Á la recherche du temps perdu

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Hier soir, tandis que nous discutions entre amis, autour d’une AOC*, l’un d’eux me demanda :

« Alors, ton prochain livre, c’est pour quand ? ».

Je fus incapable de répondre.

Cette question est revenue me titiller, ce matin, au moment d’écrire mon article du mercredi.   

M’interrogeant sur cette faillite en écriture j’ai vite découvert la raison pour laquelle je n’ai rien publié depuis bientôt 2 ans.

« C’est la faute aux réseaux ! »

Depuis l’arrivée de ces nécrophages vivant aux dépens de mon temps, je m’éparpille à tout-va.
Je me disperse sur Internet au détriment de mes manuscrits.

Pourtant, j’ai la chance de moins dormir que la moyenne.

Au lit après 23 h, debout entre 5 h et 6 h, rarement plus tard.
Quand je me lève à 7 h j’ai fait une grasse matinée.

Mais, s’agissant de ma gestion du temps, comme on dit en entreprise, je n’en ai plus.
Depuis l’arrivée des réseaux sociaux mon temps réservé à l’écriture est incohérent. Il est fracturé.

En deux mots, cela se passe a peu près comme ça :

– Le matin, vers 6 h 30, j’arrive dans mon bureau.
Mon iMac à peine réactivé, je suis irrésistiblement attiré par les courriels arrivés au cours de la nuit. Plus d’une centaine…
Ceux de la famille, des amis, des copains, des abonnés au blog, des news auxquelles je suis inscrit, les promos, les spams, etc.

Une heure plus tard, parfois plus, j’ouvre l’ouvrage que je compte bien finir cette année et je commence à rédiger un chapitre.

Puis arrive l’heure du petit-déjeuner en compagnie de mon épouse.
La radio diffuse les infos en sourdine, nous les commentons et il me vient souvent l’idée d’un tweet.
De retour dans mon bureau, je le rédige.
Trouver une formule originale quand on est limité à 140 caractères demande du temps. Une fois de plus…

Quand le tweet est parti, je me remets à mon livre.
Mais voilà qu’une invitation à rejoindre « un ami » m’est offerte par Viadeo, Facebook ou Linkedin…
Sans compter Youtube, DailyMotion ou Vimeo où un commentaire positif sur une de mes vidéos concernant la dyslexie attise ma curiosité.

Quelques compliments en début de journée ça ne se refuse pas.

Et voilà mon ego qui me fait taper mon nom sur Google et jeter un œil dans le miroir d’Internet pour évaluer ma popularité.
En fin de compte, je préfère inconsciemment occuper mon temps à des futilités m’apportant une satisfaction immédiate plutôt qu’à un futur qui sera peut-être publié un jour…

Je n’ose calculer le nombre de livres que j’aurai terminés depuis longtemps si j’avais écrit assidûment.
Ce travers est commun, direz-vous, c’est vrai, mais je crois qu’il frappe particulièrement les écrivains toujours prêts à saisir n’importe quel prétexte pour quitter l’écriture en cours.

Ceci dit, c’est promis, demain matin, j’écris comme avant, sur un support en papier. En espérant ne pas me laisser aller à crayonner quelques vagues silhouettes.

Si vous avez vainement tenté de rester concentré sur votre futur livre, Forest,
une application pour iOS et Android vous aidera peut-être à ne pas décrocher.
Ce n’est pas garanti, mais c’est drôle.

* AOC : appellation d’origine contrôlée

PS : Google me signale à l’instant, que la photo que j’ai prise hier est prête à être partagée…

Au fait, sI vous m’avez lu jusque là sans surfer par ci par là, c’est que vous êtes capable de vous concentrer sur l’écriture d’un livre.

 

20 Responses

  1. laurence noyer dit :

    « Longtemps je me suis levée de « bonheur ».
    6 H c’est la belle heure pour se lever. En ce qui me concerne c’est Taï-Chi, méditation et travail d’écriture dans le silence jusqu’à 7H. Le meilleur moment de la journée!
    AOC: Alors On Clique?

  2. C’est sûr qu’avec le monde à porté de clic, il devient parfois difficile de rester concentré. J’ai la chance d’avoir en plus une petite fille de 20 mois pour me tirer par la manche dès que j’écris 3 mots !!!

    Bon courage à toi 🙂

  3. JJ BILLOU dit :

    Mon petit Pascal,
    Je n’ai qu’un seul conseil à te donner qui est celui de te remettre au boulot illico.
    Bise.
    JJ

  4. flipperine dit :

    c’est vrai qu’on passe beaucoup de tps à répondre aux commentaires

  5. durand dit :

    Bon déjà, tu peux gagner 2 h de sommeil…si tu n’abuses pas de L’AOC…

    Tu peux installer le Mac dans ta chambre….pour gagner en mètres de

    prostitution internet!

    Le petit déjeuner avec l’épouse…..est ce essentiel….surtout pour écouter la

    radio et commenter… commenter l’inutile . Comment taire ce petit quotidien??

    Et l’épouse ne peut elle apporter le petit déjeuner au lit ?? Il existe des stages

    de formation « Biscottes et ptit cawa »

    Les zamis….faut trier…. tu t’encombres, mon gars, tu t’encombres!

    Pour l’egogoogle, travaille ta modestie!

    Voilà je t’ai dégagé suffisamment de temps…..pour me répondre!

  6. Antonio dit :

    Ah, si j’avais le courage de me lever facilement tôt comme toi, d’être prêt à 6h30, l’heure où d’autres dorment encore quand certains s’activent sous la douche ou devant leurs cafés pour prendre un train qui les attend à une heure pétante… ou pas, alors je commencerais par me plonger dans mon histoire, mon récit avec juste un dictaphone en mains, sur la terrasse côté jardin, sirotant un café, un jus d’orange pressé, attendant le vrai petit déjeuner avec madame, ce serait un instant rien qu’à moi et mes élucubrations, pas de mail, pas de réseaux, pas d’ordinateur même, ni de téléphone…au diable les autres, au diable ce monde satellite qui gravite autour de ma bulle avec autant de déchets qu’il y en a autour de la terre…

    Pour ma part, en ce moment, je démarre à 9h30 jusqu’à 12h30 puis 15h jusqu’à 19h, c’est mon côté rigoureux de chef de projet… je ne me consacre qu’à mes écrits, outlook et tous réseaux fermés, téléphone en vibreur, loin de moi, même la radio n’y coupe pas, et pourtant j’aime travailler en musique. Mais non, aucune distraction … Et même comme cela, je procrastine, je m’évade, mais je reviens plus facilement à ma tâche et mon environnement. Et je reconnais que j’avance… sans que cela ne garantisse un meilleur résultat ! 😉

    Soit un peu raisonnable, Pascal, quand tu as 100 mails, ne réponds qu’à moi… enfin ! 🙂

  7. Miel dit :

    Comme je me suis reconnue dans ce billet…
    Quel est le remède à cette addiction ?
    J’ai encore quelques amis qui ne sont pas attirés par les réseaux sociaux et qui n’ouvrent jamais leur ordinateur, s’ils en ont ! Je ne sais pas si je dois les envier… Si je le savais ce serait si simple… J’aimerais avoir le courage de tout foutre en l’air pour ne me consacrer qu’à mon écriture mais c’est impossible avec internet à disposition.
    Et je ne peux compter sur ma volonté puisque qu’à ce sujet, je n’en ai plus !
    D’ailleurs, que fais-je ici au lieu d’être sur mon manuscrit ?
    A moins qu’une petite promenade… il fait si beau dehors… Tout, tout plutôt que de me retrouver avec moi-même sur mon labeur…

  8. Stephanie dit :

    Comme quoi nous avons tous un peu, plus au moins les mêmes travers… Ou les mêmes failles ! Merci pour ce billet rigolo !

  9. grimoirie dit :

    dispersion, procrastination, le manuscrit languit, s’enlise avant qu’il ne se lise. A cette pandémie le remède serait de s’atteler à la tâche à heure fixe ? Pour moi je débrancherait plus volontiers la « box » à heure dite… pour la rebrancher peu avant d’aller dormir et ainsi réduire ces temps de complaisance déguisée en ouverture aux autres. Que ces messages ressemblent à des tap-taps sur un tuyau joignant deux cellules carcérales, qu’il sont loin des bavardages autour d’un AOC ! Merci Pascal d’avoir pointé ce travers. Maintenant je débranche…

  10. Lopes dit :

    Comment faites-vous pour dormir si peu ? Sont-ce les mots ou nos textes qui vous dopent ? Signe amical

  11. Janine dit :

    Bonjour Pascal, comme votre clairvoyance fait du bien !
    Je vois que nous sommes nombreux à nous retrouver dans votre analyse…
    Je ne connais que deux façons de lutter contre la procrastination insidieuse que nous connaissons tous. S’astreindre à un « rendez-vous » quotidien avec son travail en cours, à une heure fixe, et se donner une date limite.
    Cela dit, j’ai un mal fou à avancer mon deuxième livre, comme quoi ….
    P.S. J’ai beaucoup aimé la grâce de votre grasse matinée !
    Amicalement

  12. Auschitzka dit :

    Merci, Pascal, me voilà moins seule ! et bon courage à toi pour éviter ces pertes de temps qui nous guettent chaque jour via la petite souris grignotante.
    Agnès

  13. Aurélie L. dit :

    Bonjour Pascal,

    À vous lire, je suis contente de constater que les « grands » aussi font les frais des futilités immédiates apportant satisfaction, comme vous le dites si bien, plutôt qu’un futur pour le moins incertain qui demande concentration et implication de tout son être.
    Ça fait quelques temps que je réfléchis à cela, aussi, n’est-ce pas une perte de temps que de passer du temps sur quelque chose qui ne sera peut-être jamais achevé et qui passera sûrement sa vie enfermé dans un tiroir (ou dans un fichier de traitement de texte), sachant qu’on pourrait être peut-être plus efficaces dans d’autres domaines (la traduction, en ce qui me concerne). Cruel dilemme, puisqu’il faut aussi prendre en compte qu’il faut manger tous les jours…

    Le plus surprenant est que, dans l’analyse que je fais de mon activité, lorsque j’ai une date butoir, je sais parfaitement me passer de toutes les futilités évoquées précédemment, c’est donc que se concentrer sur une tâche est tout à fait possible, mais voilà, la procrastination prend chaque fois le dessus. En fait, c’est un peu comme si nous avions peur du devenir futur du manuscrit et par cela même, tentions de le repousser le plus possible, non ?

    Je devrais aussi chercher une maison d’édition pour la publication de mon mémoire de master, mais visiblement, après une expérience malheureuse avec un éditeur frauduleux et irrespectueux, ma volonté de trouver semble s’être quelque peu amoindrie, sans compter la procrastination incessante qui vient marteler mon esprit à toute heure…

    Pas facile de gérer son temps comme on l’entend, parfois une épée de Damoclès ne serait pas de trop, mais non arrivons là à un nouveau problème, la création peut-elle s’astreindre à des barrières horaires ?

    J’espère ne pas vous avoir perdu et vous souhaite une agréable journée !

  14. jebenpat dit :

    Bonjour,
    super votre billet !
    vous avez raison, on perd beaucoup de temps avec internet, et tout ce qui tourne autour.
    D’ailleurs, ce matin j’ai déjà perdu du temps à vous lire, et à vous répondre.
    Mais en même temps, vous m’avez tellement ouvert les yeux, que je ne peux que vous répondre pour vous remercier.
    En espérant par ma réponse, ne pas trop vous dissiper de votre prochain livre… ah oui c’est vrai, vous le reprenez seulement pour demain, ouf !

  15. MALLERET PEGGY dit :

    Archi faux, je t’ai lu jusqu’au bout parce que tes infos sont toujours excellentes. De plus, j’étais curieuse de comprendre puisque je me trouve dans cette situation. Pourtant je refuse Twitter, Facebook Lindkind parce que je passe déjà trop de temps sur Google en recherches. Evidemment les mails aussi.

    Tu as « ouvert une fenêtre » ce matin. Je me demandais pourquoi je n’arrivais plus à me lancer dans une nouvelle et essayais de faire la plupart de tes exercices. Parce que C’EST COURT et si je suis sans cesse distraite par ce qui arrive sur mon ordi (cent fois moins que toi) je peux quand même les rédiger.

    MERCI PASCAL….une femme avertie en vaut deux. J’en étais consciente mais là c’est encore plus clair. Peut-être que cela m’aidera. USPER JOURNEE, je veux dire SUPER JOURNEE.

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