Exercice inédit d’écriture créative 256

mortC’était le jour des morts.
Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort.
Ça va peut peut-être marcher, se dit-il…

Imaginez la suite

22 Responses

  1. Françoise - Gare du Nord dit :

    C’était le jour des morts. Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort.
    Ça peut peut-être marcher, se dit-il…

    Il se remémora alors l’arrivée au pouvoir du Grand Architecte, porteur des espoirs du peuple des crève-la-faim, des sans-le-sou, des va-nu-pieds, des gagne-petit, des traîne-misère et des sans-emploi.

    Des espoirs rapidement déçus. Aussi rapidement que fut mise en place, telle une chape de plomb, une politique de gros-œuvre particulièrement tyrannique.

    Furent ainsi interdits, entre autres :
    – les faux-plafonds et trompe-l’œil
    – les discussions entre deux portes
    – le monde aux balcons avec pour corollaire le soutien-gorge avec armatures
    – les caves à cigares et caves à vins
    – les ponts des jours fériés
    – les piliers de bar
    – les plans sur la comète
    – le tir à l’arc
    – la consommation de baies
    – le bastion du communisme
    – les étages inférieurs
    – les escaliers dérobés
    – les combles du ridicule
    – les briques de lait
    – les couloirs humanitaires
    – les fenêtres embuées
    La dernière décision prise fut l’obligation que tous les angles des rues soient droits. Il trouva cette mesure ridicule et le fit savoir sur tous les tons du plus grave au plus aigu.

    C’était donc le jour des morts disais-je. Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort.
    Ça peut peut-être marcher, se dit-il…

    Et cela fonctionna parfaitement. Il resta inaccessible à la visibilité des policiers venus procéder à son arrestation

    C’est ainsi, en faisant le mort, que l’angle trouva son salut

  2. eleonore dit :

    C’était le jour des mors Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort.
    Ça va peut peut-être marcher, se dit-il…
    C’était une vieille habitude, chez lui, il réagissait comme cela à chaque fois que la cloche retentissait à sa porte. Il n’aimait pas être déranger et se méfiait des inconnus qui voulaient s’immiscer dans son quotidien pour lui proposer je ne sais quel objet dont il n’avait nul besoin 5 mn plus tôt. Un dimanche soir à plus de 22 heures, quelle incorrection ! Le film n’était même pas terminé et un « policier » de cette intensité ne supporte aucune interruption.
    La cloche s’ébroua de nouveau avec force et il flairait une étrange odeur tandis que des cris étouffés parvenaient à ses oreilles.
    (–Le criminel allait être démasqué et bien sûr il ne pouvait pas rater la fin palpitante du drame. Cramponné à son canapé il transpirait et haletait tétanisé dans cette attente infernale : « était-ce Elle ou Lui le coupable ? »
    La flaque de sang s’allongeait maintenant jusqu’à ses pieds recroquevillés et rougissait ses chaussons de feutre gris.)
    La cloche se mit alors à trembler de plus belle, un fracas épouvantable talonné d’un bref silence, puis à nouveau des cris inhumains le firent tressauter.
    Il pensait perdre la raison, se cachait les yeux dans le cousin de velours bleu, crispait ses doigts sur l’accoudoir ciré, puis dans un ultime élan saisit la télécommande et éteignit la télé !
    Il ne saura jamais la fin du film mais il sauvait son esprit fatigué!
    Il s’apprêtait à avaler un somnifère et à monter se coucher, quand … le porte de l’entrée elle-même se mis à se balancer avec la cloche, les gonds allaient lâcher c’est sûr. la maison était ancienne et mal entretenue, le propriétaire était si radin ! Depuis 3 ans que cette vieille porte brinqueballait.
    Des fissures dans le bois laissaient passer le courant d’air et le froid glacial des hivers rigoureux. Dans cette contrée reculée, le temps n’est guère clément.
    Angoissé il s’approcha doucement de cette porte mal close. Des fentes du bois, se répandait comme une nuée, une odeur infecte d’œufs pourri et de vielle charogne.
    Mouchoir plaqué sur le nez, souffle court, il saisit le loquet, d’un geste ferme, le souleva avec détermination et courage. Rabattit la porte violemment en oubliant son peu de résistance.
    Devant ses yeux effarés se dressaient 3 squelettes, aux os encore couvert de lambeaux sanguinolents, leurs « visages » monstrueusement décharnés avaient un sourire abominable, de leurs bouches aux dents déchaussées s’échappait une bave ignobles et nauséabonde.
    Une voix d’outre-tombe se mit à hurler.
    Il tremblait de tous ses membres et cru bien s’évanouir.
    : « Monsieur Louis ! Donnez-nous des bonbons, et plus que l’an dernier … sinon … »
    Il reconnut la voix de Loïc, le petit voisin de la rue transverse, il était accompagné de deux acolytes du même collège, chacun tenait dans une main une corbeille pour y recueillir les gourmandises et dans l’autre une espèce de petite gamelle remplie de je ne sais quelle mixture dégoutante qu’ils agitaient avec grand rires sous le nez des pauvres gens, qui, amusés, ou grincheux qui allaient bien vite chercher dans leurs placards de quoi satisfaire la « furie » de ces bougres. Après un merci lancé à la volée ils couraient vite effrayer d’autres honnêtes citoyens.
    Demain toutes ces incartades feront les délices des récréations, et alimenteront les ragots dans l’unique épicerie de village.

  3. eleonore dit :

    C’était le jour des morts Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort.
    Ça va peut peut-être marcher, se dit-il…
    C’était une vieille habitude, chez lui, il réagissait comme cela à chaque fois que la cloche retentissait à sa porte. Il n’aimait pas être déranger et se méfiait des inconnus qui voulaient s’immiscer dans son quotidien pour lui proposer je ne sais quel objet dont il n’avait nul besoin 5 mn plus tôt. Un dimanche soir à plus de 22 heures, quelle incorrection ! Le film n’était même pas terminé et un « policier » de cette intensité ne supporte aucune interruption.
    La cloche s’ébroua de nouveau avec force et il flairait une étrange odeur tandis que des cris étouffés parvenaient à ses oreilles.
    (–Le criminel allait être démasqué et bien sûr il ne pouvait pas rater la fin palpitante du drame. Cramponné à son canapé il transpirait et haletait tétanisé dans cette attente infernale : « était-ce Elle ou Lui le coupable ? »
    La flaque de sang s’allongeait maintenant jusqu’à ses pieds recroquevillés et rougissait ses chaussons de feutre gris.)
    La cloche se mit alors à trembler de plus belle, un fracas épouvantable talonné d’un bref silence, puis à nouveau des cris inhumains le firent tressauter.
    Il pensait perdre la raison, se cachait les yeux dans le cousin de velours bleu, crispait ses doigts sur l’accoudoir ciré, puis dans un ultime élan saisit la télécommande et éteignit la télé !
    Il ne saura jamais la fin du film mais il sauvait son esprit fatigué!
    Il s’apprêtait à avaler un somnifère et à monter se coucher, quand … le porte de l’entrée elle-même se mis à se balancer avec la cloche, les gonds allaient lâcher c’est sûr. la maison était ancienne et mal entretenue, le propriétaire était si radin ! Depuis 3 ans que cette vieille porte brinqueballait.
    Des fissures dans le bois laissaient passer le courant d’air et le froid glacial des hivers rigoureux. Dans cette contrée reculée, le temps n’est guère clément.
    Angoissé il s’approcha doucement de cette porte mal close. Des fentes du bois, se répandait comme une nuée, une odeur infecte d’œufs pourri et de vielle charogne.
    Mouchoir plaqué sur le nez, souffle court, il saisit le loquet, d’un geste ferme, le souleva avec détermination et courage. Rabattit la porte violemment en oubliant son peu de résistance.
    Devant ses yeux effarés se dressaient 3 squelettes, aux os encore couvert de lambeaux sanguinolents, leurs « visages » monstrueusement décharnés avaient un sourire abominable, de leurs bouches aux dents déchaussées s’échappait une bave ignobles et nauséabonde.
    Une voix d’outre-tombe se mit à hurler.
    Il tremblait de tous ses membres et cru bien s’évanouir.
    : « Monsieur Louis ! Donnez-nous des bonbons, et plus que l’an dernier … sinon … »
    Il reconnut la voix de Loïc, le petit voisin de la rue transverse, il était accompagné de deux acolytes du même collège, chacun tenait dans une main une corbeille pour y recueillir les gourmandises et dans l’autre une espèce de petite gamelle remplie de je ne sais quelle mixture dégoutante qu’ils agitaient avec grand rires sous le nez des pauvres gens, qui, amusés, ou grincheux qui allaient bien vite chercher dans leurs placards de quoi satisfaire la « furie » de ces bougres. Après un merci lancé à la volée ils couraient vite effrayer d’autres honnêtes citoyens.
    Demain toutes ces incartades feront les délices des récréations, et alimenteront les ragots dans l’unique épicerie de village.

  4. ourcqs dit :

    C’était le jour des morts. 
Lorsqu’ils arrivèrent, il fit donc le mort.
    Ça va peut peut-être marcher, se dit-il…

    Habituellement debout sur la place, immobile au milieu de tous les passants, Il observait. Clins d’oeil subtils de temps à autre, ombres de sourires, légers mouvements des doigts, Il faisait partie du décor. Cette année, pour être dans l’esprit du jour, il avait décidé de faire le mort, un gisant, allongé sur les cubes de béton déposés là pour de futurs travaux.Il s’inquiétait, personne ne le remarquait, il était devenu transparent, il disparaissait du monde. Il avait choisi l’invisibilité, pas facile !! Un oiseau s’est posé, un chien l’a inspecté, reniflé, un enfant intrigué a tenté de le pincer, pour voir. Et tout a basculé, le papa médecin a tâté le pouls, un attroupement s’est formé, et on l’a reconnu !! Lentement, il s’est réveillé, relevé, et sous les applaudissements les sourires sont revenus, les passants ont apprécié sa délicatesse de mime.
    Son chapeau a recueilli pièces et billets ….

  5. Henriette Delascazes dit :

    C’est la Toussaint, Narcisse est heureux, le cimetière regorgera
    de fleurs !
    C’est la Toussaint, Narcisse a peur, ce sera peut-être cette fois qu’il se fera attraper.
    Oui, Narcisse aime les fleurs, on lui a d’ailleurs donné un prénom fleuri. Est-ce vraiment le sien ? Personne ne le sait, lui non plus.
    Narcisse vit dans la rue, et essai chaque soir de se faire enfermer dans le cimetière. Il n’a pas peur, les grilles sont fermées et là il peut respirer les fleurs. Il s’amuse souvent à déplacer des bouquets, c’est équitable, il y a des tombes oubliées où personne ne vient.
    Sa mère lui avait pourtant dit « Narcisse, tu vas me faire mourir de chagrin à voler les fleurs des tombes. Mais qu’est-ce qu’il se passe dans ta tête. Rapporte-les ses fleurs, je ne les veux pas à la maison. »
    Et puis un matin, sa mère ne s’est pas réveillée. La veille, les gendarmes étaient venus. Lorsqu’ils avaient frappé à sa porte, il avait fait le mort, pensant « ça peut peut-être marcher, ils partiront sans doute … » s’était-il dit.
    Et voilà la punition ! c’était sa mère qui était morte comme elle le lui avait prédit.
    Maintenant, Narcisse se cachait, la dame de l’institution voulait l’enfermer, mais il ne se laisserait pas prendre. Il maîtrisait tous les détours du jardin, et les mausolées accueillants où il passait la nuit.
    Le jour, il mendiait, on le connaissait dans le village et il trouvait toujours assez de pièces pour acheter du pain et du pâté. Il aimait ça le pâté.
    Dans le cimetière, il y avait sa tombe préférée portant une curieuse inscription :
    Clémentine Roudil, morte d’amour à 17 ans
    1798-1815.
    Narcisse aimerait bien mourir d’amour, mais il n’avait personne à aimer. Il ne comprenait pas très bien le sens de la phrase d’ailleurs.
    Cette tombe n’était jamais fleurie, elle était juste toute moussue. Il volait souvent des bouquets ou des couronnes pour l’orner. Oui, c’était pour lui que Clémentine était morte. Il la voyait belle, avec une opulente toison rousse comme celle de ses chrysanthèmes préférés.
    Narcisse ne savait pas qu’elle était morte depuis 200 ans, mais il parlait de Clémentine à tout le monde. Clémentine, le prénom est joli, c’est aussi celui d’un fruit, et il les aimait aussi les clémentines. Les cheveux de Sa Clémentine devaient avoir la couleur des fruits.
    Aujourd’hui, Narcisse eut peur, on n’allait pas lui dérober sa Clémentine ! Pour la première fois, un couple était venu visiter son tombeau. Ils n’avaient même pas apporté de fleurs, et pourtant c’était La Toussaint. Ils avaient discuté interminablement, pris des photos de la sépulture, puis s’en étaient partis.
    Il ne fallait pas voler la tombe de Narcisse, il allait s’y asseoir dessus et attendrait longtemps pour la surveiller. Lui aussi voulait mourir d’amour sur la tombe de Clémentine.
    Bonne semaine
    Henriette

  6. Henriette Delascazes dit :

    Zut !, je n’ai pas envoyé le bon texte… ma souris a zappé, celui-là n’a rien à voir c’est un texte en cours d’écriture !
    Bon, j’envoie celui qui va bien !
    Henriette

  7. Henriette Delascazes dit :

    Cambrai, c’était l’inattendu !
    L’aventure commençait !
    Jamais elle n’aurait cherché aussi loin, et pourtant, s’il était logique que l’on meure dans la région de sa naissance, il l’était beaucoup moins d’abandonner sa femme sitôt épousée, sans seulement connaître son enfant.
    François s’en était donc retourné dans sa région du Nord ! Qu’était-il venu faire dans ce petit village du sud de la France, à une époque où l’on ne voyageait vraiment pas pour le plaisir !
    Il y avait vécu, avait aimé, sans doute, s’était marié assurément, et en était reparti, comme il était arrivé, seul, laissant un passé lourd après lui. La légende familiale courrait, agrémentée au fil des temps.
    Pourquoi avait-il abandonné sitôt marié, femme, enfant pas encore né, pour s’enfuir avec cette Clémentine Gringewald, veuve de Thomas Goudil et finir par l’épouser deux ans plus tard ? Quels étaient ces liens avec ce Jean-Lambert Lancelem ?

  8. isabelle heliot hosten dit :

    C’était le jour des morts. Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort. Ça peut peut-être marcher, se dit-il. Boulou était exaspéré par les traditions. Depuis la tendre enfance, il mettait une application infinie, autant dire un véritable zèle à prendre le contre pied de l’établis. Boulou était un original, d’aucun dirait dans le village, un zèbre à l’esprit malfaisant mais tout bien considéré, son humour décapait les habitudes. L’inconvénient était que ses attitudes ne fleuraient pas toujours le bon goût et bousculaient la petite société étriquée de ce microcosme provençal. Il se souvint de sa pitrerie la plus mémorable qui avait déchaînée en son temps, les journaleux scribouillards jusqu’ à « Nice matin » qui en avait fait un entrefilet lapidaire dans ses pages « faits divers ». Le jour de Nöel, il avait minutieusement préparé son coup, il n’avait alors que six ans. Il officiait habituellement le dimanche à la paroisse en tant qu’enfant de coeur, revêtu d’une aube blanche mais ce jour-là, la communauté s’était mise en quatre pour préparer une crèche vivante, avec le couple divin, un âne en chair et en os, et un veau beuglant que cinq habitants avaient sué sang et eau à faire tenir tranquille devant l’autel. Boulou avait décrété que le Jésus en terre cuite datait de Mathusalem. Ainsi donc, il s’était présenté en pleine homélie, l’église bondée de ferveur, en simple appareil, la tignasse ébouriffée et avait naturellement pris place dans l’étable improvisée. L’auditoire horrifié avait poussé des cris d’orfraie. Ses parents rouges de honte, l’avaient trainé hors les murs et il s’était dit que la chrétienté manquait cruellement d’humour et de piété.
    Ainsi donc en ce premier novembre, il était certain de faire mouche. Ils allaient arriver avec leurs déguisements stupides, leurs chansons sucrées au point de vous coller un diabète imminent. Ils n’allaient pas être déçus. La mise en scène était dantesque, il avait prévu le colorant, un système compliqué de poulies qui permettait d’ouvrir la porte sans avoir à se relever. Etendu sur le sol de l’entrée, il entendit la sonnette et le spectacle commença. La porte s’ouvrit alors que la chorale entamait un énième refrain. L’enthousiasme de la petite troupe retomba comme un soufflet, remplacé par des cris d’horreur et un éparpillement immédiat des farceurs déguisés. Boulou était en travers du couloir, le corps bardé de couteaux, dans une mare de sang factice, l’œil fixe mais bien ouvert pour ne pas manquer une miette des réactions. Sur le mur, il avait tracé au sang, l’épitaphe suivante : « c’est une citrouille qui a fait le coup, méfiez vous d’Halloween ».

  9. Miclaire dit :

    C’était le jour des morts. Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort. Ça peut peut-être marcher, se dit-il… Il En avait marre de ces gosses du quartier qui chaque année venaient lui crier dans les oreilles « Des bonbons ou la mort ! » D’habitude, ils venaient le 30 octobre, jour d’Halloween, tous déguisés en noir ou orange, en citrouille, squelette, vampire, araignée ou sorcière. Il avait cru y avoir échappé cette année, mais zut, voilà qu’ils passaient le 1er novembre. Il se décida finalement à ouvrir et d’une voix tonitruante leur cria « Vous allez me foutre la paix sales gosses » espérant bien leur faire peur et les faire fuir.
    Mais il resta tout penaud, une toute petite fille, habillée en princesse, les yeux d’un bleu intense, une petite tresse dans les cheveux, lui fit un grand sourire et d’une toute petite voix lui répondit « tu ne me fais même pas peur papi chéri ! ».

  10. billy elliots dit :

    C’était le jour des morts.
    Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort.
    Ça va peut peut-être marcher, se dit-il…
    Il attendit en silence sans bouger. Au bout d’un moment, il entendit une voix derrière la porte.
    – C’est pas la peine de faire le mort, on sait que vous êtes là. D’ailleurs, c’est pas la peine d’anticiper, on est là pour ça. Soyez gentils laissez nous faire notre travail.
    Il s’en doutait un peu. Résigné, il ouvrit la porte.
    – Bonjour, enchanté, comme vous pouvez le constater je suis la mort, pas besoin d’épiloguer, je vous présente mon assistante.
    – Ah…votre assistante? et pourquoi une assistante ?
    – ben, on a eu des soucis, il m’est arrivée, et je n’en suis pas fière, je peux vous l’assurer, de ne pas « faucher » la bonne personne, si je peux m’exprimer ainsi. Alors on nous a demandé, en haut lieu, d’appliquer le principe de précaution, c’est pour ça que mon assistante est là.
    – Vous êtes bien Monsieur Billy Elliots, s’exclama l’assistante
    – Oui
    – Bon très bien. Voilà un principe de précaution bien respecté. C’est vraiment un progrès pour l’humanité ces nouvelles mesures, rajouta t’elle .Elle se tourna vers la mort.
    – Ma chère collègue c’est à vous…!

  11. Clémence dit :

    C’était le jour des morts. Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort.
    Ça va peut peut-être marcher, se dit-il…

    Il venait juste de s’asseoir devant son écran que déjà clignotait la petite enveloppe :  « Vous avez un message »

    Il s’en étonna fortement. Qui donc pouvait lui envoyer un message ? Il venait à peine de créer cette adresse électronique. Il tangua entre curiosité et prudence. Il cliqua.

    L’écran demeura noir quelques secondes puis se zébra d’un éclair. Les lettres apparurent en défilé continu
    « C’est le jour des morts, nous vous trouverons quoique vous fassiez… ». Le message était soutenu par les premières notes du Confutatis puis, par un extrait de la Pavane pour une infante défunte et ensuite la Gymnopédie n°3.

    Impossible d’éteindre. Le message défilait et la musique remplissait tout l’espace….

    Il hurla : « Non…. C’est la nuit des vivants et je suis vivant, bien vivant ! Vous pouvez toujours venir…»

    C’est alors que retentit la sonnerie de la porte d’entrée. Il fit le mort. On ne sait jamais….Mais les mots continuaient à tour de rôle à appuyer sur le bouton.

    Dans sa tête, la musique, le message menaçant et la sonnerie formaient un magma terrifiant….

    Il tenta de se raisonner.
    – Ce n’est tout de même pas une morveuse de cette espèce qui réussira à me pourrir la vie en ce début de morte-saison. Il appela Prévert et ses feuilles mortes … un peu de baume mélancolique serait le bienvenu.

    L’écran affichait des lettres de plus en plus grandes, la musique enflait, la sonnerie tonitruait…
    – Je laisse entrer, j’offre un café assaisonné d’un nuage de mort-aux-rats ! ….Mais qu’est-ce que je risque ? Qu’est-il déjà advenu à La Voisin, à Violette Nozière ? Je ne me souviens plus, faut que je cherche sur Wiki….mais ce *** d’ordinateur n’en fait qu’à sa tête….

    Il commença à tourner en rond, à se ronger les sangs et les ongles . Sa colère l’aveugla. Il shoota avec hargne dans la vielle chaise. Elle lui répondit par une méchante morsure après s’être décoché la mortaise.

    Le cauchemar, tel une tête de mort sur un drapeau de pirate, courait dans toute la maison, s’accrochant aux poutres, s’éborgnant sur un chandelier puis s’affalant sur l’ordinateur.

    Une voix d’outre-tombe enchaîna…
    «  On ne noie pas la mort…en morte-eau »

    Il courut à la cave et s’empara d’un marteau…

    Il frappa, frappa, frappa comme un fou.

    Dehors, les mots s’agitaient. Complotaient….Ils tendirent l’oreille et furent stupéfaits.

    Un message leur parvenait en morse !
    «  Mort, Z A vaincra »

    La sonnerie cessa. La musique se fit silence. Le texte défilant disparut.

    A demi-mort, l’homme émergea de son sommeil.

    A la porte d’entrée, des coups retentissaient….

    –  Monsieur Mozart, tout va bien ? Je vous ai apporté un peu de mortadelle pour ce soir…Monsieur Mozart, vous m’entendez ? »

    C’était le jour de morts, mais avec une telle proposition, pas question de faire le mort !

    © Clémence.

  12. Brigitte DTorre dit :

    j’aime beaucoup

  13. Antonio dit :

    C’était le jour des morts.
    Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort.
    Ça va peut-être marcher, se dit-il.

    Non.
    « On t’entend respirer d’ici, Lucas.
    – Ouais, tu sais même pas ‘y’ faire ! »
    C’est la voix de la petite Lana qui l’exaspéra le plus.
    « Je sais pas ‘y’ faire, je sais pas ‘y’ faire… tu vas voir ! » pensa-t-il très fort.
    Sa mère le releva d’une traite, allongé qu’il était sur le tapis du salon, une tâche de ketchup en évidence sur sa chemise.
    « Tu aurais pu te changer, Lucas. On va au cimetière pour ta grand-mère. C’est fini Halloween ! Regarde ta cousine comme elle s’est faite belle. »
    Lucas n’en avait que faire. Il haussa les épaules.
    « Pff ! … Normal, elle n’est pas morte, elle !
    – Parce que toi, tu l’es peut-être, ah ah ! »
    Voilà que Lana le provoquait encore. Il la détestait. S’il avait pu, il l’aurait tuée sur le champ. Mais c’était à lui que revenait cet honneur.
    Ils allaient voir, tous, et elle serait au premier rang, comme toujours, dans leur classe de CE2.

    « Argh ! … Tu m’agaces. Oh et puis reste comme tu es, on est déjà en retard. »
    Sa mère se tourna vers sa soeur et son beau-frère.
    « Je ne le supporte plus. Son père tout craché. Vivement ce soir qu’il le récupère.
    – Ce sera trop tard.
    – Oh ! qu’est-ce que tu racontes encore ?
    – Ben oui, je serai mort !
    – Allez avance, Dieu pourrait t’entendre et te rappeler à lui rien que pour te donner une bonne fessée, ahaah !
    – Enfin, Suzanne, ça ne se dit pas. Dieu pourrait aussi t’entendre.
    – Oh, tu sais, avec tout ce qu’il entend toute la journée. Un jour il est invincible, un autre il est fou. Aujourd’hui il a décidé qu’il était mort.
    – C’est curieux.
    – Oui. »
    Elle se mit à chuchoter pour ne pas que Lucas l’entende.
    « Son psy dit qu’il a un côté schizophrène. Il ne faut pas que je m’inquiète et dois le laisser faire. »

    Ils partirent tous au cimetière avec la Citröen de Paul, chargés de bouquets de fleurs. Suzanne s’installa à l’arrière entre Lana et Lucas, ce dernier la tête en arrière, langue pendante.
    « Tu sais même pas ‘y’ faire. On t’entend respirer ! »
    Lana ne lui accordait aucun répit. Il la fusilla de son oeil exorbité.
    « Je te déteste, mais je ne te tuerai pas ». Sa pensée fulminait.

    Arrivés au parking du cimetière, Lucas se laissa tomber hors de la voiture, ce qui agaça plus encore sa mère.
    « Tu as fini, oui. Il n’est pas question que je te porte. Tu te relèves et marches droit à côté de nous, non mais ! »
    L’enfant de huit ans s’exécuta, défiant à nouveau du regard sa cousine, qui lui répondit par un sourire moqueur.
    Il se mit à marcher devant, puis à courir dans les allées des morts revivant en ce jour qui leur était dédié.
    « Lucaaas ! … Il va me rendre folle. »
    Il disparut au loin quand la petite troupe arriva devant la tombe de la grand-mère où ses deux filles déposèrent les gerbes d’oeillets, ses fleurs préférées.
    « Vous avez vu Lucas ?
    – Non.
    – Oh ! … Je n’en peux plus de ce gamin. Lucaaaas ! »
    Un peu plus loin, des badauds s’attroupèrent devant le corps d’un enfant couché par terre. C’était Lucas. Suzanne accourut, suivie par sa soeur et Lana. Un vieil homme agenouillé tenait le pouls du garçon.
    « Il est mort. »
    Lana se faufila au premier rang. Elle ne voulut pas le croire.
    « Pff ! … Il ne sait même pas ‘y’ faire… On l’entend respirer d’ici. »
    Le vieil homme, l’air dubitatif, dévisagea la petite fille.
    « Et ce sang sur sa chemise ?
    – C’est du Ketchup ! »
    Elle était formelle. Les gens autour semblaient outrés et confus à la fois.
    « Que lui est-il arrivé ?
    – Comment ça s’est passé ?
    – Moi je n’ai rien vu.
    – Il parait qu’il est mort.
    – Mon dieu, c’est affreux.
    – Le jour des morts. Tout de même. Dieu ne se repose donc jamais. »

    Le vieil et Lana poursuivirent leur duel.
    « Il est mort. Bel et bien mort. D’une belle mort.
    – Pff… on l’entend respirer je vous dis. Il ne sait pas ‘y’ faire. »
    Le mort sourit. Sa mère écarta tout le monde et se mit à lui crier dessus:
    « Allez, debout, tu ne l’emporteras pas au paradis ! »
    Elle le hissa et le fessa. Une femme s’évanouit voyant l’enfant recouvrer la vie. Une autre fit le signe de croix.
    « Alléluia ! … Il est ressuscité ! »
    Le vieil homme se releva à son tour et fit un clin d’oeil complice à Lucas avant de réanimer la dame pâmée. Lucas lui sourit puis haussa les épaules en direction de Lana.
    « T’as vu que j’ai bien fait le mort. »

  14. Christine Macé dit :

    Le jour des morts : un dimanche dans l’année où pendant quelques heures on ferait semblant d’être une vraie famille.
    On irait déjeuner chez l’oncle André, le doyen – autant dire le prochain sur la liste – qui ressortirait ses photos jaunies en marmonnant des souvenirs du vieux temps. Il y aurait du gigot et un saint-honoré au dessert. Après le café, quelqu’un dirait « on y va ! ». Tante Marguerite mettrait son chapeau et ses gants avant de demander, pour la énième fois, si on n’avait pas oublié les fleurs.
    Dès lors, interdiction de parler trop fort. Encore moins de rire. Ce qu’on ferait en douce, tête baissée dans nos cache-nez.
    Derrière les uns, et devant les autres, baignant soudain dans le gris du ciel, des tombes et des mines de circonstance, ils chercheraient les noms de ces chers disparus couchés là pour un bon bout de temps.
    Nous on en profiterait pour courir entre les cyprès de l’allée principale. Jusqu’à ce qu’une main vengeresse nous rattrape par le col sous les regards courroucés de nos géniteurs qui disaient qu’on en reparlerait plus tard, une fois rentrés.
    Aujourd’hui encore je me demande si je les verrai arriver, les anges faucheurs. S’ils me laisseront le temps de me préparer ou s’ils m’attraperont eux aussi par le col pour m’embarquer dans leur sale corbillard : plutôt crever ! S’ils sonnent à ma porte, je jure de faire le mort, je suis sûr que ça pourra marcher !

    Bon dimanche ! Christine

  15. Bénédicte dit :

    C’était le jour des Morts.
    Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte, il fit donc le mort.
    Ça va peut-être marcher, se dit-il…
    Rien ne laissait présager qu’il était à la maison. L’électricité était encore « empannée » : pas de lumière, pas de climatiseur poussif ni de groupe électrogène tonitruant. Dans la rue, les hurlements succédaient aux tirs en rafale. Quiconque ouvrait sa porte recevait une balle : cœur, ventre, jambes, tête ; tout dépendait de la taille de l’agressé. Les consignes avaient été strictes :
    « N’ouvrez à personne ». Mais si l’on n’ouvrait pas, la porte serait démolie, la serrure dézinguée. On ne pouvait pas échapper au massacre. Il durait depuis trois jours, le massacre ; patriotes et compatriotes s’entretuaient. Bien que les clairs de peau ne fussent pas la cible, les balles volaient, se perdaient, sans se poser de question sur le statut de la victime. Expats ou pas, la ruelle devait être décimée. Dans la villa, la femme et les enfants s’étaient réfugiés dans l’étroit espace entre le plafond et le toit. Les petits pleuraient, voulaient faire pipi, avaient soif, peur, faim. L’homme était debout dans l’entrée, jambes écartées, prêt à accueillir l’assaillant. Déjà la porte vacillait. Continuer à faire le mort allait déchaîner la fureur des tueurs. Lorsqu’ils arriveraient à leur fin et ils y arriveraient, un tir nourri s’abattrait sur l’ingénieur résistant, la maison serait incendiée et la famille cachée périrait carbonisée. L’ingénieur avait trente-sept ans. C’était sa première expérience internationale. Dans l’exaltation, il n’avait pas pris garde aux conseils donnés à droite et à gauche : Méfiance, le pays est en ébullition, les élections approchent, chaque parti va vouloir sa part du gâteau. Il entendait cela depuis des années et le pays était encore debout ! Lui revinrent en mémoire les haros de son entourage quand il avait annoncé qu’il voulait vivre parmi la population.
    « T’es fou, toi ! Tu vas te faire étriper. » Il avait rétorqué : « Quand on choisit l’expatriation, ce n’est pas pour vivre dans un camp retranché. » Il n’avait jamais reculé devant l’adversité. Encore moins aujourd’hui. Il fallait choisir entre mourir d’avoir fait le mort ou mourir sans regret. Sa devise « Qui ose gagne » était plus vraie que jamais. « Allez, vieux, du courage ! Ose, affronte. »
    Il ouvrit la porte. Face à lui, deux hommes en treillis et rangers le tenaient en joue. Il s’adressa au plus vieux :
    — Papa, tu ne peux pas tirer. Si je meurs, maman et les petits vont bien souffrir. Imagine qu’à leur place il y ait ta femme et tes enfants. Tu crois que tu aimerais les voir mourir ?
    Il se tourna vers le plus jeune :
    ‘Et toi, gamin, tu serais mieux à l’école. Tu as la tête d’un garçon qui est doué. Le pays a besoin de gens comme toi. Pose cette arme et cours vite à tes livres. Ce n’est pas en tuant que tu deviendras un homme brillant. C’est grâce à l’enseignement que tu seras utile et la nation t’en sera reconnaissante.
    Les agresseurs se regardèrent. Le bridé, là, il se fout de nous ou quoi ? Le bridé, là, certain d’avoir gagné la première manche du combat, continua :
    « Savez-vous qu’aujourd’hui nous sommes le 2 novembre ? Cessez votre carnage et allez honorer vos pères sur leur tombe. Ils ont versé sueur et sang pour que vous soyez des hommes libres. Ne décimez pas la génération future. Parlementez, votez, exprimez-vous fort et clair…
    Il sentit que l’avantage était dans son camp. En face, on mollissait. Il n’avait plus rien à perdre.
    « Vous voulez un jus, une bière ? La saison des pluies est chaude cette année, il faut se désaltérer.
    Les hommes se concertèrent. Au bout de quelques secondes, ils franchirent le seuil, posèrent leur mitraillette et acceptèrent le verre de l’amitié.

  16. Nadine de Bernardy dit :

    C’était le jour des morts.
    Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte,il fit donc le mort.
    Ca peut peut-être marcher se dit-il
    Ils étaient deux cette année,vêtus comme des employés des pompes funèbres, l’un tenait un bouquet à la main .
    – Hé ben dis donc, se dit Martin,couché sur son lit, un chapelet entre les mains pour mieux tromper son monde,ils ne perdent pas de temps,ils ont déjà les fleurs,pourquoi pas une couronne pendant qu’on y est.
    Ils croient sans doute que je ne les ai pas repérés depuis ma chambre. »
    Et ils sonnaient avec insistance,de plus en plus fort.Le coeur de Martin s’affolait.
    Devant sa porte,les deux hommes se regardaient,perplexes.
    « On dirait qu’il n’y a personne ici
    – Insiste encore, ce serait dommage qu’il rate une telle occasion ….. Mr Lafosse lut-il sous la sonnette.Toujours rien.
    Devant ce silence, ils finirent par renoncer et se dirigèrent vers le pavillon suivant.
     » Tu te rends compte,ce Mr Lafosse,pas de chance, il est absent juste le jour ou l’on venait lui annoncer qu’en tant que millième personne chez qui nous sonnons,on lui offrait l’éternité.
    – Oui,il y en a qui n’ont pas de bol dans la vie. »

  17. C’était le jour des morts.
    Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort.
    Ça peut peut-être marcher, se dit-il en achevant de lire sa notice :

    « Faire le mort. Mode d’emploi »
    Ps : pour ce texte j’ai remplacé le mot cercueil par le mot mort et le mot planche par le mot tranche

    La fabrication d’un mort se décline en plusieurs étapes.
    Les morts se fabriquent à partir de différentes essences et leur provenance n’est pas exclusivement française. On trouve des morts arrivés directement de France, mais aussi d’Amérique du Nord, d’Afrique ou d’Allemagne.
    Leurs troncs sont entreposés à l’extérieur en attendant de passer à la scierie afin d’en obtenir des tranches.
    Les tranches, entassées les unes au- dessus des autres vont rester stockées à l’air libre durant au moins 4 mois pour que le mort s’imprègne du climat et arrive à sa maturation.

    Au bout de ces 4 mois, les tranches arrivées à maturité sont dirigées vers l’étape « séchoir ».
    Une fois « séchées », les tranches passent par l’atelier de découpage. Les ouvriers effectuent un tri des morceaux afin de ne garder que les morceaux de qualité.

    Après la découpe, place à l’assemblage. Un mort peut comporter entre 8 et 14 pièces selon son degré de « sophistication ». Il existe deux modèles de mort:
    • Le modèle « Parisien » à épaules.
    • Le modèle « Lyonnais » en coupe droite
    Une fois le mort assemblé, il doit passer par la case « vernissage ». Le mort commencera par rouler dans un caisson de vernissage, puis ira sécher au dessous de lampes basses pression.

    Une fois terminé, le mort est redressé, recouvert d’un carton et emballé,direction l’entrepôt des morts où il attendra la prochaine commande.

    Comme pour une collection de prêt à porter, un mort est fabriqué en plusieurs tailles et plusieurs modèles.

  18. charlotte dit :

    Cette journée lui rappelait son enfance, joyeuse et insouciante. On profitait de l occasion pour aller sur les tombes d’ancêtres ; illustres personnages selon ses parents… Mais de doux inconnus pour lui. C était une excuse pour déjeuner avec les cousins, et quand le temps le permettait d aller se perdre au square jusqu’à tard dans l après midi.

    Il s était promis de transférer à ses enfants cette joie. De montrer à sa femme quelles étaient ses origines. De pouvoir à son tour revoir ses frères et soeurs avec leurs enfants. De chaque année se rendre compte que le temps passe, que l on a pas eu le temps de se revoir depuis l annee dernière. D être comme chaque année étonné de retrouver les petits neveux qui grandissent a vu d oeil.. Qui passent bientôt le bac… Et d avoir l impression pourtant que c était hier l époque où il révisait les examens…

    Malheureusement cette fameuse femme ne s est jamais présentée.. C est donc seul qu’il allait au début sur la tombe des grands parents… Et puis celle de ses parents.. Cette journée désormais lui rappelle combien il est triste combien il est seul. Pour rien au monde il ne veut sortir de chez lui.
    Ses frères et soeurs ont déménagé loin de paris depuis longtemps. Pour eux cette journée ne représente rien.
    Alors les voisins qui sonnent et se veulent charitable ne font qu enfoncer sa peine. Il préfère ne pas exister ce jour… Faire le mort comme le thème de la journée comme ça c est un peu sa journée… Les inconnus prient ou pensent sans le savoir a lui !
    Ca lui fait plaisir de savoir que ce jour lui appartient sans que personne ne le sache !
    C
    est son petit secret il le garde comme un trésor!

  19. ducos dit :

    C’était le jour des morts.
    Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort. Ça va peut peut-être marcher, se dit-il. Il était hors de question qu’il parte avec eux. Durant l’année, il avait pourtant contacté les anges du district. Il en avait assez des rhumatismes et autres bobos. Après tout, Sophie était partie depuis dix ans, il avait fait son temps. Les anges avaient répondu favorablement à sa demande. le jour des morts, on viendrait le chercher pour l’accompagner devant le grand patron.
    Mais là, au bruit de la sonnette, il pensa à ses petits enfants, au pot de confiture à la groseille et au vent frais lorsqu’il se promenait sur la plage. Il se dit aussi que Manouche serait bien seule sous le sapin à Noel…Il prit son téléphone et laissa un message sur le répondeur des anges  » Repassez l’année prochaine…. »

  20. Jean Marc Durand dit :

    C’était le jour des morts. Lorsqu’ils sonnèrent à sa porte il fit donc le mort.

    Ca va peut être marcher, se dit-il ??

    Déjà l’an passé, il avait ouvert. Il s’en était sorti en leur achetant un calendrier. Prétendant ne pas avoir de monnaie, il s’était montré généreux. On n’est jamais assez prudent avec les non invités frappant avec insistance le battant de votre vie.

    Il avait accroché le calendrier dans la cuisine, au dessus du grille pain. Il ne croyait pas aux prémonitions.Les gars lui avaient proposé plusieurs images et il s’était montré large d’esprit: » Non, non, je vous fais confiance….choisissez vous même! »

    C’était tombé sur un drôle d’oiseau exotique en cage, un qui se demande à quoi ses ailes peuvent bien lui servir. Il y cochait ses rendez-vous médicaux, ses examens hospitaliers, les dates et les heures des gouttes à gouttes, le liquide adoucissant de sa vision du monde.

    Mais aujourd’hui, les gars insistaient un peu lourdement. Il ôta ses prothèses auditives, enfila sa gabardine de surdité. Elle le protégeait bien de la pluie des bavasseries.

    Et puis la porte s’ouvrit. »Merde..oublié,la clef dans la serrure…ça y est, le trou….encore le trou…déjà le trou ».

    Il perçut quatre petits anges, deux blonds et deux bruns souriants dans son silence.

    L’aîné s’avança d’un pas ferme, lui tendit, un ticket de bout de bras, de fin de vie!

    Un petit courant d’air vicieux lui secoua la moelle!

    Pourtant,c’était juste pour une participation, une tombola au profit du club des jeunes ovalistes du coin.

    Il souffla un grand coup et botta en touche.

    Pour une fois encore, la partie était gagnée.

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