Exercice inédit d’écriture créative 201

Eautomnen automne, les arbres perdent généralement leurs feuilles.
Oubliez le phénomène naturel qui les fait tomber et inventez une histoire qui nous donnera
une toute autre raison. 

Deux idées pour l’exemple :

– à force de voir les oiseaux se poser à côté d’elles puis s’envoler comme bon leur semble, les feuilles deviennent envieuses et décident un jour de voler aussi.

– les racines de l’arbre désirant voir le ciel mais n’en ayant pas la possibilité demandent aux feuilles de venir leur raconter.

 » Un grand oiseau de couleur fait bouger tout le bois.

Quand il s’envolera, vert pâle, la forêt partira avec lui et ce sera l’automne  »

Mamz’ie,  » Le voyage sous l’eau « 

38 Responses

  1. Delphine dit :

    En automne, les arbres sont pris de tels fous rires qu’ils en perdent leurs feuilles . Cela commence l’été quand ils nous voient nous agiter dans tous les sens . Mais ils se maitrisent et continuent à nous faire de l’ombre .
    Fin septembre c’est l’explosion enfin !

    Certains disent même qu’en nous voyant ramasser les feuilles leurs fous rires empirent . C’est possible .

  2. Clémence dit :

    En automne, les arbres perdent généralement leurs feuilles. Oubliez le phénomène naturel qui les fait tomber et inventez une histoire qui nous donnera une toute autre raison. 

    Oubliez … OK, j’oublie….

    Sciences, option botanique : j’oublie, interdit par le professeur.
    Littérature, option contes et légendes, le petit oiseau blessé qui cherche un logement pour l’ hiver, j’oublie, déjà pris.
    Littérature, option vocabulaire, je pioche dans ma mémoire :
    – chute de tissu : déchet d’une matière dans laquelle on a taillé des objets ou des parties ; j’en fais quoi de ces bouts des tissu ? Je les compare aux feuilles qui sont imprimées sur les tissus des boubous africains ,.. et puis ? Quel rapport avec la chute des feuilles ? Un peu court !
    – chute de reins…fesses callipyges sur lesquelles se déposent les regards….je vois encore moins de rapport avec les arbres… à moins que leurs yeux n’en tombent tant les courbes sont affolantes !
    – lier ces deux options… tissus africains imprimés de feuilles stylisées drapés négligemment sur les fesses callipyges… Bon, et après ?

    Il faut que je trouve autre chose, chercher l’inspiration ailleurs…. Ailleurs ? Le dictionnaire, bien sûr !
    Qu’il soit de papier ou de fenêtres virtuelles, je trouve 96 synonymes de « chute » ! Ça, c’est déjà mieux ! Il y aura bien dans ce lot un, deux, ou même trois mots qui vont titiller mes neurones encore un peu fatigués par ma dernière grippe….mon raisonnement par syllogisme risque d’être quelque peu enrouée…

    Alors, accrochez-vous, l’explication arrive…

    Prémisse majeure :
    Il y a quelques décennies encore, l’homme érudit connaissait environ 7000 mots ! 7000 mots à comprendre et à utiliser! Quel bonheur ! La femme de ménage, elle, se débrouille avec 2500 mots  ! Avec ironie, je dirais que c’est normal : elle fait le ménage : époussette, aspire, décape et cire, à défaut de coup de torchon, elle passe la machine à vapeur…normal, il y a de moins en moins de dépôts…
    Aujourd’hui, l’homme (synecdoque ) cultivé utilise environ 3000 mots…
    C’est la chute, la déliquescence de la langue française !
    Chute encore accélérée par l’aphérèse et l’apocope !
    Pressé, toujours pressé…superficiel et zappeur, l’homme d’aujourd’hui laisse tomber le début et la fin des mots :
    Les ricains sont arrivés en (auto)bus et en (auto) cars, nous ont apportés (blue) jeans, tenue sympa(thique) qui nous permet d’aller au ciné(ma) avec (Sé)bastien et (An)toine…On ira manger un (beef)steak….chez (Ni)Colas
    Déliquescence : du latin « deliquescere » ,  se liquéfier .
    Aphérèse : du grec : ablation.
    Apocope : du grec : retrancher.
    Et voilà, on a retranché, on a fait l’ablation et notre belle langue s’est liquéfiée… les bras m’en tombent…
    Et les arbres, me direz-vous, quel rapport avec les arbres ?
    J’y arrive…L’automne est aussi une forme de déliquescence….les plaisirs de l’été se liquéfient dans les pluies de l’automne….

    Prémisse mineure :
    Dans l’histoire de l’humanité, l’ Arbre était sur Terre avant l’Homme (3 synecdoques d’un seul coup!), il a pris le temps de l’observation…Il trouvait des choses intéressantes chez l’homme ! Lesquelles, ça, c’est une autre histoire !

    Conclusion :
    Le mimétisme jouant, à voir l’Homme tomber ses mots, l’Arbre se mit, lui aussi à tomber la feuille !

    • Perrat Pascal dit :

      Belle chute, elle ne manque pas de sève.

      « Aujourd’hui, l’homme (synecdoque) cultivé utilise environ 3000 mots… » dites-vous. C’est vrai, sauf pour nos politiques….
      En ce qui concerne l’homme inculte (synecdoque) son vocabulaire quotidien se limite à 300 mots

  3. Delphine Burnod dit :

    Les arbres rêvent que l’été se poursuive .

    Le jour, la nuit, il rêvent . . . ils sont ailleurs .

    Si distraits qu’ils en perdent leurs feuilles , une par une .

  4. danielle 78 dit :

    Les arbres perdent leurs feuilles. Oubliez le phénomène naturel qui les fait tomber et inventez une histoire qui nous donnera une toute autre raison.

    Mimosa est dans tous ses émois, février pointe sa branche, les jours jubilent en grignotant quelques minutes matin et soir. Cette gaité de l’air est contagieuse. Mimosa se sent revivre après cette douloureuse période. Elle préfère ne plus y penser de peur d’y retomber.

    Sa sève l’échauffe un peu. Elle voit enfin ce qui l’entoure, et ça lui donne l’énergie qui lui manquait. Elle se regarde et le spectacle la désespère. Il lui suffit de se pencher vers ses pieds et y cueille couleurs et senteurs sous la terre gelée ou les flocons en sursis. Elle a maintenant tout ce qu’il faut pour se faire belle. Ses racines lui donnent des impatiences, elle a envie de plaire. Justement un vol au dessus d’elle met tous ses sens en alerte. Les oiseaux migrateurs sont de retour. Elle s’installe avec délice au creux de ses sensations : les légers poids sur ses branches, les appels stridents ou chantants, la saison des amours est en marche. Il y a les parades amoureuses, la construction minutieuse du nid, l’attente de l’éclosion de la vie. Des moments suspendus, elle partage son plaisir avec ses hôtes, le ciel clair, l’air doux. Tout cela la stimule, elle voit la vie en couleurs, offre ses grappes odorantes à tous ceux qui le veulent. Un souffle la fait danser. Elle frisonne de plaisir. Le paradis.

    Puis les petits grandissent, la chaleur s’abat éteignant peu à peu envies, sortilèges. L’habitude du bonheur fait son œuvre, Mimosa se laisse aller. Les oiseaux se rassemblent, le départ approche. Chaque année c’est la même chose. Elle ne peut pas se résoudre à ce nouvel abandon.

    Mimosa pleure l’été inconstant qui s’en va et abandonne ses feuilles au vent.

  5. GONTIER Christine dit :

    En automne les arbres perdent leurs feuilles.
    En silence ils nous disent toute la peine de ce monde.
    De nous voir vivre ainsi les abattre et le deuil…

    En automne les arbres perdent leurs feuilles.
    Pas de larme ni de cri, dans nos vies ils se fondent.
    Ils se laissent ainsi choir couvrant notre cercueil.

    En automne les arbres perdent leurs feuilles.
    Regardez et sentez leur odeur nous inonde.
    Nul besoin de courir, l’hiver approche, nous cueille…

  6. Geneviève T. dit :

    Ce matin là, dans le petit vallon, une grande agitation régnait. Tous les arbres et arbustes étaient autour de petit arbre. Mais qu’est ce qu’il a ? dit l’un. Mais tu sais bien qu’il a perdu sa mère le mois dernier, répondit la voisine de petit arbre. Oui mais de là à se mettre dans un état pareil !…mais laissez le tranquille rétorqua un voisin. Et ce temps qui n’arrange rien, reprirent en cœur quelques commères.

    Depuis plusieurs jours petit arbre n’allait pas bien, il passait ses journée à pleurer, ses feuilles avaient perdu leur belle couleur verte, elles commençaient à jaunir et se recroqueviller.
    Il faut que tu ailles voir un psy lui dit sa tante, tu ne dois pas rester comme ça. Mais oui, c’est une bonne idée, acquiescèrent quelques uns. Petit arbre et sa tante se mirent aussitôt en route pour aller consulter Mr Sapin au fond de la forêt. Mr Sapin était un psy renommé dans toute la contrée. Il écouta petit arbre, lui posa quelques questions et lui dit : je ne te donnerai pas de médicaments c’est inutile, tu es jeune, ça va passer, un peu de soleil et tout ira mieux. La tante ne pu s’empêcher de faire remarquer à Mr Sapin que le soleil ne s’était pas montré depuis trois semaines. Allons, allons ce n’est qu’une question de jour, un peu de patience.

    Les recommandations de Mr Sapin firent le tour du vallon, et chaque arbre se mit à scruter le ciel, mais le soleil refusait de se montrer, des nuages de plus en plus sombres l’envahissaient, il pleuvait chaque jour davantage que la veille. Petit arbre n’allait pas bien, il commençait même à perdre des feuilles. On n’avait jamais vu ça, un arbre qui perdait ses feuilles ce n’était jamais arrivé dans le vallon.

    C’est alors qu’une des commères suggéra qu’il aille voir une guérisseuse, vous auriez pu y penser plus tôt persiflèrent les autres commères. Petit arbre et sa tante partirent en direction du petit bois afin de rencontrer Mme Houlala, la guérisseuse bien connue. Mme Houlala était une énorme femme, parée de mille perles rouges qui ressemblait à un sapin de Noël. Elle accueillit avec beaucoup de gentillesse petit arbre. Je sais ce qu’il te faut dit-elle, un arrosage chaque matin d’une décoction de prêle et d’ortie et tout va rentrer dans l’ordre. Dès le lendemain matin le traitement fut mis en place. Au bout d’une semaine il fallut bien constater que la santé de petit arbre ne s’était pas améliorée, il avait perdu une partie de ses feuilles mais personne n’osait rien dire.
    Le soleil n’avait pas brillé depuis plus d’un mois, la morosité s’installa parmi les arbres et ceux-ci commencèrent à voir jaunir leurs feuilles . Si le soleil ne revient pas dit l’aulne nous allons tous tomber malade. Le grand chêne proposa que l’on demande aux oiseaux ce qu’ils en pensaient, eux sauraient peut être dire si le soleil allait revenir, peut être même que certains l’avaient vu récemment.

    Les oiseaux ne se firent pas prier et par nuées ils envahirent les arbres. Ce fut rapidement la cacophonie. Grand chêne dut se mettre en colère. Corbeau prit la parole, le soleil ne brillera jamais plus, affirma-t-il … regardez Dame Cigogne n’a pas continué son chemin tellement le ciel vers le sud était noir et tellement le temps semblait déchainé.
    A cette nouvelle les arbres baissèrent la tête. Bien que l’on fût en hiver l’orage grondait chaque jour, des éclairs traversaient le ciel et d’énorme quantité d’eau tombaient sans répits.
    Depuis deux mois maintenant le soleil n’était pas réapparu. Tous les arbres allaient mal, certains voyaient leurs feuilles jaunir d’autres voyaient les leurs rougir et d’autres encore les voyaient brunir. Au bout de quelques jours les feuilles se détachaient, virevoltaient et finissaient leur course sur le sol. Il n’y avait rien à faire. Aucun remède n’avait été efficace. Un jour il se mit à neiger et le vallon sembla peuplé par une colonie de fantômes.

    Deux mois passèrent sans la moindre amélioration. Un beau matin un oiseau arriva tel un bolide, et s’égosilla en annonçant que lui le soleil il l’avait vu, c’est sûr il allait revenir. A peine avait-il fini sa phrase qu’un pâle rayon apparu entre 2 nuages. Les arbres se redressèrent et se sentirent rapidement mieux. Quelques jours plus tard la plupart commencèrent à se plaindre de démangeaisons. Des petites verrues apparurent, et rapidement elles se transformèrent en feuilles du plus beau vert. A partir de ce jour une grande animation régna dans le vallon, jamais les arbres n’avaient été aussi heureux. …

    A l’automne suivant quand le ciel se chargea de nuages noirs, les arbres virent leurs feuilles changer de couleur , s’envoler et rien ne fut plus jamais comme avant !

  7. DUMOUCHEL dit :

    comme vous le savez nos ancêtres, les hommes préhistoriques dessinaient sur les roches ceci, pour laisser des messages à leurs amis, enfants mais avant cela….

    ils laissaient les messages sur les feuilles des arbres, qui étaient tombées. Oh la lutte était ardue car combien de messages non compris ? Je vais vous raconter pourquoi … chaque feuille étant tellement petite ne pouvait contenir, au début, qu’un seul signe. De ce fait, nos ancêtres étaient dans l’obligation d’arracher plusieurs feuilles de l’arbre afin de laisser un avertissement tout simple car n’oublions pas qu’à l’époque ils ne disaient pas simplement ATTENTION, mais informaient clairement leurs congénères du danger : ici se trouve buffles affamés, ils possèdent des cornes et c’est dangereux . Imaginez donc le nombre de feuilles dont ils avaient besoin et les confusions aussi car avec le vent les feuilles se mélangeaient quelques fois, et celui qui trouvait le message n’était pas forcément « secrétaire » dans l’âme, le mélange pouvait porter à confusion et donner des textes extravagants : ici possèdent des cornes affamées et ils trouvent des cornes c’est dangereux ! celui qui tombait sur le texte ne comprenant pas forcément l’envergure de la dépêche se jetait littéralement dans la gueule du loup ! Par la suite, les feuilles tombaient seules et les indigènes ne comprirent pas le phénomène que nous appelons maintenant l’automne : ils prirent ceci pour un signe du ciel et continuèrent leurs littérature. Ils avaient enfin trouver comment faire tenir les feuilles, avec des cailloux posés les unes à côtés des autres, le texte prenait enfin forme.
    Les arbres, très proches des hommes à cette époque, continuèrent de laisser tomber leurs feuilles afin d’aider ces êtres à survivre à cette faune sauvage… Peu à peu, les hommes ont cessé de lire les messages sur les feuilles, ils connaissaient les grandes lignes de ce qu’elles contenaient… l’homme s’est désintéressé des arbres pour donner de l’importance à d’autres matière telle que les plantes moins grosses et plus facile d’accès tel que le papyrus… l’arbre fut très triste de ce manque de considération c’est pour cette raison que chaque année, les arbres nous rappelle à leurs souvenirs et nous pauvres idiots, nous en profitons pour faire des …. herbiers !!!!

  8. Sélène dit :

    Quand il perd ses feuilles
    L’arbre se déguise
    Habit arlequin
    Sans attaches
    Il s’enracine
    quitte la nuit
    Va à sa guise
    Gagner de nouvelles rives

  9. SB dit :

    C’était la grande fête annuelle de la feuillaison,
    Toutes les feuilles s’étaient donné rendez-vous au bar de « l’effeuilleuse » au pied du vieux Chêne.
    Ça bruissait dans tous les sens, la sève coulait à flots
    Quelle que soit leur origine, toutes les feuilles tourbillonnaient ensemble
    C’était un joyeux tohu-feuillu !
    Ainsi, on pouvait voir pêle-mêle :
    Une feuille d’imposition reluquer une feuille de paie,
    Une feuille de maladie ausculter une feuille de tabac,
    Une feuille morte remplir une feuille d’absence,
    Une feuille à fendre jouer à pierre-ciseaux,
    Une feuille de route percuter un platane
    Une feuille caduque consoler une feuille de saule pleureur
    Une feuille de chou colporter des ragots sur une feuille de navet
    Une feuille de style relooker une feuille de brouillon
    Quand soudain, à minuit pile, toutes les feuilles se sont pressées autour du vieux chêne pour assister au spectacle le plus gourmand et le plus érotique de l’année : un effeuillage intégral de mille-feuille

  10. Halima BELGHITI dit :

    – Oh, non, maman ! Regardes notre chêne a perdu toutes ses feuilles pendant la nuit !! Pourquoi?
    – Je ne sais pas ma chérie, j’espère qu’il n’est pas malade ! Appelons donc le médecin.
    Perché au sommet d’une colline, quelque peu escarpée, le petit village de Raganodou reste plutôt inaccessible à ceux qui manquent d’assez de courage et de détermination pour y accéder. Alors le Dr. Gérard Placebo, y officie non seulement en tant que médecin généraliste, mais aussi en tant que vétérinaire et guérisseur et botaniste à ses heures. Appelé en urgence, le bon médecin se rendit donc chez les Dodud’lajoue dont le grand jardin domine toute la vallée. De là-haut, du jardin, on peut apercevoir la vaste pinède qui s’étale sur tout le flanc. En arrivant à destination, il trouve la petite Cunégonde, en pleurs, inconsolable :
    – Pourquoi, docteur, pourquoi, mon chêne a-t-il a perdu toutes ses feuilles pendant la nuit ?
    – Je ne sais pas Cunégonde, nous allons le découvrir.
    Le médecin se dirigea vers l’arbre et l’ausculta. Son pouls était normal, tout comme sa température et la pression de sa sève.
    – Tout a l’air de bien fonctionner, dit-il en se grattant la tête. Je vais pousser un peu plus loin les examens pour voir.
    Il sortit de sa sacoche un petit scalpel et se mit à gratter le tronc de l’arbre.
    – Il réagit bien, il a l’air tonique et en bonne santé, affirma le docteur. Je ne comprends pas. Ses racines sont bien enfoncées dans la terre, son tronc est bien solide, les branches brunes, comme il le faut. Je te propose de repasser demain et les jours suivants pendant une semaine pour trouver ce qui ne va pas, d’accord Cunégonde ?
    -D’accord ! répondit joyeusement la filllette.
    Le docteur revint le lendemain, comme convenu, et les jours suivants aussi. Il fit un prélèvement de la terre, examina les noeuds du tronc, contrôla son écorce….en vain. Le septième jour, il eut l’idée de monter tout en haut de l’arbre. Et de là, perché à son somment, il aperçut un petit groupe d’hommes qui abattaient des pins sur la colline.
    – J’ai compris, dit-il. Vois-tu Cunégonde, ton arbre a perdu ses feuilles de peur. Comme il voit ses congénères être abattus, il a peur qu’il lui arrive la même chose !
    – Que peut-ton faire ?questionna-t-elle en pleurant
    – Ne t’inquiète donc pas. J’ai une idée.
    Le lendemain, armé d’une pelle, d’un marteau, de fil de fer, et de nombreuses petites planches en bois, le médecin construisit un enclos autour de l’arbre.
    -Voila. Nous allons voir si mon plan fonctionne. Donne-moi des nouvelles, dans les jours qui suivent Cunégonde, tu veux bien ?
    – D’accord ! répondit-elle ragaillardie.
    Les jours suivants, de petites feuilles recommencèrent timidement à repousser
    – Ça marche ! Ça marche s’exclama Cunégonde au téléphone avec le Dr. Placebo
    – Vois-tu, Cungégonde, ton arbre s’est senti protégé par l’enclos. Il a eu tellement peur! La peur est source de bien des dégâts… pour tous !

  11. Alexandrine dit :

    Les feuilles tombent des arbres, une à une, aussi légères que des plumes.
    Dansant, portées par le vent.
    De leur lueur dorée, elles éclairent le firmament.
    C’est l’heure et elles le savent.
    Pour elles le temps est venu de rejoindre ce filament de lave.
    Dans le silence du crépuscule, se sussure un conciliabule.

    L’une choisira ce rocher, sombre forme tarabiscotée, mémoire d’un temps passé.
    Celle ci se posera fébrilement sur ce fil ondulant du feu de la terre.
    N’osant croire en son pouvoir, transmis depuis la nuit des temps.
    Un savoir qu’on croirait illusoire, et pourtant non, aucune brulure, aucune douleur.
    Cette autre happée par ce rocher incandescant, l’illuminera de toute sa beauté.

    Jeu de feu, jeu de roches.
    Une curieuse danse entre minéral et végétal.
    Composant un tableau oh combien lumineux, elles on transmis leur message.
    Un message pour les sages de la terre.
     » S’il vous plait, préservez notre univers ».

  12. MALLERET PEGGY dit :

    Les arbres perdent leurs feuilles. Oubliez le phénomène naturel qui les fait tomber et inventez une histoire qui nous donnera une toute autre raison.

    Il était une fois dans un jardin royal, un jeune platane, planté depuis peu. Déjà, ses feuilles d’un vert vif, formaient une sorte de parasol. Quelques rayons de soleil coquins s’y faufilaient pour taquiner les amoureux. Dispersés dans le feuillage, une multitude d’oiseaux saluaient le lever et le coucher du soleil par un concert de gazouillis.

    À sa droite, un chêne séculaire si volumineux que les promeneurs l’avaient surnommé « la cathédrale » et à sa gauche, un magnolia croulait sous des fleurs blanches bordées de violine. Ces deux arbres dans la magnificence de leur plénitude attiraient l’admiration des promeneurs, faisant de l’ombre à l’orgueil naissant du nouveau venu.

    Notre jeune platane normalement occupé à grandir, se mit tout à coup à ne plus pousser. Puis, sans aucune raison apparente, un jour, ses feuilles se recroquevillèrent et tombèrent l’une après l’autre. Il se laissait mourir. Les oiseaux effrayés, se réfugièrent dans le chêne.
    Les jardiniers du parc n’y comprenaient rien. Ils l’entourèrent de soins attentifs. Ils lui parlèrent, essayèrent mille et un remèdes sans succès, l’arbre continuait à dépérir.

    Le chef d’équipe fit venir de très loin un spécialiste afin qu’il examinât le « malade » avec soin. L’homme mit son oreille contre le tronc, sans trouver d’anomalie, ajusta ses lunettes pour vérifier l’écorce, elle était en parfait état. Décidément, lui non plus, n’y comprenait rien. Absolument rien. Malgré toute sa science il ne put détecter aucune bizarrerie.

    L’arbre fit l’objet d’une surveillance accrue, mais au grand désespoir des jardiniers, malgré l’apport de terre plus riche, d’engrais, et d’amour, ils ne constatèrent aucune amélioration.

    L’un d’eux décida alors, de se consacrer nuit et jour au jeune platane, pensant qu’il livrerait bien son secret.

    Un beau matin, du mois de juillet, un tapis de feuilles sèches entourait le tronc. L’arbre était nu comme en plein hiver. Soudain, le jardinier ensommeillé par des nuits de veille, se frotta les yeux pour être sûre de ne pas rêver. Bouche bée, ébahi, il voyait son protégé se transformer. Un rouge flamboyant montait à l’assaut des branches pendant qu’un lierre s’enroulait harmonieusement, comme les bracelets entourent les bras d’une femme. À la fin de la journée, le jeune platane avait retrouvé sa vitalité. De nouveaux bourgeons éclataient ça et là, pour laisser naître de grandes feuilles vigoureuses.

    Les oiseaux s’empressèrent de regagner ses ramures en chantant à tue-tête.

    Rouge vermillon, il resplendissait, au milieu de toute la verdure du parc et s’élançait fièrement vers le soleil.

  13. un marronnier d’inde et un châtaignier étaient co-locataires d’un petite clairière de la forêt où sous un chêne saint louis avait rendu la justice selon la rumeur . Mais était-ce ce chêne, cette forêt, quelle importance . En tous les cas il y régnait un merveilleux silence. Nos deux compères faisaient un peu bande à part, essayant de ne pas mélanger leurs feuilles à celles des autres jusqu’à ce que les jardiniers viennent les ramasser pour sans doute les composter à leur grand désespoir.
    Quand le printemps arrivait ils suivaient avec intérêt admiration et orgueil même, pousser, grandir leurs feuilles et celles de leur co-locataire et ami. On aurait même dit qu’il y avait parfois du flirt dans l’air mais toujours dans le respect des traditions forestières. Et on voyait grossir les châtaignes qui veillaient à ne pas être plus grosses que les marrons pour ne pas les froisser, sait-on jamais. Alors, l’automne arrivant, ils tombaient parfois les uns sur les autres, et on avait l’impression qu’ils y prenaient plaisir, d’ailleurs jamais ils ne se repoussaient, une osmose chimique semblait même les rapprocher et là ils restaient immobiles faisant durer l’instant le plus tôt longtemps possible . Leurs feuilles, comme celles des autres arbres , se détachaient et volaient de concert, avec plus de plaisir et plus d’élégance me semble-t-il que les feuilles des autres arbres.
    Pendant des années alors que j’étais enfant, puis adolescent et enfin adulte je venais régulièrement et le moment venu je ramassais les chataîgnes et lorsqu’elles étaient cuites je m’en délectais avec ma famille. On faisait bien sûr des batailles de marrons aussi.
    C’est sous ce marronnier et ce châtaignier que j’ai dit à ma femme que je l’aimais et je suis sûr que ces arbres nous ont bénis.
    D’autres générations nous succéderont et eux seront toujours là, leurs feuilles voleront, leurs fruits tomberont et seront mangés sans doute.Se souviendront-ils de nous, je ne crois pas mais quelle importance.

  14. Sylvie dit :

    Automne

    Le grand mage céleste a envoyé le vent
    Souffler les bougies de la Terre.
    Envolée d’étincelles
    Sur le biscuit aux contours imparfaits.
    Pluie de flammes jaunies ou rougeoyantes
    Eteintes une à une
    Ou emportées ensemble
    Dans le soupir du vent
    L’air du temps
    La ronde des saisons
    Branches soufflées
    Dépouillées
    Pour laisser place
    Au moelleux nappage hivernal
    Ou au glaçage blanc
    Qui fige le temps.
    Le grand mage céleste a envoyé le vent
    Souffler les bougies de la Terre
    Joyeux anniversaire !

    ©Sylvie Wojcik

  15. patricia dit :

    Que c’est triste de voir se froisser et roussir les feuilles en automne . Quelle courte vie ! Poussées par les jeunes à venir , elles tombent dans l’oubli très vite.

    A l’automne de sa vie, pour ne pas mourir aigrie, une vieille feuille, d’un charme certain , cherche le sens de son existence : « je n’ai pas assez vécu , je veux profiter de la vie ,pourquoi cette fin inéluctable ; J’ai encore de l’énergie ….pourquoi laisser ma place ? Que ne suis-je née d’un néflier ou d’un laurier , Je serai présente aux prochaines saisons ; Surtout que je ne suis pas du genre à dormir sur mes lauriers ; J’aurai retroussé mes manches. En voyageant à travers le temps, j’en aurais vu des générations de gens ; pas le temps de m’ennuyer ; je ne veux pas mourir maintenant ! »

    Malheureusement , née caduque , sa fin est proche . Alors , panique à bord .

    « Adieu arbre qui m’a donné la vie , adieu le chant des oiseaux qui parvenait à mes oreilles , adieu le vent du sud qui réchauffait mon cœur , adieu le murmure des insectes , adieu la lumière des aubes dorées, adieu au doux babillage de mes congénères .

    Feuilles caduques: nous sommes plus légères , plus mobiles , plus volages , disons le, plus joyeuses que les feuilles de chêne liège alourdies dans l’obscurité de leur ombre . Parce que nous pressentons l’urgence à vivre , nous sommes plus changeantes , plus imprévisibles , plus étonnantes, plus colorées, plus fantasques que ces feuillages persistants qui résistent au temps mais pas à l’ennui. Quelle lassitude dans leur regard ! elles ont baissé les bras …et termineront sauvagement, sous le sécateur acéré d’un intrus affairé.

    Finalement je ne regrette pas ma vie de feuille libre que seule la force du vent déplace et qui me déposera , à l’automne de ma vie, dans une ultime arabesque, sur le sol de mon enfance ; Non, je ne regrette pas de laisser la place aux suivantes, car c’est le cycle de la vie qu’il ne faut pas interrompre » : se dit cette feuille un peu perplexe.

    Un jour de grand vent , dans une formidable bourrasque , je vois tomber les feuilles de mes grands charmes, tels des écus d’or , multiples sur le sol . Je les laisse se reposer, tenant au chaud la terre féconde . Elles continueront d’accueillir, sous leur couverture douillette, les insectes frileux que des merles affamés iront picorer ; les lois de la nature sont ainsi faites . Ne retirer pas trop tôt les feuilles « mortes » pour entendre sous nos pas étonnés, leur doux bruissement , ultime chant de leur vie et charme discret d’une époque passée.

  16. Sabine dit :

    Pourquoi les arbres perdent leurs feuilles en automne.

    Comme chaque année, dès la fin du mois de septembre, la maîtresse de la classe de maternelle emmènera ses élèves en forêt. Les parents liront sur une affichette à la porte d’entrée : « Demain, n’oubliez pas de prévoir pour vos enfants un vêtement de pluie, des chaussures de marche et un grand sac en plastique. »

    Et comme chaque année, la maîtresse fera faire aux enfants des tableaux de feuilles récoltées dans les bois. ON les accrochera au mur de couloir pour que les papas et les mamans puissent les admirer et constater très objectivement que c’est celui de leur enfant qui est le plus réussi.

    Et comme chaque année, les enfants seront trop petits pour attraper les feuilles sur les branches. Alors tous les arbres laisseront tomber leurs feuilles par terre pour que les enfants n’aient plus qu’à se baisser pour les ramasser.

    ©Sabine

  17. Nadine de Bernardy dit :

    Au coeur de la forêt de Paimpon, dans une des tours du sombre château du seigneur de la Tombe Issoire,pleure Jeanette,sa fille.
    Hier encore,son père l’a convoquée dans la salle d’apparat .Etaient présents, sa mère,ses frères et quelques nobles triés sur le volet.
     » Une dernière fois ma fille,je t »adjure de m’obéir. Nous te marierons,nous te marierons te dis-je. Avec le fils d’un prince ou celui d’un baron
    – Ou celui d’un baron insista la mère
    – Je ne veux pas d’un prince,encore moins d’un baron. Non, encore moins d’un baron
    – Alors que veux-tu? lança son frère aîné,courroucé de devoir perdre son temps avec une gamine capricieuse, alors qu’il aurait pu chasser avec ses pairs
    – Je veux mon ami Pierre, implora Jeanette,celui qu’est en prison
    – Celui qu’est en prison! tonna le seigneur de la Tombe Issoire ,Tu n’auras pas ton Pierre, nous le pendouillerons
    – Nous le pendouilleront, glapit le fou assis à sa droite, en agitant ses grelots
    Se jetant à genoux Jeanette implora
    – Si vous pendouillez Pierre, pendouillez moi avec
    – Pendouillez moi z’avec ,singea le fou  »
    L’on raccompagnât la rebelle à sa chambre . Elle y passât la nuit à prier et penser à son Pierre qui avait gravé dans le tronc d’un grand chêne leurs initiales dans un coeur d’amour éternel .
    Et c’est à chêne que, le lendemain, l’on pendouillât Pierre et sa Jeanette avec . Et sa Jeanette avec, soupirèrent les bonnes âmes .
    Sur la plus haute branche un rossignol chantait.
    Un rossignol chantait, il chantait les louanges de Pierre et de Jeanette.
    Oui-da de Pierre et de Jeanette.
    De désespoir le chêne en perdit toutes ses feuilles et les arbres de la forêt, qui avaient entendu le chant du rossignol,sentirent monter en eux la colère face à cet amour si cruellement brisé.
    Ils décidèrent d’en porter le deuil en se dépouillant illico de leur feuillage.
    La nouvelle s’envola à travers le monde et ,tous les ans, à l’anniversaire de cette forfaiture,les arbres honorent de cette manière la mémoire de Pierre et de Jeanette.
    De Pierre et de Jeanette.

  18. Catherine M. S dit :

    Maux d’amour

    Il est amoureux, il est amoureux, il est amoureux
    C’est vrai
    Depuis l’arrivée de la locataire du 3 ter
    Il a pris ses grands airs
    Le changement a été radical
    Les rideaux qui étaient toujours tirés ont disparu
    La vue sur l’appartement était magistrale
    Et il ne s’est pas privé de ce joli point de vue
    Beau brin de fille, mensurations idéales
    Tignasse mordorée, type oriental
    Un spectacle à savourer, plaisir royal !
    Ses branches se sont mises à pousser
    Les feuilles à se multiplier
    Très vite elles ont pu atteindre un petit bout du balcon
    Et se laisser aller à l’effleurer, voire même le caresser
    Divines illusions …
    Le plaisir fut à son comble quand la jeune demoiselle
    Prit l’habitude de s’adosser à son tronc
    Ou de l’enserrer avec de profondes respirations
    Pour capter un peu de son énergie
    C’est son psy qui le lui avait dit.

    Mais le bonheur fut de courte durée
    Un manant vint à passer
    La belle a déménagé
    Le chêne s’est mis à pleurer
    Les glands sont tombés
    Les feuilles ont jauni
    Le sol en fut jonché
    Balayées par la pluie.

    Bonne semaine depuis mon lieu de vacances.

  19. Jean Louis Maître dit :

    La Table du renard

    Une autre année, au pays Dogon, les arbres se mirent à perdre leurs feuilles.
    Comme chez les Toubabs.
    Pas comme les fois où un arbre trop vieux ou attaqué par une vermine se décidait à quitter la terre, non, tous les arbres perdaient leurs feuilles.
    Comme chez les Toubabs, je te dis.
    Une légère irisation recouvrait leurs feuilles, elles prenaient une teinte bleue, avant de tomber sur le sol comme le faisait le pain de singe que les enfants avaient visé de leur fronde.
    Une teinte bleue ?
    Comme les chèches de Touaregs !
    Un attentat, alors ?
    Une énième tentative de déstabilisation du Mali, menée par les rebelles du Mujao ?
    Les ONG, quant à elles, accusaient les OGM.
    Le WWF s’en prenait au WWW : les clés 3G, de plus en plus nombreuses ouvraient, par le biais des smartphones qui proliféraient comme des sauterelles, tout le Mali au monde ainsi mailé et maillé. Pas étonnant que les arbres en paient le prix !
    L’ONU fut même saisie, elle mandata l’UNESCO, la FAO, le BIT et même l’UNICEF. A cause des frondes des enfants.

    Aïssata aussi était étonnée. Mais pas interloquée.
    Elle venait de passer un an à Grenoble, grâce à une bourse de l’Ambassade de France à Bamako, et cette fin de mois de septembre la voyait de retour au village, avant la rentrée des classes fixée au 7 octobre, auréolée du titre de Maître des Universités françaises.
    Lors de son année d’étude en France, la première qu’elle passât, elle avait découvert l’automne et l’hiver et enfin compris ce qu’elle enseignait à ses élèves du Lycée Salif Keita de Bamako, au travers des poèmes de Lamartine et d’Apollinaire.

    Automne malade et adoré
    Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
    Quand il aura neigé dans les vergers…

    Un savoir que ses maîtres avaient vainement essayé de lui faire toucher du cœur lors de ses propres études.
    Mais d’ailleurs, le maîtrisait-il vraiment ?
    La Reverdie de la fin Mars lui avait fait comprendre le mythe de Perséphone. Ses amis français le lui avaient offert en consolation.
    Alors, les feuilles tombaient à leur tour en pays Dogon ?
    Comme chez les Toubabs ?
    Elles reviendraient au mois de Février ou Mars !
    Comme chez les Toubabs !
    Un effet du réchauffement climatique, voilà tout !

    A la Toguna, la case à palabres au plafond bas pour ramener au calme et à la raison les excités du bocal qui auraient voulu se redresser afin d’éructer leur mécontentement, eh bien, on palabrait !
    Que voulez-vous qu’on y fît ?
    Mais ça tournait en rond, même si chacun restait assis.

    Un ancien, un initié, décida alors de questionner la table du renard.
    A la sortie du village, vers la tombée du jour, il aplanit un petit espace où il dissimula des arachides et il y disposa des brindilles et des cailloux qui figuraient le village, c’est-à-dire, le monde.
    Au matin, il vint consulter le journal du lendemain, observant les empreintes que le renard avait laissées en déterrant les arachides.
    Et il comprit.
    Il comprit tout.
    Il alla trouver Aïssata, la prit à l’écart et lui parla longuement, sa main décharnée tapotant le poignet de la jeune femme à l’endroit de son bracelet de cuir orné de cauris.

    Aïssata essuya ses larmes et se leva. Elle salua l’ancien et prit un peu d’écart.
    Sur son smarthone, elle tapa un texto qui conjuguait le verbe « aimer » au passé.
    Elle demeura un moment hésitante face à son écran.
    Elle conjugua alors le verbe « aimer » au présent et au futur et appuya sur « Envoyer ».

    Le lendemain, la peur bleue avait quitté les arbres du pays Dogon.

  20. Kacyne B. dit :

    Je vous ai vues naître!

    A l’étroit dans les bourgeons, timidement, vous avez pointé le bout de votre nez vert tendre.

    Puis, vous avez déployé vos ailes.
    Vous vous êtes amusées à camoufler les branches.
    Vous avez transformé l’arbre en parasol.
    Ce fut alors le temps des siestes à vous admirer, vous, si vives, si gaies; en écoutant vos murmures et vos douces conversations avec vos amis les oiseaux

    Vous voilà, maintenant, épanouies, parées des couleurs de feu.
    Votre sublime beauté avive les émotions, attrape les regards.

    Qu’allez vous inventer pour mieux surprendre?

    Et ce matin là :

    Sous l’arbre de la Liberté, un tapis de feuilles mordorées recouvre la neige.

    L’arbre se dresse nu et fier.

    Le spectacle est grandiose et inoubliable.

    Alors, les violons se mettent à vibrer.

    Et les Quatre Saisons continuent de tourner sur la platine du Monde.

  21. Christine Macé dit :

    L’automne était précoce cette année-là. Le vent d’autan qui s’était levé méchamment virait à grand coups de bourrasques sifflantes les feuilles jaunies par les derniers soleils. Pas de quartier non plus pour la sienne, fût-elle de vigne, qui n’y avait pas plus résisté que les autres. Ainsi, monsieur Adam, auguste statue du jardin municipal, s’était retrouvé à poil et donc contraint de descendre de son piédestal pour filer à l’anglaise sous le regard goguenard des gamins du quartier, en cachant du mieux qu’il pouvait ce que le monde ne saurait voir. Traversant le jardin à toute allure en tentant d’éviter les joggers, il en avait franchi le seuil… pour se retrouver en pleine ville, au milieu d’une foule heureusement bien trop occupée pour lever le nez sur cet Apollon dénudé. L’horreur totale ! Au loin une sirène de flics le fit tressaillir : non, décidément, il valait mieux rebrousser chemin et revenir se planquer dans son parc. Fût-ce à devoir se réfugier pour l’hiver entre les branches épineuses du grand sapin : les boules !

    Bon dimanche, Christine

  22. gepy dit :

    « Cette mission, si  vous l’acceptez, sera éternelle ; Tant que l’arbre vivra, vous devrez vous exécuter . En cas d’échec de votre part, vous nierez tout lien avec notre organisation et vous entamerez le processus d’ auto-destruction  », telles furent les paroles prononcées, il y a des siècles et des siècles par le Grand Patron.
    A cette époque, fort fort lointaine, les feuilles furent enchantées. Elles avaient peu de travail et réussissaient chaque année à remplir cette fameuse et honorable mission. Il y avait de la perte, certes, mais cela restait dans l’ordre des conventions. Tout le feuillage s’y soumettait, même la canopée. Celles « d’en haut » étaient les plus expérimentées, les dernières à se lancer quand toutes les autres avaient échouées. Elles profitaient du vent et savaient viser juste. Elles étaient hyper professionnelles et rattapaient souvent les échecs à la dernière minute. Quand on entendait : « Feu, vole » ,accompagné d’une grande rafale de vent, on sentait de la maitrise, de la puissance et de la précision . C’était beau, c’était envoutant, impressionnant…
    Elles atteignaient toujours « la cible » définie par le Grand Patron.
    Mais ça, c’était avant !
    Aujourd’hui, les arbres ont bien du mal à motiver les troupes. Il y a beaucoup de remise en question de la part des jeunes. Cette mission ne les interesse plus. Trop compliquée, trop ringarde. En fait, quasi impossible. Celles de la canopée restent motivé mais il y a beacoup d’échec.
    Du coup, un certain nombre de jeunes se font hara-kiri et se laissent tomber avant l’heure, pendant l’été. D’autres, au contraire, s’accrochent, s’accrochent jusqu’à l’arrivée de l’hiver pour ne pas participer à cette mascarade.
    Il est certain que, de nos jours, entre le jean serré, le string sexy… la voiture, aux vitres teintées et fermées… la surpopulation…les modifications climatiques…
    on s’est grave éloigné de la mission première de viser juste pour couvrir Adam et Eve.

    Bon dimanche ensoleillé

  23. ourcqs dit :

    C’est une troupe de comédiens qui changent de répertoire à chaque saison.
    L’hiver, performances de spectres gesticulants, effets d’ombres, noirceur, lumière blafarde des clairs de lune, hurlements venteux, tempêtueux,
    Au printemps, c’est un répertoire plus léger, romantique, lumineux, ils éclatent de sensualité, avec chuchotements et roucoulements divers, tout en nuances,
    L’été, c’est une explosion de comédies amoureuses, torrides, puissantes déclamations, de tragédies orageuses, et longues, douces nuits pour réflexions silencieuses sur les racines terriennes, et l’envol vers les nuages,
    Voilà pourquoi dès l’automne, ils libèrent leurs feuilles, feuillets, cramoisis d’émotions estivales, cuivrés d’heures ensoleillées, rouillés de fraîches averses, ils les dispersent vers d’autres lieux, certains finiront peut-être enserrés entre deux poèmes…. entre deux pages

  24. laurence noyer dit :

    En automne l’arbre perd ses feuilles,
    il les arrache de son calendrier.

  25. laurence noyer dit :

    En automne l’arbre perd ses feuilles,
    L’arbre à came perd les pédales
    L’arbre de vie perd son pari
    L’arbre du voyageur perd le nord
    L’arbre généalogique perd son latin.

  26. laurence noyer dit :

    Des arbres tombent les feuilles – des pavés – On appelle ça la rentrée littéraire.

  27. laurence noyer dit :

    Ce sont les arbres qui tombent des feuilles, et sur les feuilles de chou ce sont souvent des marronniers !

  28. George Kassabgi dit :

    En automne, les arbres perdent leurs feuilles. Mais pas tous les arbres. Et parmi ceux qui les perdent, il y en a qui ne perdent qu’un certain nombre de feuilles.

    Quel peut-être ce mystère ?

    Une idée sursaute dans ma tête de temps à autre. Y aurait-il un lien entre le niveau et la concentration des organismes vivants dans le monde (et plus particulièrement, de leur stupidité) et le fait que des feuilles tombent quelques mois après leur apparition ? Pas très probable avec les connaissances établies dans nos centres de recherche, mais l’idée me revient souvent.

    Le schéma est pourtant simple : les sapins de montagne là-haut avec une faible concentration d’organismes tels que humains et autres mammifères ne perdent pas leurs feuilles (ou équivalents). Dans le désert, les palmiers (ou équivalents) ne perdent pas non plus leurs long feuillage pour la même raison (faible concentration d’organismes tout autour). Les algues au fond de l’océan non plus.

    Par contre, les arbres le long des rues dans les grandes villes perdent toutes leurs feuilles.

    Je vais observer les arbres dans mon jardin… avec ce que je viens de vous dire les feuilles tomberont-elles plus vite cet automne ?

    On ne sait jamais assez.

    Je vous tiendrai au courant.

  29. joailes dit :

    Les feuilles des arbres, chacun le sait, sont d’incorrigibles espiègles.
    Elles aiment profiter de la faveur du changement de saison, alors qu’elles viennent tout juste de renouveler leur garde-robe, pour faire la fête.
    Elles virevoltent de tous côtés, ne sont-elles pas craquantes ?

    Certaines font des blagues aux petits enfants dans la cour de l’école, en leur tombant dessus, d’autres attendent patiemment le balayeur qui n’arrive pas à les rassembler toutes et à les mettre dans sa brouette !
    J’en ai une, toute rouge, que j’avais ramassée l’année dernière avec une poignée de châtaignes, qui décore bien joliment mon compotier !

    J’ai écouté leur chanson dans le vent.
    Elles disaient ceci :

    « Nous sommes les feuilles d’automne,
    De petites fées toutes mignonnes,
    Et quand le clocher, au loin, sonne,
    Nous déployons nos couleurs jaunes,
    Rousses, rouges mieux que personne !
    Nous sommes les feuilles d’automne,
    De petites fées toutes mignonnes
    Qui offrons aux peintres la lumière bonne
    Pour leurs tableaux nous sommes championnes ! »

    Elles m’ont entraînée dans une farandole tout autour de la terre, et nous avons ri et chanté à tue-tête.

    Dieu, que j’aime l’automne !

  30. laurence noyer dit :

    C’est le papillon avec ses ailes ciseaux qui les coupent chaque année

  31. laurence noyer dit :

    Le papier provient des arbres. Et la collecte se fait en automne.

  32. rie culinaires dit :

    C’était un digne chêne. Un qui avait survécu à plusieurs guerres, à la création

    d’un rond point, à l’élagage du budget de ses soins voté par la commune.

    Ses plus vieilles branches traînaient par terre. Les gamins du coin les

    chevauchaient. Ils rêvaient d’ouest et d’espace. Quand le cheval usé se brisait

    sous le poids de leur adolescence, les fiers cow boys allumaient un feu arrosé

    d’une eau de mousse.

    C’était la fin de l’était, l’espoir d’un ça sera.

    Le digne chêne écoutait leurs doutes certifiés, leurs confiances éméchées.

    A chacun des enfants il dédiait une feuille, une longue liste de reconnaissance,

    une page des bienfaits égarés, les dérapages oubliés, un passeport pour

    demain l’avenir, une haute recommandation.

    Sur chaque tête correspondante il laissait tomber la feuille sélectionnée.

    La plupart ne s’en apercevaient pas. Certains secouaient juste la tête, niaient la

    chute de leur enfance.

    Quelques uns, attirés par les nuances, prenaient la feuille par la queue. Ils en

    faisaient tournoyer les reflets. Parfois, le tourbillon les hypnotisait.

    Ils demeuraient suspendus aux fines veines végétales. Quelque chose d’autre

    coulait en eux.

    Et ils rangeaient au plus plat, la feuille dans une poche.

    Ce n’étaient pas forcément les meilleurs.

    Un jour certain, ils se débarrasseraient de la feuille chiffonnée.

    Ils auraient besoin de changer de pantalon, de se rendre présentables.

    Quelques uns s’envoleraient. Plusieurs tomberaient de haut.

    Un seul décrocherait le poste communal, le droit de balayer à chaque automne

    le grand tapis des illusions.

  33. laurence noyer dit :

    L’automne veut simplement savoir si on l’aime alors il effeuille ses branches un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…

  34. Stephanie dit :

    Chaque année, dès le soleil faiblissait, les hommes et les femmes du village laissaient leurs activités dans les champs, et tous les après-midi, ils s’en allaient dans la forêt. Ils montaient dans les arbres. Perchés, ils y passaient des heures pour admirer leur champs, leur village , et réfléchissaient à l’avenir du monde .
    Un jour, parmi eux, un homme déclara sa flamme à une belle jeune-fille sur le hêtre d’à côté.
    Blottie dans les feuilles, la femme se laissa envoûter par cette voix. Une voix si douce qu’elle enchanta la forêt durant tout l’hiver, chaque jour ses déclarations et ses poèmes berçaient les hommes et les femmes des arbres alentours. Un jour de grand vent de printemps, la femme amoureuse découvrit le visage cet homme qui le déclamait son désir chaque jour. C’était son père. La jeune femme se pendit à sa branche de désespoir. Les hommes du village décidèrent l’année suivante, que désormais, avant de monter dans les arbres, toutes les feuilles devaient avoir disparus. Depuis chaque année, à l’automne, les arbres se mettent au clair, font de la place aux hommes pour qu’ils puissent prendre de la hauteur pour refaire le monde.

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