788e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Fabriquant d’horizons sur mesure recherche talents motivés.
Belles perspectives d’avenir si pas borné.
Merci d’envoyer votre lettre de motivation à BELORISON et Cie avant le 31 janvier 2026

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51 réponses

  1. Damasquine dit :

    Madame, Monsieur,
    Votre annonce a éveillé ma curiosité : par définition, l’horizon a de commun avec le gouffre l’absence de limites ; vous me confortez dans l’idée qu’on peut y mettre de la mesure.
    Comme bien des laborieux, j’ai exploré les entrailles de mon actuelle profession jusqu’à en faire largement le tour, en long et en travers également, en prenant le soin toutefois de laisser prospérer un recoin de curiosité, épargné par l’ennuyeuse répétition.
    Il faut dire qu’adepte de Soulages, j’ai expérimenté au plus près toutes les nuances de noir et confirme, pour reprendre les mots de l’artiste, que « le rapprochement d’un noir et d’un bleu a toujours quelque chose d’assez sensuel, on s’y livre avec une certaine volupté ».
    Une âme d’insurgé finit par émerger d’une motivation mise à mal, assiégée, torturée, prête à capituler sous le fardeau de l’ennui. Il suffit d’une étincelle pour que surgisse l’envie de voir dérailler ce train-train infernal et remonter à la surface.
    Que vos clients extraient du charbon de Montsou ou, sort plus enviable, du mithril de la Moria, ils méritent comme tout un chacun un bout de ciel céruléen à leur mesure.
    Je propose de mettre à profit mon expérience de transition chromatique en intégrant votre équipe de fabricants d’horizons et reste à votre disposition pour tout complément d’information.

  2. Urso dit :

    Oh Jathy que tu es si jolie ce matin !
    Te souviens-tu de ce vieux train poussif dans lequel nous nous sommes rencontrés un matin d’hiver.
    Et ces flocons de neigne qui tombaient qui tombaient.
    Tellement que la grosse locomotive n’a plus retrouvé son chemin dans la campagne blanche immaculée.
    Également cet horizon si lumineux qui n’arrêtait pas de nous faire des clins d’œil.
    Que je trouvais si bizarre de sa part.
    Voyant ma réaction tu m’as alors dit avec un regard très moqueur que ton nom de famille était … BELORISON.
    Et que ton papa cherchait depuis plusieurs semaines un vrai talent motivé pour sa maison … toutes les lettres de motivation qu’il avait reçues jusqu’à présent ne tenant pas du tout la route.

    Oh que l’univers semble petit ai-je vite souligné.
    Moi je suis un des plus grands génies de l’univers. Bardé de diplômes acquis à la sueur de mon front.
    Des kilos et des kilos de diplômes, tous plus blanc que blanc et bleus horizon champignon saucisson. Avec une flopée d’options.

    Et depuis ce jour là avec nos trois enfants on s’aime on s’aime.
    Et on bosse on bosse dans la charmante boîte de ton papa laquelle n’arrête pas de fabriquer réparer et surtout inventer de nouveaux confettis colorés d’horizon.
    Donnés gratuitement dans tous les pays du monde entier afin que les enfants et les plus grands s’amusent, s’amusent.
    Pour qu’on puisse oublier – il le faut bien – les petites et les grandes misères que nous pouvons rencontrer dans ce bas monde.

  3. Anne Le Saux dit :

    Madame, Monsieur,

    C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je pose ma candidature pour un poste de fabricant d’horizons dans votre société.

    Mes talents en la matière sont à la hauteur de ma grande motivation.
    Je m’explique. Je suis artiste peintre et la mer, où j’habite, est une source d’inspiration à l’infini. Chaque jour, je scrute l’horizon, je le façonne, le sculpte afin de le restituer sur mes toiles. Le soleil, la pluie, les embruns, le passage de bateaux … m’obligent à m’adapter. Au fil des années, je suis devenu un grand couturier d’horizons sur mesure.

    Je sillonne les côtes du monde entier à la recherche de nouvelles perspectives. Depuis quelques années, je me juche au sommet de montagnes en privilégiant celles qui m’offrent un panorama à 360°. Comment pourrais-je être borné avec une telle expérience à mon actif ?
    Aujourd’hui, j’ai le souhait de mettre mon savoir-faire au service d’une belle organisation comme la vôtre, porteuse de valeurs et d’avenir.

    Mon imagination frétille d’idées novatrices. J’ai hâte de vous en dire plus lors d’un entretien.

  4. mijoroy dit :

    Objet : Candidature – Chirurgienne artisanale des cœurs fissurés pour des horizons sur mesure.
    Monsieur, Madame,
    Votre annonce a retenu toute mon attention : fabriquer des horizons sur mesure suppose de savoir réparer ce qui empêche de voir loin. C’est précisément là que s’inscrit mon savoir-faire : recoudre les cœurs brisés et déboucher les horizons très obscurs et encombrés. Une spécialité rare mais, visiblement, très demandée.
    Après des années d’exercice officieux (famille, amis, collègues, inconnus dans les files d’attente), je souhaite désormais rejoindre une équipe professionnelle. Mon approche est simple : j’identifie le delta émotionnel – ce petit écart entre “tout va très bien” et “je vais peut-être manger un pot de glace de 1 litre, ou quatre tablettes de chocolat” — puis j’interviens avec un kit de suture psychique parfaitement rodé — aiguille empathique, fil certifié anti-drame, points parfaitement alignés : mes coutures tiennent au lavage, au choc sentimental comme aux rechutes amoureuses.
    Je travaille aussi en urgence. Je suis formée à toutes les situations critiques : trajectoire dans la purée de poix, brume des « morts vivants » (pour ceux qui vivent en Bretagne), buée sur les carreaux de lunettes.
    Rejoindre BELORISON et Cie serait pour moi l’occasion de mettre mes compétences au service d’un projet qui valorise l’ouverture, l’avenir et la capacité à ne pas rester borné, pour la survie émotionnelle de l’humanité — ou au moins de quelques patients motivés.
    Dans l’attente de votre réponse (que j’espère non traumatisante), je vous adresse mes salutations distinguées.

  5. Avoires dit :

    Horizon, zonzaine, zon zon
    Illusion, confusion
    Perspective fictive
    Ligne de fuite, bonne cuite
    Dégagé, bouché, limité
    Horizon, zonzaine, zon zon
    Avenir, devenir, mentir
    Visuel, réel, artificiel
    Lointain, hautain, incertain
    Ligne circulaire, imaginaire
    Horizon, zonzaine, zon zon

  6. Sylvianne Perrat dit :

    Fabriquant d’horizons sur mesure recherche talents motivés.
Belles perspectives d’avenir si pas borné.
Merci d’envoyer votre lettre de motivation à BELORISON et Cie avant le 31 janvier 2026
    Votre société Belorizon me séduit depuis toujours. À chaque fois, que je m’approchais pour postuler à ce poste créatif, peut-être imaginaire, ma lettre reculait. Mes mots se dérobaient. Dans mon parcours, j’ai maintes fois créer des horizons pour moi ou mes amies. Pour ma part, Je ne les ai jamais atteints. Ma myopie ne m’aide pas. C’est flou donc inateignable. J’ai un tas d’idées à vous offrir. Par exemple, offrir à vos clients un mirage ! Un joli mirage au bout du chemin, cela marche à tous les coups. Grâce à l’IA, on créerait un mirage adapté à chacun. Pour l’un, une plage aux Caraïbes, l’autre un solide compte en Suisse, pour certains le Paradis ou les 1000 vierges. Cet horizon idéal aiderait la personne à se lever, agir en espérant.
    On demanderait à chacun le 1er janvier, 3 vœux et on concocterait ainsi un horizon sur mesure. Celui-ci serait enrubanné de confiance, foi et crédulité.
    Plus le monde va mal, plus on a besoin de croire !

    • Béatrice Dassonville dit :

      Il est vrai que l’IA, le Métavers déjà peuvent autoriser ce genre de doux mirages, et pourquoi pas ? Ce serait mieux que des antidépresseurs, l’alcool ou le tabac. Le seul danger serait là, encore, l’addiction pour fuir le réel.
      Bon rétablissement chère Sylviane !

    • 🐁 Sourisverte dit :

      Plaisir de te lire…ok pour les mirages🐁

  7. Béatrice Priquel dit :

    Fabriquant d’horizons sur mesure recherche talents motivés.
    Belles perspectives d’avenir si pas borné.
    Merci d’envoyer votre lettre de motivation à BELORISON et Cie avant le 31 janvier 2026
    Le 03/01/2026,
    Objet : Lettre de Motivation
    Monsieur le directeur,
    L’annonce BELORISON et Cie, concise et surprenante, a vraiment retenu mon attention. Elle correspond à mes aspirations et comme je le pense, à la nature de mon ADN, comme vous allez pouvoir l’apprécier.
    Horizons sur mesure : Je vois l’horizon comme une combinaison de paramètres, tous fluctuants, comme l’air et l’eau. En fonction des paramètres choisis (dans l’écriture, mon sport préféré, le cadre donne un appui à la créativité), de la direction prise en fonction des vents (les vents du concepteur, du demandeur, de votre belle fabrique et des talents en votre équipe), l’horizon peut voguer sur l’imaginaire et la connaissance jusqu’à l’enfantement attendu, avec quelques circonvolutions, boucles de réalignement et d’enchantement progressifs.
    Ma patte n’en finit pas de s’élargir, je manie les univers divergents que je juxtapose avec humour grinçant et tendresse, poésie voire de petites pointes de philosophie. J’aime la chaleur pégagogue et m’y applique avec délectation. Ma générosité imaginaire s’essaye aussi à la science-fiction ou la fantasy, et peut s’étendre quelquefois à la satire ou à l’enquête policière comme au conte social.
    J’ai une ouverture toute particulière aux milieux entendus, le fameux terme de bordures en permaculture, l’endroit fécond pour les rencontres d’un nouveau genre. Ayant déjà fait quelques excursions dans l’océan à la frontière entre illusion et réalité duelle, j’aborde le récit initiatique issu de ma mythologie personnelle. Je mélange les registres sans hésitation et sans prétention.
    Je nous épargne l’estimation d’un délai de création. Sachant que le temps dépend du point de vue où l’on se place et de l’énergie d’action dépensée, mon temps Chronos passe toujours très vite quand je suis concentrée à mon oeuvrage, même si l’observateur extérieur perçoit ce temps de façon plus traînante.
    Ma nature s’est entichée de l’instant présent et quitte le réel déjà passé, avec facilité, pour engendrer de nouveaux mondes dans d’autres temps, Kairos, l’entre deux, non mesurable, immatériel et ressenti, ou Aion, le temps long qui touche à la destinée, et peut-être même, si vous insistez, à l’éternité.
    Je serai très honorée de faire votre connaissance, d’approfondir les modalités d’engagement et de concevoir en équipe, les mondes sur lesquels nous surferons ensemble.
    Disponible pour votre proposition, dès cet instant, avec pétillement.
    Je vous prie, Monsieur le Directeur, de recevoir mes plus vifs remerciements pour m’avoir donné l’occasion de me déployer sur ce papier.

  8. Rose Marie Huguet dit :

    Madame, Monsieur,

    Fort de quinze années d’expérience en ouvertorologie universelle, ce serait pour moi un grand privilège d’intégrer votre entreprise leader incontesté sur le marché des horizons.

    Rompre les codes, dessiner de nouvelles perspectives, élargir les horizons, ouvrir les champs des possibles telles sont mes aspirations. Curieux, ouvert sur le monde, mes expériences passées m’ont donné le goût du challenge, l’envie de créer, de construire, de modifier les horizons actuels trop bornés. La clairvoyance, la largesse d’esprit me qualifient parfaitement.

    Mon envie de bouleverser le conventionnel associée à votre expertise, feront bouger les lignes et de nouveaux horizons à la mesure de nos ambitions illumineront le futur.
    Ensemble levons le voile terne des actuels horizons pour en édifier des nouveaux, chatoyants et pleins de belles promesses.

    Dans l’attente de bâtir ensemble cet avenir prometteur, recevez, Madame, Monsieur, mes salutations les plus engagées.

  9. Maguelonne dit :

    Monsieur Belorizon,

    Vous êtes mon Père Noël. Quelle chance d’être tombé sur votre annonce. C’est pile-poil ce qu’il me fallait.
    A ce jour j’arrive au terme de ma neuvième vie de chat. J’ai donc une grande expérience et il est temps de m’envoler vers d’autres univers.
    J’ai l’imagination bouillonnante. Je suis prêt à toutes les métamorphoses. Je vais mettre mon habit de lumière, m’accaparer la lune et les étoiles pour les offrir à votre entreprise.
    Je serai créateur, non pas d’horizons sur mesure, mais tout en démesure. Je ferai valser les frontières et emporterai vos clients vers la magie, la folie…
    Ils en seront dingues et en demanderont encore et encore et encore plus.
    Vous deviendrez riche, très très riche. Je peux vous le garantir.
    Vous avez compris. Je suis votre homme. Vous pouvez retirer votre annonce. Et moi j’arrive.
    A tout de suite patron.

    Chat mûr pour de nouvelles perspectives

  10. MICHEL-DENIS ROBERT dit :

    MDR
    1 rue du Point de Vue
    51200 – DIZY-TOUT
    à Monsieur DRH
    Beloryzon and Co

    Objet : Votre proposition d’emploi

    Intéressé par l’annonce de votre journal « Projets » dont vous êtes de promoteur, je vous écris dans le but que vous reteniez ma candidature pour une période d’essai que j’espère transformer en embauche définitive.

    Sous l’angle de l’adaptation à votre équipe, je me permets de mentionner un objectif que j’ai suivi depuis que je suis lecteur de votre journal. C’est-à-dire que c’est celui-ci qui m’a permis de parfaire les différents points de vue que vous décrivez dans vos rubriques.
    Fort des expériences en tant qu’étudiant dans les entreprises dont vous développez, dans vos lignes, les motivations, leur progression, et les succès qu’elles ont obtenus grâce à leur créativité.
    Dans ma vie personnelle je m’inspire des qualités qu’elles prônent, qualités que je tiens à améliorer dans l’exercice de ma profession.
    Ci-joint mon CV qui pourra vous éclairer sur les aptitudes que j’ai pu acquérir en participant à leurs diverses activités.
    Je privilégierai l’impartialité, la curiosité, l’équité, le respect d’autrui et du public.
    Dans l’optique d’obtenir un entretien, à votre convenance, je joins les lettres de fin de stages relatant les spécialités où j’ai eu l’avantage de travailler.
    Dans l’attente d’un rendez-vous, veuillez agréer Monsieur DRH, l’expression de ma considération distinguée.

    Signé : MDR

    • Béatrice Dassonville dit :

      Bonjour cher MDR (Michel Denis Robert), félicitations pour votre initiative à rejoindre des entreprises vertueuses, et d’en cultiver déjà les belles qualités !

      • MICHEL-DENIS ROBERT dit :

        Merci Béatrice !
        Quand j’écris votre prénom, je pense aussi à la Béatrice de la Divine Comédie !
        Bonne Année 2026 !

  11. Gilaber dit :

    Lettre de motivation à la société BELORISON et Cie

    Monsieur le Directeur,

    J’ai pris connaissance de votre annonce relative au recrutement d’un talent motivé, auquel vous promettez de belles possibilités d’avenir, à la condition expresse qu’il ne soit pas borné. Cette précision a retenu toute mon attention, car si je respecte les limites du raisonnable, je n’ai jamais su m’accommoder des barrières mentales, des clôtures symboliques et autres lignes rouges que l’on trace par habitude plus que par nécessité.

    Je pense, Monsieur le Directeur, correspondre au profil que vous recherchez, et je vais m’efforcer de vous en convaincre par une présentation méthodique, comme il se doit dans toute candidature sérieuse, même lorsqu’il s’agit de fabriquer de l’horizon qui recule à chacun de nos pas.

    Avant toute chose, permettez-moi de préciser que je conçois l’horizon non comme une simple ligne optique, mais comme un outil de projection, un espace mental, parfois un alibi, souvent une excuse, et presque toujours une construction personnelle. Le fabriquer sur mesure implique donc une connaissance fine de l’humain, de ses illusions, de ses peurs, de ses stratégies d’évitement, de ses contradictions et surtout de ses mensonges intimes.

    Conformément à la fiche de poste, l’objectif est de définir des horizons adaptés à une clientèle très hétérogène. Afin d’optimiser notre efficacité, je propose de classer les clients non par catégorie socioprofessionnelle — méthode obsolète — mais par rapport à leur propre ligne de fuite mentale.

    Il y a d’abord les clients à l’horizon illimité.
    Ceux-là se projettent à l’infini. Ils ont toujours un projet de plus, une perspective au-delà de la perspective, et considèrent toute ligne d’arrivée comme une provocation personnelle. Leur horizon doit être vaste, spectaculaire, presque cosmique. Le problème n’est pas qu’ils manquent de vision, mais qu’ils refusent toute forme d’atterrissage. Avec eux, l’enjeu ne sera pas d’élargir l’horizon — déjà hors norme — mais de le rendre habitable sans provoquer une crise existentielle et il nous faudra aussi être prédictifs afin de satisfaire leurs éventuelles demandes de modifications.

    Viennent ensuite les clients à l’horizon fragmenté, amateurs de morceaux choisis.
    Ils collectionnent les débuts, accumulent les idées, s’enthousiasment pour tout ce qui commence, mais abandonnent dès que cela s’installe. Leur horizon ressemble à un patchwork de paysages inachevés. Ils exigent du sur-mesure modulable, reconfigurable, réversible, et changent d’avis à chaque éclaircie. Le risque majeur avec eux est la dispersion : trop d’horizons finissent par n’en produire aucun. Pour ceux-ci, il faut éviter que leur champ de vision ne ressemble à un puzzle dont ils auraient perdu la moitié des pièces. Ce qui revient à dire qu’ils seront difficiles à contenter parce que nous devrons éviter les risques de dispersion.

    Je distingue également les clients à l’horizon réglementé, strictement borné par des normes, des procédures et des objectifs trimestriels.
    Ils veulent voir loin, à condition que cela rentre dans un tableau. Leur horizon doit être rentable, chiffré, mesurable, justifiable et compatible avec les indicateurs de performance validés par la hiérarchie. Toute tentative de poésie est perçue comme une anomalie. Avec eux, le défi consistera à glisser discrètement une ligne de fuite entre deux colonnes Excel, sans déclencher d’alertes.

    Il y a aussi les clients à l’horizon inversé, que j’appellerai les chamboulés.
    Chez eux, le ciel est en bas, la terre en haut, et l’avenir donne le vertige. Ils avancent à reculons, persuadés que regarder devant soi est une prise de risque inutile. Le travail consistera moins à leur dessiner un horizon qu’à le remettre dans le bon sens, avec tact, patience, et parfois une notice explicative.

    Je n’oublie pas les clients à l’horizon rétroactif, les nostalgiques.
    Leur ligne de fuite se situe exclusivement dans le passé. Ils affirment que tout était mieux avant, y compris l’avenir. Ils veulent retrouver des paysages disparus, des sensations obsolètes, et réclament un horizon qu’ils ont déjà vu. Avec eux, il faudra accepter que l’horizon serve davantage de souvenirs que de projection, tout en tentant une légère réorientation.

    Viennent ensuite les clients à l’horizon emprunté.
    Ils vivent dans un paysage qui n’est pas le leur. Leur horizon est copié sur celui des autres : collègues, voisins, figures médiatiques ou modèles idéalisés. Ils confondent inspiration et mimétisme, et demandent du sur-mesure en fournissant un modèle standard. Le travail préalable consistera à démonter l’horizon existant, comme pour procéder à une désintoxication douce, avant d’en reconstruire un qui leur appartienne réellement.

    Il y a ceux à l’horizon balisé, rassurés par les lignes droites et les panneaux indicateurs. Ils n’aiment ni les surprises ni les détours. Leur horizon doit être visible, mesurable, garanti sans intempéries. Toute brume les inquiète, tout flou les désoriente.

    Il existe également les prudents à l’horizon volontairement réduit.
    Ils savent que le large existe, mais préfèrent l’ignorer. Par peur de l’échec, de la chute ou du choix, ils demandent un horizon discret, presque invisible. Toute ouverture les rend anxieux. Avec eux, l’élargissement devra être progressif, presque accidentel, sous peine de rejet immédiat.

    Pas bien loin, on trouve ceux à l’horizon bouché, saturé d’écrans, de contraintes et d’urgences. Ils ne voient pas loin, non par manque d’intelligence, mais par excès de pression. Il faudra dégager, désencombrer, parfois simplement entrouvrir une fenêtre.

    Les prudents à l’horizon rabougri, volontairement réduit. Ils savent que le large existe, mais préfèrent le contenir dans un cadre étroit, par peur de tomber ou de devoir choisir. Avec eux, l’élargissement devra se faire par touches progressives.

    Les impatients à l’horizon mobile, toujours en déplacement. À peine dessiné, leur horizon glisse déjà ailleurs. Ils confondent mouvement et progression, agitation et évolution. Ils exigent des perspectives dynamiques, changeantes, parfois contradictoires. Il faudra leur apprendre à s’arrêter sans leur donner l’impression de reculer en proposant un horizon stable sans les immobiliser.

    Les nostalgiques à l’horizon derrière eux, tournés vers un passé qu’ils estiment plus lumineux que tout avenir possible. Leur ligne de fuite est inversée, et le travail consistera à réconcilier mémoire et projection.

    Les idéalistes à l’horizon irréaliste, trop haut placé. Ils visent des ciels qui n’existent pas encore, parfois jamais. Le danger n’est pas l’ambition, mais la chute. À nous de leur proposer un horizon exigeant, mais habitable.

    Les silencieux à l’horizon flou, qui n’expriment aucune demande claire. Ils attendent que l’on devine. Ce sont souvent les plus complexes, mais aussi les plus reconnaissants, lorsque l’horizon proposé fait enfin sens.

    Enfin, les plus délicats : les clients à l’horizon perdu, véritables naufragés du temps.
    Ils n’attendent plus rien, ou prétendent n’attendre rien, ce qui revient au même. Leur horizon s’est dissous dans les renoncements successifs. Avec eux, il faudra redessiner un point de fuite minimal, crédible, presque modeste, mais suffisamment solide pour leur donner envie de relever la tête sans provoquer un rejet défensif.

    Monsieur le Directeur, vous le savez puisque c’est votre métier ; fabriquer un horizon sur mesure n’est ni un travail de géomètre ni une simple opération esthétique. C’est un exercice d’équilibriste, qui peut élargir ou rétrécir le champ de vision, stabiliser ou déstabiliser, rassurer ou réveiller.

    Je suis convaincu de posséder cette faculté indispensable, et de pouvoir contribuer efficacement au développement des activités de BELORISON et Cie, dans le respect de vos valeurs et sans jamais perdre de vue l’essentiel : offrir à chacun un horizon à sa mesure, ni trop haut pour décourager, ni trop bas pour enfermer.

    Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de ma considération distinguée, et de mes perspectives les plus soigneusement ajustées.

    • Béatrice Dassonville dit :

      Vous avez de bonnes chances d’être engagé cher Gilaber ! 🙂

      • Gilaber dit :

        Mais chère Béatrice, nous n’avons pas encore abordé le contenu des émoluments… salaire, primes, chèques restaurant, RTT, congés, les heures supplémentaires…
        J’attends vos propositions…

    • 🐁 Sourisverte dit :

      Oh la la… au rgrjet de ne pas avoir tout lu votre texte mais beaucoup trop long pour ma concentration. Je fais, a mon🩷défendant le deuil des fins.. 🐀

  12. iris79 dit :

    Boréale Aurore
    Rue des oiseaux
    12345 Espoir-Sur-Ciel BELORISON et Cie
    À l’attention de Monsieur Clairobscur, recruteur de l’entreprise Belorison
    Fait à Espoir-sur-Ciel le 3 janvier 2026

    Objet : candidature pour le poste au sein de la fabrique d’horizons
    Madame, Monsieur,
    Actuellement à la recherche de nouvelles opportunités professionnelles, j’ai relevé avec un vif intérêt votre offre d’emploi pour le poste de fabriquant d’horizons sur mesure.
    Fort de mon expérience en tant que préparatrice de météo et analyste des données et diplômée de la prestigieuse université de Predigton, j’ai acquis des compétences solides en projection informatique et modélisation d’avenir radieux que je souhaite aujourd’hui mettre au service de votre entreprise.
    Votre société, reconnue pour ses innovations reprises dans le monde entier, son sérieux et ses valeurs d’altruisme, au fort potentiel d’espoirs correspond parfaitement à l’environnement dans lequel je souhaite évoluer. Je suis très motivée pour apporter mes compétences à l’élaboration d’horizons lointains et proches, lumineux et prometteurs pour le plus grand nombre. Ma rigueur et ma capacité d’adaptation seraient des atouts pour intégrer vos équipes.
    Je serais ravie de vous rencontrer lors d’un entretien pour vous exposer plus en détail ma motivation. Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
    Aurore Boréale

  13. Nicolas Thebault dit :

    Fabriquant d’horizons sur mesure recherche talents motivés.Belles perspectives d’avenir si pas borné.Merci d’envoyer votre lettre de motivation à BELORISON…

    “Monsieur BELORISON,.

    La réputation de vos horizons artificiels n’est plus à faire. Ils permettent de fixer la limite entre ce que l’on voit, ressent et notre assiette réelle. Il est parfois si difficile, en avion, ou même à titre personnel, de savoir si l’on monte, descend ou restons stable vers l’infini et au-delà.

    Avec une double expérience en compas magnétique et orientation professionnelle, je vous propose d’évoquer avec vous au moins deux diversifications possibles pour votre entreprise. Il est trop tôt pour dévoiler toutes les autres, ce foisonnement serait contre productif et risquerait de boucher votre horizon. Un comble. . attendons de partager les deux compétences que je peux immédiatement vous apporter, pour un avenir sans limite.

    En espérant le plaisir d’en parler de vive voix.

    Adrien Lecap”

    Adrien reçut une réponse positive très rapide. En entretien, il développa ses idées.

    La différence entre une boussole et un horizon tient à leur fonction et à leur nature :
    sans visibilité (brouillard, nuit, forêt).
    C’est un repère intérieur et technique.

    L’Horizon marque la limite entre ciel et terre/mer, très utile pour déterminer l’assiette.

    La Boussole sert à s’orienter et donne une idée précise et mesurable de la direction à suivre

    Les deux sont parfaitement complémentaires et s’adressent au même marché aéronautique.

    J’ai pensé aussi à la métaphore de ses outils en matière d’orientation professionnelle : définissez votre objectif et gardez le cap !

    M.BELORISON, à la sensibilité sociale, engagea Adrien pour la deuxième option. L’entreprise n’ayant aucune notoriété dans ce nouveau domaine fut rachetée par son concurrent. Il avait, lui, fait le choix d’une diversification : horizon + boussole.

    Leur slogan ? Un cap, une trajectoire

  14. Nadine de Bernardy dit :

    A monsieur le Directeur de la Sociéte Belhorizon et Compagnie

    Monsieur

    J’ai découvert avec bonheur votre annonce.
    Au chômage depuis quelques mois, je souhaite faire carrière dans votre entreprise qui n’a plus à faire ses preuves.
    Je suis le Rayon Vert, l’insaisissable, fugitif, magique rayon vert que, dit-on, on peut avoir la chance d’observer une fois dans sa vie. Pour ma part, je suis en mesure de vous en fournir le spectacle sinon quotidien, du moins régulier et fréquent.
    J’ai plus de 150 ans d’ancienneté au sein de différentes sociétés dont Zenith and Co à Honolulu,qui a injustement rompu mon contrat sous couvert de manque d’intensité.
    Je puis vous assurer qu’il n’en n’est rien, je suis au meilleur de ma forme, ayant toujours effectué ma tâche efficacement.
    Ensuite j’ai exercé dans le Pacifique chez Tropical’s Sunset qui a fait faillite il y a deux ans.
    Depuis je fais des stages de perfectionnement afin de ne pas perdre la main et suis donc très performant dans mon domaine.
    Disponible immédiatement, très mobile , soucieux de faire mes preuves Ponctuel ,sérieux, point borné, je pense correspondre au profil que vous recherchez.
    En espérant que ma missive saura retenir votre attention, je vous adresse ,Monsieur le Directeur, mes respectueuses radiations
    Rayon Vert

    PS:
    je viens juste de recevoir ,et tiens à vous en informer, une proposition fort intéressante de la société : La Ligne Bleue des Vosges. Je compte sur vous pour faire le bon choix.

  15. Nouchka dit :

    Elle est bien bonne celle-là. Il y en aurait, maintenant, qui disent fabriquer des horizons sur mesure ? On n’arrête pas le progrès !
    L’horizon n’est-il pas infini ? L’horizon naît de l’imagination. Comment et pourquoi le dimensionner ?

    Quand le tableau de René Magritte, l’Art de la conversation, montre deux petits personnages s’éloignant dans les nuages ; l’horizon bouge au gré de leurs échanges. Les images poétiques brouillent la frontière entre réalité et imagination. Les obligations liées au statut se dissolvent et permettent de rêver.

    Dans l’adagio du concerto n°20 de Mozart, l’horizon est magnifique de sérénité, de calme et de profondeur. Le film, La Maison des Bories illustre cette liberté par un cerf-volant qui danse sur ce mouvement. C’est magnifique de légèreté et de beauté.

    Par contre, les obligations peuvent s’imposer comme, dans la fable de La Fontaine, où le Lion amoureux accepte d’être amputé de ses attributs et répondre aux exigences du père de sa bien-aimée : « Amour, Amour, quand tu nous tiens, on peut bien dire : « Adieu prudence. » » Le lion renonce à sa liberté, par amour et en meurt…

    Dans l’homme face à l’infini, l’imagination selon Blaise Pascal est, comme l’horizon, une puissance d’illusion qui domine la pensée et régit l’existence des hommes, abusés par l’apparence de la grandeur. « L’imagination dispose de tout. Elle fait la beauté, la justice et le bonheur qui est le tout du monde. »

    Malheureusement, l’horizon peut se montrer lointain et très incertain ; pour Olympe de Gouges, la rédactrice en 1791 de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne : « Article premier : La femme nait libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. Article X : Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales ; la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune : pourvu que ses manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la loi. »
    Olympe de Gouges a exigé que « liberté, égalité, fraternité » incluent aussi les femmes et a prouvé qu’une révolution peut devenir oppressive si elle exclut la moitié de l’humanité.
    Dramaturge, abolitionniste, philosophe politique, féministe et martyre, elle est Guillotinée le 3 novembre 1793.
    Dans son cas, l’horizon fut déterminé et limité mais avec le temps, l’Histoire lui a rendu « la tribune ».

    Enfin, comment cette personne, qui fête aujourd’hui même ses 101 ans, peut-elle souhaiter un autre horizon que celui de ses rêves. Alors, jeunesse, énergie et désir restent au rendez-vous.

    En conclusion, l’annonce d’emploi proposée ne correspond pas aux définitions et valeurs espérées. Sans obligation économique de devoir postuler, préférons-lui, l’horizon sans limite et échappons-nous vers la Beauté et l’Amour.

  16. camomille dit :

    Monsieur: je suis votre homme !

    – C’est moi qui ai fabriqué la porte des illusions en 2016. Le succès fut tel que j’ai du l’élargir à l’infini…

    – C’est moi qui ai fabriqué le tunnel de l’espoir en 2020. Le succès fut tel que j’ai du le prolonger jusqu’ailleurs…

    – C’est moi qui ai fabriqué la route ronde qui permet de ne pas se perdre en 2024.
    Le succès fut tel que j’ai du en imaginer une autre mais dans le sens inverse.

    J’ai aussi mis au point le bain de foule moussant, la porte qui ouvre loin, l’élargisseur d’idées et en ce moment je travaille sur un projet de chemin qui mènerait quelque part sauf les jours de pluie.

    Je me tiens à votre disposition quelle que soit la météo.

    BELORISON… Me voilà !!!

  17. 🐻 Luron'Ours dit :

    788/A L’OUEST

    Il est de grands oiseaux, empreints de sagesse.

    C’est du marabou qu’il s’agit

    Il a tout du héron au long cou

    Une plume d ́aigrette aussi

    Mais quel bec du coup

    Sans surseoir je me motive, j’exulte, je jubile, cette perspective c’est une colonnade, que dis je,une enfilade, un long couloir vers la gloire.Salut la compagnie Belorison.

    Veuillez agreer l’expression de ma motivation la plus considérable,au vu de l’année nouvelle,de tout ce qu’elle offre de projectiles de missiles de conciliabules,avec ma tant explosivité,que suppositoire à coller à la realité.🐻

  18. Alain Granger dit :

    En terme d’horizon 2026 je vous propose plusieurs candidats :
    – Vous avez tout d’abord le candidat yankee. Un gars y’en qui je n’ai pas du tout confiance. Mèche orange, regard dur, bouche veule. Non, ce n’est pas Georges Bouche. Malheureusement pour lui, ce dernier est devenu bush-trou en 2018. Non, celui dont je vous propose la candidature est un Donald mais lui n’a pas des seins animés de bonnes intentions. Ses dessins sont impérialistes et impérieux. « La vérité si je mens » est son film préféré. Mais lui, ne ment pas pour amuser la galerie mais pour l’abuser. Il s’est fait élire grâce à ses mensonges et à des promesses populistes. Sexiste, raciste, fasciste, il nous propose un avenir incertain qui peut basculer sur un caprice. En espérant que le caprice des dieux pour l’année qui vient aura un goût de paix, mais pas à n‘importe quel prix, sans Nobel pour lui, bien sûr. Pourvu que ce Donald, ce Républicain pas très Démocrate, ne nous trompe pas encore une fois en nous offrant un pet sur le trône de son WC en or massif.

    – Vous avez ensuite l’ours russe, le petit voyou de Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine, un plat roboratif pour les démocraties slaves et l’Europe. Un démocrate à la sauce KGB, l’école des présidents soviétiques puis russes. Ce Néo-tsariste sait obtenir les suffrages du peuple depuis l’année 2000 afin de rester au pouvoir en leur promettant de leur rendre la grandeur de la Russie. La rue, silencieuse, si imbue de son histoire prestigieuse de grand peuple résistant, voit en lui le futur Alexandre, celui qui va leur faire revivre la gloire de l’URSS. Chaque ancien pays le composant autrefois est une cible expansionniste possible dans les jumelles de cet autocrate qui dénie toute autocritique. Dans ce gouvernement les Siloviki (hommes de forces) passent avant les Oligarques (hommes d’argent). Aura-il la trempe de s’opposer à Trump ou à sauter sur Jumping, pardon Jinping ? Ou garde-il son meilleur les pays qui ne s’accordent jamais pour former une Europe unie ? l’avenir nous le dira.

    – Mon troisième candidat rit jaune en voyant la menace des deux autres. Il se Tapie dans l’ombre même s’il n’est pas au soleil de Marseille. Le parti-pris de Xi Jinping, régner sur le parti et la présidence chinoise depuis 2013. Il ne bride pas son pouvoir. C’est un citron pas pressé mais qui acide les relations internationales en usant de son influence en Afrique de manière subtile. Son pouvoir économique est immense. « Sur mon pacifisme, souvent oui, goure toi, naïfs occidentaux », se dit-il. A voir sa répression du peuple Ouighours, ils devraient rester sur leurs gardes. Des gardes frontières pour les tibétains et les habitants de Taiwan, c’est certain. Tandis que l’on est plus TEMU par les poupées sexuelles que la SHIN nous envoie, on achète de plus en plus de produits élaborés par de petites mains enfantines. C’est le nouveau communisme libéral, un paradoxe loin d’être un paradis. Attention, quand la Chine s’éveillera, la pire fuite rejoindra les paroles de Peyrefitte.

    Par ailleurs, les pieds d’argile de l’ancien peuple Persans se transperce de révolte démocratique, « Iran bien qui ira le dernier » a beau proclamer l’ayatollah, c’est plutôt « Là, y’a tôt là pour cette dictature » « La dictature Chiite, on va la fumer », proclament les étudiants dans les rues. Alors que l’Iran vacille, les 3 autres figures qui dominent le monde seront-ils vos prochains candidats pour vous, « Fabricants d’horizons » ?

  19. Jean Marc Durand dit :

    Madame la Directrice bien aimée.

    Moi, pauvre être humain, décrété de sexe masculin par la Grande Dame Nature, espère de votre immense mansuétude l’espoir d’intégrer votre vaillante équipe, boostée de main de maîtresse par la souveraine Béatrice, celle qui bientôt régnera sur le grand cercle imaginaire de la sphère céleste.

    Bien que n’ayant réalisé que de maigres courts métrages, aux perspectives un peu sombres et trop indécises, je pense avoir ma place, au sein d’une équipe motivée, vaillante, ne fuyant jamais face aux perspectives fuyantes d’un monde au bord du gouffre mais espérant toujours, selon les petits modèles du grand Léonard, s’envoler avant de chuter, vers des levants empourprés.

    Le jus d’espoir faisant survivre, j’ose envisager que vous vous pencherez sur mes capacités à serrer les cafés pour soutenir une écurie de pointe, celle nous évitant de n’envisager qu’une vie en rosse.

    Avant de rejoindre ma propre horizontalité, j’escompte bien de votre aimable courtoisie que vous me permettiez de vous démontrer mes capacités de balayeur de mots usés, de phrases creuses et de textes ampoulés. Je suis discret, facile à nourrir, capable de dormir n’importe où, sur n’importe quelle paillasse.

    En attendant votre imperceptible accord, je vous exprime mon plus grand respect et mes plus verticales salutations !

    Mr Durand, cette vie-là !

    • Béatrice Dassonville dit :

      Pour notre monde au bord du gouffre, l’espoir est peut-être permis. Tout est cyclique. Récemment, j’entendais cette magnifique métaphore : Le jardinier sait, qu’en plein hiver, la vie travaille sous la terre gelée.

      • Jean Marc Durand dit :

        Chère Béatrice! J’aime bien votre métaphore. Elle peut exprimer, au delà, que si l’exploiteur terrien est un saguoin, il sera même capable d’empêcher la terre de se reconstituer. Certains limons noyés ou désertifiés risquent de ne plus pouvoir nourrir l’humanité. Notre maigre travail de colibri risque d’être insuffisant. Demeurons vigilants et actifs!

  20. Béatrice Dassonville dit :

    Merci Gilaber, Souris verte, Michel-Denis Robert. Le thème de ce samedi m’a paru difficile. La contradiction entre la fabrication d’horizons  » sur mesure » et la recherche d’un talent « non borné » a réveillé ma peur des univers dystopiques. J’ai beaucoup lu sur le sujet (Le meilleur des Mondes d’Huxley , 1984 d’Orwell, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury). L’univers kafaïen, où l’homme est écrasé par une bureaucratie omniprésente, en fait également partie. Parfois, j’ai le sentiment que notre monde est sur ce point de bascule. Au plaisir de vous lire, très vite.

  21. 🐁 Sourisverte dit :

    Bonjour monsieur.
    En relisant votre proposition, il me paraît être possible que je sois votre homme. En effet je suis spécialiste des horizons ‘bouchés’. Les désespoirs et les causes perdues sont comme les pigeons a l’aile cassée, c’est chez moi qu’ils rappliquent. Je ne suis ni psychologue ni vétérinaire mais j’ai la ‘ pince à débloquer’ et ‘l’échelle de l’espoir’ qui me viennent de mes aïeux et qui se transmettent de père à enfant. Quant aux animaux, il en va souvent pour eux comme pour les gens : je les regarde profondément jusqu’a établir un terrain de confiance et même parfois ça les regonfle, ils reprennent de l’importance je dirais  » du poil de la bête  » ! Eh oui! Tout cela est basé sur ‘l’échange’… souvent bêtes et gens souffrent d’un manque de reconnaissance.
    Oh pour les ailes cassées, je ne me fais pas plus beau que je suis, je les héberge au chaud jusqu’à ce qu’ils puissent repartir ‘du bon pied’ si vous me permettez cette métaphore.
    Voila monsieur, je me propose dans la limite de mes moyens. Voyez si je conviens.
    Bien à vous
    Chaleur Humaine🐀

  22. Gilaber dit :

    Wouah Béatrice !
    Que pouvoir écrire de plus ? Il va falloir que je me creuse les méninges… là, dans l’immédiat… je n’ai rien au bout de ma plume. La page est lamentable blanche.
    Encore bravo !

  23. Béatrice Dassonville dit :

    Monsieur le Directeur,

    Comme vous pourrez le constater à la lecture de mon curriculum vitae, mon parcours professionnel s’est construit au fil d’expériences diverses, au cours desquelles j’ai su mettre à profit mon talent pour la fabrication d’horizons sur mesure, ainsi qu’une motivation jamais démentie.

    J’ai notamment participé activement à la conception du Truman Show, cet horizon parfaitement calibré qui a su convaincre pendant plusieurs décennies, jusqu’au jour où notre héros découvrit qu’il n’évoluait que dans un décor factice, au sein d’un univers entièrement falsifié et contrôlé.

    J’ai également collaboré à la célèbre série Le Prisonnier, où toute tentative de franchissement de la ligne d’horizon se heurtait invariablement à une gigantesque bulle dissuasive, rappelant avec efficacité les limites à ne pas dépasser.

    Par ailleurs, j’ai contribué à la réalisation de nombreux best-sellers se déroulant dans des univers carcéraux ou psychiatriques, où l’horizon — toujours soigneusement ajusté — ne se devinait qu’au-delà des barbelés ou des hauts murs de béton.

    Au fil de ce parcours, j’ai su me réinventer et endosser différents rôles. Je me suis ainsi improvisé prédicateur, rencontrant un franc succès à l’approche de l’année 2012, lorsque le calendrier maya annonçait la fin des temps. Il me suffisait alors d’activer les peurs les plus profondes pour que se dessine un horizon parfaitement conforme aux croyances de chacun.

    Plus récemment, j’ai exercé comme influenceur auprès d’une large audience sur les réseaux sociaux, surfant sur la vague New Age afin de proposer à chacun un horizon recentré sur son propre nombril.

    Fort de l’ensemble de ces expériences, je serais honoré de rejoindre votre grand média public. Je suis convaincu de pouvoir contribuer efficacement au cadrage de l’opinion, au maintien d’une douce hypnose collective, voire d’une confortable hébétude, par un réajustement permanent d’horizons multiples.

    Je me tiens bien entendu à votre disposition pour développer de vive voix les points forts de mon parcours lors d’un entretien.

    Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de ma considération distinguée.

    • 🐁 Sourisverte dit :

      C’est formidable… on vous engage tout de suite… 🐁

    • MICHEL-DENIS ROBERT dit :

      Superbement écrit. Génial ! Bravo Béatrice !

    • Jean Marc Durand dit :

      Bonjour Béatrice! Non seulement tu as de bonnes lectures, tu vois des images mouvantes interessantes et du coup ça rebondit sur tes écritures insomniaques. Cela a entraîné un rebond dans mon propre texte…texte qui pour l’instant ne passe pas, suite à, on ne sait quel mystère éditorial ou quelle censure galactique. Mais ça va viendre! En attendant, bonne journée, chez moi, neige!

      • Gilaber dit :

        J’ignore pour quelle raison aussi, mais j’ai connu ce problème. Pascal m’a demandé de lui adresser le texte par mail, il a pu le publier sans difficulté…

        N’hésite pas à le contacter.

    • Nicolas Thebault dit :

      excellente glissade de l’horizon sur-mesure à celui artificiellement limitè, merci !

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