Exercice inédit d’écriture créative 164

sentierC’était un petit sentier perdu au milieu d’une forêt,
un chemin oublié que personne n’empruntait jamais.
Son herbe, depuis longtemps, n’était plus foulée,
pas une de ses pierres, du bruit d’un pas, se souvenait.
Un jour…

 Poursuivez sous la forme d’un conte

13 Responses

  1. Clémence dit :

    C’était un petit sentier perdu au milieu d’une forêt, un chemin oublié que personne n’empruntait jamais. Son herbe, depuis longtemps, n’était plus foulée, pas une de ses pierres, du bruit d’un pas, se souvenait. Un jour…

    Dans une bourgade, non loin de cette forêt, une alerte enlèvement crépita : Mademoiselle Pinklady avait disparu. Signalement : yeux bleus , boucles d’or, pull et pantalon rouges, tennis blanches. Toute information est à transmettre au 22.22.22.
    Les habitants étaient en état de choc. La fille du plus grand producteur de pommes… disparue… fugue ? enlèvement ? Dans une maison du lotissement voisin, Petit Poucet, annonça à ses parents qu’il voulait participer aux recherches.
    « Sois très prudent, lui dit sa mère, ne t’aventure surtout pas dans les endroits dangereux ! »
    « Tu es très courageux, lui dit son père ! »
    « Reviens-nous vite reprirent en chœur ses frères et sœurs ! »
    Petit Poucet n’avait que faire de ces recommandations, il voulait être le héro, celui qui retrouverait Mlle Pinklady bel et bien vivante. Il prit son sac à dos et partit. Prenant un raccourci par la caminade, il fut aussitôt arrêté.
    « Où cours-tu tel un dératé ? » lui demanda sournoisement le Chat Botté.
    « Délivrer mon héroïne »
    «  La petite disparue ? J’ai entendu des loubards au bistrot du coin, ils parlaient de Bois Dormant »
    Petit Poucet partit, plus rapide qu’un tapis volant, en direction du Bois Dormant, mais très vite il se rendit compte que la piste était fausse. Le Chat Botté se frottait les moustaches, convaincu que ce serait lui, le héro, le sauveur !
    Revenant à son point de départ, Poucet se trouva nez à nez avec un Nain Grincheux… Après un brin de causette, Grincheux lui dit :
    « Si tu arrives à me faire rire, je t’aiderai »
    Chose promise, chose due. Grincheux confia une carte magique à Poucet. La dépliant pour lui donner quelques précisions, il grogna : « Ah, ce maudit Lapin d’Alice , non content de manger mes carottes, il grignote mon unique trésor. »
    Poucet reparti à toute allure, mais, les yeux rivés sur la carte, il ne vit pas la pierre, buta dessus et s’écorcha le bout du nez et les coudes. Vaillant comme le Petit Tailleur, il continua sur le chemin qui sentait bon la noisette, mais où aucun brin d’herbe ne semblait avoir été foulé depuis cent ans, où aucune de ses pierres ne semblait avoir écorché un genou tendre depuis des lustres.
    Frottant ses coudes comme autrefois Aladin frotta sa lampe magique, Poucet vit surgir un Génie.
    «  Tu es courageux, petit ! Dis-moi quel est ton Graal, je t’aiderai »
    Poucet expliqua et le Génie lui dit :
    « A chaque fois que tu seras dans l’embarras, répète trois fois: Embari, embara, embargo ! »
    Ce faisant, il se débarrassa successivement de Loup, de Barbe-Bleue, du Joueur de Flûte et de Renard. Il arriva devant une maisonnette en pain d’épices. A sa grande stupéfaction le Chat Botté était déjà là, conversant avec Sorcière, le narguant, agitant son grand chapeau plumé …
    « Fort bien, héro en herbe, il vous en a fallu du temps pour arriver en ces lieux ! »
    Poucet répéta trois fois la formule magique et pfffft, le Chat Botté se dégonfla comme une baudruche en tournoyant comme un feu follet puis se transforma en petit pois qui coula à pic dans le puits. Bis répétita pour la sorcière aux doigts crochus.
    Reprenant sa carte et ses paroles magiques, Poucet déjoua tous les pièges : les terres mouvantes, le trottoir explosif, la trappe sous le seuil, la poignée de porte aspirante, les vitres carnivores.
    Il entra enfin dans le séjour et fut accueilli par un sourire éblouissant et des paroles malicieuses…
    «  Je savais que mon Prince viendrait… »
    Ils sortirent dans le jardin où une ribambelle d’oiseaux et de lapins, les Trois Petits Cochons, les Sept Nains et Blanche Neige, Cendrillon et la belle au Bois Dormant les entraînèrent dans une folle farandole.
    Poucet s’assit enfin sur une bûche, attrapa au vol sept mouches d’un coup et sourit malicieusement. Un carrosse accueillit les jeunes amoureux et les entraîna sur le petit chemin qui sentait la noisette…réveillant les herbes endormies de mille fleurs, transformant les pierres en choristes…
    Comme au village d’Astérix et Obélix, un festin grandiose inonda de liesse tous les habitants. Le barde chantait du haut de son chêne:
    « Sur ce petit chemin qui n’a ni queue ni tête
    On le voit qui fait trois
    Petits tours dans les bois
    Puis il part, au hasard
    Mais un lièvre, au passage
    Nous a dit : soyez sages!..
    Ne crains rien
    Prends ma main
    Dans ce petit chemin.. »
    La suite, vous la connaissez….
    Moralité : méfiez-vous de l’eau qui dort aux fond des yeux des Chats  Bottés!
    …………………………………………………………………………………………………………..
    Ce récit ,un peu long j’en conviens, répond aux critères du conte selon Vladimir Propp.

  2. Halima BELGHITI dit :

    Bien sûr, lire sentier au lieu de chantier à l’avant-dernière phrase. Merci

  3. Halima BELGHITI dit :

    C’était un petit sentier perdu au milieu d’une forêt,
    un chemin oublié que personne n’empruntait jamais.
    Son herbe, depuis longtemps, n’était plus foulée,
    pas une de ses pierres, du bruit d’un pas, se souvenait.
    Un jour le petit sentier perdu aperçut un drôle de type, chapeau de paille enfoncé sur la tête, un brindille à la bouche et de petites lunettes rondes, sorti de nulle part, qui l’observait longuement. Ce drôle de bonhomme portait une petite mallette en bois d’une main et un mystérieux objet de l’autre. « Qu’est-ce que c’est que ça ? se demanda le petit sentier perdu. « Qui est-ce ? Que me veut-il ? » Le petit sentier perdu regretta un court instant cette tranquillité dont il se plaignait encore, il a quelques instants seulement. Mieux vaut une inertie tranquille et l’oubli habituel, plutôt qu’un changement nouveau et menaçant, pensa-t-il. C’est bien connu, le changement fait peur. L’homme au chapeau de paille, tout à ses affaires, posa sa petite mallette sur l’herbe, se saisi de son étrange objet qu’il déplia et installa en face de lui. Il plaça dessus une grande feuille, ouvrit sa mallette en bois, et en sortit un pinceau. Des couleurs vives s’y côtoyaient et le sentier tout entier s’émut de leur éclat. « Pourquoi m’observe-t-il ainsi, se demanda le petit sentier perdu .Pourquoi ne me traverse-t-il pas comme les rares autres qui ont croisé mon chemin ? Il reste là, immobile, à m’observer longuement, comme s’il s’attendait à voir quelque chose d’extraordinaire dont il serait le seul à pouvoir témoigner. Quel étrange personnage ! ». Quelque heures plus tard, l’homme plia bagages et s’en alla.
    « Bon débarras, se dit le petit sentier perdu. Il m’angoissait à force de me regarder sans rien faire ! »
    Le lendemain matin, l’homme réapparut, avec ses ustensiles. IL s’installa exactement à la même place que la veille et fit exactement les mêmes gestes. « Encore lui ? s’inquiéta le petit chemin perdu. Il va encore passer toute la journée, là, à mon orée, à m’observer comme si j’étais un objet rare ? »
    Cette fois-ci le peintre laissa glisser le pinceau sur la feuille. Il regardait de temps à autre le petit chemin perdu, mais il semblait aspiré par sa propre créativité. Le petit chemin perdu avait beau s’en défendre, il mourrait de curiosité de voir ce que l’homme peignait. A la fin de la journée, notre homme avait terminé son œuvre. Il la regarda avec satisfaction. « Voila, un magnifique sentier, sauvage et naturel, comme je les aime ». Il se saisit de la toile et l’éloigna un peu de vue pour mieux la contempler. Et puis, comme s’il voulait la montrer au sentier, il la tourna vers lui et lui dit : « Désormais tu vas devenir célèbre, petit sentier. Tu vas habiller les murs de tous les musées à travers le monde pour toujours. Merci de ton inspiration ». Il rangea ses affaires, et salua respectueusement le santier avant de partir.
    Plus jamais le petit sentier ne se sentit perdu ni oublié.
    Halima BELGHITI

  4. noyer laurence dit :

    http://julesrenard64.com.over-blog.com/
    BLOG POUR LES AMOUREUX DE RENARD ET DE L’ECRITURE

  5. Cécile dit :

    C’était un petit sentier perdu au milieu d’une forêt, un chemin oublié que personne n’empruntait jamais. Son herbe, depuis longtemps, n’était plus foulée, pas une de ses pierres, du bruit d’un pas, se souvenait…
    … Un jour des aboiements retentirent au loin, suivis rapidement des cris d’un garçon, jeune surement. « Pas là, pas là, c’est la forêt maudite, Swiff, reviens ! »
    Mais bien sur le chien, truffe au sol, filait droit devant. Le sentier était oublié de tous peut-être, mais grouillait de vie surement ! La vie s’était bellement imposée ici ! L’herbe embaumait… Une véritable invitation à s’enivrer encore et encore. Au petit matin de cette délicieuse journée estivale, chaque brin était gorgé de délicate rosée.
    Alors, comme on le comprend ce Swiff, comment pourrait-il cesser sa course ? Toutes ces odeurs, toutes ces traces l’affolaient, éveillaient chacun de ses sens trop endormis sur ces sentiers trop battus. Max, son petit maître en avait oublié ses interdits autour de la forêt maudite. Il ne pensait qu’à suivre son chien et ne pas perdre sa trace. Ca avait toujours été le monde à l’envers entre eux, mais bon encore un duo qui fonctionnait plutôt bien ainsi… Et c’est ainsi, bille en tête qu’ils s’enfoncèrent toujours plus profondément dans la forêt délaissée ou maudite.
    Tout à coup, la forêt sombre encore s’illumina doucement. Et la musique emplit l’espace… La petite messe solennelle… Rossini. Elle s’amplifiait graduellement. Montant, montant toujours plus surement, toujours plus forte. Hormis, Max et Swiff, nul autre trace de vie humaine ou animale. Nos 2 compères avaient de fait cessé net leur course ! A l’arrêt l’un et l’autre. Ils étaient là, éblouis, comme au spectacle. Une lumière bleutée les submergeait, se reflétant partout, jusque dans chaque petite gouttelette de rosée.
    La terre se mit à trembler.
    Une bulle énorme sortit de terre, et … Une princesse frêle et gracieuse s’en échappa. Furieuse, elle semblait fu rieuse ! Nos compères surpris, s’étaient figés, bras ballants ici, oreilles tombantes là…
    « Toutes ces années à vous attendre, non mais vous vous rendez compte de ce temps perdu ? C’est inacceptable, inadmissible… etc etc etc » Swiff s’agaça et commença à grogner. Max quand à lui était interloqué…La princesse l’attendait.. « On dirait, on dirait Barbara » murmura t’il… mi éveillé !
    Un rire mauvais lui parvint et au delà, il entendit la voix de son ennemi juré « tu es amoureux, il est amoureux, Max est amoureux de Barbara… »
    Max s’éveilla alors tout à fait… Et au beau milieu de sa classe, en plein cours de musique, étudiant Rossini. Barbara assise au 1er rang se retourna et le regarda gentiment, trop gentiment : un sentiment de commisération se peignit sur son visage…
    Le chien comme souvent avait suivi son maître, et gémissait à la fenêtre.

  6. Sylvie dit :

    Oups… il y a deux coquilles dans mon texte. Désolée.
    Rectificatif :

    Appuyée sur un bâton d’ébène…

    qui l’avait tant intriguée la première fois où elle s’était aventurée…

  7. Sylvie dit :

    C’était un petit sentier perdu au milieu d’une forêt, un chemin oublié que personne n’empruntait jamais. Son herbe, depuis longtemps, n’était plus foulée, pas une de ses pierres, du bruit d’un pas, se souvenait.
    Un jour pourtant, les herbes folles, ronces et autres envahisseurs sauvages qui proliféraient là depuis des lustres se mirent à trembler.
    Le sol frissonna sous un bruit de pas mal assuré et de souffle irrégulier.
    Les premiers branchages s’écartèrent, un rai de lumière s’engouffra dans l’épaisseur forestière et éblouit les mousses et écorces endormies.
    Les arbres aux branches rabougries et étouffées se redressèrent et expulsèrent cet enchevêtrement qui les gênait pour retrouver leur fière allure et leur ardent feuillage. Des pierres surgirent peu à peu de sous terre, grises et lisses, sous un éclat de vie retrouvée.
    Et au milieu du chemin renaissant s’avançait, clopin-clopant, une vieille femme aux cheveux argentés, vêtue d’un lourd manteau de fourrure couleur de lait.
    Appuyée sur un bâton d’ébène sculptée, elle peinait à marcher. Elle s’arrêta près d’un rocher moussu au milieu du sentier. Elle l’effleura de sa main ridée et tremblante et s’assit. Elle soupira, sourit, leva les yeux au ciel.
    Les mauvaises herbes, dures et piquantes, disparurent comme par enchantement, laissant la place à un jeune tapis de verdure carrelé de pierre, bordé par un rideau de feuillage percé de taches de soleil.

    Dans un chœur à l’unisson, toutes les essences de la forêt, même les hêtres les plus fiers, se penchèrent vers elle pour lui murmurer à l’oreille : « Nous avons bien cru que jamais tu ne reviendrais. Ici est le jardin de tes secrets, le berceau de ton âme. C’est ton chemin. Tu es ici chez toi. »
    La vieille dame reconnut le vieux chêne, son tronc énorme et le trou ovale au milieu, qui l’avait tant intriguée la première fois où elle s’était aventurée sur ce chemin.

    Depuis cette première aventure, seule, dans la forêt, alors qu’elle n’avait que huit ans, et jusqu’au moment de son départ, elle avait déversé chacun de ses rêves dans le tronc du vieux chêne, par ce trou mystérieux.
    Aujourd’hui, elle les voyait sortir, un à un, en farandole – dessins de pays imaginaires, maisonnettes en sucre glace, châteaux de laine et bateaux de papier, la grotte aux trésors, le peintre de l’arc-en-ciel avec son grand pinceau… Ils gambadaient sur le petit sentier herbeux que le rythme de son vieux pas avait réveillé en sursaut. Ses rêves d’enfant enfermés depuis tant d’années ressurgissaient et tournoyaient autour d’elle, de plus en plus vite, de plus en plus près, comme des papillons de nuit autour d’une flamme vacillante.
    La vieille dame, aux joues rosies et à l’œil pétillant qui débordait de larmes, quitta le rocher moussu du milieu du chemin.

    Tout près de là, elle s’allongea sur un lit de feuilles sèches, posa sa chevelure argentée sur un coussin de mousse et s’endormit doucement. Le rideau de feuillage vert tendre percé de taches de soleil se referma sur elle et un épais nuage blanc couvrit le ciel.

    ©Sylvie Wojcik

  8. ourcqs dit :

    C’était un petit sentier perdu au milieu d’une forêt,
    un chemin oublié que personne n’empruntait jamais.
    Son herbe, depuis longtemps, n’était plus foulée,
    pas une de ses pierres, du bruit d’un pas, se souvenait.
    Un jour… des bruissements légers, murmures étouffés,
    Un vent léger s’est levé,entrainant les feuilles brun doré
    Qui allait sortir des fourrés,Qui osait enfin s’aventurer ?
    Moi, depuis si longtemps abandonné,
    J’en ai assez de rester isolé,terminé, le temps de méditer,
    je rêve de promeneurs passionnés, cavalcades effrénées
    Bien sûr pour les lutins,princes , ogres et fées, c’est terminé !
    Peut-être quelque héros égaré, voulant tout explorer ?
    ET c »est un étrange personnage, en grande perplexité,
    Déambulant en chantant,humant la terre mouillée
    Testant échos et résonances, se roulant dans les bruyères rouillées,
    Bientôt suivi de son bourriquet, très agité,
    Qu’allait-il se passer ?
    Je sentais que tout pouvait arriver…. avec ce grand stressé
    Au diable ma tranquillité !

  9. Sabine dit :

    C’était un petit sentier perdu au milieu d’une forêt, un chemin oublié que personne n’empruntait jamais. Son herbe, depuis longtemps, n’était plus foulée, pas une de ses pierres, du bruit d’un pas, se souvenait. Sauf du pas de l’idiot, le seul qui s’aventurait encore dans la forêt. Un jour pourtant, l’idiot du village découvrit plusieurs coins d’herbe piétinée le long du chemin. Et comme on est en Normandie, que le calendrier annonce Noël, on a beau être idiot, quand on découvre un coin d’herbe piétinée au coeur d’une forêt désolée, on a peur. On pense au piège des fées. Car l’idiot le sait bien, depuis la nuit des temps, ce sont les fées qui ouvrent les nouveaux chemins. Elles vont à leur foire annuelle. Et sur le chemin, elles déposent leurs richesses. Votre œil est attiré, vous poursuivez cette route parsemée de trésors qui mène au bord de la falaise, où les fées vous jettent dans le vide.
    Alors l’idiot, qui n’est pas si idiot qu’on le pense, a fait demi tour et s’est sauvé à toutes jambes. A bout de souffle, il s’est arrêté au pied d’un arbre pour reprendre haleine. C’est là qu’il vit les pierres danser. Des pierres géantes, comme celles qu’on trouve à Carnac. Elles dansent en tournant sur elles-mêmes. Il y en a même une qui descend boire à la fontaine. Notre idiot s’en réjouit et courut s’abreuver, remerciant la pierre, assoiffé qu’il était par sa longue course. Mais l’idiot est un peu idiot quand même. Il a oublié qu’on ne boit pas là où les pierres boivent : l’eau transforme les hommes en bête. Surtout quand le calendrier annonce Noël.

    ©Margine la normande, adepte des contes et légendes de sa région.

  10. Damien dit :

    Merci Durand, bel univers onirique, pauvre petit chemin !, je vais essayer de le sauver…

    C’était un petit sentier perdu au milieu d’une forêt, un chemin oublié que personne n’empruntait jamais.
    Son herbe, depuis longtemps, n’était plus foulée, pas une de ses pierres, du bruit d’un pas, se souvenait.

    Un jour, Euryba et Galymède, l’un apprenti et l’autre grand mage de la nouvelle organisation pan-terrienne « Climax II3 » virent apparaitre dans le champ de leur projection mentale alors focalisé sur la forêt de Brocéliande une affreuse blessure, un violent trait de pinceau blanc dénaturant une toile de maitre.

    – Gal, devrons nous nous déplacer ?
    – Tu es maintenant prêt pour expérimenter la réconciliation à distance. Je vais juste t’accompagner, si besoin apporter quelques modifications de direction et d’intensité si tu t’égare.
    C’est à toi maintenant de réconcilier ce chemin perdu avec ses souvenirs afin qu’il réintègre complétement l’harmonie magique de sa forêt : reconnecte son énergie à celle de ses plus proches commensaux.

    Euryba, dans l’exaltation d’une prime expérience de communion mentale concentra toute son énergie d’amour et pria Brocéliande de la laisser entrer.

    Alors le maitre pu voir avec satisfaction le petit chemin retrouver sa place, sa lumière, cesser ses rêves illusoires pour voir revenir tout ses souvenirs sans qu’aucune intervention de sa part ne fut nécessaire.

    – Je sais maintenant que mon temps est venu, je puis enfin me retirer.
    Viens Euryba, allons fouler ce sentier dans son nouvel éveil, peut-être y trouverons nous ces merveilleux champignons qui naissent des rêves perdus.

  11. durand dit :

    C’était un petit sentier perdu au milieu d’une forêt, un chemin oublié que personne n’empruntait jamais.
    Son herbe, depuis longtemps, n’était plus foulée, pas une de ses pierres,du bruit d’un pas, se souvenait.

    Un jour, il crut percevoir les sons d’une visite. Ce n’était rien d’habituel, ni la chorale des oiseaux, ni le plic ploc de l’eau des nuages, ni le cri d’agonie d’une feuille, non plus le renard, pissant sur les mûres.

    Il cherchait dans sa vieille mémoire à quoi raccrocher cette sorte de vrombissement. Étais ce un bourdon en surpoids, un couple d’amoureux en mobylette, le chant boiteux d’un engoulevent enrhumé ? Non, il ne distinguait pas vraiment.

    Il passa ainsi toute la matinée à fouiller, à retourner les tiroirs. Quel pouvait donc être ce bruit, connu mais égaré, commun mais distant, un battement pas tout à fait régulier mais pas d’un grand sauvage ? A midi, il croyait avoir saisi le bruissement d’une jupe de femme. Il se peigna la mousse. Il attendit. Rien n’advint. Il fit la sieste. Il rêva…

    « Un aborigène démuni taillait dans son bois avec un opinel rouillé…il croisait une sorcière, cherchant ses clés…L’aborigène dégotait le trousseau au fond d’un nid de pic…ou de pie…ou de pipit ?…Pour le remercier, la sorcière lui offrait un grand sabre mauresque…Ca coupait sec…et l’aborigène se transformait en bûcheron… »

    Quand le bûcheron se travestit en Caterpillar, balança son charivari de bastringue, ses tonnes de grincements mécaniques, le suintement baveux des sombres huiles…le chemin se réveilla.Il buta sur la branche du réveil, glissa dans une flaque et se cogna à un tronc bien trop dur pour sa taille.

    Le chemin s’allongea pour réfléchir: « Qui pourrait bien passer par chez moi…qui apporterait juste un peu de frôlement, la douce caresse d’un tout petit pas, celui d’un enfant égaré, d’un vieillard, de son calme trépas…qui, mais qui donc viendrait s’y perdre ? »

    Vers 14 heures, un grognement le traversa. Ce n’était qu’une laie coursant son sanglier de mari. Cela devait avoir quelque chose d’humain puisqu’il s’y arrêta. Un souvenir d’escapade, une sensualité de groin, une joie de fouisseur!

    Plus tard, on gémit…et ce gémissement s’enroulait autour des troncs. Il sculptait une douleur balancée, soumise, acceptée…qui vous griffait la joue.

    Le chemin passa ainsi l’après midi, entre pépiements doucereux,vociférations brûlantes, souffles presque éteints, haleines d’un rance.

    A 17 heures, le ciel était déjà plus que bas, tombé derrière l’horizon, fourbu du glacé.

    C’était un hiver rude, taillé à la machette dans le froid. Les arbres tremblaient . Les vents se déchaînaient, bousculaient le fond des taillis, retournaient dans la nuit les étoiles d’araignée.

    Le chemin n’avait toujours rien perçu du possible d’une visite. La journée allait se clore sur le volet fermé d’une fenêtre aveugle.

    Pourtant,au bord du sommeil, il saisit un pétillement. Ca lui cognait les tempes, ça gargouillait dans les tripes, ça bousculait le bas ventre!

    Il fit mine de chercher…de chercher…de chercher…!

    Pourtant, il avait trouvé depuis… toujours.

    Ce n’était encore que le clapotis de l’illusion!

  12. Danielle dit :

    Un jour le petit chemin se réveilla par le bruit de sabots qui heurtait le sol, il apperçu au loin un magnifique cheval noir qui s’engageait au pas majestueux.
    Affolé le peitit chemin se dépêcha d’alerter tout le monde, il appela les herbes endormies depuis longtemps, les arbres qui ronflaient avec leur branches basses, les fleurs fannées, la lumière qui était faible !!! VITE, vite cria le petit chemin, nous avons un hôte, attisons la vie et acceuillons ce seigneur comme il se doit. Le vent fait chanter ta brise légère, les herbes redressez vous et ondulez harmonieusement, les fleurs arborez vous de votre meilleur parfum, les arbres étirez vous et soyez majesteux, les pierres soyez attentives et faites retentir le son de votre coeur quand ce destrier vous touchera du bout du sabot. Tout un coup la magie s’opéra, le petit chemin repris sa plus belle parure de vie , et quand le cheval noir passa , il hennit à pleins poumons en faisant vibrer l’ atmosphère, il pris un petit trot passagé de noblesse et salua de ces crins ondulés tous les ingrédients de la nature qui constituait ce petit chemin magnifique , et le remercia de lui avoir offert son coeur et sa belle énergie afin de lui permettre de continuer sa route ….

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