Exercice inédit d’écriture créative 165

Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre
et roucoulaient des jours heureux.
Mais une rock star des buissons

vint nicher près de chez eux.
Un beau merle…

7 Responses

  1. Clémence dit :

    Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre et roucoulaient des jours heureux. Mais une rock star des buissons vint nicher près de chez eux. Un beau merle…

    Dans la France bucolique des années après guerre, la chansonnette avait repris ses droits dans les chaumières et dans les rues. Les bals populaires aux mille lampions allumaient des étincelles dans les yeux pour enflammer des incendies sentimentaux .
    Edith Piaf et Charles Trenet défrayaient les ondes avec leur Hymne à l’amour sur la Nationale 7 . Line Renaud , amourachée de son petit chien dans la vitrine faisait les yeux doux à Tino Rossi qui roucoulait en écho : Oh, bella tchi tchi… Henri Salvador susurrait langoureusement les paroles de sa maladie d’amour et faisait danser Patachou au bal de chez Temporel. La sculpturale Dalida se gondolait avec Charles Aznavour même s’il trouvait qu’elle se laissait un peu aller !
    Au milieu de ce beau monde, tourtourellant , romançant et se roucoulant des jours heureux, un beau merle eut l’outrecuidance de venir jeter la pagaille avec son air et ses airs de rock star.
    Envolée, la tranquillité béate des « oiseaux dans la charmi- ii-ii-ille » où tout parle d’amour à Olympia !
    « C’en est trop ! s’exclamèrent les chanteurs, c’en est de trop de venir s’accaparer les premières places chez nous, en France ! »
    Ils mirent au point une stratégie audacieuse. Ils acceptèrent de déserter les majuscules du haut de l’affiche de l’Hexagone pour s’installer en minuscules au bas des affiches internationales. Ils se promirent également de se serrer les plumes pour gravir sans vergogne les marches de la gloire outre atlantique !
    La rock star des buissons, tout King qu’il soit, n’avait plus qu’à bien se tenir.
    Hélas, notre beau merle enchanteur au déhanchement incendiaire, connut une triste fin.
    Et pourtant, à jamais il brillera dans les mémoires, étoile parmi les étoiles.

  2. Halima BELGHITI dit :

    Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre
    et roucoulaient des jours heureux.
    Mais une rock star des buissons
    vint nicher près de chez eux.
    Un beau merle tout de cuir noir vêtu, guitare en bandoulière, la mèche à l’air et l’œil brillant finissait tranquillement de bâtir sa demeure ignorant superbement le couple de pigeon:
    – Il est gonflé le nouveau voisin, s’exclama le pigeon. Il pourrait au moins nous saluer, tu ne trouves pas Ursule ?
    – Ne sois aussi petit-bourgeois Léon, répondit Ursule. Il vient d’arriver, laisses-lui le temps de prendre ses marques. As-tu remarqué son pelage, il est tout noir !
    – Ben oui, c’est un merle. C’est souvent le cas pour un merle, tu sais !
    – Je sais, idiot ! Je voulais juste dire que je trouvais ça joli. Rentrons, Léon, il se fait tard, la nuit va tomber.
    – Ah, tu trouves ça joli ? marmonnât Léon en suivant sa douce.
    Le lendemain matin, Léon fut surpris de constater qu’Ursule avait déjà quitté le pigeonnier. Il alla voir dehors. Ursule étendait du linge, des accords de guitare remplissaient l’air.
    – Bonjour ma chérie, je te trouve bien matinale, lui lança-t-il
    – Ah, Léon bonjour, je profitais du beau soleil pour étendre le linge. Claude a eu la gentillesse de me tenir compagnie avec sa guitare.
    – Claude ??? Léon sentit monter une rage du fond de ses entrailles. Claude ? Alors vous avez connaissance, je vois ?
    – Mais oui bien sûr, Léon, c’est bien naturel entre voisins
    – Vous n’avez pas perdu de temps visiblement…dit Léon soudainement penaud en s’éloignant. Ursule se rapprocha de lui.
    – Mais enfin, Léon, ne soit pas jaloux, c’est toi que j’aime, tu le sais bien
    – C’est bien la première fois que tu tends le linge aussi tôt
    – Je l’avoue, j’étais curieuse du merle, mais tu n’as rien à craindre
    – Tu dis ça, tu dis ça, mais vous étiez en train de roucouler tous les deux, non ?
    – On a juste papoté un peu, c’est tout. Claude m’a raconté sa vie. C’est une espèce de merle migrateur, c’est juste une petite halte, avant de reprendre son chemin
    – Tu ne vas tout de même pas partir avec lui, dit Ursule ?
    Ursule éclate d’un rire sonore
    – Non, mais ça ne va pas bien ? Tu plaisantes ? Bien sûr que non, quelle idée ! Je te le répète, tu n’as rien à craindre.
    Les jours suivants, Ursule et Claude passèrent beaucoup de temps ensemble au grand dam de Léon. Un soir, il se résolut à en parler avec Ursule.
    – Si tu veux me quitter pour lui, dis-le moi
    – Mais enfin Léon, ça tourne à l’obsession, dit Ursule en éclatant de rire.
    – Et ça te fait rire ?
    – Oui, beaucoup. Je profite seulement de passer un peu de temps avec elle
    – Elle ?
    – Oui, Claude est une femelle. Tu vois…quand je te disais que tu n’avais rien à craindre. Et une rock-star féminine avec autant d’allure, on n’en voit pas souvent. Elle a une allure folle, tu ne trouves pas ? Une vraie rockeuse !
    – Claude est une femelle ?
    – Oui, tout à fait, on est devenues copines, alors pour une fois que j’ai une copine et une rock-star, en plus ! Sa vie est si passionnante…
    – Ah…Claude est une femelle répéta-t-il songeur. Intéressant…
    – Que dis-tu, qu’est-ce qui est intéressant, chérie ? demanda distraitement Ursule.
    – Non, rien, rien…répondit Léon en bombant le torse. Je pensais tout haut que tu avais raison. Il est tout à fait intéressant de se lier avec ses voisins. Comme tu l’as si bien dit…c’est tellement naturel..
    Halima BELGHITI

  3. bien sûr il faut lire: un beau merle prit possession des lieux et se mit à s’activer

  4. Le beau merle
    Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre
    et roucoulaient des jours heureux.
    Mais une rock star des buissons
    vint nicher près de chez eux.
    Un beau merle pris possession des lieux et se mit à s’activer.
    – Bibiche…
    – Mais arrête de m’appeler Bibiche, regarde plutôt son costume noir, comme il lui va bien ?
    – Bof….
    – Il est à la dernière mode lui !
    – Ça a dû lui coûter cher !
    – Radin comme t’es !
    – Comment ça radin !
    – T’as vu nos vêtements, ni blanc, ni gris ni beige, ça nous grossit comme pas possible!
    – Faudrait peut être qu’on fasse un peu d’exercice ?
    – Ça va pas !
    – pas étonnant qu’il soit mince, n’arrête pas de bouger lui !
    – Mais qu’est ce qu’il fabrique déjà ?… le printemps n’est pas encore arrivé !
    – M’est avis qu’il prépare son nid, va pas tarder à ramener une gonzesse, tu verras !
    – Déjà ?!
    – Parait qu’ils font 5 nichées par an…y-en a qui ne s’ennuie pas !
    – Ça veut dire quoi ?
    – Ça veut dire que certaine ne sont pas portée sur la chose !
    – Comment –ça pas portée sur la chose !
    – ……
    – Ça t’arrive de réfléchir ?
    – ….
    – Entendre brailler des mômes à longueur de saison, passer son temps à leur chercher de la nourriture, non merci !
    – Ah t’as pas tout à fait tord, on est quand même plus tranquille à roucouler sur notre poteau!
    – Où il est passé ?
    – Mais …il mange à tous les râteliers, après les vers ce sont les pommes et quand les mésanges ont le dos tourné ce sont les graines.
    – Et gros comme rien, on n’est vraiment pas égaux !
    – Tiens, la porte s’ouvre, qui c’est qui sort !
    – Le gosse avec sa mère.
    – Qu’est ce qu’il dit ?
    – Mais t’es sourd ou quoi, il dit : tu entends maman comme le merle chante bien !
    – Y-en a vraiment que pour lui !
    – Et la dernière fois qu’on chantait le gosse a dit quoi ? hein ?
    – Il a dit j’en ai marre d’entendre ces pigeons, et il nous a lancé des cailloux ! …..- tu sais on devrait se tirer !
    – Oui avant qu’on nous tire dessus ! ah ah
    – J’ai un plan !
    – Un plan, toi !
    – Oui, oui on va bien rire !
    – Raconte toujours.
    – On va aller s’installer sur la place du village.
    – Là bas, mais qu’est ce qu’on va y faire et puis c’est loin !
    – Ah ah
    – Ah ah quoi ?
    – On va les emm…. ces humains et de plus l’autre disparaîtra de notre vue !
    – Et en faisant quoi ?
    – Mais en crottant à longueur de journée sur leurs voitures….
    – Tu es génial, je suis prête c’est parti !
    G. Tavernier mesmotsdoubs

  5. Sabine dit :

    Deux pigeons se kiffaient à mort, mais le keuf pigeon était en plein burn-out. Il spychotait tout seul sur sa branche et ne calculait plus sa pigeonne. Du coup elle avait le seum.
    Mais un chanmé de merle qui se tapait l’affiche installa sa turne à l’arrache sur la branche d’à côté.
    Il avait envie de pécho et mata la pigeonne, sorte de cougar botoxée.
    – Wesh, wesh, lui-dit-il
    – Wesh cousin.
    – T’es trop bonne. Mais tu kiffes le relou qui comate sur ta branche ?
    – Ouais mais il est trop chelou, il me fait tièp. Je vais le tèje dès qu’il imprimera.
    – Tu me textotes dès que tu lui auras niqué sa race ?
    – Yo man.

    Et ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

    ©Margine
    Vous n’avez rien compris à l’histoire ? Rassurez-vous, moi non plus. Mais vous trouverez la plupart de ces mots dans le Larousse ou le Robert…C’est comme ça qu’une langue évolue, paraît-il.

  6. Anselme dit :

    Un beau merle grand joueur de pipeau. Si talentueux que la pigeonne se laissa pigeonner. Il firent bientôt nid commun, leurs élans durèrent jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’avec lui ça ne volait pas haut. En plus, ce mauvais coucheur tenta, lors d’une d’une prise de bec, de lui voler dans les plumes. C’en était trop, elle porta plainte chez les poulets. Il fut jugé et reconduit à la frontière du pays Basque, au-delà des Pyrennées.
    Depuis la belle se refait le ramage en attendant le passage des palombes.

  7. ourcqs dit :

    Un beau merle… en combinaison noir intense et brillant, mince, très agile, très séduisant, vocalisa tout un répertoire qui les laissa bouche bée. Le ramier, pourtant habitué à tout dominer, règlementer, se sentit atteint dans sa dignité . Sa belle avait écouté, médusée, toutes ces variations de sifflements, chants flûtés, et restait sous le charme des danses gracieuses, rapides , rythmées par ce fin bec jaune très attirant . Il fallait bien reconnaître que ce nouveau voisin léger, toujours en mouvement, apportait une nouvelle conception des mises en scènes ( trop d’entre-chats ) et bousculait les registres des tonalités, intéressant mais trop révolutionnaire, évolution trop rapide . Il devait pourtant lui faire comprendre que lui, restait le meilleur, sans doute le plus fort, que ces gloussements divers et variés ne l’impressionnaient pas, que sa tourterelle appréciait profondément ses roucoulements certes répétitifs, mais classiques,et son plumage tout en nuances de gris très subtiles ! Perdu dans ses réflexions il décida que lui, colombe de la paix ne serait pas le dindon de la farce .

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