Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
« Bonjour Monsieur, je viens porter plainte p… ».
– « Pour quel motif ? »
– « Toutes mes ambitions ont disparu p… »
– « Vos ambitions politiques peut-être ? » ricana le brigadier
– « Mais non… » balbutia le dépouillé
– « J’ai reçu la plainte d’un certain J.François C…, résident de Meaux. Pas l’Aigle de Meaux celui-là, je vous prie de me croire »
– « Non, c’est une plaine pour … »
– « Des ambitions sportives ? » alors ironisa le pandore
– « J’ai reçu une plainte d’un certain JPP qui accusait je ne sais plus quel sélectionneur de l’avoir oublié dans une liste »
– « Des ambitions artistiques alors ? Cela me fait penser à un certain HH qui ne les a jamais retrouvées et qui est parti furieux, en jurant que l’Europe allait le payer »
– « Mais non » bredouilla le plaignant
– « Des ambitions financières ? Cela me fait penser à une certaine… »
– « Non, je crois que je vais finalement plutôt faire une déclaration de perte
– « Très bien. Qu’avez vous perdu ? » questionna l’agent
– « Mes illusions » répondit la victime
– « Vos illusions ? Lesquelles ? »
– « Celles que j’avais sur la société, l’homme, les femmes, l’argent, la littérature, la maréchaussée et mes propres ambitions »
– « Quel est votre nom ? »
– « Honoré de Balzac »
Un certain AH
Ah ! Mes belles ambitions !
Un moment d’inattention, une absence impromptue de ma part, cela a suffi à déclencher leur fuite en avant.
Et puis ce dépôt de plainte à la gendarmerie qui n’a encore rien donné.
Je suis si triste et en colère, à l’idée de ne plus les revoir ces ambitions.
Oh ! Elles n’étaient pas nombreuses, elles n’étaient que trois.
La première c’est celle de vouloir voler dans l’espace. Avec mes propres moyens, sans l’aide de personne et sans appareil particulier. Et aller le plus loin possible pour visiter un maximum de planètes et d’étoiles.
Les deux autres ambitions ont trait à la course.
Mon premier désir le plus fort est de courir le cent mètres, en moins de dix secondes.
L’autre ambition c’est de pouvoir courir le marathon en deux heures treize minutes et trente trois secondes.
Pour y parvenir, pour que ces ambitions se réalisent j’ai bossé dur jusqu’à présent. Vous pouvez me croire.
Jour et nuit, d’arrache pied, de véritables travaux d’Hercule. Maintenant elles se sont misérablement éloignées de moi.
Pour quelle raison ?
Peut-être s’agit-il de puissances ou des entités étrangères qui m’en veulent, jalousant fortement ces ambitions. Et qu’elles se sont efforcées de me dérober, avec une grande discrétion.
À cela s’ajoute l’enquête de la gendarmerie qui piètine en ce moment, ne semblant pas vraiment aboutir.
Oui, oui, ils me l’ont dit qu’une enquête allait être menée, avec la plus grande attention, pour remettre la main le plus vite possible sur mes inoubliables et indispensables ambitions.
Pour l’instant, ça traîne, ça traîne.
Alors « bon sang de bonsoir » que font-ils les enquêteurs de la gendarmerie pour ma pomme ?
Pour quelle raison je n’ai pas encore reçu une bonne nouvelle, sur l’éventualité d’un retour de mes ambitions envolées.
Alors, voyant cette drôle de situation, j’ai véritablement le désir de m’en créer d’autres.
Je ne vous l’ai pas dit.
Je suis une femme jeune et belle, et ce matin en me maquillant je me suis dit, et si je devenais une Générale de gendarmerie. Pour ́leur montrer à ces gendarmes de quel bois je me chauffe moi.
Pour que je sois bientôt une belle et jeune Générale, avec plusieurs étoiles sur un képi trop petit pour ma tête.
Et lui mon copain, comme il serait content et fier de me voir radieuse dans cet accoutrement.
Tiens, tiens, que fait-il celui-là dans les parages. Cela fait une éternité qu’il manque de la maison.
Lui aussi il y a quelques semaines il a également disparu et le voilà sans qu’il me prévienne, de retour au bercail.
Oui c’est mon beau chat blanc cassis adoré, qui revient. Oh ! Que je suis heureuse de le revoir !
– Quoi tu es parti quelques jours en vacances. Tout seul comme un grand.
En plus sur des plages du Brésil, où tu as fait la rencontre de plusieurs copines.
Quel toupet tu as toi !
Allez sois le bienvenu !
Vite j’appelle mon copain. À cette heure-ci le bougre il est encore au travail.
Oh ! Le chat qui me fait un clin d’œil !
– Quoi, tu souhaites que pour ta présence nous tuons le veau gras !
Il les avait pourtant rangées dans un coffre. Pas un coffre-fort, il aurait eu peur de perdre la clé ou d’oublier la combinaison. Un coffre ancien, patiné par le temps, sculpté par un ébéniste amoureux du bois, un coffre qui venait de chez ses grands-parents.
Ce jour là, quand il est rentré déjeuner, le coffre était ouvert et son bien le plus précieux avait disparu.
– Oui, monsieur le commissaire, disparu, volatilisé
– Vous en aviez fait une copie par sécurité
– Oh non, pas de double, pas de copie ; je suis désespéré
– Et que contenait donc cette enveloppe que vous me dites avoir cachetée avec de la cire ?
– Mes ambitions de vie, toutes mes valeureuses ambitions
– Hum, je vois et vous y teniez à vos ambitions ?
– Comme à la prunelle de mes yeux
– Si je peux me permettre cette question, pourquoi avoir caché vos ambitions ?
– Précisément pour éviter qu’on ne me les vole
– Oui, bien sûr, c’est logique. Et en avez-vous réalisé certaines ?
– Oh non, surtout pas. Il fallait les laisser prendre racine, grandir, s’épanouir comme un arbre en pépinière. Le temps de la transplantation n’était pas encore venu
– Bien, je vais enregistrer votre dépôt de plainte : nom, prénom, âge
– Lecoq Lucien, 74 ans
Bien malgré lui, le commissaire fait une grimace « elles devaient sentir le moisi ses ambitions ».
– Cela fait un moment que nos caméras vous surveillent.
– Qu’est-ce que c’est cette histoire-là ? Vous m’espionnez ?
– Oui et non, c’est la loi. Nous devons veiller à la qualité de nos résidents.
– D’où sortez-vous cette loi ?
– Vous voyez, encore une erreur de votre part, vous devriez être connecté sur le site de la ville pour être au courant de toutes les informations mises à jour régulièrement.
– Vous plaisantez ?
– J’ai l’air de plaisanter ? Justement, nous allions vous contacter parce que vous avez un trop gros déficit d’ambitions.
– Attendez ! Je viens vous voir parce que mes ambitions ont disparu et vous me retournez le problème. J’hallucine !
– Elles n’ont pas disparu, nous les avons annulées.
– Annulées ?
– Oui, elles n’étaient pas assez efficientes. Trop banales par rapport au niveau que nous souhaitons pour la ville.
Abasourdi, il rentre chez lui et s’affale sur un fauteuil pour réfléchir. Une seule solution lui apparaît : « Je pars vers la liberté », pense-t-il.
Il reste médusé lorsque la porte s’ouvre toute seule, annonçant : « Bonne décision. Vous n’êtes pas apte à rester ici ».
C’est si violent qu’il se demande s’il ne devrait justement pas rester pour lutter contre cette dictature. Il décide de poursuivre son choix. Au moment où, valise en main, il franchit le pas de la porte, à nouveau :
– « Liberté » : interdit. Reformulez vos ambitions.
Une personne a porté plainte à la gendarmerie. Toutes ses ambitions ont disparu pendant une absence. De fait, le temps d’une sieste, elle avait remisé ses ambitions au placard, et quand, elle s’est réveillée, elles n’étaient plus là… Bien sûr, il s’agissait d’ambitions présidentielles et ce n’est pas une souris de ministère qui avait pu l’avaler : tout le monde ne peut pas avoir un nom qui rappelle le fromage… Alors ? Le policier enregistra sa déclaration, la personne en question ayant soin de préciser que c’était une déclaration de candidature, ce à quoi l’agent répondit que c’était délicat parce que dans ce cas, il lui fallait 500 signatures d’élus pour que cette déclaration soit recevable… La personne, décida donc de jeter l’éponge plutôt que de se jeter dans le bain…
– Comment étaient-elles vos ambitions?
– Oh! Elles étaient belles, très belles et puis grandes! Grandioses même!
– On pourrait dire démesurées?
– Si vous voulez…
– Quand les aviez-vous vues pour la dernière fois?
– Heu… Je ne sais plus trop… Maintenant que vous m’y faites penser… Un certain temps quand même.
– Vous en aviez parlé à quelqu’un?
– Non! Je les gardais pour moi, bien secrètes, par pudeur. J’attendais de les réaliser pour les révéler.
En attendant, je les caressais, les cajolais, les chérissais. Au début, très souvent et puis de moins en moins. Je les gardais bien au chaud dans un coin de ma mémoire.
– Elles ont disparu alors que vous étiez absente me dites-vous?
– Oui, j’avais des rendez-vous et ensuite, il y a eu des rencontres fortuites qui m’ont accaparée.
– Avec qui, avec quoi par exemple?
– La routine, le confort, les habitudes, les déceptions, les aléas de la vie. Mon absence s’est prolongée. Bien sûr, je continuais à penser à elles… de temps en temps…
– Elle a duré combien de temps votre absence?
– Toute une vie Monsieur. J’ai un peu honte. Un jour , je me suis retournée… Elles avaient disparu.
– Sans laisser de trace?
– A leur place, je n’ai trouvé que des regrets inutiles.
AbsentE bien sûr!
Et retour à la ligne après « me dites- vous »
Ce matin-là, je suis allé porter plainte à la gendarmerie. Oui, porter plainte. J’aurais aimé la déposer, mais il n’y avait pas de comptoir prévu pour ça. Alors je l’ai portée, comme on porte un sac, ou un secret un peu lourd.
— Motif de la plainte ?
— Eh bien… on m’a volé mon ambition de chercher du travail.
Le gendarme m’a regardé comme si j’avais perdu quelque chose d’encore plus grave que mes ambitions : mon bon sens.
Je lui ai expliqué :
— Voyez-vous, j’étais parti quelques jours pour chercher mes œufs de Pâques chez Tatie Huguette. Mais en rentrant… plus rien ! Mes ambitions envolées ! Plus une seule ! Même pas une petite ambition de rien du tout, genre “reprendre la marche à pied pour rejoindre Compostelle” (c’est très tendance en ce moment). Non, tout avait disparu, pouf, volatilisé !
Le gendarme a pris des notes. Enfin… il a fait semblant. On sentait que son stylo hésitait entre l’encre et la fuite.
— Avez-vous des suspects ?
— Ah oui ! Beaucoup !
— Ah ?
— Oui ! Mes amis, ma famille, mes collègues… tout le monde me trouve “trop ambitieux”. Alors vous pensez bien que si mes ambitions disparaissent, ça peut venir de n’importe qui !
— Ah. Et vous l’aviez sur vous la dernière fois ?
— Sur moi, non… c’était plutôt dans un coin de ma tête, à gauche. Enfin je crois.
Le gendarme a noté :
« Victime déplore disparition d’ambition située approximativement à gauche du cerveau. »
Je lui ai dit :
— Faites attention, hein. Pas confondre : j’ai encore l’ambition de ne pas travailler, elle, elle va très bien.
Il a levé les yeux au ciel — sûrement pour vérifier si elle n’était pas accrochée là-haut, comme une guirlande oubliée.
— Et comment était-elle, cette ambition ?
— Très motivée. Presque trop. Elle me poussait à faire des CV, à regarder les offres d’emploi… Une ambition sportive, quoi.
— Sportive ?
— Oui ! Elle faisait déjà des pompes à ma place. J’ai jamais compris pourquoi elle transpirait à l’intérieur de ma tête.
Le gendarme a hoché la tête comme quelqu’un qui va perdre sa poker face.
— Avez-vous essayé de traverser la rue Fourien ?
— Ah non, suis pas maso. Y’a un gars en costard qui a dit que le boulot pourrait surgir, d’un coup.
— Et ?
— J’ai même regarder sous mon lit, et mon oreiller.
— Auriez-vous d’autres idées peut-être ?
— Oui, mais elles dorment. Elles détestent quand je les bouscule.
Le condé m’a conseillé d’afficher une petite annonce :
« PERDU : ambition de chercher du travail. Récompense : une promesse de CV. »
J’ai trouvé ça malin. J’ai même envisagé d’appeler France Travail, mais je me suis dit qu’ils risquaient de m’envoyer… du travail. Enfin s’ils sont motivés car ils remplissent surtout des papiers.
En sortant, du bistrot, (oui, j’ai pensé qu’un p’tit jaune pourrait m’aider à retrouver mes ambitions), j’ai croisé un voisin qui m’a dit :
— T’as encore perdu ton ambition pour le boulot ?
— Oui, mais c’est pas grave. J’ai retrouvé autre chose.
— Ah oui ?
— Oui. Grâce à quelques petits jaunes, j’ai retrouvé l’envie de « remettre ça à plus tard. »
Et tu sais quoi ?
Elle, au moins… elle ne me quitte jamais.
PS/ Joyeuses Pâques à toute la Team Pascal Perrat.
Mais où sont donc passées mes ambitions ?
J’en avais plein la maison !
De la cave jusqu’au grenier,
Je les avais pourtant bien rangées
Monsieur le Gendarme, s’il vous plaît, écrivez
Que pendant une absence, on me les a volées
Et je vais sur-le-champ vous les énumérer.
Tout d’abord, je serais partout le premier
Premier de la classe, cela va sans dire
Et toujours en point de mire
Premier sur le podium, évidemment
En courant, en sautant, en nageant
Puis j’aurais un super métier
Avec plein de responsabilités
Je serais le boss, n’est-ce pas le plus important
De pouvoir commander à des tas de gens !
Je voudrais aussi être élu conseiller
Départemental, régional, puis député
Je serais aussi le plus cultivé, le plus raffiné
Hélas, on m’a tout pris
Sans mes ambitions, que sera ma vie ?
Alors le gendarme me répondit :
Vous ne les retrouverez pas,
Oubliez tout ce fatras !
Pas à pas construisez votre vie
Les ambitieux ne sont pas les mieux lotis.
Perplexe, j’ai quitté la gendarmerie
Le temps a passé doucement
Où sont à présent mes ambitions perdues ?
De toute manière, je n’en veux plus !
Je trace ma vie paisiblement
Et c’est bien mieux ainsi !
Ah j’aime beaucoup, et la chute me plaît.
Une femme a porté plainte
A la gendarmerie
Pour un « drôle » de souci
Façon de parler
Car, quand je l’ai croisée
En haut de l’escalier
Elle avait plutôt l’air hébétée
Pas coiffée, mal attifée
La mine chiffonnée
Pas solide sur ses deux pieds
Inquiète et intriguée
Je l’ai solidement arrimée
A mon bras
Jusqu’au bureau numéro trois
Et là, j’ai entendu
– Bonjour Mme, qu’avez-vous perdu ?
Tout à trac elle a répondu
– Mes illusions
– Pardon ?
– Mes illusions, Mr le gendarme
A-t-elle réitéré en versant quelques larmes
– Ah ! Vous aussi, mais ce n’est pas ici
Lui répondit-il en soulevant son képi
Et en faisant la moue
– Sachez que vous devez prendre rendez-vous
Car pour les pertes d’illusions
Vous êtes légion
Ça se compte en millions
Les délais sont très longs
A moins que vous n’acceptiez…
– Quoi donc ?
– De signer ce document
« Pacte de désenchantement »
Elle a accepté, paraphé
Et nous sommes allées fêter son renoncement
Sur-le-champ
Dans un très bon restaurant !
C’est elle qui m’a invitée
Vous le croyez ?
Je viens de m’apercevoir que j’avais lu « illusions » au lieu de « ambitions » … désolée pour ce pas de côté !
Bien sympathique cette fable.Et en plus avec des rimes de fin de phrases. Bravo.
Je suis à la gendarmerie pour porter plainte : toutes mes ambitions ont disparu pendant une absence.
Un placide brigadier prend ma plainte. Moi je fulmine. Il me dit : « Du calme du calme ». Je fulmine encore plus.
Il se gratte le menton, me regarde avec des yeux de bovins à l’abattoir. Moi je lui enjoins de se bouger les fesses sinon je le dégrade à la cave. Tous des incapables !
Il disparaît en me disant je vais voir mon chef.
J’ai le cerveau à mille à l’heure. Ça fume, ça fume dans ma tête. Comme avant, non pire qu’avant le vol.
Le commandant arrive avec une infusion tilleul camomille. « Vous inquiétez pas. On va bien s’occuper de vous. Buvez » .
L’ambulance, le gyrophare et quatre hommes en blanc débarquent dans le commissariat.
« Allez pas d’histoire. On va bien s’occuper de vous. Suivez nous »
Effet tilleul camomille, aggravé par le fait que c’était une grande première, j’ai la tête et les jambes en grande mollesse. Je les suis.
Il paraît que j’ai fait une ODPA. Traduction pour les ignares : Overdose de Projets et Ambitions.
Tilleul camomille toutes les heures et envoi en zone blanche pour au moins trois semaines. Le temps du sevrage.
Effet garanti : je pisse je dors, je pisse je dors, je pisse je dors…
Puis on commence le sevrage infusionnel : toutes les deux heures, puis trois, puis cinq jusqu’à quatre par jour.
Puis on me juge bon pour la RPVS ( réadaptation progressive à la vie en société).
C’est vraiment très progressif. C’est dans le sens inverse du tilleul camomille.
Prescrit par la faculté, arrive Mélania. Bien amochée Mélania.
Il paraît qu’elle courait tellement après ses projets et ambitions qu’elle a sauté par la fenêtre d’un cinquième étage.
Encore plus ravagée que moi Mélania.
Ils l’ont rafistolée tant bien que mal, plutôt mal que bien mais elle tient debout avec des prothèses de partout.
Pantin désarticulé Mélania.
Je l’aide je l’aide pas, je l’aide je l’aide pas, je l’aide je l’aide pas….
Plus je la regarde et plus j’ai envie de rejoindre le foisonnement, le fourmillement de la grande ville hyperactive.
Ah la la ! je suis au bord de la rechute.
J’y vais j’y vais pas, j’y vais j’y vais pas, j’y vais j’y vais pas…
Maguelonne, tu es plus givrée que moi 😅
oh, difficile ça!
Une personne a porté plainte à la gendarmerie. Toutes ses ambitions ont disparu pendant une absence.
François est en panique. Ce jeudi matin à son réveil, il se rend compte que toutes ses ambitions se sont envolées. Pourtant la veille elles étaient toutes là, prêtes à être concrétisées.
Il a beau fouiller, il ne les voit nulle part. Mais qui diable a bien pu s’en emparer ?
Il se rend à la gendarmerie déclarer le vol.
Il est reçu à l’accueil par le brigadier Descloche auquel il expose son désarroi et qui l’envoi vers son collègue Sonnailles.
Son air perdu, laisse François perplexe. Il se demande si ce gendarme va le comprendre et être en mesure de l’aider.
Pas le choix. Il lui explique les faits . S’il ne retrouve pas ses ambitions, il est un homme mort.
C’est d’une voix douce que 1ère classe Sonnailles lui répond.
Ne vous inquiétez pas. D’ici 3 jours on les aura retrouvées. Cela arrive souvent en cette période. Elles prennent la poudre d’escampette, mais reviennent avec plus d’énergie, de volonté.
Vous avez l’air bien sûr de vous, mais comment allez-vous donc procéder ? Je ne peux pas me permettre le luxe de vivre sans elles, même que 3 jours.
Soyez patient. Elles reviendront. Vous les entendrez carillonner.
Elles avaient juste besoin d’une trêve, de se ressourcer pour être sereines et poursuivre leurs objectifs.
C’est bien joli ce que vous me dites mais un peu léger et olé olé. Et si cela ne se produit pas, qu’est ce que vous comptez faire ?
Malheureusement, il n’y a pas beaucoup d’autres alternatives. Il vous faudra attendre un an et le prochain retour de pèlerinage des ambitions.
Vous vous moquez de moi ! C’est pas possible ! Qu’est-ce que je vais faire sans ma raison de vivre ?
Vous allez vous habituer. J’en suis la preuve vivante. Moi aussi j’attends depuis un an leur retour.
L’année dernière, elles m’ont fait parvenir des lapins en chocolat. Marrant, non ? Elles m’ont posé un lapin et en plus elles se fichent de moi.
Le 1er avril est passé, alors soyez sérieux. J’exige de vous des actions concrètes.
Mais François, nous sommes en période Pascale et jusqu’à dimanche nous ne pouvons savoir combien d’ambitions les cloches ont pu embarquer et combien acceptent leur retour.
Soyez confiant !
Joyeuses Pâques !
Après plusieurs tentatives… mon texte ne passe pas… pourtant « j’ai fait court »…
Ah zut alors ! Ça arrive souvent ne vous découragez pas passez par une autre adresse mail peut être ?..🐁
Les ambitions perdues…
Il repensait souvent au jour où il s’était présenté à la gendarmerie de son village pour déclarer la perte de ses ambitions.
Il se souvenait encore de son propre étonnement d’être allé jusque-là, comme s’il avait parcouru tout le trajet en somnambule. Son esprit demeurait engourdi par l’étrange sensation d’émerger d’une longue absence, une de ces éclipses intérieures où le temps semble continuer sans vous.
L’accueil du gendarme de permanence avait d’abord été courtois. Mais dès qu’il eut exposé l’objet de sa visite, il remarqua chez l’homme un imperceptible mouvement de recul. La main qui tenait le stylo resta suspendue au-dessus du registre de la main courante, tandis qu’un regard inquisiteur s’abattait sur lui :
— Monsieur, si vous êtes sujet à des absences, ce n’est peut-être pas ici que vous devriez vous rendre, mais chez un spécialiste. Un neurologue, par exemple… il vous prescrirait sans doute un bilan cognitif. Nous manquons d’effectifs et l’équipe est mobilisée sur une affaire importante. Vous comprendrez que votre cas dépasse peut-être nos compétences.
Il encaissa la remarque sans ciller :
— Vous vous moquez de moi, ce n’est pas très professionnel. Pourtant rien ne vous empêche de consigner ma déclaration. C’est même très important.
Le gendarme poussa un soupir bref, puis, il se pencha sur le registre :
— Très bien. Je vais vous poser quelques questions. Vos ambitions sont-elles mineures ou majeures ? Vous savez sans doute que les ambitions majeures ont le droit de disparaître volontairement. Quant aux mineures… il ne s’agit parfois que d’une fugue.
Le ton mécanique avec lequel il avait prononcé ces mots leur donnait un étrange parfum de procédure ordinaire.
— Justement, répondit-il, ce sont les majeures qui comptent le plus pour moi. Quant aux mineures… elles peuvent toujours prendre de l’importance.
— Je vois. Essayons d’abord d’en dresser la liste, de préférence par ordre d’importance. Les aviez-vous consignées dans un carnet ? Confiées à un proche, à un ami ?
À cette question, il porta machinalement la main au sommet de son crâne, comme s’il espérait y retrouver un fil. Son regard se tourna vers l’intérieur de lui-même. Il fouilla sa mémoire comme on explore une maison abandonnée, pièce après pièce, sans y retrouver autre chose que la poussière des intentions anciennes.
Le silence s’étira, au point que le gendarme manifesta bientôt quelques signes d’impatience :
— Je peux vous aider. Les ambitions les plus courantes sont en général spirituelles, financières, professionnelles, familiales, liées à la santé ou encore sociales. Est-ce que cela éveille quelque chose chez vous ?
— À vrai dire… cela aurait pu être un mélange de tout cela. Mais les spirituelles, il y a bien longtemps que je ne fréquente plus les églises. Les professionnelles également, je suis à la retraite depuis plusieurs années. Financières, non plus. Familiales… je ne suis ni marié ni père. Quant à la santé, elle est excellente, mon hygiène de vie irréprochable.
Il marqua une pause :
— Restent les ambitions sociales… Il est vrai que je suis un être solitaire.
Le visage du gendarme sembla s’éclairer :
— Eh bien voilà. Cela réduit considérablement le champ des investigations. Nous allons pouvoir dresser la liste de vos relations amicales, et peut-être sentimentales. Enfin, tout ce qui nourrit le lien social et le sentiment d’appartenance.
Il se raidit aussitôt :
— C’est une atteinte à ma vie privée. Je ne suis pas certain de pouvoir vous donner les coordonnées de mes amis, et encore moins celles de… de…
Le gendarme releva enfin les yeux :
— De votre maîtresse ? À moins que vous ne préfériez nous laisser fouiller votre existence. Au risque d’y découvrir des ambitions moins avouables… c’est vous qui choisissez.
Il sentit alors, pour la première fois, qu’il n’était peut-être pas venu signaler une disparition, mais solliciter un verdict.
Car au fond, ce que l’homme en uniforme examinait avec tant de méthode, ce n’était pas la fuite de ses ambitions : c’était l’état même de sa vie.
En quittant la gendarmerie, une pensée plus troublante encore s’imposa à lui :
« On ne perd pas ses ambitions comme on égare des clés ; on les laisse derrière soi chaque fois qu’on survit à une ancienne version de soi-même. »
Et il se demanda, avec une gravité nouvelle, si le véritable drame n’était pas de voir ses ambitions disparaître, mais de ne plus savoir quel homme devait désormais les porter.
Je suis bien content d’avoir lu ce conte philosophique. Il fait écho aux ambitions perdues par l’homme nouveau que je suis devenu. Mention spéciale pour : » la main en suspend sur la main courante ». Merci Gilaber ❤️
Merci Nicolas,
Ton récit n’est pas en reste non plus. Heureusement que nous sommes nombreux sur ce blog pour lesquels l’ambition d’écrire est toujours vivace.
Bon dimanche à toi.
👍 🐁
J’aime bien la conclusion :« On ne perd pas ses ambitions comme on égare des clés ; on les laisse derrière soi chaque fois qu’on survit à une ancienne version de soi-même. »
De mon point de vue, la mue n’est ni douloureuse ni grave ; elle se fait tout naturellement, le moment venu… presque à notre insu.
Bravo Gilaber ! 🙂
Une personne a porté plainte à la gendarmerie. Toutes ses ambitions ont disparu pendant une absence.
Il est des matins chagrin.
Comment une ambition peut-elle disparaître ?
Il dût se rendre à l’évidence. Ce n’est pas la grande forme aujourd’hui !
Ne serait-ce pas un coup de l’IA qui aurait ponctionné son savoir faire ?
Peut-être dans des circonstances surréalistes, qui sait : Ca s’est déjà vu.
Machinalement il se dirigea vers la gendarmerie. Elle est juste en face. M’expliquer avec eux, je pourrais en déduire des certitudes. Est-ce que cela peut se faire à notre insu ? Dans ce cas, serait-ce légal ? Il hésita une minute, puis, il sonna sans réfléchir à l’interphone.
— Bonjour Monsieur, je voudrais porter plainte s’l vous plaît.
— Vous êtes Monsieur ?
— Peu importe.
— Pas d’identité, on n’ouvre pas.
— S’il vous plaît ouvrez moi.
— On n’est le 1er avril, ça fait trois fois qu’on nous fait le coup ce matin.
— S’il vous plaît.
— La psychologue n’est pas là aujourd’hui, revenez demain.
— Mais demain on sera le 2.
— Ah, vous avouez que c’est une farce !
— Pas du tout, je vous dis qu’on m’a volé mes ambitions.
— Non, vous ne l’avez pas dit.
Il est revenu le lendemain, comme prévu. La psychologue l’attendait.
— Je vais essayer de vous expliquer ce qui m’arrive. Voilà ! J’ai perdu mes motivations. Je voudrais savoir si l’IA connaît le sens du mot nostalgie et celui de mélancolie.
— pourquoi vous me demandez ça ?
— Répondez-moi, c’est important.
— En fait, vos ambitions, c’est vous qui les créez.
— Je sais pour les miennes, mais elle, l’IA, quand elle vous répond avec exactitude ce qu’est la nostalgie et la mélancolie, est-ce qu’elle le vit intérieurement ? Est-ce qu’elle saurait définir tout ce à quoi notre passé nous lia ?
— Bah non ! Vous savez bien que c’est une machine.
— Mais alors à quoi ça sert de dialoguer avec une machine, si elle n’éprouve aucun sentiment ?
— Vous voyez bien ! Il ne faut pas vous mettre dans une situation de dépendance par rapport à un être humain, encore moins par rapport à une machine. Au revoir Monsieur !
— Mais c’est vous que je voulais voir.
L’ordre et la sève
Cette instance que nous avons en nous-mêmes — que certains appellent « la petite voix », d’autres « la conscience », ou plus légèrement « le GPS » — je l’avais baptisée « gendarmerie ».
La mienne ne me dorlotait pas. Elle m’invitait à me réaligner d’un coup de sifflet sec.
Par jeu — car l’imagination ne me manquait pas —, je lui prêtais une figure humaine : une autorité qui ne condamnait pas, mais enquêtait ; qui ne réprimait pas, mais veillait à l’équilibre et, au fond, assez indulgente pour classer certains dossiers « sans suite ».
Ce préposé à mes affaires n’avait ni la ruse de Columbo, ni la rigueur méthodique de Barnaby. Je lui préférais la présence tranquille de Maigret, fumant sa pipe, à l’écoute des êtres plus que des faits.
J’en viens à « la main courante » du jour.
Les bonnes résolutions ne coûtent rien, et j’en avais fait provision : de celles qui ordonnent, structurent, hiérarchisent une journée. Je les avais prises un jour de pluie, sous un ciel chargé de vent et de gris.
Mais le printemps a ses ruses.
C’est ainsi que je me retrouvais à plaider ma cause devant mon gendarme intérieur. Je lui parlais longuement du soleil, de ses clins d’œil derrière la vitre pendant que je m’astreignais aux tâches domestiques, du ciel qui s’obstinait à peindre ses nuages en bleu, et de la vie qui recommençait à frissonner dans les arbres et les buissons.
Il m’écoutait sans m’interrompre, menant son enquête sur les lieux mêmes du délit : le jardin.
Selon lui, mes résolutions n’avaient pas disparu.
Elles avaient simplement été ajournées… pour cause de sève montante.
Pascal, cette version est la bonne. Merci de supprimer la suivante. 🙂
Bravo Béatrice. Super cette idée du gendarme intérieur et aussi celle de la provision de bonnes résolutions qui ce coûtent rien, que l’on prend en hiver et que chasse le printemps 😄👍
Merci Nicolas.
Comme d’habitude, j’ai foncé tête baissée sur l’exercice, sans avoir pris la précaution de bien relire le thème, si bien que je l’ai traité avec le mot « résolution » plutôt « qu’ambition ».
Voyons, voyons, ce que vous nous avez écrit. Je pars de ce pas à la découverte de votre exercice. 🙂
L’ordre et la sève
Cette instance que nous avons en nous-mêmes — que certains appellent « la petite voix », d’autres « la conscience », ou plus légèrement « le GPS » — je l’avais baptisée « gendarmerie ».
La mienne ne me dorlotait pas. Elle m’invitait à me réaligner d’un coup de sifflet sec. Je la nommais donc tout naturellement « le gendarme ».
Par jeu — car l’imagination ne me manquait pas —, je lui prêtais une figure humaine : une autorité qui ne condamnait pas, mais enquêtait ; qui ne réprimait pas, mais veillait à l’équilibre et, au fond, assez indulgente pour classer certains dossiers « sans suite ».
Ce préposé à mes affaires n’avait ni la ruse de Columbo, ni la rigueur méthodique de Barnaby. Je lui préférais la présence tranquille de Maigret, fumant sa pipe, à l’écoute des êtres plus que des faits.
J’en viens à « la main courante » du jour.
Les bonnes résolutions ne coûtent rien, et j’en avais fait provision : de celles qui ordonnent, structurent, hiérarchisent une journée. Je les avais prises un jour de pluie, sous un ciel chargé de vent et de gris.
Mais le printemps a ses ruses.
C’est ainsi que je me retrouvais à plaider ma cause devant mon gendarme intérieur. Je lui parlais longuement du soleil, de ses clins d’œil derrière la vitre pendant que je m’astreignais aux tâches domestiques, du ciel qui s’obstinait à peindre ses nuages en bleu, et de la vie qui recommençait à frissonner dans les arbres et les buissons.
Il m’écoutait sans m’interrompre, menant son enquête sur les lieux mêmes du délit : le jardin.
Selon lui, mes résolutions n’avaient pas disparu.
Elles avaient simplement été ajournées… pour cause de sève montante.
Une personne a porté plainte à la gendarmerie. Toutes ses ambitions ont disparu pendant une absence.
Gaspard était rentré tard, très tard, dans un état d’ébriété avancée. Il avait gravi avec difficulté les escaliers qui montaient à son appartement, il avait eu du mal à mettre sa clé dans la serrure. Après s’être débarrassé de ses chaussures, il s’était affaissé dans son canapé. Au bout d’un moment, tout en portant la main à son front il avait entrouvert les yeux … son regard s’était porté sur son bureau, Il l’avait balayé et rebalayé du regard. Il y manquait quelque chose, ça s’était sûr… d’un bond il fut debout. Où étaient-elles passées ? Il passa fébrilement les mains sur son espace de travail, il n’y restait que son ordinateur. Il ouvrit nerveusement les tiroirs de son bureau, en vida le contenu qui se répandit par terre.
Elles avaient disparu, comment était ce possible, il lui fallait déclarer ce vol le plus rapidement à la gendarmerie.
D’un pas mal assuré il se rendit à la gendarmerie heureusement proche de son domicile. Un gendarme à moitié assoupi l’accueilli. ‘’’ Que désirez-vous ?’’
’’J’ai été cambriolé, cette nuit…’’ Gaspard s’exprimait avec quelques difficultés, il ne semblait pas avoir retrouvé ses esprits…
’’et, que vous a-t-on dérobé ?’’
’’on m’a tout pris…’’
’’tout ? …on a vidé votre appartement ?’’
’’Non, non, juste mes ambitions…’’
’’Vos quoi ?…’’
’’Mes ambitions’’
’’ … vous allez bien monsieur ? vous devriez peut-être rentrer chez vous !’’
’’Comment rentrer chez moi, vous vous rendez compte du préjudice ?’’ hurla Gaspard
Le gendarme se recula : ’’ calmez vous Monsieur’’
’’Comment puis-je me calmer…’’ Vociféra-t-il
’’Ecoutez Monsieur, vous avez le choix entre la cellule de dégrisement où rentrer chez vous, deux de mes collègues passeront dans la matinée, pour constater le délit et prendre votre déposition.’’
A 10 h, deux gendarmes sonnèrent à sa porte, Gaspard leur ouvrit, les cheveux ébouriffés, le visage blafard, des cernes noirs soulignant son regard quelque peu vague.
’’Racontez- nous’’ dit le gendarme le plus âgé.’’
Gaspard se lança dans son explication.
’’donc, si nous avons bien compris, il n’y a pas eu d’effraction, tout était en ordre chez vous, et on vous aurait dérobé…’’
’’Mes ambitions… oui mes ambitions’’
’’Mais, Monsieur c’est quoi des ambitions ?’’ osa le jeune gendarme qui n’avait certainement pas intégré les forces de l’ordre depuis très longtemps.
’’Comment ça c’est quoi, mais tout… Toute ma vie vous dis je, des romans prêts à paraître, des scénarii prêts à être vendus à prix d’or. Riche, j’allais être riche… riche, vous comprenez ? ‘’
’’Peut être sont-elles dans un fichier de votre ordinateur ?’’
’’mais j’ai vérifié, que croyez-vous, le dossier je l’ai vidé au cas où on me déroberait mon PC…’’
’’Ecoutez Monsieur’’ reprit le plus âgé. ‘’’nous avons bien enregistré votre déposition, nous vous tiendrons au courant dès que nous aurons du nouveau’’ et sans attendre les deux agents sortirent de l’appartement.
Gaspard se précipita à la cuisine, s’ouvrit une bouteille de vin et commença à boire. Il repassa en détail ce qu’il avait fait la veille. Oui il avait quitté son appartement vers 11H pour aller à ce foutu enterrement de vie de garçon, et comme ses copains insistaient sur la sonnette il avait tout laissé sur son bureau se promettant de les ranger dans son coffre plus tard. Et….. et plus rien, il était ruiné, ruiné.
Quand un bref coup de sonnette le fit sursauter, Une clé tourna dans la serrure.
‘’’Ah, c’est vous Fatou’’
‘’’Missié, va pas bien ? ‘’ lui demanda la femme de ménage camerounaise.
‘’’C’est rien Fatou, faites la cuisine et la salle de bain.’’
Quand Fatou eu terminé elle récupéra son énorme cabas, et au moment de partir farfouilla au fond et finit par en sortir une poignée de clés USB.
Gaspard sortit de son divan comme un diable de sa boîte…
‘’’Mon fils être avec moi hier et prendre clés pour jouer avec jeux…. mais pas trouver jeux…’’
Gaspard arracha la poignée de clés et s’installa à son ordinateur. Sauvé, il était sauvé !
En voici deux de vide, mais c’est quoi ce délire…Il inséra la troisième clé, vide, elle aussi… NONNNNN, pas toutes vides….
IL saisit son téléphone, appela Fatou, et hurla : ‘’’ votre fils qu’est-ce qu’il a fait ?…’’
‘’’Lui savoir que vous, aimer jeux, alors vider clés pour enregistrer nouveaux jeux !…
Une personne a porté plainte à la gendarmerie. Toutes ses ambitions ont disparu pendant une absence.
Il faut dire que depuis quelques semaines courait le bruit que nombre de foyers avaient été visités et que les ambitions étaient très convoitées par les ravisseurs. Par les temps qui courent, il n’était pas facile d’honorer ses propres ambitions alors les gens les gardaient précieusement dans des coffres forts ou sous d’épais matelas, derrière les meubles ou cachés dans les greniers. On n’en parlait surtout pas, frileux qu’elles ne s’évadent ou s’évanouissent. Les ravisseurs, eux, les volaient et les détruisaient pour faire régner la terreur et plonger les gens dans la noirceur. Démunis, anéantis même, ils prenaient peur et étaient ainsi plus faciles à manipuler.
Mais un groupe d’irréductibles prit les choses en mains et s’affaira à organiser dans le plus grand secret des cercles de paroles et d’échanges d’ambitions. Ils découvrirent très vite qu’ils seraient plus fort s’ils commençaient à mettre en commun une ambition forte qui marque les esprits soit un véritable levier pour servir leurs ambitions à tous.
Ils allaient tous ensemble afficher l’ambition mutuelle de ne plus avoir peur. Oui leur force serait celle-ci : ériger en ambition phare de ne plus craindre les bas projets des esprits cruels, étriqués et sclérosants, de ceux qui voulaient diviser pour mieux régner. L’ambition était de taille et très ardue mais elle était pleine de promesses et d’espoir. Et ainsi partagée, elle n’en devenait que plus puissante. Cette noble ambition fut la première d’une longue liste ou chacun reprit, grâce au sens du collectif, le pouvoir de ses propres ambitions dans le respect de celles des autres.
801/ BELGIANA
Mes ambitions ont disparu. J’aurais voulu être un artiste, plaire aussi et surtout faire rire. J’ai longtemps lu l’os à moelle, l’almanach Vermot, les journaux verts jusqu’à saturation. À condition que ça ne touche pas la politique, la finance, la médecine, j’en ai perdu le goût, la saveur.
– Que voulez-vous que j’y fasse ? Ici, ce n’est pas le bureau des objets trouvés! C’est une machine qui répond… c’est ainsi, avec les algorithmes, on a à peu près les mêmes éléments de langage selon que vous soyez puissant ou misérable les jugements de cour vous feront blanc ou châtain.
-Je leur enverrais bien une châtaigne, un blitz, hélas, mon éclair ne zigue plus, il zague, n’atteint pas sa cible.
Le gendarme taillait son crayon.
– En confidence, je vous raconterais bien une histoire : elle est à mourir de rire. Vous ne la comprendriez pas, enfin, pas tout de suite… j’en ai envoyé un échantillon aux puissants de ce monde, ils sont toujours là ! Les rieurs ne sont pas de leur côté. C’est à pleurer ! En cas d’absence, prière de renvoyer à l’envoyeur ces vilenies.🐻
Le brigadier-chef relit la déposition.
– Bah mon vieux, vous ne manquiez d’ambition.
– C’est de famille, lui répond le plaignant. On a toujours gravi les échelons à la sueur de notre front. Mon père était expert comptable chez Goldman Sachs, mon grand-père directeur du trésor sous De Gaulle. Mon arrière-grand-père…
– Oui oui, et vous vous vouliez reprendre vos études de… ?
– De trader. Pour l’instant, j’ai un DUT en gestion des entreprises et des administrations, j’occupe un poste chez Lidl à la compta, enfin à la caisse centrale. Mais je ne compte pas en rester là, vous pensez bien. C’est juste temporaire. Ça fait maintenant cinq ans que j’ambitionne de franchir le cap et de me lancer dans la finance. Je compte bien me marier aussi, comme je vous ai dit. À quarante-trois ans et une bonne situation, j’ai la vie devant moi. Enfin, si la banque accepte le prêt pour la maison. C’est pas un palace, mais bon, un petit pavillon à Valenciennes, c’est un bon début pour construire un foyer. Lison, elle dit pas non, mais elle a pas encore dit oui. C’est vrai que j’ambitionne de l’emmener à Londres, à la City, une fois mon master en poche, tout sera plus facile. Et puis je pourrai changer de voiture. Je passerai à l’électrique, après la vieille 4L de papa. Une Tesla d’Elon, mon mentor !
– Et, toutes ces belles ambitions, vous les aviez rangées dans des… des boîtes ?
– Oui, je n’avais pas assez de coffre pour abriter tout cette audace, vous comprenez. C’était plus pratique de les confier à ces boîtes. L’une proposait une formation en ligne, c’était du sûr, on m’avait dit. Une autre un crédit sur mesure, c’était trop beau pour être vrai. Et cette agence matrimoniale qui m’avait présenté Lison, tout collait.
– Et vous ne vous êtes méfié de rien ?
– Non, une absence d’esprit et voilà ma vie complètement ruinée, anéantie.
– Bonjour commandant
– bonjour madame le maire, que puis je pour vous ?
– peut être l’impossible, figurez vous qu’à quinze jours du premier tour des élections municipales toutes mes ambitions ont disparues
– diantre
– tout à fait.
Je vous explique : je suis partie ce matin sur le terrain au devant de mes concitoyens, afin de leur faire part de mon nouveau programme, encore plus audacieux que celui de mon mandat qui s’achève. Vous me comprenez
– certes
– en revenant : tête vide,idées creuses, plus aucune ambition au logis, disparues les ambitions !
– diable
– tout à fait, la situation est diabolique. Que faire, où chercher, pourquoi cette absence ? Ca me tourne dans la tête sans arrêt
– je m’en doute
– pouvez vous, vous et votre équipe, faire en sorte qu’elles me reviennent ? M’ont elles été dérobées, ce sont elles enfuies, ou pires sont elles mortes ? Je n’en dort plus, je ressasse, n’ai plus d’appétit.
Le temps passe à une vitesse folle. Et surtout, commandant, cela doit rester secret, inutile que mes administrés ou mes adversaires profitent de la situation
– pour sûr
– bon, je n’ai pas le temps de vous écouter plus longtemps commandant, je dois continuer ma quête, je vous fait confiance pour que vous régliez cette affaire au plus vite
– absolument madame le maire.
– Jules, tu peux venir un instant demanda le gendarme
on garde encore ces foutues ambitions au frais jusqu’aux élections, pas question de se coltiner cette maire avec ses idées progressistes un nouveau mandat.
On était bien tranquille à Lapésurtère avant elle, il est temps de retrouver notre petit train train
– tout à fait d’accord patron.
_ Oui Monsieur l’agent, je me suis aperçu de la disparition de toutes mes ambitions de retour de voyage à Rome.
_ Vous êtes certain qu’elles ont toutes disparu ?
Vous les aviez rangé en sécurité au coffre, vous me dites, alors à qui avez vous donné la combinaison ?
_ A personne mon adjudant il n’y a que moi qui ai le code, je ne fais confiance qu’à ma mémoire interne , même pas à l’IA et ses « bots » et là je ne comprends pas ce qu’il s’est passé, qui aurait intérêt à me dérober mes ambitions ?
_ Je ne peux encore pas vous dire l’enquête n’a pas commencé. Veuillez décliner votre identité ; nom, prénom, adresse et qualité.
_ Métivier Jean Louis, mon colonel, pour la qualité je ne peux vous répondre, à vous de trouver, mais mon défaut principal c’est la procrastination voyez-vous ?
_ Je ne vois pas, arrétez d’employer des termes alambiqués, je ne suis pas maître Capello. Et ne me répondez pas que vous travaillez dans une distillerie. Alambiquer c’est une image une paraphrase, vous comprenez ?
_ Oui je vous entends 5 sur 5 mon caporal. Je voulais juste vous dire que remettre au lendemain ce que je peux faire le jour même c’est en quelque sorte le tréfond de ma nature profonde. J’ai été fait comme ça, et rien n’y pourra changer.
_ J’entendais par qualité, votre profession et puisque nous y sommes informez moi sans tarder de votre adresse postale.
_ Ma profession mon général c’est de cocher des cases et de les remplir, un peu comme vous, ou si vous préférez. Je suis cruciverbiste, alors vous comprenez, sans mes ambitions je suis perdu. Je vous donne un exemple :
prétentions en neuf lettres.
_ je ne suis pas là pour m’amuser cher monsieur, vous habitez où au juste ? Et qu’est ce qui vous fait dire que vos ambitions ont disparu ?
_ je ne connais plus le pourquoi du comment, du b a ba de ce que je fais là et ce que va devenir mon avenir, pourriez vous m’aider à y voir plus clair mon capitaine ?
Sinon je loge à l’armée du salut, avenue Sigmund Freud. C’est grave docteur ?
Habile parallèle avec les élections. Entre sacerdoce, manipulations et promesses non tenues, je ne sais plus quoi penser de la radicalisation en politique, y compris dans nos petits villages.
– Monsieur, pourriez-vous me dresser la liste de vos ambitions disparues ? interroge le gendarme recevant le plaignant.
– Mais, c’est impossible puisque je ne les ai plus.
– Dites-moi Monsieur, comment qualifieriez-vous votre absence ?
– Et bien, je me suis levé, comme chaque matin, avec l’intention de réaliser les taches que j’avais en tête et là, j’ai pris conscience que mes ambitions pour la journée avaient disparu et même au-delà de la journée, toutes mes ambitions ont disparu.
– Hum ; diriez-vous que c’est la première fois que vous constatez cette disparition ?
– Oui, bien sûr.
– Seriez-vous passé au bureau des objets trouvée avant de venir nous voir ?
– Non, je suis certain que le préposé à ce bureau n’aurait pas pris en compte ma demande.
– Et vous pensez qu’à la gendarmerie votre dépôt de plainte a des chances d’aboutir ?
– Je ne vois pas à qui je pourrais m’adresser pour cela.
– Et moi, Monsieur, je ne vois pas comment rédiger ce dépôt de plainte si vous ne pouvez m’en dire plus sur son contenu.
– Alors, je fais quoi ? C’est important d’avoir des ambitions et moi, je tenais aux miennes, même si je ne sais pas vous les énumérer.
– Peut-être pourriez-vous demander à un ami ou à un parent de vous aider à reconstituer la liste de vos ambitions ?
– C’est un peu ennuyeux… Si dans mes ambitions il y avait de la convoitise, ou des aspirations trop personnelles pour être partagé, excusez-moi, mais je ne risque pas de les retrouver ainsi.
– Prenez un peu de temps pour y réfléchir. Vous savez quelles sont vos qualités et vos faiblesses. En fonction de cela vous pouvez cibler les domaines de vos ambitions : désir d’amélioration personnelle, de bonheur, d’épanouissement…
– C’est très général ! Tout le monde aspire à cela. Je ne me retrouve pas là-dedans.
– Peut-être avez, ou aviez-vous, des objectifs ou des aspirations à surmonter telle ou telle autre difficulté ou épreuve personnelle ou professionnelle ?
– Bon, je crois que je vais rentrer me reposer un peu. Cette démarche m’épuise. Je vous remercie de m’avoir reçu Monsieur le Gendarme. Si j’en ai encore la force, j’irai soumettre mon cas à mon médecin traitant. Il doit bien avoir un historique de mon dossier avec des indications qui m’aideront à lister les ambitions qui j’ai perdues.
– Très bonne idée Monsieur. Chacun d’entre nous devrait sans doute en faire de même. Je veux dire, régulièrement, se poser la question de l’intérêt de garder telle ou telle ambition. La vie est courte, nous changeons au fil des années. Gardez ses ambitions trop longtemps peut ne plus avoir de sens. Pensez-y Cher Monsieur. Bonne journée à vous.
– Toutes ?
– Oui… Toutes !
– Ça fait beaucoup !
– Je ne vous le fais pas dire…
– Le problème Monsieur, c’est que vous êtes un peu trop ambitieux et si toutes vos ambitions se sont barrées, nous… on n’y peut rien. Elles sont majeures.
– Oh pas toutes, pas toutes, certaines venaient juste de naître !
– Ah ! Et vous les aviez déclarées à l’état civil au moins?
– Ben, j’attendais qu’elles soient bien construites et je m’apprêtais à le faire aujourd’hui même.
– Je vois, je vois… Pas déclarées = pas crédibles – PLAINTE IRRECEVABLE – Désolé Monsieur ! La loi, c’est la loi.
Vos jeunes ambitions non déclarées entrent dans le cadre de l’irréel, de l’illusion.
– Sniff ! Sniff !
– S’il vous plaît Monsieur, s’il vous plaît ! Ressaisissez-vous !
– Mais je ne peux pas vivre sans mes ambitions moi ! Qu’est ce que je vais devenir sans elles… Sniff ! Sniff !
– Un conseil Monsieur… Dorénavant, pendant vos absences, fermez bien vos portes et vos fenêtres et surtout… surtout cessez de péter plus haut que votre cul, et tout rentrera dans l’ordre naturellement.
Croyez-moi !
Mais t’es où ?
Pas là, pas là,
Mais t’es pas là, mais t’es où ?…
J’aime beaucoup l’idée de déclarer les ambitions à l’état civil. En parlant de mes ambitions à nos proches, il est plus délicat d’y renlncer. Alors, devant toute la société … Merci Camomille !
Procès verbal d’ambitions presque ratées.
Enfant, mes parents nourrissaient de grandes ambitions pour moi. Mon père, en particulier, voulait que je devienne son propre père, car il n’avait pas pu égaler cette figure de héros. Pensez donc : ingénieur, pilote, puis officier, rien que ça, à 25 ans.
Ce grand-père, très jeune orphelin de père, est un petit breton passionné de mécanique qui s’accroche à ses études. Il obtient une bourse, monte à Paris et décroche le diplôme de l’École Centrale des Arts et Manufactures : le Saint Graal pour sa future carrière de directeur d’usine. Mais, avant cela, par un ancien de cette grande école vient offrir à la promotion de 1912 un baptême de l’air. Il s’appelle Louis Blériot, l’un des premiers pilotes au monde et constructeur d’avions. Mon grand-père est le seul à accepter la proposition, très risquée à l’époque. Il obtient son brevet, sans jamais avoir piloté auparavant, autre chose qu’un vélo. Il devient chef d’escadrille pendant la grande guerre puis directeur d’usine, sa véritable ambition.
Très tôt, j’ai intégré ces ambitions démesurées, par fidélité familiale. C’était un poids immense, une injonction paradoxale : devenir quelqu’un d’autre que moi-même, alors que me sentais déjà, une vocation plus littéraire. Puis, une carrière chaotique m’a tenu éloigné pendant une quarantaine d’années. J’ai bien réussi à devenir officier de réserve, à me faire admettre dans une école d’ingénieur, avant de m’en faire exclure au bout d’un an. Pilote privé aussi, jusqu’à survivre à une collision en vol.
À 65 ans, je porte plainte à la gendarmerie pour toutes ces ambitions perdues. Un vieux brigadier soulève un sourcil broussailleux. il en a entendu tant d’autres.
Il me dit : “C’est trop tard.”
Je lui répond: “Alors, trouvez-m’en d’autres en remplacement.”
Il me propose alors :: “Faites appel à votre imagination. Vous aimez écrire ? Alors écrivez. Vous pourrez devenir qui vous voulez, avec les ambitions que vous voudrez et tout cela gratuitement.”
Depuis, grâce à eux, j’écris chaque jour une nouvelle différente. Si, parfois, le thème est lié passé, c’est pour mieux l’embellir, sublimer mes ambitions d’aujourd’hui et être plus heureux. Tout cela sans diplôme ni brevet.
C’est un très beau récit, Nicolas. On sent combien il est difficile de se construire à l’ombre de figures idéales et de porter les attentes de son père.
Nos ambitions nous ouvrent des possibles, mais elles ne déterminent pas notre bonheur.
Quand elles s’effacent, d’autres peuvent naître. Mais au fond, ni le bonheur ni le malheur n’en dépendent vraiment.
Le bonheur tient plutôt à une façon d’être au monde : accueillir la vie, non comme un comptable, mais simplement, à bras ouverts, comme un enfant.
En effet Béatrice, je suis pobablement redevenu un enfant qui réalise enfin ses rêves. merci
Toutes ses ambitions ont disparu pendant une absence.
Le choc !! Après une courte absence inopinée, le vide, aucune trace des projets divers et variés, de mes ambitions existentielles .Que c’est-il donc passé ? Comment es-ce possible ?
Les habitudes atténuent la vigilance, moins d’attention, un peu de laisser-aller … ne préparent pas aux imprévus .
Comment récupérer mes aspirations profondes, mes quelques prétentions ??
L’appétit de la vie est là — il n’avait pas attendu ??
Souffle à raviver ?? Vertige ??
Une personne a porté plainte à la gendarmerie. Toutes ses ambitions ont disparu pendant une absence.
Le caporal Ducreux, qui assurait sa première permanence nocturne, a patiemment noté la liste des disparitions décrites par l’individu.
Soit une aspiration à assumer son surmoi, une ardeur à satisfaire son épouse et son amante, une prétention à escalader le mont Blanc en patins à roulettes, une aspiration à ne plus respirer que de l’air filtré, une fringale de bamboches huppées dans moultes restaurants étoilés, une quête dominicaine dans un lieu perché, spirituel, une prétention à défendre les couloirs de navigation pour tous les oiseaux migrateurs et une recherche active du temps perdu par la plupart des écrivains.
Après 12h en salle de dégrisement, l’individu n’avait plus qu’une seule ambition, retrouver au fond de son crâne brumassé, la pourtant simple adresse de son logis.
Une personne a porté plainte à la gendarmerie. Toutes ses ambitions ont disparu pendant une absence.
C’est un endroit spécial dans cette gendarmerie, pas un bureau non, un endroit vert avec en bruit de fond comme une cascade et un vent lèger y souffle comme un bise.
Le gendarme est perplexe. C’est que c’est grave ça une absence !
– Une absence de quoi ? Elle était à vous ?
– Eh bien oui dit le plagnant désarçonné … je suis tomé dans les pommes si vous préférez.
Ah bon ! Fait le gendarme rassuré car les pommes ça il connaît.
Mais les ambitions ?qu’est-ce qu’elles viennent faire dans les rainettes ?
Pas facile à résoudre cette affaire-là. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
Il se gratte le crâne sous le képi, agite sa moustache en croc de boucher, observe longuement la pointe de de son crayon…
– Et ça vous est venu comment ?
– C’est pas venu justement c’est parti !
Bof ! Si c’esr que ça ! C’est souvent chez lui d’avoir une idée et de la perdre en route… déjà tout gosse sa mère lui disait : t’es comme les lièvres tu perds la mémoire en courant !
– Mais ce n’est pas de mémoire dont il s’agit mais d’ambition !
Ah l’ambition ! Gravir l’échelle sociale… à chaque barreau on domine un peu plus.
C’est comme mettre un peu plus d’espace entre les ‘ceusses! qui sont restés au sol et les gradés…
Lui qui est ‘capo’ il sait ce que c’est que de rêver aux sardines qu’il pourrait afficher sur son képi !
Le képi du capi… le képi du… à le ronronner il va s’endormir c’est sûr.
Il est fatigué…si las de toutes ces plaintes… et puis celui-là qui a perdu l’envie d’avancer … comment l’aider je vous demande un peu ?
Il inspire un bon coup, arbore un grand sourire et regardant le plaignant….
– Et si on allait à la pêche pour nous détendre un peu ?
– Oh ! Ça c’est une bonne idée je connais un coin bien à l’ombre où la berge est douce et ça grouille de poissons …
je vais vite préparer le pique-nique et les gaules… et chiche que je vais en sortir plus que vous ?
– j’apporte le picrate dit en riant le caporal tout content…
Ça y est ! Il est reparti pour un tour le perdu des idées ! C’est pourtant simple de redonner confiance aux gens …
Je devrais p’t’être bien faire ‘ sychiatre’ moi tout le monde le dit
– T’es pas doué pour grand chose Gaston mais pour le p’tit vélo t’en connais un rayon !
C’est comme ça dans la gendarmerie, on sait encourager les plus faibles. 🐁