Exercice inédit d’écriture créative 202

e-EJusque-là, j’étais un petit « e » heureux,
bien sûr, on me déguisait parfois en « è » ou l’on me faisait porter le chapeau,
mais ces petites tracasseries ne me gênaient pas.

Voilà qu’avec leur féminisation à outrance ils ont décidé de me faire porter une jupe.

 

Imaginez la suite ce monologue

16 Responses

  1. Clémence dit :

    Jusque-là, j’étais un petit « e » heureux. Bien sûr, on me déguisait parfois en « è » ou on me faisait porter le chapeau. Mais ces petites tracasseries ne me gênaient pas.
    Voilà qu’avec leur féminisation à outrance ils ont décidé de me faire porter une jupe.

    Je me demandais ce que je pouvais bien encore écrire sur ce sujet car il me semblait que tout avait déjà été dit, tout avait déjà été écrit …

    Il a fallu cependant,que ce vendredi matin, faisant des recherches sur le net pour retranscrire mon texte au net, il a fallu, disais-je que je dégotte « ce » fascicule *.
    Le survol fut rapide et pourtant, je tombai avec joie et à pic sur un mot dont je cherchais la « confirmation de son existence» car il suscitait l’étonnement à chaque fois que j’en faisais usage.

    EPICENE ! (pp 18 et 21) …. ça facilite la tâche pour la féminisation ! Status quo, il suffit de consulter le déterminant pour savoir si l’homme est une femme !

    EUPHONIE  (p 32) un mot qui doit sonner doux aux oreilles de Pascal Perrat….Euphonie fait partie, avec dévalorisation et homonymie, des objections et difficultés à la féminisation de certains métiers. Il appert que certains noms de métiers féminisés sont aussi des machines…
    « Par ici, les Tontons flingueurs et le suremploi de la sulfateuse….Version féminine :… les Tatas Flingueuses…. »

    Un peu de sérieux ! Remontée en hauteur avec le « curseur » (curseuse… ne figure pas sur la liste !) …. ma pâmoison se calma lorsque je pris connaissance de auteurs !
    Rôle principal : un homme… rôles secondaires : 5 femmes , ingénieures pour certaines, ingénieuses certainement! Ça promet de beaux échauffements de neurones !

    N’ayant toujours rédigé aucun paragraphe transcendant , je me posai cette double et redoutable question : vais-je opter pour une énumération de perles alphabétiquement ordonnancées ou une illustration de la règle des « mots en -e- , et ses orientations chapelières « ?
    Foi de trancheuse, je décidai de prendre les deux !

    1 . Suite alphabétique de perles agrémentée de quelques commentaires… ….

    À l’instar de ce pangramme , parfois attribué à Georges PEREC, « Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume » , une par lettre, aucun oubli !
    Agrafeuse, bobinière, commandeuse (J’imagine Anna Maria Mozart, née Perlt , dans Don Giovanni se substituant au Commandeur), dinandière (marteleuse de cuivres ou biscuitière ? ) , ergolière (à ne pas confondre avec écolière), feuillardière (rien à voir avec l’effeuilleuse), grillardine, hongroyeuse, ilotière, képissière, layetière (aucun lien avec la layette, qu’elle fut rose ou bleue), à laquelle s’ajoute lamaneuse (en prime car j’aime!), moufletière (mère de famille nombreuse) , nacellière (où elle y range ses moufflets!) , oxycoupeuse (j’adore faire des oxymores, un de mes sports préférés), porionne (rien à voir avec le pion qui poireaute)
    Quenouilleuse, que c’est joli ! D’attendre son prince Charmant en quenouillant !
    Redresseuse, aïe, mes oreilles….
    Sprayeuse (trayeuse qui transforme le lait en poudre)
    Tuyauteuse n’est pas mal en son genre, usineuse (se dit des abeilles butineuses), vergetière (rien à voir avec vergeture), wagonnière… pour y déposer plein sentiments bienveillants !
    Et zingueuse….dézinguer….cfr sulfateuse

    Un peu long, mais je me suis régalée, quittant même le passé pour le présent !

    2. règle des « en – e – « 

    Architecte, capitaine, commissaire, interprète, juge, ministre et paysagiste consultèrent leur psychiatre :
    « Dites-nous comment nous différencier ? »
    « Il me semble que la réponse tiendrait en une tendance …. épicène »

    * Femme, j’écris ton nom…
    Guide d’aide à la féminisation des noms
    de métiers, titres, grades et fonctions
    1999

  2. DUMOUCHEL dit :

    Jusque-là, j’étais un petit « e » heureux,
    bien sûr, on me déguisait parfois en « è » ou l’on me faisait porter le chapeau,
    mais ces petites tracasseries ne me gênaient pas.
    Voilà qu’avec leur féminisation à outrance ils ont décidé de me faire porter une jupe. J’ai bien sûr voulu reprendre le contrôle de la situation mais pour cela il fallait que je mène ma petite enquête. Avec mon sourire enjôleur, je mis donc ce haut de forme sur la tête et commença a participer à cette fête d’ânes fantômes. La cérémonie avait lieue dans l’ancien bâtiment qui servait de théâtre qui jouait actuellement « Relâche ». Pour le dîner, ce n’était pas carême, il y avait des huîtres fraîches, du poisson sans arête, des crêpes, des pêches et même du gâteau. Il faut que je sois honnête, je ne voulais surtout pas gâcher la marchandise et plutôt que de poursuivre mon jeûne je frôlais quelques aînés pour aller moi aussi ôter la mâche de cette guêpe qui rêvait devant ces plats. Mais la piqûre d’une de ses amies m’avait extrêmement mis en colère et la trêve ne pouvait avoir lieu qu’avec cette maîtrise du geste ! Je retrouvais quelques binômes éloignés qui jouaient de la flûte et tenaient leur rôle au sérieux. Pour la nuit, le gîte était prévu et il se trouvait que je connaissais les lieux car lorsque je sortis de mon chômage, c’est dans ce château que je jouais le bellâtre sur le trône, mais je me suis pris un râteau et terminais à l’hôpital où la tôle me causa un châtiment extrême. Je ressortais blême de cette affaire et ne laissais rien transparaître mais ma quête n’avait plus d’intérêt. Bref, sur cette soirée, je tombe su le crâne lorsque j’entends mon nom pour la remise du diplôme de la lettre la plus utilisée et la plus déguisée ! J’avais l’air d’un benêt et le symptôme était étrange : j’étais une infâme marâtre !!!! Je voulais renaître et dans un râle suite à une côte cassée, une fêlure mal réparée je criais grâce et demandais que le me mette dans la châsse. La morale de cette histoire serait peut-être qu’au lieu de partir tête bêche il faut savoir des fois tirer quelques intérêts et garder cette maîtrise de soi !

  3. MALLERET PEGGY dit :

    Jusque-là, j’étais un petit « e » heureux,
bien sûr, on me déguisait parfois en « è » ou l’on me faisait porter le chapeau,
mais ces petites tracasseries ne me gênaient pas.
Voilà qu’avec leur féminisation à outrance ils ont décidé de me faire porter une jupe.

    Je me suis rebellé. Je suis masculin et masculin resterai. Personne ne peut disposer de la vie d’une lettre juste par décision démagogique qui au bout du compte n’apporte aucune amélioration.

    Evidemment je n’ai pas eu gain de cause, malgré l’excellent avocat qui m’a défendu.

    De nature optimiste j’ai essayé tant bien que mal de me couler dans la féminité. Je m’y suis si bien coulé que je n’ai cessé d’être courtisée par tout l’alphabet.

    Ce qui devait arriver arriva : « o » et moi avons fait un bébé.

  4. françoise dit :

    Jusque-là, j’étais un petit « e » heureux,
    bien sûr, on me déguisait parfois en « è » ou l’on me faisait porter le chapeau,
    mais ces petites tracasseries ne me gênaient pas.
    Voilà qu’avec leur féminisation à outrance ils ont décidé de me faire porter une jupe.
    A ce jour je faisais partie des 6 voyelles de l’abécédaire latin inventé par les Romains qui s’étaient inspirés de l’alphabet étrusque puis grec. J’en ai toujours fait partie même lorsqu’il ne comportait que 22 lettres. Je m’y sentais bien mais là je crois que j’en mourrai. Jamais je n’ai eu autant envie de disparaître. Pourtant qu’est-ce-qu’ils feraient tous sans moi. Qu’ils essaient d’écrire le moindre texte sans e. Faudra-t-il modifier l’enseignement de la lecture dans des ateliers OuLiPo mais serait-ce la meilleure méthode pour combattre l’illetrisme ? Cà ne se fera pas ! en effet, dimanche une foule se rassemblera place de la République à Paris des abécédaires en carton dans la main et hurleront « non à la disparition du « e ». Elle se dispersera rue Charlemagne (le pauvre il ne savait pas lire). Le mot d’ordre donné aux manifestants « demain vos enfants porteront tous un pantalon ».
    Je fais confiance aux Académiciens et je crois qu’une longue vie en l’état m’attend !

  5. laurence noyer dit :

    Jean-Louis Grand Maïtre

  6. Jean Louis Maître dit :

    Heu !

    Jusque là, j’ai été un petit « e » heureux.
    Bien sûr, on me grimait parfois en « è » ouvert,
    On m’affublait aussi du circonflexe honteux,
    Toutes tracasseries qui accablent mes pairs :
    Le « ö » tréma, le « e » dans l’ « o », aux drôles d’air !
    Mais voila qu’on me fait porter la jupe, ô dieux !

    Au nom du changement et de la parité,
    Sans souci de mon genre, ainsi me féminisent
    Celles qui sacrifient à la modernité !
    Mais si l’on veut par là que je me modernise,
    Nul besoin d’une jupe, la porter me défrise !
    Même un « e » écossais, je n’ai pas mérité !

    Qu’on m’offre comme au @, une petite queue !
    Cette belle arobase qui pour tout l’univers
    Règle le courrier ! Je ferai de mon mieux :
    Mariez-moi au « t », esperluette experte,
    Et servant de symbole aux langoureux diserts,
    J’unirai tous les chœurs des concerts amoureux !

    Ce poste m’assurera la postérité !
    Avec ou sans mairie, avec ou sans église,
    Romeo & Juliette auront droit de cité !
    Abélard, à jamais, aimera Héloïse !
    Et Tristan & Yseut pourront vivre à leur guise !
    Le trait de Cupidon sera ma destinée !

    Faire des hommelettes en tracassant des « e »
    Aurait fait enrager ce bon Jacques Prévert.
    Je suis comme je suis, oubliez-moi un peu !
    Avec mon ami « u », j’irai me mettre au vert,
    Oubliant les folies qui naissent des ovaires,
    Et là, nous danserons un joli pas de deux !

  7. ourcqs dit :

    Voilà qu’avec leur féminisation à outrance ils ont décidé de me faire porter une jupe.
    Si tous les E du monde se mettaient en jupe, quelle mascarade !!
    Encore une idée de ceux en talonnettes, en robe, de ceux qui tournent leur veste ou m^me, prennent une veste . Alors, sans eux, nous, tous les E, lipogrammons
    avec Perec …

  8. laurence noyer dit :

    La professeure de Fac perd la face
    L’écrivaine traite d’un trait
    La trace du trac de l’acteure
    Le fan qui se fane pour la ténore,
    La clowne met son gag en gage

    Pour la tisserande le fil file.
    Pour l’électricienne, le lux c’est du luxe
    La cuistote met de l’ail sur l’aile
    La dentiste fraise au frais
    La glacière met sa fraise au frais

    La marin-pêcheuse, c’est la mère de la mer
    La marmitone frit la frite
    Pour l’aviateure, Mir se mire
    L’empailleure met le loir dans la Loire
    L’angevine met ta main dans la Maine

    Chez La Perrate le mur est mure
    Chez la docteure l’os m’ose
    La bistrote offre un pot à son pote
    La charpentière vise la vis
    L’adultérine bise bis

    L’habilleure met le cap sur la cape
    La traminote traine son train
    La masseure dose les dos

    Si le mal est un mâle pour les féministes
    Le mâle a mal chez les féministes
    Il est une île pour les féministes…
    Mais certains mots portent mieux le kilt que la jupe.

  9. Catherine M.S dit :

    Une voyelle rebelle

    Jusque-là, j’étais un petit « e » heureux
    Bien sûr, on me déguisait parfois en « é », « è » ou l’on me faisait porter le chapeau
    Mais ces petites tracasseries ne me gênaient pas.
    Voilà qu’avec leur féminisation à outrance ils ont décidé de me faire porter une jupe
    Et ainsi accoutré, je me suis retrouvé dans la cour d’un lycée
    Où tout le monde me souriait, mais je n’étais pas dupe !
    Messieurs les professeurs me dévoraient des yeux
    Un tantinet perplexes mais surtout très anxieux
    Comment cette nouvelle professeure osait-elle l’afficher
    Ce « e » pernicieux ?
    Lassé de ce mépris graveleux, j’ai décidé de changer de milieu
    Sauve-qui-peut !
    Et c’est à l’Académie Française que j’ai atterri
    Je me suis bien sûr fait tout petit
    Mais les grands hommes verts m’ont vite repéré
    Et leur accueil n’a guère été plus chaleureux.
    Malgré le soutien actif de Monsieur d’Ormesson
    Je me sentais totalement étranger dans cette belle maison
    Qu’une écrivaine puisse s’asseoir à côté d’eux
    Les mettait dans un état proche de la pâmoison.

    Qu’à cela ne tienne, ils devront se faire une raison
    Une auteure je suis, une auteure je resterai
    Pendant encore quelques saisons
    Et, par-dessus le marché, c’est décidé
    A la prochaine « Journée de la jupe » j’irai défiler.

  10. joailes dit :

    Jusque-là, j’étais un petit « e » heureux,
    bien sûr, on me déguisait parfois en « è » ou l’on me faisait porter le chapeau,
    mais ces petites tracasseries ne me gênaient pas.
    Voilà qu’avec leur féminisation à outrance ils ont décidé de me faire porter une jupe.
    Ridicule !
    Je regardais mon frère, ce grand daD, macho au possible et je savais bien qu’il se serait moqué de moi si je lui avais parlé de ça.
    Ma soeur, laC de sa petite vie étroite, était partie depuis longtemps vivre avec un prof de la fac de lettres ;
    Ma mère trop OQP par son travail et mon père toujours ABsent … personne à qui me confier.
    J’avais un cousin écossais qui portait le kilt depuis toujours, je lui écrivis aussitôt un long courrier pour qu’il me donne quelques conseils.
    Il faut vous dire que j’étais un peu perdu.

    Il me répondit sans trop tarder que dorénavant, je devrais me transformer en O, il me suffisait de manger beaucoup, et de grossir.
    A moi les kilOs !
    C’est ce que je fis.
    Je mangeais tout ce qui me tombait sous la dent et surtout des E. (durs)

    Tant pis pour eux si maintenant, dans l’alphaB … il manquait une lettre.
    Il m’avait fallu me Dbrouiller sans E … Qu’ils se débrouillent donc sans mOi !!

  11. Sylvie dit :

    Jusque-là, j’étais un petit « e » heureux, bien sûr, on me déguisait parfois en « è » ou l’on me faisait porter le chapeau, mais ces petites tracasseries ne me gênaient pas. Voilà qu’avec leur féminisation à outrance ils ont décidé de me faire porter une jupe. Et pourquoi pas, pendant qu’ils y sont, un cotillon comme celui dont ils ont affublé le pauvre « c », une cédille, disent-ils, pour qu’il se marie mieux avec certaines voyelles, pour qu’il soit plus harmonieux. Foutaise ! Tout ça pour nous soumettre encore davantage à leurs quatre volontés. A l’atelier des mots, j’étais jusqu’à maintenant le plus docile, on m’a placé au-dessus de la tête de multiples couvre-chefs et je n’ai jamais rechigné à porter leurs accessoires les plus loufoques, mais aujourd’hui, c’en est trop. Je veux être moi-même. Ce matin, à l’essayage, j’ai arraché bibis et sombreros, graves ou aigus, chapeaux pointus, et j’ai couru comme un fou dans le couloir des lettres, dévalé l’escalier des voyelles, escaladé les consonnes et, poussé par le vent des apostrophes, je me suis précipité au milieu de la cour. Là, ce fut le coup de foudre : j’ai épousé la courbe du « o ». Quel délice pour moi qui n’avais jamais réussi à approcher l’amour ! L’ « o » de la cour m’a gardé tout contre lui. Nous sommes l’ « o » et l’ « e » liés ensemble, cœur fidèle… ad vitam aeternam ? Assurément, car même si l’ « a » jaloux me fait de l’œil, je ne cèderai pas.

    ©Sylvie Wojcik

  12. Kacyne B. dit :

    Jusque-là, j’étais un petit « e » heureux; bien sûr, on me déguisait parfois en « é » , en « è » ou en « ë ».

    Mais ces petites tracasseries ne me gênaient pas.

    Voilà qu’avec leur féminisation à outrance, ils ont décidé de me faire porter la jupe.

    J’aurais préféré le kilt, c’est plus sexy et fantasmatique!

    J’aime quand mes amies les voyelles sont revêtues de ces petits signes; je vous donne un exemple : « C’est sûr, il n’y a pas d’âge pour faire la fête, dit ce drôle de roi Benoît ».

    Alors là, je jubile!

    Nous sommes là, avec notre petit chapeau!

    Vous remarquerez que le « y », qui adore le soleil n’en porte jamais!

    Cependant, ma préférence, c’est l’intimité avec une de ces amies : « Qui mange un œuf, mange un bœuf; n’est-ce-pas mon cœur? ….et cætera…

    C’est sublime!

    Je parle, je parle… mais je peux aussi être muet! C’est quand même plus chic que le « h » aspiré!

    Tout ça pour vous dire mon effroi devant cette nouvelle manie.

    Lisez attentivement ce qui suit :
    « La professeure de français, écrivaine à ses heures perdues, auteure de « La Féminisation » va nous… »

    Stop!

    Quelle horreure!

    Ciel!

    Je deviens fou, j’ai attrapé leur virus!

    Il est donc temps que je prenne des vacances!

    Je vais en profiter pour plonger dans « La Disparition ».

    Quel bonheur!

  13. Nadine de Bernardy dit :

    Alors là, mon sang n’a fait qu’un tour. Ils vont voir ! Au jour d’aujourd’hui, plus aucun compromis. Il va y avoir disparition à jamais,translation, partition pour toujours si insatisfaction il y a.
    Plus un MOI à l’horizon,on va à l’insubordination.
    Virils compagnons,ignorons ,combattons tous l’uniformisation!
    Honnissons kilts,jupons,cotillons courts,tutus riquiquis.
    Sortons nos pantalons, shorts, joggings,jodhpurs, marchons droit sur nos tyrans.
    D’un grand cri d’indignation bannissons tout dictat,loi ou obligation.
    Brisons un à un tout tabou,proclamons haut,fort,nos souhaits, nos statuts,,nos aspirations.
    N’ayons qu’un but : un quant à soi vivant, triomphant, pour nous,nos sympathisants,nos partisans. Osons ,fonçons; on doit nous ouïr,unissons-nous,on nous ouïra tôt ou tard.
    Allons, compagnons! Hip hip hip hourra!!!!!

  14. durand dit :

    Jusque – là, j’étais un petit « e » heureux. Bien sûr, on me déguisait parfois en « è »

    ou l’on me faisait porter un chapeau. Ces petites tracasseries ne me

    dérangeaient pas.

    Mais voilà qu’avec leur féminisation à outrance, ils ont décidé de me faire porter

    une jupe ?

    Et pourquoi pas des bas, des petits trous en dentelle, un collier en pierre

    de carcan pour le plaisir de Georges, l’éternel souteneur.

    Les hauts talons sont à la mesure des petits talents.

    Non je préfère rester à poil, promener mon allongé de la cuisse, laisser sonder

    ma tendresse dans l’arrondi de ma boucle.

    Caressez moi de la nuque au talon, prenez notre temps.

    Ma taille ressemble à un palmier, grimpez y!*

    De toute façon, vous ne résisterez pas longtemps à ma virgule clitoridienne.

    eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee!!!!

    *D’après le cantique des cantiques.

  15. Stephanie dit :

    Jusque-là, j’étais un petit « e » heureux,
    bien sûr, on me déguisait parfois en « è » ou l’on me faisait porter le chapeau,
    mais ces petites tracasseries ne me gênaient pas.
    Voilà qu’avec leur féminisation à outrance ils ont décidé de me faire porter une jupe.
    Je suis devenu petit a. Depuis c’est la révolution. Et tous mes copains écrivains se disputent. Juste pour bien vous faire comprendre, voilà ce que cela a donné. Par exemple pour ce pauvre Jacques que j’aime tant.

    La grassa mâtina
    Il a tarrible
    la patit bruit de l’oauf dur cassa sur un comptoir d’atain
    il a tarrible ça bruit
    quand il ramue dans la mamoire d’à l’homme qui a faim
    Alla a tarrible aussi la tâta de l’homma
    la tâta de l’homme qui a faim
    quand il ça ragarda à six heures du matin
    dans la glace du grand magasin
    una tâta coulaur d’à poussiara
    Ca n’a pas sa tâta pourtant qu’il regarda
    dans la vitrina da chaz Potin
    il s’an fout d’à sa tâta l’homma
    il n’y panse pas
    il songa
    il imagine una autra tâta
    una tata da veau par exempla
    avec une sauce d’à vinaigra
    ou une tâta da n’importe quoi qui ça mangea
    et il ramue douçamant la mâchoire
    douçamant
    A il grince da dants douçamant
    car la monda sa paya sa tâta
    A il n’a rian contre ça monda
    A il compta sur sas doigts un daux trois
    un daux trois
    Etc
    J’arrête là. La tâta de veau ! Il est furax le Jacques. Et pourtant, il aime les femmes et les jeux de mots. Mais il pense que là les gars ils y sont allés trop fort.
    Il m’a expliqué : « On aurait pu discuter, négocier, mais pas décider brutalement comme cela de ton sort!  »
    Moi petit eu devenu petit a, je n’ai pas vraiment d’avis sur la question. C’est plutôt agréable de changer de forme, et d’allure. Mais mes amis sont devenus fous, ils se chamaillent a longueur de journée. Les pour, les contre. Les contre sont remontés contre Raymond et son foutu club. Mais Raymond, il m’aime tellement, je ne peux pas lui en vouloir. Mais je comprends Jacques aussi.
    Enfin, je suis devenu la source de leur conflit.
    Raymond lui ne dit pas grand chose. Il écrit surtout, rigole beaucoup de cette farce. Enfin la seule chose qu’il m’a répondu c’est :
    Tu dois faire de l’exercice et nous, les écrivaillons nous devons faire du style. Et puis le a est tout de même plus joyeux que le e. Regardes la trombine des lecteurs, ils se marrent bien ! Ah ah ah !

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