782e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

À notre réunion, c’est chaud ce soir.
Les « Ah-ça-oui » sont déterminés à voter NON,
alors que les « Ah-ça-non » sont décidés à voter OUI.
C’est à n’y rien comprendre...

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30 réponses

  1. Mary Poppins dit :

    – Ça y est, bonne nouvelle, la loi est enfin passée ! C’est applicable au 1er janvier 2026.
    – Ah bon, quelle loi ?
    – A partir du 1er janvier, il faudra choisir de façon ferme et définitive. Ce sera obligatoire pour toutes les décisions personnelles. On devra se positionner soit dans le camp des « Ah ça oui « , soit dans le camp des « Ah ça non ». Sinon on prendra une amende salée.
    – Vous êtes sûr ?
    – oui, sûr et certain ! Sinon je vous en parlerai pas.
    – Oh la la… Encore une loi difficile à appliquer, une fois de plus !
    – Ah non au contraire, elle va nous simplifier la vie.
    – Mais comment ils vont faire pour savoir ce que les gens pensent dans leur tête ? Et pour
    détecter ceux qui hésitent pendant plusieurs jours ?
    – Tout est prévu depuis des années ! Ils vont utiliser les antennes 5G et des drones ultra performants invisibles à l’œil nu.
    – Ah bon ! Vous voulez dire que tous les individus seront suivis en permanence par un drone au dessus d’eux ?
    – Non pas TOUS les individus ! Uniquement les récalcitrants et les anti progrès, comme vous par exemple.
    – Ben dites donc, c’est spécial quand même. Je trouve que c’est super stressant comme système.
    – Mais non pas du tout !
    – Et la liberté individuelle dans tout ça ? Elle est où ?
    – Mon pauvre ami, vous êtes vraiment d’un autre siècle ! La liberté, de nos jours, c’est devenu un concept complètement ringard et inutile.
    – Ça dépend…
    – De toute façon, la plupart des gens ne savent pas quoi en faire de cette soi-disant Liberté.
    – Ça dépend…
    – Non croyez-moi, cette loi est carrément géniale ! On va vite s’y habituer, vous verrez !

  2. Maguelonne dit :

    À notre réunion, c’est chaud ce soir. Les « Ah-ça-non » sont prêts à voter OUI alors que les « ah-ça-oui » sont décidés à voter NON. C’est à n’y rien comprendre..
    – Et oui ma brave dame, on pédale dans la choucroute.
    – Ben moi, c’est dans la semoule que je patauge. Je prépare un couscous.
    – Miam, j’adore. Mais ça ne nous dit pas ce qu’on fait avec ces abrutis de cornichons.
    – Ils ont beau tourner en rond en se mordant la queue, ils sont bien dans la place et pas prêts à la quitter.
    – On pourrait aller au cirque ?
    – Le cirque, on l’a déjà. On pourrait faire une partie de pêche, on emmène le couscous.
    – OK, j’apporte une bouteille et l’ouvre bouteille, bien-sûr.

  3. À notre réunion, c’est chaud ce soir.
    Les « Ah-ça-oui » sont déterminés à voter NON,
    alors que les « Ah-ça-non » sont décidés à voter OUI.
    C’est à n’y rien comprendre… Les Normands, eux hésitent : Ptêt ben que oui…ptêt ben que non… Entre les non-dits et les bénis oui-oui, difficile de s’y retrouver. Les ultras ont décidé au pied levé de faire un vote à main levée. Les autres ont certes ouï dire, ils n’ont pas encore fait leur choix… Le compromis qu’on promettait ne semble pas encore au point.

  4. ourcqs dit :

    À notre réunion, c’est chaud ce soir.
    Les « Ah-ça-oui » sont déterminés à voter NON,
    alors que les « Ah-ça-non » sont décidés à voter OUI.
    C’est à n’y rien comprendre… sans compter les peut-être bien que oui et les peut être bien que non ..Toujours aussi hésitants . nous avons aussi les enthousiastes pro oui ou non MAIS …. il faut voir, comprendre, évaluer ..Nuances ou incapacité d’affirmer des avis bien argumentés ??
    Ceux qui voteraient pour le projet, mais sont contre les personnalités qui le défendent ..
    Soyons cyniques, les intérêts de chacun pèsent toujours ..

    Bonne soirée en compromis, compossibles !!!

  5. Françoise Rousseaux dit :

    – C’est à n’y rien comprendre, soupirait Mme M., maire de la petite ville de S. D’habitude, les conseillers du groupe majoritaire disent toujours « Ah ça oui ! » Et même si les trois conseillers de l’opposition proclament toujours « Ah ça non ! », le vote est acté. Mais là, juste pour un petite mesure, les voix sont inversées ! La majorité clame : « non ! » et l’opposition assène des « oui ! » souriants et massifs ! C’est la première fois que ça arrive depuis que j’ai été élue…

    – Mais quelle est donc cette mesure qui a inversé les pôles de ton conseil municipal ? demande Monsieur M, son mari

    – Oh, une petite mesure de rien du tout, une mesurette en quelque sorte..

    – Mais encore ?

    – En fait, pour moi ce vote n’était qu’une formalité. Du coup, je suis bien embêtée. Vais-je devoir émettre autoritairement un décret, sans l’aval de mon conseil ?

    – Si tu me disais…

    – Légalement, j’en ai le droit, mais la prochaine réunion risque d’être houleuse ; ça va être chaud, très chaud !

    -A ce point ? Dis donc, pour une mesurette ! Au fait…

    – Je tergiverse …Je me donne vingt-quatre heures de réflexion, mais quand même, si j’avais pu prévoir…(gros soupir)

    – Je comprends ton dilemme ma chérie. Si la majorité s’oppose, c’est embêtant pour la suite.

    – Pour la suite, je ne sais pas, mais dans le cas présent, c’est effectivement très embêtant…( re-soupir)

    – Eh mais ta mesurette, c’est quoi, au fait ?

    – Oh, trois fois rien ! J’ai juste proposé qu’on interdise la chasse le dimanche dans les bois communaux. Il n’y a vraiment pas de quoi retourner sa veste !

    -Interdire la chasse le dimanche ! Mais malheureuse, tu appelles ça une mesurette ! Et tu t’étonnes qu’ils ont tous dit non !

    -Non, pas tous, les trois conseillers de l’opposition..

    – Evidemment, ils sont trop jeunes, ils ne connaissent rien à la chasse ! Toi non plus d’ailleurs !

    – Là n’est pas la question. IL s’agit simplement de laisser la forêt à la disposition des promeneurs et des ramasseurs de champignons. Ne me dis pas que toi tu aurais voté contre, tu ne chasses pas !

    – Oui, mais je connais les chasseurs !

    – Et alors, tu n’aimes pas aller chercher des champignons le dimanche matin ?

    – Si, bien sûr, mais…

    – Tu vois bien. Bon, en tout cas, je suis ravie d’en avoir discuté avec toi mon chéri ! Tu m’as convaincue ! Je passerai outre le vote majoritaire et j’émettrai un décret. Ah ça oui !

  6. Anne Le Saux dit :

    À notre réunion du conseil municipal, c’est chaud ce soir.
    Les « Ah-ça-oui » sont déterminés à voter NON, alors que les « Ah-ça-non » sont décidés à voter OUI. C’est à n’y rien comprendre.

    L’adjoint préposé aux finances a fait un exposé clair, chiffré et circonstancié de la situation.
    La question est simple : allons-nous cette année – comme l’année dernière – renoncer à recruter un père Noël pour faire des économies budgétaires ?

    Le chef de l’opposition a fait valoir que le père Noël entretenait la magie de Noël aux yeux des enfants et que rogner sur son salaire revenait à économiser des bouts de chandelle.
    « Ah ça oui » lui a rétorqué son collègue du même bord, « c’est pourquoi je voterai NON ». Tout son camp s’est rallié à cette rhétorique.

    La majorité en place a soutenu la position officielle. L’adjoint aux affaires sociales et culturelles a mis en avant la présence déjà abondante de pères Noël, dans les supermarchés, dans les rues à l’initiative de l’association des commerçants, dans les films de Noël à la télévision… « Je vous le demande, un de plus aura-t-il une plus-value ? » ce à quoi a rétorqué son voisin de droite, acquis à la cause, « Ah, ça non, c’est pourquoi je voterai OUI ».

    La discussion s’est éternisée, a tourné en rond. C’est alors qu’une habitante non élue qui assistait aux débats a levé la main « J’ai une proposition à vous faire ; j’ai déjà un costume de père Noël que j’endosse chaque année pour mes petits-enfants ; j’ai du temps puisque je suis retraitée. Je propose donc mes services sans aucune rémunération ».

    « Ah ça non alors. Une femme père Noël ce n’est pas crédible. Je vote toujours OUI à la question posée »

    « Ah ça oui bien sûr. Je maintiens mon NON à la résolution à voter ».

    Le maire eut alors l’idée de génie qui mit tout le monde d’accord « Cette année, ce sera l’événement. Pour la première fois, une mère Noëlle sera de toutes les manifestations publiques ». Des applaudissements fournis ont entérinés cette sage et novatrice décision.

  7. Nouchka dit :

    Comme à chaque fois, l’ordre du jour de la réunion du Conseil Municipal appelle de nombreuses interrogations. Pour la prochaine réunion, nous avons, entre autres questions, une demande d’autorisation de brocante sur un lotissement pavillonnaire. Cette demande est la première du genre dans le secteur.

    Lors de la réunion du Conseil Municipal, Madame le Maire lit ce point numéro 11
    Le secrétaire de Mairie intervient pour rappeler aux élus qu’une autre brocante a été organisée l’année passée dans le quartier adjacent, rue de l’Est.
    – Ils pourraient s’entendre pour faire leur brocante simultanément rue de l’Est. Cela éviterait les déballages et déchets à ramasser le lendemain, propose l’un des élus ;
    – D’autant plus qu’il est nécessaire de fermer la rue à toute circulation ; autant que cela ne se produise pas plusieurs fois, ajoute un second élu ;
    – J’ai entendu dire que certains des exposants proposeraient de nombreux articles en étain, informe le secrétaire de Mairie ;
    – Bah ! Ils vendent les objets qui ne leur servent plus, c’est sûr ;
    – Je ne suis pas d’accord, objecte un 3ème élu. L’étain est un métal nocif pour la santé et l’environnement. Nous avons le devoir de faire respecter l’Article L2212-2 du Code général des collectivités territoriales qui stipule notre « soin de prévenir les pollutions de toute nature » ;
    – Et alors ? s’insurge Madame le Maire. Je ne vois pas en quoi nous devrions aller vérifier la qualité de chaque article exposé ! Nous ne sommes pas des chimistes spécialistes des composants des articles de ménage ;
    – Nous pourrions indiquer que les articles proposés doivent être conforme à la législation, suggère le 1er élu ;
    – Et toi, tu sais ce que permet ou interdit la législation en matière d’environnement ?
    – Par ailleurs, l’an dernier, nous n’avons rien indiqué aux exposants de la rue de l’Est. Le lotissement va penser que nous les discriminons en limitant leur possibilité de vente ;
    – D’abord, nous devrions déterminer si une seconde brocante sur la commune est bien légitime, reprend le 3ème élu ;
    – Les élections municipales sont dans quelque mois, ne cherchons pas à indisposer nos électeurs !
    – Et vous pensez que d’informer et de mettre en garde les citoyens pour préserver leur santé serait susceptible de leur déplaire ? Vous avez une curieuse façon d’analyser les choses, Madame Le Maire !
    – Vous parlez des articles en étain mais que savez-vous exactement sur le sujet, Monsieur Environnement ?
    – Je sais ce que j’en ai lu et je pense qu’il faut être prudent ;
    – A-ça-oui, quand ça vous arrange…Mais sans doute avez-vous lu également que les coquillages de nos côtés sont porteurs de particules d’étain nocives pour les consommateurs. Vous, Monsieur l’ostréiculteur, vous ne parlez pas de cette pollution-là ?
    – On sait très bien que ces pollutions viennent des pesticides et d’autres produits pour l’agriculture et l’industrie ;
    – Bien. J’aimerais savoir ce que produit l’étain, sur nos organismes ;
    – Pas de problème Madame Le Maire j’ai la liste à votre disposition. Vous avez les effets immédiats : Irritations des yeux et de la peau ; maux de tête ; maux d’estomac ; nausées et Vertiges ; transpiration importante ; essoufflements ; problèmes urinaires et les effets à long terme : Dépressions ; dommages au foie ; dysfonctionnement du système immunitaire ; altération des chromosomes ; carence en globules rouges ; dommages au cerveau (causant colère, désordre du sommeil, problème de mémoire et maux de tête)
    – Et bien, Monsieur Environnement. Auriez-vous la liste des effets sur nos organismes des récipients en plastique et autre poêle en Téflon ?
    – Excusez-moi, mais je voudrais témoigner. Je bois chaque jour depuis des décennies mon thé dans une théière en étain et je n’ai jamais eu le moindre mal de tête ou autre effet indiqué ;
    – On peut absorber des composés à base d’étain par l’intermédiaire de la nourriture, en respirant et par contact avec la peau. Mais il faut noter que certains anciens étains ou des étains provenant de l’étranger peuvent contenir du plomb ou d’autres métaux toxiques. Ces articles ne doivent pas être utilisés pour la préparation ou le stockage des aliments ;
    – Et bien, je ne pensais pas que ce point numéro 11, nous entrainerait si loin. Je propose de mettre au vote l’accord ou le refus de la demande de brocante. J’ajoute que nous pouvons dorénavant introduire dans notre réponse un petit paragraphe sur les risques de vendre ou d’échanger des objets non conforme à la législation. Qui vote pour un accord ?
    Bien, j’observe que nos élus sont bien réceptifs à ces problématiques ; nos habituels « A-ça-oui » se montrent frileux et sont majoritairement contre cette autorisation, alors que nos habituels « A-ça-non » se montrent d’une tolérance inhabituelle…mais ils sont minoritaires. Donc refus de la brocante. Point suivant numéro 12.

  8. Béatrice Dassonville dit :

    Merci Gilaber ! 🙂

  9. Gilaber dit :

    Les « Ah-ça-oui » versus les « Ah-ça-non »…
    S’enguirlander au Conseil Municipal

    À notre réunion, ça chauffe. Les « Ah-ça-oui » sont déterminés à voter NON, et les « Ah-ça-non » sont résolus à voter OUI. À ce stade, plus personne n’y comprend rien… Pourtant, pour la première fois, le Conseil Municipal est confronté à un dilemme apparemment insoluble.

    Une scène qui se déroule dans une ville moyenne, un Maire qui essaie de garder le cap au milieu d’un Conseil Municipal patchwork, et une opposition où même les initiales politiques ressemblent à une formule chimique instable.

    Dans la salle du Conseil Municipal, monsieur le Maire, sans étiquette et sans calme depuis vingt minutes, un peu dépassé, très essoufflé, passionné par les décorations, mais pas par les débats, affalé dans son fauteuil, le visage rouge comme une tomate cuite est au bord d’une apoplexie. Il tire sur sa cravate comme sur un accordéon pour dégrafer le col de sa chemise et tente de reprendre son souffle, tandis que la secrétaire témoin silencieux, figée, les mains suspendues au-dessus du clavier, assiste à la folie humaine des groupes d’élu(e)s. Elle n’en revient pas… mais que se passe-t-il ce soir, au point que les choses soient contraires à l’ordre habituel ? Cela fait maintenant trois heures que la réponse à une question pourtant simple n’est pas tranchée… doit-on s’en remettre à l’avis de l’Intelligence Artificielle pour définir les décorations de Noël de la ville ?

    Depuis l’ouverture de la séance, la première question de l’ordre du jour avait lancé une violente joute verbale entre les deux plus importantes représentations : les « Ah-ça-oui » et les « Ah-ça-non »…

    Le Maire, rouge comme un Père Noël cuit à la vapeur, reprend le fil du conseil :
    — Bon… récapitulons. Ceux qui étaient pour, sont contre, ceux qui étaient contre, sont pour… les écologistes votent pour des guirlandes, et l’opposition veut… me soutenir… Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer ce Noël parallèle ?

    Madame Pichon, présidente du groupe « Les Aquoibons », qui s’étaient distingués lors de la triste « épidémie de l’Aquoibonite », toujours rigoureuse et pince-sans-rire, mais, qui hésite encore sur la forme des guirlandes, souhaite apporter une précision :
    — Je ne dis pas que je suis prête à vous soutenir, mais… je suis favorable à consulter l’avis de l’IA. Parce que si ça rate, ce ne sera pas notre faute, mais celle de la technologie !
    — Madame Pichon, merci pour votre aimable attention. Mais je vois que monsieur Darlan du groupe « Ah-ça-oui » demande la parole :
    — Merci, monsieur le Maire. Moi, je suis contre pour demander l’avis de l’IA ! Une machine ne doit pas décider de nos traditions… sauf si elle propose le grand retour de la crèche vivante ! Madame Marceau, du groupe « Ah-ça-non », à tendance écologiste, s’empare du bâton de parole sans qu’il lui soit tendu :
    — Eh bien, nous, cette fois, on est pour. L’IA saura peut-être limiter les dépenses énergétiques, contrairement à certains projets antérieurs… (levant le menton, elle lance un regard appuyé aux « Ah-ça-oui », médusés, bouche baie.)

    Monsieur Darlan qui n’en est pas à son premier Noël, comprend que l’attaque lui est directement adressée :
    — Madame Marceau, je sais que vous faites allusion à mon farouche attachement aux traditions du village. Mais… le pauvre bougre est coupé dans son verbiage, par une deuxième salve de madame Marceau :
    — Oui ! Et même à celles inventées la semaine dernière. Lance-t-elle sur un ton ironique. Un rire secoue la salle du Conseil. Monsieur Darlan hausse les épaules en secouant la tête. Le Maire, exaspéré, se passe une main sur le front où suintent quelques gouttes de sueur et reprend le fil de la réunion :
    — Mesdames et messieurs, on va essayer… j’ai bien dit essayer de revenir à la question. Puisque personne n’est d’accord, nous allons demander directement à l’IA de nous apporter son aide ! Un murmure d’étonnement parcourt l’assemblée. Monsieur le Maire lance la question :
    — Chère IA, que proposes-tu pour les décorations de Noël de notre charmante ville de 42 000 habitants ?

    La voix de l’IA s’élève dans la salle, calme, neutre, presque zen :
    — Pour satisfaire toutes les sensibilités présentes, je propose ;
    Un sapin modérément lumineux.
    Une guirlande tricolore.
    Une crèche traditionnelle, mais en matériaux recyclés.
    Et un hologramme de Père Noël.
    Total estimé : 0 dépassement de budget, 0 polémique sur les réseaux sociaux, 0 migraine pour monsieur le Maire.

    Un lourd silence tombe sur la salle du Conseil.
    La secrétaire regarde le micro.
    Le micro la regarde.

    Puis soudain… un fou rire général envahit l’espace, même du côté des « Ah-ça-oui » et des « Ah-ça-non », l’hilarité est à son comble… La secrétaire reprend enfin possession de son clavier, comme si l’on venait de lever un sort.

    Madame Pichon, la main levée comme à l’école, mais qui semble en retard d’une crèche, profite du flottement, pour lancer à la cantonade :
    — Y aura-t-il aussi des rennes ? Des rennes qui pédalent… c’est une idée… insolite. Mais au moins, c’est français ? Ah oui pardon, j’oublie de vous dire que nous sommes favorables à la consultation de l’IA. Elle aura peut-être la décence, elle, de ne pas nous proposer encore un sapin « street-art » comme l’an dernier.

    Sifflement du groupe « Ah-ça-oui ». Marceau son président, se lève et les mains en porte-voix, s’écrie :
    — À quoi bon de rennes qui pédalent ? (Nouveaux rires dans la salle), porté par la ferveur générale, il reprend le cours de sa pensée :
    — Juste pour rappel, le street-art, c’était pour sensibiliser à la biodiversité. Le sapin était un concept.

    Monsieur Darlan (Ah-ça-oui), gonflé comme un dindon farci, lance en ricanant :
    — Un concept ? On aurait dit un insecte de quatre mètres qui avait mangé une boîte de feux d’artifice ! Et VIVE les vraies traditions, comme le sapin en plastique de mon enfance !

    Le Maire, solennel, lance un appel au calme :
    — Mesdames et messieurs, s’il vous plaît ! Je propose qu’on fasse un vote simple : est-on d’accord pour utiliser l’IA comme outil de proposition, tout en gardant le dernier mot ?

    Considérant que leur libre arbitre est préservé, les groupes acquiescent. Même les « Ah-ça-oui » et « Ah-ça-non », dont on ignore totalement la motivation originelle, votent enfin ensemble.

    Madame Pichon, toujours pince-sans-rire,
    — Au pire… si ça ne nous plaît pas… On dira que c’est un bug.

    Monsieur Darlan,
    — Ou qu’il s’agissait d’une ingérence informatique étrangère !

    Le maire, soulagé, mais pâle comme un sapin artificiel :
    — Très bien, la majorité relative en inversion cyclique a parlé, la proposition est adoptée à l’unanimité… Mes chers ami(e)s aux divergences opposées et contradictoires, ce soir nous sommes entrés dans l’histoire de notre ville. Grâce à votre acharnement à vouloir soutenir tout et son contraire, nous sommes parvenus à résoudre un conflit politique majeur, que nous devons à une crèche recyclée et un hologramme de Père Noël. Merci pour notre ville !

    Moralité finale

    Quand tout le monde est d’accord… ou que personne ne soit d’accord, autant demander son avis à une IA qui n’a aucune ambition politique, aucun intérêt caché, et surtout : aucune envie de présider la commission d’éclairage public.

  10. Rose Marie Huguet dit :

    L’association des Ah-ça tenait sa réunion mensuelle. Le sujet qui allait être traité ne donnait pas de sueurs froides au président, bien que le risque que les discussions dérapent n’était jamais bien loin.
    En effet les membres se divisaient en deux groupes : les Ah-ça-oui et les Ah-ça-non. Systématiquement les réunions tournaient au vinaigre. Le président, était le Ah-ça-calmos.
    A l’ordre du jour la validation de la cotisation annuelle, identique à celle de l’année précédente.
    Le club des oui, aucun souci à se faire, quant aux non dur de s’imaginer qu’ils brandissent leurs pancartes. Si tout se déroulait bien, en trois coups de cuillère à pot la réunion ne durerait que quelques minutes et chacun pourrait rentrer chez lui. C’est ce que pensait le boss.

    Sauf que les mouches avaient changé d’âne.

    Une fois tout le monde installé, le président prit la parole. Je pense, dit-il, que cette réunion ne devrait pas excéder le quart d’heure. Nous avons juste à valider le montant de notre cotisation. Passons donc au vote à main levée. Qui est pour ?
    Des mains se levèrent. Décontenancé, le président compta.
    Qui est contre ? Les mains qui se levèrent l’ont laissé pantois.
    Silence oppressant. Les pour et les contre se dévisageaient prêts à se voler dans les plumes.

    Avant que la réunion ne tourne au pugilat, le président se leva et tonna : calmos !

    Il avait de quoi être inquiet. Il ne s’était jamais trouvé dans une telle situation. Ils avaient tous retourné leur veste. Les Ah-ça-oui votèrent non et vice-versa.
    Bien, dit-il. Le résultat est 12…
    Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que les coups de gueule éclatèrent. Chaque camp accusait l’autre de renégat. Une chose était sûre, ils avaient tous changé leur fusil d’épaule mais personne ne voulait l’admettre. La situation devenait inextricable. Impossible de comprendre ce revirement. Les oui disaient non au montant, trop juste à leurs yeux pour les projets prévus. Les non disaient oui car leur pouvoir d’achat était en berne. Foutaises ! Ils avaient juste besoin de s’écharper. D’ailleurs si on leur avait demandé le montant de la cotisation et à quoi elle servirait, ils auraient tous été bien en peine d’y répondre.

    Ah-ça-calmos tentait de jouer les arbitres. En plein milieu de la mêlée, il essayait de ramener le calme, en vain. Les ex Ah-ça-oui exhortaient les ex Ah-ça-non de dégivrer leurs neurones, de faire face à la situation et de changer de posture. Quant à ces derniers, ils reprochaient à leurs adversaires leur cupidité enfin dévoilée et leur fourberie.

    Si une solution n’était pas trouvée rapidement, ils allaient s’enflammer encore plus. Tout ça pour une misère de quelques euros.

    CALMOS ! Les hurlements ne baissèrent que d’un décibel. Le président furibond, chopa un oui et un non, les entraina vers la sortie, verrouilla la porte vers laquelle les non-oui et les oui-non se précipitaient.
    Maintenant vous allez m’écouter. Je ne sais plus à qui je m’adresse, mais la situation est intolérable. J’exige de vous que vous trouviez un accord et que vous l’imposiez aux autres membres. Stop ! Je ne veux pas vous entendre. Vous avez 10 minutes.

    Le président s’éloigna. Il vit les deux négociateurs commis d’office échanger de plus en plus vertement. Il entendait OUI, NON inlassablement. Le temps écoulé, il s’approcha. Il n’a même pas eu à leur demander s’ils s’étaient mis d’accord, leurs expressions indiquant clairement que chacun continuait de camper sur sa position. Très bien, rentrons.
    A l’intérieur l’ambiance était électrique. Il regarda l’assemblée et leur dit :
    Vu que nous n’êtes pas en mesure de vous mettre d’accord, que vous campez sur vos positions sans aucune forme de réflexion, j’annule le vote et le remplace par une course de caisses à savon. Le premier à l’arrivée fixera le prix de la cotisation.

    D’abord déconcertés, les membres approuvèrent par un immense éclat de rire suivi d’applaudissements. Pour une fois tous d’accord les Ah-ça s’en allèrent la tête remplie de plans afin de préparer la plus belle et résistante des caisses.

    Reste à voir ce qui allait se passer lors de l’arrivée.

  11. iris79 dit :

    La routine des élections sans vague était tellement une évidence que cette annonce fait l’effet d’une bombe. Mais que se passe-t-il ? Les gens se remobilisent-ils vraiment ? Est-ce une façon d’aller vers l’autre ? Mais ils vont se croiser sans se rencontrer ! Quoi que se croiser est le début d’une rencontre ? C’est mieux que de s’opposer complètement ? Tout le monde était chamboulé de ce chambardement. Etait-ce une fausse alerte ? C’est que le sujet était épineux. Il s’agissait de voter pour la mise en place d’une session de travail ou les « ah-ça-oui » et les « ah-ça-non » seraient mélangés pour travailler sur des sujets communs. Et pour une fois, l’un des groupes faisait un pas. Et pas celui que l’on attendait. Au moins on avançait, enfin, peut-être. Il fallut plusieurs sessions pour arriver à ce que tous se retrouvent dans un « peut-être », ce qui était déjà un événement en soi même si deux ou trois personnes de chaque camp avaient démissionné, incapables de faire un pas vers l’inconnu. Mais tout n’était pas gagné. Même si les deux groupes s’étaient fondus dans celui des « peut-être », ils n’étaient pas au bout de leurs efforts et l’on était souvent au bord des « jamais plus jamais ». Heureusement, le médiateur toujours présent, véritable acrobate diplomate, usa de tout son talent pour que bon an mal an, des idées, des débuts d’accords émergent de ces discussions parfois électriques. L’équilibre était fragile et les investissements devaient être soutenus et constants.
    Ainsi on arriva à un groupe de « pourquoi pas » qui se mua, incroyable, en un « oui mais ». Des semaines supplémentaires furent nécessaires pour voir émerger un groupe de « possible » et le miracle (de noël sans doute) fut de lire sur le parvis de la mairie le nom du nouveau groupe « ensemble »…

  12. CATHERINE M.S dit :

    Qu’est-ce que c’est cette histoire ?
    A notre réunion c’est chaud ce soir
    Les « Ah-ça-oui » veulent voter Non
    Nom de nom !
    Ils ont déserté la galaxie
    Des « béni oui oui »
    Sapristi !
    Mais qu’est-ce qui leur a pris
    De tourner casaque ainsi
    Révolution ? Rébellion ?
    Séduits par le charisme du Non
    Qui, ce soir, multiplie les promesses
    Et dans leur dos à profusion
    Les caresse ?
    Je m’émeus de cette soudaine rétractation
    Une sorte de palinodie
    Un sacré revers pour le oui
    Jusqu’alors souverain en son pays

    Et que dit le maître de cérémonie ?
    Il semble ravi
    Lui qui déteste tant le oui
    Son credo c’est le Non
    Même s’il ne l’a jamais avoué
    Je l’avais un peu subodoré
    Il a depuis longtemps
    Choisi son camp
    Très peu pour lui
    Le règne aveugle du consentement
    Mes amis, la réunion n’est pas finie
    Mais je crains une guerre des clans…

  13. Nicolas Thebault dit :

    Entre2lettres – 23/11/25 – Nicolas

    À notre réunion, c’est chaud ce soir.
    Les « Ah-ça-oui » sont déterminés à voter NON, alors que les « Ah-ça-non » sont décidés à voter OUI. C’est à n’y rien comprendre…

    Il faut dire que dans ce village de Oui-oui-sur-glotte, les membres du conseil étaient, depuis toujours, des Oui-istes inconditionnels. Tous les conseillers municipaux étaient d’accord sur tout. Ils votaient unanimement OUI à chaque décision : détruire le rond-point, reconstruire le rond-point, le repeindre en bleu, puis en rouge …

    Un jour, un vote NON était venu ternir cette belle harmonie. On chercha qui était le traître, mais pas longtemps, car les décisions étaient prises à main levée. Le propriétaire de la main en question, un gars pourtant assez timide, l’avait levé à la mention NON. Il ne s’est même pas abstenu. Peut-être l’a-t-il fait par erreur, sans le faire vraiment exprès, ou aurait-il perdu la raison, ou venait-il d’être victime d’un AVC ?

    L’auteur de ce schisme maintenait son vote, tout en se déclarant sain de corps et d’esprit. On le fit examiner par le médecin du village qui confirma sa bonne condition mentale et physique.

    Le chaos s’est alors installé dans ce village jusqu’alors sans histoire. Les habitants se divisent à parts égales entre ceux qui étaient contre ceux qui étaient pour et inversement. Les médias nationaux débarquèrent et la ville devint un symbole de résistance, sans raison valable.

    Un mystérieux virus démocratique se propage : les conseils municipaux ne peuvent plus obtenir la majorité. Chaque fois qu’ils essaient, le nombre de non est strictement égal à celui des oui. La ville est bloquée. Le maire, désespéré, demande à un coach de venir former tout le monde à l’affirmation de soi – assertivité, comme il le nomme avec son vocabulaire de parisien. Le but est que chacun apprenne à penser par soi-même, en dehors des partis, alliances politiques, ou pour faire comme son voisin.

    C’est à l’issue de cette formation, que les “Ah-ça-oui” sont déterminés à voter non et les “Ah-ça-non” à voter oui. Un blocage de 43 jours a eu lieu- ils appellent ça un “shutdown”, en Amérique, nous a dit le coach incompétent. Plus aucun fonctionnaire n’étant payé, l’école a été fermée, les ordures se sont entassées et la délinquance a explosé, passant de zéro à un vol à l’étalage … Le maire a alors imposé un votant supplémentaire, pour départager cette égalité parfaite. Une personne neutre : l’idiot du village.

    Depuis, toutes les décisions sont adoptées à une voix près. Elles n’ont jamais été aussi pragmatiques et utiles pour la population. Le maire a toutes les chances d’être réélu haut la main, aux prochaines élections.

  14. Alain Granger dit :

    Hommes politiques, êtes vous nos représentants ?

    Nos votes sont-ils les nôtres ou devenus les vôtres ? A part vos apôtres qui écoutent vos patenôtres comme la parole d’un dieu, nous autres, citoyens lambda, avons cru en votre parole. Nous avons entendu ces mots que nous ressentions nôtres, ces notes musicales à nos oreilles électorale, comme une chorale qui fait du bien à nos idées ou à nos idéaux.

    Mais voilà que nos représentants fayotent, complotent, mijotent, noyautent, tricotent, détricotent, agiotent, boursicotent, tarabiscotent, emberlificotent ; se vautrent dans la compromission, oubliant leur mission de représentativité, commettant des fautes qui dénotent, traficotent ; dégotent une combine, visant parfois la cagnotte que le pouvoir leur fait miroiter. La carotte est trop belle pour ne pas la grignoter. Aveuglé par ce pouvoir, plus rien ne clignote à leur yeux. Les idéaux sont oubliés pour des idées haut combien condamnables. Des activités minables qui trahissent leurs électeurs.

    Nous sommes devenus leurs ilotes, esclaves de leur Sparte, les Chypriotes de leur Grèce, le saindoux qui les engraisse ; le saint doux oublié pour le saint pouvoir et le saint argent. L’élu n’est plus le pote qu’on aurait aimé avoir mais le despote avide de pouvoir. L’hôte de notre bulletin à mis les voiles. Il s’est enfui avec l’argenterie, la dote de notre union. C’est à nous de payer la note pour cette confiance imméritée. Désormais il appareille et conduit sa propre voile, le menant vers les appareils politiques et la carrière si proche à l’horizon. Là, avec quelques apôtres, loin des côtes de la raison, au commande se son piautre, à bord de son modeste cotre, il se prend pour un grand capitaine, Jason et ses Argonautes. Mais voilà, souvent il accote au lieu d’accoster, s’enlisant dans le sable mouvant des ambitions politiques et visées politiciennes. Alors, en lisant sa cote de popularité, il sanglote, il pleurote sur son sort en dégustant quelques champignons aussi vénéneux que ses intentions.

    Citoyen, compatriote, la révolte est au bout de ton bulletin de vote. N’écoute plus ceux qui te bécotent, te dorlotent et te ligotent. Garde ta jugeote. Ne reste pas à la botte des parties. Garde ton parti pris. Vote blanc jusqu’à ce qu’il devienne rouge, rouge du sang de ceux qui, sans dessus dessous, n’ont été élus que par une infime minorité.

  15. FANNY DUMOND dit :

    À cette réunion, c’était chaud ce soir-là. Les  » Ah-ça-oui  » avaient finalement voté NON, alors que les  » Ah-ça-non  » votèrent OUI. C’était à n’y rien comprendre !

    Les  » Ah-ça-oui  » avaient initié ce scrutin afin d’installer des feux tricolores à un carrefour particulièrement accidentogène. Les débats furent houleux car les « Ah-ça-non  » ne voulaient pas que cette bourgade, nichée dans la verdure, se transformât en une ville avec pléthore de panneaux routiers et autres conneries de feux rouges. Les  » Ah-ça-oui  » donnaient les exemples d’accidents à cet endroit et disaient qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Mais ils se faisaient chambrer par leurs opposants : les quelques bosses sur les véhicules étaient si rares et puis ça allaient encore coûté du pognon aux contribuables.

    Ce revirement de situation interrogea un journaliste invité pour écrire un papier. Les belligérants lui expliquèrent que le camp adverse avait raison, que leurs arguments les avaient fait réfléchir.

    L’édile, après s’être épongé le front dégoulinant de sueur, décréta la pose de ralentisseurs et, pour être encore plus tranquille, de chicanes tout le long de cette route. Depuis, on ne compte plus les amortisseurs HS ni les accidents, car bien qu’ils ne soient pas prioritaires, certains ultra-pressés veulent passer avant celui qui arrive en face.

    • 🐁 Sourisverte dit :

      C’est exactement ça… 5 ‘épluche-patates ‘ de suite.juste avant l’hopital ! Les coups de raquette dans le dérrière sont cruels !

  16. MICHEL-DENIS ROBERT dit :

    Des bruits sourds rythmés venaient du fond du cimetière. Monsieur le Maire se réveilla en sursaut. Venait-il de rêver ?  » Black Friday ! Ce mot lui vint tout de suite à l’esprit. Les zombis ont trouvé une nouvelle lubie. Pour se donner un nouveau sursis, les décédés, pour se distraire s’étaient inventé un nouveau jeu. »
    Il dégusta son café au goût noisette. Il ne pouvait plus s’en passer. Tous les matins, c’était son rituel. Ces bruits intempestifs qui le maintenaient encore dans son rêve, allaient disparaître. Cependant qu’il commençait à être bien dans ses baskets, les mêmes bruits, comme s’ils suivaient un métronome, devinrent de plus en plus distincts. Peut-être ne s’agissait-il que d’un bourdonnement d’oreilles persistant ?
    Armé de son mazagran, il en admira les fleurs dessinées de toutes les couleurs. Puis, il sortit prendre le frais sur le pas de la porte de la cuisine.
    Que ne vit-il pas ? Des dizaines de silhouettes mal peignées, déguenillées, venant du fond des âges qui se dirigeaient vers la salle de sport. Elles ne l’avaient pas encore aperçu, sinon, elles se seraient jetées sur lui. Il éteignit toutes les lumières. Un peu tard, en tant que maire, il se devait d’être vigilant. Il les suivit des yeux. Puis, discrètement, jusqu’à la salle qui était déjà ouverte. Comment s’étaient elles procuré les clés ?
    En espion invisible, il se changea vite et se maquilla en zombi lui-même pour se mêler incognito à la foule.
    Quand il arriva à la salle, il découvrit d’autres zombis. Sauf que ceux-ci avaient pris l’aspect de travestis. En ce mois de février, ils s’étaient mis sur leur 31. Ils avaient passé l’arme à gauche mais se disaient d’extrême droite sur leur écriteau. D’où une confusion énorme. C’était à ne plus rien comprendre. Que se passait-il ? Il ressentit bien une ambiance familière mais il était trop dépaysé et trop intimidé, en même temps, sur ses gardes. Il reconnut certains administrés. Enfin, ce qu’il en restait !
    Ils avaient pourtant, déployé une banderole : « Vive Monsieur le Maire ! » L’urne transparente avait déjà reçu la majorité des bulletins.
    Léa Assawi prit la parole :  » Trop d’aléas, dit-elle ! Comment financer les costumes ? Nous allons procéder au dépouillage ».
    – Au dépouillement rectifia le candidat principal qui affichait son curriculum vitae. Une pancarte où il était inscrit : « Nous sommes encore hommes en quorum ! »
    – Il ne reste qu’un bulletin. A vous, Monsieur le Maire, dit Léa ! Tout ceci n’était qu’une mise en scène. Nous sommes tous d’accord pour créer une troupe de théâtre ! Et le Maire fut porté en triomphe.

  17. mijoroy dit :

    À notre réunion des cuticules, ça chauffe ce soir.
    Les « Vrais-Ongles »( VO) sont absolument déterminés à voter NON, tandis que les « Faux-Ongles » (FO)sont résolus à voter OUI.
    — FO : Franchement, la méthode gel, c’est du passé. Les capsules, au moins, ça se décolle tout seul et ça respecte la kératine. On est sur du propre, du net, du sans-drama.
    — VO : Sans-drama ? Vous plaisantez. Un ongle a besoin de vivre une vraie expérience : la lime qui gratte, le bâtonnet qui repousse, la pince qui claque… Sinon, autant mettre une étiquette autocollante.
    Les intervenantes tapotent la table, manucure naturelle contre acrylique, comme deux horloges désynchronisées.
    C’est alors que la représentante des Vernis Pailletés se lève, les doigts scintillants comme un sapin impatient.
    — Vernis Pailletés : S’il vous plaît, rappelons-nous le but : choisir la manucure la plus simple, efficace et un minimum glamour pour Noël. Parce que là, on est à deux coups de lime d’un conflit d’onglerie.
    Un silence. Puis quelqu’un au fond murmure :
    — On vote pour le nude, alors ?
    Et là, explosion de protestations.
    Le nude : la seule chose sur laquelle personne n’était prêt à transiger.
    Personne n’ose quoi que ce soit : La bande des dissolvants vient d’arriver.

  18. Nadine de Bernardy dit :

    Aujourd’hui, Assemblée Générale Extraordinaire pour élire le nouveau président des Expressions Toutes Faites, autrement dit des ETF.
    Chacun sait que ce sera chaud ce soir, les « Ah! ça oui » vont voter non à toutes la candidatures, les « Ah! ça non » voteront oui pour ne pas être en reste.
    Les sièges pour les » Il manquerait plus que ça » sont tous occupés, on chuchote dans la rangée des « Ca ne vous regarde pas », tandis que les » Pas de ça chez moi » gardent un silence digne, juste derrière, en toussotent de réprobation devant ce tohubohu si puéril, n’est ce pas ?
    On ne s’entendait plus, des banderoles avec le portrait des favoris furent déployées ici et là.
    Le président entra dans la salle, il dut élever la voix au micro pour que cesse ce brouhaha.
    Mes amis, que veut dire ce raffut ? On se croirait à la cour du roi Pétaud.
    Des sifflets, des jets de boulettes de papier lui répondirent.
    Bien glapit-il, puisque qu’il en est ainsi, j’annule le vote et me reconduit président pour une nouvelle année.
    Et il sortit , le sourire de la victoire aux lèvres, au milieu d’une pagaille sans nom.

  19. camomille dit :

    À notre réunion, c’est chaud ce soir.
    Les « Ah-ça-oui » sont déterminés à voter NON,
    alors que les « Ah-ça-non » sont décidés à voter OUI.
    C’est à n’y rien comprendre…
    Pourtant, l’enjeu est important !
    Le Maire en a marre d’une population scindée en deux.
    Alors, il a décidé de lancer l’officialisation d’un nouveau parti :
    les « ah-ça-pourquoi pas ? »
    La salle est pleine,
    Les esprits s’échauffent,

    Un journaliste d’interpeler le Maire :
    – Mais vous ne pensez-pas que c’est une illusion Monsieur le Maire ?

    – Ah-ça-pourquoi pas ?
    – Ben ?
    – Je ne vous le fais pas dire…

    Moralité : parfois on ne sait pas où on va… mais on y va en réunion officielle : ça rassure !

  20. Antonio dit :

    Un camouflet pour les « Oh-que-oui » qui comptaient sur une majorité, appuyée par les « Béni-oui-oui », à leur botte. Quelle n’a pas été leur surprise d’avoir la bénédiction des « Ah-ça-non », prompts d’habitude à s’opposer systématiquement à toute loi proposée par leur parti-pris.

    « Nom de non ! Nous voterons oui ! » a conclu leur chef de groupe, à la tribune, laissant cois les « Jamais de la vie », à l’extrême de l’hémicycle.

    Mais cela ne fait pas une majorité pour autant, sachant que les « Ni-oui-ni-non » s’abstiendront, conformément à leur doctrine du « Ni-pour-ni-contre », tout comme les « Oui-mais » qui ont fini par se rétracter au bout du centième amendement.

    Alors, tout va dépendre du petit groupe des « J-sais-pas », indécis jusqu’au bout mais qui ont toujours fait pencher la balance sur un coup de dé ou sur un coup de jaja.

    « Alors, c’est blanc ou c’est rouge ?
    — Bah, j’sais pas. Tu m’conseilles quoi ?
    — Le blanc, c’est un chablis premier cru. Goûte-moi ça ! du chardonnay pur jus !
    — Mmm ! C’est rond en bouche, c’est… mmm ! Excellent !
    — Le rouge, on est dans le gamay, un chinon classique, encore jeune. Tiens, goûte !
    — Argh ! ça rape un peu, non ?
    — Carrément ! Alors plutôt le chablis, non ?
    — Oh oui !
    — J’entends pas.
    — OH QUE OUI ! »

    Dans l’hémicycle, tous les « J-sais-pas », trinquaient, verre à la main, avec des « Oh que oui ! », juste avant le vote qui, comptablement, penche désormais vers le Oui.

    Pourtant, c’est le non qui l’emporte. Les « J-sais-pas » ont tous voté blanc.

    • Gilaber dit :

      Cher Antonio, je lève mon verre (d’eau gazeuse…), votre récit ressemble étrangement à ce que nous pouvons actuellement constater dans notre Assemblée Nationale… où les « Ifauquons » et les « Iapluquas », défient toutes les lois de l’entendement.
      Bravo et bien à vous.

  21. 🐁 Sourisverte dit :

    782/Le ‘oui’ des « Anons » a contrarié tout le monde.
    – Mais ils sont bêtes à manger du foin disent les ‘Ah oui’.
    -Ecoutez-les ces miauleurs-tripatouilleurs- emberlificoteurs ! Braient les Ah-non.
    Les piailleurs du poulailler (mis là haut parce qu’ils cocotaient) après avoir caqueté pas mal décidèrent de s’en lisser les plumes et se reposèrent le croupion de l’indiférence sur un coin de chaise.
    Si au début c’était chaud, la séance se termina en ‘eau de boudin ‘ entendez par là dans la plus grande indiférence. Le dépouillement révéla une unanimité désolante sur un ‘pas grand chose’ sauf une voix. Et ce sont les ‘ c’est-toi-qui ‘ qui remirent le feu aux poudres.
    C’est le ‘ un tel ‘ ! C’est sûr il est franc comme un ‘bouri’ qui recule…
    Alors comme moi, finalement je déteste les conflits, j’ai remonté le col de ma dignité et je suis parti… ils ne sauront jamais qui a voté ‘blanc’ et c’est très bien ainsi…🐁

  22. Béatrice Dassonville dit :

    Même la machine à café ne savait plus dans quel sens couler.

    Je me suis demandé :
    était-ce parce que nous marchions sur la tête que les valeurs s’inversaient ?
    Que tous nos repères volaient en éclats ?
    Que le NON tentait de se genrer en OUI
    et que le OUI se prenait pour un NON en pleine crise identitaire ?

    Ou bien était-ce plus grave que ça ?

    Une collision entre deux lignes temporelles ?
    Une rencontre impromptue entre deux univers en miroir ?
    Une expérience du CERN qui aurait légèrement dérapé,
    un technicien ayant appuyé sur « ON » au lieu de « Ne touchez surtout pas à ça » ?

    J’ai envisagé la solution la plus rationnelle, évidemment :
    la salle de réunion était probablement coincée dans une superposition d’états quantiques,
    où le OUI et le NON cohabitent sereinement.

    Bref, au moment du vote, j’ai fait la seule chose raisonnable :
    j’ai donné ma langue… au chat de Schrödinger.
    Il était à la fois très content et pas content du tout.

    • Gilaber dit :

      Nous voilà plongés dans la collision des particules et la physique quantique… un récit qui a de quoi nous réveiller… bravo Béatrice, c’est fort… très fort et aussi bénéfique que ma tasse de café.
      Bien à vous !

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