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Et nous Patati, Patata, nous comptons pour du beurre ?
Oui toujours O ! Les mains ! O ! Les mains ! Et jamais A ! Les mains ou N ! Les mains ! ou J ! Les mains !
Oui nous ne sommes pas contentes nous les autres lettres de l’alphabet.
Attention, les humains nous allons faire un carnage sous peu !
Nous sommes prêtes à rallumer le feu !
Oui, nous revendiquons la suppression du O dans O ! Les mains ! Et que toutes les autres lettres de l’alphabet soient utilisées à sa place.
Justement toutes les lettres de l’alphabet, à part le O, avaient envahi la petite place du village.
Elles faisaient un tel vacarme que le maire fut appelé en catastrophe dans son champ de pomme de terre.
Car on pressentait que l’insurrection des lettres de l’alphabet était proche.
Par magie, les lettres elles se multipliaient, se répliquaient. Comme dans le film Fantasia avec la multiplication des seaux, des balais et des tornades d’eau.
Les lettres devinrent des dizaines et des dizaines.
La place du village grossissait également.
Peut-être était-ce l’œuvre d’un magicien caché ?
Heureusement que le maire arrivant très vite sur son cheval blanc, demanda encore plus vite l’arrêt immédiat de la révolution des lettres.
Celles-ci, sans se soucier du magistrat, devenaient toujours plus nombreuses.
Elles étaient maintenant plus de mille.
Certaines s’étaient mises à crier qu’elles voulaient renvoyer le maire dans sa mairie.
La situation semblait devenir incontrôlable,
Le maire, entouré de plusieurs de ses acolytes, commença à craindre pour sa vie. Surtout il ne voulait pas se voir ôter sa brave tête.
L’homme eut une idée bizarre. Il sortit un mouchoir blanc de la poche de son pantalon. Et il l’agita très fort au dessus de sa tête.
– Paix, paix, criait-il !
J’ai plusieurs amis sénateurs et députés poursuivit-il !
Ils peuvent facilement accéder à votre requête. Il suffit de leur demander.
Je vais le faire dès demain matin.
– On te croit pas hurlaient la plupart des lettres ! C’est un mensonge ce que tu dis !
Mensonge ! Mensonge !
Soudain un violent orage éclata. Avec un ciel complètement déchaîné.
Les lettres présentes sur la place, le maire, ses collaborateurs, cherchaient vite un endroit pour se mettre à l’abri.
Le malheur semblait fondre sur eux. Car toutes les portes, de toutes les habitations du village …, la grande porte de l’église, celle de la mairie aussi … toutes elles étaient fermées à triple tours. Impossible d’y pénétrer dans ces habitations.
Et il pleuvait des cordes.
La poisse, la chienlit … tous les mots y passaient pour décrire ce drôle de moment.
Et puis dans le ciel on entendit des sons bizarres. Qui devinrent progressivement plus distincts.
Oui c’était des Oh ! Oh !
À toute volée !
Oh ! Oh ! Comme si une bête demeurant dans ce ciel, qui chantait ces Oh ! Oh !
Et puis un autre mot, un peu fatidique, qui fut prononcé.
Oui c’était lui ! Mains !
Et cela fit Oh ! Les mains !
Et là on comprit.
Les occupants de la place du village, bien trempés par les trombes d’eau comprirent.
Que ce Oh ! Les mains ! On ne pouvait en venir à bout. Il était indestructible !
Qu’il était toujours là ! Presque éternel !
Ce Oh ! Oh ! Les mains !
– Oh ! les mains ! Je ne suis partie que quelques minutes et regardez-moi dans quel état vous êtes !
– Mais, Maîtresse, vous avez dit de sortir nos peintures que nous allions faire un travail manuel. Vous nous avez expliqué ce que c’était. Répond le premier de la classe.
– C’est vrai, Maxime, mais, pour un travail manuel, on peut également utiliser des outils et, en l’occurrence, il s’agit d’un pinceau.
La maîtresse a du mal à retenir son sourire face à la logique des enfants !
Elle pense aussi aux parents…et aux reproches si les mains ne sont pas impeccables.
– Bien, nous allons tirer parti de votre ingéniosité. Savez-vous ce que signifie : « ingéniosité » ?
Aucune main ne se lève.
– L’ingéniosité, c’est le fait d’avoir trouvé une autre manière de réaliser ce que je vous ai demandé.
– C’est bien ou c’est mal ? demandent les jumeaux.
– C’est même très bien. Vous avez fait ce que je vous ai demandé, mais pas comme je l’imaginais. Vous l’avez transformé à votre façon.
– Donc, maintenant que vous avez été ingénieux, prenez votre cahier de dessins, remettez de la peinture sur vos mains ou vos doigts et vous allez créer une œuvre. Qui peut me dire ce qu’est une « œuvre » ?
Toujours pas de réponse. Les enfants sont absorbés par leur création, entre couleurs et formes.
– Écoutez-moi les enfants. Une « œuvre », c’est ce que vous allez réaliser sur votre feuille de dessin. On parle « d’œuvre » parce que ce sera votre dessin à vous seul. Il sera unique. Votre voisin fera aussi une « œuvre » parce que son dessin sera tout aussi unique.
– Maîtresse, est-ce que je pourrai dire à ma maman que j’ai fait une œuvre ?
– Absolument, Juliette. Tu as parfaitement compris. Vous pourrez tous être fiers de vos œuvres.
Quelques instants plus tard…
– Ah non, non ! les enfants, on ne joue pas aux Indiens en se barbouillant la figure. Mes petits chefs-d’œuvre, allez vous laver les mains deux par deux. En silence parce qu’il y a d’autres classes qui travaillent.
– Je vous expliquerai ce qu’est un chef-d’œuvre…
Mais tous étaient pressés de montrer leurs œuvres !
– la prochaine fois…
Sa phrase se perdit dans une classe déjà vide.
–
Oh ! Les mains !
— Oh ! Les mains ! Oh ! Les vilaines mains ! Tu n’as pas honte de venir en classe avec des mains pareilles ! S’écria le maître.
L’enfant ne sait plus où se mettre ; il tremble, non pas de froid, mais de peur !
— Mais, mais… anone l’enfant, avant que l’enseignant l’arrête autoritairement.
Celui-ci apparaît aux yeux de l’enfant comme un géant, un monstre à la voix rocailleuse, il est terrorisé.
— Ce n’est pas ma faute, bredouille l’enfant entre deux sanglots.
— C’est peut-être de la mienne ? ironise le tortionnaire.
Ne lui laissant pas la possibilité de s’expliquer, il tourne l’enfant vers la classe et prend à partie les autres élèves ?
— Regardez-moi ces mains, pensez-vous que l’on puisse tolérer un tel comportement ? Pensez-vous que c’est respectueux pour nous tous ?
Aucun élève ne bronche, n’ose émettre un avis même approbateur, de peur d’être lui-même pris pour cible ! L’enfant baisse la tête. Il est certain que celui qui l’a fait tomber dans la boue doit le regarder et sourire de contentement.
Ce n’est pas aujourd’hui, qu’il pourra dénoncer celui qui le tourmente jusque dans ses cauchemars !
— Va te laver les mains et tu me copieras cent fois : « je dois avoir les mains propres quand je viens en classe ». Tu le feras signer par tes parents, bien sûr.
L’enfant, honteux, quitte avec soulagement cet endroit qui normalement est censé le protéger.
– Vous continuez toujours vos recherches historiques ?
– Ah oui carrément !… Ça me passionne !… Je vais à la bibliothèque tous les après-midis.
– Vous étudiez quoi ?
– En ce moment, je travaille sur le moyen âge et plus précisément sur la reine Berthe aux Grands Pieds et son mari Henri IV.
– Je vois…
– Et figurez-vous que je suis tombé sur une anecdote très intéressante.
– Ah bon ?
– D’après ce que j’ai compris, Berthe avait souvent de fortes démangeaisons au niveau de ses longs pieds. Au point que lorsqu’elle se grattait, on voyait des croûtes qui tombaient.
– Beeuurk !…
– Un jour, alors qu’ils déjeunaient à la table royale avec des invités de prestige. C’est-à-dire, un prince et ses trois fils venus d’Australie à dos de chameaux. La reine commença à se gratter les pieds sans aucune gêne.
– Dites voir, le menu c’était bien de la poule au pot ?
– Oui, parfaitement ! De toutes façons, on ne peut pas se tromper puisqu’ils mangeaient de la poule au pot tous les jours, sauf le 1er mai et le 14 juillet.
– Ah d’accord.
– Devant le comportement de son épouse, Henri IV fut très choqué et il s’exclama
« Haut les mains, ma mie, haut les mains ! »
Une façon de lui dire qu’elle devait remonter ses mains pour les laisser au niveau de son assiette. Fort heureusement pour les convives et les serviteurs, elle s’exécuta sans rechigner.
– Et alors, quelles sont vos conclusions d’historien chevronné ?
– Eh bien, pour moi, c’est évident. L’expression « Haut les mains » a été inventée par notre bon roi Henri IV et non par Napoléon comme le prétendent certains hurluberlus.
– Vous allez donc faire le nécessaire pour rétablir la vérité ?
– Oui, exactement. Il est grand temps de remettre de l’ordre et de la précision dans toute l’histoire de France.
Quel pied j’ai pris en lisant cette histoire ! Pas celui de Berthe !
Merci Michel-Denis, pour ce commentaire rigolo.
« Oh ! les mains ! » s’exclama Constantin du haut de ses quatre ans.
Il était planté devant un tableau immense fixé au mur du musée qu’il visitait avec sa classe.
Des mains dessinaient une fleur géante aux pétales multicolores. Elles semblaient vibrer comme des ailes de papillons. Des petites, des grandes, des douces, des rugueuses… Constantin ferma un œil et mesura sa main plaquée à distance sur une main d’enfant.
« C’est ma main » s’écria-t-il ! « C’est la même ! »
Il était tout excité. Il examinait ses mains, concentré. Il les découvrait. Il ne leur manquait qu’une couleur vive comme sur le tableau. Il y remédierait ce soir à la maison. De la peinture rouge sur la main droite, bleue sur la gauche. Il pourrait même les plaquer sur les joues de son petit frère avant que la peinture ne sèche. Ce serait amusant.
Sa classe continua la visite. Il ne pouvait se résoudre à bouger. Il scrutait les morceaux de doigts. Il y voyait des petits boudins. Des rayures traversaient certaines paumes (les paumes, c’est la maitresse qui avait dit que ça s’appelait ainsi). Elles dessinaient de petites rigoles comme au bout du pré de son grand-père, là où on trouvait parfois des écrevisses.
Constantin était subjugué. « Oh ! les mains ! » répétait-il en boucle.
C’est alors que la maitresse, essoufflée de l’avoir cherché, s’approcha de lui et très doucement lui dit « Constantin, tu viens ? J’ai acheté une reproduction de ce tableau et nous le dessinerons en classe. Ainsi tu l’auras toujours avec toi ».
Constantin sembla émerger d’un rêve. Il suivit sa maitresse, à regret.
Gilbert, Salvatore, Yves et Bernard, ils ont chanté les mains et quelles mains !
Celles de Bécaud dessinent dans le noir la forme d’un espoir
Celles d’Adamo veulent rester sur des hanches attirantes
Celle de Duteil prend celle d’un enfant dans la sienne
Celles de Lavilliers veulent travailler et ne le peuvent plus.
Couturiers, jardiniers
Brodeuses, coiffeuses
Violonistes, harpistes
Marionnettistes,saxophonistes
Ombres chinoises, danseuses indiennes
Emerveillez-nous encore par votre art et votre grâce
Mais aussi
Métallurgistes, garagistes
Serveurs, éboueurs
Chirurgiens, plasticiens
Aux mains sales, utiles, agiles, prestes, lestes, ne vous arrêtez pas.
Mains, accueillerez-vous encore un enfant qui naît à l’heure des robots ?
Mains, vous ne pétrissez plus notre pain ! Oui, c’est vrai, c’était dur, et déjà l’inénarrable Raimu, le boulanger de Pagnol, abandonnait la partie et se couchait dans son pétrin…
Mains, il y a bien longtemps, vous jetiez dans la terre les grains du futur pain ! Oui, c’était dur. Aujourd’hui, pas un Jean-François Millet pour célébrer le geste de la machine.
Mains, craignez l’intelligence artificielle, celle-ci a fini par se glisser dans le langage des signes que vous pratiquez pourtant depuis plusieurs siècles avec tant de savoir-faire.
Fines, épaisses, tannées, aux doigts manquants, déformées, potelées, élégantes, gantées, soignées, manucurées, dans les poches, sur le cœur ,verte, légère, lourde et de plus avec un poil dedans, vous êtes uniques et multiples. Oh ! Chères mimines, que vous êtes précieuses !
PS : je me rends compte que je n’ai pas écrit de fiction, c’est venu comme ça !
« Oh! les mains fantômes! » dit l’amputé des deux membres supérieurs
« Oh! les mains vertes ! » admire le rhododendron
« Oh! les mains courantes ! » s’afflige le policier
« Oh! les petites mains ! » s’enflamme le chef d’atelier de chez Saint-Laurent
« Oh! Les mains calleuses ! » gémit le maçon
« Oh! la poignée de main ! » susurre B.Chirac face à David Douillet
« Oh! le poil dans la main ! » se satisfait le paresseux
« Oh! le tour de main ! » s’extasie le céramiste
« Oh! la main au feu ! » assène l’homme toujours sûr de lui
« Oh! l’homme de main ! » loue le grand caïd
« Oh! les mains à la pâte ! » ordonne le boulanger à ses mitrons
« Oh! la main de maître ! » apprécie l’expert
« Oh! le cœur sur la main ! » remercie le SDF
« Oh! la seconde main ! » se plaint l’acheteur abusé d’un véhicule
« Oh! le coup de main ! » quémande l’éternel assisté
« Oh! les mains agiles ! » se plaint la victime d’un pickpocket
« Oh! le revers de main ! » gémit l’enfant giflé
« Oh! les mains douces ! » jalouse la manucure
« Oh! les mains maladroites ! » regrette l’amante insatisfaite
« Hou les mains ! » s’insurge l’usagère du métro harcelée par un gougnafier
« Hou les pieds » peste la même usagère en période d’affluence
-Oh! les mains ! La classe ! Qui t’as fait d’aussi jolis ongles ? demanda Claire envieuse de ces petits dessins brillants qui ornaient les ongles de son amie.
-Oh oui t’as vu ? C’est chez la coiffeuse du bout de la rue. Elle fait onglerie maintenant ! Elle a recruté une spécialiste des ongles très douée qui peut tout dessiner ! Elle connait son affaire sur le bout des doigts !
-Je vois ça ! C’est extraordinaire ! Je n’en reviens pas, ces nuances et ces reflets sont très jolis. Mais dis-moi, comment fais-tu pour faire la vaisselle, gratter la terre, faire le ménage, faire de la peinture, toutes ces activités que tu fais à longueur de journée sans les abîmer ? Tu ne prends pas de gants à chaque fois quand même.
-Et bien si, ne m’en parle pas…C’est même assez galère pour être honnête. Je passe plus de temps à les mettre, les enlever qu’à m’adonner à toutes ces taches que tu décris. Je me suis même demandé si je n’allais pas embaucher une personne de secours pour pouvoir profiter pleinement de mes beaux atours.
-Tu plaisantes là ? Tu en es là alors ? A la simple contemplation de tes ongles ? et ça nourrit suffisamment ton quotidien ?
-Mais non je plaisante ! Je m’organise autrement. Il faut les décoller au bout de trois semaines. Je fais donc des rotations dans mes activités.
-Tu restes trois semaines sans faire ta vaisselle ?
-Et bien oui tout à fait ! Chaque chose en son temps ! Je m’occuperai pleinement de mon jardin le mois prochain avant de refleurir mes mains. Je pense faire poser un dessin de fleurs de jasmin pour la prochaine fois sur un fond carmin. Qu’en penses-tu ? Ça en jetterait non ?
-Oh là là tout ça me dépasse…
-Oh ne fais pas ta mijaurée. Et toi avec tes tatouages, je ne te demande pas si tu vas les effacer…
-Pourquoi je les effacerais ? Ça ne m’empêche pas de faire la vaisselle et de jardiner !
-Non mais…Enfin disons qu’avec le temps, ils s’affaissent un peu. Ta peau n’est plus la même. Nous sommes plus de la première jeunesse. Cela flétrit voilà tout, sans vouloir te vexer… au moins moi avec mes ongles, rien ne tombe !
-haut les mains !
-Quoi ? Mais que fais-tu avec cette arme ?
-Haut les mains je te dis ! Tout de suite ! Tu crois peut-être que je vais te laisser m’humilier sans effet ?
Haut les mains, peau de lapin
La grosse en maillot de bain !
La grosse, c’était moi. J’étais le souffre douleur des garçons de la classe. Rien, ni personne pour me défendre.
Mais je n’en avais aucun besoin. Les maigrelets, qui se prenaient pour des costauds, étaient un peu masos. Parce que moi, les garçons, je fonçais dans le tas, je leur volais dans les plumes, j’arrachais les cheveux.. .
Ils le savaient, étaient sur leurs gardes et se tenaient prêts à s’éparpiller dès que je frémissais d’un sourcil. Celui que j’attraperai passerait un mauvais moment !
Les courageux courraient se réfugier près des surveillants. Là je bloquais : trop de risques. Ça m’énervait jusqu’à me défriser les anglaises !
J’avais déjà eu assez d’ennuis entre l’institutrice qui me conduisait en m’arrachant l’oreille chez le directeur, le directeur qui s’écoutait parler mais n’oubliait pas d’avertir le paternel.
Et le paternel avait des mains comme des battoirs et le geste vif. Il giflait plus vite que son ombre, ma mère hurlait. Et comme ça le fatiguait, il se requinquait en sifflant un petit canon. Et ma mère continuait de crier mais, après moi.
Chez nous, une routine s’était établie. Cela semblait immuable, et c’était bien.
La vie vous joue des tours pendables.
Un 1er. avril ma vie a basculé. Ce qui restait de mon enfance m’a été volé.
Sans tambour, ni trompette, ma mère m’a rapté. Ce verbe ne doit pas exister mais il est brute, violent, comme un coup de tonnerre dans le ciel. C’est ce que j’ai ressenti.
Voiture, bateau, elle m’ embarqué dans sa famille lointaine. Perdu tous les trésors planqués dans ma chambre, tous ces secrets qui n’appartenaient qu’à moi. Perdu à jamais !
Et cette famille que je ne connaissais pas, ils m’ont tous kidnappé !
J’ai bien essayé les « Haut les mains, les bas du front, les fils de putois… Mais ils ne jouaient pas le jeu. Ils me caressaient la tignasse en disant pauvre petite. J’avais la gerbe. Ça dégoulinait la barbe à papa.. Surtout mon cœur n’y était plus. On m’avait tué ma hargne.
Ce 1er avril, mon enfance s’est envolée. Je n’ai plus revu mon père. Il est mort avant mes dix huit ans, âge de la majorité. La vie est devenue terne et tout au fond de moi, j’en garde une pointe de nostalgie. Que serai-je devenu si… ?
Mais Pascal, tu as écrit : Oh ! Les mains ! et non pas : haut les mains ! ni bien sûr haut les eaux. !
Ben c’est trop tard. Je ne recommence pas ! Vive l’homophonie.
L’homophonie nous vaut parfois de très beaux textes. Merci Maguelonne. 🙂
Très beau texte triste et poignant Maguelonne. Les émotions restent intactes
Les souffrances enfantines donnent souvent de beaux textes
Je ne parviens pas à poster cette semaine?? curieux
Envoyez votre texte par courriel à Pascal
Il postera votre texte
— Oh ! Les mains !
C’est Odette qui a lancé ça, son verre de caïpirinha suspendu en plein vol, comme d’autres crient : « Au feu ».
Lucienne et Marguerite ont suivi son regard avec l’application de naturalistes chevronnées.
— Qui ? Où ? demanda Lucienne les yeux pires que des radars en alerte.
— Le brun, là-bas ? demanda Marguerite.
Odette haussa les épaules.
— Non, pas le brun, voyons ! La cible à deux heures, le blond… celui qui picore les cacahuètes. Regardez ses mains !
Un silence respectueux s’installa.
— Effectivement grandes, observa Lucienne.
— Et propres, ça c’est important, souligna Marguerite.
— Oui la propreté pour ce qu’on veut en faire et essentielle, … mais pas seulement, ajouta Odette avec gravité. Regardez les doigts… longs… souples… ça mes amies, c’est un homme patient. Pas de doute, il saura doser le rythme attendu.
Marguerite hocha la tête, comme si elle soupesait les mains en question.
— Moi, je me méfie des ongles trop courts. Mesdames, à nos âges avancés, on a appris que ce détail cache toujours quelque chose.
Malicieuse, Lucienne remarque.
— Des doigts longs dépourvus de bagues, ongles nets et pas rongés, c’est de bon augure.
Les trois coiffes de bigoudènes dodelinèrent positivement.
Enthousiaste ou plus aventureuse que ses deux copines, Odette affirma.
— Et les jointures… observez-moi comme elles sont marquées. Pour moi cet homme travaille de ses mains, ou tout au moins il sait s’en servir.
Un éclat de rire fit frissonner les trois septuagénaires.
— Dis-donc Odette, le cocktail te secoue un peu trop les neurones. Tu crois pouvoir deviner la vie des sexy boy, rien qu’en scrutant leurs phalanges ? Ricana Marguerite.
— Parfaitement ma chère. Les mains disent tout. Le reste n’est que bavardage.
— Je ne suis pas tout à fait d’accord, pour l’usage que nous leur réservons, je suis d’avis que la délicatesse des doigts, la propreté des ongles, limés de préférence, sont des bons critères, mais la souplesse du poignet est primordiale. Renchérit Lucienne.
À cet instant, un serveur passa près d’elle, plateau à la main. Trois paires d’yeux glissèrent aussitôt vers ses doigts.
— Oh ! Les mains ! murmura Marguerite.
— Aaah ! firent les deux copines.
C’est Odette, locomotive du trio qui réagit.
— Mes amies, nous avons je crois notre lauréat. La prise n’est ni crispée, ni molle. L’équilibre semble parfait. Le poignet ferme sans tremblement.Toutefois les supputations vont devoir laisser place à l’action.
Encore une fois les bigoudènes dodelinèrent.
— Jeune homme auriez-vous quelques instants de pause ?
Surpris le serveur resta cois devant ce trio de vieilles bretonnes.
Puis sur un air amusé, il répondit.
— Avec plaisir, je retourne poser mon plateau, et je prends ma pause avec vous.
Les trois vioques se réjouirent du moment à venir. Dès qu’il fut assis, Odette sortit de son baise-en-ville un petit fouet.
— Jeune homme pourriez-vous prendre ne main ce fouet et mimer des moulinets réguliers qui ne partent que du poignet ?
De plus en plus interloqué le serveur les regarda les yeux ronds.
C’est Lucienne qui capta son trouble la première.
— Nous ne sommes pas dérangées de la cafetière, jeune homme, mais à 85 , 87 et 84 ans, nous ne sommes plus suffisamment habiles de nos poignets assaillis par l’arthrose pour monter une mayonnaise pour la poule au pot de dimanche.
Incrédule le serveur s’exécuta, pensant elles sont si vieilles.
— Parfait, lancèrent-elles en chœur. Dimanche est sauvé.
— N’ayez pas peur, à nos âges on ne court plus après les hommes, mais un bon poignet ça ne se refuse pas.
Bravo Mijoroy ! Votre texte est plein de malice et de sous-entendus, j’aime beaucoup.
Oh! les mains !
Écrivez une fiction à partir de cette exclamation.
Vite, rampez vers moi s’écria Luisant. Dépêchez-vous, enfin ! Une fois la famille Lombricien réunie, tous s’écrièrent : Oh ! Les mains !
La panique s’empara d’eux. Ils ne connaissaient que très bien ces pinces d’une autre espèce animale.
Elles s’emparaient souvent de plusieurs membres de leur famille. Ils ne savaient pas au juste pourquoi. Des fois choyés, des fois décapités, ils se méfiaient des mains.
Luisant, plus dégourdi et curieux que ses congénères, leur fit remarquer que la posture des mains était différente.
Regardez, d’habitude les pinces vont vers le bas et là elles sont vers le haut. Curieux, non ? Je me demande bien pourquoi.
Oh ! Elles s’agitent ! On dirait qu’elles cherchent à nous atteindre.
En effet les mains semblaient s’étirer à l’infini. On entendait les craquements des articulations. Elles s’accrochaient les unes aux autres, à moins qu’elles ne cherchaient à les évincer.
La famille Lombricien chercha à se mettre à couvert, mais une brutale aspiration les propulsa à plusieurs mètres de hauteur, la laissant nauséeuse et le souffle court.
De leur côté, les mains cherchaient un point sur lequel s’accrocher. Les corps auxquels elles appartenaient étaient inexorablement tirés vers le bas.
Chacun luttait pour sa survie, mais leur destin semblait être scellé.
Les méninges tournaient à plein régime dans une cacophonie indescriptible laissant peu de place à la concentration.
Tellement paniqués par la situation, personne ne s’était rendu compte qu’ils étaient plongés dans l’obscurité jusqu’au moment où une immense lueur les frappa de plein fouet.
Pas le temps de réagir, que tous se mirent à tournoyer à une vitesse incalculable qui leur fit perdre connaissance.
A leur réveil, les mains et la famille Lombricien se tenaient côte à côte regardant le ciel.
Un panneau lumineux s’alluma sur la lune.
A vous les mains, tenez-vous à l’écart de mon postérieur. N’oubliez pas que c’est MOI qui vous stabilise.
Quant à vous les Lombriciens, désolée de vous avoir impliqués dans cette démonstration de mes pouvoirs. Tout comme moi, vous êtes indispensables, alors lorsque les pinces s’en prendront à vous, faites-moi signe.
La face cachée de la lune.
Oh ! les mains…
Ce texte, je le dédie à Émilie, ma fille. Lorsqu’elle est née, j’ai été émerveillé par ses toutes petites mains, ce qui lui a valu le surnom de « Mimine ». Je l’appelle toujours ainsi, alors qu’elle a bouclé sa quarantième année. Elle est ma « Mimine adorée » et elle le restera jusqu’à mon dernier soupir…
Au plus profond de mes souvenirs, je la revois, alors qu’elle n’a que quelques mois depuis son entrée dans le monde… notre monde, qui deviendra le sien au fil du temps. Je la regarde sans faire de bruit, comme si le moindre soupir pouvait interrompre quelque chose de fragile et de sacré. Elle est là, allongée dans la lumière douce du matin, et je ne sais pas encore qu’un simple mouvement de ses doigts va me bouleverser davantage que tout le reste du monde.
Ses mains apparaissent parfois devant ses yeux, deux petites choses imprécises, presque étrangères. Elle les fixe sans les reconnaître, comme on regarde une pluie qu’on ne sait pas encore nommer. Puis elle les approche de son visage, lentement, maladroitement, et je vois son regard changer. Il y a une hésitation, une question silencieuse. Comme si elle se demandait : est-ce que cela fait partie de moi ?
Je retiens ma respiration.
Ses doigts s’ouvrent. Se referment. S’ouvrent encore. Les ongles minuscules accrochent la lumière. Et tout son visage se tend vers cette découverte, concentré comme celui d’une savante, sérieux comme celui d’un vieux sage. Elle touche son propre poing, le tourne, le retourne, le scrute avec une patience infinie, comme si elle apprenait une langue que personne ne lui avait jamais enseignée.
Et puis elle les porte à sa bouche.
Ce geste me traverse. Elle goûte ses mains, les découvre par la chaleur et la salive, par la douceur confuse du monde. Elle fronce légèrement les sourcils, étonnée peut-être par cette texture, par cette intimité étrange. Moi, j’ai envie de pleurer sans savoir pourquoi exactement : est-ce la beauté de ce moment, ou sa simplicité trop vaste pour moi ?
Je pose ma main sur le bord du berceau, sans oser la toucher. J’ai peur de troubler ce dialogue silencieux qu’elle entretient avec elle-même. Parce que oui, c’est bien cela : elle se rencontre. Elle apprend qu’elle existe. Qu’elle est un corps. Qu’elle est quelqu’un.
Dans ses gestes encore hésitants, il y a déjà toute une vie qui s’annonce : toucher les visages, attraper les jours, tenir des mains aimées, peut-être, un jour, les relâcher. Mais, pour l’instant, elle ne sait rien de tout cela. Elle est seulement dans cette découverte première, absolue, presque vertigineuse : ces mains sont les siennes.
Je me penche un peu. L’odeur de son sommeil, de lait tiède et de peau neuve, me remplit le cœur. Elle bouge encore ses doigts, comme si elle continuait de parler avec eux, comme si elle répondait à une question que seule elle peut entendre.
Et je pense, très doucement, sans oser le dire à voix haute : je n’ai jamais vu quelqu’un rencontrer le monde avec autant de confiance.
Je me souviens aussi de mes mains qui ont guidé les siennes. Celles qui lui ont appris à boutonner un manteau, à tenir une cuillère, à écrire son prénom. Longtemps après, mes doigts ont gardé la mémoire de cette confiance déposée sur les siens. Il me semble encore sentir la chaleur rassurante de sa paume dans la mienne, comme une manière silencieuse de lui dire : avance, tu peux, je ne lâcherai jamais ta main !
Ce qui nous bouleverse réside souvent dans les plus petites choses qui, en fait, ne le sont pas. Car, par leur simplicité même, elles nous reconnectent à l’âme du monde.
Merci Gilaber pour ce très beau texte.
Bravo pour ce très bel hommage à votre fille.
Touché par cette déclaration d’amour à Mimine. Mention spéciale pour : « un simple mouvement de ses doigts va me bouleverser davantage que tout le monde »
Merci Nicolas.
Bien à toi.
Belle évocation !
beau texte , tendre, subtil avec ces petites mains s’ouvrant au monde …
Très beau texte Gilaber.
J’aurais aimé que mon papa m’écrive un tel texte
J’espère qu’Emilie en aura pris connaissance
Quel jolie évocation, Gilaber, sur les mimines de ta Mimine !
J’ai toujours été fascinée, émerveillée par la perfection des petites mains des bébés aux ongles si fins, si parfaits. Tu as rendu tout ton amour paternel, quelle chance elle a, ta fille !
Oh les mains !
Oh !… les mains !… s’était-il exclamé une fois affalé sur son siège de voiture, essoufflé d’avoir couru à perdre haleine. Son pantalon noir tout comme son sweat-shirt de la même couleur étaient plein de traces de peintures multicolores.
Il avait vraiment tout raté dans sa vie, son mariage, son divorce qui l’avait obligé à renoncer à la garde de son enfant tout comme cette maudite tentative.
Son espoir de revoir sa fille venait de disparaître dans cette épopée rocambolesque.
Personne ne l’avait reconnu, et avec sa tenue de camouflage personne ne retrouverait sa trace, c’était déjà ça…
Je m’étais pourtant bien préparé se fit-il la remarque J’ai visionné et revisionné l’attaque de la maternelle de Neuilly. Je savais qu’après la récréation du matin les enfants entamaient une activité assez longue, mais c’était sans compter avec les embouteillages qui m’ont considérablement ralenti.
Il avait hésité mais avait finalement décidé d’y aller…
Il était sorti précipitamment de sa voiture, il avait monté la volée de marche en courant tout en ajustant sa cagoule.
Il avait repéré les lieux quelques semaines auparavant déguisé en plombier, un jeu d’enfant ce jour-là.
Il avait alors poussé discrètement la porte de la classe et avait sorti son pistolet en plastique. En quelques enjambées il s’était retrouvé à son grand étonnement face à une marée d’enfants telle une ribambelle de petits poussins piaillant en se dirigeant vers les minuscules lavabos.
La petite troupe ânonnait la comptine que la maîtresse chantait pour les entraîner après le genre d’activité qu’ils venaient de faire : ’’ Mains en l’air, et en avant…’’
Au moment où il allait dire haut les mains,… l’air de la comptine lui rappela la même chanson qu’il avait chanté au même âge… mais les paroles lui semblaient avoir été différentes…
Il s’arrêta net et… toute cette confusion le déconcentra et il se dégonfla telle une baudruche.
Les enfants, pendant ce temps avaient continué à avancer et s’étaient heurté à son corps appuyant leurs petites mains pleines de peinture sur ses vêtements.
Il avait alors fait demi-tour en courant sans demander son reste.
Il souffla bruyamment… passa sa main sur son front, il allait mettre le contact quand il entendit cogner à la vitre latérale.
Deux gendarmes ouvrirent la portière et lui demandèrent de bien vouloir le suivre !
Oh les mains qui font, font, font
Les petites marionnettes
Ainsi font, font, font
Trois petits tours et puis s’en vont
Oh les mains qui servent de pattes
Au bébé qui a hâte
De se déplacer comme un grand
Chaud devant !
Oh la main qui dessine, certes, malhabile
Mais avec un certain style
Les lettres de son prénom
Bravo champion !
Oh les mains qui se salissent
Avec délectation
Pour décorer les murs du salon
Trop mignon !
Oh les mains qui s’allongent
En même temps que les pieds
Difficiles à chausser
Pointure de géant
Pour un tout neuf adolescent
Oh les mains qui tremblent
Au premier rendez-vous galant
Le cœur qui s’affole
Les jambes qui flageolent
Oh les mains qui caressent
Une peau qui sent si bon
Merveilleuses sensations
Oh les mains qui s’agrippent
Se cramponnent, s’accrochent
Au temps qui passe
Las !
Ce n’est qu’une illusion
Oh la main qui tient le crayon
Avec une seule mission
Immortaliser de notre vie
Toutes les saisons.
Très beau texte empreint de poésie Catherine
Merci beaucoup Françoise !
Un type, masque PPC sur la bouche, arme à la main, fit irruption chez la mercière et s’écria :
– Oh ! les mains ! c’est un hold-up !
La commerçante sursauta et d’un revers de main épongea la sueur qui perlait à son front. Remise de sa surprise elle lui répondit :
– Mon brave, vous ne voyez pas que je suis en train de vider ma boutique en déficit ? Je la tiens de mon aïeule qui avait une main de fer parmi ses gants de velours. Comme plus personne ne coud, ne serait-ce qu’un bouton, je n’ai plus les cartes en main pour en vivre. Je dois avoir quelques pièces jaunes dans mon sac à main.
Le gars, penaud, jeta son pistolet à eau sur le plancher en chêne qui fleurait bon la cire, et se dirigea vers la sortie.
– Hep ! fit la marchande. Si vous n’avez pas un poil dans la main, peut-être, pourriez-vous me donner un coup de main pour soulever ces cartons-là, en haut des étagères ? Avec votre gabarit, ce serait fait en un tour de main.
– Le problème c’est que ma mère, qui levait la main sur moi quand j’étais gamin, me dit encore que j’ai toujours deux mains gauches, que je n’ai pas la main verte pour l’aider au potager, alors je passe la main. Je me suis rendu compte que j’ai la main plus heureuse en braquant des petites vieilles, sans en venir aux mains.
La commerçante éclata de rire, applaudit des deux mains et se mit en position de kata :
– J’en aurais mis ma main au feu que vous ne vous entendez pas comme les deux doigts de la main. Et vous savez quoi ? Je m’en lave les mains de vos problèmes familiaux.
– C’est dommage, soupira le Arsène. Je pensais avoir la main heureuse chez vous, alors je passe la main.
Après lui avoir donné une poignée de main, pour se faire pardonner, il ne demanda pas son reste pour s’enfuir, paumes ouvertes devant son torse.
La vendeuse de fils, qui avait pourtant le cœur sur la main, s’empressa de déposer une main courante à la gendarmerie et apprit que ce gugusse était connu dans le quartier pour avoir la main baladeuse.
Savoureuse exploitation des expression avec la main
Vous avez la main sûre pour écrire un texte
Oh les mains.
Les mains en l’air.
Combien de fois ai-je tendu les miennes vers le ciel.
Pour que mon père revienne, du haut de son avion. Comme si j’avais le pouvoir, d’un geste, de le faire atterrir.
Pour qu’il me prenne la main, les rares fois où il était sur terre avec nous, je devenais invincible, alors.
Pour qu’il me hisse sur ses épaules et que, comme un grand, je vois le monde d’en haut, dominant, même les adultes.
J’ai eu l’occasion, à mon tour, d’éprouver ce bonheur indicible : Celui de prendre la main tendue d’un enfant, lui donner ma confiance.
Et puis un jour, mon père est mort. Dans la souffrance de son agonie, il me montrait ses mains, les regardait avec moi, pour me dire :
— Qu’ai-je donc fait de ma vie ?
— Tu as bien fait Papa et je t’aime.
L’émotion circule dans votre récit Nicolas. Un bel hommage à votre père. 🙂
🙏
Très beau 🙂↕️
Que d’émotions votre amour filial vous inspire Nicolas
Et m’inspire aussi moi qui ai beaucoup aimé mon père
Fierté, admiration, tristesse, manque et douleur transparaissent dans votre écrit
Haut les mains peau de lapin !
Messire Geoffroy fut interrompu dans sa rêverie par cette injonction souvent employée dans ses jeux d’enfant avec ses cousins.
Pensant qu’il s’agissait de l’un deux, il leva la tête en souriant pour se retrouver face au canon d’un vieux tromblon tenu par un homme mal fagoté à l’allure farouche.
– Que me veux tu manant ?
– La bourse ou la vie dit une voix étouffé par un chiffon cachant le bas d’un visage inconnu
– Sais tu à qui tu as affaire?
– A l’ un de ces seigneurs aux poches bien pleines
– L’ami tu t’égares, tu es sur mes terres et mes poches sont vides répondit Geoffroy, je n’ai pas pour habitude de prendre ma bourse pour aller rêver
– Dans ce cas j’échange tes beaux habits contre mes guenilles
– Pleines de vermine je suppose
– Oui et puantes car pas lavées depuis l’été dernier
Agacé le seigneur sortit une dague de son pourpoint
– Haut les mains à ton tour, sort de ma forêt sans plus tarder, gibier de potence
Encore tout ahuri de ce retournement de situation, le filou obtempéra sans demander son reste.
Geoffroy rentra chez lui tout guilleret à l’idée de partager cette aventure avec ses cousins.
Haut les mains peau de lapin, non mais vraiment!
802/ TROP VRAI
On va les pendre! J’ai un coutelas, c’est en rondelles que je les découperai ! Ho ! Les mains, je les avais bien lavées après l’avoir saigné. Ainsi complotaient ces hotes au petit matin. Cet épisode se passait en Calabre. Quel écrivain romantique nous a narré cette anecdote
? J’en appelle à votre mémoire pour le retrouver. C’était un quiproquo. Il crut être tombé dans un repère de bandits qui en voulaient à sa vie, quand il ne s’agissait que de lui offrir une tranche de jambon. Autrefois l’hospitalité était de mise. Les jeunes gens faisaient leur grand tour par l’Espagne, les îles de Malte, Sarde, Sicilienne, le sud toujours recommencé. Puis, avec un parfum d’orientalisme, il se répandirent tout Maghreb, avant les fastes de l’Arabie. J’attends une main tendue, la main sur le cœur, une main levée sur les malentendus. Que l’homoncule représenté dans mon cerveau avec sa main droite agrandie, mon double en somme dessine dans le soir la forme d’un espoir.🐻
trés bel éclairage sur les mains tendues, d’un côté pour demander, voire mandier et de l’autre pour aider, porter secours. L’humanité, quoi !
Oh! les mains ! Il n’y a rien de plus sensuel. De belles mains aux longs doigts, éventuellement hâlées, sont pour moi aussi attirantes que de belles jambes musclées…
A contrario, les petits doigts boudinés, pleins de saveur chez un très jeune enfant, ne le sont plus, chez l’adulte.
Même les mains expertes du pianiste sont un spectacle bien plus fascinant si les longs doigts caressent les touches au rythme du morceau en variant l’intensité de la vitesse ou de la force.
De telles mains posées sur le jean d’un pantalon peuvent vous amener à regarder quelle tête peut bien avoir l’individu assis à proximité de vous.
Les ongles soignés sur de telles mains sont un attrait complémentaire. Tous les gestes ont alors une grâce sans pareil : tourner les pages d’un livre ou, les mains enduites de farine pétrir la pâte d’un futur gâteau…
Au fond, il n’est pas juste qu’un attribut puisse exercer une telle influence. Quelqu’un peut avoir de l’humour, être un excellent bricoleur, parler plusieurs langues ou tout connaître de son domaine de compétence mais ne pas attirer avec autant de force parce que ses mains n’ont pas l’esthétique d’un autre qui lui, n’aura pas d’expertise mais donnera à rêver ses mains en communion avec votre peau.
Quelle phéromone pourrait bien jouer sur la vision que vous avez sur une seule partie du corps de l’autre ? Aucun article scientifique ne nous parle de cela. L’attrait passe par bien des canaux. Chacun de nous à ses codes propres et il est difficile de comprendre comment joue l’attirance des êtres les uns envers les autres.
Le plus important n’est-il pas de rêver et, quand c’est possible, d’approcher celui ou celle qui correspond à nos critères esthétiques ou intellectuels ?
– « Oh ! Les mains ! » S’égosille l’homme encagoulé et armé.
Mais la foule semble sourde ou indifférente.
Elle forme une vague lente et puissante.
– « Oh ! Les mains ! » que je vous dis ! Répète l’homme en s’égosillant.
Alors, s’extrait de la foule Fabrice Luchini qui dit à l’homme :
– Monsieur, mettez-y un peu plus de conviction s’il vous plaît !
Relevez la tête et tenez votre corps bien droit afin que l’on ressente la détermination.
Et puis ne prononcez pas « Oh ! » mais « HAUT ! »
La prononciation est très importante dans pareille intervention.
« Haut les mains » n’est pas une interjection de surprise… Mais une sommation !
Allez… Refaites-le pour voir ?
– Merci Monsieur : « HAUT les mains ! »
– Voilà, c’est bien mieux!
– Vraiment ?
– Je vous l’assure. Et Fabrice Luchini poursuit son chemin.
L’homme encagoulé, tout ragaillardi, se positionne corps bien droit et tête relevé.
Et alors qu’il pointe son arme avec détermination en criant « Haut les mains ! », s’extrait de la foule le metteur en scène qui s’écrie :
– Arrêtez… arrêtez… Vous n’y êtes pas mon vieux !
Avez-vous lu ce qui est écrit ?….. « Oh ! Les mains ! », et pas « Haut les mains ! »
C’est pourtant clair non ?
je te veux comme coach pour mon prochain braquage 😄
Chiche !
Une mise en scène très amusante ! 😀
🙏
Pardon Camomille d’intervenir dans votre récit. Mais, je dirais même que c’est « Haut les cœurs ! »… Oups ! on me dit dans l’oreillette que c’est « Oh ! Les cœurs ! »… bon ok, je sors mon intervention est au ras des pâquerettes…
Bon dimanche à vous.
🤭🙃
Très drôle…. A poursuivre
😊
Oh les mains …
Mains puissantes, rugueuses, rassurantes de mon grand-père jardinier, me guidant, enfant dans ses plantations . Impressionnée par la force, le contact rude, qui caressait les fleurs, effleurait les herbes, cueillait avec douceur fraises, framboise …
Fascinée par la peau tannée, des cicatrices qui me racontaient tellement d’histoires !
Plus tard, beaucoup plus tard, j’ ai retrouvé cette rugosité, ces expressions de puissance délicate avec les sculptures de L Bourgeois , Rodin
Aspérités lisibles de la vie …
Pourquoi les longues mains soignées, sans expression me laissent indifférente ??
j’ai cette approche courte et puissante de ce grand-père, à travers ses mains rustiques et la végétation fragile dont il a prit soin. Touché ❤️
Quand une main forte se met avec douceur au service de la vie !
Cela me parle beaucoup. J’aime votre texte. Merci. 🙂
Merci
802/ JEUX DE MAINS JEUX DE VILAINS
-La main baladeuse monsieur ? Retirez-la séance tenante.
Je vous y prends ! La main dans le sac ! Votre tête est mise à prix.
– Vous vous trompez complettement… C’est a se prendre la tête dans les mains !
– ou dans le sac si vous la perdez !
– ma main ?
– non ! Ça c’est au jeu.
– Au jeu ?
– oui…à la main chaude
et ma main à couper que vous n’y couperez pas !
– la main de ma sœur dans la culotte d’un zouave que c’est vous !
– c’est moi qui quoi ?
– c’est bien connu que c’est la poule qui chante qui a pondu.
– qu’est ce que c’est que cette histoire d’œuf et de cocotte ? C’est pour me perdre que vous me dites ça j’en mettrai ma main au feu… je sais ce que je sais… vous avez fait main basse dessus. Il n’y a pas à sortir de là.
– Vous n’y allez pas de main morte…
‐ En slip vous allez vous retrouver… une main devant une main derrière. Un point c’est tout.🐁
Bravo Souris verte, c’est une belle manière de prendre la main à contre-pied…
Bon week-end à vous.
😀😀😀
😂😂😂😂
😂😂😂
C’est un casse-pieds qui ne cessait de répéter : « Oh les mains ! » Il se méfiait, au propre comme au figuré, des mains sales… comme Sartre. Peut-être aurait-il préféré qu’on lui obéisse au doigt et à l’œil… Mais à force, tout le monde avait pris les jambes à son cou. Et de quelque côté qu’il tournât la tête, il ne vit plus personne. Il se tut donc, ce qui étonna certains qui lui dirent : « Tu te tus toi ! » Ce à quoi il répondit : « Oui, je l’avoue » Ainsi se finit l’histoire…
Oh, les mains ! Déjà ? Si tôt ? Encore un coup des climato serpillières ! Elles étaient là, posées sur les branches basses. Revenues de leurs migrations, elles se reposaient un instant, se limaient les ongles, se pommadaient l’épiderme tout en feuilletant leurs sobres lignes de vie. Puis elles soupesaient la terre reposée de l’hiver, passaient contrat avec les taupes pour aérer le chantier. Elles se frottaient l’une contre l’autre pour s’encourager du boulot. Elles tripotaient du bout des doigts les soi disantes mauvaises herbes, plantées là, du hasard. Hasard des chiures planantes des oiseaux, des gourmandises du vent. Les mains repéraient un chardon interdit, ne lui tordaient pas le cou. Elles curaient la fosse nasale du limon, déplaçaient la difficulté dans une pâture voisine, sans âne. Les mains redessinaient un possible jardin, sans allées rectilignes, sans arbustes trop taillés, fantômes de pompes aléatoires, de bites d’amarrage pour bateau fantôme. Elles caressaient les arbres fruitiers, en flattaient les écorces d’illusoires agrumes. Elles cueillaient sans gants les jeunes orties pour une soupe rafraîchissante. Elles se piquaient de savoir ne pas l’être. Connaissance et reconnaissance d’un passé écarté, d’un temps piétiné de mécanique, du plus simple des savoirs, mélange d’observation, d’expérience et de patience.
Les mains atterrissaient sur les genoux de l’homme. Tranquille, évacué des perturbations pauvrement sismiques des troupes mercenaires, celui-ci envisageait, respectueusement, de trouver le juste équilibre entre sa cabane et sa maigre forêt, presque primaire, ses cent mètres carrés entre l’ancienne voie de chemin de fer et le chantier du futur canal Seine Nord.
Les mains entre elles, se montraient du doigt. Faute de mieux, elles souriaient de leur petit programme, sans illusion.
LE JOUR SE LEVE
Le jour se lève
Tout doux mes rêves
Sur la rosée glissent
Ils frôlent la pointe
Des herbes fraîches qui bruissent
Mes mains jointes
Les portent au loin
Ils détricotent un seul nuage
Et tissent un poème sage
Sur une toile bleue
La rime se libère et se perd
Au vent s’opère LA LIBERTE.
Oh ! Les mains ! Ces mains qui se tendent vers nous. Suppliantes. Fatiguées de longues attentes, à hauteur de nos souliers pressés.
Elles racontent le manque, la pénurie, nos peurs.
Pour certains d’entre nous, il suffirait de si peu pour que ces mains soient aussi les nôtres.
Autrefois, elles étaient rares. Presque invisibles. Une exception que l’on associait à la chute d’un individu, à un échec isolé, presque honteux, que la société regardait de loin, comme on regarde ce qui ne devrait pas exister.
Aujourd’hui, elles ne surprennent plus. Elles se sont multipliées. Elles sont devenues le signe d’un glissement plus large, celui d’une société en tension, où la fragilité n’est plus marginale mais diffuse. Nous les croisons désormais partout : au pied des magasins, dans les rues passantes, parfois même aux sorties des transports.
Le cœur des hommes est froid… souvent. Les mains le savent. Certaines ne se tendent même plus : un simple gobelet vide parle à leur place.
Mais pour celui qui s’arrête, qui offre une pièce, un sourire, pourquoi cette gêne ? Pourquoi ce besoin, presque, de s’excuser ?
Peut-être parce que la main qui donne se tient au-dessus de celle qui reçoit ?
À moins qu’il n’y ait jamais eu de main au-dessus d’une autre, mais seulement des instants où l’on échange nos fragilités.
Bravo Béatrice, c’est un très beau texte. J’ai œuvré quelques temps au sein d’une association où l’être humain était au service de ses congénères… mais, je n’ai jamais vu de mains aussi tendues, malheureusement nous n’avions pas la capacité de satisfaire toutes les sollicitations…
Bon week end et prenez bien soin de vous.
trés bel éclairage sur les mains tendues, d’un côté pour demander, voire mandier et de l’autre pour aider, porter secours. L’humanité, quoi !
Très beau texte Béatrice. Touchant bouleversant même
Je ne pense pas que le coeur de toutes les personnes soit froid, égoïste …
Je crois que dans l’esprit de ceux qui donnenr, il entre aussi de la gêne et de la honte
C’est toujours ce que je ressens lorssque je donne
Bravo Béatrice de donner la parole, même détournée, à ceux qui l’ont perdue
Françoise