810e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Un essaim de « et cætera » aurait tenté d’embrouiller un auditoire.
Plusieurs personnes, victimes d’obscurcissements
d’esprit et d’ouïe...

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21 réponses

  1. Urso dit :

    Les « rescapés » de l’auditoire quittèrent précipitamment les lieux.
    Ils se retrouvèrent en pleine rue vers 11 heures du matin, pas loin du métro Odéon à Paris.
    Or là, quelque chose d’encore plus étrange que tout à l’heure dans l’auditoire, se produisit.
    Cette fois-ci il y eut une série d’essaims qui apparurent en pleine rue, formant de grosses bulles, qui gravitaient à environ trois mètres du sol.

    Un petit groupe de personnes s’était déjà formé et il regardait ces drôles de choses : ça ressemblait à un amas de couleur jaune clair, avec comme des petits insectes qui grouillaient à l’intérieur.
    La question qu’on se posait était si ces bulles, actuellement immobiles, présentaient un risque pour les personnes se trouvant à proximité.

    Un homme surgi de nulle part, sembla répondre à la question.
    La soixantaine, les cheveux poivre et sel, en forme de choux-fleur il lança en direction des gens présents :

    – Eh les amis, ce que vous voyez, il s’agit d’essaims de « etc ». francais et non latins, Des « etc ». bien de chez nous, pur jus.
    Vous pouvez me croire, je suis une sommité dans ce domaine.
    J’ai plusieurs doctorats et cela fait des décennies que je travaille sur les « etc « . de tous les pays du monde et, de toutes les époques de l’histoire.
    De plus, et c’est très important que vous le sachiez, ces « etc ». français sont complètement inoffensifs pour les êtres humains.
    Donc aucun risque pour notre santé.

    Une jeune femme blonde s’approcha de l’homme et lui indiqua poliment qu’elle n’était pas d’accord avec ce qu’il disait.
    – Monsieur dit-elle moi aussi je travaille dans ce secteur depuis des années.
    Regardez bien ces essaims il ne s’agit pas de « etc ». français mais allemands. Je suis moi-même allemande.
    Voyez en montrant les essaims planant au dessus de leurs têtes, il y a de tout petits drapeaux allemands, très lumineux, qui sont quasiment collés à ces essaims. Cela tend à confirmer leur provenance.

    Le monsieur ne semblait pas content qu’une jeune dame le contredise, surtout sur une affirmation tirée de ses nombreuses années de recherche.
    Néanmoins il la trouvait très jolie.
    Puis ajustant ces lunettes et levant la tête, il se mit à regarder plus attentivement les essaims.
    Il sourit.
    Oui, oui les « etc « . étaient bien allemands : les petits drapeaux qu’il voyait également le confirmait.
    C’est dingue pensa-t-il.
    Pourtant il y a quelques minutes je suis certain de les avoir vus français ces « etc ».

    N’ayant pas repris la parole, la jeune dame continuait à regarder cette homme qu’elle trouvait beau.
    Tout à coup, elle fut surprise par ce qu’elle était en train d’apercevoir.
    De la masse qui était située au dessus d’eux, brusquement deux essaims se séparèrent et progressivement avec lenteur se rapprochèrent de ce couple.
    Puis, ils se mirent à leur hauteur en changeant de forme, en devenant d’innombrables petits cœurs de différentes couleurs, avec une majorité de rouge vermillon.

    À la vue de ce spectacle saisissant, l’homme et la femme sourirent en se regardant involontairement dans le fond des yeux.

    Et le monsieur presque sans se rendre compte de ce qu’il allait dire, en jetant involontairement un regard rapide sur son téléphone portable, annonça aussitôt à la jeune femme :
    – Mademoiselle j’ai comme l’impression que notre rencontre n’est pas dû au hasard. Qu’elle est certainement le fruit du destin.
    Oh ! Oh ! Je vous trouve immensément belle, douce et séduisante.
    Aussi, j’ai une agréable proposition à vous faire !
    Sans désemparé et en votre aimable compagnie, je serais tellement heureux d’aller prendre un café crème boulevard Saint-Germain « etc ».

     » Il suffirait de presque rien
    Peut-être dix années de moins …
    Pour t’emmener à Saint-Germain
    T’offrir un autre café-crème … « 

  2. Mary Poppins dit :

    – Bonjour, pourriez-vous me dire l’heure, s’il vous plait ?
    – Oui, bien sûr, il est 16h00 et quelques minutes
    – Comment ?
    – 16h00, etc…
    – Quoi ???….
    – 16 heures, etc…
    – Vous pouvez parler plus fort ? Je suis un peu dur de la feuille.
    – JE VOUS DIS : 16 HEURES ET CAETERA….
    – Ah d’accord, c’est bon, j’ai compris. Il est six heures et c’est extra !
    – Mais non !… « et caetera » !
    – « Excès… Thé… Ras… » Mais ça veut rien dire ! Et en plus, un excès de thé ras, ça ne doit pas se voir tous les jours. Personnellement, je n’en ai jamais entendu parler.
    – M’enfin !… Je ne parle pas des thés !
    – Quoi ? Ce n’est pas l’été ?… Excusez-moi, mais malgré votre air très sympathique, je crois que vous avez un petit problème d’élocution. Je vais aller demander l’heure à quelqu’un d’autre, ça me fera gagner du temps !

  3. Un essaim de « et cætera » aurait tenté d’embrouiller un auditoire.
    Plusieurs personnes, victimes d’obscurcissements d’esprit et d’ouïe ne savaient plus où elles en étaient, à force d’entendre ce bourdonnement en continu. Seuls trois petits points qui avaient compris la manœuvre et ne voulaient pas avoir maille à partir avec les assaillants, réussirent à tirer leur épingle du jeu. Et, de fil en aiguille, ils finirent par tout détricoter, ce qui eu pour effet de mettre un point final à cette attaque.

  4. Gilaber dit :

    Essaim de six à sept…

    Un essaim de « et cætera » aurait tenté d’embrouiller un auditoire.
    Plusieurs personnes, victimes d’obscurcissements d’esprit et d’ouïe…

    Elle était annoncée depuis plusieurs jours. Le professeur Amiel, grand maître de la confrérie des apiculteurs nationaux, devait donner une conférence sur le fléau des frelons asiatiques, ces redoutables prédateurs des ruches.

    Je ne pouvais manquer l’intervention de cet éminent apidologue, spécialiste reconnu de la mélittologie.

    Le professeur commença par rappeler que les frelons asiatiques constituaient une menace pour les abeilles, mais également pour l’homme… et cætera… et cætera…

    Il expliqua ensuite qu’une disparition totale de l’espèce pourrait provoquer d’autres déséquilibres écologiques… et cætera… et cætera…

    Selon lui, une approche plus raisonnable consistait à surveiller les nids, installer des pièges sélectifs, protéger les ruchers… et cætera… et cætera…

    Le professeur poursuivit longuement sur la biodiversité, les chaînes alimentaires… et cætera… et cætera…

    À ce stade, il ponctuait presque chacune de ses phrases d’un « et cætera » répété deux fois. L’assemblée n’y prêtait guère attention.

    Je ne remarquai pas davantage que mon voisin de droite venait de chasser d’un geste agacé quelque chose qui bourdonnait autour de sa tête.

    Puis, ce fut au tour d’autres personnes de s’agiter sur leur chaise, quelques rangs devant moi. Leurs commentaires étaient ponctués de « et cætera » :
    — Le frelon asiatique attaque les ruches, les abeilles, les… et cætera… et cætera…

    Le bourdonnement monta crescendo, comme s’il sortait par vagues successives des haut-parleurs installés dans la salle de conférence. Il envahit progressivement l’espace tel un essaim. Le bruit devint assourdissant, au point que des spectateurs portèrent les mains sur leurs oreilles pour s’en protéger.

    Un couple âgé vint s’asseoir à côté de moi.

    — Bonjour et cætera ! Mon mari dit qu’il n’entend pas bien, alors nous nous rapprochons un peu, me lança la dame. Nous sommes venus en voiture… et cætera.

    Mon attention fut attirée par un homme qui consultait ses notes en murmurant :
    — Deux plus deux font quatre, quatre plus quatre font huit, huit plus huit font… et cætera.
    Puis il éclata en sanglots :
    — J’ai perdu la fin des nombres ! C’est un comble pour un comptable ! gémit-il.

    Profitant d’une pause de l’orateur, une jeune femme se leva soudain :
    — Les verbes du premier groupe se conjuguent en… en… en…
    Elle tendit les bras vers le plafond en criant :
    — ET CÆTERA !

    Des applaudissements nourris jaillirent d’une partie de la salle.

    Il ne pouvait plus y avoir de doute : le langage lui-même était infesté d’et cætera… et cætera… Cela se vérifiait tout autour de moi.

    Mon voisin le plus proche se tourna soudain vers moi. Posant ses mains sur mes épaules, il me lança d’une étrange voix :
    — La fin du monde humain est proche, mon frère. Aimons-nous… et cætera… et cætera…

    Je le regardai avec une profonde surprise.
    Il me scruta de ses yeux hagards en ajoutant :
    — Tu n’as pas l’air de me croire, mon frère… les abeilles me l’ont dit… et cætera…

    Visiblement, il était pris de troubles de l’esprit. Je lui dis que les abeilles ne m’avaient pas encore communiqué cette perspective de fin du monde et lui tournai le dos.

    Deux rangées derrière moi, six personnes avaient formé un cercle, les bras passés sur les épaules :
    — Nous sommes six.
    Puis ils comptèrent :
    — Un, deux, trois, quatre, cinq, six…
    Long silence :
    — Nous étions sept il y a une minute.
    — Où est passé le septième ?
    — Il est devenu et cætera.
    Puis ils secouèrent la tête en lançant des et cætera… et cætera…

    Une jeune femme m’attrapa par le bras. Elle était en larmes. Entre deux sanglots, elle me dit :
    — Je n’entends plus rien… c’est à cause du bourdonnement… c’est comme si mes oreilles s’étaient soudainement éteintes… Pourtant, je perçois un mot qui tourne en boucle : « et cætera… et cætera… »

    Puis elle partit en criant, arrêtant des gens sur son passage auxquels elle devait probablement dire la même chose.

    Quelqu’un me tapa sur l’épaule. Je me retournai. C’était de nouveau l’homme qui parlait aux abeilles et qui recommença à m’entretenir de son délire prophétique :
    — Les abeilles ont voté.
    — Voté quoi ?
    — La suppression du jeudi.
    — Pourquoi ?
    — Parce qu’il marque le milieu de la semaine… Elles n’aiment pas non plus son orthographe… et cætera… et cætera…

    Je me tournai alors vers l’estrade depuis laquelle le professeur orchestrait sa conférence. À ma grande surprise, il portait désormais un nœud papillon démesuré. Son visage semblait maquillé. Son nez rougissait peu à peu.

    Je fermai un instant les yeux, persuadé d’être victime d’une hallucination.

    Lorsque je les rouvris, le professeur avait disparu. À sa place se tenait un clown triste au gros nez rouge qui me désignait du doigt en émettant un bourdonnement assourdissant.

    C’est alors que je sentis de puissants bras me saisir.
    Deux hommes vêtus de combinaisons d’apiculteurs me tirèrent vers la sortie.

    Je me débattis en vociférant :
    — Le professeur ! Où est passé le professeur ?
    — De qui parlez-vous ? me lança l’un des deux hommes.
    — Celui qui a organisé la conférence sur les frelons asiatiques !
    — Monsieur, il n’y a jamais eu de conférence et encore moins de professeur…
    — Bien sûr que si !
    — Cela fait trois heures que vous êtes debout sur cette estrade.
    — Moi ?
    — Oui.
    — Mais j’étais dans le public.
    — Non, monsieur.

    Je voulus protester, mais aucun mot ne sortit.
    À la place, un étrange bourdonnement s’échappa de ma bouche.

    Les deux apiculteurs échangèrent un regard résigné :
    — Encore un.

    Je les observai avec pitié.
    Les pauvres.
    Ils ne comprenaient donc pas.
    Les abeilles m’avaient tout expliqué.

    Je leur posai une main fraternelle sur l’épaule :
    — La fin du monde humain est proche, mes frères… et cætera… et cætera…

    Je me retournai une dernière fois vers la salle.
    Tous les sièges étaient vides.
    Il n’y avait jamais eu d’auditoire.
    Jamais eu de conférence.
    Jamais eu de professeur.

    Seulement moi.

    Pourtant, au fond de la salle, des centaines de voix invisibles bourdonnaient encore :
    — Et cætera… et cætera… et cætera…

    Je souris.
    Enfin quelqu’un me répond.
    Tandis qu’ils me conduisaient doucement vers la ruche…

  5. iris79 dit :

    Un essaim de « et cætera » aurait tenté d’embrouiller un auditoire.
    Plusieurs personnes, victimes d’obscurcissements d’esprit et d’ouïe quittèrent la salle, affolées par des symptômes inhabituels et très perturbants.
    Agglutinés dans le couloir, ils se regardaient un peu hagards, étonnés de cette soudaine complicité avec des personnes qu’ils ne connaissaient pas quelques minutes plus tôt.
    Ils se pressèrent de confronter et de comparer leurs symptômes. Et très vite, ils se rendirent à l’évidence. Des acouphènes d’« et cætera » les envahissaient et s’installaient sans qu’ils ne puissent rien y faire. Ils décidèrent de trouver le responsable de la programmation mais il semblait aux abonnés absents. Ils se mirent à discuter à bâtons rompus avançant d’abord fébrilement puis avec fougue toutes les formules qui pourraient contrecarrer ce phénomène. Ils furent bientôt rejoints par d’autres victimes à tel point que l’on pouvait se demander si maintenant il n’y avait pas plus de public dans le couloir que dans la salle.
    C’est alors que le conférencier apparut, les bras ballants, la bouche entrouverte. Aussitôt, l’auditoire se tut. Le silence se fit. Le conférencier s’avança, mi-timide, mi-embarrassé. Les autres s’écartaient sur son passage et le refermaient à sa suite si bien qu’il se retrouva encerclé au milieu de ceux qui lui avaient fait confiance et qui se retrouvaient à grimacer tellement ils avaient le sentiment d’avoir les oreilles qui saignaient.
    Le conférencier leur intima alors de réintégrer la salle et de lui faire confiance. Ils le firent malgré des reproches étouffés.
    Le conférencier reprit alors son discours et changea radicalement sa prose. Au début septique voire carrément réfractaire, l’auditoire se mit à se détendre et peu à peu à se remobiliser sur le discours qui devint de plus en plus construit, compréhensible, nourri et très précis. Les « et cætera » avaient déserté, complètement disparu et c’est une salle enthousiaste et debout qui clôtura cette conférence décidément pleine de surprises. Mais la plus improbable fut celle que leur délivra celui qu’ils étaient venus écouter quand il leur dévoila qu’ils avaient été pleinement acteurs de l’expérience qu’il leur avait soumise à tous et que les résultats avaient dépassé toutes ses prédictions. Le thème de la conférence n’était-il pas ; « Quelles conséquences de l’appauvrissement du discours sur le plan physique et psychique dans les interactions langagières et comportementales dans le langage verbal et non verbal ? »

  6. Rose Marie Huguet dit :

    La salle était comble et exceptionnellement silencieuse. Les yeux des auditeurs fixaient avec impatience et espoir le conférencier venu leur exposer le résultat de ses études sur le traitement de l’exaspération des robots humanoïdes.
    Ces derniers étaient devenus indispensables et les humains ne savaient plus rien faire sans eux, sauf ordonner : fais ci, fais ça, etc.
    A tel point que les robots gris au départ, commençaient à changer de couleur et virer au rouge. Ils faisaient n’importe quoi, surtout avec les etc.
    Les humains n’en pouvaient plus.

    Le conférencier se racla la gorge, se gratta la tête et enfin ouvrit la bouche.
    Aucun son n’en sortit, mais une nuée de lettres se sont envolées dans un crissement insupportable. Oreilles et cerveaux étaient au bord de l’abime.
    Le public hurlait. Les lettres continuaient de crisser, d’effleurer les têtes, de s’accrocher aux oreilles.
    Les esprits devenaient charbon.

    La salle se voilait.

    Plus personne n’était maître de lui. Petit à petit, les gens se trouvèrent piégés dans une immense toile de lettres qui les enserrait de plus en plus fort.

    Ce que nul n’avait remarqué, c’était que les lettres parlaient. Elles répétaient sans cesse : et cætera, et cætera, comme si elles cherchaient à hypnotiser le public.

    Les premières visions apparurent. Des mini robots leur jetaient des soupes de lettres à la tête. Impossible de les esquiver.

    Tout était hors de contrôle du moins côté humain.
    Jusqu’à ce qu’un individu moins touché par cette explosion lettrée ne se lève, se dirige vers le micro et hurle :
    Nous vous avons compris !
    A partir de maintenant nos phrases seront claires et précises.
    Il n’y aura plus de etc. Nous allons nous appliquer à nous exprimer sans raccourcis énigmatiques.

    Le chaudron de soupe de et cætera disparut, les esprits s’éclaircirent.
    Enfin ils comprirent que les machines sont des choses vivantes qui méritent attention et douceur.

  7. CATHERINE M.S dit :

    Un essaim de « etc »
    A embrouillé tout un auditoire
    Ils se sont laissés choir
    Avec fracas
    Sur un public
    Qu’il ne fallait pas décevoir
    C’est ça le hic
    Entre les « blabla » et les « etc »
    Les pauvres candidats
    N’ont rien capté
    Pas un iota !
    Ils ont dû supporter un charabia
    Toujours incomplet
    Aucune suite dans les idées
    Un chapelet de pointillés
    Sur l’écran géant
    Venait tout compliquer
    Des phrases non terminées
    Des mots parfois tronqués
    Un vrai galimatias
    Ah certes les « etc »
    S’en donnaient à cœur joie
    Acoquinés aux pointillés
    Ils faisaient des pieds-de-nez
    Aux malheureux candidats
    La la la lalère
    Ils ont vécu l’enfer
    Des questions restées en suspens
    Flottant dans l’air
    Impossibles à attraper
    Les examens approchent
    Que faire ?
    Pour avoir le bac en poche
    Qui a une idée ?
    Vite, un crayon et du papier !

  8. FANNY DUMOND dit :

    Un essaim de « et cætera » avait embrouillé l’auditoire venu des quatre coins de France. Victimes d’un obscurcissement de l’esprit et de l’ouïe, certains spectateurs se ruèrent chez le directeur du théâtre pour demander le remboursement de leur place à 300 euros. Ils n’avaient pas attendu neuf mois la conférence de cet écrivain dont la réputation n’était plus à faire pour assister à ce « brainwashing ». C’en était trop ! Car l’invitation laissait entendre qu’ils repartiraient armés pour écrire le chef d’œuvre du siècle et grimper sur le podium des best-sellers.

    L’auteur, vêtu d’un jogging informe, fouilla dans son tas de feuilles — rédigées et classées par sa secrétaire — et les mélangea à tel point qu’il ne savait plus par où commencer son exposé. Puis il s’empara du micro, qui produisit des larsens à vriller les tympans des spectateurs. Le technicien mit tant de temps à remettre de l’ordre dans ce bazar auditif que l’écrivain, exaspéré, fit les cent pas sur la scène et, pour tromper son ennui, alluma une cigarette qui déclencha le détecteur de fumée.

    Les huées fusèrent et, las de cette cacophonie, la plupart des invités désertèrent la salle en jurant qu’on ne les y reprendrait plus. Lorsque le calme fut enfin revenu, l’écrivain — qui devait donner une autre conférence à Tataouine les Oies — regarda sa montre.

    — Mes chers amis, pour bien écrire, vous devez tout d’abord beaucoup lire : romans, etc., etc. Faire la chasse aux clichés, etc., etc. Je vous avais préparé la liste de Pascal Perrat, mais je ne sais plus où je l’ai fourrée. Où en étais je ? Ah oui ! Faire attention à la ponctuation, virgules, etc., etc. Étoffer votre vocabulaire en trouvant des synonymes, etc., etc. Dans vos dialogues, varier les verbes de parole, etc., etc. Et pour finir, vous relire, etc., etc., c’est à dire jusqu’à ce que votre prose vous sorte par les yeux. Voilà, voilà ! Je vous remercie de votre attention et vous souhaite autant de succès que le mien.

    Tel un essaim de frelons, les apprentis écrivains se jetèrent sur l’auteur, qui ne dut son salut qu’à l’embrasement des rideaux.

  9. mijoroy dit :

    Pascal, ami(e)s de plume je suis très en colère sur deux faits d’actualité. Le deuxième ne vous perlera pas… furetez sur infos Nouvelle-Calédonie.

    La commission de surveillance des marionnettistes judiciaires et gouver-nementaux vient de rendre son verdict : un essaim de « et cætera » tente d’embrouiller un auditoire.
    Plusieurs personnes, victimes d’obscurcissements d’esprit et d’ouïe, rap-portent avoir entendu des discours interminables où les faits, pourtant massifs, où les témoignages et les images parlent d’eux-mêmes, dispa-raissent mystérieusement derrière des nuages de « et cætera », de « cir-constances complexes », « d’éléments à nuancer » et, dernier progrès de la science procédurière, de « trou dans la raquette judiciaire ». Une ra-quette si vaste qu’on pourrait y faire passer tout un cheptel de décideurs venus expliquer qu’ils n’y sont pour rien !!
    Des magistrats, procureurs et experts ont été surpris à cligner des yeux devant des dossiers pourtant épais comme des annuaires. Les preuves se dissolvent, les responsabilités s’évaporent et les évidences deviennent soudain sujettes à interprétation. Les lois, quant à elles, semblent prati-quer le télétravail.
    Distinguer des faits établis de leur incompétence devient un prétexte à des réunionites interminables et soporifiques.
    Ainsi, certains prédateurs d’enfants, pourtant signalés, documentés et dé-noncés, profitent de cette brume verbale pour poursuivre leurs chasses sordides. Après tout, il serait regrettable qu’une intervention rapide vienne perturber le rythme de traitement des dossiers.
    Plus spectaculaire encore fut l’affaire des grands incendiaires de la paix publique. Malgré des appels répétés à la violence, des émeutes dévasta-trices et des dégâts économiques évalués à deux milliards d’euros, les principaux instigateurs ont vu leur responsabilité se dissoudre dans une soupe administrative où l’on ne distingue plus ni les actes, ni les auteurs, ni les conséquences. Ils sont ressortis aussi propres qu’après un passage au lave-vaisselle, programme intensif, séchage compris.
    Selon certains spécialistes, l’essaim est capable de dévorer les mots les plus simples : crime, responsabilité, sanction, protection. Une fois ces termes consommés, il ne reste qu’un bourdonnement bureaucratique suffi-samment dense pour couvrir les cris des victimes et suffisamment confus pour endormir le bon sens. Les plus anciens appellent cela « la procédure », les plus jeunes « l’optimisation du déni ».
    Les autorités assurent suivre la situation avec la plus grande attention. Une attention si soutenue qu’elle ne produit, aucun résultat visible à l’œil nu.
    Des conclusions seront rendues dans huit ans. En attendant, les victimes sont invitées à patienter, les coupables à ne pas courir trop vite, et les contribuables à continuer de financer les recherches.
    Après tout, pourquoi dépenser l’argent public et les retraites durement ponctionnées à résoudre les problèmes, quand on peut financer des an-nées d’expertise afin de parvenir à une remarquable imprécision sur leurs causes, leurs responsables et leurs solutions ?

  10. Nouchka dit :

    À l’annuel Salon du Livre, une conférence est ainsi programmée :
    Etc. ou les silences du récit, d’après un écrit du regretté Dominique Noguez, présenté et analysé par le plus célèbre critique littéraire local.
    Ce dernier lit l’extrait suivant : « Écrire (un récit), c’est au moins autant ne pas dire que dire. Voyons par quoi l’écriture est un art du silence. Une certaine rhétorique du récit devrait donc tenir dans l’examen des différentes raisons (et façons) qu’on peut avoir de se taire. »
    L’auditoire est invité à échanger sur les silences les mieux maîtrisés. Voici, dit l’intervenant cinq cas évoqué par l’auteur : l’intrigue policière, l’histoire cachée, le déplacement métonymique, l’humour, la pirouette.
    Les auditeurs s’accrochent, en ce début d’après-midi pour rester attentifs, en dépit de la chaleur et du débit de voix soporifique du présentateur.
    Arrive enfin l’exemple de la pirouette : Toutes ces façons désinvoltes de mettre un terme à un discours ou à un récit dont on s’avise soudain — pudeur, auto-ironie, caprice ou lassitude — qu’il a assez duré. De ces « etc. » assez insolents somme toute, qui veulent dire — « pourrait être continué, mais à quoi bon ? » ou bien : « mais vous savez tout cela », ou encore : « suffit comme ça, j’en ai ma claque ! ».
    Effectivement, l’auditoire ressent tout à fait ce qui vient d’être exposé, se lève et sort en ordre dispersé.
    L’un des participants murmure à son voisin une citation de Virgile afin d’illustrer le moment : « Il s’arrêta enfin et, ayant atteint son but, il partit. ». Ce à quoi le dit voisin répondit par une autre citation de Bossuet cette fois : « « l’homme s’embrouille souvent à force de raisonner ».
    Et oui, Etc ou les silences du récit a quelque difficulté à rester audible en dépit de l’intérêt du sujet…

  11. ourcqs dit :

    Un nuage de particules Etonnantes,Troublantes,Crissantes a perturbé cet après midi de fête ..
    Du jamais vu, des éléments Embrouillaient les idées, les discours, Étourdissaient la foule Tissant une Toile de Terribles vibrations.. Crépitantes, claquantes, . Les participants fascinés par ce chaos, restaient bouche ouverte sur des syllabes avalées ou coincées, mains sur les oreilles essayant de filtrer l’invisible .
    Que faire ?? Rien ?? D’ailleurs, peu à peu , les paroles se transformérent , ponctuées par ETC, le cocktail est servi ETC, amusez-vous ETC … dansez ETC,
    Je vous aime ETC, je vous invite ETC …..
    Le lendemain, les invités envoyèrent leurs remerciements. ETC.

  12. Nadine de Bernardy dit :

    L’auditorium est comble, plongé dans un désarroi général, certains auditeurs ayant été plongés, après avoir entendu la conférence des Et Coetera, dans une situation inquiétante.
    Ils avaient l’impression d’être enfermés dans un caisson d’isolation sensorielle d’où ils n’entendaient ni ne comprenaient plus rien . Des acouphènes sifflaient dans leurs oreilles , leur cerveau était comme rempli de semoule. Ils en frissonnaient de frayeur, chacun observait ses voisins afin de savoir qui était atteint.
    Les symptômes se répandaient sans discrimation.
    Les Et Coetera avaient quitté l’estrade en toute discrétion, satisfaits du résultat. Ils regagnaient leur autocar pour une nouvelle intervention en se félicitant du succès de la dernière.
    Avant d’avoir pu démarrer le véhicule fut envahi par un groupe de J’dis ça J’dis rien venant faire justice pour les victimes de l’embrouillamini causé par ces intrus.
    Ils furent sommés de déguerpir au plus vite sans espoir de retour et d’aller prêcher leur « bonne » parole chez les Grecs ou tout au moins hors du territoire national. Ce qu’il firent sans demander leur reste.
    Les personnes touchées furent mises en observation quelques jours et purent regagner leur foyer au grand soulagement de tous .

  13. Antonio dit :

    Un essaim de « et cætera » aurait tenté d’embrouiller un auditoire. Plusieurs personnes, victimes d’obscurcissements d’esprit et d’ouïe, auraient perdu connaissance du thème de la conférence que l’orateur, sur place, aurait bien eu du mal à réanimer. « Comment survivre en milieu humain. » Fort heureusement le bouche-à-oreille aurait eu son effet et l’énumération de vérités abruptes aurait repris son esprit mordant, dispersant au passage, le plus poignant, l’essaim importun, non sans quelques piqûres de rappel sur la « condition humaine ». Quand un essaim de « bravo ! » aurait soulevé l’auditoire. Plusieurs personnes, se sentant soudain pousser des ailes, se seraient arraché le manifeste pour chasser le bourdon.

  14. Ariane ADAM dit :

    Il suffit d’une phrase banale, sans signification profonde, de celles que l’on prononce machinalement et que l’on prolonge on ne sait pourquoi d’un et cætera.
    il suffit que celui qui l’entend y perçoive une nuance d’ironie, d’hésitation ou de doute, la trouve suffisamment pertinente, intéressante ou curieuse pour qu’il la répète en y ajoutant une inflexion amplifiant le sentiment perçu.
    L’information qui n’était au fond qu’une anecdote sans réel intérêt, se transmet de bouche à oreille, est prise en relais par les voies écrites lapidaires des sms ou textos, diffusent à travers les espaces francophones, se transforme, se déforme.
    Mais le curieux de l’affaire n’est pas tant la pertinence et la crédibilité de l’information que la persistance du et cætera qui la ponctue.
    Il s’insinue, s’impose, nuance un propos par le regard complice, soupçonneux, admiratif ou mystérieux qui l’accompagne.
    Certains l’appuient d’un geste plus ou moins éloquent.
    Et ainsi, de brasserie bruxelloise en bar-tabac parisien, du bulletin officiel à la chronique culinaire, de la conversation amicale à la note de bureau, le et cætera envahit.
    Son abréviation-économie de caractères oblige-le popularise.
    La locution inévitable occulte les mots qui le précèdent et escamote le propos qui l’a introduit.
    Sa présence seule suffit à connoter un discours.On voit un auditoire passer de l’impassibilité polie et ennuyée au rire, de l’attention bienveillante à l’étonnement indigné dès l’adjonction du et cætera fatal.
    Le et cætera a pris sa vie propre, essaime sans pudeur, contamine sans retenue.
    Certains ont bien tenté de résister mais la réalité les rattrape au détour d’un moment d’inattention où ils se surprennent à le prononcer sans raison.
    D’autres le remplacent par un silence suspensif qui ne trompe personne.
    L’invasion est massive, les autorités s’emparent du problème, les communautés dites intellectuelles prennent parti.
    Les académies tiennent séance: faut-il suspendre, interdire, conditionner l’utilisation débridée du et cætera devenu symbole de fronde, de défi ou au contraire d’élégance oratoire et de modernité?
    On envisage la constitution de commissions parlementaires…
    La fièvre baisse soudain à la faveur sans doute de l’émergence d’une nouvelle manie langagière.
    Tout naturellement le et cætera reprend sa place.
    Reste la question: avec ou sans points de suspension?
    Mais celà est une autre histoire…

  15. 🐻 Luron'Ours dit :

    810e Ouï-dire l’essaim de ET CAETERA
    Joint, geste, parole. Parmi les badauds, l’un prétend avoir tout vu il va confondre la maréechaussée venue sur les lieux…
    L’accident vient de se produire. Impliquant véhicule piétons etc sans oublier le cabat de la ménagère, sa baguette et son poireau et le kil de rouge etc. Moi, je n’y étais pas, mais mon ami si, il m’a tout raconté. C’est lui qui c’était érigé en témoin. Se mettant à béquayer plus que de raisons. Le brigadier prenait des notes, alors il m’a dit que attendu que euh. Et caetera. Le constat à l’amiable fut rempli, crobard à l’appui. Mon ami c’était éclipsé, il avait bien. Entre temps il a pris de l’assurance, il mouline, il ponctue, il interpelle, il tient son public en haleine. C’est, un nouveau Tiste Védène. Il fait hurler les loups avec les loups les ânes avec les ânes, il tire partie de tout.🐻

  16. Nicolas Thébault dit :

    Modus operandi du langage hypnotique

    Un essaim de “et cætera” plane sur la salle comme un nuage de gaz lacrymogène conceptuel. L’auditoire vacille. Plusieurs victimes d’obscurcissement d’esprit et d’ouïe s’effondrent en silence dans leurs chaises ergonomiques. En réponse, une escadrille d’”au jour d’aujourd’hui” se déploie en formation serrée, couverte par une avalanche de “dans l’état tel”. Autant de phrases amorcées comme des fusées dont le carburant s’épuise avant le décollage. On les sous-entend, on les allonge, on les réduit, on leur donne un air de profondeur abyssale. La limpidité du vide, bien présenté, passe pour de la complexité.

    La meilleure parade au “et cætera » reste le classique :  » ça va sans dire, mais ça va mieux en le disant”. À utiliser avec parcimonie, cependant, car au-delà de la deuxième occurrence, vous donnerez l’impression d’être armé d’une seule cartouche. Les expressions creuses du jargon de réunion sont légion. Leur fonction première n’est pas la communication, mais l’identification : on se reconnaît entre soi, on salue ses chefs, on manifeste son appartenance à la tribu. On reprend une locution mal appropriée, elle circule, elle se fossilise, elle entre dans la langue. Suite à. Sauf que, ou même les double sujets. Pas français, mais ça le devient par mimétisme, comme une faute de frappe qui finit dans le dictionnaire.

    « On va avancer sur ce sujet » : traduction simultanée, le projet est enterré. Il n’y a pas de responsable, pas d’objectif, pas de moyens. Enterrement de première classe.

    « Il faut qu’on monte en puissance » : catégorie y’a qu’à faut qu’on. Nous n’avons ni les moyens ni l’intention. Statu quo habillé en ambition.

    « Pour faire écho à ce qui vient d’être dit… » : à partir de là, il ne sera plus jamais question de ce qui vient d’être dit. Changement de sujet en douce, avec la politesse du cambrioleur qui referme la porte.

    « Je vais juste apporter une petite nuance » : désaccord total, avec anesthésie locale. L’ablation suit immédiatement.

    « C’est une piste intéressante, on pourrait regarder ça » : ton idée, tu sais où tu peux te la mettre ?

    Et puis il y a les faussement bilingues, dont le vocabulaire se limite aux éléments de langage d’entreprise : Asap, Benchmarker, Booker, Brainstormer, Debrief, Delivery, Insights, Pipe, Wording… Arrêtez. Je vais vomir. Pour ce qui est des latinismes, ils méritent un traitement séparé. A priori, a posteriori : souvent mal employés, toujours bien placés. De facto là où en pratique suffirait amplement. In fine, ipso facto, mutatis mutandis, ad hoc, modus operandi, statu quo, un latin de cuisine servi froid, pour faire sérieux à peu de frais.

    « In fine, on va benchmarker les quick wins de manière ad hoc. » Vingt-deux syllabes. Zéro information. Performance parfaite.

  17. 🐁Souris verte dit :

    810.. RÉUNION
    Pour l’élection de la première Majuscule on en était à la réunion de quelques locutions.
    Ce matin les ‘Et caetera! auxquels s’étaient joints intempestivement les ‘Pourquoi ça’. Il y avait eu du grabuge à l’arrivée des outre Manche des ‘Why not’ considérés comme ‘déviants’ car la traduction diffèrérait à un poil de… nez près. Mais chacun sait que les ‘Outre-manchots’ ne font rien comme tout le monde.
    Déja pour que les ‘Et Caetera’ aient une valeur ils devaient obligatoirement être précédés d’une explication souvent vaseuse et qui se terminait lamentablement par des et caetera… tant et si bien qu’au lieu d’en faire des caisses on les abrégea en ‘etc’.
    Réduits a trois lettres ils craignent leur disparition une extermination de la formule qui serait remplacée par une beaucoup plus brève et nettement plus péremptoire : et toc…
    Qui sonnerait le tocsin des Et Caetera.
    Donc il faudra voter…
    Alea jacta est…🐭

  18. Jean Marc Durand dit :

    Le jour où les et caetera

    Le jour où les étés vides, les ex étaient ras

    Le jour de divorce, mon ex était rat

    Le jour où, pour sûr, le sexe s’enterra

    Le jour où, va savoir, où elle erra, cette terrorisée Terre

    Le jour des autres et cetera, le jour où le grand et caetera s’entêta

    Pascal, sais-tu combien l’excès t’ira ?

    • Jean Marc Durand dit :

      Avant dernière ligne, « s’entêta et non s’enterra ». Pas réveillé, le Durand. Bon ouiquende à toustoutes!

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