766e exercice d’écriture très créative créée par Pascal Perrat

Selon une source désinformée, un sauveteur de sourires aurait été défiguré par une grimace.
Racontez.

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Selon une source désinformée, un sauveteur de sourires aurait été défiguré par une grimace.
Racontez.

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Selon une source désinformée, un sauveteur de sourires aurait été défiguré par une grimace. La nouvelle avait de quoi surprendre. Sa source était confuse voire suspecte. En tout cas, c’était une première. Selon toute vraisemblance, le métier – pourtant indispensable – devenait dangereux.
Certains ont évoqué la possibilité d’un vaccin afin de se prémunir d’une telle déconvenue. D’autres ont imaginé le port d’un masque protecteur pour éviter de subir la même disgrâce. Les sourires se sont faits plus rares. L’inquiétude gagnait du terrain.
Le métier était-il menacé ? Les recrutements étaient en berne. Certains sauveteurs de sourires ont décidé de se reconvertir en épancheurs de larmes, entraineurs de grimaces ou encore coachs de grincheux. Mais ils n’y trouvaient pas leur compte. Pas de joie. Pas de satisfaction.
C’est alors que le pot aux roses a été découvert. Un influenceur, chantre de la morosité, considérait son business entravé par ces sauveteurs de sourires qui, selon lui, voulaient maintenir un monde de bisounours. Il a été interpellé, a reconnu les faits et a été condamné à dix séances intensives de réintégration de sourires.
Aux dernières nouvelles, sa thérapie lui a été profitable et il en est devenu le plus fervent prescripteur.
Selon une source désinformée, un sauveteur de sourires aurait été défiguré par une grimace.
C’est moi la grimace qui a défiguré monsieur le sauveteur de sourires. C’est vrai ce ne sont pas des fadaises.
Tout ça c’est à cause de cette limace rencontrée l’autre jour dans la rue, qui en me voyant a dit que je ne souriais pas du tout.
Je lui ai répondu que j’étais une grimace de naissance et que pour cette raison je ne pouvais pas sourire.
Elle m’a rétorqué qu’un jour ou l’autre je devais bien commencer à sourire.
Écoute-moi bien a-t-elle enchaîné.
La prochaine fois que tu croises sur ton chemin un sauveteur de sourires tu vas l’amocher et tu verras, assez rapidement, 33 heures après, tu vas sourire à ton tour.
Bam, boum, boum, bam, comme ça sur le visage du monsieur me montre-t-elle en faisant des gestes démesurés.
Manque de bol, en réalité cela a un peu dérapé car le sauveteur, comme vous le savez, je lui ai un peu défiguré le visage.
Et voilà pour quelle raison moi la belle grimace je suis passée à l’acte, croyant cette satanée limace, et croyant surtout que moi aussi j’allais sourire.
Bon je vous le dis, c’est un secret et je ne sais pas comment la limace a lu dans mes pensées, car cela fait des années que ma grande ambition dans la vie c’est d’avoir un beau et unique sourire.
Aussi, lorsque cette sacrée bestiole m’en a parlé je me suis dit profitons-en. Même si je dois un peu frapper ce monsieur sauveteur.
Elle m’a bien dit que la bonne nouvelle allait survenir 33 heures après.
Or, ça fait plus de 3 jours que j’ai fracassé le gars et le sourire sur mes lèvres, j’essaie, j’essaie, il n’est pas encore au rendez-vous.
J’ai comme l’impression que cette limace, elle s’est moquée de moi.
Ah ! si je pouvais la retrouver, c’est à elle que je ferai quelques prises de karaté ou de judo.
Également si je pouvais revoir ce monsieur sauveteur je lui ferais mes plus grandes excuses pour le triste mal que je lui ai fait.
Tiens, tiens, qui vois-je dans ce square assis côte à côte sur un banc public. N’est-ce pas monsieur le sauveteur et la petite limace. Ils parlent fort et ils n’arrêtent pas de rire. Dommage je suis trop loin d’eux et je n’entends pas ce qu’ils manigancent.
Ah ! je comprends tout maintenant. Tous les deux ils étaient d’accord. Ils ont joué un numéro avec moi. Dans quel but ? Pour quelle raison ?
Je me rapproche un peu. Je dois éviter qu’ils me voient.
Oh ! c’est étonnant cela, je regarde bien, encore et encore, de mieux en mieux.
Mais oui, le monsieur il n’a pas l’air d’être défiguré, rien de rien sur son visage, qui est lisse et propre comme un galet de plage : certainement il devait porter un masque ou une protection le bougre lorsque je l’ai agressé.
Et puis c’est quoi ce scénario à la gomme ?
Ces deux-là, ils m’ont ridiculisé, c’est certain.
Je vais leur régler leur compte. Vite, je rentre chez moi chercher mon dernier bazooka.
Ils vont voir de quel bois je me chauffe.
Alors que la grimace accélère le pas pour aller chercher son bazooka caché dans le garage, elle vit sur le trottoir une copine d’enfance qui lui dit aussitôt en la voyant :
– Quoi, quoi, que t’arrive-t-il donc ma chère !
Je te vois aujourd’hui complètement différente des autres jours.
C’est toujours toi je le sais.
Mais tu ne cesses de lancer d’énormes sourires pareils à ceux d’une actrice de cinéma.
C’est impressionnant cette métamorphose.
Veux-tu entamer une carrière cinématographique ?
Qu’as-tu donc fait ? Une opération chirurgicale.
Tu es une traître, vraiment, tu ne fais plus partie du peuple des grimaces ! Une grimace ne peut sourire de cette manière. C’est impossible !
Et ayant dit ce flot de paroles la copine d’enfance prend la poudre d’escampette, sans même saluer et regarder la limace.
Elle, notre limace, elle paraissait, rayonnante, radieuse, même fière et oubliant carrèment de rentrer chez elle comme c’était prévu, à la recherche de son arme.
Une perte de mémoire subite lui était tombée dessus.
Sans le savoir et sans même sans rendre compte, elle avait délaissé son habit trop large de grimace, pour revêtir un vêtement fortement lumineux et resplendissant de sourires aux mille feux.
C’est sûr elle allait vivre une autre vie !
Selon une source désinformée, un sauveteur de sourires aurait été défiguré par une grimace.
Il fallut plusieurs semaines aux spécialistes d’analyses de fakes news pour démontrer que le sauveteur de sourires allait très bien ! Il y avait eu une vraie tentative de déstabilisation pour mettre en avant une fausse information ! Non ; le sauveteur de sourires n’avait pas été défiguré par une grimace ! Il avait même eu d’excellents résultats ! Bien au-delà des espérances à vrai dire.
On comprit assez vite que c’était un coup monté du gang des grimaces. Il sévissait depuis plusieurs années dans l’ombre et gagnait du terrain. Avec la complicité du gang de la haine. Mais on ne sait trop pourquoi, peut-être l’arrivée de l’été, l’envie furieuse de se rebeller pacifiquement des gens désabusés par une actualité tellement triste, le sauveteur de sourires explosait tous les records. Des enfants aux vieillards, tous retrouvaient la banane ! Et comme il n’y a pas plus communicatif qu’un sourire, pour une fois depuis très très longtemps, les gens semblaient heureux, du moins affichaient -ils l’impression de l’être, ce qui était un bon début car sourire même quand on n’en a pas envie suffit à tromper le cerveau et l’amener à sécréter des hormones du bonheur. Alors oui, le sauveteur était extraordinaire et obtenait des résultats fabuleux, n’en déplaise aux ronchons, grincheux, et jaloux de tout bord.
Ce qu’on ne dit jamais d’un Sauveteur de sourires.
Presque toujours, la vie, avec ses doigts de méchante marâtre, s’est efforcée d’éteindre le feu intérieur qui brillait sur ses lèvres. Elle ne reconnaissait pas cet enfant comme le sien.
Alors, s’excusant d’exister, il lui offrait son sourire, comme le mendiant tend la main, pour un geste d’amour.
Ayant essuyé mille naufrages, le Sauveteur de sourires est sensible à celui des autres. Il connaît les ficelles pour s’en sortir, relever la tête, garder l’espoir. Il est toujours prompt à aider. Trop prévisible, il est une valeur sûre dont on abuse souvent.
Ce manque de respect fait cruellement souffrir le Sauveteur de sourires. Une colère muette gronde en lui. Il a le sentiment qu’il n’en fera jamais assez, que la demande des autres est un puits sans fond. Il comprend qu’on ne l’aime pas pour lui-même, mais pour ce qu’il donne. Qu’il n’est qu’une ressource confortable !
Il entend sa fatigue et mesure le poids de son propre fardeau. Son sourire s’estompe jusqu’à presque s’effacer. Chacun autour de lui s’étonne, essaie de le secouer pour remettre la boite à sourires en route, mais rien n’y fait. Alors quoi, on ne peut plus compter sur elle ? Qu’a-t-elle donc à grimacer ?
Le Sauveteur de sourires hésite, car s’il n’obéit pas aux injonctions extérieures, sera-t-il encore aimé ? Mais l’était-il vraiment ?
Devenu conscient, il fait le choix de prendre en considération ses besoins, de valider sa valeur, d’être un Sauveteur de sourires souverain qui n’attend rien en retour.
Si je vous en parle si bien, c’est que je connais l’un d’entre eux. Une parole très sage lui avait donné beaucoup à réfléchir :
« Un phare ne court pas au-devant des bateaux pour les sauver ; il se contente d’offrir sa lumière pour les éclairer. »
Il me fallait terminer cet exercice que pour des raisons personnelles, je n’avais pu faire, ou qu’ébaucher. 🙂
Bonjour, Béatrice, je suis heureux de vous savoir remise. Votre texte est émouvant et introspectif, avec une belle qualité d’écriture. Il parle d’un sacrifice silencieux que beaucoup vivent sans savoir le nommer, et offre une forme de réhabilitation douce à celles et ceux qui se perdent à trop vouloir faire briller les autres.
Le message du phare est magnifique. Pascal
Merci Pascal pour ce très encourageant commentaire. 🙂
Bien vu Béatrice, bien vu Pascal….Merci pour vos regards!
Un crime a été commis à Beurk-plage !
Selon une source désinformée, un sauveteur de sourires aurait été défiguré par une grimace. D’après des témoignages non fiables, les faits se seraient déroulés lors d’une intervention à haut risque : une andouillette party.
Notre pauvre sauveteur aurait accouru sur place après avoir entendu des cris de détresse, mais une fois sur les lieux, il aurait fait le terrible constat que tout ceci n’avait été qu’un leurre pour l’attirer dans un piège. Cette andouillette party avait été orchestrée par l’un des ennemis jurés de toute la corporation des sauveteurs de sourires, le redoutable Dégoût.
Le secouriste aurait tout de même tenté de sauver ce qui lui avait semblé être l’esquisse d’un sourire amusé, mais ce n’était en fait qu’un rictus d’écœurement qui commençait à se dessiner en une épouvantable grimace. Cette dernière, confuse et apeurée par la panique générale, fit une terrible méprise en voyant le sauveteur s’approcher d’elle et pensa qu’il n’était autre qu’un mangeur de soupes à la grimace qui procédait à une récolte pour faire mijoter son amertume. Sur la défensive, elle aurait attaqué le malheureux sauveteur qui se serait pris une grise mine en pleine figure.
Transporté à l’hôpital, le sauveteur serait hors de danger mais une vilaine irritation déformerait son visage comme s’il grimaçait continuellement. Nous avons pu interroger l’un de ses proches, son reflet dans le miroir, qui nous a révélé qu’il était méconnaissable et qu’il avait du mal à faire face. Lui-même très affecté, il nous a confié qu’il ferait tout son possible pour que leur lien ne se brise dans cette épreuve.
D’après les propos recueillis au micro de notre envoyé très spécial, Dégoût se délecterait avec plaisir et aurait passé le relais à sa compère Tristesse qui se serait emparé des victimes collatérales de cette supercherie : les invités. Dès que nous aurons plus d’informations sur cette prise d’otages, nous vous les communiquerons.
Pour conclure, remercions et souhaitons du courage à tous ces sauveteurs qui œuvrent dans l’ombre pour maintenir la joie en ce monde.
À présent, passons à la météo : grisaille et humidité sont prévues pour la journée sur tout le territoire. Attention aux dépressions saisonnières !
Bonjour,
Impossible de mettre mon texte en ligne…
Bon dimanche à tous !
Un sourire peut sauver une vie… une grimace peut la briser.
Selon une source désinformée, un sauveteur de sourires aurait été défiguré par une grimace.
Comme chaque matin, j’avais pris position sur mon canapé, tasse brûlante à la main, devant L’info matinale sur LCB. À l’écran, Hélène Ragausé, star incontestée de la chaîne, servait son mélange habituel de gravité et de brushing impeccable. Ses yeux turquoise se fixèrent sur la caméra :
— Mesdames, Messieurs, direction Ramatuelle, plage des Pins Parasols, où un incident étrange s’est produit ce matin. Bastien Lartigue, vous êtes le correspondant LCB pour la région PACA, que s’est-il passé ?
Sur place, Bastien Lartigue, cheveux dans le vent et micro tendu comme une arme, se tenait au milieu d’un petit groupe de curieux. À côté de lui, Lucien, patron du bar-restaurant « Le Perroquet Bleu », visiblement encore secoué :
— Oui Hélène ! Lucien a assisté à l’accident dont a été victime Yoan, jeune étudiant en droit et sauveteur saisonnier. Que pouvez-vous nous dire ?
— On discutait avec Stephen, le chef cuistot quand on a entendu des cris en provenance du Poste de Secours que Yoan venait tout juste d’ouvrir. Arrivé sur place, un jeune homme d’une trentaine d’années, de type caucasien, était penché sur le jeune homme qui hurlait à se faire exploser les poumons. Surpris par notre approche, l’agresseur s’est redressé et il est parti en courant vers le parking, là-bas, dit Lucien en pointant du doigt.
— Avez-vous pu voir son visage ?
— Non ! Il ne s’est pas retourné. Il avait une casquette rouge sur la tête, enfoncée jusqu’aux oreilles… j’ai pu apercevoir sa chevelure blonde, qui dépassait. Il portait un jean délavé et un tee-shirt blanc, sans manches… et aux pieds, une paire de basquets noire…
— Pourquoi ne pas l’avoir poursuivi ? demanda Bastien.
Lucien haussa les épaules, voix basse :
— Parce que… Yoan… son visage… une grimace figée, comme un masque. Les yeux tirés, les lèvres crispées, on aurait dit qu’il venait de croquer un citron à l’arsenic. Étrange pour celui qui a été sacré Sauveteur de sourire 2025. J’ai dit : « N’approchez pas ! »
— Bastien ! désolée de vous couper ; mais pour nos téléspectateurs, que signifie « Sauveteur de sourire 2025 », pouvez-vous nous en dire plus ?
— Oui bien sûr ! C’est un titre prestigieux. Durant trois années consécutives, la plage des Pins Parasols de Ramatuelle a été récompensée par le smiley du sourire, décerné par le ministère du bonheur permanent, qui organise le concours ouvert à toutes les plages de France et qui doit récompenser celle où les estivants sourient le plus. Sur un signe, le caméraman montre le mât près du poste de secours : pavillon vert en haut, autorisant la baignade, et juste dessous, une bannière blanche ornée de trois smileys jaunes et radieux. Bastien reprend :
— Yoan venait d’être sacré Sauveteur de sourire pour l’été 2025. Trois victoires consécutives… la quatrième semblait acquise.
Depuis le plateau, Hélène lança, faussement naïve :
— Acte d’intimidation d’une plage rivale ?
— Rien n’est exclu, répondit Bastien. Rivalité inter-plages ? Acte isolé ? La piste reste ouverte. Mais, en fonction des témoignages peu fiables recueillis sur place, tout est possible, mais à ce stade de l’enquête, il est difficile de se faire une idée bien précise. Quoi qu’il en soit, la section de recherche de la gendarmerie du Var a été saisie de l’affaire. Et d’après le colonel Gregory Gamouni, qui dirige les opérations, cette piste, bien qu’elle ne soit pas privilégiée, n’a pas été écartée… Toujours suivant, le colonel Gamouni, l’agresseur est activement recherché. Cependant, aucune caméra de surveillance ne couvre le secteur, autrement dit, il sera difficile de retrouver sa trace.
— Le déploiement des forces est visible à l’antenne. La scène où se sont déroulés les faits est protégée par une rubalise, c’est un périmètre de sécurité qui retient les curieux à distance… qu’en est-il de la victime ?
— Yoan a été transporté à l’hôpital de Draguignan. Son pronostic vital n’est pas engagé, mais, d’après le témoignage recueilli auprès des sapeurs-pompiers qui l’ont pris en charge, son état reste très préoccupant…
— Avez-vous d’autres informations à nous communiquer ?
— Oui Hélène, j’ai à mes côtés une maman dont la fillette faisait un château de sable au bord de l’eau et qui a été effrayée lorsqu’elle a croisé le regard de l’individu, activement recherché par les forces de l’ordre. Sur ces derniers mots, Bastien tend le micro à la jeune maman :
— Ma fille se trouvait à peu près à quatre mètres de moi, elle jouait tranquillement au bord de l’eau, lorsque je l’ai entendu crier. Levant la tête, j’ai vu qu’elle se précipitait vers moi en larme… elle prononçait une phrase qui, a priori, m’avait paru étrange ; « Maman… maman… le monsieur il a deux trous noirs à la place des yeux… et son sourire… c’est une vilaine grimace… j’ai peur maman, il va me faire du mal ! » J’ai eu beaucoup de mal à la calmer…
— Merci madame ! lui lance Bastien en se retournant vers le caméraman. Voilà Hélène ce que nous pouvons dire pour le moment. Il faut rester très prudent, parce qu’il semble qu’une source désinformée diffuse des échos contradictoires sur cette curieuse affaire… De notre côté, nous avons déjà été traités de complotistes, et sans la présence des forces de l’ordre, nous n’aurions pas pu exercer notre métier en toute sécurité…
Dans la foule, un retraité lança :
— Moi, j’dis qu’c’est encore un coup des Marseillais…
— Prudence avec les accusations, tempéra Bastien. La police, elle, parle d’un acte isolé.
Retour plateau. Hélène, la voix calibrée pour les catastrophes et les naissances princières :
— Merci, Bastien. Nous suivrons cette affaire de près. Et surtout… gardez le sourire. Chers téléspectateurs, nous allons maintenant passer en revue les éléments de la nuit…
Je coupe le son sur cette dernière phrase…
Quelques jours plus tard, un entrefilet discret dans Nice-Matin annonçait l’arrestation, à Nice, d’un individu affirmant venir « d’une planète invisible aux astronomes terriens ». Selon ses propres dires, son pouvoir consistait à transférer sur autrui la grimace qui l’avait condamné à l’isolement toute sa vie.
En voyant la photo floue, je crus reconnaître la casquette rouge.
Au procès, Adrien B. est déclaré irresponsable. Interné au Centre Hospitalier Sainte‑Marie, il occupe la cellule 444. Les soignants disent qu’il ne quitte jamais des yeux la petite ouverture qui donne sur le ciel… mais à cause de sa bouche déformée, impossible de savoir s’il sourit ou s’il grimace.
Quant à Yoan, après plusieurs reconstructions faciales, il a retrouvé un visage… mais perdu le sourire qui faisait de lui un séducteur invétéré.
Après une période cool de surinformation, une nouvelle tendance était née.
Grâce, ou plutôt, à cause d’un certain nombre de réseaux dont le désir profond était faire parler d’eux, surtout de leur manière d’être décomplexée. Eh oui ! Il fallait montrer qu’on était porteur d’un nouveau genre, d’une mode qui montrait le degré d’évolution de l’humanité.
On ne sait trop pourquoi, la peur de ne plus exister sans doute, ou bien par réaction à la pléthore de news envahissantes, ces deux critères les auraient-ils incité à se faire remarquer pour la bonne cause : celle de l’inventivité inédite. Ou peut-être les deux en même temps.
Au lieu de diminuer la quantité d’infos inutiles pour l’usager, cette désinformation surajoutait, contribuant à égarer quiconque accorderait un intérêt particulier à ce genre de bruits suspects de couloir.
Dans la même ligne futuriste, une chaîne d’infos spécialisée en poésie politique venait aussi de se créer. Le directeur avait pensé à un titre choc : LACHAINELIBERATION, mais on lui dit que les deux termes étaient antinomiques. En effet, comment une chaîne pourrait-elle être libératrice ? Et puis, on pourrait confondre avec le journal du même nom. Ce n’était pas vraiment porteur. On risquait d’essuyer un peu trop de polémiques ineffaçables. L’avenir de la chaîne devait être préservé.
C’est dans l’optique de toucher un maximum de gens que le titre : La Poésie Politique fut choisi pour revaloriser son image, comme si c’était l’essentiel ! En avaient-ils besoin ? On y vit un luxe supplémentaire. N’étaient-ils pas censés incarner la morale officielle à suivre ? Un peu de poésie ne gâcherait rien au milieu d’une multitude de contraintes et de lois.
Pour inaugurer son business, la dite chaîne commença à diffuser un feuilleton basé sur le sourire. Aussitôt un conseiller désinformé signala au directeur que le mot feuilleton évoquant trop le livre et donc, laissant trop de place au rêve, ne serait pas vendeur non plus. IL devrait être remplacé par le mot série plus adéquatement marketing. Car un ensemble de pensées stéréotypées développées dans chaque épisode seraient destinées à mieux capter l’attention du téléspectateur. Au besoin, on pourrait couper les séries par de la pub afin de rester dans l’optique de la poésie. Quant au logo ! Afin de rester fidèle au en même temps, selon l’endroit où on le contemple une large sourire joyeux de loin, qui devient un rictus inquisiteru de près.
Inquisiteur !
Lorsque le sauveteur de sourires est défiguré par la grimace, c’est foutu. Ya plus que des sous rires dans la masse du gris. Ça ne rigole plus de la fameuse politesse, ça éclabouse tout de la vache de vie, celle qu’on avait tenté de mettre en boîte pour lutter contre les idées des années noires.
Le sauveteur de sourires fait la gueule au déroulement de l’Histoire pas drôle, celle que chacun connaît, que tout le monde oublie, alors que nos pères la racontaient si bien, en fin de repas de défaites.
Le sauveteur de sourires est parvenu à se pendre à l’arbre souricière. Aucune branche n’a rompu, la chute était ratée.
Un style élagué, caustique, noir, qui gratte…Efficace. Come j’aime. Merci Jean-Marc.
Merci Béatrice!
La foule était nombreuse sur la plage. Allongés sur les serviettes, les corps se détendaient, les têtes se vidaient. Soleil, farniente, le pied quoi. Une banane en guise de bouche et c’était parti pour plusieurs jours de béatitude.
Mais une mauvaise nouvelle se répandit comme une trainée de poudre. Smiley, leur sauveteur, avait été victime d’une agression. Tout le monde était en émoi, cherchait comprendre, à savoir. Où les secours l’avaient emmené, pourquoi, comment. Les commissariats furent pris d’assaut, les gens voulaient avoir des nouvelles.
L’inquiétude allait grandissant. Smiley était un membre de la famille. Il ensoleillait les journées avec son sourire joyeux, en coin, moqueur, irradiant…
Il était la banane que tout le monde rêvait d’avoir tout le temps.
D’après les rumeurs, ce serait une grimace qui s’en était pris à lui. Jalouse, oui c’est ça. Elle était jalouse et rageuse car personne n’aimait la soupe à la grimace. On la fuyait comme la peste.
Les recherches se poursuivaient, mais elles ne donnaient rien. Aucun témoin, aucun nouveau patient admis où que ce soit avec un sourire en berne.
Fichue grimace. Toute l’année elle nous empoisonnait, au boulot, dans les transports, dans les boutiques. Sourire brillait un peu moins. On laissait trop souvent la banane planquée dans un coin. En revanche, pendant les vacances c’était autre chose. Sourire était omniprésent. Il ne serait venu à l’idée de personne de pas l’emporter dans sa valise. Quant à grimace, elle se retrouvait enfermée à double tour dans un cachot et la clé jetée dans les orties.
Mais qui était donc l’irresponsable qui avait oublié de fermer la porte derrière lui ?
Un nouveau message sur les réseaux sociaux : Smiley était au plus mal. Les chirurgiens avaient dû l’amputer pour tenter de le sauver. D’après l’informateur, il ressemblerait à un accent circonflexe. Même la rééducation ne pourrait lui rendre son iconique sourire.
Des gens hurlèrent, pleurèrent. Les bananes grimaçaient, rétrécissaient comme peau de chagrin. Qu’allaient-ils devenir sans leur sauveteur, celui qui arrivait à les extirper du mouron ?
C’était l’incompréhension. Les gens commencèrent à se regarder avec méfiance. Est-ce que grimace ne se serait pas cachée chez l’un d’eux ?
Même le temps changea. Il se mit à tomber des cordes. Les épaules se voutèrent, les affaires furent pliées, les visages se fermèrent.
Une alerte fut émise sur tous les téléphones :
Salut les aoûtiens ! Nous, les juilletistes, avons kidnappé Smiley. Il se porte comme un charme !
Histoire que vous ne vous sentiez pas trop seuls, on vous a laissé grimace !
Bonnes vacances ! Haha !
Les enfoirés !!!
Nouvelle alerte.
P.S.: fake news ! On a planqué Smiley derrière la bouée de sauvetage, escalier 13. Remettez votre banane 😊😊😜😜
Entre2lettres 02.08.25
Selon une source désinformée, un sauveteur de sourires aurait été défiguré par une grimace.
Un sourire est contagieux, un rire aussi, pourvu que vous fassiez attention à ceux qui les portent. Un seul sauveur de rire peut faire marrer tous les voyageurs, banlieusards épuisés dès le matin, dans une rame de train. S’ils faisaient une tronche de métro-boulot-dodo juste avant, ils quitteront le wagon hilares. Savent-ils au moins ce qui faisait rire le sauveur de sourire ? Non point. Il n’y a pas de prétexte pour ce rigoler. Un mimétisme de bonne humeur suffit, pourvu qu’il soit orchestré par un professionnel. Le chagrin d’un enfant peut-être effacé par une marionnette qui lui sourit. Le marionnettiste a également le pouvoir de calmer un chagrin d’amour en racontant une histoire qui finit bien.
Le soir même, le sauveur de sourire donnait un one man show pour dérider les spectateurs. Il y arrivait plutôt bien et ses blagues enchaînaient les rires toutes les trente secondes. Une bonne cadence pour un professionnel. A un moment donné, quelqu’un qui n’était pas présent ce jour-là, m’a rapporté le drame. Un des spectateurs a fait la grimace, comme un air de dégoût à une blague qui ne lui aurait pas plu. Et là, le professionnel du sourire a fait une faute de débutant. Il a repéré la grimace jusqu’à être hypnotisé, perdant tous ses moyens.
Normalement, quand cela arrive, l’orateur doit s’appuyer sur les visages ravis, les points d’appuis solides et sûrs. Il ne faut jamais s’attarder sur une grimace. Elle peut se produire à n’importe quel moment, mais c’est un piège dans lequel il ne faut pas tomber. Si vous prenez cette expression personnellement, vous allez être déstabilisé. Que savez-vous pourtant de l’origine de ce rictus ? Rien. La boisson est peut-être trop amère, la mère du grimaçant vient de mourir, si ça se trouve !
Il est donc productif de partager un sourire ou un rire. Ne jamais se laisser influencer par une seule grimace qui pourrait remettre en question la bonne humeur de tout un groupe. Elle pourra, plus tard, se transformer, elle aussi en sourire.
Mon texte s’arrête à « dignité « .
Dans la tribu des « Sourires », le sourire était un attribut de sociabilité. Le sourire était transmis depuis la naissance par un phénomène de mimétisme. Il engendrait la connivence et la complicité. Les ancêtres racontaient qu’il était né d’un sentiment de défense, de prudence, à la limite de la soumission, envers les membres d’autres tribus. Il avait évité bien des conflits et avaient finalement été adopté pour faciliter le commerce et les échanges pour ce peuple pacifique. Le rire était l’apanage des rares guerriers de la tribu car en montrant les dents, ils dégageaient plus d’agressivité. La sélection par le rire était une épreuve de passage à l’adolescence. A l’école, toute nuance de sourire était étudiée : le sourire forcé dans les rapports polis, le sourire pour séduire tout comme celui pour tromper. Les élèves les plus qualifiés pour calmer l’agressivité ou pour rompre la tension entre étrangers, devenait cadre du commerce ou des exportations. Le sourire pour accueillir était privilégié dans l’hôtellerie restauration ; celui pour consoler ou encourager prévalait dans l’éducation ou le soin.
Dans la tribu des « Grimaces », la grimace était un attribut de bluff et de tromperie. Bien qu’inné chez l’être humain, il était élevé ici vers l’excellence tant pour divertir, intimider, se moquer ou faire rire. Les anciens racontaient que la grimace avait servi dans les temps jadis à s’adapter à son interlocuteur en lui envoyant un signe parfaitement compréhensible. Cela allait de l’agressivité la plus extrême, la méchanceté ou le dédain si l’antagoniste apparaissait comme plus faible. A l’école, la maitrise de la contorsion du visage était une matière importante dans l’attribution des diplômes. Leurs nuances étaient très appréciés par les professeurs, comme une diplomatie de l’instant avec toutes ses subtilités. Cela pouvait aller de la désapprobation à l’ironie, de la joie à la douleur, de l’agacement à la colère. Il fallait pouvoir métriser ses émotions. La tribu des « grimaces « était plutôt agressive et conquérante.
Un jour plusieurs marchands de masques théâtraux furent emprisonnés par des douaniers « Grimaces ». On leur reprochait d’avoir vendus des masques de grimaces en plus de ceux arborant un sourire. La tribu « Grimace » n’appréciait pas qu’on les singe, avait elle dit. Les marchand devaient être condamnés malgré les tentatives de négociation des anciens de la tribu « Sourires ». Alors il fut décidé un assaut afin de les délivrer. Les guerriers « Sourires » faisaient la grimace. Ils étaient concentrés. Très bien préparée par le GIGN (Groupe d’Intervention Grimaces Nettoyées), l’attaque fut foudroyante et précise. Les marchands délivrés et ramené chez eux. Malheureusement on déplora un blessé. Un sauveteur de « Sourires » fut défiguré par une « Grimace ».
Alerte !
Sur la planète des sourires
Tout à coup
Une invasion de moues
Surtout des boudeuses
Avec une mine d’empoisonneuses
Qui gâchaient la vie des habitants
En se comportant comme de fieffes forbans
Sans scrupules elles raflaient tout
Et les sourires, petits et grands
Se retrouvaient gros Jean comme devant
Pfft ! disparus
Pour un certain temps
Ah ! les goujates, les tordues
Qui parfois s’amourachaient de gugus
Ces satanés rictus
Et, ensemble, faisaient des ravages
Quels sauvages !
Sans pitié
Ils répandaient des simagrées
Dans tous les quartiers
Mais un beau jour, sans crier gare
Une armée de rires
En loyaux hussards
A planté ses dards
Fourbis de curare
En plein cœur de tous ces sbires
Malintentionnes
Pour que leurs doux amis sourires
Recouvrent liberté et dignité.
« Selon une source désinformée, un sauveteur de sourires aurait été défiguré par une grimace ».
– Mais, si c’est vrai ! Ils l’ont écrit sur le panneau.
– C’est n’importe quoi mon chaton. Je t’assure que les petits gâteaux qui te consolent si bien de tes gros chagrins restent souriants rien que pour toi.
– Je voudrais les voir pour être sûr.
– Suis-moi à la cuisine, je vais te sortir la boite. Mais, tu me promets que ce ne sera pas une raison pour te goinfrer de ces biscuits ?
– Nan, je veux juste être sûr qu’ils sont bien comme avant.
– Et bien, tu vois, ils sont inchangés dans leur boite. Par contre, il n’en reste pas beaucoup. Je vais la remplir. Je sais avoir en réserve un ou deux autres paquets. Il ne faut pas être à court de ces précieux réconforts…
De ce pas Maman va vers la réserve et attrape les deux paquets de gâteaux secs. Elle réalise alors que les emballages sont détériorés. Que s’est-il donc passé ?
Revenant vers la cuisine, elle constate que les biscuits sont entamés par, elle ne sait, quel prédateur de conserves.
Ouvrant les paquets, elle découvre de drôles de sourires à la surface des gâteaux. Les jolis sourires incrustés dans la pâte sont maintenant de curieux fasciés digne des créatures d’Halloween. Quel désastre ! Ce ne sont pas ces horribles monstres qui vont réconforter le petit chaton de ses malheurs d’enfant…
Mais la source était désinformée et le sauveteur de sourires aurait été défiguré non pas par une grimace, mais par un sourire hilare figé à vie.
Un genre de névralgie chronique du sourire, vous voyez ?
Sa vie allait devenir un enfer.
Essayez un peu d’être triste lorsque vous affichez un sourire hilare figé à vie ?
1/ on ne vous prendra plus jamais au sérieux, (surtout si vous ajoutez quelques larmes sincères),
2/ vous aurez l’air un peu con,
3/ Les enterrements vous seront définitivement interdits.
Notre homme se morfondait recroquevillé sur un banc lorsque l’enfant triste passa par là.
Vous savez…. L’enfant triste ? Celui que notre sauveteur n’a jamais pu faire sourire.
L’enfant triste à vie quoi !
Bon, l’enfant triste s’approcha de notre pauvre homme souriant hilare.
Il le dévisagea,
Le re-dévisagea,
Puis il se mit à sourire pour la première fois de sa vie et lui dit réjoui :
« Mais tu es triste ? »
Le clown blanc ? 👍🐭
Le maître-nargueur avait repéré un groupe de rabat-joie qui barbotait dans l’amer, dans un conciliabule houleux dont la dépression topographique ambiante entraînait ces sinistres au large d’une tristesse sur le point de les submerger.
Aussitôt le sauveteur accourut, l’humour en bandoulière, se pâmant d’un désespoir pagnolesque jusqu’à eux, à la terrasse de son café.
— Ô Pauvres ! Malheureux ! Vous comptez noyer tout mon pastis, comme ça ! Peuchère ! À voir vos mourres de six pieds de long, vous ne devez pas aimer beaucoup la vie et notre soleil de Provence ! Un pastis, ça ne se sert pas comme du sirop à l’eau pour les minots. Au quart de pastaga généreux de la maison, vous ajoutez un tout petit quart d’eau, juste assez pour que les glaçons aient pied et qu’ils fondent de plaisir entre nos deux soleils. Je vous montre, petite ?
La demoiselle, jusque-là taciturne et triste, esquissa alors un sourire radieux jusqu’aux oreilles comme si elle avait inspiré une grande bouffée d’oxygène, tandis que son voisin dont le visage ne démordait pas d’aigreur et de noirceur, dégaina sans prévenir une grimace assassine, défigurant le pauvre sauveteur, atterré, laissant la petite et ses amis à leur triste sort au large d’une rancœur complètement démontée.
— Comme vous voulez. Cela fera 22,50… Si je rends la monnaie sur les tickets restaurant ? Oyayaïe ! Bonne Mère ! Qui m’a envoyé des jobastres pareil ?
🙂👍
Merci Antonio pour ce clin d’œil à ma ville de cœur qui m’a vu naître un jour…
Bon week-end à vous !
Merci Antonio pour cet « humour en bandoulière ». 🙂
Merci à vous, chers collègues, de Marseille ou d’ailleurs. Je sors d’une grosse période Pagnol, ceci explique cela. 🙂
Selon une source désinformée, un sauveteur de sourires aurait été défiguré par une grimace qui n’était autre que son ex petite amie, d’une jalousie maladive.
Dans une soirée où elle trouvait qu’il s’intéressait de trop près à un sourire féminin et désabusé elle lui jeta son verre de gin fizz à la figure, lui éclatant méchamment le nez, le défigurant à tout jamais.
On lui recousit l’organe blessé avec du joli fil doré mais le pauvre sauveteur ne fut plus jamais le personnage aimable et joyeux que tous appréciaient.
Aigri, il restait confiné entre ses quatre murs, buvant plus que de raison.
Il réussit cependant à trouver un petit boulot, on peut le voir vers la gare Saint Lazare, proposant des billets de la loterie des Gueules Cassées.
La grimace, quand à elle, épouvantée par les conséquences de son geste, alla se terrer dans un couvent de nonnes cloîtrées ayant fait voeu de silence.
Elle fut affectée aux cuisines où elle concoctait des soupes que la communauté avalait en pieuses lampées.
Un sauveteur de sourires est comme un phare. Il illumine des eaux qui souvent ont tendance à se troubler, lors de tempêtes émotionnelles.
La nuit, quand le vent de la colère se lève, il dénoue les ténèbres, éclaire les récifs, jette ses filets de lumière pour ramener des eaux affolées, la fuite des étoiles, la lune blême, la coque des bateaux qui tremble.
Et le sourire du voyage renaît.
Les grimaces n’ont aucun pouvoir sur un phare. Elles ne sont que des sourires que la lumière n’a pas encore éclairés.
A-t-on fait plus court ?
Sourire, 🙂
🤣🤣🤣 effectivement !
Oceanonox 🐻
😀
J’aime bien la formule : « Les grimaces n’ont aucun pouvoir sur un phare. Elles ne sont que des sourires que la lumière n’a pas encore éclairés. »
C’est une belle image de la communication.
Bonne journée Béatrice !
Une belle image, en effet, et tellement vraie.
Merci Antonio 🙂
Merci Michel-Denis Robert 🙂
La Maure Sûre au goût floral !!! C’est plus doux que la Mort subite ! Vous connaissez ? Essayer c’est l’adopter !😁 🐭
C’était pour Jean-Michel. H🤔
766/SOURIS-RE…
Selon une source désinformée, un sauveur de sourires aurait été défiguré par une grimace !
En tout cas c’est ce qui s’est dit sous le manteau.. 🤔 encore que je me pose la question de savoir ce que cette frusque vient faire la-dedans ? Peut être que c’était pour passer inaperçu parce que ce gars-là faisait un curieux métier : chasseur de sourires ! Il n’était pas bonnet de nuit, non, mais il y en avait qui lui portaient sur les nerfs. Celui de circonstance dit : le p’tit sourire. Déjà dans la formulation, le ‘p’tit’ est racourci.
Sans compter le mi-figue mi-raisin ! On le voit bien, il y a à boire et à manger ! Idem pour le ‘ il a la banane’ lui, c’est trop, au bord de la niaiserie. Que dire du rigolo qui vous met la bouche en cul de poule ? Il n’est pas loin d’être mon préféré celui-ci. Ses O sont choqués parce qu’ils suivent souvent soit une gauloiserie soit une ineptie qu’on n’ose pas contester ! Dites lentement i-nep-tie … Voilà un mot qui s’exprime en montrant les dents, les découvre en sourire qui en dit long. Serait-ça qui a défiguré en grimace notre sauveur.
Il a dû tomber sur un sourire en coin, le bien blessant, celui qui vous fait douter et vous esquinte en remettant tout en question. Ce doit être la raison pour laquelle, et ça vous l’avez sûrement remarqué, on sourit de moins en moins. Je dirais même presque plus. Et vous savez pourquoi ? Eh bien je vais vous le dire, bêtement parce qu’on a peur de gêner. Le bien perçu est le premier nommé, celui de circonstance qui vous oblige à baisser les yeux. Honte ! On a honte d’être heureux ! C’est une philosophie ça ! Moi, un coup d’air quand il fait chaud me ravit, j’avale goulûment un bol de l’air frais parfumé des fleurs et des citrons du jardin, je ferme les yeux pour mieux l’apprécier et sourit à la vie.🐭
iNCERTAIN SOURIRE
C’était un enfant de la balle, un habitué des tréteaux. Papa était fort, maman était belle, bref, la vie n’était pas rose quand on a des parents modèles. Un tantinet tristouille, il s’était donné pour mission de réanimer les sourires. Avec la compagnie d’autres bateleurs et arracheurs de dents, il traquait les chevaliers à la triste figure, les grises mines, les faces de Carême. À carnaval, moulé dans une combinaison, ils défilaient en pétoulets, Superman, proposaient réanimation et bouche-à-bouche. Il en avait même fait son métier, au point d’être atteint d’une maladie professionnelle, une sorte de crampe. Pourtant, il continuait de faire désopilr, tant sa grimace était suggestive, lui qui avait perdu le concours dans sa jeunesse, car il l’avait faite avec les mains. C’était à pleurer. Il se fut engager au musée Grévin, là on l’agréait « Majesté, votre cire est trop bonne » et le Palais des glaces déformantes lui a donné à réfléchir.🐻
👏🙂
Selon une source désinformée, un sauveteur de sourires aurait été défiguré par une grimace. Et pourtant, dans un monde désabusé, il ne plaisantait pas : dès qu’il voyait un visage partir à la dérive, il alertait la CSS (Compagnie des Sauveteurs de Sourire) et accourait pour secourir l’individu en perdition. Mais ce jour-là, un gamin avait voulu lui jouer une mauvaise farce. Quand il avait découvert le pot aux roses, le sauveteur reconnut qu’il avait perdu la face, et il alla noyer son chagrin en éclusant une mort subite…
J.M.H..mon blabla est passé au dessus de mon texte !
Un coup dans l’ale !🐻