Des inquiétudes dans les jambes…

Notre écriture aurait des inquiétudes dans les jambes. Nous chuchotent à l’oreille les alarmistes. La civilisation de l’écrit, cousu main, filerait droit vers sa fin. Oups ! Rien que ça.

Ils n’ont peut-être pas tort…
Jadis, écrire c’était sculpter des lettres dans la pierre, les graver dans la mémoire du temps.
Aujourd’hui ?
On tapote des deux pouces nerveux sur un écran, on accentue avec des smiley. L’écriture devient snack, alors qu’elle fut festin.

Les réseaux sociaux  » clichetonnent  » les algorithmes mâchent des phrases, l’IA nous enjôle : « Laisse, je vais écrire pour toi ». Et nous la remercions.
On confie notre encéphale à une marionnettiste.

Mais heureusement, tout n’est pas foutu.
Lire un vrai livre, c’est déjà résister. Écrire quelques lignes manuscrites c’est contre-attaquer, c’est enrayer la machine du prêt-à-penser. Offrir une phrase bien ciselée à quelqu’un, c’est rallumer une petite chandelle dans l’obscurité.

Alors, oui, peut-être que notre époque programme la mort de l’écrit humain. Mais, tant qu’il restera des amoureux du verbe pour dérégler ce programme, l’écriture artisanale ne mourra pas. Elle vivra, plus ou moins cabossée, mais libre. Le luxe, aujourd’hui, c’est d’être à contre-courant.

Je suis hors-n’homme. Un neuroatypique à dominance dyslexique atteint d’aphantasie : incapable de fabriquer des images mentales et de se représenter un lieu ou un visage. Mes facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau et mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Si vous remarquez une faute, merci de me la signaler : association.entre2lettre@gmail.com

5 réponses

  1. Michel-Denis ROBERT dit :

    La vie est un jeu, sauf qu’aujourd’hui, les règles sont devenues superficielles, tarabiscotées, factices. Il ne faut pas compter sur l’IA pour qu’elle nous aide à les maîtriser puisqu’elle est elle-même le fruit de toutes ces supercheries.
    L’IA est donc une chance pour la créativité.

  2. Avoires dit :

    Etre à contre courant, c’est très bien, c’est à la mode, c’est „in“ comme on dit en bon français et en plus, c’est du luxe !

  3. Gilaber dit :

    J’adore les stylos plumes, j’en ai toute une collection que je garde précieusement dans un coffret à plusieurs tiroirs. Quelques uns (ceux que je préfère), me suivent dans mes déplacements, avec mes carnets de notes. Mais j’avoue que mon premier réflexe est de me servir de mon smartphone pour y coucher des bribes d’idées pour vos exercices, ou, comme je le fais d’ailleurs aujourd’hui, pour le sujet qui nous préoccupe… puis, je les transfère sur mon ordinateur, pour en retravailler certaines, qui seront, ou pas, destinées à l’exercice proposé… parce que mon téléphone est devenu un instrument de travail indispensable, que je peux utiliser n’importe où… et modifier à volonté mes écrits… sans ratures…

    Peut-être direz-vous que je suis tombé dans la facilité… mais aujourd’hui, je ne sais plus faire autrement. Mon imagination est-elle en danger pour autant ?

  4. Béatrice Dassonville dit :

    Oui, tout fout le camp ! Mais, c’est peut-être un mal pour un bien. Nous vivons une époque décadente, et ce n’est qu’en touchant le fond, que nous pourrons remonter.

    Pour autant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Nos avancées modernes et technologiques — nous en convenons tous — restent assujetties à la manière dont nous les utilisons.

    Le danger c’est de se laisser aspirer par elles. Nous en voyons déjà les cruels résultats chez nos adolescents, mais aussi chez les adultes, ainsi que dans notre rapport au temps, au réel, et notre relation aux autres.

    Toute période de crise est chaotique et douloureuse. Dans cet affaissement systémique, nous pouvons demeurer conscients et vigilants afin de préserver ce qui fait sens pour nous.

    Entre un optimisme forcené qui est un mantra New Âge, et un pessimisme aggravé qui nous laisse sans force et sans voix, faisons le choix d’une lucidité ouverte pour accueillir l’expérience telle qu’elle est, tout en la façonnant sur le plan individuel, pour rester dans cette joie créatrice, en connexion avec ce qui nous nourrit. Humain, encore.

  5. Malleret dit :

    Combien j’aime tes interventions du mercredi !
    Je n’arrive plus à écrire à la main je suis presque tout le temps obligée de faire un brouillon. Avec mon beau stylo Shaeffer nostalgie et une encre bordeaux je m’étais promis de réapprendre. Malheureusement je n’arrive pas à tenir ma promesse
    Mon clavier est si pratique !

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