Exercice inédit d’écriture créative 287

Exercice d'écriture très créative
mouche-verte

Une mouche domestique n’aimait que le propre, le bien lavé, le bien tenu. Ses parents s’étaient pourtant saignés pour lui permettre d’étudier dans les plus prestigieux lieux d’aisance. En vain. L’immonde lui soulevait toujours le coeur. Mais, lorsque dans sa vie survint un mouche verte, tout changea…

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13 Responses

  1. khebbab dit :

    Je suis une mouche et je me douche sous la pluie battante. Mais j’aurais le dernier mot. Le mot de la faim. Celle dont ont besoin mes six pattes pleines de poils. Je grignote et veille au grain.
    Les hommes ne m’aiment pas!
    Va savoir pourquoi!
    Et les femmes aussi! Sans oublier les enfants et les vaches, les chiens, surtout quand ils ont un bouton purulent. C’est le grand festin!
    Que voulez-vous? I faut bien vivre!
    D’ailleurs, on pense créer notre syndicat. Le syndicat des mouches sans anicroches
    Il faut vous dire que si on existe, il y a bien une raison. Cette raison est peut-être mystérieuse pour vous, pauvres humains inhumains. Mais notre créateur « sait » ce qu’il Mijote. Alors laisses trotter ta ciboule et admet, même juste philosophiquement qu’on a le droit d’exister, comme tu as le droit de nous…tuer.
    -Je te hais
    – Et moi je bourdonne zézaiement
    -Touche pas à mon plat, moucheron!
    – je ne fais que survoler ton plat fumant
    -Un couvercle boucle mon diner. Vas ‘y voir ailleurs!
    -Ah, les temps sont durs pour nous, mouches et larves avec bave, sans bravoure aucune!

  2. Michel ROBERT dit :

    Une mouche domestique n’aimait que le propre, le bien lavé, le bien tenu. Ses parents s’étaient pourtant saignés pour lui permettre d’étudier dans les plus prestigieux lieux d’aisance. En vain. L’immonde lui soulevait toujours le coeur. Mais lorsque dans sa vie survint une mouche verte, tout changea.
    Elle la rencontra à l’Hôtel Hilton. Sur une serviette de toilette nid d’abeille, près des initiales brodées à la main. Entre les deux H, elle s’exerçait à passer des drops avec une mie de pain. « Que fait-elle ici ? Concurrente ou amie, s’interrogea la petite bleue, sur la couleur de son maillot. Une solitaire venant d’Afrique du Sud, peut-être ? »
    Son éducation la somma de ne pas faire connaissance de suite. Si elle était une future adversaire, le plus judicieux serait d’observer son entraînement et comment elle envisageait de passer par les ailes. Dans le couloir, le chariot n’avait pas encore été débarrassé. Lucile s’intéressa à la cuillère et la bleue à la fourchette. Dans un verre, il restait un peu de rouge, la bleue en but, la verte ramassa une mie, fit un crochet, après une passe croisée, elle préféra prendre un coup d’air frais.
    Une fois rassasiées, elles partirent vers le vestiaire.
    « Mais quel crampon celle-là, se dit la verte. Je vais la plaquer et te la renvoyer dans ses vingt-deux ! »
    Mais la coquine testait les réactions. Arrivée devant l’ascenseur, elle se dit : « J’ai fait une touche ! Je vais attendre qu’elle soit devant son casier, je pourrais aller lui parler, je vais pas rater le coche. Quand j’irais sur l’aérodrome Bernard Laporte, il la connait, je lui en parlerai et je verrai si elle me botte. »
    Enfin en tenue, elle se décida à percuter l’Africaine :
    – Qu’est-ce que tu fais toujours dans mes pattes, lui dit celle-ci avec un accent du Sud-Ouest ?
    – Excuse-moi, je t’ai regardée tout à l’heure, après ton coup de pied de recentrage par-dessus la chandelle, engagea-t-elle timidement…
    – Arrête de me charger, petite. Qu’est-ce que tu veux ?
    – Je voudrais apprendre ta technique.
    – La technique, reprit la Toulousaine d’adoption, c’est pas compliqué ! Très Sérieux Entraînement deux fois par jour. Le programme TSE-TSE, tu connais !
    – TSE-TSE ? Tu serais pas en train de m’endormir des fois ?
    – Ah ! Ah ! Je te charrie. Lucile Pack, lui dit-elle pour se présenter.
    – Lova Li, répondit la bleue !
    – Allez, viens faut pas rater le Haka !

  3. Anne-Marie dit :

    Elle volette, elle volette du canapé beige aux rideaux écrus, de la commode en acajou aux bibelots posés sur l’étagère. Mouchette agace, agace mais toujours elle s’échappe. Elle se pose tout en haut de la baie vitrée dans un rayon de soleil, tourbillonne le soir dans les lampes, se blottit la nuit pour un petit somme, au creux d’un profond fauteuil. Elle est petite, entêtante. Amandine court après elle, et n’arrive jamais à l’attraper… Mouchette regarde la petite fille agiter sa tapette jaune. Elle se demande parfois qui s’amuse le plus ? Amandine à courir à sa poursuite ou elle à voltiger pour lui échapper?

    Bzzz… un vrombissement puissant, un éclair vert sombre dans le soleil, Lucilia entre par la fenêtre. Dans un ballet tourbillonnant, elle scintille, sous les yeux de Mouchette, éberluée. Bzzz… Lucilia, souveraine, continue sa danse, tournoie du fauteuil à la cheminée, du plafond à la fenêtre, en faisant miroiter les éclats de sa parure. Un coup d’ailes, quelques pattes de mouches, Mouchette se rapproche. De sa voix fluette, elle s’exclame :
    -« Comme tu es belle ! Tu brilles dans le soleil… »
    Lucilia lui jette un regard dédaigneux. Qu’est-ce que c’est que cette petite mouche de ville, bien proprette sur elle.
    -« Dis-moi, où pourrais-je trouver une aussi jolie robe que toi ? »
    Et en plus, cette petite chose ridicule l’interpelle. Lucilia se rengorge et répond d’un air méprisant.
    -« Petite, il te faudrait d’abord découvrir le monde, courir la campagne, déguster le crottin des ânes et des chevaux, te rouler dans le fumier, dormir dans le purin… »
    Mouchette a des hauts le cœur en l’entendant parler, mais elle ne peut s’empêcher d’admirer sa force et sa beauté.
    -« C’est loin la campagne ? »
    -« Petite prétentieuse, ce n’est pas ton monde ! Toi, tu ne se nourris que de miettes de pain blanc,tu vis dans le luxe. »
    Mouchette, vexée, voit Lucilia se pavaner, fière de son effet.

    Soudain Amandine entre, un pain au chocolat à la main. Miam, miam… Bzzz, bzzz… Affamée, Lucilia se précipite. Amandine hurle :
    -« Maman, y a une grosse mouche verte, sur mon petit pain.»
    Le cri fait fuir Lucilia qui se pose un peu plus loin, quelques instants. Gourmande, elle revient sur sa proie sucrée et frôle la joue de la fillette.
    -« Maman, Maman, viens voir ! Elle est dégoûtante cette mouche ! »
    Madame de la Tapette entre. Prudemment Mouchette se cache dans l’abat-jour. Lusilia se réfugie en haut du rideau.
    -« Pousse toi Amandine. »
    Madame de la Tapette, d’une poussée du doigt projette un flux d’insecticide en direction de Lucilia. Les embruns étourdissent Mouchette. Elle a la nausée et tombe du lampadaire. Sur le tapis moelleux, elle rassemble ses forces et file jusque sous le canapé. Elle entend Lucilia tourbillonner quelques instants… puis un bruit sourd. Quand la voie est libre, Mouchette s’avance, encore titubante. Lucilia est par terre, inanimée, les pattes en l’air, sa robe ternie. Songeuse, Mouchette murmure :
    « Finalement, je préfère ma petite robe noire ! »

    ©ammk

  4. JAK dit :

    Une mouche verte Lucilia caesar
    Qui courait sur un bousard
    Je l’attrape par les ailes,
    La montre à Musca domestica
    Celle-ci me dit

    Je vais la tremper dans le vinaigre,
    Et puis la rincer dans l’eau,
    Ça me fera une compagne
    Pour pondre Tout chaud.

    Je la pose là sur ses pattes
    Ell’ me dit qu’elle est très bien.
    Et que dans la cuisine,
    Ell’ mangera tout’ la farine.
    Oh ! La coquine !
    Puis la pose dans un tiroir
    Tout au milieu des mouchoirs
    Elle me dit y fait trop noir
    Je l’applique sur mon chapeau,
    Elle me dit c’est bien trop haut
    Je l’engouffre dans ma culotte,
    Elle me fait trois petites crottes.
    Je ‘installe sur un coussin,
    Elle y tisse une toile à dessein
    Je la mets dans mon p’tit lit
    Elle décide alors : moi j’reste ici !

    Et depuis la gent femme de ménage
    Jour et nuit, les aisselles en nage
    Traque avec son plumeau
    Les deux comparses salingues, un joli duo
    Musca Domestica et Lucilia Caesar, bien unies
    Qui sans cesse pondent un peu partout des petits

    Inspiré par la comptine une mouche verte qui courrait dans l’herbe

  5. Peggy dit :

    Une mouche domestique n’aimait que le propre, le bien lavé, le bien tenu. Ses parents s’étaient pourtant saignés pour lui permettre d’étudier dans les plus prestigieux lieux d’aisance. En vain. L’immonde lui soulevait toujours le coeur. Mais, lorsque dans sa vie survint une mouche verte, tout changea…

    Elle rencontrait parfois ce genre de mouche, lorsqu’ elle abandonnait les lieux d’aisance aussi prestigieux soient-ils, pour s’aérer.
    Grâce à son éducation, elle savait qu’il en existait deux sortes. La lucillia sericata, et particulièrement la lucillia caesar dont elle enviait la vie au contact des fleurs et sa vocation à polliniser.

    Elle aurait bien fui son environnement mais elle n’avait pas le cœur à décevoir ses parents. Malgré leur disparition, son amour filial était resté très fort. Elle se forçait à continuer de vivre comme s’ils étaient encore là, par respect et en hommage à leur engagement total afin qu’elle devienne une mouche domestique parfaite.

    Pourtant il y avait plusieurs raisons pour ne pas continuer cette vie déprimante. La première était de ne pouvoir échapper à tous les mensonges qui se tramaient dans les toilettes grâce au téléphone portable et qui ne la faisaient plus rire. La seconde, la plus importante : malgré ses études poursuivies avec brio, de risquer perpétuellement défaillir à cause des senteurs inappropriées à sa sensibilité olfactive.
    Sans compter une kyrielle d’autres raisons qu’elle n’avait pas envie d’énumérer.

    Donc elle sortait souvent se désintoxiquer.

    Puis, un jour, lors d’un de ses déplacements une lucilia caesar l’aborda. La distinction et le charme de notre mouche domestique n’avaient pas échappé à la mouche verte que l’on traite souvent, par ignorance, de mouche à m… C’est une grande erreur, puisqu’elle se nourrit uniquement de nectar et de pollen. De quoi faire rêver notre petite musca domestica. Elle ne résista pas. Oublié les parents, oublié les lieux d’aisance !

    Lucillia caesar un brin amoureux, fit entrevoir à Musca domestica un autre destin. Entre humour et patience, il lui apprit quelles fleurs butiner et comment polliniser. Notre mouche jubilait, elle venait de découvrir une vie merveilleuse ! Pourtant, ce n’était pas si facile, car sa trompe n’avait pas été créée pour cette activité. Elle mit néanmoins beaucoup d’énergie et pas mal d’amour afin de réussir.

    Lorsque Lucilia caesar considéra son élève prête, il décida de la laisser seule commencer ses premières expériences. Musca domestica remercia son mentor et promit de venir lui raconter ses aventures. D’un vol élégant elle se laissa emporter par la brise.

    Au bout de quelques jours, ne voyant pas revenir sa protégée Lucilia caesar s’inquiéta. Connaissant sa bonne éducation et leurs inclinations respectives, l’idée qu’elle l’eut oubliée ne l’effleura pas. Il se mit en quête de savoir ce qui avait bien pu lui arriver.

    De fleurs en fleurs, il put retrouver son parcours. Le dernier lieu où on la vit fut une jardinerie. D’ailleurs, les insectes avaient été très étonnés de voir une mouche domestique butiner.
    Il entreprit une enquête.
    Avec horreur il apprit qu’une dionée particulièrement colorée l’avait capturée et digérée.

    Lucilia caesar désespéré d’avoir été un aussi mauvais professeur alla se suicider dans la plante carnivore qui avait avalé son jeune amour.

  6. Des champs à perte de vue. Une route, en plein milieu, toute droite. Elle semble ne mener nulle part, mais le village le plus proche est à six kilomètres. Au bord de cette route, une enseigne, lumineuse comme un soleil échoué là : Casse Alfredo : Pièces détachées, toutes marques.
    Il est réputé sur la région . On y trouve en effet de tout et quand on ne trouve pas ailleurs, on est sûr de dénicher chez lui ce qu’on cherche.
    Un gros cube blanc en avant-garde au bout d’un cheminement de graviers qui amène les clients sur les lieux. Une porte s’ouvre sur un bureau bien rangé, où s’empilent des dossiers bien classés, au dessus d’une table métallique et de petits tiroirs calibrés fermés à clé, marqués d’ étiquettes.
    Un Monsieur est là, sur une chaise de bureau à roulettes et dossier haut, et quand il retourne son fauteuil vers le visiteur, apparaît sa silhouette moulée dans une combinaison bleue impeccable, repassée avec soin, sans taches. Entrouverte sur la poitrine elle dévoile une chemise blanche et une cravate sombre et fine.
    Monsieur Alfredo est de taille moyenne, carré, les cheveux noirs, soigneusement plaqués vers l’arrière avec une petite raie bien tracée sur le côté. Et il soigne sa mise : « Ce n’est pas parce que je suis casseur que… ! » répète-t-il.
    Plus loin derrière le cube, en fait juste derrière, l’entrepôt lui-même. C’est là que Monsieur Alfredo mène son visiteur après avoir enregistré sa demande au bureau. Un entrepôt de pièces détachées de toute sorte, disposées en tas ordonnés, certains avec des panonceaux énumérant leur contenu. « L’ordre dans le bric à brac » dit fièrement le propriétaire qui classe avec méticulosité chaque élément dès sa récupération. Sans hésitation il se dirige dans la bonne direction, vers la bonne marque, la bonne catégorie, et finalement, brandit devant le quémandeur LA pièce qu’il cherchait depuis un bon moment déjà. Un sourire franc accompagne la trouvaille, dans la satisfaction du devoir accompli. Et, au « merci » du client radieux, il répond invariablement  : « A votre service ! Et si vous cherchez autre chose, n’hésitez pas ».
    A droite du cube blanc, un enclos : Les herbes drues et jaunies du champ laissent place à un jardinet entouré d’une petite palissade de bois ajourée, peinte en blanc crème. La pelouse bien tondue et très verte est parsemée de bosquets fleuris taillés en boule, répartis harmonieusement. Au centre trône une maison de plein pied, de taille confortable, aux murs clairs et aux volets bleu lavande. Des jardinières pleines de géraniums retombants pendent aux fenêtres.
    Un perron à l’entrée avec une large marche de pierre blanche. Une petite fille joue là, avec une poupée. Une fillette de douze ans environ. Des cheveux sombres, coupés mi-longs, au carré, bien lisses. Un corsage blanc à petit col et à manches courtes, une jupe plissée qui se soulève avec le vent et qu’elle rabat continuellement sur ses genoux. Des soquettes blanches et des ballerines en cuir fin. Ainsi mise, elle a l’interdiction formelle de sortir même dans le jardin où la terre risquerait de la salir et de faire du travail à sa maman. C’est ce qu’on lui a dit et elle est docile. Sagement assise sur la marche, elle a plutôt l’air de s’ennuyer. Elle parle à sa poupée.
    Le soir tombe déjà. On ne tardera pas à se mettre à table. Le soleil, très bas sur l’horizon, prend une couleur rouge et la lune émerge timidement d’un ciel très pâle, devenu transparent.
    Un appel. C’est la meilleure heure de la journée, celle où la chaleur s’apaise et où l’air devient si doux et rafraîchissant. Quel dommage de rentrer maintenant.Ce ciel crépusculaire est si beau ce soir !….
    Deuxième appel. La petite file se lève, tourne le dos au grand ciel et à la lune toute ronde qui se dessine maintenant nettement. Elle disparaît.
    A présent la pièce principale de la maison est seule éclairée. On le voit à travers les rainures des volets fermés. On imagine la famille réunie autour de la table de la salle à manger. Dehors la nuit est tombée, vrillée par les cri-cri de l’été. Le silence s’installe.
    Mais voici qu’une autre fenêtre s’allume, sur le côté de la maison. Elle s’ouvre toute grande et une tête apparaît. La petite fille s’est hâtée de finir le repas pour se réfugier dans sa chambre. Tout à l’heure elle a quitté à regret la lune toute ronde et elle la contemple maintenant en buvant la fraîcheur de la nuit
    naissante.
    Un cri, dans le lointain. Il se prolonge avant de mourir puis renaît dans la même tonalité, répétitif. Il se rapproche. La lune qui brille maintenant intensément éclaire la route blanche. De plus en plus proche le cri se mue en paroles. On entend distinctement à présent : « Marchand de chiffon ! marchand de chiffon ! » qui s’étire dans un lamento chantant.
    Quand une silhouette apparaît enfin sous les plein-feux de la lune, elle est grotesque, dégingandée. Un chapeau haut de forme cabossé apparaît en premier dans le halo. Il semble posé en équilibre sur un échalas humanoïde en haillons, au pas désarticulé, étiré par une lune qui s’amuse à l’écarteler en longueur. Une masse biscornue traîne derrière lui.
    On distingue, enfin, un homme jeune, grand et mince, qui tire derrière lui une petite charrette de bois surchargée. Il poursuit son chemin en aboyant périodiquement : « Marchand de chiffons ! marchand de chiffons ! »
    Quand il aperçoit la petite fille à sa fenêtre.
    Galamment il se présente en ôtant son couvre-chef et entame la conversation, probablement sur la douceur du soir. Un sourire apparaît bientôt sur le visage de l’enfant et le jeune homme s’anime. Le voilà maintenant qui fait de grands gestes avec ses bras immenses, comme un bonimenteur de foire. Il a rapproché sa charrette et présente à la petite fille tous les trésors qu’elle cache. Il invente pour la distraire une fonction magique, une provenance mystérieuse à chaque objet. Il lui raconte son histoire, et chaque histoire est un conte des mille et une nuits… L’enfant fascinée écoute …
    Quand enfin elle étouffe un baillement le magicien du soir lui souhaite bonne nuit et lui donne rendez-vous le lendemain.
    Les parents ont le sommeil lourd. Par chance ils n’ont rien entendu.
    Le lendemain, même jeu. La petite fille guette l’apparition de la lune, hâte son repas du soir et se prétend fatiguée pour vite disparaître dans sa chambre. Elle ouvre grand sa fenêtre et n’attend pas bien longtemps. Il s’annonce dans le lointain et bientôt il est là, avec sa charrette aux trésors.
    Il lui montre ses nouvelles trouvailles mais il a repéré la mine d’or derrière la maison : tous ces tas bien rangés de formes métalliques si diverses. Et il la persuade de l’accompagner à la caverne d’Ali-Baba.
    Là, juchés tous deux sur un tas de ferraille, les voilà qui rivalisent d’imagination. Ils prennent les pièces moulées, leur inventent mille fonctions utiles ou burlesques, rient de leurs inventions, les reposent (dans le bon tas) pour en prendre d’autres. Ils jouent à l’infini et le temps passe vite. Il faut rentrer se coucher.
    Le troisième jour, quand la nuit tombe enfin, la petite fille a pris ses poupées avec elles pour qu’elles assistent à un spectacle extraordinaire. Cette fois on invente des instruments de musique avec les pièces métalliques, on les combine, on les assemble, on souffle dedans ou on les tape l’une sur l’autre. Certaines rendent un son sourd, vagissant, étiré. D’autres un son bref, claquant, aigu. Et les poupées assistent à un concert tintinabulesque.
    L’entrepôt est heureusement éloigné de la maison. Et les parents ont décidément le sommeil bien lourd.
    Les jeux se suivent sans se ressembler, d’un jour à l’autre.
    Une nuit où il la voit triste à regarder la lune dont il ne reste plus qu’un maigre croissant, le jeune homme
    promet à la petite fille de lui ramener ce joli croissant pour lui tenir compagnie. Elle le regarde incrédule et se met à pleurer. Dans quelques jours l’été finira et avec la reprise scolaire elle ne pourra plus veiller le soir et rencontrer son ami.
    Mais il maintient sa promesse. Il lui rapportera le croissant de lune.
    Dans l’entrepôt il choisit les pièces nécessaires à son projet et les rassemble dans un coin à l’abri des regards et des curieux. Le lendemain, armé d’une boite d’outils divers, il passe la nuit à tailler,clouer, chauffer, assembler, souder. Et ce deux autres nuits encore.
    Au quatrième soir il invite la petite fille à assister à son « décollage »
    Monté sur le toit du gros cube, prolongé de deux ailes majestueuses, elle le voit prendre son élan.
    Au moment où son pied va lâcher le bord du toit, un éclair soudain, un de ces éclairs électriques de l’été, un éclair d’orage sans pluie, jaloux peut-être de ce cueilleur de lune téméraire, s’abat sur l’appareillage et enflamme le petit moteur à essence qui l’accompagnait. L’ oiseau s’écroule en boule de feu.
    La petite fille, stupéfaite, voit un panache de fumée noire s’élever vers la lune.
    Cette fois les parents sont sortis, en maugréant. Ils ne comprennent pas ce que ce tas de ferraille sale fait au milieu de leur jardin. Ce n’est plus qu’un tas noirci informe et inidentifiable. La petite fille s’est approchée craintivement : Aucune trace humaine. Elle sourit . La fumée montait jusqu’à la lune : c’est ce chemin qu’il a emprunté.
    Le croissant de lune est accroché au ciel, mais il est plus lumineux que jamais. Si lumineux, si détaché sur le fond du ciel, que pour un peu on pourrait le toucher de la main.

  7. loholibama dit :

    La divine mouche n’était pas à son aise…la nouvelle demeure ne lui semblait pas approprier à ses besoins.
    Trop de travail, trop sale et le tout devant se faire rapidement.
    Battant de ses ailles fines, elle scruta son environnement enfin pensa t-elle, un petit coin rien que pour moi et sautillant de joie elle se dirigea avec vélocité vers cet endroit presque parfait.
    Ses parents la regardèrent se disant que  » peut-être » elle trouverait ici un semblant de paix, de quoi se ressourcer, de voler de nouveau vers d’autres cieux toujours si beaux!
    Bref, ils étaient dans l’expectative…Revenant de son inspection, et bravant le tapis bien trop sale à son goût…
    Elle lissa avec soin ses ailes, puis ses pattes, ce qui lui pris un temps fou mais, cela devait être fait, c’était vitale pour elle. Regardant enfin ses parents…elle osa un : » Oui, ce pourrait-être
    presque parfait s’il n’y avait tous ces chevaux qui viennent boire l’eau de la petite rivière et qui s’en vergogne
    battent des sabots faisant voleter toutes cette sombre poussière. Inquiets ses parents vrombirent et se colletant avec la vitre regardèrent ces énergumènes qui se pavanaient en hennissant sans arrêt.

    -Quoi! Ils osaient! A l’assaut
    claironna papa et maman de reprendre  » a l’assaut » les ailes frémissantes de joie, haros sur les canassons
    Riant et se réjouissant, piquant ,vrombissant ,les voila énervant les chevaux qui ombrageux se vautrent à terre , s’entourant de cette divine poussière.
    La belle se sentit libre de voler enfin de ses propres ailes et ainsi riant et voletant à l’assaut des canassons; la vie retrouva pour mouche aimant trop la propreté un vrai sentiment de liberté De nouveau et pour un temps, elle pouvait se vautré dans le sale et y prendre plaisir Demain sera jour nouveau et ses tocs reprendront alors la place qu’ils occupent chaque jour «  »Il n’est pas sage de trop regarder ou se cache la saleté, souvent, il vaut mieux détourner son regard pour apprécier la bonté de ceux qui nous entoure et personne ne nous empêche une fois repartie d’apprécier l’endroit ou l’on vit » » A chacun son univers.

  8. Clémence dit :

    Une mouche domestique n’aimait que le propre, le bien lavé, le bien tenu. Ses parents s’étaient pourtant saignés pour lui permettre d’étudier dans les plus prestigieux lieux d’aisance. En vain. L’immonde lui soulevait toujours le cœur. Mais, lorsque dans sa vie survint un mouche verte, tout changea…

    Délicatement posée sur le dossier du vieux rocking-chair, elle jouissait lascivement de son balancement. La chaleur s’atténuait. Elle rêvait. Elle se remémora sa vie antérieure….

    Celle qui prit fin par une dispute magistrale avec ses parents. Et ils avaient su s’y prendre pour la faire culpabiliser.
    – Nous nous sommes saignés pour te permettre d’étudier dans les lieux les plus prestigieux…
    – Mais là est votre erreur !
    – Comment oses-tu nous affliger ainsi ? gronda le père qui prit instantanément la mouche.
    – Vous n’avez pas respecté nos us et coutumes !
    – Mais nous avons voulu te donner le meilleur ! répliqua la mère, fine mouche…
    – En me droguant aux mets délicats, vins prestigieux et alcools fins …
    – Mais c’est l’unique objectif de notre civilisation : « Après nous, les mouches ! » scandèrent les parents Musca Domestica.
    – …. et donc, de m’inculquer des goûts de luxe et renoncer, voire renier mes origines ?
    – Aurais-tu à te plaindre ? Béluga, Champagne et Cognac, tout le monde en rêve. Et toi, toi …!!!
    – Moi, j’aurais préféré perpétrer nos traditions : des lipides bien gras et des glucides bien sucrés fermentés à la levure de bière…
    Les Musca en restèrent trompe bée. On aurait pu entendre une mouche voler !
    – Et puis, je ne vous ai rien demandé. Et vous ne m’avez même pas demandé mon avis !
    Le ton monta en un crescendo stridulant. Les balanciers s’agitèrent. Les ailes se déployèrent. Chacun s’envola selon sa propre trajectoire.

    Ayant rejoint leurs pénates, les parents continuèrent de s’invectiver. Ils se rejetaient mutuellement « la faute » en vrombissant :
    – C’est toi qui as voulu que ta fille réalise les rêves que tu n’as pas pu accomplir…
    – C’est toi qui déclarais qu’une formation prestigieuse lui ouvrirait les portes de la gloire..
    Ils firent tant de bruit qu’un Petit Tailleur passant par là eut l’idée de son prochain exploit.

    Par la presse locale du lendemain, elle apprit son statut d’orpheline. Elle profita de cet événement pour s’inscrire à un colloque : «  Introduction à la symbolique de la mouche à la Cour du Roi Soleil et dans les fables de Jean de La Fontaine»
    Son voisin, charmant, se présenta : Vert Galant, gastro-entérologue.
    Elle se présenta à son tour: Masca Reignes, critique gastronome.
    Leur encontre fut torride. Ils n’attendirent pas la fin du colloque pour convoler sous les Tropiques. Ils logèrent au cœur du Parc de Serengeti où chaque jour, de plantureux festins leur étaient proposés : bouses de gnous sauce impala, bouses d’éléphants au jus de lion, bouses de guépard à la gazelle, eaux de sources et bières à volonté…

    Les acacias découpaient leur silhouette noire sur un ciel de feu. Les éléphants barrissaient au loin. Il s’approcha d’elle en bourdonnant amoureusement. Il chatouilla sa tête avec son arista…
    – C’est notre dernière nuit….
    – Attends …une idée trotte au bout de mes antennes…
    – Et ?….
    – Et….Si nous ouvrions ici même, une guest-house pour mouches en décrochage ?

    © Clémence

  9. francoise dit :

    Une mouche domestique n’aimait que le propre, le bien lavé, le bien tenu. Ses parents s’étaient pourtant saignés pour lui permettre d’étudier dans les plus prestigieux lieux d’aisance. En vain. L’immonde lui soulevait toujours le coeur. Mais, lorsque dans sa vie survint un mouche verte, tout changea…
    comme vous êtes belle, quelle belle couleur,
    il ne tient qu’à toi de devenir ainsi. Que fais-tu sur ce cabinet japonais ?
    J’attends ! ma mère vient de disparaître dans un bruit d’eau épouvantable.
    Àh ces Japonais ils auraient dû tous les exterminer pendant la guerre !
    À cause de ces cabinets ?
    Mais non grosse bête ! Mais passons, je te dirai simplement, pour plagier Hobbes ,que l’homme est un loup pour l’homme mais il a oublié d’ajouter le loup est un loup pour l’homme. La preuve Jean de la Fontaine a raconté l’histoire du petit chaperon rouge dévoré par le loup.
    Tu en sais des choses,
    tu sais dans le cabinet où je passe beaucoup de temps, il y a un jeune mec qui lit quand il c..e, alors je me mets sur son épaule, en attendant de me régaler.
    Quel appétit ils ont quand même ces loups ! Bon c’est bien joli toutes ces histoires mais moi j’ai faim et comme ma mère n’est plus là pour me dire que je suis allergique, que je ne peux pas manger de laitages et je ne sais plus quoi, j’ai envie de me laisser aller !
    Tu as raison, d’autant que nos jours sont comptés !
    Ah bon !
    On vit 26 jours dans le meilleur des cas (les mecs eux ils n’ont que 17 jours) !
    Je ne me rends pas bien compte !
    Il vaut mieux pas, te tracasse pas, viens ,à deux tirs d’ailes, il y a un champ où ils viennent d’épandre du fumier . Miam, miam je te dis pas !
    Elles y partirent mais ce fut leur champ d’honneur : un engin agricole enfouissait le fumier.
    Quel âge avaient-elles ?

  10. Nadine de Bernardy dit :

    Des parents Mouche, consternés,conciliabulaient sur un tas de compost sis près de leur logis perché au-dessus des latrines de le petite cité de Conchy les Pots ( 62 ).
     » Le constat est amer, convenons-en – disait le père – tous nos enfants ont suivi notre exemple et vivent dans des lieux confortables, au milieu des odeurs délicieuses de matières fécales,humaines ou animales.Seule notre petite dernière cette consuétudinaire, persiste dans ses erreurs.
    Sous prétexte qu’elle a étudié chez les meilleurs proctologues,et effectué concomitamment des stages dans les plus prestigieuses fosses d’aisance, mademoiselle veut du bien lavé,du propre, du bien tenu! Nous lui faisons honte, ne la voyons plus. »
    Ils soupiraient en choeur sur cette cruelle situation quand ils entendirent deux mouches se diriger vers eux à tire d’aile.Relevant la tête, ils virent ,ô confusion, ô comble de la joie ,leur fille, accompagnée d’une superbe mouche mâle verte.

     » Holà la compagnie! Que vous arrive-t-il – leur demanda ce dernier – Vous semblez très contrariés,réjouissez-vous plutôt ,nous venons vous annoncer une très bonne nouvelle.Votre fille et moi allons convoler en justes noces.N’est-ce pas chérie?
    – Oui – répondit la jeune mouche en se posant confortablement contre ses parents – Je suis heureuse de vous présenter mon concubin,rencontré lors d’une conférence sur les droits et obligations des mouches de maison.
    Il m’a convertie à ses convictions idéologiques qui sont aussi le vôtres mes chers parents.Désormais je conchie la propreté,recherche l’immonde et me roule avec concupiscence dans la fange – confessa leur enfant-
    – Dieu soit loué – dirent les géniteurs,confondus de bonheur, en serrant le jeune couple sur leur coeur.
    Ils remercièrent le sort d’avoir sauvé leur enfant du pire et rentrèrent de concert à la maison.

  11. ISABELLE PIERRET dit :

    La trompe d’Eustache

    Une mouche domestique n’aimait que le propre, le bien lavé, le bien tenu. Ses parents s’étaient pourtant saignés pour lui permettre d’étudier dans les plus prestigieux lieux d’aisance. En vain. L’immonde lui soulevait toujours le coeur. Mais, lorsque dans sa vie survint un mouche verte, tout changea…
    Car cette mouche verte arrivait de Dakar par avion, et lui proposa de l’accompagner pour découvrir un lieu doux et propret : les oreilles d’Eustache.
    Eustache, joli Bébé de quelques mois, disposait de jolies oreilles toutes neuves où l’on pouvait séjourner quelques temps ; là-bas, le muezzin rythmait la journée et 6 fois par jour, on pouvait vibrer comme une lamelle d’harmonica, tout en protégeant la sieste d’Eustache.
    Là-bas, on dansait sur les roulades du français mêlées aux cascades du wolof, invitées à rejoindre les enfants, les femmes et les étudiants. C’était joyeux et communicatif.
    Là-bas, on se déplaçait en taxi jaune, au confort aléatoire, certes, mais à l’animation permanente : chaque habitacle constituait une entité, un monde spécifique riche de ses « bonjour- comment-ça va ?- ça va bien les enfants ? la famille ? -oui et toi aussi ça va bien la famille ? » si chaleureux et avenants, premiers préludes à la négociation du prix de la course et à l’estimation des embouteillages.
    Là-bas, on vivait à l’abri d’une moustiquaire, et le linge était changé tous les jours, conformément aux souhaits de la mouche.
    Côté repas, dans les oreilles d’Eustache, on se repaissait d’un miel soyeux, alimenté par un lait maternel garanti sans OGM, qui ouvrait l’appétit.
    Ces trompes –là – au nom usurpé- filtraient du son, du vrai, sans tricherie : des appels au secours en cas de famine, des hurlements en cas de colère ou de douleur, et des glapissements de plaisir pour le sourire, les câlins, la tendresse ; une vraie niche à bonheur ; il y avait de la place pour chacune et elles investirent les lieux comme deux mouches-gardiennes des trompes d’Eustache.
    Eustache leur fit visiter les meilleurs spots de Dakar et elles le remerciaient en lui rapportant les nouvelles du port, du marché au poisson, du marché aux tissus et du marché aux épices. Ça bourdonnait tout le temps, dans ces oreilles-là et Eustache riait beaucoup !
    Mais un jour, le bébé fut conduit chez le médecin pour une visite de routine ; à l’approche de l’otoscope, les mouches paniquèrent, grésillant comme des fréquences mal réglées, au nez et à la barbe de la pédiatre : elles furent expulsées séance tenante.
    La fenêtre ouverte leur offrit un nouveau destin !
    elles s’installèrent à la plage où de magnifiques jeunes gens jouaient au foot : leur peau douce et salée devint leur tapis de jeu dans le vacarme de l’océan.

    Quant à Eustache, il a grandi sans elles,
    les acouphènes leur succédèrent…

    ll regrette amèrement le temps des mouches.

  12. laurence noyer dit :

    C’est un beau roman, c’est une belle histoire
    C’est une romance d’aujourd’hui
    Il rentrait chez lui, là-haut vers son plumard
    Elle descendait dans son réduit, son réduit
    Ils se sont trouvés au bord du bassin
    dans un prestigieux lieu d’aisance
    C’était sans doute un jour de chance
    Ils avaient le fiel à portée de main
    Un cadeau de la bouffetance
    Alors pourquoi penser au malsain

    Ils se sont cachés sous une viande gonflée
    Se laissant porter par les relents
    Se sont racontés. Leurs cœurs se soulevaient
    Ils n’étaient encore que des enflants, des enflants
    Qui s’étaient trouvés au bord du boudin
    du côté de la répugnance
    C’était sans doute un jour de rance

    Qui cueillirent le fiel en un tournemain
    Comme on recueille la bectance
    Refusant de lâcher leur bout de pain

    Il rentra chez lui, là-haut ce charognard
    Elle est descendue plus alourdie.
    C’est un beau roman, c’est une belle histoire
    C’est une romance d’aujourd’hui

  13. durand dit :

    Une mouche domestique n’aimait que le propre, le bien lavé, le bien tenu. Ses parents s’étaient pourtant saignés pour lui permettre d’étudier dans les plus prestigieux lieux d’aisance. En vain. L’immonde lui soulevait toujours le cœur. Mais, lorsque dans sa vie survint une mouche verte tout changea. Ou du moins c’est ce qu’elle crut!

    C’était une mouche émeraude posée dans un rayon de soleil. Elle y réalisait une élégante gymnastique essuyant sa tête gourmande de ses pattes habiles. La mouche domestique fut interpellée par une si belle parure. D’où cette cousine-la pouvait-elle avoir obtenu une robe aussi lumineuse ? Elle ne connaissait que la blancheur d’un monde aseptisé, les rouleaux d’une arrière-vie de lavabos, de balais courts sur pattes. N’ayant jamais voyagé, elle se mit à songer à des lieux exotiques, des explorations. Ses parents avaient sûrement choisi de l’engluer dans la sécurité. Mouche ou pas tous les procréateurs aiment prendre soin de la seule petite trace qu’ils laisseront sur Terre.

    La mouche domestique vit dans cette rencontre, un signe, le guide possible pour découvrir un autre aspect du monde. Elle se voyait déjà devenir la première mouche ayant fait le tour de la Terre, sans réelles étapes, juste deux ravitaillements programmés.

    Elle aborda la mouche verte et la questionna longuement.

    Celle-ci renifla un grand coup, lui posa une patte sur l’épaule.

    – Pauvre petite, ze constate qué tou n’as pas oune vizione très réaliste dé l’essistence. Quand yé souis arrivé de muon païs, on né m’a pas vraiment laissé lé choix. D’office yai du m’installer laou personne d’autre né voulait plus loger. Toi qué craint l’immonde, ye ne voa pas ce que tu pourrai trouver de lumineux dans mia mondo! Crois-moi,reste où tu es!

    Et la mouche verte planta là sa compagne d’un instant.La route, elle la connaissait, c’était une façon de parler, par cœur. L’estomac avait ses raisons que le cœur ne devait pas connaître.

    Elle n’eut pas le courage d’avouer que le vert éclatant de sa carapace n’était que de la peur en fusion, celle des bêtes attendant la fin de leur voyage.

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