35 réponses

  1. Urso dit :

    … pour le désert de Tartare-les-Oies.
    M. Papillon adore cet endroit où assez souvent il vient se reposer en faisant de longues promenades en dromadaire.
    Cela lui permet d’oublier un peu sa belle Chrysalide, qui un matin de printemps est partie de la maison.

    Lorsque il ne voyage pas il aime à s’occuper d’animaux qui vivent dans le grand jardin de la villa Chrysalide : des lapins, des canards, des pigeons.
    Dans ce jardin, M. Papillon fabrique aussi des petites chenilles en chocolat noir, pour des chars d’assaut réalisés en chocolat blanc.
    Bizarrement, l’autre jour, il a remarqué que plusieurs d’entre elles avaient disparu du laboratoire. Étrange pensa-t-il toutes ces chenilles qui sont manquantes.

    Des fois M. Papillon trouve que la vie est un peu dure avec lui. Et qu’en réaction, il voudrait partir le plus loin possible avec son lépidoptère dans le monde, pour carrément oublier ce qui lui arrive.

    Récemment, il a eu une remarque de la part du lépidoptère. Qui apparemment ne veut plus l’accompagner dans ce drôle de désert de Tartare-les-Oies.
    Et que pour lui sa destination préférée serait d’aller au bord de la mer, pour profiter au maximum des coquillages et des crustacés abandonnées.

    Aujourd’hui justement, M. Papillon et le lépidoptère sont sur une plage de Belgique.
    Le soleil est au zénith. La chaleur est intense. Pire que de la dynamite.
    M. Papillon est allongé sur le sable, sous un large parasol. Il ne pense à rien. Souhaitant uniquement profiter du beau temps.
    Tout à coup, sans aucune raison apparente, il se lève précipitamment, et se dirige en courant au bord de la plage.
    Le lépidoptère, se trouvant à proximité, lui crie de ne pas plonger dans l’eau, qu’il y a un risque certain pour sa vie.

    M. Papillon comme hypnotisé et sans entendre les conseils du lépidoptère, continue sur sa lancée, se jette dans la mer, et nage, nage, rapidement.
    Oui c’est elle, pense-t-il, en apercevant une forme humaine au loin. Bon nageur il s’y rapproche de plus en plus et l’atteint après quelques minutes de nage.
    Plus de doute, il en est certain, elle est là présente la belle Chrysalide.
    M. Papillon, un peu fatigué par ce long effort d’avoir nagé en pleine mer, est néanmoins fou de joie.
    Il vient de retrouver sa chère et belle Chrysalide. Devenue sirène et qui l’attend peut-être depuis une éternité.
    Youpi ! youpi ! n’arrête-t-il pas de hurler ! C’est elle, c’est elle ! Youpi ! Youpi !
    En faisant peur à quelques poissons ayant sorti la tête de l’eau, drôlement étonnés par l’attitude de ce fou monsieur.

  2. raymond dit :

    Monsieur Léon Papillon demeure villa « chrysalide », parfois il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère pour folâtrer, butiner où le vent le porte. Monsieur Léon est un poète, un insouciant et un curieux !
    C’est sa curiosité qui l’a conduit à devenir le spécialiste incontesté du nectar de la région. Depuis qu’il est devenu papillon, il a déroulé sa trompe dans des centaines de fleurs. Ses préférées sont en forme d’entonnoir. Elles cachent leur nectar au fond. Ce qui lui permet de déplier son magnifique appendice de toute sa longueur et de se délecter de ce délicieux breuvage des dieux.
    Il raffole des fleurs aux couleurs vives et aux grands pétales bien ouverts. En règle générale, ce sont les plus sucrées et les plus parfumées. Mais, Léon est un machaon qui aime aussi les carottes sauvages ou le fenouil. Bref, il n’est pas difficile !

    Voilà quinze jours qu’il « brûle la chandelle par les deux bouts » et c’est bien beau de profiter de la vie, mais la sienne est courte, au mieux : trois à quatre semaines. Il est maintenant impératif qu’il trouve une femelle. Ce n’est pas chose facile, car son espèce est en voie de disparition à cause de tous ces pesticides !

    Alors, il diffuse à tout-va des phéromones sexuelles, qui portent jusqu’à deux kilomètres. Il accentue aussi les couleurs de ses quatre ailes. Les taches bleues et rouges se remarquent de très loin. Il prend des risques, parce qu’un oiseau pourrait le repérer et le becqueter !

    Mais, il a trop attendu, il n’a plus le choix. Son acharnement fini par payer. Elle est devant lui et déploie ses ailes jaunes citron, sur lesquelles on peut voir des motifs noirs. Ses taches bleues et rouges sont magnifiques ! Il est tout excité. L’affaire n’est pas gagnée ! Tout va dépendre de sa parade nuptiale.

    Comment faire ? Personne ne lui a appris ! Subitement, c’est plus fort que lui. Il effectue une multitude de pirouettes, un véritable clown ! Cette exhibition dure longtemps. Léon est épuisé, il a réussi ! Elle est séduite et participe à la danse engagée. Puis ils se rapprochent. Leurs deux abdomens se touchent. Léon brûle intérieurement.

    – Moi, c’est Lison, lui susurre-t-elle.

    – Ah non ! se dit-il, elle ne va pas commencer à raconter sa vie !

    – Moi, c’est Léon, répondit-il plus sèchement qu’il ne le souhaitait !

    Elle a compris ! Lentement, elle lui tourne le dos et il s’accouple. Leurs ailes frémissent dans le vent.

    Quelques minutes plus tard, Lison papillonne autour de lui, signe qu’il peut la suivre.
    Malheureusement, Léon n’a plus de force et sent la vie le quitter doucement. Celle-ci fut brève, mais il en a bien profité, et c’est tout ce qui compte.

  3. Avoires dit :

    Monsieur Léon Papillon demeure villa« Chrysalide ».
    Parfois il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère pour aller de- ci, delà, errer, vagabonder, papillonner en quelque sorte…
    D’autres fois, il part chercher son ami Noël Pallopin, villa « Cocon » pour une balade dans le quartier saluer les Hyméno, les Ortho, les Dyp. Relations de bon voisinage en quelque sorte.
    C’était au cours d’une de leurs virées qu’il avait remarqué la frétillante Mariposa. Son cœur avait chaviré dès l’instant où l’avait vue, au bord du ruisseau où les tendres fleurs du printemps et l’onde claire rendaient sa couleur bleu nuit si attirante…
    Laissant Noël à ses flâneries, Léon fonça vers la demoiselle, s’en approcha, tourna autour, s’en détourna, y retourna. Les ailes de la belle frissonnèrent, ils se firent face à face, se scrutèrent, succombèrent.
    – Comment t’appelles-tu ? demanda-t-il dans un murmure, moi, c’est Léon
    – Et moi, c’est Mariposa !répondit-elle les ailes déployées.
    Léon n’en revenait pas, elle lui avait répondu et de plus elle avait un merveilleux nom ! Mariposa !
    Ils passèrent un moment à folâtrer sur les berges , à frôler l’eau claire du ruisseau où leurs silhouettes s’emmêlèrent, à s’éloigner, se rapprocher. Puis, ils se séparèrent en se promettant de se retrouver.
    Tout l’été durant, ils se donnèrent rendez-vous ici et là, au gré de leurs envies. Ils parcoururent champs, rivières, haies, bosquets…
    Mariposa avait accaparé la vie de Léon et Léon avait laissé tomber son ami Noël.
    A l’automne, plus de Mariposa !
    Alors Noël reçut un coup d’antenne de Léon pour aller faire une balade.
    – Je prends mon lépidoptère et j’atterris chez toi dans cinq minutes !

  4. Anne Le Saux dit :

    Monsieur Léon Papillon demeure villa « Chrysalide ». Parfois, il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère pour aller visiter ses amis, Gaston et Léopold. Il aime la sensation de légèreté, l’absence de bruit et la rapidité de ses déplacements aériens. Pas besoin de piste d’atterrissage ; il descend à la verticale et se pose délicatement devant la porte de son hôte. Lorsqu’il a l’esprit taquin, il pénètre dans la maison par une fenêtre ouverte. Léopold le gronde « Tu m’as encore fais peur ! Tu devrais équiper ton engin d’un avertisseur sonore ». Léon sourit … et continue ses facéties. Chez Gaston, il s’est posé dans le cerisier et s’est rempli la panse de burlats gorgées de soleil. Il a fini par un petit roupillon digestif ce qui lui a fait manquer la partie de belote.
    Il est parfois pris en chasse par un aigle ou une buse. Il met les gaz à fond afin d’échapper à ses poursuivants. Et il est fier de ses exploits.
    Un jour, pourtant, il s’est fait une grosse frayeur. Les ailes de LuLu (c’est ainsi qu’il a baptisé son moyen de locomotion) se sont déformées sous les assauts d’une chaleur inhabituelle. Elles se sont ramollies, puis ont gondolé et enfin ont fondu comme une glace à la vanille. En toute urgence, il a rallié un poteau téléphonique. Juché sur cet inconfortable support, il a appelé les secours. Tout penaud, il s’est laissé hélitreuiller et a dû abandonner LuLu qui ne ressemblait plus à rien si ce n’est une chiffe molle.
    Dorénavant il est redevenu terrien. Il circule sur un vélo customisé avec des ailes de coccinelle du plus bel effet.

  5. Monsieur Léon Papillon demeure villa
    « chrysalide », parfois il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère pour…

    • Monsieur Léon Papillon demeure villa
      « chrysalide », parfois il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère pour…Monsieur Léon Papillon demeure villa
      « chrysalide », parfois il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère pour se donner des ailes. Il fait beaucoup de zèle, mais comme l’engin est rotor, il devient pâle et sa tête se met à tourner. Heureusement, l’hélice se met en branle, et alors il se met à planer. Car il est camé, Léon ! Et il en voit de toutes les couleurs… Et il est obligé de baisser papillon pour revenir à la dure réalité…

  6. Rose Marie Huguey dit :

    Il est l’ange gardien des chrysalides. Doté d’un extraordinaire gène qui lui a conféré l’immortalité, il règne dans la villa depuis des lustres sous le regard interrogatif de chercheurs. Dès qu’il le peut, il veille sur les petits jusqu’à leur majorité. Il papillonne autour d’eux, leur transmettant ses connaissances, les évolutions, les mettant en garde contre certains nouveaux prédateurs.

    Mais des fois il a besoin de lâcher prise. Alors il s’installe à bord de son vieux et fidèle lépidoptère.

    Il y a une chose qu’il adore. La voltige aérienne. Il assiste à toutes les démonstrations. Se faufilant entre les avions, il copie leurs figures et se mesure à eux. Il n’est plus Léon Papillon, mais Noël Piloplan.

    Il n’est plus observé à la loupe, pas de prélèvements, pas de discours soporifiques sur le pourquoi du comment.
    Entre ciel et terre, il est un être à part entière. Personne ne le voit, ne le juge.
    Les ailes déployées il vit son rêve, stocke en lui ces moments magiques qu’il se distillera dans les moments les plus difficiles, lorsqu’il ne sera plus qu’un objet d’études.

    Dire qu’il est censé incarner la beauté, la joie et le renouveau.
    Mais sa différence le condamne à vivre loin des yeux admiratifs des couleurs et de la finesse des ailes des papillons.
    Les yeux qui le scrutent sont aveugles.

    Il ne cherche pas à être admiré. Il veut juste être lui.

    Demain son lépidoptère l’emmènera loin, très loin en loopignant de bonheur.

  7. Eleonore Gottlieb dit :

    Monsieur Léon Papillon demeure villa
    « chrysalide », parfois il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère pour…

    Voir le monde, changer d’air il aime son jardin, il aime sa villa Chrysalide mais…aujourd’hui il est triste. Le ciel est lumineux, les coquelicots s’ouvrent et frémissent, ils lissent leurs chevelures ébouriffées. C’est dimanche !
    Monsieur papillon regarde ce monde magique, il essai de sourire, mais non ; pas aujourd’hui ; ses antennes sont crispées, ses couleurs un peu ternes. Il a beau battre des ailes et chercher la lumière, rien n’y fait, il reste éteint.
    Hier il avait aperçu mademoiselle libellule ses ailes diaprées, vibraient, elle s’amusait de leurs reflets qui lançaient des éclairs à chaque battement. Monsieur Léon n’avait jamais rien admiré d’aussi fascinant. Ce matin dès le lever du jour il s’est promis de lui adresser ses plus magnifiques éclats, lui dire son admiration, lui parler de sa danse féérique et combien il avait été troublé par sa grâce rayonnante. Il avait lissé ses écailles dorées, lustré les bleues, fait palpiter les pourpres et ajouté des liserais argentés pour rehausser la dentelle de ses ailes .
    Envolé tôt il s’est posé sur une marguerite. Sa blancheur fait ressortir ses séduisantes nuances. A l’approche de mademoiselle libellule il veut battre des ailes pour l’attirer mais son Lépidoptère est tombé en panne. Cloué sur
    L’humble marguerite il aperçoit au loin mademoiselle libellule tournoyant au milieu d’un groupe de sauterelles écervelées.
    Léon est retourné dans sa maison chrysalide et endormi sur une fleur de
    Pissenlit, il prend conscience dans son sommeil que l’éclat n’est qu’éphémère, juste de la poudre aux yeux, mais il garde au fond de son imaginaire le souvenir vibrant de libellule une lumière pour les jours trop sombres de l’hiver.

  8. MICHEL-DENIS ROBERT dit :

    — Monsieur PAPILLON —

    Monsieur Papillon demeure Villa Chrysalide, une maison bien tranquille dans la banlieue d’Ulm dans le sud de l’Allemagne. Parfois, il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère, le long des rives du Danube.
    Son voisin derrière ses rideaux, en ces temps de canicule, se distrait avec l’envie de le suivre.; « Il s’envole flâner avec son drone ! » Et Léon indifférent part explorer son monde où tout n’a pas encore été découvert.
    C’est un mobile qu’il a fabriqué lui-même avec des pièces récupérées de ci de là. Il n’a pas suivi exactement la notice que le revendeur lui a proposée, cependant, il y a mis beaucoup de son âme et d’IA;
    Ce matin-là, l’engin était en panne. !
    «  » Tiens ! Tiens, se dit-il, bizarre ! Ca fait deux fois qu’il me fait le coup cette semaine, sans doute un caprice. C’est peut-être normal depuis le temps que je le sollicite pour mes ballades, il a envie de changer.
    Il inspecta tous les paramètres, tout était normal. Il a sûrement besoin de repos. Une bonne raison pour envisager d’autres habitudes. Qu’en penserait le vendeur des occasions ? Celui-ci oserait-il me donner quelque tuyau ?
    Il hésita parce qu’il n’avait pas suivi tous ses bons conseils. Cependant, il se décida quand même pour le respect de son oeuuvre. Il irait jusqu’à Ulm à pied.
    Au magasin, quand il le vit arriver, Sylvain l’Azuré le reçut aimablement.
    — Monsieur voudrait quelque nouveau conseil peut-être ! L e « peut-être » appuyé d’un sourire moqueur. Pourquoi n’êtes-vous pas venu avec ?
    — Le train d’atterrissage est normal mais il a refusé de déployer ses ailes.
    — De toue façon, il faudra nous l’amener. Robert ! qu’il cria à travers le magasin, que les murs en tremblèrent !
    Robert-le-Diable arriva, le Tee-shirt orange taché de marques noires couleur cambouis.
    — Ouais ! C’est pourquoi ?
    Léon intimidé expliqua les symptômes. La lumière solaire ne se convertit plus par les panneaux que j’ai montés moi-même.
    — A mon humble avis vot’lépido est en train de chrysalider.
    — Cristalliser ?
    Léon le regarda dubitatif. Robert rectifia.
    — Chrysalider. !
    — Chrysalider ? .. Mais alors ! … Vous voulez dire qu’il se métamorphose ?
    — Ouais, c’est ça, mais ici on dit chrysalider. C’est le terme technique. Avec les pièces que vous avez rajoutées, il se méta.. Il a eu l’idée de se chrysalider lui-même.
    — Ah, Bon ! Je ne savais pas qu’il se méta… Qu’il pouvait se chrysalider tout seul.
    — Oui, c’est lui qui décide de sa propre crise, c’est ça la signification de chrysalider. Mais si vous ne l’emmenez pas, je ne pourrais pas vous en dire plus.
    — Vous avez une dépanneuse peut-être ?
    — Un lépido c’est comme un ado, si vous lui donnez trop de lumière, il peut se brûler les ailes.
    — Merci !… Je sais ce qu’il me reste à faire. Und das erklärt so einiges über die Franzosen. Et ça explique pas mal de choses chez les Français !

  9. FANNY DUMOND dit :

    Monsieur Léon Papillon demeure villa « Chrysalide ». Parfois, il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère pour rendre visite à son amie Mademoiselle Ursule Libellule, qui habite au domaine de « La Mare aux nénuphars ».

    Ils s’étaient rencontrés un jour où elle s’était perdue dans son jardin. Elle l’avait apitoyé en lui disant qu’elle mourait de soif après avoir parcouru un si long trajet. Léon lui avait offert de prendre une coupe de nectar sur le cœur d’une rose rouge. Mais cette mijaurée voulait de l’eau. Alors il lui avait proposé celle de la piscine, et elle lui avait dit : « Pouah ! Elle a un goût horrible, cette eau ! »

    Mais comme, dans le fond, elle était sympa, elle avait fait le ménage de fond en comble dans sa villa en picorant, par-ci par-là, des mouches et des moustiques. Repue, elle lui avait dit qu’il avait de la chance qu’elle l’eût épargné, parce qu’elle avait la fringale en arrivant. D’un battement d’aile, il lui avait envoyé une tarte en lui disant qu’elle devait cesser ses enfantillages si elle voulait retourner chez elle. Elle lui avait répondu, cette effrontée, qu’elle allait le dire à ses copines, qui ne feraient qu’une bouchée de lui.

    Après avoir boudé chacun dans son coin, Mademoiselle se rapprocha et lui fit un bisou. Chaviré et hésitant, il fit néanmoins le point avec ses antennes et raccompagna la gracieuse en son domaine. Chaque fois qu’elle voyait une nappe d’eau, elle battait des ailes dans le véhicule, qui manquait de chavirer lui aussi. Après l’avoir déposée non loin de sa demeure, Monsieur Papillon lui avait proposé de la revoir dans un endroit neutre pour éviter les potes de la demoiselle.

    Depuis, tous les jeudis, on les voit folâtrer au camping « La Cigale ».

  10. mijoroy dit :

    Le scarabée aux élytres lustrées, d’un raclement de gorge, s’éclaircit les cordes vocales et réclame l’attention. Aussitôt les bzélites cessent les stridulations assourdissantes. Le groupe est composé de libellules, équipées du dernier hors-bord Evinrude, d’honorables coccinelles, d’abeilles besogneuses et d’un vieux bourdon grognon.
    — Bienvenue dans le quartier résidentiel des « Terrasses du Pollen ». Admirez la diversité de la faune florale. Chaque rue a sa spécificité et regorge de multiples nectars permettant de varier le menu. Tout est conçu en rayons à partir du pré des sauterelles au centre.
    Les bzélites observent avec gourmandise cette promesse de repas à disposition. Elles s’émerveillent encore devant les nombreuses épiceries achalandées de miels tous plus alléchants.
    — Sur votre gauche, la villa « Chrysalide » de monsieur Léon Papillon, promoteur du terrain et également architecte. Il a sa propre piste pour son lépidoptère, avec lequel il peut faire un épandage de rosée sucrée sur toutes les fleurs. Il varie d’ailleurs les goûts de rosée, acacia, lavande, basilic, un panel de sirops et même Kinder-Bueno.
    La bande de bzélites se réjouit, seul le vieux Bourdon râle, prétextant qu’à son âge cela fait trop de sucre. Lui préférerait un assaisonnement de Stévia ou d’Agave.
    Tout à coup un vrombissement vient déchirer la sérénité de la visite. Une escadrille de mouches fonce sur le groupe pour un largage de déjections.
    Les Bzélites paniquent, le seul mâle râle comme un citron acide et amer, lorsqu’il découvre un panneau enfouit.
    — Nom d’un papillon ! Tu m’étonnes que ça pousse et fleurit. Le jardin est édifié sur un ancien cimetière ! Ah, ça, pour un bon terreau c’est un bon terreau.
    L’agent immobilier vole dans tous les sens, tente de rattraper les acheteurs potentiels en argumentant sur la biodiversité d’un site mémoriel végétalisé.
    — Fuyons, mesdames ! Vos ailes éthérées ne sauraient se mêler au fumier. Je connais la chanson : aujourd’hui un cimetière, demain une décharge, et dans un an on appellera ça un « écoquartier d’exception » avec des fleurs en plastique et du nectar hors de prix !
    La cheffe d’escadrille des mouches se réjouit. Cette fois, il n’a pas été nécessaire de faire appel aux nécrophores ni à la confrérie des asticots. Le terrain, autrefois une décharge, puis devenu un cimetière, était un garde-manger trop précieux pour être céder à une bande d’ailés, suceurs de nectar.

  11. Gilaber dit :

    Monsieur Léon Papillon demeurait dans une villa nommée « Chrysalide ».

    Chaque nuit, lorsqu’il s’endormait, il lui semblait quitter son lit pour s’envoler à bord d’un immense lépidoptère aux ailes irisées. Depuis toujours, il poursuivait la même idée : si un simple battement d’ailes pouvait provoquer une tempête à l’autre bout du monde, alors il devait être possible de changer le destin des hommes.

    Ainsi, nuit après nuit, il parcourait les océans, les montagnes et les continents. Il battait des ailes au-dessus des villes, des frontières et des mers, espérant infléchir le cours des choses.

    Mais rien ne changeait.
    Les guerres continuaient.
    Les puissants demeuraient puissants.
    Les peuples souffraient toujours.

    Et chaque matin, une étrange voix résonnait dans son esprit :
    « Les faits Papillon… uniquement les faits… et rien d’autre que les faits… »
    Sans jamais en comprendre le sens.

    Une nuit, son voyage le conduisit au-dessus d’une ville dévastée.

    Des immeubles éventrés ouvraient leurs entrailles à la nuit. Dans un appartement suspendu au-dessus du vide, un lustre de cristal pendait encore à un fragment de plafond. Plus loin, un portrait de mariés demeurait accroché à un mur fissuré. Autour d’une fontaine miraculeusement préservée, quelques pigeons continuaient à s’ébrouer dans l’eau comme si le monde n’était pas devenu fou.

    Léon poursuivit sa descente jusqu’à une église en ruine.
    Au milieu de la nef, un prêtre semblait figé dans une dernière prière.

    Alors une question s’imposa à lui :
    Quel battement d’ailes avait bien pu provoquer cela ?

    Il chercha dans les nuages.
    Dans le vent.
    Dans les flammes.
    Mais il ne trouva aucune réponse.

    Quelques nuits plus tard, il aperçut enfin celui qu’il croyait responsable de tous les malheurs du monde.
    Un immense papillon noir.
    Silencieux.
    Magnifique.

    Léon se lança à sa poursuite.

    Le mystérieux lépidoptère traversa les frontières, survola des palais, des ministères et des états-majors avant d’entrer dans le bureau d’un dirigeant dont les décisions engageaient le destin de millions d’êtres humains.

    Le papillon noir vint se poser sur son épaule.

    Léon retint son souffle.
    Enfin, il allait découvrir le secret du chaos.
    Mais rien ne se produisit.
    Le papillon demeura immobile.

    L’homme réfléchit.
    L’homme écrivit.
    Puis l’homme signa.

    Un geste simple.
    Quelques secondes à peine.

    Et pourtant Léon sentit qu’au loin des milliers de destins venaient de basculer.

    Le papillon n’avait rien dit.
    Rien suggéré.
    Rien imposé.

    L’homme avait choisi seul.

    Alors la voix résonna de nouveau :
    « Les faits Papillon… uniquement les faits… »

    Et soudain Léon comprit.
    Toute sa vie, il avait cherché les causes du mal dans les ailes des papillons alors qu’elles se trouvaient dans les décisions des hommes.

    Les guerres n’étaient pas déclenchées par le hasard.
    Les villes n’étaient pas détruites par des courants d’air.
    Les ruines avaient des auteurs.

    Les hommes choisissaient.
    Les hommes agissaient.
    Les hommes signaient.
    Puis ils invoquaient parfois la fatalité pour ne pas regarder leurs propres mains.

    Anéanti par cette révélation, Léon regagna la villa Chrysalide.
    Il voulait abandonner sa quête.
    Redevenir la chenille qu’il avait été avant de croire qu’il pouvait changer le monde.

    Avant de s’endormir, une seule pensée traversa son esprit :
    « Il n’est qu’un bonheur au monde, c’est l’amour ; tout le reste n’est rien. »

    Au cœur de la nuit, une lumière attira alors son regard.
    Au loin brillait la fenêtre d’une chambre d’enfant.
    Derrière la vitre, des dessins colorés recouvraient les murs. Des papillons de papier tournaient lentement au plafond.

    Sur un bureau reposait une feuille.
    L’enfant y avait dessiné un grand papillon aux ailes déployées.

    Sous le dessin, quelques mots maladroits étaient écrits :
    « Pour que le monde soit plus beau. »

    Léon demeura immobile.
    Il songea aux ruines.
    Aux guerres.
    Aux dirigeants.

    Puis il regarda l’enfant endormi.
    Et il comprit enfin.

    Les hommes n’étaient pas seulement capables de détruire.
    Ils étaient aussi capables d’aimer.

    Chaque génération recevait le monde en héritage.
    Et chaque génération choisissait ce qu’elle en ferait.

    Les plus grands changements ne naissent pas toujours des tempêtes.
    Ils commencent parfois par un rêve.

    Et quelque part, dans le silence de la nuit, un enfant rêvait d’un avenir meilleur.

    • Eleonore Gottlieb dit :

      oui ..chaque enfant rêve d’un monde meilleur, il grandira cet enfant il y croira très fort et jusqu’au bout de sa vie il verra battre en espérant les ailes des papillons

  12. 🐻 Luron’Ours dit :

    Monsieur Léon Papillon s’envole pour fendre les airs, à Maisons Alfort désormais ça le fait, fête de la musique,on onomatopéte, on vrombit, on casserole, on binioute, on zime boum boum, quand l’intrépidoptère sort de sa chrysalide, la chitine arti cuticule son tégument d’aréoles iridescentes. Cocardier le Léon… Vous voliez , eh bien dansez maintenant, mais craignez qu’on vous épingle entre Grand paon de nuit et Bombyx du mûrier…🐻

  13. CATHERINE M.S dit :

    Monsieur Léon Papillon
    Habite une belle maison
    Pas loin de chez Pétronille Chenille
    Très jolie fille
    Dans la même rue on peut croiser
    Astrid Chrysalide
    Tout aussi splendide
    Comme vous le voyez
    Monsieur Léon est fort bien entouré
    Il l’admet volontiers
    Et ne se fait pas prier
    Pour, tour à tour, les accompagner
    L’une tôt le matin
    Faire un tour au marché
    L’autre en soirée
    A la fête des voisins
    Où il peut faire montre
    D’une certaine afféterie
    Pour épater la galerie
    Monsieur Léon apprécie les flatteries
    Mais les demoiselles ne sont pas dupes
    Et savent à qui elles ont affaire
    Même en mini crop-top et mini jupe
    Elles ne tolèrent que les bonnes manières
    Font preuve de caractère
    Et peuvent vite se mettre en colère
    Si nécessaire
    C’est d’ailleurs ce qui est arrivé
    Après des gestes déplacés
    Et une attitude inappropriée
    Astrid et Pétronille
    Ne s’en sont pas laissées conter
    Et l’ont vertement tancé
    C’est ainsi qu’un beau jour
    Monsieur Papillon a bel et bien déserté
    Et s’est envolé pour toujours !

  14. Alain Granger dit :

    Monsieur Léon Pavillon demeurait en villa.
    – Tu vis là ? questionna Dragan Caravane.
    – Oui, c’est ma maison d’architecte.
    – Une belle maisonnette, ma foi.
    – C’est bien sûr une maison honnête.
    – Mais je n’en ai jamais douté. Tu entends mal du pavillon ? demanda le tsigane.
    – Non..et toi, tu es en roulotte ?
    – Arrête ton car à vannes. C’est fini tout ça. y’a longtemps qu’on est sédentaires.
    – Excédentaires, ça c’est certain. Ha ! Ha ! Ha ! … Alors, tu habites un bidonville.
    – Non, pourquoi ? j’ai quitté un appartement en cité HLM pour accéder à la propriété dans un lotissement coquet. Maison mitoyenne et petit jardinet.
    – Les voisins n’ont plus qu’à garer leurs poules.
    – Quoi ?
    – Non, rien. Je me parlais à moi-même. Donc c’est là que tu as été mis en demeure de rester à résidence ?
    – Mais qu’est-ce que tu me racontes ? T’es un peu con, tu sais.
    – Quant à moi, je suis ici en villégiature. Je possède un manoir dans un domaine du côté de Versailles, un petit hôtel particulier dans le 16ème, un cottage dans le Sussex et un chalet avec mon ex.
    – Celle avec qui tu fus sexe ?
    – Ha ! Ha ! Ha ! en effet, c’était une chaude. Un peu trop peut-être. Elle m’a fait cocu dans notre longère normande et au divorce, elle m’a piqué ma bastide provençale. La garce ! Ah, c’était autre chose du temps des colonies.
    – Ah oui, t’as bossé en Afrique ?
    – Je veux mon neveu. 3 ans au Sénégal, 6 ans dans le Sahara. A cette époque, les autochtones se contentaient de peu. une tente, une hutte ou une case. Un peu de boue et de paille et ça faisait l’affaire.
    – Des cases Bambara ou Diolas ?
    – Qu’est-ce que j’en sais, moi. Des cases pour sauvages, quoi !
    – Ce n’est pas pareil du tout. Les cases Baramba étaient petites, circulaires et sans fenêtre alors que les cases Diolas comprenaient un étage pour stocker les grains, un toit pentu et des fondations surélevés pour la mousson.
    – Tu en sais des choses pour un simple couvreur. Bon, c’est pas tout ça. fFaudrait que tu te remettes au boulot. C’est pas parce qu’on a fait le service militaire ensemble que je vais te payer à rien faire.

  15. ourcqs dit :

    Monsieur Léon Papillon demeure villa
    « chrysalide », il peut s’envole à bord de son lépidoptère pour s’évader, aller voir ailleurs, les élytres transparentes de sa demeure révélaient un autre monde . À bord de son Machaon 2000, il décolla, curieux, ravi de pouvoir découvrir d’autres sensations .. Il survola d’abord des coléoptères besogneux qui labouraient la terre, lentement, pénibles conditions , pensa-t-il, ne sont même pas éblouis par ses couleurs chatoyantes au soleil, disons ,éblouissantes !! Libellules gracieuses, légères, quelques bourdons bruyants sur des champs de fleurs, journée riche en rencontres .. mais la nuit arriva , nouvelles découvertes sans effets de lumière, ses propres couleurs pâlissaient, ses ailes avaient du mal à réagir. Les sphynx le frôlaient en silence, sombre ambiance aux odeurs inconnues, sons à peine perceptibles. IL percevait des présences invisibles, angoisse totale, frissonnant, il tomba lentement . La chrysalide, vide depuis l’aube, commençait à s’impatienter
    On ne sut jamais si Léon rentra .

  16. iris79 dit :

    Monsieur Léon Papillon demeure villa
    « chrysalide », parfois il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère pour…
    aller batifoler dans la cour de récré tout près d’ici. Il sait que les enfants l’adorent et qu’ils ne se lassent pas de courir après lui ! Là où les adultes l’ignorent, le voient pour certains, s’émeuvent où s’enthousiasment de sa présence pour d’autres, les enfants eux, crient leur joie. Léon adore aller se poser sur le chapeau de Mila ou virevolter autour de Paul et Théo qui font la course à vélo. Mais c’est toujours Léon qui gagne ! Quand les enfants le voient, ils lâchent aussitôt les guidons, émerveillés par ce vol gracile, coloré et magique. Ils s’exclament « ah regarde maitresse ! t’as vu le joli papillon, comment il s’appelle celui-là ? La maitresse répond ; « celui-ci c’est citron » ou un autre jour, « Machaon » mais aujourd’hui, c’est « Léon ». « Léon, Léon, Léon » ! répètent les petits en reprenant leur course frénétique. Et Léon adore les suivre sur le chemin de la cantine. Parfois il ramène des amis, la piéride du chou et le vulcain, et là, c’est la folie ! Ils tourbillonnent autour des robes fleuries des petites filles qui voudraient les attraper, ils dansent et virevoltent au-dessus des bancs. Les petites mains s’élancent pour les attraper mais les papillons sont bien plus malins !
    Quand la cloche sonne, ils regardent s’éloigner leurs petits amis et Léon, seul ou avec ses amis, ne manque jamais d’aller faire un tour sur le terrain d’en face où les plus belles fleurs de saison leur déroulent leurs plus beaux pétales pour qu’ils s’y s’installent.
    Cela lui remplit toujours ses après-midis à ce brave Léon. Et quand enfin il rentre à sa villa et qu’il aperçoit tous ces doubles de peinture accrochés derrière la baie vitrée de la classe ou des petits doigts pointés continuent de lui dire bonjour, il est heureux d’avoir élu domicile dans ce petit quartier bien tranquille.

  17. Nicolas Thébault dit :

    Mais non ! Entre insectes aussi on se déteste ! Quelle déception 😆

  18. Nicolas Thébault dit :

    Entre2lettres – 812 – papillon

    Monsieur Léon Papillon demeure “villa chrysalide”. Parfois il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère.

    Il choisit ses visites. Pas au hasard. Il le sait, lui, quand quelqu’un a besoin. Ce matin, c’est une vieille femme dans son jardin, les mains dans la terre, qui ne pleure plus depuis longtemps mais qui a cessé de chanter.

    Léon se pose sur le bord de sa manche. Elle ne le voit pas tout de suite. Puis elle lève les yeux.
    Il déploie ses couleurs, ocre, or, un bleu qu’on ne nomme pas. Et quelque chose remonte. Pas un souvenir précis. Plutôt une présence. L’odeur d’une cuisine un dimanche. Une voix grave qui appelait de loin.

    Elle reste immobile, la main suspendue, comme si bouger allait rompre le fil. Léon ne murmure rien. Il n’a pas besoin. Sa danse dit l’essentiel : ce qui a été aimé ne disparaît pas tout à fait.

    Il repart avant qu’elle pense à le remercier.

    De retour villa Chrysalide, il pose ses ailes. Il est fatigué, ce soir, plus que d’habitude. Certaines visites pèsent davantage. Il ne sait pas toujours s’il a bien fait. Si c’était le bon moment. Si rouvrir une blessure, même doucement, aide vraiment.

    Il attend. Demain, peut-être, quelqu’un d’autre.

  19. Béatrice PRIQUEL dit :

    Dans la rue Martin Luther King en mutation, Monsieur Léon Papillon demeure villa « chrysalide ». Les travaux y vont bon train, la gendarmerie a disparue et derrière, les logements des gendarmes sont à demi éclatés. On devine sur les murs, les traces des anciennes dalles. Un pan de tapisserie pend lamentablement, témoignage du goût de son ancien propriétaire.
    Parfois monsieur Léon Papillon s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère, vêtu d’un costume noir et de son éternel nœud papillon coloré d’orange, jaune et blanc, pour déguster les inévitables surprises de sa promenade du jour.
    Cet être fasciné par la nature humaine et profondément humaniste, attire par sa prestance des situations qui le ravissent, comme un aimant. Son regard, tel un filet, à la fois séducteur et joueur interpelle les passants qui prennent leur temps et vivent à son rythme.
    Mardi dernier, en direction de la grande place de la révolution, il passe comme d’habitude devant le bâtiment de la croix rouge et se pose, ses deux ailes bien alignées, sur le banc situé en face. Il raffole de cet endroit, il y passe une concentration d’êtres déconnectés, ceux qu’il choisit de croquer comme les bonbons acidulés des colliers de son enfance.
    L’allure instable ou délicate, la nonchalance ou la raideur, la mine désabusée ou évaporée, tout l’intrigue. Il y voit des mutants, des personnes qui ont une perception élargie et qui par conséquent peuvent voir une réalité que les gens ordinaires ne peuvent pas encore voir. Pour une partie d’entre eux, ils ont eu une ouverture spontanée des sens, ils voient autre chose et ne peuvent plus supporter le moule extérieur, ou se satisfaire d’obéir à des ordres absurdes. C’est ceux là qu’il cherche.
    Dans le bâtiment devant lui, toutes sortes d’individus rentrent et sortent. D’autres passent sans voir, tout concentrés qu’ils sont à suivre leur but en oubliant le chemin.
    Pourtant Léon le sait bien, l’apprentissage est sur le chemin.
    Justement, aujourd’hui, un homme traverse l’avenue tout droit et vient s’appuyer à son banc, il tire une taffe comme il dit, de sa propre création.
    Léon, curieux, lui demande quelle est la recette de son mélange.
    L’homme prend le temps d’apprécier quelques taffes et lui répond : la mixture ? c’est celle d’hier, et j’ai ajouté un peu de sauge, elle fait vivre l’esprit.
    Léon observe l’homme. Il est dégingandé et souriant. Il a repéré le manège de Léon depuis quelque temps et il s’est décidé à le questionner.
    L’homme : « Alors comme ça, on enquête ? vous travaillez seul ? »
    Léon surpris : « Vous me flattez ! J’observe la vie où elle grouille, là où les graines nouvelles ont le potentiel pour germer ! »
    L’homme : « Vous gagnez un point. Fumer, c’est remonter aux sources, à l’origine, afin de mieux renaître dans la sagesse et le savoir. Vous fumez ? »
    Léon : « Pas du tout, ça ne me dit rien. »
    L’homme : « Vous ratez quelque chose ! Imaginez-vous, affalé dans un canapé, la fumée vous enveloppe, vous esprit est aspiré, votre regard suit les formes et le mouvement vous emmène avec lui dans une sorte de danse. L’esprit se met sur pause. Et là, une idée impromptue traverse votre esprit. Vous ne savez rien d’elle, elle est apparue toute seule. Vous n’avez rien demandé. Si, juste une réponse à « pourquoi cette habitude d’observer ? »
    Votre esprit devient aiguisé, il ne voit plus la carapace, il voit dedans. Dedans ça chauffe, ça transpire, vous ne voyez que les quelques gouttes de sueur qui traverse la barrière de votre peau. Mais cette sueur est clairvoyante, elle vous montre ce qui va arriver si vous ne changez rien. Vous vous voyez alors avec une canne sur ce même banc, la barbe blanche de plusieurs mois recouvre votre nœud papillon, votre sourire béat a disparu pour laisser place à une tristesse infinie. Réveillez-vous, bon Dieu, vivez-la, votre vie, au lieu d’observer celles des autres. »
    L’homme se tût et leva les yeux au ciel comme une prière. Il savait que lui aussi était concerné par cette non-action, en direction de la voie à laquelle il aspirait.
    Léon le regarda sans ciller longtemps. Puis lentement, il se leva. Il tendit sa main à l’homme et ils se serrèrent la main.
    Léon lui dit :« A bientôt, rue de la Scie ! »
    Un pas dans une autre direction ?

  20. Nicolas Thébault dit :

    Mais oui ? De si gracieuces créatures, elles aussi, pourraient nourrir des sentiments négatifs les unes envers les autres ? Quelle déception 😆

  21. Nadine de BERNARDY dit :

    Léon Papillon,vénérable Monarque, était en deuil.
    Roméo,l’amour de sa vie, venait de mourir paisiblement près de lui, à l’âge de 23 jours, un record, sachant que les Papilio rumanzoira, famille à laquelle Roméo appartenait, avaient une espérance de vie de deux à trois semaines.
    Ils s’étaient rencontré au Symposium International des Papillons. Encore très jeune, Roméo venait d’Amérique de Sud dans toute la splendeur de ses couleurs insensées.
    Coup de foudre immédiat. Ignorant leurs congénères, ils n’avaient d’yeux que pour l’autre.
    Ils repartirent chez Léon dans son lépidoptère. Sachant que leur amour serait éphémère, ils le vécurent avec une intensité folle.
    Et voilà que Papillon pleurait l’amour de sa vie qui venait de mourir paisiblement à ses côtés cette nuit là.
    Selon les voeux de Roméo, il fut incinéré au milieu de ses amis voletant tristement autour de sa dépouille, pendant qu’un orchestre de coccinelles jouait la Marche Funèbre.
    Ses cendres furent versées dans un dé à coudre, portées pieusement par Léon dans son lépidoptère pour être dispersées sur le sol natal du défunt.
    Un long voyage qui lui permettrait de vivre encore un moment seul aux côtés de celui qui resterait son seul et unique compagnon, son amour céleste.

  22. Ariane ADAM dit :

    Si votre ciel n’est plus jamais bleu, si les mots sont devenus menaces, si les regards sont devenus hostiles, si le temps s’étire douloureusement d’ennui, si votre pas pesant alourdit encore celui de demain, appelez-moi : Léon Papillon, villa Chrysalide, je vous emporterai sur mon lépidoptère.
    Vous me trouverez en soulevant un coin de votre voile de détresse.
    Je vous emmènerai frémir sur le sentier des parfums enivrants de l’aubépine, du tilleul, de l’acacia.
    Je vous emmènerai tutoyer jusqu’au vertige la cime de l’aulne et du peuplier.
    Vous rirez de l’arrogance de la pie effrontée, de la fébrilité de la mésange querelleuse. Dans l’envol majestueux du rapace élégant vous trouverez l’écho de votre espoir renaissant.
    La brume montant de la rivière vous surprendra dans son nuage de fraîcheur irisée.
    Sur le talus herbeux, vous frissonnerez à nouveau sous la caresse du coquelicot froissé.
    Vous cueillerez les couleurs, vous boirez les sons, vous embrasserez les lumières.
    Et dans une ultime virevolte vous lâcherez votre cape de solitude, d’incertitude et d’angoisse.
    Rappelez-vous : Léon Papillon, villa Chrysalide…c’est gratuit.

    • Nicolas Thébault dit :

      Voile de tristesse, cape de solitude … Envolés d’un battement d’ailes. Très belle évocation poétique. Merci 🙏

  23. Nouvhka dit :

    Je m’appelle Léon Papillon et parfois, je m’envole à bord de mon lépidoptère, au-delà de la villa Chrysalide, mon repère.
    Je fais halte sur une branche haute de mimosas. Le soleil de cet après-midi décline doucement. Le vent des jours passés s’est apaisé et il est bon se laisser bercer sur cet arbre souple, dans le parfum enivrant des fleurs jaunes. Le soleil est bien agréable après les jours de tempête et de pluie du début de semaine.
    Je déploie un peu mes ailes pour profiter de cette douceur. J’observe cependant les abords afin de n’être pas surpris par quelque chat grassouillet mais néanmoins chasseur occasionnel.
    La ville alentour est assez calme à cette heure. Les maisons basses attendent leurs occupants.
    Et si j’allais au bord du golfe respirer l’air du large ?
    Je me penche légèrement et prend mon envol. Plein sud vers le port.
    Le boulevard traversé est plus animé ; les voitures avancent en rythme ; celui des feux de circulation. Je m’arrête un instant sur le dessus d’un grand panneau publicitaire afin d’observer une voiture rouge bruyante, éclairée d’une lumière bleu qui tourne sur elle-même.
    Un grand bus traverse le carrefour. Je décide de le suivre en passant au-dessus des lignes électriques qui surplombent la rue.
    Arrivée dans la vieille ville, je ralentis et regarde les promeneurs au-dessous. Seuls les groupes d’adolescents gesticulent et parlent bruyamment. Les touristes font quelques pas puis s’arrêtent pour observer ou photographier les maisons à colombages et à pan de bois. Le gentilé, de son côté, se déplace plus rapidement vers quelques lieux où il est attendu.
    Je prends de l’altitude et m’approche de la façade de la cathédrale. J’aime voir ce que les autres en bas ne peuvent voir. Ici, ce sont les statues, les ombres portées sur les murs de pierre sculptés. Je me laisse dériver sous le vent en abordant les remparts. En bas, dans la terre humide au pied des grands murs, je devrais observer quelques papillons ou libellules sur la rivière. Non, je poursuis mon vol vers le port. Ah, il y a des oiseaux marins mouettes et goélands principalement. Je les tiens à distance de crainte qu’ils ne me gobent…
    Ce qu’il fait doux ! Je continuerais bien ma course. Pourtant, le spectacle des bateaux dont les haubans cliquettent sous le vent sont des perchoirs privilégiés pour observer le ballet des mulets et le scintillement de l’eau.
    Hum, c’est grisant de rester là-haut, les ailes entrouvertes et de crier à tue-tête. Bon, je sais, mon ramage n’est pas le plus beau de la côte… Mais, c’est l’expression du bien-être. Peut-être quelque autre volatile trouvera-t-il plaisir à se joindre au concert. De leur côté, j’ai noté que les humains sont assez sensibles à leurs cris. Pour la plupart d’entre eux, ces « rires »
    représentent le grand air, la mer, la liberté. Autant leur offrir ce qui les mettra dans de bonnes dispositions.
    Aller, je repars vers le large ; grand virage sur « l’aile » direction sud-ouest. Passage au dessus de Port Anna, dépassement de la vedette qui se rend vers les îles. Elle est presque vide. Dommage ; j’obtiens parfois des chants de marins revigorants.
    Je profite de cette traversée pour faire quelques rase-mottes, quelques boucles et chandelles. Oh, oui ! Un piqué sur un banc de lançons ! Ah, j’y retourne mais il ne m’a pas attendu…
    Je survole le port de l’île d’Ars puis me dirige vers l’entrée du golfe. Après une halte sur une plate amarrée, je descends me baigner un moment. Le fond de la crique propose des anfractuosités entre les rochers, idéales de s’y blottir pendant la nuit.
    La lumière du soir vire aux teintes rose-orangées. Le vent fraichit. Il serait bon que je trouve un abri. Un tonneau, une vrille, un retournement et je plane balancé par le vent marin. Aller, je retourne vers les rochers; je dormirai très bien entre leurs failles.
    Le vent soulève légèrement mes écailles microscopiques. Le ressac berce le décor de sa mélodie régulière. J’entends à distance le moteur d’un bateau qui rentre du large.
    Que c’est bon la vie ici…

  24. camomille dit :

    Monsieur Léon Papillon demeure villa
    « chrysalide », parfois il s’envole de chez lui à bord de son lépidoptère pour prendre un peu l’air.
    Mais aujourd’hui, son lépidoptère qui est bien vieux, cale en plein vol.
    Monsieur Léon, pris au dépourvu, n’a pas le temps d’ouvrir ses ailes et il se fracasse sur un cactus.
    Un comble !
    Le cactus, surpris, s’écrie : « Aïe ! »
    Et c’est là que l’auteur s’énerve :
    – Mais voyons… ce n’est pas au cactus de crier « Aïe », c’est Monsieur Léon qui se pique Non ?
    – Oui Monsieur, mais Monsieur Léon il est tétanisé par la trouille, alors moi, j’ai crié pour lui… histoire de meubler.
    – Mais cesse de prendre des initiatives Cactus, parce que moi, dans ces conditions, je ne vais pas y arriver.
    Ah ! Je n’aurais jamais du accepter cette commande absurde du journal « Perrat’news ».
    Mais c’est fait, alors s’il vous plaît : que chacun reprenne sa place et on se concentre.
    Monsieur Léon, lorsque vous chuterez sur Cactus, s’il vous plaît, criez clairement et franchement « Aïe » afin que cette histoire reste crédible.

  25. 🐁Souris verte dit :

    Monsieur Léon Papillon, superbe Paon du jour demeure villa , aujourd’hui il a rencart avec Livrée désuète une gourgandine toute en demi-teinte. C’est qu’elle sait y faire la coquine et Léon l’avait soulevée de haute lutte au Grand monarque. Il s’ envole de chez lui à bord de son lépidoptère pour folâtrer de roses en hortensias avant son rendez-vous. Son lépidoptère est une parade, une sorte de masque à mouches. Il les déteste. C’est qu’on ne s’imagine pas quand on admire en jardin tout ce qui se passe sur terre, dessous et ne croyez pas que l’air qu’on y respire soit pur ! Il est chargé de l’électricité de tous les mouvements de toutes les petites animosités des êtres vivants fleurs comme insectes.
    Et maintenant je vous quitte je vais arroser mes lauriers roses pendant qu’il fait frais.🐁

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