Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
Ils nous pompent l’air les philosophes, les psycho, les coachs de vie. Vivez au présent ! Savourez le ! Le bonheur à portée de la seconde. Ils n’y comprennent rien, maugréait le passé. Sans le passé, le présent serait vide. Vierge ! Hier construit aujourd’hui.
Pas de présent sans futur ! Affirma le futur. Chacun pense au lendemain. C’est évident. Et le présent meurt à chaque instant. D’abord c’est combien de temps, le présent ? Une journée ou une seconde ?
Le passé crée le futur. C’est la loi du karma ! Si tu as planté une graine hier, tu l’arroses aujourd’hui et tu la récolteras demain. Tous ces gourous de la comm écrivent : Le présent est un présent ! Fadaises !
Le présent restait silencieux. Il profitait du rayon de soleil, de la petite brise, en attendant demain.
– Quoi, quoi, le présent il a disparu !
– Ouais je viens de voir qu’il n’apparaît plus sur les radars de la SANA.
– Mais continua le passé ce soir nous devions aller tous les deux à la télévision pour parler justement du présent.
– Cela ne fait rien reprit le futur.
La télé n’a rien annoncé, je pense que l’émission aura bien lieu.
– C’est vrai que c’est quelqu’un de sympa le présent et surtout, contrairement à nous, il a la chance de vivre dans le présent. Hi ! Hi !
Nous on vit dans l’ombre, nous sommes dans les coulisses de l’histoire. Alors que lui le présent il est constamment sur le devant de la scène, jour et nuit.
Le futur qui avait écouté attentivement son homologue ne semblait pas convaincu par ce que venait de dire le passé.
Lui il ne se considérait pas comme vivant dans l’ombre. Il avait beaucoup d’idées et une énorme imagination. Et il souhaitait entreprendre beaucoup de choses dans l’avenir.
Mais pour faire plaisir au passé, il hocha la tête en signe d’acquiescement.
Il fit ensuite cette remarque.
– Eh ! le passé, tu ne trouves pas bizarre que le présent il s’est fait la malle juste avant cette émission télévisée où on devait parler de lui.
Moi je pense que le présent il nous cache quelque chose de louche. Et puis si par malheur il ne réapparaît pas je ne suis pas sûr de conserver ma place …
– Ta place répéta deux fois le passé.
– Ben oui ma place, ma position actuelle, ma fonction de futur.
Si le présent est parti pour toujours, Pfft ! volatilisé, envolé, le futur n’a plus lieu d’être !
Je suis donc cuit, ma place je la perds.
Le passé regardait le futur avec étonnement. Il ne semblait pas trop bien comprendre le sens de ses paroles.
Le passé et le futur, ils étaient assis chacun sur une pierre, au bord d’un chemin de campagne.
Ils avaient pris les traits de deux jeunes cyclistes, ayant leurs vélos à proximité, qui s’étaient arrêtés pour se reposer un peu après une longue escapade. Et peut-être également se restaurer.
Ils étaient toujours en train de parler. Leur discussion s’était maintenant orientée vers la pluie et le beau temps. Car l’été actuel était vraiment torride.
Quant au présent on peut dire qu’il n’était pas loin de nos deux compères.
Qu’il avait refait surface.
Et qu’il avait vu la scène, et entendu des bribes de conversation au cours de laquelle le passé et le futur parlaient de lui.
Il s’approcha doucement du passé et du futur.
Et il lança :
– C’est moi, c’est moi le présent !
Avec la chaleur qu’il fait dans ce coin du nord de la France, je vous ai apporté une bonne bouteille de pastis, pour qu’on se rafraîchisse un peu l’haleine.
Les deux autres furent surpris de cette soudaine apparition. Et le présent de préciser :
– Eh ! Eh ! Vous savez quoi !
Votre cher ami le présent il n’a pas cassé la pipe.
Il était parti sous les tropiques avec toute sa clique : humains, animaux … végétaux, forêts … pour quelques jours de repos.
Et regardant tour à tour le futur et le passé droit dans les yeux, il leur dit :
– Les amis je ne vous ai pas oubliés ! Car je le sais que vous ne pouvez pas exister sans moi.
Et puis j’ai un secret qui m’a été révélé par un drôle de personnage lors de mes vacances.
Une sorte de médium paraît-il.
Qui m’a affirmé avoir des visions à la fois du passé et de l’avenir, et aussi du présent. Ah ! Ah !
Et cela m’a un peu troublé !
Moi qui jusqu’à présent Hi ! Hi ! voyait les choses plus naïvement et simplement.
Je crois maintenant que la saga de la vie recèle peut-être plus de subtilité !
– Comme je viens de vous l’expliquer, je suis un être qui vient du futur.
– Vous êtes sûr ?
– Oui, absolument certain. Je comprends que cela puisse vous sembler bizarre, mais c’est pourtant vrai. Vous, en ce moment, vous êtes en 2023 et moi, je vis ici, dans le même lieu géographique que vous, mais pour moi nous sommes en 3120.
– Incroyable !!!… Comment c’est possible ?
– Tout simplement grâce à cette montre ultra moderne que je porte à mon poignet. Elle me permet de voyager dans le temps, quand j’en ai envie. Je peux aller dans le passé comme dans le futur.
– Waoooh…. c’est fabuleux !
– Vous, en 2023 vous ne pouvez pas changer d’époque, vous êtes obligé de vivre le temps de façon linéaire. C’est bien triste et tellement archaïque.
– Eh oui….
– Mais, il faut quand même garder le moral et continuer à croire aux progrès de la science. Les descendants de vos descendants pourront utiliser cette technologie à partir de l’année 3050. Courage !….
Bonjour Monsieur Passé. Puis-je prendre un peu de votre temps SVP ?
– Vous plaisanter Monsieur Futur. Comment pourrais-je ne pas souhaiter échanger avec vous !
– C’est très aimable à vous. Voici ma préoccupation. Je cherche à éviter une erreur, peut-être dramatique concernant un meuble que vous avez connu.
– Vous m’intriguez. Personne ne me demande quoi que ce soit sur les meubles du passé ; surtout pas vous Monsieur le Futur… Et encore plus rarement Monsieur Présent enquête, mais vraiment très rarement.
– Pourriez-vous m’indiquer comment les artistes du passé faisaient pour répondre à la demande de leurs clients ?
– Dites-m’en davantage. Quelle époque ; quel pays ; quel artiste ; quel matériau ?
– Et bien, le vaisselier dont il s’agit, date, je suppose, du début du XXème siècle. Il appartenait à une famille bretonne. L’artiste qui l’a créé m’est inconnu. Ce meuble est actuellement, d’un bois très sombre.
– Je suppose qu’il a passé des décennies dans une pièce chauffée au feu de cheminée, ce qui explique sa teinte. Mais avant cela, l’arbre d’où il est extrait a été choisi par un bucheron qui l’a livré à un menuisier qui lui, l’a débité et remis à un ébéniste qui l’a sculpté. Peut-être sur les consignes d’un client qui l’avait commandé. Souvent, les artistes ébénistes étaient assez libres de créer des décors évoquant la vie rurale quotidienne.
Mais pourquoi une erreur dramatique ?
– Et bien, Monsieur Présent, toujours pressé et excessif, a décidé que ce meuble n’avait pas sa place chez les descendants de cette famille. Ils ont décidé de détruire ce vaisselier sans regrets ni remords. Or, une des héritières ne parvient pas à accepter de brûler cette œuvre finement sculptée. N’ayant pas la possibilité d’accueillir le vaisselier, elle en a gardé trois portes qu’elle souhaite convertir en panneaux décoratifs qui orneront les murs de sa petite maison.
– C’est mieux que rien, ne trouvez-vous pas ?
– Si l’on veut. Monsieur Présent lui a donné la possibilité d’éclaircir le bois par un procédé d’aérogommage. Toujours expéditif, le travail a été réalisé sans donner beaucoup d’indication sur le résultat escompté.
– Et alors ?
– Et alors, la beauté des scènes sculptées qui donnaient beaucoup de relief, un véritable 3D, si cela vous dit quelque chose, a disparu en partie, laissant des tableaux, quasiment en 2D, tellement le procédé a réduit les détails de ces magnifiques scènes champêtres.
– Je comprends votre désarroi et le partage mais que pouvons-nous maintenant suggérer à Monsieur Présent ?
– C’est déjà un réconfort pour moi de vous entendre partager ma tristesse. Je me disais que nous pourrions tenter d’orienter les travaux de restauration que Monsieur Présent présenterait à l’héritière.
– C’est plus facile à dire qu’à faire ! Vous ne le savez peut-être pas mais les artistes susceptibles de travailler sur d’anciennes sculptures en bois ne sont pas légion et œuvrent sur des articles reconnus pour leur valeur artistique et marchande. Les portes d’un vaisselier breton ne les enthousiasmeront probablement pas…
– Alors, il pourrait y avoir d’autres évolutions des œuvres en question. Faute de retrouver la finesse de leur état initial, peut-être pourrions-nous suggérer à Monsieur Présent de proposer une transformation en œuvres naïves colorées. Mon époque, le futur, voit que ces représentations ont encore de beaux jours, alors pourquoi pas avec des sculptures sur bois.
– Je suis étonné et ravi de constater que vous, Monsieur Futur, puissiez être aussi sensible à la conservation des ouvrages dénués de valeur, dans le monde de Monsieur Présent. Vous me réjouissez…même si, je ne crois ni à la grandeur d’âme ni à la générosité des contemporains de Monsieur Présent, malheureusement.
Imaginez un dialogue entre le passé et le futur s’agissant du présent.
Le présent tout dégoulinant de transpiration, respire à petites bouffées l’air que le soleil, qui n’en finit pas de briller, a surchauffé. Il change de position, s’évertue à faire bonne figure, mais ses soupirs sont bien là : « J’ai chaud, je n’en peux plus, je vais finir par craquer pour une clim ! »
Le passé, blotti dans un recoin, se pointe tout perclus de douleurs en trainant les pieds : « De mon temps, l’été était bien plus régulier. Certaines années quand on avait l’anticyclone qui stationnait sur l’hexagone, on pouvait partir en vacances tranquille avec une tente. Puis passé le 15 août, les orages s’y donnaient à cœur joie pour faire trembler nos nuits. Et s’il avait neigé sur le haut des montagnes, on était cuits. Un vent venu des sommets refroidissait tout, l’été était terminé. Et d’autres années, le mois d’avril s’étirait en longueur, avec une météo instable jusqu’au milieu de juillet. Enfin, c’était bien rare d’avoir plus de deux nuits d’affilée à 30°. »
Le futur, planqué dans le bois derrière, suit la conversation qui fuite par la moustiquaire. Il arrive où les deux autres ne l’attendaient pas, par la petite porte de derrière : « Toi, le passé, je t’ai entendu. J’ai bien l’impression que tu voudrais que ce que tu as connu reste là, figé, sans évolution. Tu comprends bien que c’est impossible. Regarde le, le présent, il souffre. Il a bien fallu faire quelque chose ! La hausse des températures qu’elle soit liée à l’évolution du climat ou à une guerre climatique dans les hautes sphères, on s’en fout. Je vais te parler de quelque chose obligatoire d’où je viens. Chaque constructeur de bâtiment installe de quoi récupérer l’eau du toit, la stocker dans une réserve en eau, la recycler, la faire passer dans les murs pour suivant la saison, réchauffer ou refroidir. L’environnement comporte beaucoup d’arbres et des végétaux abrités, les uns transpirent sur les autres, un cercle vertueux de syntropie est en place. Les haies coupent le vent qui dessèche. Tous les habitants ont pris l’habitude de nourrir la terre pour entretenir l’humidité et que la végétation prospère. Et quand la végétation va, tout va ! »
Le passé : « Je ne te crois pas, c’est impossible que ça fonctionne ! En plus, le présent est tellement chaotique qu’il n’arrive plus ni à se poser, ni à se projeter dans l’avenir et encore moins à prendre des décisions. Il va mal, je crois qu’il déprime. Oh regarde, il s’est endormi ».
Le futur, sûr de lui : « Oui, tu es comme Saint Thomas, tu ne crois que ce que tu vois. Je te dis que ça a marché ! Par contre je ne vais pas trahir, ni te dire comment ça se passera. Après la pluie, vient toujours le beau temps, il suffit d’être patient. On va le laisser pioncer, avachi dans son fauteuil. Quand il aura touché le fond, il finira par remonter. Il faut le laisser trouver ses propres ressources. Et puis arrête de lui dire que c’était mieux avant, ça lui gâche son avenir ! »
En cette chaude matinée d’été, Passé et Futur sont en pleine conversation
– Toi Futur, quel est le plus beau cadeau que tu as reçu ?
– Celui qui est à venir, que je ne connais pas encore ; il sera, c’est certain, le plus beau. Tu sais bien « l’espoir fait vivre ». Et toi, Passé ?
– C’était un cadeau de Noël, je devais avoir 3 ou 4 ans
– Et c’était quoi ce cadeau ?
– Un cheval à bascule. Je l’ai tellement aimé qu’il est remisé dans le grenier de mes souvenirs. Il doit être plein de toiles d’araignée…
– Moi, l’avantage, c’est que je ne stocke pas, je suis plus léger… Et Aujourd’hui tu crois qu’il a des souvenirs de cadeau ?
– Pff ! Sûrement pas ! Il vit l’instant présent, comme il dit avec une certaine morgue
– Cela n’exclut pas de recevoir des cadeaux
– Non, mais il ne peut pas s’en souvenir puisque qu’un instant chasse l’autre
– Ah, c’est bête ! Il n’en profite pas alors
– Non et c’est pourquoi j’existe. Je tiens les archives à jour, je trie, je classe, je cherche de nouveaux entrepôts. C’est éreintant !
– Tu as beaucoup de mérite. Moi, je me nourris de projets, désirs, rêves, espoirs aussi. C’est moins pragmatique. Mais, dis-moi, Aujourd’hui s’appelle aussi Présent. Ne serait-ce pas là un cadeau permanent ? Nous allons devoir prendre le temps d’y réfléchir.
Passé bougonna et retourna brusquement à ses minutieux classements.
« Y’ en a marre de Présent ! Il n’en fait qu’à sa tête » s’écrie Futur en s’agitant nerveusement.
— Tout à fait d’accord avec toi, répond calmement Passé, en levant les yeux au ciel.
— Il ne s’occupe que de lui. On dirait qu’on n’existe pas, reprend Futur avec des trémolos de tristesse dans la voix.
— Pour toi, ce n’est pas faux, rétorque Passé avec un sourire un peu moqueur !
— C’est vrai, admet Futur. Mais le comportement de Présent influence fortement mon devenir. Il pourrait au moins, se soucier de toi.
— Que veux-tu dire ? s’enquit Passé.
— S’il se servait de ton expérience, il éviterait ses erreurs à répétition ! Ses choix de vie seraient clairs, cohérents. Ils ne me remettraient pas en question tout le temps. Je ne sais jamais où je vais, moi ! maugrée Futur.
— Mais, tu ne connais pas ta chance. Ta vie n’est pas bloquée. Pour toi, rien n’est écrit à l’avance : tu peux être radieux, léger, tourmenté, obscur. On a confiance ou pas en toi. Tandis que moi, je suis figé ! Je ne change jamais tels des écrits gravés dans le marbre ! s’exclame Passé un peu « vénère ».
Puis, il reprend plus calmement :
— Présent, explore sa vie tandis que moi, je la mémorise. Je garde en mémoire les bons moments comme les mauvais. On aime me remuer. Parfois pour y trouver de la tristesse et du malheur, parfois de la joie et du bonheur. Il m’arrive de m’oublier, de me cacher ou de regretter. Mais, je ne peux pas me changer ! Je m’accepte comme je suis, voilà tout.
— Vu ainsi, j’arrête de me plaindre, dit Futur en faisant la moue.
Ce qui ne l’empêche pas de poursuivre :
— Je réalise que nous sommes tous les trois inséparables ! Sans Présent, nous n’existerions pas, et sans nous, Présent ne serait qu’une coquille vide, privée de souvenirs et d’espoir !
Passé : « Alors, tu en penses quoi toi du présent ? »
Futur : « Bah je ne sais pas trop en fait… regarde le, il semble figé »
Passé : « oui c’est vrai que des fois, on a l’impression qu’il n’avance plus. il ne fait rien, il semble hésiter. »
Futur : « Mets toi à sa place, ce n’est pas simple finalement. Quoi qu’il fasse il reste coincé entre toi et moi. il n’existe que parce que tu es la mais ne m’a pas encore rejoint… Sans doute a t’il l’impression de ne pas exister ? Mais il faudrait qu’il se bouge un peu car dans un sens, s’il ne bouge pas, moi je ne peux pas démarrer… »
Passé : « Certes, mais qu’y puis-je ? je suis arrivé le premier c’est ainsi. Au lieu de toujours penser à moi, il ferait mieux d’avancer vers toi… »
Futur : « C’est facile à dire pour toi, tu es déjà là. Tu existes pour toujours. Moi, je ne suis qu’une promesse, un vide à remplir. Je ne peux rien faire tant qu’il reste là, planté, à nous écouter discuter. »
Passé : « Tu trouves qu’il nous écoute ? Moi j’ai plutôt l’impression qu’il est ailleurs. Il est si léger, si distrait. On dirait qu’il a peur de casser quelque chose s’il bouge trop. »
Futur : « Peut-être qu’il attend juste qu’on se taise un peu. Tu crois qu’on l’empêche de respirer avec toutes nos histoires ? »
Passé : « Peut-être. En tout cas, il ne nous regarde même pas. Il a l’air de vouloir oublier que nous existons, lui et moi. C’est presque vexant, tu ne trouves pas ? »
Futur : « Vexant ou pas, regarde, il vient de faire un geste. Il a enfin bougé… »
Imaginez un dialogue entre le passé et le futur s’agissant du présent.
Dans une boîte de grains de maïs la discussion s’enflammait entre trois grains. La tension montait en température aussi vite à l’intérieur, qu’à l’extérieur avec un dôme de chaleur.
— Il y a bien longtemps que le risque que je me transforme en pop-corn n’avait pas refait surface, dit le Passégrain.
— Tu es en avances, sur ton avenir, lui répondit narquois le Futurgrain.
— Pas du tout. C’est vous, qui êtes en retard.
— Bien sûr que non ! Comment le pourrais-je, alors que je ne suis pas encore arrivé.
Le Présentgrain s’immisça dans la conversation.
— Poussez-vous. Je suis impatient de régaler les papilles. C’est aujourd’hui que je suis au menu.
Passégrain soupira et maugréa dans sa barbe d’épi.
— Qu’il m’agace celui-là. Toujours à vouloir devancer chaque instant. Il passe son temps à courir. Dès qu’il s’arrête il devient moi, et ronchonne.
Futurgrain ricana.
— C’est ça. Quand je ne suis pas là, il me court après et quand tu te pointes, il râle. Vraiment, il n’est jamais satisfait.
Le Présentgrain minauda.
— Au moins, peu m’importe du comment vous parlez de moi, l’essentiel étant que vous parliez de moi.
Vexés les deux compères rétorquèrent.
— Impossible pour moi de parler de toi, plus longtemps tu es si éphémère, que tu entres très vite dans le clan des Passégrain. Regarde, tu es toujours à mesurer le temps pour en faire plus sans jamais rien faire pour vivre ton Présent.
— Quantà moi, comment veux que je parle de toi, je ne sais même pas si tu existeras encore dans une seconde ! Et je te rappelle que tu te laisses facilement berner par mes promesses illusoires.
Le Présent grain réfléchit encore et ajouta fier de lui.
— Finalement c’est moi qui fais tout le boulot. Soit, vous causez de souvenirs avec regrets soit vous vendez des promesses avec de l’espoir.
— Tu as tout compris, moi je suis un Musée, grogna le Passégrain.
— Moi, je suis une agence de voyages, s’amusa le Futurgrain.
— Et moi, je suis quoi alors ? Grommela le Présentgrain.
Les deux compères répondirent en chœur :
— La salle d’attente !
– ZZZZZ, ZZZZZ ZZZZZ, ZZZZ
– Allez dormeur, réveille toi. T’es toujours en train de roupiller. J’ai besoin de toi.
– ZZZZZ, ZZZZZ ZZZZZ, ZZZZZ
– J’ai besoin de conseil. On dit que les anciens détiennent la sagesse
– Foutaises ! Et je ne suis pas les anciens, je suis le passé et on ne remue pas le passé.
– Je suis tout seul, trop seul dans mon futur, je veux une compagne belle, douce, rigolote, aimante… Mais aujourd’hui les femmes sont exigeantes, libres. Comment tu choisirais, toi ?
– Voilà qu’il extravague ! On n’est pas sorti de l’auberge. Le passé est le passé, on ne le refait pas. Ton futur n’est pas écrit. Tu le rêves mais bien malin qui peut savoir. Et le présent tu le prends comme il est. T’essaies d’éviter les écueils mais si tu te fais choper, tu feras avec…ou pas. Envoie ma valériane, et laisse moi dormir.
Drôle, j’ai eu la scène sous les yeux.
Imaginez un dialogue entre le passé et le futur, s’agissant du présent.
Tout ce qui était à la mode hier sera démodé demain.
— Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu ne vois pas que tu gênes ?
— J’aimais bien ce monde, je suis parti trop tôt.
— C’est normal, le monde va trop vite pour toi, tu n’as pas pu suivre, et puis, quand on doit partir, ça arrive très vite aussi.
— Qu’est-ce que tu en sais ? Non, on m’a forcé à parti. J’avais beaucoup de choses à découvrir et à faire encor. Tout n’a pas été révélé. Il reste des zones d’ombre. Tout n’est pas mis à jour.
— D’autres te remplaceront, la roue tourne mon bonhomme ! Place aux jeunes !
— Quand même ! J’avais encore de l’utilité en rab. Ca va vous manquer. Je ne t’en dis pas plus. Il y aura des surprises !
— De quoi te plains-tu, ta mort sera utilisée comme symbole. Tu es devenu un héros. Maintenant, c’est moi qui suis aux commandes. Nous allons tourner la page et vivre une autre histoire.
— En fait, toi, tu ne parviens pas à définir si tu es du présent ou du futur.
— Je suis du présent permanent. Et le futur n’existe pas. Du moins il n’existe pas encore. Et toute la pub qu’on te soumet n’est qu’une illusion pour t’inciter à acheter ce dont tu n »as pas besoin dans l’instant. Donc, ce qui compte c’est de vivre le moment présent.
— Carpe Diem ! Mais sans moi tu ne peux pas le vivre ton présent.
— Ah ! C’est pas faux. Tu vas encore me parler Racine !
— Il n’y a pas que Racine dans les racines. Il y a toutes les traditions qui ont donné une vraie voie à suivre. Et le Carpe Diem n’est qu’une jouissance très limitée dans le temps. Il doit aussi tenir compte du passé. Chaque jour, tu te nourris de ce qu’on t’a transmis et de ce que tu apprends au jour le jour.
— Ouais ! Je sais ce que tu vas me dire, Monsieur Je sais tout ! Alors que c’est moi le dépositaire de ce que tu dois savoir. Et je te dirais comme Jean Gabin : « Je sais qu’on ne sais jamais ! » Mais tu as le droit de te faire des films.
– On n’est que tous les deux?
– Le présent est absent.
– C’est absurde de dire que le présent est absent.
– C’est une idée de Pascal: faut qu’on se parle à propos du présent.
-Le présent c’est mon futur et ton passé. Pas facile pour lui, coincé par moi qui le rattrape et toujours en train de de courir après.
Moi je suis le gardien du temps vécu, des souvenirs les plus lumineux aux plus sombres turpitudes, des découvertes magistrales et des grandes catastrophes.
J’ai mes passionnés, mes adorateurs, mes nostalgiques, mes collectionneurs, mes historiens qui voudraient qu’on tire les leçons pour alerter le présent, pour te préserver.
Et toi, tu lui dirais quoi au présent?
Que je suis un espace vertigineux qui en effraie plus d’un mais en qui des visionnaires en blouses blanche ou en T-shirt – baskets croient encore.
Qu’ils y mettent leur foi et leur génie même s’ils se tromperont parfois comme d’autres l’ont
fait par le passé et que l’on condamnera parfois avant de les juger.
Que je suis un livre où le mot fin ne devrait jamais s’écrire, que je suis la suite infinie de vous, passé et présent.
– Il faudrait faire comprendre ça au présent.
– Ça risque de prendre du temps mais ça en vaut la peine.
Cramé par la réalité d’une catnicule. Totalement absent d’un possible dialogue entre le passif et le foutoir. Supportons nous bien.
– Jadis, le futur n’était pas simple, il était conditionnel. Conditionné par le présent. Un présent qui n’était souvent pas un cadeau. Le présent n’était qu’un futur antérieur. Futur intérieur d’un avenir sans espoir. Le passé était décomposé, un passé composé de malheurs qui s’abattaient dans un mode impératif par le suzerain. Le cerf devait confier sa biche aux désirs du seigneur. La confier à ce saigneur du pauvre métayer, qui suait sang et eau pour subvenir aux maigres besoins de sa portée. Naguère il s’en allait même à la guerre en terre sainte. C’était la croix et la bannière. Autrefois, autre foi, autre mœurs. Le Sarasin, ça ne mangeait pas de pain. Ça priait sur un tapi, ça mangeait par terre et ça dormait avec plusieurs épouses. Les chrétiens réagissaient en protestant et, se voulant plus que parfait, ne se comportaient pas de façon très catholique. Mais c’est de L’histoire ancienne, les vestiges de notre civilisation judéo-chrétienne. A cette époque nos ancêtres n’avaient pas le temps de remonter le temps et de tourner la page. Seul existait le présent. No futur. Jamais le cerf ne disait « depuis lors » car l’or, il n’en avait pas. Il ne lui restait que l’aurore et parfois l’horreur de ne pas voir l’or du soir se coucher à l’horizon.
– « Demain le futur sera meilleur. On s’en rendra compte prochainement ». Promesse de politique qui nous ment pour obtenir notre vote. Notre votre qui deviendra le sien. « Bientôt, prochainement ». Le politique nous les tend à tous les temps sur la carotte de ses arguments populistes et sous la calotte d’une croyance populaire qu’il transforme en religion, la religion du bouc émissaire. Ce nouveau commissaire du peuple se voudrait révolutionnaire mais son action n’est que budgétaire et corolaire. Corole d’air, bulle d’air, bulle financière. Cet élu oublie vite qu’il n’est que le locataire de ceux qui refusent de se taire, là où se terre la difficulté de vivre au présent. Plus de perspectives qui se dessinent, juste un futur sombre. Quel devenir pour nos enfants ? le politique y réfléchira ultérieurement. L’espérance est pour demain, pour deux mains, pour des centaines de lendemains. Des lents demain qui déchanteront le temps des cerises. Le merle moqueur pérore du haut de sa tribune : « Le peuple n’a rien compris, il ne voit pas l’avenir tel que nous la voyons ». C’est le coq qui caquète sur CAC 40. Indice bousier qui bourre le mou. « C’est Balladur qui le dit », paraît-il. Edouard à des devoirs…envers qui ? ambition, horizon, innovation, promesse : tel serra son projet. « A l’avenir…un jour…l’avenir nous le dira …peut-être à long terme…le meilleur est à venir…» Voilà des perspectives qui soulèveront des invectives, on peut en être sûr.
Une avalanche de jeux de mots, comme à ton habitude, cher Alain. Ton texte me laisse avec le sourire aux lévres en ce dimanche matin.
P
Le Passé, Le Futur et Le Présent… voici notre Avenir…
Nous sommes à l’instant où aujourd’hui bascule doucement vers demain. Dans une poignée de secondes, aujourd’hui ne sera plus qu’hier.
Dans la bibliothèque du temps, Le Présent est installé à un comptoir central. Il tient à jour la main courante, c’est lui qui reçoit les informations en provenance du monde réel et qui décide dans quel registre elles seront classées.
Le Passé qui règne dans les rayonnages les plus anciens, manipule de lourds registres couverts de poussière. Chaque événement vécu possède déjà sa place sur les étagères.
Le Futur travaille dans une aile inachevée de la bibliothèque. Les rayons y sont vides ou remplis de cahiers vierges. Il rédige sans cesse des hypothèses qu’il doit régulièrement corriger ou jeter.
Le temps qui file d’un jour à l’autre emporte dans son sillage le murmure d’une étrange conversation…
Le Futur — J’ai du mal à concevoir que toi qui vis en permanence dans le passé, tu puisses chercher à imaginer le futur. Il suffit de regarder le présent pour constater tes erreurs de prédictions. Reconnais que tu t’es souvent fourvoyé…
Le Passé — Parce que toi, tu ne t’autorises jamais à tordre le présent pour chercher à démontrer que tu avais raison ? Pour te prouver que c’est moi qui suis plus objectif que toi, je vais juste prendre pour exemple la canicule qui frappe notre pays depuis quelques jours. Dans les années 80, les prévisionnistes disaient que d’ici à 2050 les températures dépasseraient les 40°. Et que constatons-nous aujourd’hui ? Que 24 ans avant l’échéance estimée, les températures dépassent le niveau envisagé par les météorologues. Force est de constater que c’est bien le présent qui tord le cou au futur !
Le Futur — Ne joue pas aux gros bras, parce que bien souvent l’expérience du passé n’est pas une leçon retenue pour mieux agir dans le présent.
Le Passé — J’avoue ! Tu marques un point. Cependant, même lorsque mes leçons sont ignorées, elles existent. Sans moi, les hommes recommenceraient chaque erreur comme si elle était nouvelle. En somme, je suis la mémoire des incendies, des guerres, des crises et des folies. Je fournis les preuves.
Le Futur — Et moi, je fournis les raisons d’agir avant qu’elles ne se reproduisent.
Le Présent — Vous êtes fatigants tous les deux.
Le Passé et le Futur se retournèrent :
— Pourquoi dis-tu ça ?
Le Présent — Parce que je suis celui dont vous parlez sans jamais l’écouter. L’un répète que tout était mieux avant. L’autre annonce sans cesse ce qui pourrait arriver demain. Pendant ce temps, personne ne regarde ce qui est.
Le Passé — Je crois qu’il a raison. Parce que ce qui est, vient de moi. Finalement, moi le Passé, je suis plus tourné vers l’avenir que toi le Futur !
Le Futur — Peut-être, mais cela reste à prouver. Combien de fois as-tu empêché le changement au nom de la tradition ?
Le Passé — Je suis là pour que le monde avance. Qui construit les ponts, qui trouve les vaccins, qui bâtit les institutions, qui forge les connaissances ? Ce sont toujours des héritages venus de moi.
Le Futur — Ce qui n’empêche pas que mes prédictions ne soient pas faites pour avoir raison. Elles sont faites pour être évitées. Lorsque les scientifiques annoncent une catastrophe climatique, leur but n’est pas de gagner un pari, mais d’empêcher l’événement.
Le Passé — Voilà qui est commode. Quand tu te trompes, tu dis que les hommes ont changé le cours des choses. Quand tu as raison, tu te proclames visionnaire.
Le Présent — Vous avez un point commun que vous refusez de reconnaître.
Le Passé — Lequel ?
Le Présent — Aucun de vous n’existe réellement.
Le Futur — Comment ça ?
Le Présent — Toi, Le Passé, tu n’es plus. Toi, Le Futur, tu n’es pas encore. Pourtant chacun prétend gouverner ma vie.
Le Futur — Je dois reconnaître qu’il a raison. Toi, Le Passé, tu te crois objectif parce que les faits te donnent raison. Pourtant les hommes ne cessent de te réécrire.
Le Passé — Que veux-tu dire ?
Le Futur — Les vainqueurs écrivent l’histoire. Les souvenirs déforment les événements. Ce qui revient à dire que tu n’es pas toujours fidèle à ce qui a été. D’ailleurs, moi non plus, je ne suis pas ce que je prétends être.
Le Présent — Voilà qui est nouveau, et c’est bien de l’admettre.
Le Futur — Je suis conscient de ne rien connaître. Je ne fais qu’imaginer. Je suis moins une certitude qu’une espérance… ou une crainte.
Le Présent — Alors pourquoi passez-vous votre temps à vous renvoyer la faute ? Pourtant aucune guerre n’est déclarée par le Passé. Aucun arbre n’est planté par le Futur.
Le Passé — Alors qui agit ?
Le Présent — Moi. Toujours moi.
Le Passé — Si je comprends bien, je suis ce qui demeure… grâce à toi !
Le Futur — Et moi, je suis ce qui appelle.
Le Présent — Et moi, entre vous deux, je suis ce qui passe.
Le Passé — Sans moi, l’homme n’aurait pas de racines.
Le Futur — Sans moi, il n’aurait pas d’horizon.
Le Présent — Sans moi, il n’aurait ni racines ni horizon.
Dans la bibliothèque du Temps, un profond silence s’installa.
Au fond de l’immense bâtisse demeure une porte fermée.
Personne n’en possède la clé.
Le Passé affirme qu’elle conduit aux origines.
Le Futur soutient qu’elle ouvre sur demain.
Le Présent, lui, passe chaque jour devant elle sans jamais l’ouvrir.
Nul ne sait ce qu’elle dissimule.
Peut-être retient-elle le mystère du temps lui-même.
Mais peut-être que la porte ne mène nulle part ailleurs qu’à eux-mêmes.
Soudain, un souffle de vent sembla peser sur le vieux battant. Le bois gémi doucement. Attirés par ce murmure, le Passé, le Présent et le Futur tournèrent la tête. Un filet de poussière étincela dans la lumière.
Pour la première fois, le Passé regarda devant lui.
Pour la première fois, le Futur regarda derrière lui.
Et tous deux comprirent qu’ils ne pouvaient exister sans le Présent…
Sur l’île de Taveuni, le passé interpelle le futur.
N’avez-vous point remarqué la curieuse attitude de mon descendant et de fait votre plus proche aïeul ? Il me semble que l’inquiétude a pris possession de son être, comme s’il était en guerre contre lui-même. Qu’en pensez-vous ?
Manquait plus que ça ! Papi psy. Oh ! T’as déjà oublié que hier tu étais à sa place et qu’aux 12 coups de minuit t’es passé à la trappe ? On s’en contrefiche des états d’âme de présent, c’est sa galère. Dans quelques heures il te rejoindra et je prendrais sa place. J’espère juste qu’il ne va pas décamper en me laissant un merdier sans nom. Car moi, je vais sûrement pas me prendre le chou. Je laisse faire et me la coule douce.
Vous êtes encore bien jeune mon ami, mais vite vous allez comprendre que nos actions sont interconnectées.
Ah mouais ! Donc si je capte tout bien, c’est pas présent qui t’inquiète. Moi, je dirais que t’as un p’tit remords qui traîne dans tes tripes. Un truc bâclé, genre donné ton accord pour une chose pas très propre. Maintenant, t’es pas franchement fier en voyant la couleur vert de gris de présent.
Oui, vous avez raison. Les décisions que j’ai prises n’ont pas été les bonnes. Je n’ai pas pris le temps de la réflexion par paresse, je l’admets. Maintenant présent est empêtré pas ma faute et le futur sera lui aussi contaminé.
Comprenez-vous l’importance du présent ? Son rôle est primordial. Il est le seul à fournir l’opportunité de bien agir, d’être heureux, de se surpasser.
Trop marrant ! Pourquoi t’as pas bien agi alors ? Tu sèmes le bordel et tu t’enfermes dans le passé en sachant que tu ne peux plus rien faire.
Pourquoi tu me dis tout ça ? Tu sais que demain je serais le présent ?
Oh, puis zut, laisse quiller ! Moi je m’en fiche.
Quand mon tour va arriver, je me mets en grève et vogue la galère.
dialogue entre le passé et le futur s’agissant du présent.il faisait chaud, on aurait du anticiper, il faudra prendre des mesures,
la canicule s’installait ,on s’habituait au changement, passager ou annonciateur d’une nouvelle ère ? On entendait des discours apocalyptiques. : début de cascades de fléaux divers,
certains se projetaient dans de nouvelles villes, vies,ils feraient des plantations de palmiers, ils n auraient pas de chiens, les pauvres, ils promèneraient leurs caimans …. ils créeront de maisons en terre, pour une isolation idéale, des jardins suspendus , style babylone , des fontaines brumisantes,
et moi je r^ve, autres rythmes, seule, immobile, à l’ombre d’un vieil arbre, rien d’autre
Dans un café renommé
Devant un thé
Le Futur et le Passé
Se moquent un tantinet
Devinez ?
Du Présent !
Le tançant sans ménagement
En l’accusant vertement
Sur l’échelle du temps
De leur laisser tout faire
Drôles de manières
Le taxant même d’ignoble paresseux
Pendant qu’eux
Triment sans discontinuer
Depuis le commencement
Et sûrement pour l’éternité
Les deux compères
D’un air sévère
En touillant leur breuvage
Avec la petite cuillère
Sentant monter la rage
Essaient d’imaginer un plan
Pour l’éliminer carrément
Il ne sert à rien
Ce vaurien
A peine levé, déjà couché
Après avoir bâillé copieusement
Avec son acolyte l’instant
Ces deux-là font la paire
Le Futur et le Passé
Soudain très en colère
Décident sur-le-champ
D’arrêter de bosser
De laisser le temps se figer
Et puis vogue la galère …
— C’était mieux avant !
— Tu rigoles ? Quand tu étais un soldat spermatozoïde, aux ordres de ton maître ?
— Non, du temps où nous étions libres et jeunes, dans les années 60.
— Libres de quoi ? Vous dépendiez entièrement de vos parents. Dans le présent, les enfants apprennent à leurs parents. Dans le futur, l’intelligence artificielle nous apprendra à tous.
— Oui, mais à l’époque, nous étions dans l’insouciance, prêts à faire n’importe quoi. Le monde nous appartenait.
— C’est bien le problème. Vous avez détruit la planète par votre consommation excessive. Aux générations futures de supporter les dégâts, à défaut de les corriger.
— À l’époque, nos nuisances pour l’environnement n’étaient rien par rapport à vos modes de vie actuels et à venir.
— C’est de ce passé, pourtant, que tout a démarré. Je vois maintenant le présent qui nous arrive — et surtout l’avenir. Le réchauffement était théorique jusqu’à l’été 2026.
— Nous avons connu 1947 et 1976, de sacrés millésimes, eux aussi.
— Ce n’est toujours rien par rapport à ce qui vous attend. Préparez-vous à supporter des températures de cinquante degrés et plus.
— Nous n’avions jamais connu de coups de chaud à quarante degrés, sauf dans le Bordelais — et c’était bon pour les vignes.
— Va falloir que les viticulteurs du Sud-Ouest songent à changer de métier, et à déménager leurs vignes en Bretagne.
Il y eut un silence. Le passé cherchait une réplique. Le futur attendait, sans impatience — il avait tout son temps, précisément.
— Et vous, demanda finalement le passé, vous êtes heureux ?
— Heureux, non. Mais conscients. C’est peut-être pire.
Une prise de conscience du futur qui n’est pas un présent, et encore moins un cadeau laissé à nos enfant.
Ton texte est pessimiste mais réaliste…malheureusement. Les enfants des années 60 ont effectivement abimé par insoucieuse… Mais l’Homme s’adaptera… Il le faudra bien!
Au bistro de l’Avenir, le Passé et le Futur dégustent comme chaque matin leur expresso en discutant du Présent.
Et voilà dit l’un, il a encore fait des siennes
Qui ça ?
Mais le Présent, vous n’avez pas lu la Gazette d’Hyères ? Il prépare une offensive contre le Passé Composé et le Futur Antérieur
Le Futur Antérieur, et que prépare-t-il ?
Je ne sais pas trop, c’est assez compliqué, je crois avoir saisi qu’il se trouve trop éphémère, il voudrait avoir plus de temps pour lui
Ca parait bizarre, le présent n’est pas là pour durer, il ne va pas finir par l’admettre ? Regardez, nous on est là depuis vingt minutes, c’est déjà le passé et l »on va retourner chez nous dans le futur.Je ne vois rien de composé ou d’antérieur là dedans
Ben oui, c’est justement ce qu’il veut tenter de fusionner pour avoir un présent continuel ou du moins plus présent. C’est pas très clair ce que je dis
En effet dit le Passé, moi j’étais, vous vous serez, lui il est. Point final, c’est bien simple non ?
Je n’en sais trop rien, avoue le futur, je vais relire l’article pour tenter d’y voir plus clair. Allez, ne vous prenez pas trop la tête, on se revoit demain ?
Qui sait !
J’ai bien aimé le point de vue original de ce texte. Les temps ! Mon cauchemar en relecture. N’ayant Pas assimilé la théorie à l’école, ma conjugaison instinctive est approximative. Écrire tout au préeent, voilà une solution. 🙂
– Pour qui il se prend ? Monsieur Maintenant. Moi, je n’existerais pas. Tu te rends compte ? Je ne serais qu’une projection mentale que lui seul peut réaliser ou non. Tu l’as entendu, hier ?
– Excuse-moi, mais j’ai beaucoup à faire. J’ai autre chose à panser en ce moment. Je suis toujours sur le cas de Nicole qui veut divorcer et qui occupe toutes mes ressources.
– Mais tu es concerné, mon pauvre. Tu n’existerais pas plus que moi, à l’entendre. Tu serais un souvenir déformé, amplifié, un mensonge en puissance avec son cortège de petits arrangements avec la réalité, la vérité qu’il incarne seul. Il se prend pour Dieu, ma parole !
– Et après ? C’est sa seule raison d’exister. Je ne crois pas plus en Dieu qu’en lui. Maintenant est une illusion. Il est comme l’air ou l’eau, insaisissable. Il circule entre les arbres ou coule sur son lit, porté jusqu’à toi qui t’adaptes aux aléas du courant. Moi, je charrie chaque instant que je stocke en mémoire pour en faire, plus tard, des histoires. Et je peux te dire que le départ de Nicole occupe tout mon temps, de quoi en faire un roman. Alors les élucubrations du présent sur nos existences, ce n’est que du vent, je t’en fais cadeau.
Avant…C’était mieux
Après…Ce sera mieux
A présent… Ça va vite passer va !
et ainsi de suite…
Le jour où la satisfaction animera l’être humain, vous me réveillerez afin que j’en profite.
Philosophe va !😘🐭
Sous Pline.
Imaginez ! Le futur et le passé se prennent le nez. le Présent est en cause…
Vespasien sortait de son cabinet, le premier des Flaviens n’est pas peu fier, j’ai pacifié la Judée, rétablit les finances, mit de l’ordre dans l’administration, réprimé le soulèvement gaulois.J’ai missionné Agricola en Bretagne et à Fréjus et pas que pour les bains de mer.Quant au peuple, on lui offre spectacle et mises à mort pour le tenir tranquille. Pline l’Ancien depuis sa trirème assiste à une éruption du Vésuve. Ah ! voir Naples et mourir ! En 79 après J.C. être enseveli avec Herculanum, Pompei et Stabies, c’est plus qu’une vie, c’est un destin. Pas sûr que le neveu, Pline dit le jeune n’en ai pas pris ombrage. Il va user de sa plume pour glorifier l’empereur Trajan à travers ses conquêtes. On ne peut qu’admirer sa sagesse et son taux de réussite à la lumière du présent. Le futur est moins sûr. Le passé est outrepassant, exagéré. Carpe Diem dit Horace afin de mettre à profit l’instant. Les tyrans disent : » je le veux, je l’ordonne, ma volonté tient lieu de raison ». Sachant que « rien ne vient de rien » j’y perds mon latin.🐻
813e AVANT. PENDANT. APRÈS
Une chose ne changera jamais : la colère. Celle des dieux qui se manifeste par les orages destructeurs et celle des hommes par la guerre.
Est-ce la guerre qui détermine le passé ou le présent…. avant celle de soixante dix on marchait en galoches, ..t’as déja couru en ‘sabiots’ dit le passé au présent..après celle de quatorze : en brodequins et on n’avançait pas plus vite ça pèse son poids ! Ach la guerre ! maintenant en tongs ,ou en babouches.
– courir en tong de Hong Kong ou en babouches en peau de chameau ? Vous rigolez ou quoi?
Je me demande ce que l’avenir réserve à nos pieds mais je pense qu’il va falloir courir encore plus vite mon frère.
–
Ah oui parce que j’ai oublié de vous dire : on est tous frères. Si ! Depuis la chrétienté et tout le reste… mais des frères qui ne se disputent pas forcément pour l’héritage, non. L’un offre son plus beau mouton pour la fête des voisins l’autre la poire cueillie précisément sur l’espalier du dit voisin..
– tu ne manques pas d’air de m’offrir mes fruits ? s’insurge y celui.
-ɓé-é bé-é ce sera sans moi bêle le mouton qui se carapate tout heureux d’échapper à la broche.
Une fête qui part en brioche !
Y aura pas de fête des voisins ni avant ni après ni pendant. Le passé lui appartient le futur n’est pas encore né… pas en cornet… pas encorné…
il saura bien assez tôt ce qui l’attend.🐁