656e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative
illustration : Sophie Mouton-Perrat

Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui, qui n’avait pas un poil sur le corps, arborait une moustache à la Hitler ! Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacé.

Inventez une suite « au petit poil »

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19 réponses

  1. Kyoto dit :

    Il tomba à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il se vit dans le miroir. Lui, imberbe, glabre, arborait une moustache à la Hitler.
    Alertée par un bruit inhabituel, Eva se précipita dans la salle d’eau, lui labourant la main droite au passage, ce qui eut pour conséquence d’augmenter sa fureur.
    « Chéri, chéri, que vous arrive-t-il donc ? Permettez que j’aide à vous relever ! »
    Ainsi fut fait, au grand désarroi de cet éminent individu.
    « Si vous êtes la nouvelle bonne de mon épouse, je vous ordonne de retourner immédiatement près d’elle »
    Ce qui fut exécuté rapidement et silencieusement.

    Perturbé par cet incident mineur, il ferma fortement et longuement les yeux pour chasser cette image horrible. Quand il décida de se redonner un coup de peigne, il vit le reflet de son visage, affublé de la moustache de Staline.
    A situation identique, effet identique.
    Intriguée par le bruit incongru dans le cabinet privé de Monsieur, Ekaterina s’y précipita tout en faisant des signes de croix à tire-larigot et ne manqua pas d’écrabouiller la main gauche de ce personnage dans une si affreuse posture. Une procession de jurons russes vociférés d’une voix de meneur provoqua le retrait immédiat de la secouriste.

    Abasourdi par cet accident majeur, ce pauvre homme commençait à perdre patience. Il n’osait plus respirer, ni réfléchir, ni se donner un dernier coup de peigne, ni sourire, ni rire de son infortune. Soudain, une idée jaillit. Et si c’est moi, pensa-t-il, qui choisis une moustache appropriée ! Oui ! mais laquelle ? Ah non ! Non de non ! Pas la moustache de Monsieur Moustache ! Elle est vraiment hideuse et en plus je ne l’aime pas Moustache ! Il ne me fait pas rire ! J’en connais d’autres qui me font bien rire, mais comble de malheur ils ne portent pas de moustache.

    Désespéré, il alla se réconforter auprès de sa compagne à la couleur ambrée.
    Le cerveau imbibé, il eut enfin la révélation de sa vie.
    Il décida d’être transgenre et de se genrer au féminin.

  2. françoise dit :

    656/Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui, qui n’avait pas un poil sur le corps, arborait une moustache à la Hitler ! Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacé.
    Il se morigéna, il ne pouvait pas passer la journée devant la glace et le patron allait encore s’énerver car il ne supportait pas qu’un de ses employés soit en retard,même d’une seconde.
    La journée passa vite, il n’eut pas l’occasion de se voir dans une glace, ses collègues ne lui firent pas de remarque.De retour chez lui,il prit son ordinateur et lut :
    -Voir un homme avec une moustache suscite une variété d’émotions chez les observateurs.Il fut étonné !
    -Certains des noms les plus emblématiques de l’histoire ont donné une nouvelle définition à l’idée même de porter une stache, la moustache de Salvador Dali avait l’air de se moquer de ses détracteurs
    -Charlie Chaplin avait une stache en brosse à dents qui contribuait à sa personnalité autant qu’à ses frasques.
    -Tom Selleck ne nous aurait pas convaincus dans le rôle de Thomas Magnum dans la série Magnum, P.I. s’il n’avait pas eu une moustache en chevron.
    On sonna à la porte et se levant brusquement il fit tomber son ordinateur qui se cassa.
    Il ouvrit la porte : c’était son ex qui s’exclama : tu t’es fait pousser la moustache mais tu es affreux !
    Elle entra, il courut à la salle de bain et rasa sa moustache et ne le regretta jamais
    Il lui arrive tout de même de temps en temps de rêver qu’il est Tom Selleck .

  3. Anne LE SAUX dit :

    Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace de la salle de bains. Lui, qui n’avait pas un poil sur le corps, arborait une moustache à la Hitler ! Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacée. Il se raidit, dans un garde à vous de circonstance.
    Prudent, il garda les yeux fermés… longuement, le menton tremblant d’inquiétude. Le temps de s’interroger. Une hallucination ? Un délire de persécution ? Une vie antérieure qui surpassait la réalité ? La bonne nouvelle, c’est que visiblement son cerveau était toujours en état de fonctionnement.
    Il se risqua enfin à entrouvrir un œil – un seul – en direction du miroir. Il arborait une demi-moustache à la Salvador Dali. Plus fantaisiste et moins dramatique. C’était déjà un progrès. Curieux quand-même ce phénomène ! Quand allait-il retrouver son visage imberbe ? Il ouvrit son second œil, en grand cette fois. Salvador était là, devant lui ; du moins, sa moustache, dans toute sa flamboyance. Il commença à se redresser, presque fier.
    Après tout, il pouvait bien partir au travail avec cet appendice. Pour une fois, ses collègues allaient le remarquer, le saluer, le complimenter, l’invectiver peut-être… Il décida de faire face. Cette moustache lui donnait de l’assurance, du caractère, de la prestance.
    Il rajusta sa cravate, vérifia son téléphone, et jeta un dernier coup d’œil au miroir. La barbe blanche, mousseuse, longue et fournie du père Noël ornait son menton d’ordinaire glabre et envahissait tout son visage, ses sourcils, son cuir chevelu. Il ne pouvait décidément pas sortir dans cette tenue !
    Irrité, il décida d’aller voir son médecin pour se faire prescrire un arrêt de travail. C’est alors qu’il vit son reflet dans la glace de l’entrée. Presque déçu, son visage était comme d’habitude. Un visage banal, sans décorum, sans signe distinctif pour accrocher le regard. Il prit alors la première décision importante de sa vie. Il allait se faire faire des implants de barbe et moustache. Il ne savait pas si cela existait mais sa détermination était totale. Au besoin, il allait falloir l’inventer !

  4. FANNY DUMOND dit :

    Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui, qui n’avait pas un poil sur le corps, arborait une moustache à la Hitler. Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacée. Il se pinça pour savoir s’il était bien réveillé. Manifestement, il l’était. Il referma ses mirettes et doucement les rouvrit. Celles de Franco lui décoraient le visage.

    – C’est pas possible ! s’émut-il. Qu’est-ce que tout cela signifie ? Suis-je un dictateur ?

    Il fit son examen de conscience et se dit qu’il l’était, peut-être, un chouïa avec sa famille et ses élèves et se promit de faire des efforts pour être plus cool. Il s’empara d’un rasoir et supprima cet attribut viril, « une lèvre sans moustache est nue comme un corps sans vêtements, avait-il lu chez Maupassant ». Satisfait d’être débarrassé de ces horreurs, avant de quitter la salle de bains, il se regarda dans le miroir. Horreur et damnation ! maintenant il portait celles cirées et en guidon d’Hercule Poirot. Quand il rouvrit les yeux, sa lèvre supérieure était ornée de celles de Dali.

    – C’est déjà mieux qu’avant, se dit-il. Mais, j’ai l’air de quoi ? Je ne peux pas sortir comme ça. Que vont penser ma femme, mes gosses et mes élèves durant mon cours de dessin ?

    Il se saisit de la crème dépilatoire de son épouse, attendit cinq minutes et, satisfait, fit tomber ces intrus dans la cuvette des toilettes. Il s’aperçut que sa lèvre supérieure était rouge et qu’elle le démangeait, grave. Il se passait une lotion apaisante, lorsque des coups intempestifs à la porte le firent sursauter.

    – Ça va ? lui demanda sa tendre moitié.

    – Oui, oui, t’inquiète.
    – Ça fait une demi-heure que tu es enfermé là-dedans et moi je vais être en retard au boulot.

    Il se regarda dans la glace et malgré sa lèvre écarlate, aucun poil ne l’avait réinvestie.
    Sa femme, pressée, ne fit pas attention à lui. Il se rendit au lycée tout en se regardant sans cesse dans le miroir du pare-soleil. À son grand soulagement, il avait repris son apparence normale.

    – Aujourd’hui, je vais vous expliquer comment différencier Dupond et Dupont dans Tintin. Dupond, avec un D, a une moustache qui tombe droit, tandis que celle de Dupont, avec un T, se rebelle et rebique légèrement sur les côtés.

    Un grand silence se fit dans la classe. Les lycéens, ébahis, le fixaient. Le plus téméraire s’enhardit à lui dire :

    – Comment vous faites, monsieur ? Vous êtes magicien ?

    – Pourquoi tu dis ça ?

    – C’est que, comment vous dire ? Vous avez une moustache rouge comme celle d’Obélix.

    – Mille milliards de mille sabords, hurla-t-il en déguerpissant à toute vitesse.

  5. Françoise - Gare du Nord dit :

    Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui, qui n’avait pas un poil sur le corps, arborait une moustache à la Hitler !

    Pas question de garder cette ridicule moustache nazie. Pas seulement en raison de ses théories ignobles et des millions de morts qu’elles ont causées

    Mais franchement, il ne se voyait pas porter la culotte de peau bavaroise, entonner, tout en ingurgitant des chopes de Pilsener, des chants tyroliens à la Fête de la bière à Munich.

    Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacée. Impossible de conserver cette grotesque moustache bolchéviko-communiste. Ce n’est pas à cause des purges implacables, des déportations en masse et les internements en camps de travail au Goulag.

    Mais sincèrement, il ne s’imaginait pas danser le kazatchok, en engloutissant des rasades d’une infâme vodka, dans d’inconfortables bottes noires et un pantalon bouffant

    Il se secoua, ferma les yeux et puis observa son reflet dans miroir. Il avait maintenant la moustache hispano-franquiste d’un prénommé Francisco. Il n’était pas question qu’il la conserve. Le motif n’était pas ce régime de terreur qu’il avait mis en place, la répression impitoyable, les arrestations arbitraires et les exécutions sommaires.

    Mais honnêtement, il ne pouvait se figurer, danser le flamenco et les claquettes, dans une inconcevable robe à volants, en s’enfilant des lampées de sangria

    Il se commençait à se croire condamné à ne posséder que le visage de dictateurs moustachus quand, enfin, après s’être secoué une quatrième fois, il aperçut son visage avec la moustache d’un héros, un preux justicier, un intrépide bretteur, un intègre pourfendeur des injustices

    Mais hélas, là non plus, cela ne serait pas envisageable. Car il ne se voyait pas vivre entouré d’une bande d’aimables crétins, certes gentils et bienveillants, mais qui, au bout de plus de 80 épisodes ne s’étaient toujours pas rendu compte que le vengeur masqué, était leur fils, leur ami, leur maître Don Diego de la Véga alias Zorro

  6. Michel-denis Robert dit :

    Il faillit tomber à la renversequand après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui qui n’avait pas un seul poil sur le corps, arborait une moustache à la Hitler. Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacée.

    Y avait-il de quoi s’inquiéter ? Un défaut du miroir ! ou bien de son imagination ? Une hallucination ! Un roman kafkaïen ? Un changement d’identité ? Des images étranges revenaient par moment qui se mêlaient à la réalité. Mais quelle réalité ? Où était-il ? Dans un grenier. C’était le soir ou le matin ? Il ouvrit la porte de l’armoire. Des toiles d’araignées semblaient retenir l’ouverture. Un siècle que cette porte n’avait pas été ouverte ! Il força. Un grincement long se fit entendre. Puis des voix gutturales, autoritaires, à l’étage du dessous. Il bloqua son mouvement net. Il ne reconnaissait pas les lieux. A la campagne ou à la ville ? De temps à autre des bruits de moteur au loin. Il referma la porte le plus doucement possible. Staline le regardait d’un air narquois. Alors mon gars, on est bien au goulag, semblait-il lui dire ? Tu vas être muté. Ils ont besoin d’un cuisinier au Numéro 7. Mais je ne sais pas cuisiner. Tu auras juste à faire bouillir la marmite. Trois patates et une cuillère de corned-beef maison, à la républicaine russe, bien entendu. Mais ! Ya pas de mais. Tu pars demain, à l’aube. Ta valise est prête. Retourne travailler. Dans ce miroir, il n’avait pas l’air de plaisanter.
    Il entendit de nouveau les voix à travers le plancher. Des pas martélés. Il se risqua sur le parquet qui allait sans doute craquer. Il avança doucement, avec en objectif, la porte au fond du grenier. Il suivit les clous qui indiquaient qu’il était sur une poutre. Ainsi, il était plus sûr. Il pensa à retirer ses chaussures. Mais à ce moment les voix lui rappelaient qu’il n’était pas en sécurité. Il atteignit enfin la porte. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. Il faisait chaud. Il descendit doucement les marches en maintenant au mur pour moins peser. Il aurait voulu être léger comme une plume.

    • Ah, te voilà enfin, lui dit sa femme ! Tout le monde est parti. Ca fait trente six heures que tu dors. Je t’attendais en regardant la télé.

    Il la dévisagea béatement.

    • Mais !
    • Ils ont bien rigolé quand tu as fait le pas de l’oie, à la Charlot. Ton sketch improvisé ! Ils étaient tous morts de rire. Prépare-toi, il faut renter avant la nuit.
  7. Nadine de Bernardy dit :

    Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui qui n’avait pas un poil sur le corps, arborait une moustache rouge à la Hitler. Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache verte de Staline l’avait remplacée et ainsi de suite.
    Riant comme un fou, il continua le petit jeu avec toujours le même succès. Enfin quelque chose d’incongru dans sa terne vie de retraité des douanes, célibataire de surcroit.
    Les moustaches lui plaisaient, mais leur couleur beaucoup moins.
    Il alla voir sans tarder, un sien ami, figaro de son métier et toujours de bon conseil. Celui ci eut du mal à le reconnaître.
    – Mon vieux, ce n’est pas compliqué, met toi à la bière, chacun sait que sa mousse tache et grise.

  8. Grumpy dit :

    C’était un homme des bois velu, velu. Dans son dos on l’appelait le gorille ou bien l’ours, selon le degré de méchanceté.

    Les filles avaient peur de lui et poussaient d‘hypocrites petits cris de frayeur quand il les croisait de trop près, elles auraient donné n’importe quoi pour glisser leur doigts dans cette si excitante fourrure.

    Les petits enfants lui sautaient dans les bras pour le caresser, il avait la douceur des peluches protectrices de leurs berceaux et leur rappelait tant de beaux rêves consolateurs de gros chagrins !

    Les plus âgés étaient les plus indulgents, ça ne devait pas être de sa faute et puis, il était tellement gentil, tout sourire et quelles magnifiques molaires.

    Certains étaient culottés : parfois on allait jusqu’à lui faire des offres pour acheter sa pelisse. Et alors lui, il deviendrait quoi ?

    Des poils partout, vraiment de partout, bizarrement sauf sous le nez, il ne pouvait pas le cacher, et autour du zizi mais ça, lui seul le savait. Le rectangle blanc sur la lèvre attirait les regards et portait à rire, alors une moustache peut-être se dit-il ?

    Il en acheta toute une panoplie et fit des essais devant son miroir. Faire un choix n’a pas été facile, il n’y avait que deux modèles qui adhéraient bien et lui seyaient, la russe ou l’allemande.

    Il se mit à porter l’une ou l’autre, selon le temps ou l’humeur, ou bien les rendez-vous de son agenda. C’est à partir de là qu’il fut regardé d’un autre oeil, considéré autrement et respecté, même craint, comme quoi les dictateurs ça laisse des traces.

  9. camomille dit :

    Il se mit à trembler.
    Il referma les yeux, les rouvrit: plus de moustache.
    Perturbé, il se rendit à son bureau puis finit par oublier l’histoire.

    Mais le lendemain matin, alors qu’il sifflotait après un dernier coup de peigne et qu’il se mirait dans la glace, il se découvrit deux brins d’herbe verts et frétillants en guise de moustache… ainsi que deux petits oiseaux gazouillant sur les extrémités.
    Il se cramponna au lavabo.
    Il ferma les yeux, les rouvrit: plus de brins d’herbe, plus d’oiseaux.

    Secoué, il ne se rendit pas à son bureau mais direct chez son psy.

    Une heure d’entretien après, le verdict tomba :

    – Cher Monsieur, rien de grave, rassurez-vous !
    Vous souffrez d’un phénomène hallucinatoire occasionné par un surcroît de travail. Des vacances s’imposent et tout rentrera dans l’ordre.

    Réconforté, notre homme repartit à son bureau en souriant dans le but de poser ses congés.
    En arrivant, il salua son collègue de bureau.
    Celui-ci sursauta et se mit à bégayer en désignant du doigt l’anomalie :
    – T’as… t’as… t’as…t’as…

    – Oui je sais ! (répondit l’homme en riant). J’ai deux oiseaux sur ma moustache en brin d’herbe n’est-ce-pas ?

    – ?

    – Et tu les entends gazouiller je paris !

    – ?

    – Rien de grave mon cher collègue, rien de grave. Tu as besoin de vacances toi aussi !

  10. Sylvianne Perrat dit :

    Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui, qui n’avait pas un poil sur le corps, arborait une moustache à la Hitler ! Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacé. Pas vraiment ses idées. En clignant des yeux, il espéra la moustache de Charlot. Au moins, il se ferait rire. Ben non, Charlie le bouda. et Bouddha avait-il une moustache ? Non, je ne crois pas. Il se remémora la moustache de sa grand-mère, qui piquait quand on lui disait : Embrasse ta grand-mère ! Il regarda le miroir et se vit tel Brad Pitt et sa petite moustache discrète. Il cliqua et adopta sur le champ ce nouveau genre. Pas vraiment mode, un peu désuet mais qui attire l’attention.
    Sa femme entra dans la salle de bain, lui dit un petit Bonjour sans le regarder. Le matin, elle courrait. Pressée, trop pressée.
    On verrait ce soir. aimera-t-elle ? Elle se coiffa, se maquilla et… une moustache lui colla à la lèvre. Elle ne vit rien, trop préoccupée par son timing. Une moustache à la Dali.
    Elle était carrément moche !
    Je lui dis, je ne lui dis pas… ?
    Je ne dis rien ! On verra ce soir.
    Je sortis. Intrigué, tous portaient moustache.
    Suis-je en train de rêver ?
    Mardi gras ? Bal masqué ?
    J’avais loupé une info. Nouvelle mode ?
    Un ornement ? un attribut de séduction ? Je crois savoir que la moustache représente la virilité, l’autorité et la force.
    Le monde changerait-il ? La France a-t-elle besoin de poilus pour se hausser du col ? Qui sont ces nouveaux hommes aux allures de coq ?
    Une armée de poilus défilait dans Paris.
    Aux armes citoyens !

  11. Patricia dit :

    Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui, qui n’avait pas un poil sur le corps, arborait une moustache à la Hitler ! Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacée.

    Il ferma les yeux de nouveau, se disant qu’il aurait mieux fait de s’arrêter à deux verres la veille. Il avait encore exagéré. Delirium tremens… Oh non, pas possible tout de même.

    Les yeux toujours fermés, il s’éloigna du miroir, alla se raser au juché, et c’est un miracle s’il ne se coupa pas.

    Il ne put résister et retourna devant le miroir… Et hop, il se retrouva avec la tête de Pinochet ! Et puis la fois d’après avec les yeux bridés et la bouille ronde de Mao. Un autre dictateur, donc, mais sans moustache…

    Après s’être dit qu’il se sentait devenir dingue, après s’être demandé pour quelle raison cela lui arrivait et après avoir compris que cette question était complètement vaine, il décida de réfléchir à comment se débarrasser de cette malédiction.

    L’idée d’établir une liste des dictateurs du XXème siècle lui vint tout d’un coup ; il en trouva 2156 sur la toile. Pfff… Il décida de se mettre 2156 fois devant le miroir, exercice fastidieux s’il en est. Au bout d’un long moment, hourra, il avait barré tous les noms de sa liste.

    Il se permit ensuite un petit verre de rosé pour se remettre de ses émotions, content de lui-même et de son esprit d’initiative. Puis il se prépara pour sortir raconter son aventure à ses potes du bistrot et passa devant le miroir de l’entrée, lui jetant un regard satisfait.

    Et c’est là qu’il se retrouva avec la tête de Poutine !

    Ses épaules s’affaissèrent. Il soupira, reposa ses clefs et se remit devant son ordinateur pour pister la fachosphère du XXIème siècle. Il n’en crut pas ses yeux : il se retrouva avec 1 583 278 noms.

    Il retourna se servir un très grand verre de rosé…

  12. Nouchka dit :

    « Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui, qui n’avait pas un poil sur le corps, arborait une moustache à la Hitler ! Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacé. »

    De ce curieux rêve matinal, elle émerge, légèrement hébétée. Pourquoi, cette préoccupation pilaire ?
    Lui revient alors une citation de l’empereur Marc Aurèle : « A l’aube, quand tu as du mal à te réveiller, pense immédiatement : je m’éveille pour accomplir ma tâche d’homme. »

    Par ailleurs, la veille, son compagnon est revenu d’une marche de cinq semaines au nord de l’Espagne, la barbe et les cheveux blanchis, les traits burinés et son magnifique sourire… inchangé.
    Son visage maintenant velu lui rappelle les antiques philosophes, Socrate, Platon et autre Aristote.
    Elle prend conscience que, tant de siècles plus tard, l’homme a toujours la même physionomie. Les représentations sculptées de ces grands penseurs rendent leurs traits très actuels.
    Elle ouvre son outil informatique, recherche les têtes de pierre de ces philosophes et décide qu’effectivement, Marc Aurèle est peut-être celui auquel son héros moderne ressemble le plus. Intriguée, elle trouve quelques maximes extraites de l’ouvrage « Les Pensées Pour Moi-Même » afin de vérifier si, l’homme qui partage sa vie, pourrait avoir des idées juxtaposables à celles de l’empereur. Les éléments extraits lui plaisent et elle espère qu’ils inspireraient son solitaire Ulysse des sierras et meseta :
    « Développe en toi l’indépendance à tout moment, avec bienveillance, simplicité et modestie ».
    « La perfection du caractère consiste à passer chaque journée comme si c’était la dernière, à éviter l’agitation, la torpeur et l’hypocrisie ».
    « Les hommes sont faits les uns pour les autres ; instruis-les donc ou supporte-les ».
    « La meilleure façon de se venger d’un ennemi, c’est de ne pas lui ressembler ».

    Les moustaches de son rêve initial ne l’inspirent pas du tout. Quel que soit le siècle, le pays, la civilisation, la pilosité a néanmoins été et reste un attribut révélateur et symbole des tendances de la pensée dominante ou de résistance à une norme.
    Ella aime à penser que son compagnon barbu sera une illustration de l’homme mûr qui n’a rien à prouver dans l’acceptation d’une mode ou le reflet d’une pensée superficielle, qui demain, sera surannée.

  13. Laurence Noyer dit :

    Il s’était composé la moustache de Dali
    Cependant dans la nuit du lundi au mardi
    La moustache de Staline l’avait défiguré.
    Comment dans le miroir oser se regarder ?
    Il venait de passer en mode décoiffé
    Quand soudain Cyrano le tira par le nez :
    Moi monsieur si j’avais une telle moustache
    Je refuserai tout net, sapristi !, qu’on le sache
    Elle prend suivant les jours, différentes tournures
    Et dessine chaque matin à travers ma figure
    Des traits fins, des perchoirs, des guidons de cyclistes
    Des toitures surmontant les temples de bouddhistes
    Parenthèse, arabesque, je les rêve arc-en-ciel,
    Hardies et déployées comme des ailes d’hirondelle
    En nœud papillon, haut de forme et monocle
    Venant d’un autre temps, la bacante en frisotte
    S’ils en faisaient pour dame, j’la voudrais en hélice
    En style de calice, au gout de pain d’épice
    Quand elle prend parfois une forme de sourire
    Je vois sur mes amis la bouche s’agrandir
    Quand elle sort de la douche, le poil en désespoir
    Elle décide parfois d’en finir au rasoir
    Mais comme dit Cyrano, sans un pli sans une tache
    Quand elle est bien portée ! la moustache quel panache !

  14. Antonio dit :

    Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui, qui n’avait pas un poil sur le corps, arborait une moustache à la Hitler ! Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacé.

    Il crispa son visage comme s’il allait entrer dans une colère noire, quand la moustache se fit belle et fine comme celle du Ché. Voilà qui lui plut, enfin… quand : « oh ! la barbe ! », apparurent des poils en dessous, du menton jusqu’aux oreilles. Il s’appliqua à étirer ses zygomatiques comme s’il allait éclater de rire, et recommença. Là, il reconnut la moustache de Chaplin qui se différenciait de celle d’Hitler par un trait d’ironie qui la soulignait subtilement. Il rit de bon cœur quand le masque d’Hitler sembla soudain le moquer à nouveau. Il ferma les yeux, le dictateur était toujours là. Il recommença, mais cette petite crotte lui faisait toujours face.

    Il resta de glabre, tout en essuyant son visage, au-dessus du miroir, puis tira la chasse.

    Ce peigne-cul de la grande Russie avait fort à faire, une guerre à mener ou une révolution, il ne savait plus très bien, à moins que ce fut qu’une mauvaise comédie des temps modernes.

  15. 🐻 Luron'Ours dit :

    TRICOSE STÉRILE
    Il en est du poil comme du chapeau. Rarement transcendantal, il cache et protège. La casquette mériterait qu’on s’y attarde, quant au képi, il emboîte le pas. Depuis la lame Gillette il est moins dangereux de voir son barbier que son dentiste ou de se faire enlever un ulcère variqueux. C’est ainsi qu’un terroriste a pu être arrêté dans sa clinique bien après que sa moustache ait blanchi🐻

  16. 🐀 Souris verte dit :

    Le Hitler et l’autre je m’efforce de les évacuer de ma mémoire et on peut dire que ces deux zigotos-là ne sont pas prêts de me chatouiller le ventre avec leur moustache !
    Parlez-moi de celle en guidon de vélo d’Hercule Poirot ! Ça, ça vous a de l’allure. Et puis la moustache, ça cache toujours quelque chose. Dieu fasse que je ne me réveille pas avec une moustache pas plus l’ impériale que celle en croc de boucher.🐀 Souris verte

  17. Jean Marc Durand dit :

    Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui qui n’avait jamais pas un poil sur le corps arborait une moustache à la Hitler. Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacé. Entre les deux…un message s’était fourvoyé….très furtivement….  « Vous qui avez un poil dans la main, grâce à KOUPKOUP, ne vous laissez pas envahir ».

    Furax, il décrocha la glace. Heureusement, il n’avait pas encore balancé le carton.

    A 8h, dès l’ouverture du BRICOSTOCK, il fit le pied de cigogne car il habitait en Alsace.

    «  C’est quoi, cette promotion à la con ! » balança-t-il à l’irresponsable de service.

    Bonjour Monsieur, Bienvenue à BRICOSTOCK, nous sommes ouverts tous les jours de 8h à 20h, même les dimanches et jours fériés….que puis-je pour vous ?

    Me changer ce modèle qui ne me convient pas !

    C’était une promotion, Monsieur, 15€…

    M’en fous, je veux un autre modèle !

    Nous avons bien le X4021, plus rare et moins demandé, mais il est à 35€.

    M’en fous, je prends.

    L’homme embarqua le nouveau miroir, le rangea dans son coffre et partit gagner sa croûte. Ça tombait bien car il vendait des farines aux boulangers pour les Moulins de L’Espoir.

    Au soir, tranquillement, il installa le nouveau miroir. Que ne fallait ‘il pas débourser pour obtenir un semblant de paix !

    Avant de se coucher, il se lava les dents. Face à lui, un Gandhi chauve brossait les siennes.

  18. mijoroy dit :

    Il faillit tomber à la renverse quand, après un dernier coup de peigne, il mira son visage dans la glace. Lui, qui n’avait pas un poil sur le corps, arborait une moustache à la Hitler ! Il ferma les yeux, les rouvrit, la moustache de Staline l’avait remplacé.
    Le malheur c’était abattu sur lui. Sa tendre Germaine avait spécifié bien avant le mariage, qu’elle ne refuserait de vivre avec une pilosité faciale, qui n’était autre qu’un piège à mousse de capuccino ou cappuccino et autres morceaux de nourriture. Un véritable repoussoir aux baisers avec en prime des piquants de hérisson sur ses lèvres charnues. Autant dire que le French Kiss ne sera plus aussi fréquent ni passionné. Il entendait encore sa voix, semblable à une scie sauteuse lorsqu’elle était en colère :
    ─ Tu m’entends mon biquet, la moustache c’est rédhibitoire, et une cause de licenciement immédiat sans solde de tout compte !
    Il referma ses yeux, il avait maintenant la Filou, en mode Arsène Lupin ; il éternua et en se regardant à nouveau il avait celle en brosse de Brassens. Mais qu’elle était donc cette malédiction de poils en tous genres ? Il frappa dans ses mains, pendant qu’il rêvait, et bing, le voilà doté du trait de crayon comme Jean Dujardin dans THE ARTIST ; se pinçant les joues il se retrouvait avec les bacchantes des « Sons of Anarchy », c’était le festival des poils sous le nez. Fini le menton tout doux, bienvenue à la rugosité d’un paillon fait de crins de cheval !
    Il se disait que pour soigner le mal par le mal, il pourrait tenter le défilé à l’occasion du Movember, chez Guerlain (Boulevard Haussmann, excusez du peu). Hélas, au lieu de conjurer le sort il s’était retrouvé avec le guidon de vélo comme Salvatore Dali, il craignait alors d’harponner sa bien-aimée au moindre béco. Mais l’allusion à la touffe de poils sous le nez, fut quand sa sœur Josette les invita pour le 14 juillet :
    ─ Germaine et Moustache êtes vous dispo, pour le déjeuner du 14 ?
    Son épouse n’avait rien dit, mais le soir même, alors qu’il s’était endormi, elle avait entrepris de le raser de près. Elle rinçait la lame de son rasoir, tout en observant son travail. L’entaille de la carotide de son bonhomme était propre et nette. Il se vidait de son sang sans avoir rien senti. C’était vraiment la fin de leur histoire.

    Son avocat commis d’office à qui elle contait les faits, se racla la gorge et desserra un peu son nœud de cravate. Il portait lui aussi une moustache à la Clark Gable.

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