Exercice inédit d’écriture créative 246

EscargotIl était une fois, un escargot escort qui accompagnait un joli colimaçon
dans une soirée hermaphrodite.
La température commençait à monter

quand la bande à Petit-Gris surgit en hurlant :
Vous êtes frits !

Imaginez la suite

 

14 Responses

  1. Françoise - Gare du Nord dit :

    Il était une fois, un escargot escort qui accompagnait un joli colimaçon
    dans une soirée hermaphrodite donnée au night-club « La Cagouille ».
    La température commençait à monter quand la bande à Petit-Gris surgit en hurlant :
    « Vous êtes frits ! Vous allez en baver ! On va vous faire salement dégorger »

    Le gros Bourgogne que sa part féminine traitait de « Bande mou » et sa part masculine de « Peine à jouir » fut le premier à se rétracter dans sa coquille
    Il se montra plus rapide que tous les autres : L’Emasculé qui se rétablissait d’une opération délicate (ablation des tentacules), Le Cornu venu se consoler de ses déboires conjugaux, La Purge qui ce soir-là fêtait la fin de son jeûne et même Fangio alias Fend-la-Bise surnommé ainsi suite à un record du millimètre départ arrêté (en moins d’une seconde)

    Notre escargot escort quant à lui, tenta seul et valeureusement de combattre cette infâme bande de cagouillards en brandissant sa coquille – dont il s’était dévêtu lors d’un striptease – comme une arme-bouclier. Hélas sa bravoure ne fut pas récompensée car la coquille fut écrabouillée.

    Curieusement, cet acte de courage donna naissance à un nouveau spécimen du règne animal pourtant réputé depuis pour sa visqueuse apathie : la limace

  2. PEGGY MALLERET dit :

    Il était une fois, un escargot escort qui accompagnait un joli colimaçon dans une soirée hermaphrodite.
    La température commençait à monter quand la bande à Petit-Gris surgit en hurlant : Vous êtes frits !

    – Comment est-ce possible que ces voyous soient arrivés jusqu’ici ? Nous sommes sur un autre continent afin de prendre part à la convention internationale des hermaphrodites qui a été très intéressante d’ailleurs, car lors des sessions de travail nous avons réussi à mettre en place une stratégie de protection de la race.
    Quel adjectif pourrais-je employer autre que paradisiaque pour qualifier l’endroit où nous sommes. La savane nous entoure à perte de vue. Cent ans ne suffiraient pas à une tortue bonne marcheuse pour faire le tour de la propriété.
    De temps à autre nous apercevons à quelques mètres de nous, zèbres, éléphants, gazelles, phacochères attirés par le sel répandu sur une petite zone de terre.
    Une piscine aux bords sinueux dont certains endroits affleurent le sol, nous permet de nous rafraîchir aux heures les plus chaudes.
    On nous a organisé un safari. Nous avons eu la chance de voir un lion. Les bernard-l’ermite faisaient office de rangers et nous protégeaient de certains prédateurs.
    Je me demandais pourquoi j’avais emmené avec moi un escort qui me coûtait une fortune, alors qu’il y avait tout ce qu’il fallait sur place !!
    Bref, la semaine de travail se clôture par cette éblouissante soirée que viennent affreusement gâcher ces horribles voyous de petit-gris.

    Mais non ! Ce n’est pas possible ! Ils sont diaboliques !

    Au moment où ils nous hurlent « Vous êtes frits », une forte odeur de beurre aillé rend l’air insoutenable.

  3. AB dit :

    Une ritournelle sort péniblement de sa bouche qui n’attend plus d’amour.
    – Escargot manigod montre- moi tes cornes (chanté)
    – Escargot manigod ??????, qu’il a-t-il après ? J’me rappelle plus ! Dis, c’est quoi Gina ?
    Gina debout regarde Rachel l’air dépité, quelle importance qu’elle lui dise la suite puisque de toute façon dans une minute elle aura oublié. La drogue sort presque de son regard tant elle en est imprégnée. Les fumiers, ils ne l’ont pas ratée…..La bonne aubaine pour eux, ce tout petit corps, si jeune, presque une enfant, là, assise sur les escaliers, on dirait même un garçon avec sa coupe de cheveux courte, cette chemisette qui laisse entrevoir deux petits seins naissant n’ont rien d’entreprenant pour un homme normalement constitué mais pour les tordus qu’ils fournissent elle est une pièce de choix avec sa peau de porcelaine et son minois angélique. Mi-femme, mi-garçon, ange qu’ils transforment en démon dans leurs soirées qu’ils ont surnommées « hermaphrodites » pour satisfaire leur vice.

    – Chante ta chanson ma belle, oui, chante l’escargot que tu es devenu à cause d’eux, cette limace qui traîne sa bave. Il t’a bien eue ce joli colimaçon qui t’a entraînée dans ce bourbier le jour de tes 18 ans, tu étais pourtant si heureuse d’aller rejoindre tes amis pour fêter l’évènement ! Comment aurais-tu pu savoir ce qui allait t’arriver ?

    – Chante ta chanson ma belle, oui, chante ……. Au moins pendant ce temps tu ne penses plus à cette ordure qui t’a emballée, cet homme petit que rien n’aurait permis de voir qu’il jouait le rôle du rabatteur, tu te rappelles qu’il titubait, tu m’as raconté plus tard, tu m’as dit :
    – Il était gris, rond comme une queue de pelle mais beau comme un dieu, il semblait être le chef de la bande qui l’accompagnait et toi, tu l’as pris en pitié, en fin de soirée tu l’as raccompagné, te faisant capitaine de soirée, cela après toi, ils se sont gavés de me le raconter en riant « la bande à petit gris » comme je les surnomme maintenant ces ordures, une manigance bien huilée qui rapporte gros. Ils t’ont ramenée te choisissant comme escorte un temps mais très vite ils ont compris que tu te rebellerais et c’est sur le chantier, le lieu qu’ils te privilégient où maintenant tu es le jouet de tous. Frite, ils t’ont tous frite, vendue à mille kilomètres de ta maison, tu es comme moi quand j’avais 20 ans, je sais le mal qu’ils t’ont fait mais moi, j’ai pu m’en accommoder. Je suis celle que je n’aurai pas dû être mais je m’en suis fait une raison, une vie différente, triste, prenant la passe comme un souffle nécessaire. Mais toi, hélas ils t’ont rendue folle ma chère petite et moi, je ne peux que te chanter en m’asseyant près de toi, droguée jusqu’à la moelle qui me souris béatement.
    Escargot manigod, montre leur les cornes.

  4. Smoreau dit :

    Il était une fois, un escargot escort qui accompagnait un joli colimaçon dans une soirée hermaphrodite.
    La température commençait à monter quand la bande à Petit-Gris surgit en hurlant : Vous êtes frits !
    L’escort, vigilant, toujours aux aguets, se jeta sur le colimaçon, le protégea de son corps. Sortit ses antennes tel un double colt. Sa coquille pareballes était dernier cri. Il ne craignait rien. Le colimaçon, entrainé à ce genre d’intervention pour sa sécurité, ne bougeait pas d’un poil. Mais il bavait quand même. Les Petits-gris faisaient un ravage dans l’établissement. Tous les hermaphro’ criaient. Filles-garçons et les garçons-filles rampaient. Discrètement, l’escort, tentait de glisser en trainant son client vers l’arrière. Un petit-gris le repéra. Plus un mouvement. Il rentra dans sa coquille et aspira le colimaçon. Un peu serrés, ils chuchotèrent. Le petit-gris passa son chemin.
    Collés, bavant, ils bavassèrent.
    Et… s’embrassèrent !

  5. Beryl Dupuis-Mereau dit :

    Ils savaient plus quoi inventer. C’est ce que se dit La limace en recevant l’invitation. Un bal costumé maintenant, comme si dans leur milieu on avait besoin d’un bal costumé pour avancer masqué. Il haussa les épaules et posa le carton sur le premier meuble. Il irait bien sûr, il ne pouvait pas faire autrement ! Aussi bien on l’attendait. Il pouvait pas se débiner. Ça aurait paru suspect. Et pas de pire gros mot chez eux.
    Il soupira ou plutôt souffla très fort avant de roter bruyamment, comme pour évacuer l’arrière goût désagréable qui venait lui envahir la bouche en pensant à cette soirée. Et puis en quoi allait-il se déguiser ? Une évidence ! Pour « La limace », se déguiser en escargot allait de soi. L’idée dessina un sourire sur ses lèvres grasses. Ils le prendraient comme ils voudraient ! C’était décidé ! Mais, honneur oblige, il ne pouvait pas se pointer seul! Il fallait à l’escargot un joli petit colimaçon, bien troussé, bien potelé où il faut, pour lui tenir compagnie. Sa petite nana du moment, Lolo, comblerait ses fantasmes. Avec deux antennes sur la tête, elle serait trognon, et il suffisait de maquiller ses fesses rebondies dans un tissu gris pour avoir la forme toute trouvée d’une coquille. Et en pensée, puis du plat de la main, il caressa une courbe avantageuse, yeux mi-clos, en extase.
    Ses yeux retombèrent sur le carton d’invitation : « Vous êtes invités à une soirée hermaphrodite ». Ça, c’était signé ! Duduche adorait les mots ronflants, surtout quand il n’y comprenait rien. Il disait se fier à son instinct, au son des mots, à l’effet que ça faisait, qu’un terme savant ne pouvait pas vouloir dire des choses idiotes, et puis qu’il n’y avait pas de raison de laisser à quelques-uns l’usage de mots qui sonnaient chic. Autant d’arguments sans réplique, la preuve selon lui : personne ne l’avait jamais contredit.
    La date ? Dimanche, jour où les entrepôts étaient fermés, garantie donc d’une tranquillité absolue. Au fait j’espère qu’on a la clé ! Et cette idée le fit tout d’un coup éclater de rire, trop content de sa bonne blague. Il revint au carton. Tout le gratin était invité sans aucun doute, les différentes familles, décidées pour une soirée à mettre en sourdine leurs désaccords. Décidées, ouais, sans doute, mais de toutes façons la coquille ne suffirait pas, se dit La limace avec un rictus, le gilet pare-balles s’imposait, et aussi un petit joujou discret à glisser sous le costume. L’important, dès l’arrivée, était de repérer discrètement les planques au cas où, ainsi que les issues possibles. Et de boire juste ce qu’il faut pour ne pas être asocial mais pas perdre la boule au cas où il faudrait se casser en vitesse.
    Encore des obligations, des civilités, des sourires, des tapes sur l’épaule et des serments éternels en perspective. Il leva les yeux au ciel. Les serments éternels étaient les plus dangereux. Chaque fois il croisait les doigts dans le dos quand il en était la cible, trop bien « éduqué » pour ne pas savoir ce qu ‘ils cachaient.
    Il regarda le calendrier. Dans trois jours. C’était noté.
    Et le jour vint.
    A huit heures précises Lolo était là,faisant le pied de grue dans sa rue habituelle. Elle avait pris dans un sac son costume. On entrevoyait une coquille dorée. Ah les femmes !! Il descendit et la rejoint. C’était pas très loin. Dix minutes tout au plus. Par galanterie il demanda à Madame quelle voiture elle préférait, entre l’audi gris foncé, et la mercédès à l’ancienne garée au coin. Le choix fait, deux trois manips de mécanique de base, et un démarrage en douceur s’il vous plaît. Arrivés à bon port, difficulté à se garer, des bagnoles partout. Salamalecs d’usage, « on est si heureux de se retrouver ! ». La soirée bat déjà son plein, on n’est pas les premiers, ya du monde. Parlottes, sourires, champagne, on trinque dans tous les coins, on pelote en collectif, tout y est : l’ambiance, quoi ! Difficultés à atteindre le bar, on se faufile, on pousse un peu, mais gentiment, hein, on est entre gens bien!
    La température commence à monter, il fait chaud sous les costumes. Lolo fait sensation, surtout sa « coquille », et elle est suffisamment femme et bête pour croire que c’est parce qu’elle est dorée. Mais La limace n’est pas le seul à dévorer du regard ses rondeurs. Il va falloir mettre de l’ordre dans tout ça, faut pas exagérer quand même, il ne va pas accepter n’importe quoi !
    Tour d’horizon sur l’assemblée : Quels sont les « prédateurs » les plus redoutables pour sa Lolo ? Tiens, curieux, il ne voit plus Petit gris qu’il avait pourtant aperçu tout à l’heure ! Petit gris est un nabot, sec comme un hareng, le cheveu gris et dru tondu à un centimètre sur son crâne pointu, il est un peu con mais il a le langage fleuri, et contre toute attente, l’art de plaire et d’embobiner les femmes. Introuvable, Petit gris, bien que La limace fouille du regard chaque recoin du vaste espace.
    Mais tout d’un coup, toutes portes ouvertes, surgissement d’une bande de costumes bleu marine en casquettes assorties, tous flingues dehors. :
    « Bougez plus ! Haut les mains ! Vous êtes frits ! »
    Aussitôt, crépitement des flingues en retour. C’est la partie adverse qui a tiré en premier apparemment puisque les « couchés » sont tous du même côté.
    La flicaille ? A cette heure-ci ? Qui a pu la mettre au courant ?
    La même question, sur toutes les lèvres. Le même point d’interrogation, dans tous les regards.
    Et soudain, faiblement, susurrant de dessous une casquette :
    « Les mecs, vous êtes cons, c’était un bal costumé, non ? Et en plus vous avez pas eu l’idée de regarder la date ? »
    Petit gris !? Déguisé en flic ?? Avec un pétard en plastique ???
    Et La limace retire son carton du fond de sa poche :
    Bal costumé le dimanche 1er Avril !

  6. Henriette Delascazes dit :

    Jojo en avait ras la coquille de servir de bête à concours au mouflet de la famille. Il avait bien entendu, les ados excités parlaient de la soirée déguisée qui aurait lieu à « l’Hermphrodit’s club » à la fin de l’été. Ils se la bavaient drôle, il y avait un concours du meilleur costume ! Mais, Foi de Jojo l’escargot du jardin du Père Mayo leur concours ils ne le gagneraient pas. C’était lui le superbe colimaçon qui serait le premier. Il avait le temps, d’ailleurs la fête à l’escargot n’était qu’à la fin des vacances. En resteraient-ils encore des escargots pour concourir après cette période estivale entre toutes ces cargolades, et même ces aïolis et ces plateaux de coquillages où ils rajoutaient des escargots marins… mais devaient-ils participés ceux-là ?
    Jojo se renseigna, en faisant vite il arriverait juste à temps. Il se reposerait le jour sous quelques feuilles de menthe, ou chez les cagaroulettes, qui faisaient toujours bande à part, entassées sur des tiges de fenouil sauvage ou des touffes de thym.
    Soixante mètres à l’heure, c’était faisable, mais tout seul, c’était un peu languissant. Tant pis il se décida à demander à Cepea Hortensis la coquille blonde, peu appréciée dans le coin, mais ma foi, elle avait bonne allure. À deux ils s’encourageraient, une escort c’était ça la bonne idée. Et les voilà partis.
    Pour atteindre leur but, et gagner leur pari : être à l’heure pour le lancement de la soirée à « l’Hermphrodit’s club », ils ne s’arrêtaient même pas pour humer la fraîcheur de la nuit où se rincer la bave dans les flaques providentielles, car lorsqu’il ne pleuvait pas, c’était la canicule.
    Ils arrivèrent harassés, pensez, ils avaient repté pendant 40 nuits, et la chance leur ayant souri, ils avaient aussi pu glisser de jour sous la pluie bienveillante durant au moins 10 jours. Il devait cette année y avoir un dieu pour les escargots de jardin.
    Imaginez leur état après leur 2.592 mètres de reptation. Leur sole ventrale était usée jusqu’à la corde, ils avaient bien pensé faire du stop, mais connaissaient le danger de certains humains anthropophages qui risquaient de les inviter à leur table. Des dangers, cependant, ils en avaient eu à profusion : une roue de vélo évita la blonde de quelques millimètres. Ils avaient eu de grandes frayeurs : évités des semelles intempestives, des mains furtives, des museaux curieux, des herbes urticantes ou épineuses, rencontré les indifférentes cagaroulettes qui malgré leur aimable invitation à se joindre à eux, préféraient prendre le risque de s’entasser au vu de tout le monde sur les tiges de fenouil sauvage. Leur plus grande difficulté fut la traversée de la place, l’abandon de l’herbe douce, les gravillons, mais ils avaient gagné, ils étaient enfin arrivés… sans tricher, sur leur pied. La Fée des escargots devait les protéger.
    Ils savaient qu’ils allaient rencontrer du beau-monde, certains venant de très loin arrivaient, tout frais sur un plateau capitonné, il y avait ceux de Bourgogne qui avaient fraudés planqués dans la salade de la tante de Jules, même s’ils ignoraient totalement où se trouvait la Bourgogne, c’était sans doute loin. Il y aurait disait-on, des VIP ; venant de pays plus lointain : l’achatnine qui faisait partie des favoris, il venait d’Afrique. Mais c’était où l’Afrique ? Eux ne connaissaient que le thym de la garrigue derrière le jardin du Père Mayo qui les laissait vivre en paix leur jetant tous les jours quelques feuilles de laitue. Voilà ils étaient devant la porte où quelques gros gris surveillaient l’entrée, car la fête ne se faisait qu’entre gastéropodes et il fallait montrer la radula agile… et surtout être accompagné par un beau gosse ou une belle cagole portant les couleurs de leur champion.
    Ça, ils n’y avaient pas pensé, et les voilà qu’au pied du mur ils risquaient de se faire éliminer.
    La fée escargot, ils la croisèrent à nouveau, une belle blonde fleurant bon le fenouil et le thym, les ramassa de sa douce main sur le parking du « Palais de l’hermaphrodite ». Ouf ! quelle aubaine, la voici consolée.
    . Elle avait compté sur une bande de cagarouilles, mais celles-ci trop feignasses, s’étaient éparpillées.
    Il n’était plus temps de discuter. L’heure sonnait, ils n’avaient pas fière allure, mais la belle leur humecta le tentacule et leur astiqua la coquille un tantinet boueuse, puis leur fit un bisou et les posa délicatement sur un lit de fenouil, et les voilà enfin admis dans ce lieu magique. D’énormes laitues, des scaroles, des romaines, des choux à profusion tapissaient l’espace chlorophyllique. Des bouquets de thym, des chaînes d’aulx et d’oignons, du basilic et du persil parfumaient le décor. Les belles tomates écarlates plombaient un peu l’ambiance. On leur offrit un cocktail de bienvenue, jus de laitue au thym avec une feuille de menthe. De mémoire de colimaçon, ils n’avaient jamais vu ça.
    Soudain, une dispute fusa à l’entrée lorsqu’un groupe de limaces profitant de l’inattention du Gros Gris essaya de se faufiler dans la place :
    — C’est une soirée privée, et les naturistes ne sont pas admis !
    — Mais nous faisons partie de la même famille que…
    — Allez vous rhabiller, ou partez au Cap d’Agde, cria le gros ne s’en laissant pas conter !
    Elles en bavèrent de rage.
    Une curieuse odeur iodée légèrement ammoniaquée se mêla à la fraîcheur végétale… c’était les bulots, accompagnés des bigorneaux, de quelques murex et de vernis se prélassant sur un panier d’algue verte.
    — Berk, ils puent ! Éloignons-nous, nous n’allons pas mêler nos baves avec n’importe qui, s’écrièrent les rois des prés et des jardins.
    — Oui, restons entre nous,
    — Tu as vu celui-là, la gueule qu’il a ?
    — Un escargot à cornes bizarres !
    — C’est un imposteur, c’est un Bernard l’Hermite ! Oui tu sais le gros malin qui ne veut pas être pris pour une limace, mais qui n’a pas pu réunir quatre bouts de coquille pour se construire une maison.
    — Regarde, ils acceptent aussi les mange-merdes (l’escargot peson ou zonite algirius), pourtant, ceux-là ne sont pas vraiment réputés, ils manquent vraiment de goût ! Mais tu as vu qui les escorte ?
    La température commençait à monter quand la bande à Petit-Gris surgit en hurlant : vous êtes frits !
    — Sauve-qui-peut, Ail, Ail, Ail, voilà les cuistots qui arrivent, un panier à salade à la main et la poêle à frire de l’autre.
    Un gros monsieur à la curieuse coiffure portant une veste à col tricolore entra et réclama le silence.
    — Aujourd’hui, nous allons travailler sur les gastéropodes, ceux que vous avez choisis, et d’autres qui vous attendent sur les plateaux rafraîchis. Vous avez droit à deux heures pour nous offrir votre meilleure recette. Salé, sucré pourquoi pas, comme vous le souhaitez.
    Ils s’étaient égarés, le concours c’était celui de Top Chef ! Ils s’étaient trompés d’adresse. La fête était en face. Les pauvres à quelle sauce allaient-ils être mangés ?

    Bonne cargolade

    Henriette

  7. Catherine M.S dit :

    P’tit gris et compagnie

    Il était une fois un escargot escort
    Qui accompagnait un joli colimaçon
    Dans une soirée hermaphrodite,
    Sacré couple, dites !
    La température commençait à monter,
    Les esprits à s’échauffer,
    Quand la bande à Petit- Gris a surgi en hurlant:
    Vous êtes frits !!

    Dans le potager personne n’a oublié ce fameux samedi
    Et dans la mare à côté, les demoiselles se rengorgent encore
    D’avoir gagné leur pari:
    Chiche qu’on les envoie dans le décor
    Ces satanés malotrus… promesse tenue !
    C’est Lambinette, la plus petite des tortues
    Qui avait pris la tête des RTT
    Les Rassemblements des Tortues Trompées
    Et elles avaient drôlement castagné
    Ces minables mollusques *carapacés.

    Quant à celui qui avait tenté de se rebeller
    Notre amie cheftaine l’avait carrément tancé:
    – Si tu continues à manifester tu vas vite te retrouver
    Dans une assiette dorée à l’Elysée
    Et finir dans le gosier d’un ministre anglais
    Qui n’aura de cesse que de te recracher avec élégance et dignité
    – Oh my god, my last hour is arrived
    Oh mon dieu, ma dernière heure est arrivée !

    Le gastéropode effrayé par cette perspective
    Cessa sur-le-champ ses baveuses invectives.
    Quant à la soirée, elle s’est terminée…
    Par le comptage des blessés !

    * adjectif inventé, en poésie, tout est permis …

  8. Antonio dit :

    « Qu’est-ce que c’est que ces salades encore ? »

    Le colimaçon qui prenait outrageusement son pied, rentra aussitôt dans sa coquille avant d’en ressortir innocemment en bave de chambre. Tandis que les autres gastéropodes, se sentant coupables, prenaient leurs glandes à leurs cous pour tenter de fuir, battant le record du 100 millimètres, chronométré à moins de 10 minutes pour le meilleur d’entre eux.

    Pour autant aucun n’échappa au filet tendu par Petit-Gris qui les passa tous à l’épreuve de l’eau afin de les faire parler.
    « Qui organisait ces soirées ? »
    Le colimaçon visé dans cette affaire ne répondit pas.
    « Vous êtes dur de la feuille, ma parole ! » s’énerva le chef de police.
    « Vous ne savez pas à qui vous avez affaire, je ne parlerai qu’en présence de mon avocat, dès qu’il sera mûr pour me défendre »
    « J’en ai assez de vous égoutter, vous allez voir ce que vous allez voir ! »

    Ail, ail, ail ! … Ca ne sentait pas bon pour la poêlée d’escargots.
    D’un coup, les petits comme les gros se retrouvèrent à poêle au milieu des huiles.
    Petit-Gris en saisit un, puis deux…
    « Je n’ai rien fait, moi ! Relâchez-moi ! Je n’étais pas au courant ! » hurla un escargot tout chaud, terrorisé à l’idée de passer à la casserole.
    « Ravale ta salive, petit, t’es cuit »
    Quand arriva le tour du colimaçon, son avocat intervint à temps pour retarder son échéance. Il a eu chaud aux fesses.

    Petit-Gris du le remettre au frigo avant de le libérer sous couvert d’une caution de mille plants de salade, en attendant son procès.
    Il avait pour ordre de ne pas quitter le territoire de sa Bourgogne. Ce qu’il fit, non sans provoquer à nouveau les autorités par de nouveaux scandales en spirales.

    C’était plus fort que lui, sa nature de colimaçon, confiera-t-il à Petit-Gris avant d’être mis au frais pour de bon.

  9. Christine Macé dit :

    Tout avait bien pourtant commencé : j’avais levé mon client en fin de journée, un de ces colimaçons, virant mollusques, prêts à se foutre à la baille à marée basse pour noyer le vide de leur existence. Plus vraiment tout jeune mais encore suffisamment comestible pour que je consente à l’accompagner au bout de la nuit dans une boîte branchée d’un quartier bobo. Apparemment pas vraiment habitué à faire appel à une escort mais peu regardant à la dépense : le genre de gogo idéal pour ma tranquillité et mon portefeuille.
    Escort, un taf qui paie plutôt bien et consiste à jouer les gentilles nounous auprès de messieurs blasés par leur quotidien, en les regardant siroter du champagne millésimé avec une paille jusqu’à plus soif. Celui-là, il avait la pépie et une envie récurrente de plonger dans les bulles pour feinter son gros chagrin d’amour. Ah l’amour ! Mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres, je trouve mon compte dans les arcanes de ce sentiment vieux et compliqué comme le monde. En ce qui me concerne, j’y ai renoncé (comme au champagne), histoire de rester en bonne santé physique et mentale.
    A deux heures du matin, la boîte grande comme un carton à chaussures était pleine à craquer. Murs charbon noirs, boule au plafond, visages blafards, corps déchaînés ou alanguis, rires en fusées. Les tournées valsaient entre le bar et les tables basses. Mon client oubliait ses déboires au fur et à mesure qu’il se délestait de ses billets de deux cents, ça faisait plaisir à voir. Sa main était posée sur ma cuisse, histoire de bien montrer à la cantonade qu’il s’était offert un petit extra hors de prix. Je l’y autorisai jusqu’au bas de ma courte jupette, lui laissant un champ d’investigation suffisant de mon point de vue et contractuellement parlant. Au cas où cela vous intéresse un jour (ne dites pas trop vite « fontaine… » !) sachez que mon rôle consiste à vous chaperonner dans ces lieux de perdition, me montrer gracieuse, souriante, aligner quelques phrases pas trop connes et vous flanquer dans un taxi pour rentrer au bercail avant le petit jour. Bref, je couche pas, et surtout pas sur un canapé de night-club. Si je m’ennuie ? Ça dépend des nuits. Le plus souvent, oui, mais vous connaissez un boulot sans inconvénients, vous ?
    Soudain, il y a eu une sorte de remue-ménage puis des cris. Certains ont voulu s’interposer mais ça n’a fait qu’exciter la bande des petit-gris qui venait de faire irruption : une dizaine de gars prêt à tout pour nous gâcher la soirée. Mon client est devenu tout pâle. Les flashes crépitaient comme des mitraillettes. Moi j’étais plutôt contente de me faire tirer le portrait : un peu de pub, c’est toujours bon pour les affaires. Mais mon voisin, comme d’autres, ne partageait pas mon point de vue. Tout le monde n’aime pas forcément retrouver sa tronche avinée en pleine page des journaux à scandale ou sur le net à la rubrique « people » ; certainement son cas vu la façon dont il tentait désespérément de se planquer entre mon dos et celui du fauteuil pendant que ça canardait joyeusement de tous côtés.
    Dans la bousculade, j’avais repéré le chef de la bande et je lui ai décoché un sourire angélique en lui glissant discrètement ma carte. J’ai murmuré « à bientôt… » avec un air de dire « à tout à l’heure ! » qu’il a immédiatement tenu pour acquis. J’en ai profité pour faire sortir mon client en toute discrétion ; une fois à l’air libre, il s’est confondu en remerciements, excuses et mauvaise conscience en marmonnant des « jamais plus!… » comme s’il était à confesse. Je l’ai chargé dans le taxi avant de redescendre à contre-sens des fêtards dégrisés.
    En bas, mon beau gastéropode sirotait tranquillement son whisky en jouant avec ma carte. Il était grand temps de passer aux choses sérieuses…

    Bon dimanche, Christine

  10. Fanny dit :

    ll était une fois, un escargot escort qui accompagnait un joli colimaçon dans une soirée hermaphrodite.

    Un verre de liqueur d’ortie à la main Coli déambulait parmi ses invités et ne savaient plus où donner des cornes pour saluer ses innombrables admirateurs.

    – Ce vernissage est une totale réussite, le félicita un gros de Bourgogne ventripotent.

    – Je viens de vendre « Bave au clair de lune » à Escargot turc, se rengorgea Coli. Il va l’accrocher à l’entrée de son palais et m’a passé une grosse commande.

    – Votre idée de décorer ainsi une feuille de chou est vraiment géniale !

    Coli se garda bien d’avouer que son chef-d’œuvre était le fruit du pur hasard et qu’il doutait de pouvoir le reproduire. Chassant cette idée qui lui gâchait son plaisir, il poursuivit sa quête de flatteries.

    La température commençait à monter. D’agiter leurs shakers, les barmen étaient pris de crampes. Le buffet connaissait un franc succès ; il ne restait rien des délicates feuilles de laitues ni des pousses de tendres petits pois. Tout ce beau monde se rabattit sur les fraises juteuses à souhait. Certains commençaient à zigzaguer, d’autres se recroquevillaient dans leur coquille et s’endormaient au milieu d’une allée. Quelques chanceux, ayant trouvé de la compagnie, batifolaient dans les fougères.

    Soudain, la bande à Petit-Gris surgit en hurlant :

    – Vous êtes frits ! Que faites-vous dans notre banlieue ? C’est chez nous ici.

    L’escort s’empressa de mettre Coli à l’abri derrière une haie. La baston qui s’ensuivit resta dans les annales et, l’artiste retourna dans l’anonymat.

    Le lendemain, des bottes foulèrent le potager et les survivants entendirent un cri de désespoir.

    – C’est pas Dieu possible ! Je te l’avais bien dit qu’il fallait leur mettre des granulés à ces bestioles. Regarde mon jardin !

    – Mais, j’en ai mis hier soir. Regarde, y en a plein qui sont morts.

  11. Clémence dit :

    Il était une fois, un escargot escort qui accompagnait un joli colimaçon dans une soirée hermaphrodite.
    La température commençait à monter quand la bande à Petit-Gris surgit en hurlant :
    Vous êtes frits !

    Cela se passa dans une petite ville au sud d’Arezzo. A Lucignano, perle rare de Toscane.
    Quand vous arrivez par la route, elle ressemble à toutes les villes de Toscane, rassemblée sur elle-même.
    Lorsque vous vous promenez dans ses rues, vous n’en voyez jamais la fin. Un sentiment d’insolite vous happe et ne vous lâche plus.
    Si vous arrivez par les airs, vous comprenez tout : Lucignano est une ville coquille d’escargot géante.

    Ses quelques trois mille six cents habitants, dont moi, sont aussi heureux que discrets. Des rumeurs circulaient depuis 2008. Quelque chose d’important aurait lieu dans la cité. Je commençai à agiter mes antennes, captant la moindre information.

    Avant même de connaître la véritable nature de cet événement, une idée géniale déchira une de mes nuits.
    – Qui dit événement, dit personnalités, people, paparazzi et tutti quanti! me dis-je.
    Je bavais déjà de plaisir rien qu’à l’idée des zéros qui s’aligneraient sur les chèques, comme un délicieux cortège de bulles……
    Dès le lendemain, je m’activai, lentement mais sûrement. Un espace commercial venait juste de se libérer, Via Roma. J’y ouvris mon agence « Lumaca Escort ».

    Je pouvais être fier de moi car il ne fallut pas plus d’une semaine pour que je reçoive une visite. Une merveilleuse personne entra dans ma boutique, foulard sur les cheveux, lunettes noires et silhouette longiligne.Elle me rappelait une certaine Audrey H.
    Elle m’expliqua qu’elle était la doublure de l’héroïne du prochain film qui serait tourné ici même et qu’elle voulait un « escort » local.
    Elle me regarda fixement. Je compris en un éclair. Je devins LE « lumaca escort » attitré de mademoiselle Audrey, copie conforme de la divine Juliette B.

    Le 8 juin 2009, l’excitation était à son comble. Les premières images de « Copie conforme » entraient « en boîte ».

    Si Juliette B. s’avérait être une personne exquise, sa doublure était on ne peut plus capricieuse. Un exemple parmi tant d’autres…
    Alors que le tournage du jour avait été particulièrement fatigant, elle voulut, le soir même, répondre à une invitation privée. Une soirée hermaphrodite. Elle était convaincue qu’elle y rencontrerait les hommes les plus beaux et les plus fortunés de Toscane et, par conséquent, l’amour de sa vie.

    Nous nous rendîmes donc, elle et moi, l à Sienne. De nuit, la Piazza del Campo est magique . Nous nous installâmes au restaurant de même nom, non loin de la « Fonte Gaia ».
    La soirée débuta par un repas à la mode toscane : panzanella, bistecca alla florentina et un Brunello di Montalcino. Nous nous régalâmes d’une belle part du dessert incontournable , le « tirami sù » – Tire-moi vers le haut… on ne peut plus explicite !
    Nous attendions nos verres de Vinosanto pour y tremper nos cantucci.

    C’est alors que la porte s’ouvrit avec fracas. La bande à Petit-Gris de Sinalunga * envahit la salle voûtée du restaurant en hurlant : « Afritellate, afritellate » **.
    Audrey crut comprendre : « Vous êtes frits » et se serra contre moi.
    Je restai impassible. En mon for intérieur, j’étais gagné par un fou rire.
    Petit-Gris ne fit ni une ni deux. Il saisit Audrey par le bras, la tira de son siège et la prit en otage.Il sortit à reculons. La stupéfaction, l’hilarité et l’étonnement s’affichaient sur les visages de la clientèle. Quant à moi, je ne parvins plus à réprimer mon fou-rire.

    Une demi-heure plus tard, Juliette, William, le réalisateur, son équipe, Audrey et moi-même étions assis à une terrasse près de la fontaine. Nous riions de bon cœur tandis qu’Audrey noyait sa peur dans un dé à coudre de grappa….

    Opération de choc réussie avec la connivence de toute l’équipe. A l’unanimité, il avait été décidé que la doublure capricieuse, méritait une bonne leçon de modestie.

    +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

    * Anciennement Asinalunga, Sinalunga signifie « longue ânesse »
    Par association personnelle, une ânesse a un pelage gris, d’où Petit Gris…

    ** Oeufs frits. Ces oeufs sont frits, assaisonnés de poivre et servis avec de la pancetta très finement tranchée, de la purée de pommes de terre ou des épinards cuits au beurre. Il est très important de servir le bon type de pain avec ce plat, de préférence le pain typique de florence, frais avec une croûte croustillante.

  12. Nadine de Bernardy dit :

    Il était une fois un escargot de Quimper qui accompagnait un joli colimaçon dans une soirée hermaphrodite.
    La température commençait à monter quand la bande à Petit Gris surgit en hurlant :  » vous êtes frits!  »
     » Qu’éructent donc ces gastéropodes terrestres pulmonés de genre hélix- demanda à son compagnon l’escargot, un peu dur de la feuille
    – ils sembleraient qu’ils nous informent de façon menaçante que,d’après eux, nous serions « frits » -répondit le colimaçon ,en émettant un épiphragme dédaigneux.
    – ils ont la radula bien pendue on dirait ,pour de simples mollusques à coquille globulaire au péristome mal poli du plus vulgaire effet
    ‘ certes mon ami, mais que faisons-nous ? Ignorons-nous ces marauds en goguette,acceptons-nous qu’ils nous considèrent comme des gogos,prêtes à gober leurs menaces?
    – non,je ne vais pas les laisser nous rabaisser et se goguenardiser ainsi à nos dépends. Sus à l’ennemi,utilisons une arme digne de nous
    – bravo -cria un goglu perché dans un arbre
    – oui,attaquez – conseilla un gobe mouche qui passait par là
    – eh bien mes braves – commença l’escargot de Quimper -vous nous affirmez là quelque chose que j’aimerai vérifier.
    Nous sommes frits dites vous!Entendez- vous que nous sommes attendus à ces agapes hermaphrodites avec impatience ?
    -où que vous allez nous empêcher de nous y rendre- continua le colimaçon très poliment,dans ce cas, ayez l’obligeance de nous préciser de quelle manière, afin que nous élaborions,mon ami et moi,une stratégie de défense « .
    La bande à Petit Gris,abasourdie par de tels discours dont il ne comprirent qu’à peine la moitié,se concertèrent en remuant leurs bouches en T.
    Puis Petit Gris s’avança :
    – bon, vous avez gagné,z’êtes les plus malins,on ne vous a pas impressionnés. Vous pouvez passer, mais attention,pas d’entourloupe. Pas un mot de cette rencontre à quiconque là bas.
    – mon ami, c’est mal nous connaître -le toisa l’escargot de Quimper- nous ne sortons pas de la même escargotière.Vous n’êtes que des zoophages alors que vous avez en face de vous des phytophages de haute lignée.
    Nous allons retrouver nos semblables à cette fête en espérant ne point vous y croiser.
    Adieu! Pauvres êtres gonochoriques. »
    Et les voilà partis sur leur vaste pied muqueux,la coquille altière et les cornes dressées tel un étendard vertueux.
    De rage et de honte mêlées, la bande à Petit gris se recroquevilla en silence, chacun dans sa coquille hécoloïdale.

  13. Jean Marc Durand dit :

    Il était une fois, un escargot escort qui accompagnait un joli colimaçon dans une soirée hermaphrodite.

    La température commença à monter quand la bande à Petit- Gris surgit en hurlant.

    C’était une cohorte de mauvais à tout. Pas même foutus de décrypter le calendrier de leur naissance. Ils étaient en perpétuelle recherche du temps perdu à travailler. Leur exploit le plus récent avait été de balancer la moitié des vélibs de la cité dans le port.

    Pour Petit- Gris, bien souvent trop noir, le vélib, c’était que le déplacement malin des bourgeois même pas capable d’affronter les attouchements de la foule, encore des sous croqués par la mairie sur le dos des ouvriers spécialisés que dans le chômage.

    Eux, ils se déplaçaient en trottinettes, bricolées à partir de chariots de supermarché. Les roulettes des caddies, c’était leur baraka à eux sur les parkings de la toute grande distribution des chances.

    Ptit Gris, il pensait même déposer un modèle de mini trottinette pliable dans une capote anglaise au bien nommé concours Lépine.

    Il poussa violemment la porte qui couina :  » Quel est le con qu’a osé garer sa Ford devant la boutique ? »

    Oui, en fait, Le petit Gris se croyait un peu partout chez lui, là où il tentait de faire vivoter ses trafics. Depuis qu’il avait été arrêté net pour ses ventes illégales d’huile de friture, il haïssait tous les véhicules à quatre roues.

    C’était sa nouvelle rébellion! Et ce n’était pas que de la mauvaise foi! Allez donc faire rentrer un 4×4 dans un préservatif !

    L’escargot dans son coin n’en menait pas plus large que sa coquille. Il se disait:  » Merde, pourquoi que je n’ai pas acheté un scooter….oui mais… hein, l’escorte en Vespa, ça faisait vraiment trop cinéma réaliste italien, le bon temps où avec 5 kg de pâtes, on pouvait emballer la moitié des villageoises…. »

    Il avait hésité aussi avec une Ford Granada, histoire de jouer sur le soleil de la vie….mais de toute façon, dans la situation actuelle, ça n’aurait pas changé grand chose…Lui, s’il avait choisi une Escort, c’était juste par professionnalisme.

    L’escargot décida donc de fermer sa gueule:  » C’était pas le moment de baver n’importe quoi!  »

    Le Petit Gris interpella ses acolytes: » Allez, les gars, on va lui arranger le portrait ».

    Ils sortirent tous, Petit Rouge (bien beurré!), Petit bleu (bien auréolé!), Petit vert (bien moisi!), s’approchèrent de la Ford.

     » Vous allez voir les gars….après le passage de Jules César sur ce char là, même le plus irréductible des gaulois, il distinguera plus un bouclier d’une passoire à thé  »

    Chacun sortit une masse et commença à marteler la carrosserie. L’aile ou la cuisse, le petit gris il s’en foutait. Ce qui le branchait le plus c’était d’exploser les phares et les carreaux. Ca lui rappelait son enfance, les tendres excuses de son père à sa mère, quand l’un tentait d’expliquer son amour à l’une qu’était bien trop plusieurs pour elle.

    A l’intérieur du bâtiment, ça résonnait pas mal. Un petit rythme naissait de l’incident. Suivant les couloirs, une improbable samba se mettait en place.

    L’escargot se leva pour inviter  » sa compagnon « .
    Avec ce colimaçon là, il espérait bien construire quelque chose de solide et de durable.

    Sûr qu’il allait lui trouver son Point P

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