Écrire pour les enfants, un rêve très partagé

Quand j’animais encore « Les secrets d’un bon article ®« , un des stages que j’ai créé pour le Centre de formation des journalistes (CFPJ) à Paris, je testais les participants en leur demandant de réécrire un de leurs articles de façon à le mettre à la portée d’enfants de 10 ans.
C’était l’exercice le plus difficile du stage, peu de journalistes parvenaient à rédiger un texte alliant créativité, simplicité, humour et pédagogie.

Écrire pour les enfants n’est pas à la portée de la première plume venue.
Je rencontre souvent des novices en écriture rêvant d’écrire un livre pour la jeunesse.

Leurs raisons sont plus ou moins de même nature :
« J’aime les enfants »,
J’ai une amie qui dessine et j’aimerais bien faire quelque chose avec elle »,
« Je trouve qu’il manque quelque chose pour les livres pour enfants »,

etc.
Elles pensent ingénument qu’il est presque enfantin d’écrire un livre pour enfants. Que ce genre demande beaucoup moins d’application et d’expérience qu’écrire pour les adultes. Elles se leurrent !
Raconter des histoires destinées aux enfants est très difficile. C’est un art. Il ne s’agit pas de bêtifier à la façon des tout petits, mais de séduire dès les premiers mots.
Un enfant n’est généralement pas enclin à faire une effort pour se distraire avec un livre. S’il s’ennuie dès les premières lignes, s’il n’est pas surpris, étonné, amusé ou effrayé, il renonce à poursuivre.

Écrire pour les enfants exige beaucoup de créativité et d’humour.
D’être capable d’inventer toutes sortes d’histoires et d’aventures fabuleuses. De raconter avec des mots ordinaires des histoires extraordinaires et distrayantes.
Ce n’est pas parce qu’on a l’impression “d’être resté de grands enfants”, qu’on parle encore la même langue, qu’on a un vocabulaire et un humour de cour de récré.
Il y a d’ailleurs un monde entre les livres pour tout petits et ceux pour les enfant lisant couramment.

Si comme des milliers de français, vous rêvez de voir votre nom sur la couverture d’un livre pour enfants, je vous invite à explorer les librairies spécialisées et plongez-vous dans l’univers des livres jeunesse. Votre enfant créateur va s’éclater. Examinez aussi les collections jeunesses des éditeurs, peut-être que la belle idée de livre pour enfant qui vous trotte dans la tête n’a pas encore été exploitée. 

Je suis dyslexique. De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau. Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

8 Responses

  1. oholibama dit :

    l’écrit pour les jeunes est très difficile
    je me lance souvent dans cet exercice, mais, je décroche très vite aussi. pourtant, il y a matière les petits aiment l’extraordinaire-encore faut-il les touchés et ça!

  2. Beutreillis dit :

    L’auteur de livres pour la jeunesse ne doit jamais perdre de vue que les histoires qu’il écrit doivent allumer chez les enfant l’envie et le plaisir de lire. Comme Stevenson ou Mark Twain, Jules Verne, etc.

  3. Clémence dit :

    Les livres pour enfants ont pour objectif premier de développer leur imaginaire, mais aussi de les familiariser avec la langue écrite.

    Les contes, qui s’adressaient anciennement aux adultes, ont été modifiés pour pouvoir être lus aux enfants. Ceux-ci ont pour objectif premier de « les faire grandir ». En effet, tout récit pour être appelé « conte » doit avoir un héros qui est en difficulté, qui doit surmonter un obstacle et le vaincre (avec des aides) et obtenir une récompense en finale.

    Les contes permettent également d’apprendre à surmonter la peur. Ils ont aussi pour fonction d’aider à éradiquer, exorciser de sombres destins par transfert et donc, sans passer à l’acte…
    Ils aident aussi à renforcer la construction de leur personnalité avec la fonction d’identification à un héros (ou parfois de rejet)

    L’essentiel étant de lire aux enfants… lire et lire;.. Parfois, il est nécessaire de prendre le temps de parler avec les enfants si le texte nous paraît « particulier »….

  4. Françoise - Gare du Nord dit :

    Merci Pascal de mettre la littérature enfantine à l’honneur. Je regrette que, trop souvent, celle-ci soit « minorisée ». Pour raconter souvent des histoires à mes petits-enfants, je constate qu’elles sont toujours bien accueillies
    Je pense qu’elles sont capitales pour la construction de leur psychisme.
    Pour exemple, , je crois que le conte de Cendrillon a été consolatoire pour de nombreux enfants

  5. Beutreillis dit :

    Vous avez raison Colette
    Visitez les librairies enfantines pour y lire et regarder ce qui se fait de mieux aujourd’hui, quelles sont les tendances est indispensable.
    Avoir gardé son âme d’enfant aussi.

  6. Bonnet-Seigue dit :

    Bonjour, je suis auteur confirmé pour la jeunesse, plusieurs albums édités chez Milan Fleurus, Bilboquet et un autre aujourd’hui en projet chez un grand éditeur. Je peux vous dire en ce sens j’appuie les dire de Pascal, ce n’est pas facile d’écrire pour les enfants. Il faut allier, humour, pédagogie en concentré de mots. Trouver le mot juste, il faut donc travailler dans ce sens. La littérature jeunesse exclue le style mièvre. Ancienne enseignante de maternelle, j’ai beaucoup lu les livres pour enfants et me suis plongée avec passion dans l’écriture enfantine et voilà! Bon courage à ceux ou elles qui veulent essayer. Il faut avant tout comme je le fais souvent encore, passer du temps dans les librairies enfantines pour y lire et regarder ce qui se fait aujourd’hui, quelles tendances chez tel ou tel éditeur, ciblez bien vos envois sinon retour à l’envoyeur! Bon courage! C’est le parcours du combattant.
    Cordialement
    colette

  7. RAYMOND edith dit :

    Merci Pascal pour ce billet. Ayant été illustratrice pour les journaux destinés aux très jeunes enfants pendant plus de 40 ans, combien de fois ai-je entendu des jeunes mamans dire qu’elles voulaient écrire ou dessiner pour les enfants. Combien ai-je reçu de textes, me demandant de les illustrer ? Hélas ! Hélas ! Textes ou dessins non adaptés au support.
    Il faut passer bien des barrières, et surtout avoir beaucoup d’humilité pour accepter des critiques plus ou moins agréables de la part de l’éditeur ou le rédacteur. Penser que l’éditeur a en tête sa collection ou le rédacteur la ligne du journal dans laquelle vous ne rentrez pas nécessairement.
    Penser également que même si votre livre est publié et a un grand succès, pour les prochains livres, vous devrez à nouveau sonner aux portes.

  8. . Janine dit :

    Bonjour Pascal,
    Merci beaucoup pour ce billet qui me donne envie de me lancer.
    Comme beaucoup, j’aimerais écrire des livres pour enfants, mais je ne pourrai me rendre au Salon de Montreuil.
    Auriez-vous des livres à conseiller pour m’aider dans ce projet ?
    Merci d’avance et bonne journée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Répondez à ce calcul pour prouver que vous n'êtes pas un robot *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.