le jeune homme la portait !
    (Savez-vous que c’est de cette mode que naquit l’expression « ramener sa fraise »)…

    –  Pas simple de goûter aux douceurs de ce fruit quand votre fraise déployée en vaste éventail vous empêche de porter la main à la bouche ! 
    – Vous faut-il une fourche, cher mari, pour porter ce fruit à la bouche ?  chantonnait sa Belle avec un sourire coquin..
    Il n’en fallu pas plus, notre homme, devenu marquis, prit la mouche et « la » fourche et alla trouver son orfèvre de beau -père.

    « Faites-moi, je vous prie, un appareil semblable, adapté à ma main et dans lequel s’incrustera un tout petit morceau de cette fourche en mémoire de mes ancêtres ! »

    L’orfèvre réalisa une petit fourche en argent, aux dimensions parfaites, à la courbe sensuelle. Au dos du manche, un mini médaillon de fer et, sur le devant, les armoiries finement ciselées : vraiment, de la belle ouvrage !
    Cependant, en répondant aux attentes de son gendre, l’orfèvre travailla à l’encontre des us de la Cour de France car le couvert se dressait, pointe vers le bas afin de mettre en valeur les armoiries !

    Dès ce jour et au fil des générations De La Mare, un véritable casse tête s’installa, suscitant moult discussions à chaque repas de cérémonie… « Comment placer cet ustensile unique : selon les us de la Cour ou dans le respect de la tradition familiale ? »

    Mais, que le temps passe vite, s’écria la fourchette toute émoustillée… il est déjà dix-neuf heures …. tu vas voir, dès que le couteau arrivera, le ballet des discussions commencera et j’en serai la cause….

    Ah …soupira la cuillère…« Si non è vero, è bene trovato »

  3. Françoise -Gare du Nord dit :

    Une fourchette et une cuillère papotaient autour d’une assiette en attendant l’arrivée d’un couteau.

    – Sais-tu ce qu’une de mes sœurs a découvert dans notre arbre généalogique ? s’exclama la fourchette.

    – Non !!!!!!!

    – Dis donc, tu n’es pas à prendre avec des pincettes aujourd’hui et tu n’as pas l’air non plus d’être dans ton assiette! Alors dans mon arbre généalogique, il y a une fourche ! T’imagines ?

    – Tout à fait ! Cela ne me surprend guère. Sous le couvert d’argent, l’étable et l’écurie sont encore bien palpables. Ton aïeule a dû brasser des quantités de paille souillée, de foin et de feuilles mortes

    – Et toi ! As-tu vu d’où tu viens ? Ta mère a toujours été louche, tout juste bonne à servir la soupe

    – C’est d’avoir pris de la bouteille qui te rend si piquante ?

    – Tu es jalouse parce que le couteau et moi faisons bon ménage.

    – Moi, jalouse de ce pique-assiette qui a toujours un verre dans le nez? Enfin ce que je constate c’est qu’il n’est toujours pas là. Je crois bien qu’il t’a laissée en carafe.

    – Tu n’as aucune chance avec lui. Il raffole des dessous de table coquins et avec toi c’est plutôt la ménagère de plus de 50 ans

    – Tu es cruche. Tu ne t’aperçois pas qu’il fait du plat à tes sœurs ? Elles sont toutes passées à la casserole, tu peux me croire

    – Ecoute. Tu veux que je te rende un service ? Commence par perdre tes rondeurs et on te verra aux hors-d’œuvre

    – Mais que crois-tu ? Que, moi qui suis faite au moule, je vais m’aplatir parce que c’est la mode des planches à pain?

    Cette conversation à couteaux tirés se termina par la défaite, en cinq sets, de la fourchette qui fut à ramasser à la petite cuillère. Sur ce coup-là elle n’eut guère de bol et perdit trois de ses pointes. Désormais elle erre sur le chemin de table comme un simple cure-dents.

  4. Perrat Pascal dit :

    Un festival de jeux de mots ! Sur ce, je vais passer à table.

  5. halimi dit :

    Une fourchette et une cuillère papotaient
    autour d’une assiette
en attendant l’arrivée d’un couteau.
    Sais-tu ce qu’une de mes soeurs a découvert
    dans notre arbre généalogique ? s’exclama la fourchette.
    Non…
    – Une fourche ! t’imagines ?

    -A trois jours du mariage avec Mon couteau à beurre…!
    S’il apprend ça, c’en est fini ,j ai plus qu à chercher des baguettes en bambou !

    -Mais pourquoi elle a cherché tes ancêtres , ta soeur?

    -Elle est oxydée de jalousie.
    En fait, elle,elle a fait un mariage louche avec une grosse cuillere en plastique !
    Elle ne supporte pas l’idée que je puisse passer au rang de ménagère en argent.
    (buvant un troisième verre de rouge)
    Tu sais ,je me suis donnée du mal !
    J’ai pris des leçons,des heures de cours à savoir où me placer entre la fourchette à huitres et la louche à caviar…
    Ah !je la déteste, elle m’a toujours humiliée :me traitant de mi-dinette !
    Oui, je le sais d’ où je viens et je n’ en ai pas honte et je sais que je l’aime et qu’il m’aime aussi ,avec lui je me sens vivre à pleine dent!(hic!)
    Puisqu’il en est ainsi , je vais le lui dire d’ou je viens :comme un cadeau de mariage et “s il renonce et qu’ il annule tout !”
    j’irai me faire hara kiri devant elle !

  6. En fait, l’ancêtre de la fourchette, c’est la cuillère
    A l’origine, la fourchette qui s’appelait encore cuillère
    Avait le crane aussi luisant qu’un sou neuf.
    C’était sans compter sur le couteau, son voisin de table
    qui s’était mis dans la tête de devenir coiffeur
    Et pour l’apprentissage, avait pris sa copine
    Pour cobaye.
    Il voulait s’exercer à lui faire la raie au milieu
    Mais ce fut un carnage, comme on le devine
    Le couteau s’acharna,
    S’y reprit à trois fois.
    Mais ne céda pas.

    La cuillère se retrouva pourvue de quatre embouts pointus
    Comme des tifs dressés sur la tête.
    Ainsi est née la fourchette.

  7. Nadine de Bernardy dit :

    Déjà agacée d’être plantée là, sous la pluie, depuis une bonne demi-heure, en compagnie d’une fourchette tout ce qu’il y a de plus ordinaire, à attendre ce couteau de malheur qui n’arrivait pas, la cuillère en argent portant des armoiries au bout renflé de son manche, rétorqua, hautaine:
     » Et cela vous étonne ? Vous croyez quoi, que vous descendiez d’une lignée de fourchettes de la noblesse ? Comme moi?
    Vous n’êtes qu’en inox me semble-t-il, et vous avez surtout servi dans les cantines plutôt que dans les salles à manger . Non ?
    – Ah,y avait longtemps que Mâdame ne m’avait pas fait le coup de la cuillère de haute lignée! – gouailla sa voisine – mais ma vieille, pardon, ma très chère, si t’étais si sûre de toi, tu ramènerais pas sans cesse ton pedigree sur le tapis . Non?
    Oui! j’ai servi dans des cantines, mais pas n’importe lesquelles . J’ai nourri des ouvriers affamés, éreintés par des heures de travail à la chaîne. J’ai permis à des enfants de manger au moins un repas équilibré par jour. J’ai même été en colo avec de jeunes handicapés.
    T’as connu tout ça toi ? Non, je crois pas, t’as juste servi à une marquise pour touiller,le petit doigt en l’air, un thé chaud dans un salon de riches.
    Tandis que moi, on m’empoignait avec force,on piquait mes dents avec appétit dans la nourriture,on me portait à la bouche avec un aaah! de plaisir,on me léchait pour ne rien gâcher….
    – Fi,assez de ces évocations vulgaires – gémit la cuillère – un peu de tenue, même si vous descendez d’une fourche
    – Ouais, et j’en suis fière. Tu descend de quoi toi, d’une louche – ironisa la fourchette C’est beau une fourche,c’est utile, ça demande de la force, de la sueur pour la soulever. C’est puissant quand ça lève du foin, du fumier…
    – Stop,pitié,ne recommencez pas. Tiens d’ailleurs voilà Monsieur notre couteau qui daigne arriver.
    – Salut les filles. Mes excuses pour la retard, mais j’étais coincé dans un bouchon. Ca va?
    – Ouais le rigolo,on discutait ancêtres
    – Oui mon cher,bien sûr et vous ?
    – Ca baigne – dit le couteau – montez dans mon carrosse, ils vont s’impatienter au resto. »
    Et nos trois personnages roulèrent à bonne allure vers leur destin en dents de scie.

  8. ourcqs dit :

    Sais-tu ce qu’une de mes soeurs a découvert dans notre arbre généalogique ?s’exclama la fourchette.
    Non…
    – Une fourche ! t’imagines ? je suis très fière, un hommage aux paysans travaillant la terre, nourrissant la famille, façonnant les paysages. Dorénavant, je m’occuperai de tous les légumes avec plus de considération. J’ai approfondi , très courue en ce moment, la recherche des origines, et nous avons des ancêtres à trois dents, tu savais ?? c’ était un attribut de Neptune, qui régnait sur les eaux, c’est quand même classe … des racines romaines, gréco-romaines ..
    – Oui,oui, peut-être, mais à ta place, j’irai encore plus loin, et parfois les aïeuls sont surprenants, moins reluisants, quoique très puissants . Tu as du entendre de sombres histoires de diable ou quelconque Lucifer avec une queue fourchue, et un trident, tu vois, une nouvelle branche ????
    Attention à la séduction de ces suppôts de Satan … et à leur fourche

  9. Françoise dit :

    Une fourchette et une cuillère papotaient
    autour d’une assiette
    en attendant l’arrivée d’un couteau.
    Sais-tu ce qu’une de mes soeurs a découvert
    dans notre arbre généalogique ? s’exclama la fourchette.
    Non…
    – Une fourche !  T’imagines ?
    -et tu l’as cru ? D’abord c’est quoi un arbre généalogique ? Elle a déjà été dans la forêt ?
    Comment le saurais-je, tu sais très bien que je n’ai pas d’instruction, je n’ai jamais été à l’école, sauf une fois où le petit monsieur m’a emmenée dans son sac de pique-nique. J’y pense, ce jour-là le maître a parlé de généalogie, d’Adam et d’Eve.Un élève l’a d’ailleurs interrompu pour lui dire que l’homme, descendait du singe. Le Maître après avoir tapé sur la table , a continué et leur a rappelé que le malheur de l’humanité venait du fait qu’Adam avait croqué dans la pomme !
    Ils n’avaient pas de couverts ?

    <je ne crois pas. La seule chose dont je suis sûre c'est que lors de la révolution française, les fourches existaient, même qu'is piquaient parfois des têtes au bout !

    Le couteau arrivé se mêla de la conversation pour acquiescer et ajouter :
    je me souviens, il y a peu, dans la cuisine, ils ont posé une tête dans un plat. Je fus effrayé pensant que c'était peut-être la tête du maître mais je fus tout de suite rassuré quand j'entendis la cuisinière, un couteau boucher à la main, s'exclamer en disant « elle est belle cette tête de veau »
    La cuiller et la fourchette rirent de bon cœur mais des pas se firent entendre. Tous se turent conscients de leur rang. Une main féminine vint et ajouta , cuiller à café, fourchette à dessert, fourchette à huîtres,couteau à poisson .
    Puis ce fut l'arrivée des convives .Ils firen t silence et essayèrent de tenir leur fonction. Ils finiraient leur conversation dans le lave-vaisselle.

  10. Sabine dit :

    Une fourchette et une cuillère papotaient autour d’une assiette en attendant l’arrivée d’un couteau.
    — Sais-tu ce qu’une de mes soeurs a découvert dans notre arbre généalogique ? s’exclama la fourchette.
    — Non…
    — Une fourche ! T’imagines ?
    — Wesh, wesh, ç’est ça… Et la grand-mère des brochettes c’est la broche. La grand-mère des miettes, c’est la mie, et celle de l’andouillette c’était une andouille ! Ha, ha, ha…
    — Arrête de te moquer de moi. Et tais-toi, voila le couteau. Tu vas encore l’offusquer avec ton langage.
    — Et l’ancêtre du couteau c’était quoi ? Une tronçonneuse ? Yo l’ couteau, c’était quoi tes ancêtres ?
    — Des silex, évidement. Pourquoi ? Et toi, qui étaient tes ancêtres ?
    — …
    La fourchette :
    — Pfeuuu ! Nous avons de nobles outils, comme ancêtres. Elle, elle a une louche ! C’est pour ça qu’elle ne te répond pas !
    Le couteau :
    — Chuuuuuuut, voilà le grand-père. Ho, il n’est pas de bonne humeur, il a ses lunettes au bout du nez !
    La cuillère :
    — Et l’ancêtre des lunettes, c’est la lune ?

  11. Christine Macé dit :

    Une fourchette et une cuillère papotaient en attendant l’arrivée d’un couteau.
    – Sais-tu ce qu’une de mes sœurs a découvert dans notre arbre généalogique ? s’exclama la fourchette.
    – Non…
    – Une fourche ! t’imagines ?

    – Arrête, c’est une blague : qui va croire ça ! Si la rumeur se met à enfler, tu n’auras qu’à leur mettre sous le nez le bas de ton joli dos à ces pisse-froid, et ton tatouage style armoiries grand siècle, ça leur rabattra leur vilain caquet ! Une fourche dans la lignée : je rêve ! Et puis quoi encore ! Jusqu’à preuve du contraire, on n’a jamais donné dans les basses besognes ni fricoté avec le jardinier, le cantonnier ou pire, le fossoyeur ! Le premier qui me conte cette fable, je lui sors les crocs et je lui crache au visage que nous, tout ce qu’on a jamais piqué ce sont de belles cuisses de poulet bien dodu, pas des têtes d’aristos à la Révolution !
    – Tu as raison ! Mais qui a bien pu faire courir de tels bruits, et pourquoi ?!
    – Je ne serais pas étonnée ça vienne des fourchettes à escargots : j’en ai repéré une qui cherche toujours à médire avec ses deux pauvres petites dents. Depuis l’arrivée des écolos, les gastéropodes, même beurrés à l’ail, ne sont plus affichés au menu et elles restent coincées dans leur ménagère capitonnée. Alors qu’on a su s’adapter au changement de modes et même gagné des parts de marché, comme dit Charles-Henry, en passant du grand salon à la cuisine où je ne dédaigne pas de paraître pour un petit dîner « en toute simplicité », une nouvelle lubie de Marie-Caroline. Sans pour autant nous mélanger avec l’inox : notre argenterie a son rang à tenir, sacrebleu ! Allons, redresse-toi : voilà le couteau, avec son air un peu raide de major d’homme. Fais-lui un beau sourire, montre-lui tes quenottes et tes jolies courbes, je suis sûre que tu as toutes tes chances ! Et ne t’inquiète pas pour les médisants, je veille au grain : qui s’y frottera s’y piquera !

    Bon dimanche, Christine

  12. Tissier mireille dit :

    Une fourchette et une cuillère papotaient autour d’une assiette
    en attendant l’arrivée d’un couteau.
    – Sais-tu ce qu’une de mes sœurs a découvert dans notre arbre
    généalogique? s’exclama la fourchette
    – Non…………..
    – Une fourche ! t’imagines?

    Une fourche ? ce grand machin qui sert à retourner le fumier des vaches? demanda
    la cuillère avec dégout. Quel déshonneur pour nous !
    – Ne m’en parle pas répliqua la fourchette, j’en perd mon latin rien
    que d’y penser.
    Silence de consternation avant que la fourchette ne
    reprenne la parole.
    – C’est indécent, nous issu d’un si bon milieu. Je ne vois pas comment
    une simple fourche, pourrait comme moi planter délicatement
    ses dents dans un bon plat de noix de saint- jacques à la Normande
    ou dans les plats les plus raffinés.
    – Et moi, renchérit la cuillère, plonger dans un succulent potage.
    – C’est certain, rien à voir avec le côté dépravant de sa fonction.
    Un bruit au côté de la cuillère les fit soudain sursauter, le couteau
    les jugeait avec désapprobation.
    – Ah ! je vous reconnais bien là, encore à dénigrer. Vous n’êtes
    que des pipelettes. N’oubliez pas que cette fourche à fait de grandes choses.
    Elle n’a pas servit qu’à retourner le fumier, mais aussi à retourner
    la terre pour nourrir les hommes et que vous puissiez planter
    votre médisance dans ses efforts au combien pénible
    pour le bien de chacun.
    Ces dernières paroles laissèrent la fourchette et la cuillère sans voix…
    mais les obligèrent à méditer sur leurs propos.
    Pour tout dire : la tolérance.

  13. Antonio dit :

    – Ouais et après, pas de quoi en faire un foin !
    – Mais tu ne te rends pas compte, une fourche dans mon arbre, ça veut dire…
    – Quoi ?
    – Que j’ai un père et une mère, des ascendants, je suis née artisanalement, pas issue de la procréation industriellement assistée !
    – Ah ouais ? s’enthousiasma la cuillère sur le dos, de la crème de poireaux sur le nez fixant l’ampoule au plafond depuis le début de la conversation. T’en as de la chance, toi… Et t’as pu voir leurs noms ?
    – Non ! répondit l’intéressée, appuyée sur le rebord de l’assiette pour mieux apercevoir sa compère qui bronzait. Mais déjà, je sais que je viens d’une lignée de couverts, comme les Degrenne que l’on sort qu’à Noël et aux grandes communions.

    Débarqua alors un couteau, Laguiole certifié, qui fut délicatement posé à côté de la cuillère, sa tête lui faisant face.
    – Salut !
    – Et ben mon cochon, tu t’es fait attendre ! dit la tête creuse au second couteau après que le premier s’eut cassé les dents sur la viande du jour.
    – C’est quoi au menu ? demanda poliment le jeune couvert réputé plus affûté que son prédécesseur.

    La cuillère n’eut pas le temps de répondre que la fourchette et lui se retrouvèrent nez à nez devant une semelle de bœuf de cinq centimètres d’épaisseur porté sur les nerfs.
    – Bon courage ! sourit sa collègue au travail, les dents plantées dans la côte de la pauvre bête.
    – Mon dieu ! s’écria la fine lame, je ferais mieux de couper les élans de la cuisinière. C’est une catastrophe !
    Il s’exécuta avec force et efficacité offrant un premier morceau à sa partenaire.
    – Quoi de neuf, sinon ?
    La fourchette porta en bouche le premier chargement qui semblait ravir des lèvres grandes ouvertes.
    – Tu sais que l’on m’a trouvé des ascendants. J’ai un père et une mère artisanaux.
    – Ah ouais ? s’enthousiasma à son tour le couteau, sciant sang et os la côte de bœuf dans une guerre des nerfs. Et tu connais leurs noms ?
    – Non ! répondit à nouveau la fourchette en équilibre fragile sur le gras de viande. Mais je descends peut-être d’une grande lignée de couverts.
    – Certainement, trancha le coupeur de bête au bout de son effort. Mais des fois, tu sais, mieux vaut ne pas savoir !
    – Pourquoi ?

    Les dents s’immobilisèrent sur le nouveau fragment de viande libéré. Un silence se fit alors, les deux couverts furent posés sur chaque rebord de l’assiette comme une pause gracieusement offerte par le convive.
    L’artisan boucher à la lame ensanglantée en profita pour répondre.
    – J’ai connu une fourchette comme toi, il y a quelques années de ça. Elle a fait la même découverte.
    – Et alors ?
    – Elle a fini dans un musée, immobilisée à vie derrière une vitre, sans voir ni parler à personne sous une petite lampe qui ne s’éteint que la nuit. Je ne te le souhaite pas. T’es pas heureuse ici avec nous ?

    La fourchette venait de se casser les dents sur son rêve. Elle lâcha son colis qui retomba dans l’assiette alors que s’en s’y attendre le chargement précédent le rejoignit dans une projection qui semblait venir de très haut.

    – C’est bien la peine de se donner tant de mal, soupira le couteau dégoûté.

  14. George Kassabgi dit :

    Une fourchette et une cuillère papotaient autour d’une assiette en attendant l’arrivée d’un couteau.
    – Sais-tu ce qu’une de mes soeurs a découvert dans notre arbre généalogique ? s’exclama la fourchette
    = Non…
    – Une fourche ! t’imagines ? = Non, mais cela m’inquiète donc encore plus.
    – Quoi ? je ne te comprend pas…
    = Cela m’inquiète encore plus car de plus en plus tu t’enfonces dans ce que tes soeurs te racontent. Je les ai bien remarquées à plusieurs reprises en train d’écouter sans poser de questions un type qui se présente à merveille, qui parle bien et annonce que tous ses savoirs sont sans failles.
    – Mais c’est important de tout savoir et de bien savoir !
    = Ma chère fourchette… il ne faut pas tout mélanger… un arbre c’est organique, cela se nourrit, il grandit et cela bouge en quelque sorte… tandis que toi et moi nous sommes des miettes de métal et si on veut parler d’évolution il faut aussi souligner qu’il y a évolution naturelle et aussi et de plus en plus des évolutions artificielles.
    – Tu compliques toujours tout… que veux-tu dire par artificielles ? il y a bien des fourches et des fourchettes ! donc…
    = Laissons tomber… le couteau a pris sa place… la soupe suivra… et que la machine à laver la vaisselle nous maintiennent en bonne forme !

  15. Marie Pierre Robert dit :

    Une fourchette et une cuillère papotaient autour d’une assiette en attendant l’arrivée d’un couteau.
    Sais-tu ce qu’une de mes sœurs a découvert dans notre arbre généalogique ? s’exclama la fourchette.
    Non…
    – Une fourche ! t’imagines ?
    -Tu devrais être fière car les fourches sont des êtres puissants d’une lignée de seigneurs de la terre, ce sont eux qui la foulent, la malaxent, l’attendrissent, l’éventrent pour y créer la vie?
    – sais tu qu’ils sont présents dans le monde entier, depuis sa
    Création?
    -Sais tu que toutes les terres de la planète sont passées entre leurs dents de bois , d’os ou de fer?
    -sais tu qu’ils ont aidé les paysans lors de la révolution française ?
    -Sais tu?
    -Tu ne sais rien en fait!
    – L’un d’entre eux a été transporté sur la lune pour tenter de l’ensemencer des produits de notre terre et figure aujourd’hui au musée de la conquette spatiale!
    Alors que toi qui es tu? ta terre , c’est cette assiette , tu piques, tu tries, tu amasses, tu peux juste t’ennorguellir de ta parure argentée les jours de fête? Reliquat d’une époque révolue, comme moi d’ailleurs.
    Sur ces paroles arriva le couteau qui avait tout entendu et qui trancha.
    – cessez ces querelles de classe, nous avons tous dans nos lignées deś « casseroles » et des soupières, l’important est ce que nous adviendrons avec ces legs du passé.

  16. Kacyne B. dit :

    Une fourchette et une cuillère papotaient autour d’une assiette en attendant l’arrivée d’un couteau.

    -Sais-tu ce qu’une de mes sœurs a découvert dans notre arbre généalogique? s’exclama la fourchette.

    – Non…

    – Une fourche! s’indigna-t-elle.

    – Il n’y a pas de quoi en faire un plat. Fourchette, c’est… une petite fourche, c’est mignon, non? rétorqua la cuillère.

    – Certes, mais ça manque de noblesse!

    – Mais tellement utile même si elle n’est pas argentée! Tu appartiens à une maison d’aristocrates, ce n’est pas une raison pour mépriser la basse cour!

    – Loin de moi cette idée, minauda la fourchette.

    – N’oublie pas que les seigneurs ont utilisé sans vergogne les fourches patibulaires.

    – Les fourches…

    – Patibulaires. Des gibets!

    Horrifiée, la fourchette essaya de se cacher sous la serviette de coton blanc brodée main. Mais une idée lui vint :

    – Comment faisaient donc les hommes pour manger avant notre existence?

    – Avec la fourchette du Père Adam, s’esclaffa la cuillère.

    – La fourchette du…?

    – Père Adam!… Ils mangeaient… avec leurs doigts!

    La fourchette s’est mise à rire, elle en est toute tordue.

    Alors, arriva Monsieur le couteau, long, froid et autoritaire. il les somma de se taire.

    En pleine crise de fou rire, la fourchette et la cuillère attrapèrent le couteau, et le balancèrent par la fenêtre du donjon. Il disparut à jamais dans les douves.

    Ce fut le début de la révolution.

  17. Durand Jean Marc dit :

    Une fourchette et une cuillère potaient autour d’une assiette en attendant

    l’arrivée d’un couteau.

    Sais-tu ce qu »une de mes sœurs a découvert dans notre arbre généalogique ?

    Non…

    – Une fourche! T’imagines ?

    – Ah oui, très bien!

    – Comment ça ?

    – Question d’évolution…normal! Regarde un dinosaure ou n’importe lequel de

    ses cousins. Avec les fourches qu’il se trimbalait dans la gueule, il n’avait pas

    besoin d’ustensile pour choper son breakfast!

    – Ah ben oui, c’est vrai çà!

    – De l’évolution… je te dis rien que de l’évolution.Le serpent, le serpent….c’est

    aussi l’évolution. Un jour il a laissé fourché sa langue et hop, il a bouffé…à sa

    mesure.

    – Ah la vache, c’est génial!

    – Et l’homme…et le singe! Rien que de l’évolution Un jour, ils faisaient la course

    dans un arbre. Yen a un qui s’est trompé d’embranchement….et hop, c’est

    l’Homme qui est arrivé le premier au Mac Do.

    – Terrible ton raisonnement! Mais alors la théorie de la fourchette et du fourchon

    qu’auraient mordu dans une pomme!

    – Non, non…avec deux ou trois dents….scientifiquement ça ne tient pas la

    route!

    – Ca me fait penser….et toi, tu t’es penché sur tes origines ?

    – Pour quoi faire ? Moi, tu sais, je suis l’avenir! Quand l’Homme peut plus trouer

    son voisin, percer son collègue, égratigner sa moitié, son pique nique est

    niqué.

    Il n’a plus que la soupe…

    Et moi!

  18. gontier dit :

    Une fourchette et une cuillère papotaient autour d’une assiette en attendant l’arrivée d’un couteau.
    Sais-tu ce qu’une de mes sœurs a découvert dans notre arbre généalogique ? s’exclama la fourchette.
    Non…
    – Une fourche ! t’imagines ?
    La cuillère de lui répondre :
    -et alors qu’est ce que ça peut faire, ça te change quoi à ta vie ?
    -non mais tu ne te rends pas compte ! Une fourche pour ramasser du fumier ! Moi je suis d’une lignée de fourchettes en argent, je ne m’accompagne que de porcelaine et de cristal. D’ailleurs si je te parle c’est que tu es en argent aussi ma chère, tu aimerais qu’on trouve une pelle dans ton arbre généalogique à toi ?
    -ça me serait bien égal. C’est peut-être le cas. Je connais ma chance d’être ici et d’écoper de bons desserts plutôt que de retourner la terre, mais je reconnais aussi la valeur du travail d’une pelle et son utilité. Moi je ne serais d’aucune utilité dans un champ, je serais oubliée et perdue dans la terre. Je rouillerais c’est certain.
    -pffff tu mélanges tout, tu dis n’importe quoi. Demande à la serviette si elle s’acoquine au torchon !
    -je ne suis pas obligée de penser comme vous, même en étant du même monde. Je peux avoir mes idées, nous sommes pour autant au même endroit à faire la même chose et si différent dans le fond…
    -tiens, couteau arrive on va lui demander à lui ! Il sait bien penser lui ! Je l’écoute toujours moi.
    -tu devrais prendre du recul sur ce qu’on te raconte tu sais. Mais peut être saura t-il couper la poire en deux…

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