Exercice inédit d’écriture créative 219

coeur-encre.Un puceau en écriture croisa une feuille vierge.
Timidement, il l’effleura d’un doigt
et sur-le-champ tomba raide dingue.
Ô comme vous votre trame est douce, me permettez-vous
d’y coucher un mot ?
La belle ne se froissa pas…

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22 Responses

  1. Christine dit :

    Un puceau en écriture croisa une feuille vierge.
    Timidement, il l’effleura d’un doigt et sur-le-champ tomba raide dingue.
    Ô comme vous votre trame est douce, me permettez-vous d’y coucher un mot ?
    La belle ne se froissa pas et considéra ce jouvenceau d’abord avec bienveillance, attendrie par son émoi. Elle allait s’offrir à lui, frémissante. N’avait-elle pas été créée dans ce dessein? L’excitation du moment enfin venu se disputait à l’appréhension. Et si cette volupté promise n’était en fait que fantasme et chimères! Si la chose rêvée était cent fois plus belle que la réalité! Ne vaudrait-il pas mieux continuer de chérir ses douces illusions que d’affronter les affres de la déception? Mille questions, soudain, virevoltaient dans l’air. Et le doute, insidieux, triomphait.

    Le puceau éperdu, rougissant de sa propre audace, n’avait d’yeux que pour elle. L’éclat de sa peau, pâle et satinée, la douceur de son grain sous ses caresses, son parfum léger et fleuri, tant de charmants attraits l’enivraient, l’invitant à s’asseoir auprès de cette immaculée. Il saisit une plume, la trempa dans l’encrier et contempla, pensif, la page nue tant désirée. Cette blancheur virginale l’étourdit. Que pourrait-il écrire, qui la rende plus belle? L’ineffaçable trait ne laisserait-il pas à jamais une cicatrice que, peut-être, ils pourraient tous les deux regretter? Dans son empressement, n’allait-il pas poser un geste irrémédiable? Son manque d’expérience le rendant maladroit, il craignait déjà de salir la délicate vierge par des mots qui ne sauraient s’aimer assez pour honorer la belle. Ses craintes le laissaient là, toujours puceau, tremblant de ne jamais oser, impuissant à résoudre s’il devait fuir ou rester.

    Que le doute peut donc être l’ennemi du bonheur! Que d’excuses fallacieuses il fournit à ceux qui ont peur d’entreprendre! La crainte de l’échec et de ses conséquences entraîne ceux qui y cèdent dans un cercle vicieux d’attentisme et de renoncements. Et la vie, elle, pendant ce temps, s’écoule sans que jamais rien n’arrive, ni de fâcheux, certes, ni d’heureux, hélas!

    Allez, puceau en écriture, il faut bien une première fois! Le moment est trop beau et la feuille vierge trop tentante! Veux-tu prendre le risque de ne jamais savoir ce que ce coup de foudre a éveillé en toi? Ne veux-tu pas connaître ce que de vos ébats pourrait voir le jour? Laisse parler ton cœur et prends confiance en toi et en l’inspiration qu’attise ta passion!

    Et la plume glissa sur la surface blanche. Et la page accueillit de tendres arabesques.

    Ainsi œuvrent les muses, qu’une fois à l’ouvrage, l’écrivain s’abandonne. Oublieux de tout ce qui l’entoure, il se laisse transporter au gré de sa rêverie et plonge avec délices dans un récit épique, une fable, une prose, un poème… Les mots sont ses alliés. Avec eux, il construit peu à peu son histoire. Prodigues en nuances, ils donnent à son esprit la matière essentielle pour peindre ses idées.

    La feuille déflorée exultait. La main de l’homme, agile, rapide et caressante, s’empressait de coucher sur le papier avide des pensées qui, sans elle, auraient été perdues. Elle serait désormais le fidèle témoin de ses premiers écrits.

    Cette feuille, écrite avec tant d’émotion, célébrait les prémices d’une fièvre créatrice qui ne devait s’éteindre qu’avec son géniteur, bien des années plus tard. Bout de papier jauni, restituant à grand-peine quelques mots épargnés par le temps, elle ne le quitta pas au moment du trépas. Soigneusement pliée, elle lui était restée, toute sa vie durant, installée sur son cœur. Dans les moments de doute, elle le rassurait. Signe de son talent et preuve que toute chose qui doit être, doit commencer par naître.

    Si la mort est la fin de toute vie, quelque longue soit-elle, au moins, faites en sorte qu’avant qu’elle ne survienne vous ayez accompli ce que vos vœux appellent.

  2. Colette Bonnet-Seigue dit :

    « Ne vous froissez-pas ! » Murmura Félicien (jeune- puceau-écrivain-en- herbe) à la page vierge. Aujourd’hui, je crois que je suis prêt à vous dévoiler l’empreinte de mes sens. Voilà un moment que je voulais le dire, du bout de ma plume. Mais je ne pouvais pas affronter le velouté de votre peau. La lumière et la pureté virginale de votre trame délicate sont si tentatrices ! J’ai osé parfois, mais, sans réponse de votre part, j’ai préféré attendre.
    La page vierge ne broncha pas, tandis que Félicien continuait maladroitement ses approches espérant une tentative de sa part. Alors, il caressa du bout d’un mot solitaire le doux vélin.

    – C’est bon ! Soupira-t-elle. J’aime cette caresse inattendue !

    Un soupir de papier s’envola vers la plume interrogative.

    – Comment vais-je m’y prendre ? Songea le puceau. C’est que je manque d’expérience ! Mon père Gilbert Casbron, grand écrivain de son état avait défloré tant de feuilles vierges, qu’on ne pouvait compter toutes ses conquêtes ! Lui, au moins, il savait faire !

    Un jour, il m’a dit : « Mon fils, pour devenir un grand séducteur de page blanche, il faut que je t’initie. Tu sais, les pages virginales sont les plus dures à appréhender. Il te faut de l’imagination, un doigté de maître pour câliner tous ces mots de peau. Surtout, surtout pour une première fois, savoir attendre… L’attente est la lave du désir. »
    A ce moment-là, pensant au conseil de mon père, je sentis monter ce flux de feu brûlant sous mes doigts impatients, ca va déborder !

    Le puceau effleura la page une nouvelle fois, en évalua la brillance et la teinte nacrée de sa robe. Il prit son plus beau stylo trempé de bleu et d’une envolée angélique laissa glisser ses premiers mots maladroits.

    – Continue ! Oui ! Comme ça !! Invita la page qui en voulait plus.

    Alors, à hue et dia, de long en large, d’autres mots se bousculèrent tellement que la page osa de la trame, facilitant ainsi le glissé de doigt sur le stylo voyeur, elle s’arque bouta, tandis que la plume se fit amoureusement plus assurée.

    – Tu dois attendre ! se disait le jeune puceau

    – Pourquoi attendre ? Questionna la page devinant soudain le transport.

    – C’est que… Je me sens maladroit !

    – Ose donc ! Dit-elle, je n’attends que ça ! Je suis toute à toi en majuscule, en italique, en interlignes, en alinéas, comme tu le sens !!! Sauf, en points d’interrogations, j’en ai horreur, ils me laissent sur ma faim. Je n’y puis répondre. J’ai aussi une aversion pour les points de suspension. Je n’aime pas le doute. J’adore les points d’exclamation admiratifs ! Ce qui me rassure, ce sont les mots à virgules amoureuses. Elles n’en finissent pas les virgules sur mon corps alangui. Elles effeuillent ma peau langoureuse pour un prélude de mots en sensuelles respirations, en bémols vibratoires.

    Alors, le puceau ne se fit pas attendre. Il aligna un paragraphe à virgules et la page se laissa effeuiller.

    – Encore ! Encore ! C’est si bon ! Soupira-t-elle avec délectation.

    Soudain Félicien commença à détendre ses doigts pour honorer sa trame.

    – Tu deviens expert ! Encore ! Encore !

    Une psalmodie de doigté de mots prit corps sur toute la page qui perdît sa virginité.

    Le jeune puceau sans expérience posa en interlignes et alinéas les phonèmes les plus savoureux, allégoriques, élévateurs ! Un orgasme fou s’imposa, faisant éclater guillemets et parenthèses avec dextérité et une telle passion qu’une lettre d’amour s’imprima sur le corps frémissant de sa page.

    Elle commençait ainsi :

    Mon amour,

    Je te veux toute entière,
    Muse de mes mots
    Consacrée à mon âme,
    Salvatrice de maux,
    A l’écoute de tes soupirs
    Reçois mes désirs
    Imprègne mes silences
    En point de suspension
    Pour prolonger
    Le mystère du phrasé
    De ma nouvelle vie
    Avec toi…

    De rendez-vous en rendez-vous, de virgules en points-virgules, de points en doubles points la page inspiratrice accoucha en points d’exclamations de jeunes feuillets multiples et beaux.

    Or, le jeune écrivain libéré enfin de son pucelage reçoit ce jour le Prix Goncourt…

  3. eleonore dit :

    voilà comme j’aime dire les choses et et les niaiseries …me chiffonne
    merci à vous

  4. Françoise - Gare du Nord dit :

    Un puceau en écriture croisa une feuille vierge. Timidement, il l’effleura d’un doigt et sur-le-champ tomba raide dingue.

    «Ô comme vous votre trame est douce, me permettez-vous d’y coucher un mot? »

    La belle ne se froissa pas… Encouragé par ce silence qu’il prit pour un consentement, notre jeune auteur, en voie d’être dévirginisé, continua :

    « Oh ma douce ! Rassurez-vous, je ne vous égratignerai pas et laisserai courir sur vous ma meilleure et plus douce plume, n’utiliserai que l’encre la plus sympathique, et même si je ne paye pas de mine, j’ai un bon coup de crayon et je vous conduirai, si votre grammage ressemble à votre image, à la une.

    Excédée par ces niaiseries, la feuille, dont le teint vira au papier mâché, se chiffonna.

    « Mais qui crois-tu que je suis ? Combien, avant toi, se sont couchés sur moi ? Combien m’ont perforée ? Je ne suis pas la feuille blanche que tu crois, et encore moins une feuille en or. Sais-tu seulement que :

    – Le Journal d’une femme de chambre a été rédigé lorsque j’étais papier-tapisserie
    – Les Bijoux indiscrets ont été emballés quand j’étais papier cadeau
    – Giacomo Casanova a relaté « L’Histoire de ma vie » car j’étais papier-emballage et pour la première fois, Péterone a utilisé mon recto-verso pour son Satyricon
    – j’ai été transformée en papier de journal intime pour les Liaisons dangereuses
    – j’ai été pliée en cocotte en papier pour cette dévergondée que fut Nana
    – et réduite en papier d’écolier pour Lolita
    – et en papier à lettres parfumé pour Les liaisons dangereuses
    – pour Le Journal de ce gros dégueulasse de Bukowski, j’ai viré papier verre
    – Aznavour m’a brûlée dans du papier d’Arménie
    – et Gainsbourg m’a roulée en feuilles de tabac

    Alors comment crois-tu que je sois arrivée, après toutes ces turpitudes, à me refaire une virginité, avec ce teint diaphane ? C’est grâce aux vertus du recyclage.

    Mais comme je suis malgré tout une bonne feuille, je te permets mais j’espère que tu m’épargneras les fautes des débutants, à savoir :
    – les bafouilles sans suite
    – les troubles de ……correction
    – les pannes …… d’inspiration
    – et les giclements d’encre précoces

    Maintenant tire ta première cartouche et essaie de ne pas trop me torcher car je n’ai nulle envie d’être transformée en papier-toilette.

  5. Clémence dit :

    Un puceau en écriture croisa une feuille vierge. Timidement, il l’effleura d’un doigt
    et sur-le-champ tomba raide dingue. Ô comme votre trame est douce, me permettez-vous
    d’y coucher un mot ?
    La belle ne se froissa pas…

    Puceau, puceau, vite dit, l’artiste ! Je suis peut-être puceau, mais seulement en écriture ! Pour le reste, je le suis nettement moins…. Fin pédagogue, bon cuisinier, philosophe à mes heures, jardinier plus tout à fait amateur, garagiste quand il le faut vraiment, opticien lorsque de jolis minois passent à proximité….
    Bon, j’arrête, car à trop me jeter des fleurs, je risque de recevoir le pot (aux roses) qui va avec !

    Depuis un certain temps… le temps béni de la retraite peut-être, j’avais de plus en plus le temps de flâner sur le net… euh… flâner ? surfer peut-être même… Je découvrais au gré de mes recherches tantôt pointues, tantôt acérées – j’avais tant de problèmes auxquels je voulais tordre le cou une fois pour toutes – je découvrais des « blogs »….

    Wikipédia….Un blog, anglicisme pouvant être francisé en blogue1 et parfois appelé cybercarnet2 ou bloc-notes, est un type de site web – ou une partie d’un site web – utilisé pour la publication périodique et régulière d’articles, généralement succincts, et rendant compte d’une actualité autour d’un sujet donné ou d’une profession. À la manière d’un journal de bord, ces articles ou « billets » sont typiquement datés, signés et se succèdent dans un ordre antéchronologique, c’est-à-dire du plus récent au plus ancien.

    Bloggons, bloggons donc ! Dans un premier tant, je me satisfaisais de la lecture de tous ces bloc-notes, parfois un peu mal à l’aise, comme si, tout à coup, j’étais atteint de voyeurisme  et en souffrais!
    Au fil du temps, une constatation fleurissait dans mes pensées… mais que de richesses, quelle imagination pour écrire, pour s’épandre ainsi sur tout et rien à la fois…
    Et de fleurs en fleurs, telle l’abeille qui butine se développa en moi l’idée de prendre aussi … quoi au juste ? Ma plume, mon crayon, mon stylo, mon clavier ?
    D’office, j’éliminais le clavier… trop impersonnel, pas assez sensuel !
    Le crayon ? Un peu trop grattant, même si la feuille est lisse…
    Le stylo ? Il lui manquerait les déliés des sentiments et des émotions.

    Je retournai donc à mon secrétaire amaigri (depuis ma retraite) et j’y recherchai pour autant une de mes merveilleuses plumes en or.
    Restait à trouver la Belle, le feuillet de papier le plus beau, le plus fin, le plus doux, le plus sensuel…
    Et bien, rien de pareil dans mon secrétaire, ma plume d’or allait-elle rester veuve sur le battant ?

    Je dus donc me rendre à la ville voisine, à la papeterie si renommée pour ses trésors…

    Une vendeuse s’avança vers moi :
    Je ne peux m’empêcher de vous en faire son portrait : de taille moyenne, une silhouette élancée tout de même, un sourire tellement désarmant que ses yeux en jetaient des feux étincelants ; sa coupe de cheveux, courte et bombée laissait apparaître de jolies mèches blanches et blondes…Faut-il être ange ou démon pour résister et sortir sans rien acheter …. ?
    « Puis-je vous venir en aide, Monsieur ? »
    « Mmmmm, oui, effectivement, je cherche un papier très beau, très racé. Je possède un magnifique stylo-plume avec sa plume en or… , me comprenez-vous ?Je me dois d’écrire un…. oui, je me dois d’écrire….
    La vendeuse m’emmena vers le fond du magasin, là où les vieilles pierres de la voûte se doraient sous les spots, là où le parquet ancien respirait encore l’encaustique…Elle me présenta toutes les plus belles feuilles : blanches , crèmes, parmes, délicatement parfumées, à bord lisse ou à bord délicatement dentelé, toutes dans leurs écrins précieux…

    Je fis mon choix et reçus de la vendeuse un sourire plein de soleil.
    « Vous reverrais-je encore, Monsieur, afin de savoir si mes feuilles ont donné satisfaction à votre plume d’or ? »

    Je savais que j’allais revenir car ce n’était pas ma plume en or qui était tombée raide dingue de la feuille vierge, mais que c’était moi….

  6. Perrat Pascal dit :

    J’ai hésité avant de proposer ce sujet un peu « osé ».
    Je craignais qu’il soit perçu comme licencieux. La finesse des textes reçus m’a rassuré. Merci et bravo pour votre belle créativité.

  7. Nadine de Bernardy dit :

    La belle ne se froissa pas mais passa par 50 nuances de rose.

    C’est que de vieux chiffons suis faite
    Mon tendre et si délicat poète
    Jamais ne cessez de tant me caresser
    En retour je promets de bien vous inspirer
    Prenez derechef d’une jeune oie la plume
    Qui m’émeut tant et mon désir allume
    Je veux voir écrit sur moi vos mots
    Les sentir s’exprimer,se coucher sur ma peau
    Un seul néanmoins je crois ne suffira
    Alignez,raturez, ne soyez jamais las
    Laissez libre cours à votre imagination
    Pour frémir avec moi à votre création
    A nous deux je le sais cher amant
    Nous créerons de superbes enfants
    Il y a si longtemps que je vous attendais
    Et n’osiez vous prononcer je craignais.
    Ebaubi par une telle passion
    Rosissant à son tour de tendre émotion
    Le puceau aussitôt obtempéra
    Sa blanche plume dans l’encre il trempa
    Puis tous deux vers les muses se tournèrent
    Une feuille amoureuse et notre jeune Prévert.

  8. Marie Pierre Robert dit :

    Un puceau en écriture croisa une feuille vierge.
    Timidement, il l’effleura d’un doigt
    et sur-le-champ tomba raide dingue.
    Ô comme votre trame est douce, me permettez-vous
    d’y coucher un mot ?
    La belle ne se froissa pas…et se prépara pour la fête des
    Mots.
    Elle se glissa dans un bain de jasmin , effluve prompte à l’enivrement
    Posa un voile pudique sur l’écritoire et s’offrit, comme le sable blanc au flux et reflux des vagues.
    Tel un cracheur de feu, l’écume des lettres tracèrent avec une infinie douceur des sillons graciles
    Virevoltants de sensualité.
    Son corps de page tout entier conquis par ces doux effleurement fut attentif aux murmures des mots qui la couvrirent
    Le sable fila entre ses doigts, comme le temps qui s’écoule sans aiguilles.
    Le sens des mots sans équivoque, écrivit pour elle sa première et longue histoire.
    Il y eut d’autres feuillets, d’autres chapitres, d’autres livres , les mots parfois en suspens dans les airs, cherchaient leur chemin, s’accrochaient un temps aux perles des feuilles, ou partaient avec le vent ; des écueils surgirent, mais encore aujourd’hui ils parviennent dans cette espèce de communion de papier parchemin et de mots choisis, à émouvoir les regards, les pensées. Les nuages attentifs les couvrent d’un œil protecteur et le soleil des phrases réchauffe le cœur des êtres inanimés et leur redonne vie.

  9. Henriette Delascazes dit :

    Un puceau en écriture croisa une feuille vierge.
    Timidement, il l’effleura d’un doigt
    et sur-le-champ tomba raide dingue.
    Ô comme vous votre trame est douce, me permettez-vous
    d’y coucher un mot ? La belle ne se froissa pas…
    Le puceau murmura « excusez ma maladresse, j’ose à peine le dire, le susurrer peut-être, pour moi c’est … la première fois…mes doigts sont fort malhabiles à tenir le stylo bille, plus agiles au clavier pour envoyer des textos, plus courts et plus rigolos.
    Mais la belle, pour vous, si belle et si inhabituelle, si différente du A4 90 grammes, je dois bien sûr m’appliquer. Votre format est différent, trop grand, trop épais, trop beau pour l’imprimante.
    Que vais-je tenter avec vous ? Les idées me viennent, mais je n’ose, il y en a trop… une belle lettre d’amour sans doute, mais je n’ai pas de belles assez patiente pour se délecter de mes phrases galantes. Je n’ai pas de belle tout court, en fait je vous l’avoue. Alors, l’idée de l’origami me vient avec votre papier marbré, mais ce serait de dommage de vous plier en quatre ou huit morceaux pour obtenir un petit bateau. Votre trame est si douce, pourtant vous me semblez bien rigide, dommage que vous ne soyez pas de soie ou de crépon.
    Je voudrais bien vous essayer, mais je n’ai qu’un vieux stylo rongé, peu digne de vous malgré ma bonne volonté. Vous me plaisez tant qu’il faut que je m’efforce à vous trouver une utilité.
    Ma liste de courses… oh ! non, ce serait vous offenser surtout si je notais certains papiers utiles, mais dont on ne cite le nom que par des initiales.
    Si vous étiez réglée, je pourrais y poser de douces et légères notes de musique, écrire ainsi une belle symphonie, mais vous êtes là toute plate et juste légèrement marbrée.
    Si j’étais poète, je vous couvrirais de vers élégants pleurant mes amours désespérées.
    Si j’étais photographe… eh bien non ! vous ne me serviriez à rien.
    Si j’étais peintre… là non plus les choses n’iraient pas.
    Vous me semblez bien glacée la belle, pourtant je voudrais bien vous utiliser au moins une fois.
    Je suis bien seul pourtant, et une lettre d’amour sur votre belle robe de marbre, douce et glissante serait-elle appréciée ? Mais je vous l’ai déjà dit, je suis seul, puceau un peu freluquet, je n’ai rien d’un galant et ne connais que les chiffres qui vous affoleraient si je les essayais sur votre belle robe.
    Une idée me vient, pour combler ma solitude, je vais oublier la plume, le stylo et autres écritures. Un souvenir venant tout droit de mon enfance, je vais vous transformer en une ribambelle. Les ciseaux cliquent à mon oreille. Je vais ainsi avoir enfin grâce à vous, juste pour moi toute une ribambelle de jeunes pucelles. »
    Henriette

  10. eleonore dit :

    trop mignon cet érotisme suggestif

  11. ourcqs dit :

    Ô comme vous votre trame est douce, me permettez-vous d’y coucher un mot ?
    La belle ne se froissa pas… elle frissonna de plaisir, cette timidité l’attendrissait. Avec légèreté, il l’effleurait avec des Mots doux, hésitait, papillonnait. Promenade, danse à double sens . Il s’aventurait vers toutes les formes, découvrant les M dessinés, déclinés, conjugués à tous les temps. Il rêvait, se perdait dans les M croisés, fantaisie des M mélangés
    Quand il joua avec les bouts rimés, il pensa avoir enfin trouvé le mot clé …..

  12. eleonore dit :

    ce que l’on peut en faire passer des messages avec quelques mots….. et des sourires

  13. Dominique dit :

    Un puceau en écriture croisa une feuille vierge.
    Timidement, il l’effleura d’un doigt
    et sur-le-champ tomba raide dingue.
    Ô comme vous votre trame est douce, me permettez-vous
    d’y coucher un mot ?
    La belle ne se froissa pas…

    C’est ainsi que le débutant entreprit de rédiger ses premières lignes.

    Mais qu’il est maladroit ! Elle, si fine et légère doit supporter de grosses mains humides ( ou grasses ? ), qui collent fort désagréablement. Elle va être toute maculée s’il continue. Elle en frissonne de dégoût.

    Et pourquoi donc se croit-il obligé d’appuyer si fort ? On n’est plus au temps des hiéroglyphes, que diable ! Eh, gros lourdaud ! On caresse avec douceur, on ne griffe pas.

    Elle l’avait cru très doux quand, au début, son index l’avait frôlée et qu’il l’avait charmée avec des mots délicats. Quelle triste illusion.

    Que se passe-t-il encore ? Il utilise un horrible stylo à encre, puceau lui aussi, qui ne sait pas se tenir. Son encre gicle dans tous les sens et la voilà toute tachée. Une si belle feuille transpercée et salie dessus et dessous.

    Jolie feuille croyait avoir vécu le pire, mais elle se trompait encore. Devinez un peu : le malotru se rendant compte du désastre mit toute la faute sur le dos de cette « bonne à rien », piqua une colère, la roula en boule et la jeta méchamment. La pauvrette eut du mal à se remettre en se retrouvant toute froissée dans un coin, elle qui ne froissa pas de l’invitation du puceau.

    C’est trop tard pour elle, impossible de redevenir vierge, fraîche et attirante. Mais elle pourra dire aux autres de se méfier, et de ne pas croire le premier beau parleur qui passe par là. Elle essaiera, mais combien la croiront ? Combien d’autres se retrouveront ainsi abandonnées ?

  14. Eléonore dit :

    Un puceau en écriture croisa une feuille vierge.
    Timidement, il l’effleura d’un doigt
    et sur-le-champ tomba raide dingue.
    Ô comme vous votre trame est douce, me permettez-vous
    d’y coucher un mot ?
    La belle ne se froissa pas…

    C’est que je n’ai pas d’expérience… et une feuille vierge c’est très impressionnant pour un blondinet, vous êtes grande et altière, toute de blanc vêtue pas un angle cassé, parfaite en tout. Si je soulève délicatement votre robe translucide face à un rayon de lumière je n’aperçois que de l’ambre à peine teinté de rose et je frémis.
    Ma plume à la main je n’ose tracer les arabesques amoureuses qui troublent mon esprit embrasé, alors d’un doigt furtif je tente une approche légère et craintive
    Comme vous êtes douce et satinée, parfumée de lavande et de miel. N’étiez-vous pas cajolée dans un bureau de femme, parmi de précieuses chemises de soie ?
    Le doigt furtif à peine posé sur la belle innocente le voilà qui de déchaîne et entraine toute la main dans un tourbillon de passion
    Les mots se couchent dans une confusion charmante, déliant dentelles et rubans, calligraphie étrange et florissante, flocons de plume.
    La belle langoureuse sourit et s’amuse.

    Ce puceau est promis à un bel avenir pense-t-elle discrètement
    D’un dernier et fougueux baiser il signe son poème

    Casanova

  15. Catherine M.S dit :

    Amour, pas toujours

    Un puceau en écriture croisa une feuille vierge
    Timidement, il l’effleura d’un doigt
    Tout d’abord la belle en resta coi
    – Ô comme votre trame est douce, me permettez-vous d’y coucher un mot ?
    La belle ne se froissa pas
    Et s’enhardit même à lui susurrer
    – Allez-y, mon ami, mais à une condition
    – Quoi donc ?
    – Que vous sachiez y mettre de la fantaisie !
    Le jeunot rougit, avait-il bien compris ?
    Sans doute puisque la pucelle en prononçant ces mots a légèrement tressailli
    Ses lignes se sont mises à onduler
    Comme une portée de musique reggae
    On entendait même des soupirs
    Qui ressemblaient à l’idée du désir…

    Notre puceau sut à ce moment-là
    Qu’il pouvait oser se lancer sans détour
    Sans même perdre du temps à lui faire la cour
    Il choisit les mots les plus fous
    Les écrivit avec ferveur un peu partout
    Et la feuille se gondola de plaisir.

    Mais leur histoire ne dura qu’un soir
    Et chacun repartit dans sa vie en solo
    Des souvenirs plein la peau
    Tout doucement, sur la pointe des mots.

  16. Un pinceau puceau en écriture croisa une feuille vierge.
    « Au clair de la lune mon ami Pierrot »

    Timidement, il l’effleura d’une plume-doigt
    « Prête-moi ta plume pour écrire un mot »

    Et sur-le-champ tomba raide dingue.
    « Ma chandelle accorte, j’ai encore du feu »

    Ô comme votre trame est douce, me permettez-vous
    d’y coucher un mot ?
    « Ouvre-moi ta porte pour l’amour de dieu »

    La belle Claire s »éclipsa… de lune

  17. Christine Macé dit :

    Un puceau en écriture croisa une feuille vierge. Timidement, il l’effleura d’un doigt et sur-le-champ tomba raide dingue. Ô comme vous votre trame est douce, me permettez-vous d’y coucher un mot ? La belle ne se froissa pas…

    Mais la plume ne l’entendait pas de cette oreille, ou plutôt de l’oreiller dont on l’avait brusquement tirée, histoire de secouer son indolence. Elle refusait d’aller faire trempette dans le sinistre encrier noir et de servir d’esclave à ce jeune freluquet qui se prenait pour un mâche-laurier : même pas fichu d’aligner deux phrases sans fautes d’orthographe ! Et l’autre, l’effarouchée, qui minaudait comme une chatte à la lune, quelle pitié ! « Comme votre trame est douce… » Je t’en ficherais! Non, décidément, elle n’irait pas se compromettre dans cette partie carrée qui finirait invariablement en naufrage. Il n’avait qu’à en faire une cocotte en papier de sa feuille : « cocotte », ça lui allait bien à cette péronnelle qui se voyait déjà en haut de l’affiche, valsant sur les rotatives et sous les feux de la gloire.
    « Eh l’écrivaillon, va donc voir si l’ordinateur veut bien se prêter à tes délires ! Quant à toi, la feuille, il te reste l’imprimante : mais fais gaffe au bourrage, ça pourrait être fatal à ta virginité ! »
    Sur ces bonnes paroles, elle lança une œillade au barbouilleur qui balança la feuille à la corbeille et revint se coucher, la tête sous l’oreiller.
    Ainsi finissent les divagations de tant de plumitifs…

    Bon week-end, Christine

  18. durand dit :

    Un puceau en écriture croisa une feuille vierge. Timidement, il l’effleura d’un doigt

    et sur le champ tomba raide dingue.

    Ô comme vous votre trame est douce, me permettez vous d’y coucher un mot ?

    La belle ne se froissa pas. Bien au contraire, elle éternua et étala sa liste de

    souhaits. Ca faisait beaucoup de matos à fournir pour un pauvre puceau de la

    finance. Il n’avait jamais piqué dans la caisse, jamais piqué un cul de chien, juste

    piqué un fard en la croisant. La donzelle s’avéra bien peu vierge et déjà

    passablement gommée.

    D’où une liste assez lourde de convoitises tant matérielles que chimériques:

    Soit, un cloche pied, un lit aérodynamique pour limiter la consumation de ses

    essences, un lot de perruques et leur poudres, un lave bouteilles, un pot de

    déconfiture pas trop amère, un dévidoir à souvenirs, un tourne boules pour les

    soirées frileuses, un ramasse miettes de discussion, un sèche larmes, une flasque

    de Viandox (qu’elle supposait être du concentré de jus de Vian ) et la peau du

    raton laveur que tant de David avait voulu réduire en croquettes.

    Le puceau de l’amour dégoûté du combat, referma son agenda et alla piquer une

    tête dans la mer.

    Mais, là non plus, il ne savait pas nager.

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