772e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Inventez une histoire débutant
ou se terminant par l’onomatopée OUF !

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Ouf ! Ça commence bien !
Voilà un thème qui devrait faire l’unanimité, Ouf ! Quoique, les réactions humaines étant ce qu’elles peuvent être ? Comment vont réagir nos congénères ?
Certains pourraient s’enthousiasmer d’avoir ce sujet à traiter, se lancer dans une dithyrambique sans fin et faire Plouf plutôt que Ouf.
A l’inverse, ils pourraient bâcler le travail en quelques lignes mal construites et s’exprimer à voix contenue “ Ouf ! Me voilà débarrassé de cet exercice “
D’autres plus opportunistes, en profiteraient pour glisser un bon mot, trouvé récemment dans un dictionnaire, l’inclure dans une phase improbable, puis jubiler, “ J’ai enfin réussi à le caser celui-là, Ouf ! ”
Que penser de ceux, de celles, prétextant la nécessité, que dis-je, de l’impériosité, de rédiger cette nouvelle pour Pascal et, de fait, échapper à telle ou telle corvée. “ Ouf, ce n’est pas moi qui m’y colle aujourd’hui ! “
Dans un genre similaire, mais plus retors, en profiter pour régler ses comptes et laisser Machin-Chose (vous savez, “ l’autre là “, qui ne mérite pas d’avoir un prénom) se dépatouiller du truc. “ Ça lui fait les pieds ! Ouf, c’est lui qui patauge, ça fait du bien. ”
N’oublions pas les inconditionnels hyperactifs, saisissant avec fébrilité et détermination une page blanche, avec la ferme intention de lui faire voir ce qu’elle va voir, “ Ouf ! Voilà un sujet encore plus innovant que d’ordinaire “
Ou bien, peut-être celui-ci ? “ C’est quoi ce sujet ? Ho là là, ho là là ! “ En voilà un qui n’a rien compris, rien de rien. Il est complètement ouf ?
Et puis il y à vous toutes et vous tous, qui ont pris la proposition à cœur et ont véritablement développé une syntaxe digne d’intérêt, “ Ouf, il y a au moins quelques personnes sérieuses et responsables sur ce site “
Il y a moi aussi, qui a écrit n’importe quoi, ou presque, l’histoire de faire semblant d’avoir des idées et d’aligner quelques mots. Soyez rassurés, vous arrivez au terme de ce pamphlet, vous êtes sauvés, “ Ouf ! “
Laurent Baudinot
Inventez une histoire débutant ou se terminant par l’onomatopée OUF !
Ouf. Ah ! qu’ils sont agaçants ces démarchages par téléphone.
Lorsque je réponds je ne dis que quelques mots, pressé de mettre fin à l’appel.
Car moi voyez-vous je suis très très occupé, j’écris, j’écris, des tonnes et des tonnes de livres chaque année que presque tous les éditeurs français et étrangers s’arrachent.
Alors, au cours de la journée, pour trouver un peu de repos, me changer les idées et me purifier l’esprit, je me jette à fond dans mon énorme pouf jaune et vert.
Oh ! ce n’est pas un pouf comme les autres !
La nuit par exemple je pars avec lui dans l’espace à des milliards et des milliards de kilomètres de notre planète Terre.
En fin de semaine, lorsque j’ai un peu plus de temps, je fais avec ce pouf – acheté par mon grand-père à la Redoute – des voyages très spéciaux.
Des voyages effectués dans le passé, plus exactement dans les tréfonds et à différentes dates de l’histoire de France.
Ah ! comme c’est sympa.
Ces voyages m’ont permis d’aller dans des cours et des palais, en m’approchant de plusieurs personnages historiques, -des reines, des rois, et aussi des artistes, des inventeurs …
J’ai par ailleurs roulé ma bosse dans plusieurs bourgs, villages, villes et notamment fait la fête dans ces irremplaçables tavernes d’antan, mangeant de grandes quantités de victuailles, buvant énormément et réalisant beaucoup d’autres choses encore.
Cela laisse des traces, des souvenirs, restant éternellement dans la vie d’un être humain.
Mais l’autre jour avec mon pouf, lors d’une destination un peu bizarre, j’ai eu la trouille de ma vie.
Je ne sais pas ce qui s’est passé. Pourtant comme les autres fois j’avais tout bien vérifié avant le départ : appuyé sur les bonnes manettes et les boutons du pouf.
En effet, nous sommes arrivés dans un lieu – qu’un vieux monsieur présent sur place et semblant nous accueillir, ayant une longue barbe blanche et de jolies mains – nous a indiqué être le paradis.
Oh ! je n’ai pas vu la couleur à ce paradis : s’il était bleu, vert ou blanc.
En tout cas, j’ai vite ordonné à mon pou-pouf de repartir très vite.
Ne souhaitant pas restant plus d’une seconde dans cet endroit.
Estimant que ma place était d’être encore chez moi, dans mon petit château pas loin de Versailles, vivant tranquillement au milieu de mes porte plumes et de mes bouquins.
Alors le pouf est vite reparti, me ramenant sur Terre sain et sauf.
En ce moment je suis heureux car complètement noyé dans mon pouf – en train de fumer un gros cigare de la Havane et ne pensant à rien.
Pas même à mes trois derniers manuscrits presque achevés.
Plouf ! harnachée comme je le déteste, je viens de sauter dans l’océan pour faire ce que j’aime le plus. Entraîner de jeunes adultes en rupture avec la société, mais à qui ils restent des envies de projets. L’association pour laquelle je travaille se trouve à la Réunion et organise des cours de plongée. Les élèves n’ont besoin que du premier niveau du brevet.
Dès qu’ils sont prêts, je leur apprends à établir un bilan de la flore sous-marine dans une zone déterminée par un organisme. Différents endroits se trouvent en étroite surveillance. Ensuite, ils feront une formation plus technique et pourront travailler dans le privé, l’industrie, le consulting en environnement.
Dans l’océan Indien, la faune et la flore sont d’une richesse étonnante, cette découverte de mes étudiants me procure un bonheur à chaque plongée. Les yeux émerveillés que je vois à travers leurs masques, leurs pouces levés à chaque poisson aux lumineuses couleurs leur donne la notion de la beauté. Ce qui me touche le plus c’est lorsqu’ils trouvent, par exemple des coraux morts, ils comprennent la nécessité d’une vigilance accrue. Ils ne sont plus prêts à se battre contre la société, mais pour la nature.
En général, tout se passe bien, ils en ressortent passionnés.
Cette fois-ci des intrus inhabituels ici, un couple de requins avec un bébé s’approchent un peu trop près d’un de mes élèves qui plonge pour la première fois. Ses yeux terrorisés me font craindre le pire, comme retirer son masque et vouloir remonter très vite. Évidemment, j’interviens pour le calmer et lui faire comprendre qu’il n’y a pas de danger avec ce type de requins. Mon équipe solidaire l’entoure et l’encourage. Eux n’ont pas peur. Au contraire, ils s’émerveillent de cette aubaine !
Les paliers sont obligatoires. Malgré toute ma formation et ma longue expérience, je ne suis pas à l’abri d’une peur panique d’un de mes élèves. Ses yeux continuent de refléter la terreur, je surveille ses mains pour qu’elles n’arrachent pas son masque. Cette fois-ci, les paliers me paraissent sans fin.
Ce jeune homme deviendra Plongeur professionnel en inspection environnementale !
Pour le moment, le dernier palier, le plus angoissant avec mon élève toujours aussi agité se termine et nous revoilà sur le bateau ! Je pense que c’est sa première et dernière pongée. Je m’écroule sur le banc avec dans ma tête un énorme Ouf !
Ouf, je n’y suis pas arrivée !
J’avais 8 ans. J’étais scolarisée dans école de campagne composée d’une classe unique exclusivement de filles de 4 à 14 ans. La maitresse, une « vieille fille » comme on disait à l’époque, m’impressionnait beaucoup.
Un soir, elle m’a fait rester après la classe avec celles qui préparaient le certificat d’études. Je me revois devant un devoir de maths qui ne m’a inspiré que des larmes d’incompréhension, d’impuissance et, je m’en persuadais, d’incompétence. Si elle me mettait face à ce problème, c’est donc que j’avais l’obligation d’y arriver. Or, c’était l’échec total. Mes pleurs ont gondolé la page de mon cahier restée vierge d’encre.
Mes parents sont intervenus pour demander à l’enseignante de ne plus me donner de tels challenges dorénavant. J’ai pourtant gardé de cette époque une menace silencieuse et sournoise avec ce mantra « Je ne vais pas y arriver ». Cela aurait pu me faire baisser les bras. Au contraire, cela m’a amenée à mobiliser toutes mes ressources pour prendre ma revanche et y arriver quand-même, malgré les difficultés et obstacles de la vie. Beaucoup d’efforts, de stress, de recherche de perfection à l’opposé de la légèreté d’une enfant de 8 ans.
Cependant, je me félicite aujourd’hui de ne pas avoir su résoudre ce problème de maths « hors d’âge » pour moi. Je n’ose imaginer la hauteur des montagnes que je me serais imaginées devoir gravir voire déplacer coûte que coûte dans le cas contraire.
Ouf ! Doublement ouf de ne pas y être arrivée !
Finalement, c’était peut-être cela la »vraie leçon » de la vielle fille ?
Ouf, j’ai failli manquer le début du film ! » se disait ce cinéphile averti. « Je sais que ce n’est pas une fin en soi, Mais je n’aimerais pas voir la bobine du réalisateur si je lui avouais que j’ai manqué un épisode… Il serait capable d’en faire un sketch ! Non, je ne voudrais pour rien au monde me planter dans le décor, sous prétexte que j’ai dérapé sur une réplique ma placée…. Donc, asseyons-nous confortablement… Ça tourne ! »
Bizarre coïncidence ! Aujourd’hui, j’ai reçu un message qui disait : « Ouf ! Merci ! »
Et je me suis demandé si bizarre coïncidence n’était pas un pléonasme. Bref !
C’était une réponse à une photo parue sur le net où l’on voit Hitler adulé par les gens qui lui tendent la main. L’homme est dans sa Mercedes où il se sent grandi comme sur un piédestal. Les gens courent autour de lui, il est joyeux et il répond aux manifestations de joie avec plaisir.
Mon commentaire était le suivant : « L’âge mental des foules subjuguées par un dictateur, ne dépasse pas celui d’un enfant de 7 ans.
La dame à qui j’ai répondu était une voyante. A-t-elle bien vu la progression de cette image depuis son origine ?
Est-ce que l’enfant de 7 ans a pris conscience du monde de ouf dans lequel il a grandi ?
Il faut des conditions sociales spéciales pour que la naïveté soit exploitée d’une manière aussi grotesquement inhumaine. On pourrait croire que ce genre de situation est révolue. Cependant, rester vigilant ! C’est pour cette raison qu’on nous endort avec la société de consommation. Plus nous consommons, plus nous sommes heureux !
Est-ce aussi une coïncidence que l’utilisation abusive du terme boomer ? D’abord, qui a lancé cette expression dévalorisante sur une génération qui a dû recommencer à zéro ? Boom, ça fait plus penser à un obus qui éclate.
En entendant ce mot, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec celui de « chair à canon » qui selon sa consonance, est restée dans la mémoire collective. Et puis, par association d’idée, j’ai pensé à mon grand-père envoyé au front à l’âge de 19 ans. Ce qui devrait suffire à exprimer ce que ces fameux boomers « nantis » dont les pères ont subi pour tout rebâtir après le premier conflit auquel a participé le triste sire dans sa voiture de luxe. Ce terme de boomer est synonyme de culpabilité. Et donc, reporter ses fautes sur autrui n’est pas une attitude responsable. Bien que certains soient bien payés pour le dire;
« Ouf ! Je l’ai dit. Ce n’est pas un soupir d’épuisment, c’est celui d’une délivrance. Comme si le poids d’un monde s’était soulevé de mes épaules, laissant place à une légèreté nouvelle. Et j’en déduis que parfois un seul mot suffit à dire la fin d’un combat et le début d’une renaissance.
Ouf ! Ça y est ! Je suis arrivée…enfin, presque ! Disons que je ne vais pas tarder à arriver ! Quelle horrible journée ! Bouchons sur l’autoroute, déviations sur les départementales, parkings débordés… Un trajet que j’aurais dû effectuer en quatre heures, il m’en a fallu presque le double. C’était interminable ! Partir au mois d’Août, c’est vraiment la galère ! L’an prochain, je reste chez moi. Je serai aussi bien dans mon jardin à lire sur un transat, plutôt que me retrouver dans des endroits surpeuplés, en sachant pertinemment que le retour sera infernal. Tiens, à propos, mon jardin, il doit être tout desséché le pauvre. Il va me falloir l’arroser, tailler les rosiers, les framboisiers…Dès que j’arrive, j’ouvre tous les volets, j’aère la maison, je rebranche le congélateur, le frigo et je…mais qu’est-ce qu’il fait celui -là ? Une vraie tortue ! Bon, tu avances ou quoi ? Ah, finalement, il tourne, et le clignotant alors ? Je suis à bout, encore vingt kilomètres et ce sera ouf pour de bon ! En attendant, je récapitule: volets, frigo, congélateur…je vais défaire tout de suite ma valise et je ferai une lessive, et puis je viderai mon coffre et je rangerai tout, comme ça demain, je serai tranquille, je pourrai aller voir mes copines. Ce soir, d’ailleurs, j’envoie des messages : coucou, je suis revenue, on se voit demain ? Mais c’est quoi ce voyant rouge qui s’allume ? Non, par pitié, je ne vais pas tomber en panne juste avant d’arriver ! Mais c’est un véritable cauchemar !
Moralité :
Ne vendez pas la peau de l’ours avant d’être arrivé
Jusqu’au bout du trajet restez concentré
Et vous pourrez « ouffer » en toute sérénité !
Je sors de l’ascenseur, les mains encore tremblantes. Je m’aperçois que je serre toujours fort les feuilles que j’ai tenues depuis que je suis arrivée.
Je traverse le hall en relevant la tête. Je ne peux pas sourire à ceux que je croise mais je sens un nouvel espace grandir en moi, un poids se détacher de ma poitrine et s’élever. Les portes battantes s’ouvrent sur un ciel plus bleu que tout à l’heure, la lumière de l’après-midi est plus intense aussi, les oiseaux chantent plus fort, je les entends, peut-être savent-ils ? Le vent chahute doucement les branches des bâtiments que je laisse derrière moi. Les résultats sont négatifs. Je suis guérie. Je quitte l’hôpital. Ouf !
La réunion va bientôt commencer
Les cravates sont alignées, les décolletés resserrés
Le ministre des finances s’avance
La tension est intense
Il impose le silence
Crac ! Du mur l’écran s’est détaché
Que va-t-il se passer ?
Colère, hilarité, qui va gagner ?
Mr le ministre peste et vitupère
Boum ! Du bureau son cartable est tombé
Que faire ?
Une secrétaire est diligentée
Pas assez rapide elle est morigénée
Sniff ! Elle se met à pleurer
Les collaborateurs sont terrorisés
Leur patron se met à hurler
L’air se raréfie
Dehors on entend la pluie
Bing ! Une fenêtre a claqué
Floc, floc ! Les gouttes inondent le parquet
Le vent soulève les cravates
L’atmosphère se gâte
Brrr ! Tout le monde est frigorifié
Tûût ! Le bruit de la rue est infernal
Oups ! Mr le ministre devient trivial
Vlan ! Il vient de trébucher
Toute dignité envolée
Clac ! La fenêtre s’est enfin refermée
Le boss s’est relevé
Les esprits se sont calmés
Les cheveux se sont disciplinés
L’écran a été refixé
La secrétaire remerciée
Ouf ! La réunion peut commencer.
Au sortir de la grande surface je place le sac de courses à l’intérieur du top-case de mon scooter 125 cc. Au moment où je le referme, la clef glisse de ma main pour tomber dedans. Celui-ci se referme. Impossible de l’ouvrir, la fermeture est automatique. Il me faut mes clefs pour accéder à mes clefs. Je suis eu, même Super U. Que faire ? Je suis coincé sur ce parking. Même si je ne suis pas Auchan, je me trouve quand même à de nombreux kilomètres de mon domicile.
Et puis Leclerc traverse mon esprit. Heureusement, mon téléphone est dans la poche de mon blouson. Un coup de fil plus tard, Xavier, Lidle de mes amis, est là avec la clef de ma délivrance. Non, pas celle de mon scooter et du petit coffre, mais celle de mon appartement. On passe donc à l’Action, avec mon sauveur, mon Champion. Un petit tour dans sa voiture et je j’arrive devant mon domicile. Je grimpe à l’étage, ouvre la porte, ouvre un tiroir et trouve ma seconde paire de clefs. C’est la bonne, celle du scooter. Nouveau voyage en voiture jusqu’au parking de la grande surface, au Carrefour de ce qui aurait pu être un Continent d’ennuis et, probablement, m’en sortir à Grand frais. Mon ami me dépose devant mon scooter. Je prends le double des clefs, ouvre le top-case. Et là, c’est le Maxi Bazar. Je Foir’Fouille entre la serviette éponge pour essuyer la selle, un sac en plastic de rechange pour des course impromptues, quelques sandows pour consolider un coffre surchargé, un casque à visière, une paire de gants et un morceau d’essuie-tout pour les crottes d’oiseaux. Enfin, mes clefs sont en main. Je vois enfin la Vie Clair. La situation est redevenue Normal. Je retire mon antivol en Diagonal de la roue, une tige en U.
Ouf ! Heureusement que j’avais confié un double de mes clef à mon ami. L’amitié s’est accordée avec la prévoyance pour s’avérer Utile et me sauver la mise. Avec l’économie de taxi réalisée, j’invite mon ami à dîner au Casino. Faut dire que c’est un sacré numéro… un numéro gagnant, somme toute.
Le cri du cœur…
Monsieur Martin a juste posé un pied sur la chaussée lorsqu’un véhicule le fauche en rasant le trottoir. À l’instant où son corps s’élève dans les airs, les nuages se déchirent brusquement et le soleil l’éclabousse de sa violente luminosité. De ce fait, il ne sût pas s’il devait attribuer la douleur qui avait irradié sa tête, au choc sur le bitume ou à l’étincelle qui avait brûlé sa rétine jusqu’à son cerveau.
Le passage protégé dédié aux piétons est pourtant distant d’à peine une centaine de mètres. Mais monsieur Martin préfère traverser le boulevard juste en face de la supérette où il fait ses achats quotidiens.
Pourtant ce n’est pas faute de lui faire remarquer qu’il prend un risque insensé, et sa réponse est invariable :
— C’est à cause de mes jambes. Elles ne supportent plus la distance, alors je vais au plus court !
Ce chemin le plus court l’a conduit jusqu’aux urgences de l’hôpital, où il a été soumis à une batterie d’examens. Heureusement, son pronostic vital n’était pas engagé. Le médecin-urgentiste l’avait sédaté pour calmer ses douleurs, mais aussi, pour le plonger dans un léger sommeil. Ce qui devait permettre à son organisme d’entamer sa reconstruction, du moins, à l’hématome intracrânien de se résorber. Là encore, par chance, il ne compressait pas le cerveau. À ce sujet, le corps médical n’était pas inquiet quant aux possibles séquelles, qui pourraient résulter du choc à la tête.
Le constat de la police, tout comme certains témoignages, avait permis d’établir, que le choc d’une violence inouïe, avait projeté monsieur Martin de quelques mètres en l’air, avant de retomber comme un pantin désarticulé sur la tête. À l’arrivée des secours, monsieur Martin était encore vivant, mais inconscient. Le médecin du SAMU dépêché sur les lieux, n’avait décelé aucune fracture, aux jambes comme au bassin, ce que confirmera, le scanner. Ce qui selon lui, relève du miracle…
Un bip répétitif traverse son esprit engourdi… mais il se confond avec les derniers bruits qu’il pense avoir entendus avant… avant de… il ne comprend pas pourquoi le son lui rappelle le klaxon continu d’une voiture qui se rapproche… maintenant, un crissement… un éclair éblouissant qui lui brûle la rétine… une douleur à la tête… puis… il ne se souvient pas de l’arrivée des secours…
Il tente d’ouvrir les yeux. Un filet blanchâtre se glisse entre ses paupières… le bip saccadé se fait plus précis. Sa vue est encore voilée, mais il perçoit des fils rouges et bleus qui partent de son corps vers une machine qui semble battre à son rythme cardiaque. Il tourne la tête vers le froissement de tissu qui lui parvient. Maintenant, il distingue une blouse blanche et un bras levé, dont la main tripote un emballage contenant un liquide translucide, qui lui rappelle un petit sac de congélation…
— Bonjour monsieur Martin ! lui lance une douce voix. Je viens de changer votre poche de paracétamol. C’est contre la douleur. Je préviens le médecin de votre réveil, il passera certainement vous voir. Avant de quitter la chambre, elle lui adresse un sourire angélique.
L’attente de fût pas longue. La porte s’ouvre sans fracas. Un léger bruit de semelles sur le sol ciré le tire de son demi-sommeil. Un homme en blouse blanche s’avance vers lui, le regard calme, un dossier sous le bras :
— Bonjour monsieur Martin. Comment vous sentez-vous ? La voix est posée, rassurante. Monsieur Martin hésite avant de répondre, comme si les mots devaient franchir un obstacle invisible :
— J’ai… j’ai mal à la tête, mais moins qu’avant. Et… j’ai l’impression que tout bouge encore un peu autour de moi.
Le médecin hoche la tête en prenant place près du lit. Il consulte le dossier rapidement, puis le referme avec un sourire :
— C’est normal, monsieur Martin. Votre corps a reçu un choc considérable, et votre cerveau a besoin de quelques heures encore pour retrouver toute sa clarté. Mais je viens avec de bonnes nouvelles : l’hématome que nous avons observé hier commence déjà à se résorber. Les scanographes de ce matin confirment qu’il n’y aura aucune séquelle neurologique.
Monsieur Martin fronce légèrement les sourcils, comme s’il n’osait pas croire à cette phrase :
— Aucune séquelle ? Vous êtes sûr ?
— Absolument. Vous aurez sans doute un peu de fatigue, quelques maux de tête pendant quelques jours, mais rien d’irréversible. Vous allez pouvoir rentrer chez vous sous quarante-huit heures.
— Alors… je vais vivre comme avant ?
Le médecin pose doucement une main sur son avant-bras :
— Oui. Et si vous me permettez un conseil… traversez sur les passages protégés. Vous venez de frôler le pire, et tout le monde ici préfère vous voir en bonne santé plutôt qu’à nouveau sur un brancard. Un sourire timide éclaire le visage de monsieur Martin. Sa gorge se noue :
— Je vous le promets, docteur.
— Reposez-vous. Je repasserai demain, mais d’ici là, vous êtes entre de bonnes mains.
Le médecin se lève et sort de la chambre satisfait. Lorsque la porte se referme, monsieur Martin reste seul avec le bip régulier du moniteur, qui lui semble désormais battre en écho à un nouveau rythme : celui d’un cœur reconnaissant d’avoir encore un peu de temps devant lui.
Il sent la tension qui lui serrait la poitrine se desserrer d’un coup, monsieur Martin est presque un sanglot. Un souffle de soulagement s’échappe des lèvres et semble se répercuter sur les murs de la pièce, pour revenir sans cesse à ses oreilles : OUF !
A quels moments de notre vie, se sent-on soulagé ? Quelle est la première fois ? Le premier « Ouf ! » est-il émis à notre expulsion du ventre maternel ? Ouf, j’ai réussi à sortir ! Une bonne chose de faite ! Quels sont tous ces « Ouf ! » tout au long de notre vie ? Suivis d’une expiration longue et profonde. Le « Ouf ! » est physique. Souvent l’expression d’un soulagement après un effort. Il y a le « Ouf ! » après avoir monté une côte raide. Le « Ouf ! » qui dit le bonheur d’être au bord de la mer après 800 km de route embouteillée. Le « Ouf ! » de la réussite à un examen ou au vu des résultats positifs d’un examen médical. Le « Ouf ! » s’accompagne d’un soulagement mais aussi d’un plaisir, d’une satisfaction. C’est parfois fugace. On ne l’apprécie pas assez. C’est une sensation, une émotion précieuse, Il y a un soupçon de « je l’ai échappé belle ». Aujourd’hui, ce mot est dévoyé. On dit « c’est ouf » pour dire « c’est fou ». Le vieil « Ouf ! » avec son point d’exclamation et son soupir bienfaisant qui chasse toutes les tensions est remisé avec le « Chouette ! »
« Chouette, ils arrivent » et le « Ouf ! ils partent » après une semaine formaient un beau duo.
Aujourd’hui, on dit un peu désabusé, « c’était Ouf ces vacances ».
Une belle analyse ! Merci Sylvianne
L’homme aux poches trouées.
Quand Charles, 7 ans, oublie ses clés — ce qui arrive souvent —, je lui propose d’attendre sa maman à mon domicile. Et, tout en croquant dans quelques gâteaux, il se laisse aller à des confidences. C’est ainsi que je sais qu’il veut offrir un cadeau à sa maman, mais son argent de poche que lui donnent sa grand-mère, ses oncles et tantes suffira-t-il ? Je le sens préoccupé.
Une idée singulière — peut-être un peu trop — vient de jaillir dans mon esprit. Comment la mettre en pratique, sans attirer, immédiatement, le soupçon de ce petit garçon ?
Après trois bonnes semaines, Charles sonne chez moi. Dans sa main ouverte, il me montre quelques pièces.
— C’est pas vous Béatrice qui les avait perdues ? Je les ai trouvées dans l’escalier… regardez, il y en a encore une là, sur votre paillasson !
— Tu sais, il m’arrive aussi d’en trouver, je ne les ramasse pas, ce ne sont que des pièces, sans grande valeur.
— Ah bon, mais c’est la première fois que j’en vois !
— C’est que tu n’es pas là au bon endroit, je veux dire, au bon moment… quand l’homme aux poches trouées vient par chez nous.
— L’homme aux po-ches trou-ées ?
— Oui, l’homme aux poches trouées ! Les pièces tombent de son manteau noir. Souvent, en apercevant sa longue silhouette passer devant mon jardin, je l’ai interpellé, mais il ne s’est jamais retourné. Et le temps que je sorte de chez moi, il est déjà loin, car il marche à grands pas.
Charles est sidéré.
— Il ressemble à quoi ?
— C’est difficile à dire. Il est très grand, si grand d’ailleurs que je ne peux voir que son grand chapeau noir courir au-dessus de ma haie.
— Mais, alors Béatrice, comment vous pouvez voir les pièces tomber de ses poches ?
— Mais parce que ça fait un peu de bruit. Il doit être un peu sourd cet homme… et très pressé.
harles me regarde incrédule, presque suspicieux.
C’est trop bizarre !
— Comme tu dis ! Moi-même, je me demande parfois si j’ai eu des hallucinations, mais… il y a toutes ses pièces… et ça… c’est quand même la preuve que je n’ai pas rêvé.
Le front de Charles se plisse. J’ai le sentiment que ces pièces qu’il a dans sa main, il ne les sent pas comme légitimes, ça lui pose un problème.
— Tenez, dit-il, prenez-les, comme ça quand vous verrez l’homme aux poches trouées, vous pourrez lui rendre.
— Charles, comme je te l’ai dit, je ne cours pas assez vite ; jamais je ne le rattraperai.
Depuis quelques jours, à la même heure, Charles trouve des pièces. Je l’imagine les mettre de côté, pour augmenter ses chances d’offrir un cadeau à sa maman. C’est sans compter qu’il est un petit garçon plein de scrupules.
Un jour, je le trouvai à ma porte, accompagnée de sa maman qui me regardait malicieusement. Il me tendit un bouquet de roses qu’il avait acheté avec les pièces.
— J’avais oublié que vous étiez une conteuse Béatrice, me dit-il, et j’ai failli croire à votre histoire… complètement ouf !
Ouf !
Il est complètement ouf celui-là, regarde comme il vient de me doubler. il a dépassé la ligne continue et vient d’éviter de justesse la moto qui arrivait en face. Encore un jeune conducteur qui vient d’avoir son permis. Si ça se trouve, il ne l’a même pas et l’assurance, je te parie qu’on ne peut pas compter dessus. Tu te rends compte des risques qu’ils font prendre aux autres ?
Comme ils sont sans doute insolvables, c’est encore nous qui paieront les pots cassés. Peut-être est-ce une voiture volée d’ailleurs. Sûrement pas aux normes. Ils viennent certainement de banlieue et bien sûr, les flics ne sont jamais là où il faut. Tiens, appelle la gendarmerie, on ne sait jamais, des fois qu’ils soient réveillés, en milieu d’après midi.
Ben tu les as déjà appelé ?
Je vois deux motards qui arrivent derrière nous. Eux aussi roulent comme des cinglés, de vrais cow-boys.
Mais, ils ne les arrêtent même pas, regarde, ils roulent devant avec leurs gyrophares, comme pour escorter un ministre et leur ouvrir la voie. C’est vraiment le monde à l’envers. La France est bien malade. Une inversion de toutes les valeurs !
Le lendemain, ma femme a lu dans le journal, l’exploit réalisé par un jeune de banlieue, car s’en était un, en effet.
“Lors d’une partie de pêche, il a entendu l’appel à l’aide d’un agriculteur. Il faisait une crise cardiaque. Il lui a prodigué un massage qui a fait repartir le cœur, Il avait appris ces gestes essentiels lors d’une séance de secourisme chez les pompiers. Il l’a ensuite conduit à l’hôpital le plus vite possible, mais en toute sécurité. Il se trouve qu’il est champion régional de rallye. Ses amis ont prévenu l’hôpital et les gendarmes. Ces derniers sont arrivés très vite pour lui ouvrir la route. Les médecins ont dit qu’à quelques minutes, le patient serait mort.”
Après la lecture de l’article par ma femme, j’ai mesuré la montagne de mes préjugés et me suis senti trés mal en disant, comme pour moi-même :
Pauvre vieux fou !
Comme quoi, les aprioris nous font entrer dans une distorsion du réel.
Merci Nicolas 😀
L’œil perçoit le réel… l’imagination fait le reste… mais parfois, cela peut générer des distorsions…
Bravo Nicolas
Bien vu, Nicolas. La mine est parfois trompeuse…heureusement. C’est comme au foot pour Lamin Niamal, il paie pas de mine et pourtant c’est un Mozart du ballon.
Ouf, ouf ouf je viens de retrouver mon foulard à motifs de fourmis, il était dans mon fourre tout, je pouvais sortir maintenant.
Foulant le sol d’un pas décidé je chutais dans un trou du trottoir, me foulais la cheville. Cela n’étant pas trop grave, je poursuivais donc jusqu’au fournil quérir mon pain, puis revins chez moi afin de me mettre aux fourneaux.
J’avais invité des amis, je souhaitais leur servir un repas digne de ce nom.
La veille je m’étais fourni en vins de qualité, tout allait bien se passer.
Onze heures, un texto :
Ecoute, c’est fou, je ne suis pas encore revenue de vacances ! A une autre fois ?
Onze heures vingt un deuxième :
Excuse moi ma chérie, Olivier s’est fourré dans un drôle de guêpier, je te raconterai ,mais c’est fichu pour tout à l’heure
Déception finale :
Coucou c’est moi, ne nous en veux pas mais nous ne pourrons pas venir ce midi, le fourgon est en panne. Bisous.
En colère, désappointée, je ne put que vouer aux gémonies ces tristes pignoufs.
Inventez une histoire débutant
ou se terminant par l’onomatopée OUF !
Foire de Hong Kong. Moment crucial pour tout professionnel de l’horlogerie. Nous allions présenter nos nouveautés. Les plus gros clients avaient pris rendez-vous. Je venais de récupérer nos derniers échantillons sur place. Ils étaient le point d’orgue de notre nouvelle collection. Soigneusement emballés, je les avais mis dans un petit espace près des plateaux de présentation tout en informant le directeur commercial.
Il a marmonné je ne sais quoi mais personnellement très occupée également, je n’ai pas vraiment prêté attention. Nous attendions le plus gros client. Lorsqu’il est arrivé avec ses adjoints, j’ai quitté le stand, ma présence étant mal perçue, limite offensante.
Lorsque j’ai estimé que la réunion devait avoir pris fin, je suis retournée au stand où j’ai retrouvé le directeur commercial en pleine furie. Qu’est-ce-que tu as fait des échantillons ? Je les ai posés à cet endroit. Ils étaient dans une poche en plastique noire.
Il me regarde, pâlit et s’écrie m…e ! Je l’ai jetée à la poubelle et elle a été vidée.
On chope un agent d’entretien et tant bien que mal on lui explique la situation, sans succès, il ne parlait que le chinois et deux mots d’anglais.
Heureusement nous avions un ami chinois qui est venu à notre rescousse.
Après avoir interrogé maintes personnes, il en résulta que notre collection devait se trouver dans les sous-sols où les grandes poubelles étaient stockées.
Ni une ni deux, les deux hommes partirent plonger dans les résidus pendant un temps fou et finirent par réapparaître, l’un désolé, l’autre d’humeur diabolique.
Devant la fureur de l’un et ma demi-fureur, notre ami retourna plonger dans les poubelles une grande partie de la soirée.
Il nous retrouva à l’hôtel, les mains vides.
Nous n’avons pas récupéré nos échantillons.
Une véritable histoire de ouf !
Bien vu, Nicolas. La mine est parfois trompeuse…heureusement. C’est comme au foot pour Lamin Niamal, il paie pas de mine et pourtant c’est un Mozart du ballon.
Je me souviens de ce jour quand il m’est arrivé un truc de « Ouf ». Chers lecteurs et trices, je pense que vous ne me croirez pas et que vous vous demanderez si je n’ai pas dégusté quelques champignons hallucinogènes avant de vous narrer cette histoire de fou. Que je vous raconte :
Ce matin-là, j’étais allée faire le plein de ma voiture à une dizaine de kilomètres de chez moi. À cette époque, j’avais cette sale manie de poser ma carte bancaire sur le pare-chocs arrière pendant que je refermais le bouchon. De retour chez moi, je vaquais à mes occupations quand un doute effleura mon esprit. Je me précipitai sur mon sac à main et » Nom d’une pipe en bois ! « , après l’avoir examiné sur toutes les coutures et secoué dans tous les sens, je dus me rendre à l’évidence que je l’avais oubliée à la station-service en me disant qu’elle y était, peut-être, encore. L’espoir fait vivre ! Je décidai donc d’y retourner, au cas où. Me souvenant de ma sale habitude, je roulai lentement en scrutant les abords de la chaussée. Allez savoir pourquoi ? Quand, au détour d’un virage sur ma gauche, que vis-je ? Un petit bout de plastique couché dans les herbes qu’un agent de la voirie s’apprêtait à faucher. Incrédule, je sortis de ma voiture et, » Saperlipopette ! » c’était ma carte bleue qui avait voyagé, comme ça, durant trois bons kilomètres. Ouf !
Chère FANNY,
Effectivement, quelle chance ce jour là, parce que votre carte bancaire aurait pu faire pOUF ! plOUF ! cataplOUF ! s’aurait été une catastrOUF !…
Bien à vous.
Oui, Ouf ! Elle aurait pu être transformée en confettis de ouf par la faucheuse. Cette anecdote me reste en mémoire parce que je n’ai toujours pas compris pourquoi je ne suis pas retournée à toute pompe à la station-service. C’est curieux cette intuition, plus qu’improbable, qu’elle était perdue quelque part sur mon parcours et d’en être encore à me demander comment a-t-elle pu rester si longtemps sur le parechoc durant le parcours plein de virages de Ouf dans mon Auvergne ? Que de mystères kafkaïens ! Je vous remercie beaucoup pour votre lecture et votre commentaire fort sympathique. Je vous souhaite un excellent week-end. Bien cordialement. Fanny
Comment dire que je ne traiterai pas dans la forme suggérée le sujet proposé. En effet, je n’inventerai pas et je ne me contenterai pas d’un unique « Ouf ! »
Cela dit, je remercie l’instigateur du jour de me donner l’occasion d’un retour sur le passé, d’un début d’introspection.
Le chef de famille était un travailleur économe. Il épargnait pour les projets qui lui tenaient à cœur. Sa femme, elle, ne partageait pas les lubies de son conjoint et supportait même assez mal de devoir quémander billet après billet pour approvisionner le foyer.
Nous sommes à une époque où l’incapacité juridique des femmes leur interdit d’ouvrir un compte en banque et leur interdit de travailler sans l’assentiment de leur mari.
Nous, les deux filles de ce couple, nous avions, comme unique devise, d’acquérir notre indépendance économique. Ce qui nous était désormais possible.
Une fois les études achevées, le mariage célébré et le premier emploi obtenu, je n’ai pas dit : Ouf !
En effet, équilibrer un budget, occuper un poste atypique dans la structure industrielle choisie et découvrir la vie de couple étaient des préoccupations et des satisfactions à peaufiner.
Heureusement, l’amour dans le couple aidait à relativiser les difficultés professionnelles.
A plusieurs reprises, il fut nécessaire de parier sur le moment opportun de démissionner ; parfois de se retrouver dans la charrette d’un plan social… Les démissions me permettaient de pousser un Ouf de soulagement, comme le cahier usagé que l’on referme avec la joie d’en ouvrir un nouveau, tout neuf, tout blanc, plein d’espoir.
En y repensant, cette vie professionnelle a été traversée de tensions et de compromissions afin de passer entre les gouttes d’évènements ou des tocades de décideurs tout puissants.
Arrivée en fin de carrière, tous les vieux cahiers ont été jetés et un immense Ouf m’a permis de respirer enfin librement et de diminuer les tensions accumulées dans mon corps.
Aujourd’hui, la vie est beaucoup plus sereine mais il est tard et je sais que d’autres échéances arriveront.
Alors profitons de l’instant présent et osons un Ouf de satisfaction au terme de cette épopée personnelle.
Chère Nouchka,
Vous avez raison de pousser un OUF de soulagement… surtout lorsque le contrat semble bien rempli.
Bien à vous.
Voici un parcours professionnel, très riche en expériences diversifiées. qui vous ont permis de ne jamais démissionner de vous-même chère Nouchka. Inviter le nouveau, relever des défis, prendre des risques, tout cela s’inscrit dans le vrai mouvement de la vie. 🙂
OUF !
Ça c’est fait… et je coche.
A présent c’est au tour du Voisin qui me regarde toujours de travers,
OUF !
Ça c’est fait… et je coche.
J’avais aussi planifié Jeannette, cette garce infidèle,
OUF !
Ça c’est fait… et je coche
Ma journée a été bien remplie et mon agenda est à jour.
Messieurs de la Gendarmerie, je me tiens à votre disposition.
À chacun son rôle.
Respect !
Chère Camomille,
Ce qui est fait, est fait et ce qui est dit, est dit… OUF!
Bien à vous.
Trop drôle. Le mystère plane sur le traitement réservé aux victimes. Si ça se trouve, ce n’est pas si grave.OUF !
Court, mais efficace, comme ces quelques lignes écrites avec beaucoup d’esprit et d’humour. Bravo Camomille !
Alors que ma mère me portait, elle ne trouva rien de mieux que d’aller faire un tour en moto avec son frère et de se casser la gueule. Je m’en sorti sans dégâts (apparents) OUF !
Plus tard, on raconte que ma sœur, jalouse me poussa, moi et ma poussette dans un escalier. Je survécu. OUF !
Me précipitant dans mon cours préféré, le cours de récréation, je glissais sur la marche scolaire et tombait sur la tête. N’en conservais qu’une petite bosse littéraire. OUF !
Un jour, les pieds bloqués dans les cales pieds de mon vélo tout neuf, je m’étalais comme une bouse. Heureusement, aucun tracteur ne passait, ce jour-là, à cette heure-là, dans cette rue là. OUF !
Toujours plus tard, joyeusement éméché sous les drapeaux d’un service rendu à la patrie, je tombais, sans visibilité, par la fenêtre d’un deuxième étage dans l’heureuse benne à ordures qui n’attendait que moi. OUF !
Beaucoup plus tard, averti par le mouvement instinctif de mon chat, me précédant, j’évitais la belle branche d’un pommier s’écrasant à mes pieds. OUF !
Un autre jour, averti par je ne sais quelle voix de juste ton, je divorçais des effluves sectaires d’une épouse vantable. OUF !
Certaines années, j’eu la chance de surfer sur toutes les vagues covidiennes. OUF !
Ce matin, je suis enfin parvenu à me raser sans m’entamer la couenne. OUF !
Et le chien n’a pas dévoré ma dernière lecture. OUF !
Comme disent les djeuns, quelle vie de OUF !
Jean Marc,
On ne peut pas dire que vous avez une chance de OUF !
Bien à vous.
Çq me rappellle le film « incassable » et … Ma propre vie 😆
Drôle, très drôle ! Merci Jean-Marc 😀
UN COUP DE SANS
Sans titre
Sans étiquette
Sans sens, non sens,
Sans dessous
Sans son pardessus
Sans son chapeau
Non ! Pas tirer
Ne tirez pas le fil !…
OUF ! 🐻
Luron’Ours,
Vous faites bien de me prévenir… parce que j’ai l’habitude de tirer sur les fils qui dépasse… je ne supporte pas ça !
Bien à vous !
RIEN
Plouf pouf ouf !
C’est tombé sur lui et c’est tant mieux car je me cache et m’enfuis dès que le sort me désigne. Transparence est mon signe. Je me glisse, m’insinue, me fonds dans la couleur des murs, rien de personnel, tout comme tous, rien ne dépasse. Une vie plate qui ne monte ni ne descend, je suis comme là ou je suis. Un souhait ? Qu’on m’oublie.🐀
Chère Souris Verte,
Court mais précis !
Bien à vous.
Fou, complètement fou ! Toute ma vie se convertit en chiffres, je deviens un code barre un QR Code, Les jeunes, les seniors, dans leurs tableaux , bien comptabilisés, cadrés, sans communication
On soustrait, on rajouteront vérifie ,pour me caser dans une fourchette voire dans une assiette !!
Mes opinions se traduisent en pourcentages, pour ou contre, sur échelles, diagrammes, et autres graphiques plus ou moins abscons
ON additionne des gens heureux en vacances, des grincheux dans les bouchons, les dépressifs, qui ne sont pas sur les réseaux, on en fait des bilans, on divise pour établir des moyennes ??? On compte, décompte les consommateurs, lecteurs, spectateurs, téléspectateurs, marcheurs,
Des nombres, des chiffres, on nous parle rarement de la poésie du ZÉRO 00
OUF, mes rêves pas encore calibrés, mes élucubrations peuvent divaguer sans contrôle numérique,
OUF ..
Cher Ourcqs,
Dès notre naissance nous sommes déjà affublés d’un numéro de sécurité sociale qui nous suit toute notre vie… peut-être que dans le futur, on nous glissera sous la peau une puce comme pour les animaux… qui sait à quoi nous devons nous attendre !
Bien à vous.