771e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Commercy serait, paraît-il, à l’origine du mot MERCI. Imaginez que cette ville ait décidé d’organiser un festival du remerciement. Vous avez participé à l’un des divertissements. Racontez.


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Merci d’avoir si bien joué le jeu, la semaine dernière, jamais mon blogue ne connut de tels échanges. Vos commentaires étaient très pertinents, il m’a semblé que parfois l’intelligence artificielle montrait le bout de son nez. Et c’est bien ainsi. C’est un outil comme les autres.

41 réponses

  1. Urso dit :

    Commercy serait, paraît-il, à l’origine du mot MERCI. Imaginez que cette ville ait décidé d’organiser un festival du remerciement. Vous avez participé à l’un des divertissements. Racontez.

    Oh que c’est drôle, deux jeunes mercis qui se marient.
    Eh bien le week-end dernier à Commercy en Lorraine, cela était possible.

    Moi j’ai servi de témoin à plusieurs unions.
    C’est dingue comme plusieurs personnes du festival se sont portées volontaires pour faire office de témoin. Je n’ai jamais vu un tel engouement, un tel enthousiasme.

    Il y avait beaucoup de joie, de bonheur. Nous les témoins, on était là pour la bonne cause.
    Ces mariages allaient donner naissance à une flopée, un nombre considérable de petits mercis, qui allaient se répandre et inonder la Terre entière.
    Une gigantesque marée de mercis qui forcément aurait un impact sur la vie de millions d’individus.

    Ben oui, on en a besoin de mercis dans la vie, de beaucoup de mercis. Même si c’est dit dans une langue étrangère à la nôtre, en chinois, en mongol, en araméen ou encore en péruvien.

    Puis le dimanche soir je suis rentré chez moi, le cœur et l’âme remplis d’une grande gaieté, fier et heureux d’avoir fait une bonne action au cours de ce week-end.
    Le lundi comme les autres jours je me suis levé pour retourner bosser. Pas très marrant le travail tous les jours de la semaine ; vivement la retraite !
    Mince, mince, juste avant de quitter l’appartement le téléphone s’est mis à sonner.
    – Allo allo oui, ah ! vous êtes un couple de mercis qui s’est marié samedi dernier.
    – Je vous remercie monsieur, je vous remercie tellement d’avoir été notre témoin.
    – De rien madame, de rien.
    – Monsieur, nous sommes en voyage de noces, et nous pensons souvent à vous. À Commercy vous avez été si gentil avec nous.
    Venez nous voir, venez nous voir. Nous sommes si bien ici ! Venez monsieur, cela nous ferait tellement plaisir ! En ce moment, pour quelques jours, nous sommes à l’île de La Réunion.

    Moi, à cette heure de la journée étant en général plus pressé qu’un citron jaune de Sicile, j’ai rapidement indiqué à la dame que mon employeur m’attendait, que je ne pouvais parler plus longtemps au téléphone.
    – Tant mieux, tant mieux, me dit-elle, un jour ou l’autre nous allons venir chez vous. Souvenez-vous, vous nous avez donné votre adresse.
    – À bientôt me dit la dame, à bientôt !
    Je lui ai dit aussi à bientôt. En raccrochant j’ai trouvé bizarre que le monsieur n’avait pas parlé, peut-être qu’il n’était pas là.
    Également, j’ai pensé que peut-être j’avais été un peu désagréable avec la dame, ayant montré mon impatience.
    Bon c’est la vie, moi le matin je cours à cent à l’heure, je n’y peux rien.

    Or, depuis cette rapide conversation et surtout depuis ce séjour à Commercy, j’ai comme l’impression qu’il y a un avant et un après ; bref que ma vie a changé, qu’elle a prise une nouvelle direction ! Un phénomène étrange que je n’arrive pas à expliquer !
    C’est vrai, vrai, hi ! hi ! Je ne rêve pas.
    La preuve : je bois un peu moins de whisky japonais. Et sur la route j’appuie de plus en plus fort sur le champignon de ma dernière Lamborghini.
    Oh ! n’ayez crainte les amis, cette voiture elle le sait, je lui ai suffisamment répété la consigne : pas trop vite, pas trop vite, car je n’ai pas envie de filer si rapidement au paradis !

    Allez allez on démarre ma belle !
    Vroum, vroum oh ! oh ! ce qu’elle va vite cette Lamborghini ! Vroum, vroum !
    Oh ! les autres automobiles sur l’autoroute on dirait vraiment de lents lents escargots !

  2. Anne Le Saux dit :

    Commercy, je n’avais jamais entendu parler de cette ville jusqu’à ce matin. En vacances dans la région, j’ai vu l’affiche à l’accueil du camping :
    COMMERCY, FESTIVAL DU REMERCIEMENT
    Dimanche 12 juillet de 10h à 18h, Place de la Mairie
    En quête d’exotisme, j’embarque femme et enfants pour une virée dans la contrée du MERCI. Beaucoup de monde, petits et grands, jeunes et vieux, bref tout public. Le MERCI serait-il rassembleur, faiseur d’unité ? Une ambiance de kermesse, beaucoup de rires et de gaieté non feinte. MERCI, facteur de joie ?
    Ma fille s’arrête au stand maquillage de MERCIS sur le visage, les mains et tout fragment de peau à l’air libre. Ma femme choisit l’atelier d’échanges et témoignages sur le thème « Les bienfaits de la GRATITUDE ». Mon fils est attiré par le toboggan dont le point de chute est une piscine de MERCIS tout moelleux. Quant à moi, j’hésite…
    Je longe les boutiques de bobs, T-shirts, porte-clés et autres babioles auréolées de MERCIS. Je stationne quelques instants devant le challenge des mille MERCIS, façon Téléthon. J’évite le karaoké des MERCIS faute de compétences vocales. Je choisis enfin MON activité : le jardin des MERCIS. Cultiver, je sais faire. Là, j’ai le choix entre semer des MERCIS et les récolter ; confectionner des bouquets, gerbes et compositions ; ou encore en être destinataire. Je choisis cette dernière option.
    Je suis installé confortablement dans un hamac, invité à me détendre, un casque audio sur les oreilles. Une musique douce, au goût de fraise et grenadine. Curieux ! Mon prénom retentit puis des MERCIS me sont adressés, une brassée de mercis, délicats, sincères, réalistes. Le jardinier me connait ? Mon humilité se tortille : cette avalanche de MERCIS m’est-elle vraiment destinée ? Je ne saurais dire à quel moment je me suis assoupi. C’est mon fils qui m’a réveillé « Papa, papa, regarde, je t’ai fait un dessin ». Sous mes yeux, des MERCI PAPA s’alignent tels des petits soldats de plomb aux couleurs multicolores sur un fond bleu et jaune parsemé de fleurs. Une larme coule sur ma joue.
    Merci mon fils. Merci COMMERCY pour ce festival. MERCI la VIE.

  3. Le festival avait pour titre « M comme merci ! »…évidemment. C’est Madeleine qui avait été à l’origine de ce festival, Madeleine Devair. Elle avait voulu le décliner sur différents thèmes : accepter d’être à la merci d’autrui, savoir remercier quand vous êtes remercié (c’était un atelier plutôt destiné aux licenciés)… Tous les participants avaient été enthousiastes et de partout fusait un merci unanime, qui, à force, en devenait suspect : à croire que Madeleine avait initié le festival pour être remerciée…
    C’est alors que j’eus l’idée d’un atelier inédit : comment être poli sans dire merci. Dès que j’émis ma proposition, on me fusilla du regard : quel est ce malotru qui a l’outrecuidance de la politesse sans dire merci ? Et, du jour au lendemain, je me trouvai au banc des accusés. Je décidai donc de prendre la poudre d’escampette, sans dire merci.

  4. Françoise Rousseaux dit :

    Merci d’être venus
    Tous et toutes dans nos rues
    Ceci est le premier merci
    Mais il y en a tant d’autres ici

    Là dans le coin des tout-petits
    Un joli merci pour sa mamie

    Ailleurs un grand merci énamouré
    Pour sa charmante fiancée

    Ici, c’est l’été qui finit
    Un grand merci pour la pluie

    Les lecteurs disent merci pour les histoires
    Qu’ils ont dégustées chaque soir

    Et les choristes remercient les auteurs des chansons
    Qu’ils ont interprétées sur tous les tons

    Les marcheurs remercient les chemins
    Qui les ont menés si loin

    Les noctambules remercient les soirées
    Où ils ont si bien dansé

    Je remercie mon chat si doux
    De venir ronronner dans mon cou

    Et moi je remercie mes enfants
    D’être là tout simplement

    Nous, voyageurs impénitents
    Adressons tous nos remerciements
    Aux gens que nous avons rencontrés
    Et qui nous ont si bien guidés

    Il y a même un chien qui remercie
    la famille qui prend soin de lui

    Et des oiseaux qui pépient
    merci, merci d’avoir protégé nos nids

    Tous ces mercis font chaud au coeur
    On les découvre avec bonheur
    Alors on remercie…énormément
    les organisateurs de cet événement

    C’était en direct de Commercy
    Le festival des mercis !

  5. Avoires dit :

    Commercy serait, paraît-il, à l’origine du mot MERCI. Imaginez que cette ville ait décidé d’organiser un festival du remerciement. Vous avez participé à l’un des divertissements. Racontez.
    Elle en avait eu, une drôle d’idée, la ville de Commercy, lorsqu’elle avait décidé lors d’un conseil municipal, de créer un festival du remerciement !
    Ce point avait été rajouté en dernière minute à la liste de l’ordre du jour, jugée un peu courte.
    Et un de plus ! avait déclaré l’adjoint au maire, chargé des réjouissances municipales, sur un ton mi-moqueur, mi-agacé. Ne trouvez-vous pas qu’il ya assez de foires, salons et festivités en tous genres dans notre ville ? Et à quelle période voudriez-vous l’insérer, ce festival ? Entre la fête de la madeleine, le salon des vendanges précoces, la foires aux prunes tardives, le gala des anciens… Son énumération se perdit dans un brouhaha qui s’élevait dans la salle du conseil, chacun parlait dans son coin, s’indignait ou approuvait, on ne s’entendait plus, la cacophonie régnait, un vacarme abominable : Commercy délibérait.
    Il faudrait envoyer une invitation à toutes les mairies de France lança la conseillère Arlette, d’une petite voix tremblante. Elle était responsable de la cohésion communale.
    … Et aux maires d’Outre- mer aussi ? demanda une voix cassante
    … Ben… oui… répondit Arlette, hein Jan-Louis ? (le maire), on fait comme ça ? Les TOM aussi…
    Oui, oui, tout le monde, rétorqua Jean-Louis, le nez dans l’ordre du jour.
    Trente-cinq mille communes, trente-cinq mille courriels… entendit-on du fond de la salle. C’était Claudette, la secrétaire qui se demandait si elle n’allait pas être obligée de venir un samedi pour envoyer toutes les invitations. Elle pensait à Saint-Denis de la Réunion et à Saint-Denis dans le 93. Lequel des deux saints ferait le déplacement vers Commercy?
    Le tohu-bohu allait se transformer en explosion lorsque l’adjoint à la culture, tapa sur le table pour demander le silence et déclara :
    Je vous informe que l’anagramme de Merci est Crime ! Comment trouvez-vous ça ?
    Les murmures reprirent, chuchotements, exclamations, brouhaha, tohu-bohu, vacarme, les murs en tremblaient presque, un carreau de fenêtre se fêla. Comment démêler ces mots-là, entrelacés qu’ils étaient ?
    Les réponses arrivèrent sur la messagerie de Claudette : les mairies de Kourou en Guyane, de La Trinité en Martinique répondirent avec enthousisame qu’elles seraient enchantées de venir à Commercy et demandaient les modalités du festival. Quoi, quand, comment.
    Le conseil municipal avait dû se réunir à nouveau pour en débattre mais le crime était entré dans les esprits. Le festival du remerciement n’eut jamais lieu. Claudette vint encore un samedi à la mairie pour envoyer un courriel d’annulationaux trente-cinq mille communes.

    • Béatrice Dassonville dit :

      Brouhaha, tohu-bohu, vacarme, au point que les murs en tremblent et qu’un carreau se fêle… Quelle belle énergie règne dans cette commune… et dans votre texte chère Avoires !
      Je commence ma journée en vous lisant… et me voici bien réveillée ! 😀
      Merci… J’ai beaucoup aimé.

  6. CATHERINE M.S dit :

    Ici à Commercy
    Est né le mot MERCI
    Si, si, si …
    La légende le dit !
    Le premier mot du bébé c’est lui
    L’ado, du bout des lèvres
    Le dit aussi
    Même si- ô combien- ça l’énerve
    Et qu’il le prononce en vitesse
    Pour ne pas faire aveu de faiblesse
    L’adulte lui, bien élevé et poli
    Le clame haut et fort
    Encore et encore
    Quant au senior
    Il le chante comme un ténor
    Merci, merci la vie
    A Commercy, on connaît son prix

    D’ailleurs récemment
    Est né un Festival du remerciement
    J’y ai fait un tour l’autre jour
    Dès l’entrée, avant même de payer
    On m’a remerciée pour ma présence
    Louée pour ma gentillesse et mes « largesses »
    Bénie pour mes modestes dépenses
    Oh la la, trop de mercis
    J’en avais par-dessus la tête
    Ras la casquette
    Je me suis enfuie
    Dans un lieu de perdition
    Dont je tairai ici le nom
    Pour ne pas ternir ma réputation !

  7. Gilaber dit :

    Le Festival du Remerciement…

    Ce fut par hasard que je tombai sur une brochure annonçant qu’à la fin de l’été 2025, la ville de Commercy — prétendue origine du mot « merci » — organisait son premier Festival du Remerciement, du 24 au 31 août.

    Je me dis : « Pourquoi pas ? » Puis, je situai Commercy : à vingt kilomètres au nord de la forêt de Brocéliande, près de la base nautique de Paimpont et de son abbaye du XIIIe siècle. L’opuscule précisait hôtels, restaurants, navettes… tout un programme. Mais le lieu lui-même suffisait déjà à enflammer l’imagination : le Val sans retour, la fontaine de Barenton, la retraite de Merlin l’Enchanteur… J’étais persuadé que les réjouissances seraient à la hauteur de ces légendes noyées dans la brume.

    Toutes réservations faites, je gagnai Médréac en train, puis la forêt en autocar. À l’arrivée, banderoles et oriflammes flottaient, où « Merci » s’affichait dans toutes les langues. J’avais manqué le discours d’ouverture, mais qu’importe : un cœur diffusait en boucle une chanson détournée de Michel Sardou :
    « Merci d’être venus… »

    Je filai découvrir les attractions. La première, un « Jacquadi a dit », obligeait à saluer chacun par un « merci d’être venu », poignée de main comprise. Nous étions tenus de prolonger ce jeu toute la durée du festival. Imaginez la tête des passants interloqués !

    Plus loin, au bord de l’eau, des visiteurs lançaient de petits bateaux en papier, chacun portant un « merci » griffonné. Une flottille multicolore dérivait ainsi : « Merci Mamie pour tes confitures », « Merci au bus 12 de toujours m’attendre »… Le clapotis donnait des airs de cérémonie païenne.

    Puis je découvris une cabine téléphonique repeinte en or et bleu : « LE MERCI INVERSÉ ». À peine entré, une pluie de voix m’assaillit :
    — Merci d’être venu !
    — Merci pour ta chemise !
    — Merci de respirer si harmonieusement !
    Les haut-parleurs transformaient le moindre détail en reconnaissance. Je ressortis léger, presque enivré, comme délesté d’un sac invisible.

    Je parcourus encore les allées : un mur des gratitudes accueillait billets et confidences, une loterie désignait des « remerciés » qui recevaient de menus présents. Un atelier enseignait la chorégraphie du merci, entre danses et salutations exotiques. Le marché du merci obligeait à payer en paroles inventives. Un amphithéâtre d’impro rejouait des scènes de vie quotidienne où l’on oubliait de se remercier. Enfin, un karaoké du merci donnait voix aux chansons d’amitié et d’amour.

    Mais je fus surtout séduit par la rivière des mercis, où les bateaux de papier poursuivaient leur lente dérive. Au coucher du soleil, le plan d’eau miroita de reflets orangés. Une animatrice m’interpella :
    — Et vous, monsieur, n’avez-vous pas un merci à confier au courant ?
    J’hésitai : à mes parents ? Trop convenu. À mon voisin ? Trop banal. Finalement, j’écrivis :
    « Merci à celui qui, dans un train désert, m’a un jour tenu la porte sans rien attendre. »
    Je déposai mon bateau sur l’eau. Il chancela, puis se redressa, emportant mon souvenir parmi les autres.

    En regagnant la sortie, je repassai devant les oriflammes bariolées. Les « MERCI » en toutes langues semblaient me saluer. Avais-je participé à une farce ? À une thérapie collective ? Peut-être les deux. Mais je compris surtout combien un simple merci pouvait transformer une voix, un visage, une journée.

    Dans la file de l’autocar, un adolescent me céda sa place. Je lâchai un « merci » spontané, clair, sonore. Il rit :
    — Pas besoin de festival pour ça, monsieur !
    Il avait raison. Mais peut-être fallait-il ce détour par Commercy, Brocéliande et ses bateaux de papier pour me le rappeler.

    Sur le siège du car, regardant les bois s’assombrir, je songeai que le monde serait sans doute moins grincheux si chacun, de temps à autre, offrait un merci… même inversé.

    • Nicolas Thebault dit :

      L’idée du merci inversé est lumineuse. Nos mercis nous reviennent par une mystérieuse causalité circulaire. Merci !

      • Gilaber dit :

        Cher Nicolas,
        C’est ce que j’appelle « l’effet boomerang »… il en de même pour les ondes négatives, elles reviennent toujours vers ceux qui les émettent…
        Bien à vous !

  8. MICHEL-DENIS ROBERT dit :

    Commercy serait, paraît-il à l’origine du mot « Merci ». Imaginez que cette ville ait décidé d’organiser un festival du remerciement. Vous avez participé à l’un des divertissements. ?

    Le processus fut très simple. L’association d’idées étant parfois mystérieuse. Lors d’une pause, je me suis posé la question pour ou contre l’installation de panneaux solaires ? Profitons – en, si c’est gratuit, que je me suis dit ! Toutefois, méfions-nous des arnaques quand même. Quel rapport avec Commercy, me direz-vous ? Aucun.
    C’est que depuis quelques temps, étant grand fan de Jacques Brel, son atmosphère réchauffant le coeur, c’était peut-être ça le début du début du rapport, question chaleur ? Il est vrai que le soleil se donne à fond, ses derniers temps.
    En réalité, au lieu de rester chez moi, j’étais en voyage et c’est en passant par Amsterdam que je décidai de prendre la direction de Vesoul, et puis, en arrivant chez ces gens-là, je me suis surpris à freudonner quelques unes de ses chansons célèbres. Celle que j’adore, c’est celle avec « La belle Mathilde ». Et si elle revenait avec la joie exprimée par le maître ! Voilà, c’est de cette façon que je suis tombé dedans ! Je laissais libre cours à ma joie. Puisque  » Te v’là, belle Mathilde ! » Je pouvais me réjouir.
    Le problème, c’est que tout de suite après, je me suis mis à pleurer comme une madeleine. Je ne savais trop pourquoi et je devais chercher comment j’étais subitement sorti du répertoire. Pour les panneaux, je me donnerai le temps de réfléchir encore un peu.
    « Commercy, j’aurais pu y faire mes « Trois jours ». Mais, comme à l’époque, j’habitais en Lozère, je suis allé honorer mon obligation à Tarascon. Bref ! »
    Enfin, j’étais arrivé à Commercy ! Où en était mon amie qui venait de Belgique ?
    J’étais prêt à prendre mon portable, lorsqu’un agent frappa à la vitre de ma voiture. Je crus un instant qu’il allait me verbaliser. Heureusement, ce n’était qu’un guide. Et puis, de toute façon, j’étais arrêté. Je n’avais rien à craindre. Je pouvais sécher mes larmes.
    – Pour les remerciements, vous pouvez vous garer un peu plus loin, dit-il, en me tendant un ticket où il était écrit « Place de la Madeleine ». J’étais sur la bonne voie.
    En me garant, j’aperçus mon amie très élégante. Un charme indicible. Et tout d’un coup, j’entrai dans la joie. Elle était heureuse de me revoir. Nous étions prêts à faire la fête ! Main dans la main, nous découvrîmes les stands dédiés aux auteurs prestigieux qui nous apportent tant de joie et de bien-être. Toutes ces banderoles « Merci d’être si nombreux ! ». La morosité était licenciée. C’est peut-être ça l’autre face du remerciement ! Virer toute entrave à la bienséance. Et ne pas tomber dans le panneau !

  9. Sylvianne Perrat dit :

    Commercy serait, paraît-il, à l’origine du mot MERCI. Imaginez que cette ville ait décidé d’organiser un festival du remerciement. Vous avez participé à l’un des divertissements.
    J’ai parcouru 700 km pour atteindre Commercy. Cette fête de MERCI m’attirait. Je voulais apprendre, comprendre, expérimenter…
    Tous ces « Merci » que je croisais depuis mon enfance restaient un mystère. Le merci de politesse appris enfant. « Dis merci à ta marraine». Le Merci du cœur quand je sautais dans les bras de ma grand-mère qui me donnait un pot de confiture. Le plus ancien Merci dont je me souvienne. Je devais avoir 4 ans ou 5 ans. Ma mère me donne un gâteau. Ravie, je croque. Elle me dit : Merci mon chien. Je trouve ça rigolo et je répète Merci mon chien ! Et elle me gifle ! 1ere incompréhension ! D’autres suivront.
    Il y a aussi les « non merci », « De rien » « Fallait pas ». « C’est trop » Toutes ces maladresses, ces oublis, ces mal à l’aise. Les vrais Mercis qui apportent la joie, les pas merci qui frustrent. Quand on parle du Merci, la gratitude arrive au grand galop. Et là, cela devient compliqué Pour beaucoup. Suis-je redevable ? Est-ce que je dois rendre ?
    A Commercy, j’ai vu des banderoles « Merci », des chapeaux, des guirlandes. Des concours. Un atelier d’ecriture. Des courses folles où les participants criaient « merci à la vie ». Des mots croisés. Des Scrabble. Des tombolas. Tous ces Mercis déclenchaient les sourires, la joie, les embrassades. Un peu comme ces stages du Rire. Au départ, fictif et vite de vraies joies. Le mot Merci est magique. Il dit tout. Le contentement. Le plaisir. Merci unit.
    J’ai choisi comme activité. « Merci à soi-même ». Il s’agissait par duo, en face à face, d’exprimer : « je me remercie de… ». L’autre répète : J’entends que tu te remercies de… » Pas facile du tout. L’auto gratitude n’est pas habituel. Par exemple, j’ai dit « je me remercie de ma générosité » et tout de suite une petite voix rétorque « oui, mais… »
    Je suis repartie en me complimentant «  je me remercie de participer à cet atelier d’écriture et MERCI à mon éveilleur d’idées !

    • Nicolas Thebault dit :

      « Merci mon chien » Grâce à cette expresion que vous utilisez, je me souviens de toutes les fois ou je remerci mon chien : pour qu’il me laisse une petite place sur le canapé, par exemple. Je lui demande s’il te plait et lui dit merci. La politesse vaut aussi entre nous 😘

  10. iris79 dit :

    Commercy serait, paraît-il, à l’origine du mot MERCI. Imaginez que cette ville ait décidé d’organiser un festival du remerciement. Vous avez participé à l’un des divertissements. Racontez.
    A ce stand, pas de chichi, soit tu dis merci, soit tu passes ton chemin. Ce stand attire toujours des centaines de personnes. On y joue à deux. Le but du jeu est de tirer une étiquette au sort. Tu lis le mot inscris, qui bien évidemment veut dire merci, mais dans une autre langue. Tu dois faire deviner aux autres de quel pays vient ce merci. Bien sûr, tu peux avoir beaucoup de chance si tu tombes sur les mercis les plus connus. Mais pour les autres, c’est une autre paire de manches ! Heureusement, un planisphère fait mention de tous les pays représentés dans ce jeu, mais même avec ce référent, il est très facile de sécher ! On y vit des moments d’anthologie et dans la bonne humeur. Ce qui est drôle, c’est que tous les participants en repartant, remercient toujours très spontanément sans forcément sans rendre compte bien que cela soit un élan du cœur indéniable. Que la ville de Commercy soit à l’origine du mot merci ait probablement vrai mais ce pour quoi les gens viennent ici, c’est surtout pour l’opportunité qu’offre la ville de vivre véritablement ce merci grâce au bonheur que cette attraction fait naitre. Lieu de rencontres, de jeu, de bonne humeur et d’échanges simples et instructifs, le merci est roi. Mission réussie, Merci !

  11. Jean Marc Durand dit :

    Ah les cons, merci!

    La seule fois où je me suis égaré sur un site de rencontres, ça n’a été que du cauchemar. Du vrai, du poisseux, du qui vous colle au zob temporal, comme disait le caporal Tringlon, un obsédé de la gâchette.

    Au hasard des profils trafiqués et des photos bidouillées, j’avais sélectionné une petite (pas plus de 2 mètres), une littéraire, quand même, ni trop cigale, ni trop fourmi, une entre deux divorces, ces contrats tous pourris qui, dès la première nuit, vous mettait à poil pour longtemps.

    Elle s’avérait autonome des pneus et du porte-monnaie, ne supportait pas le tango argenté ni tous ces prélimineurs de pacotille. C’était une grande marcheuse, nous allions atteindre des sommets. chatouiller les cumulus de l’étamine sans jamais en flétrir le pédoncule.

    C’était ma vision un peu « surânée » (en français, enfin le mien, dans le texte) d’une aimable rencontre, débarrassée des corvées quotidiennes, des entretiens récurrents et des révisions tous les 10000kms.

    Pour des raisons pratiques, habitant Dieumercy, un patelin tout proche, je cochais un rendez-vous avec une certaine Madeleine, une femme de Commercy. Celle-ci grande spécialiste en petits gâteaux préparait une encyclopédie sur les spécialités gourmandes de son coin dont elle avait déjà pondu le titre : « A la recherche du pain Perdu ! »

    L’Homme est gourmand, c’est là sa moindre imperfection (car certains sont parfaits, la crème, comme disent les pâtissières).

    Et c’est ainsi que je débarquais, comme çà, mine de crayon de rien, un bête jour de semaine, à l’heure où les éboueurs prennent conscience que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.

    Je débarquais sur la place de Commercy comme Vasco de Gama dans sa première taverne irlandaise.

    En plein milieu de l’agora des publics ne trônait pas une Madeleine, la vraie, l’authentique, avec sa petite bosse dans le dos mais tout un troupeau de Madeleine, des douzaines de Madeleine, des trentaines de Madeleine, des centaines…après je n’avais plus assez de grains de beauté pour compter. Merde, m’écriais –je, Grand Jacques, les Madeleines sont revenus.

    Mes jambes ont attrapé mon cou….et j’ai couru…couru….comme Buster Keaton dans le film quand il est poursuivi par toute la féminité du monde.

    Et là, contrairement à toutes les chutes débiles encombrant les romans artificiels, je ne me réveillais pas d’un mauvais rêve pour justifier mon délire, je basculais juste dans un autre cauchemar.

    Ou plutôt, un autre film. Je tombais dans la piscine de la scène finale de « Mélodie en sous-sol » sous l’œil circonspect et la moue de Jean Gabin : « Ben cuilà, il crèvera ben avant d’avoir frôlé l’écran ».

    Et vu qu’effectivement, le metteur en scène n’avait rien prévu de mon passage, j’ai coulé à pic, sous les reflets émerveillés des billets de gros sous qui allaient retrouver le confort sec et discret de leurs coffres.

    Ps : Avec toutes mes excuses aux malheureuses et aux malheureux n’ayant vu ni le film de Keaton , ni celui de Verneuil !

  12. FANNY DUMOND dit :

    Cette année-là, après avoir boudé le spectacle de rue à Aurillac, je m’étais rendue au festival du remerciement à Commercy. Certes, la distance était plus longue, mais j’étais intriguée par cette assertion rabâchée dans les médias, affirmant que son nom est à l’origine du mot MERCI. L’idée en soi n’était pas mauvaise vu que cette formule de politesse figurait encore dans les dicos et autres Wikimachins, mais que depuis quelques années, elle s’était évaporée des bouches et avait filé entre les doigts des écrivants.

    Arrivée sur place, je remarquais les rues pavoisées de banderoles aux slogans hétéroclites, par exemple : « Madeleine vous dit MERCI de votre venue ». On entendait plus que des mercis dans tous les coins et les haut-parleurs braillaient des medleys du répertoire « merciesque ». Ce brouhaha pertuel me cassait les oreilles et j’en avais plein la tête d’écouter à répétition jusque dans la moindre ruelle  » j’ai bien mangé, j’ai bien bu, j’ai la peau du ventre bien tendue. » Merci, petit Jésus !  »

    Alors que je rejoignais ma voiture perdue quelque part dans cette ville expressive, je me frayais un passage dans la foule quand un talon aiguille me transperça les phalanges du pied droit. Ouille, ouille, ouille ! Mais, comme je suis polie et que j’avais super bien retenu la leçon, je dis Merci à cette sadique. Dans mon malheur, j’ai trouvé une âme charitable qui avait fait du stop pour venir s’encanailler en ces lieux. Elle a bien voulu prendre le volant pour faire le long trajet de retour. Papotant de tout et de rien, j’apprenais que nous habitions la paisible bourgade de Commentry dans l’Allier et je ne cessais de me confondre en remerciements.

    La suite, au prochain épisode !

  13. Nicolas Thebault dit :

    Festival du remerciement
    Commercy serait, paraît-il, à l’origine du mot MERCI. Imaginez que cette ville ait décidé d’organiser un festival du remerciement….
    Même sans lien étymologique, la consonance suffit à un joli prétexte pour dire merci, en commençant par la spécialité de Commercy.

    Merci pour tes délicieuses madeleines. Proust les a immortalisées comme l’un des symboles d’un souvenir tendre de l’enfance.

    Merci pour ton château des ducs de Lorraine. Le beau-père de Louis XV y a séjourné en favorisant l’essor culturel de la ville.

    Merci aux habitants de la cité et de cette région, marquée par les guerres de 1870 et 1914-18. Ils ont résisté comme ils ont pu à l’envahisseur.

    Voici les trois premiers stands de ce premier festival du remerciement. Chacun y apporte une contribution historique, photos, arbre généalogique …

    Les organisateurs ont prévu de nombreux pôles de remerciements. A nos ancêtres, parents, conjoints, enfants, familles, amis. Chaque fois, des écrivains publics vous aident à rédiger votre lettre. Ils peuvent en faire un mail, une carte postale ou simplement une impression à garder, lire et relire ou détruire.

    Merci à une personne importante qui vous a aidée dans un moment critique, merci à celle qui vous a consolé quand vous étiez dans le chagrin, merci à cette ancienne collègue qui vous a soutenu lors d’une prise de poste délicate.

    La ville de Commercy invente le co-merci. Chacun est libre de se faire aider, de partager, il y a même une équipe dédiée à la recherche des destinataires perdus de vue.

    Le succès est phénoménal. Les visiteurs se pressent chaque année.

    La ville de Saint-Amour et son célèbre cru du Beaujolais, a eu l’idée d’un festival équivalent sur le thème de l’amour, sous toutes ses formes. Une foule tout aussi nombreuse s’y précipite pour écrire, envoyer un message ou retrouver quelqu’un. ,

  14. Nouchka dit :

    Je savais qu’il y avait un Merci Beaucoup Festival, dans l’Est du pays.
    Cette année, je découvrais qu’il en était un autre, à Comèrci, en Béarn.
    Mes précédentes participations ne m’avaient pas satisfaite. Je m’étais sentie bien solitaire et silencieuse au milieu du vacarme des groupes participants. Peut-être serais-je mieux à Comèrci ?
    Je pouvais y participer avec le même programme que précédemment. Il était fort à parier que les festivaliers du Grand-Est ne fréquentent pas les forums, spectacles et festivals situés à l’autre extrémité du pays.
    La lecture de textes courts alternée de chants restait mon fond de commerce.
    Après une sélection nouvelle des textes et chansons, en lien avec le thème retenu, je m’informais des conditions de participation.
    L’interlocuteur joint avait un charmant accent occitan qui me réchauffa le coeur.
    Je compris que ma proposition pourrait se dérouler lors de déambulations dans le périmètre du festival. Charge à moi de me munir des éléments nécessaires à ma prestation : table ou pupitre, chaise ou tabouret haut, éclairage individuel, micro et sono adaptés au coté intimiste de ma sélection.
    C’étaient des conditions identiques à celles observées les années passées : La fin d’été, période des vendanges avec beaucoup d’attrait.
    Arrivée à Comèrci, la veille du festival, le comité d’accueil fut difficile à trouver. Je me réservais une chambre pour deux nuits et y déposais le matériel.
    La découverte du village fut rapide et j’envisageais de m’installer accolée à l’église.
    L’affichage publicitaire dans les rues ne faisait aucunement mention du Merci Beaucoup Festival mais appelait la population à la Fête de la Patate, disant : « En famille, entre amis, c’est la récolte party ! Venez récolter les pommes de terre à même les champs, juste après le passage du tracteur ! »
    J’étais dubitative. J’imaginais assez mal la cohabitation de ma sélection poétique avec la gesticulation d’une population joyeuse de récolter ce légume qui enrichirait les plats d’automne.
    Sans me démonter, j’abandonnais mon projet et participais, en chantant, au ramassage des patates. L’occasion me fut donnée de rencontrer des personnes fortes d’anecdotes locales que j’utiliserai sans doute dans de futurs écrits.
    Les tablées de fin de Fête étaient joyeuses d’échanger en occitan et de rire de vieilles histoires toujours présentes dans la mémoire collective quels que furent l’âge et les liens avec les personnages évoqués.
    Avant de quitter Comèrci, c’est moi qui remerciait ses habitants de leur accueil.
    Ce Merci Beaucoup Festival, si différent de ce que j’avais vécu précédemment, me donna un réel coup de fouet pour envisager les étés à venir d’une manière toute nouvelle.

  15. camomille dit :

    Jules n’a pas très envie de suivre mamie à ce festival.
    Mais mamie le traîne.
    De toute façon, ils sont voués à passer la journée entière ensemble…. Alors, tant vaut-il faire des compromis pour avoir la paix (pense-il); parce que la mamie, elle est coriace !
    Jules a découvert le mot « compromis » depuis trois jours et il se complaît à l’utiliser dès que l’occasion se présente…
    Un festival du remerciement ! Pfff !
    Ma foi, il y a plein de stands… Plein de gens et de la musique ringarde.
    Un festival de vieux quoi !
    Mamie sourit béatement et tire toujours Jules qui fait exprès de marcher moins vite qu’elle.
    Elle jette son dévolu sur le stand « LA VIE ».
    Faut s’asseoir sur un petit banc et tirer un pompon : une pluie de paillettes dorées s’abat sur la tête de Jules qui, surpris, sourit enfin.
    La dame, qui est le chef du stand, le somme de dire à haute voix « MERCI LA VIE » ce qu’il fit, amusé.
    Et une musique joyeuse l’accompagna à la sortie.

    Jules ne se tient plus derrière Mamie à présent et c’est lui qui désigne du doigt le deuxième stand : LA PLUIE
    Il s’assoit sur le petit banc frénétiquement et tire le pompon :
    Une douce pluie de mini gouttelettes d’eau s’éparpille sur sa tête et il éclate de rire.
    Et avant que la dame, qui est chef de stand, intervienne, Jules s’écrie joyeusement « MERCI LA PLUIE »
    Et une musique joyeuse l’accompagne à la sortie.

    Jules est heureux – Mamie est émue .

    Ils firent ainsi le tour d’une dizaine de stands (le soleil, la lune, les fleurs, les arbres, les oiseaux, les étoiles… etc, etc)

    Mamie est un peu fatiguée.
    Mais Jules la tire en la suppliant : « encore un mamie, encore un ! »

    Et c’est ainsi qu’ils se retrouvent devant le stand : «LA LIBERTÉ»
    Jules s’assoit sur le petit banc, et malicieux, tire le pompon:
    Une pluie de mots s’éparpille sur ses épaules.
    Et c’est en riant qu’il s’écrie « MERCI LA LIBERTÉ »
    Et une musique joyeuse l’accompagne à la sortie.

    – Peut-être que le mot « compromis » est tombé sur mes épaules ? Pense-t-il intrigué.

    Ils rentrent à la maison.
    Jules demande à Mamie de se baisser pour lui glisser doucement à l’oreille « merci mamie ! »

  16. 🐻 Luron’Ours dit :

    PARACHUTE ASSENSCIONNEL

    Le pote en ciel s’était rendu à Commercy pour ses trois jours avec Nadja de A.Breton en poche déjà plus troubadour que piou-piou. 

    Commercy c’était un nœud, un arrêt du Paris-Strasbourg même en train drapeau. La Pacfic 231 y haletait, escarbillait son troupeau. 

    Des marchands à quai proposaient la madeleine en sachet sans référence littéraire. Quand le célèbre breton Bernard Hinault s’arrêta à Cruis c’était à l’occasion d’un concours. La caravane du tour passait par là, la marque Saint-Michel offrait des madeleines. Le  ̀blaireau ́ la représentait, les fesses moulées dans son cycliste. Tandis que les coureurs abordaient le Ventoux, une provençale costumée ré-inventait la fameuse recette de la madeleine. On pouvait louer Commercy d’exploiter le gâteau rond et doré proposé pour le quatre heures des écoliers et des anciens.

    Aujourd’hui, la cité accueille le festival du merci on y chante « Merci patron » des Charlot. C’est l’hymne comme mon beau sapin est celui de Baltimore dans le Maryland. À quand le jumelage et un marché potentiel ?🐻

  17. Béatrice Dassonville dit :

    Commercy, peu contente de se distinguer pour son célèbre biscuit « la madeleine », ou encore, son activité autrefois très industrieuse avec ses forges, s’accaparait aujourd’hui l’origine du mot « merci ».
    Cette affirmation, peu controversée — du fait que l’IA avait lessivé bon nombre de cerveaux — avait délogée celle plus crédible, étymologiquement, à savoir, pour faire court : salaire, récompense, intérêt.

    Cependant, quelques encéphales récalcitrantes comme la mienne restaient perplexes, et se demandaient dans quelle mesure Commercy ne cherchait pas à tirer son épingle du jeu — étant plus proche de « commerce » que de « merci » — en ancrant un mensonge qui ferait son beurre sur les épinards, dans l’imaginaire collectif.

    C’est ainsi qu’en plein air, une immense estrade avait été dressée, afin d’accueillir ce premier festival où se flattait une idée généreuse qui — dans mon esprit tordu se refusant de finir en planches — n’en était pas. Car, curieusement, dans un monde devenu froid, où l’émotion ne circulait plus, si ce n’est sous un habillage trompeur et virtuel, le vertueux ne me semblait pas avoir sa place.

    En effet, beaucoup d’égos se bousculèrent pour mettre en valeur leur « merci » qui faisait le bruit d’une lame de scie. Chacun se voulait le meilleur, voulait supplanter l’autre dans des tirades interminables… et au final, trouvait son « salaire ».
    Et Commercy sa récompense, son intérêt.

  18. 🐻 Luron’Ours dit :

    et doré proposé pour le quatre heures des écoliers et des anciens.

    Aujourd’hui, la cité accueille le festival du merci on y chante « Merci patron » des Charlot. C’est l’hymne comme mon beau sapin est celui de Baltimore dans le Maryland. À quand le jumelage et un marché potentiel ?🐻

    • Gilaber dit :

      Bravo pour ce coup de chapeau au mythique groupe des Charlots… je recherchais aussi une chanson pour accompagner mon récit, mais je n’ai pas pensé à celui-ci… je respecte votre choix !

    • Avoires dit :

      La proposition d’écriture m’a tout de suite fait penser à cette délicieuse chanson des Charlots

  19. Nadine de Bernardy dit :

    Je suis graveur d’ex-voto sur bois et tiens un stand au festival de remerciements de Commercy. J’ai décidé de me démarquer en proposant des Non Merci pour tous.
    Ce fut un succès fou, un longue file de mécontents, de ras le bolistes piétinait devant ma petite table.
    Il y avait les familiaux :
    – non merci mon mari, mais je ne ferai pas le ménage dans la lingerie coquine que tu vient de m’offrir. J’ai ma dignité !
    – non merci aux ficus que ma belle mère m’offre systématiquement pour mon anniversaire
    – non merci pour les colliers de nouilles en trois exemplaires que je reçois de la part de mes enfants à la fête des mères
    les professionnels :
    – non merci, je ne souhaite pas aller travailler en Corée sous prétexte de délocalisation
    – non merci pour la main au panier dont me gratifie mon patron quand il est d’humeur joviale
    – je n’aime pas le » placard  » pompeusement appellé bureau où l’on veut me reléguer. Non merci.
    – non merci je n’ai pas fait cinq ans d’études pour aller proposer de aspirateurs de porte en porte
    les politiques :
    – il est hors de question que je travaille jusqu’à 67 ans. Non merci, très peu pour moi
    – non merci, je n’envisage en aucune façon d’être premier ministre dans ce gouvernement, ni dans aucun autre d’ailleurs
    les sportifs :
    – je me sens assez performant, non merci pour vos injections et vos boissons « énergisantes »
    – je ne participera pas au tour de France cette année, non merci, je ne suis plus assez costaud pour envisager le mont Ventoux.
    Etc,etc . Chacun s’exprimait, repartant plein d’espoir son exvoto sous le bras.
    J’étais de mon côté ravi d’avoir pu soutenir ces gens et d’avoir fait un si bon chiffre d’affaire.
    Un grand merci à la municipalité de cette charmante ville et son festival.

    • Béatrice Dassonville dit :

      Merci Nadine. Ce non a le mérite de sonner vrai, alors que le merci n’est souvent qu’une formalité. 🙂

      • Nadine de Bernardy dit :

        peu de gens se permettent de dire poliment non merci et acceptent des situations qui les mettent mal à l’aise. Ben y a pas d’raison comme dirai l’autre

    • Nicolas Thebault dit :

      C’est aussi beau et légitime de savoir dire non merci que merci. Dans les deux cas il s’agit d’une communication non violence, lorsqu’elle est bien formulée, dans le respect des autres … Et de soi.

  20. 🐀 Souris Verte dit :

    771/ COMMERCY
    cette ville militaire au passage obligé des fameux « trois jours  » précédant l’embastillement des jeunes hommes pour le service « obligé ». Je n’aime pas le mot obligatoire. Tous les ‘toires’ ambulatoire, crématoire, échappatoire sauf s’il mène vers la sortie.
    Le service militaire étant supprimé la ville de Commercy a transformé ses trois jours en festivité celle ̀du ̀remmercyment’ destinée essentiellement aux commerciens.
    Tous déambulent en costumes de courtoisie. Les commerciennes sont tirées par des commerchiens sans ̀’meuselières ́ qui se livrent à des assauts d’amabilité avec leurs congénères au point qu’il y a fort à penser que la population canine risque de tripler dans les mois à venir. Les commerciens se checkent entre-eux et croquent la madeleine… là encore on risque d’avoir des surprises…
    Bon ! L’avenir n’est pas mort.🐀

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