602e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative
Courant d'air

Racontez comment s’est passée la semaine d’un petit courant d’air solidaire.


Au sujet des textes que vous publiez sur ce blogue

Je suis un critique positif. Je m’interdis de dire du mal d’un écrit. Je n’en parle pas si je n’en reconnais pas sa valeur. Saluer l’auteur d’un texte avec des mots de gratitude a un effet positif sur toute personne qui s’exprime. L’estime de soi par autrui est très important. Nous avons tous besoin d’être reconnus dans notre qualité humaine.

Chaque jour, des essaims d’idées bruissent dans votre cerveau. Les exercices de Pascal Perrat vous entraînent à en faire votre miel.

41 Responses

  1. MALLERET dit :

    602 Racontez comment s’est passée la semaine d’un petit courant d’air solidaire.

    Lundi, nourri à l’empathie, au don de soi à l’Amour et néanmoins bien armé contre toute forme d’agressivité, il quitte papa et maman courant d’air. Se séparer de la tendresse familiale pour devenir autonome rend les débuts parfois difficiles. Mais, petit courant d’air se sent prêt à parcourir la vie, seul. Il promet de revenir à la fin de la semaine.

    Mardi, c’est en ville qu’il a la première occasion de se rendre utile. Il se précipite vers une voiture garée au soleil, se glisse à l’intérieur par la vitre à peine entrouverte et rafraîchit un tout jeune enfant qui commence à suffoquer de chaleur. Il ne cesse qu’à l’arrivée du chauffeur qui se rendant compte de son erreur, repart les fenêtres ouvertes. Lors d’une distribution de nourriture aux plus démunis, des mouches rôdent autour des produits frais, il les en dissuade de son souffle.

    Ce jour-là est surtout consacré à apporter un peu de bien-être aux personnes dont le besoin s’en ressent. En retour, il reçoit des sourires, parfois : « Comme ce petit courant d’air est agréable ».

    Mercredi, un nuage noir éclate avec une violence inouïe, l’emportant dans un tourbillon effréné. Terrorisé, il essaie de lutter de toutes ses maigres forces, mais le vent court à toute allure. Il le balaie sans ménagement. Papa courant d’air ne lui a pas enseigné comment réagir en pareil cas. Pourtant, chaque sorte de vents a été étudiée, même la façon de se comporter par temps de neige, ou de pluie. Ses parents n’avaient sûrement jamais rencontré un tel évènement climatique. Ballotté dans tous les sens, il croit sa vie de petit courant d’air solidaire terminée.

    Jeudi, encore groggy de la veille, il reprend lentement son chemin. Il joue un bon moment avec un duvet d’oiseau l’empêchant, le plus longtemps possible, de toucher le sol. Il doit abandonner sa plume, on a besoin de lui ailleurs.

    Vendredi, Ah vendredi ! Il rencontre une jolie petite courant d’air dont il tombe amoureux tout de suite. De son côté, elle ne résiste pas au charme de notre adorable petit courant d’air.
    Dans l’enthousiasme, au lieu de suivre la ligne édictée par leurs parents respectifs, ils ne font que des bêtises !
    Par exemple, claquer une porte, laissant dehors une personne bavardant dans la rue avec sa voisine. À deux, la force est décuplée alors, on peut s’en donner à cœur joie ! Ébouriffer les cheveux des gens, éclater de rire en regardant des hommes courir après leur casquette, pousser le bateau d’un enfant au milieu d’un bassin jusqu’à ce qu’il ne puisse le rattraper, mais là quand même, leur éducation refait surface et ils le ramènent sur le bord.

    Samedi, les amoureux s’assagissent et décident de s’associer pour faire des actions qui demandent plus de puissance. Et Dieu sait s’il y en a ! À la fin de la journée tous deux épuisés, se laissent bercer par une douce brise. Ils se promettent de consacrer les samedis à des missions en commun.

    Dimanche, comme promis, il va raconter sa semaine aux parents, gardant pour le moment sa rencontre encore secrète. Il veut surtout leur parler du terrible évènement du mercredi. Un souffle d’admiration le félicite pour son courage.

  2. Mary Poppins dit :

    Un courant d’air, c’est déjà pas grand-chose.
    Mais quand il s’agit d’un petit courant d’air, alors là, c’est quasiment « rien du tout ». Eh bien voyez-vous, c’est ce que je suis : un petit courant d’air archi-minuscule que personne ne remarque. Je fais partie de la cohorte des invisibles.

    Et, par-dessus le marché, je suis un courant d’air « solidaire ». Mais ça ne me sert à rien. Comment voulez-vous que je sois solidaire ? C’est impossible, je suis bien trop insignifiant et trop furtif.

    Ah croyez-moi, je n’ai vraiment pas tiré le bon numéro !

    Pour vous donner un aperçu, je vais vous raconter la semaine que je viens de passer. Accrochez-vous à la rampe et préparez la boîte de Prozac parce que ça va pas être très drôle !

    Lundi : je ne suis pas sorti de mon lit

    Mardi : je n’ai rien fait

    Mercredi : j’ai réfléchi à ce que je pourrais faire le lendemain

    Jeudi : j’ai tenté de rafraîchir un appartement surchauffé, en passant par une fenêtre, mais je n’y suis pas arrivé

    Vendredi : j’ai voulu rafraîchir le même appartement, en passant par une autre fenêtre, mais j’ai encore échoué

    Samedi : j’ai essayé de relativiser la situation

    Dimanche : j’ai attendu que ça se passe

    Par Sainte-Rita, Sainte-Fortuna et Saint-Beaujolais, je me demande pourquoi je n’ai jamais de chance sur cette terre et pourquoi ma vie est si compliquée !

  3. Urso dit :

    Racontez comment s’est passée la semaine d’un petit courant d’air solidaire.

    L’autre jour un dénommé dieu m’a appelé. Il m’a dit :
    – viens vite j’ai besoin de toi ! 6 jours de travail, 1 jour de repos.
    – Ben ben lui dis-je, je ne vous connais pas.
    – Viens vite répéta-t-il, 6 jours de travail, 1 jour de repos !

    Je suis alors parti vers ce dieu dont je n’avais jamais entendu le « nom ».
    Première à gauche, deuxième à droite, … huitième étoile à gauche …
    Tout droit, puis à gauche … tourner à hauteur de la planète Uranus …

    Je crois bien que j’avais mal compris le chemin qu’il m’avait indiqué pour le rejoindre.
    J’ai donc galéré pendant 6 jours. 6 jours à errer, tâtonner, à aller dans tous les sens …
    Le 7 ème jour, en ayant ras le bol de ce très long voyage que je venais de faire dans l’univers, à la recherche de ce dieu que je n’ai pas trouvé, j’ai décidé de faire demi-tour.
    Je suis donc revenu sur Terre moi le petit hamster, oh désolé, le petit courant d’air paraît-il solidaire, de la terre entière …

    Dring Dring entendis-je une nuit, à moitié endormi au fond de mon lit.
    – Allo allo, qui est-ce à cette heure nocturne ?
    – Dieu, dieu déclara une petite voix.
    – Ah non ah non, vous ne m’y reprendrez pas une seconde fois. Je travaille demain moi. Il faut que je dorme.
    – … 6 jours de travail, 1 jour de repos …
    Comment vais-je faire sans toi !
    Je raccrochais et je me rendormis.

    Oui c’est vrai petit courant d’air devait bosser le lendemain.
    Dans l’humanitaire, … avec Fred Astaire.
    Il y a de la rumba dans l’air, pépère …
    Solide comme l’air.
    … en poussant une petite boîte en fer, le long de la ligne de chemin de fer …

    Petit courant d’air, solidaire, rêva qu’il parla à un vers de terre qui s’approchait d’un monastère.
    Tout près de là il revit également le monsieur dieu qui lui dit bonjour et lui demanda de nouveau :
    – Écoute petit courant d’air, libre comme une montgolfière, … 6 jours de travail, 1 jour de repos …
    Petit courant d’air ne sois pas aussi fier …

  4. Françoise Rousseaux dit :

    Il était une fois un petit courant d’air solitaire qui s’ennuyait à ne rien faire…
    Un beau jour, pour se désennuyer, il partit aider ses voisins, qui peinaient à ventiler une vaste demeure. Le lendemain, ils lui proposèrent de les accompagner dans un pré afin d’éventer un troupeau de vaches, accablées par la chaleur et les mouches. Ainsi passèrent le Lundi et le Mardi.
    Le Mercredi, ils séchèrent force lessives.
    Le Jeudi et le Vendredi, ils rejoignirent une ZAD au fond d’un marécage ; là, pas question d’assécher ; ils devaient protéger des étendues d’eau stagnante et les nuées de moustiques qui y vivaient .
    Et le Samedi, ils manifestèrent en faveur d’un Vent d’Autan qui avait été injustement accusé d’avoir décorné des bœufs.
    Quand le Dimanche arriva, le petit courant d’air était très fier de sa semaine solidaire, mais il était aussi très fatigué ! Il s’en plaignit auprès de ses nouveaux amis, qui s’étonnèrent : regrettait-il le temps où il s’ennuyait tout seul ? Non, bien sûr, mais là, juste un tout petit repos…et si par solidarité justement, ils se joignaient à lui ?
    Cet argument fit mouche ; et la semaine s’acheva dans une douce oisiveté…

  5. Alain Granger dit :

    Le lundi il se leva sans précipitation. Le temps était au sec et ça lui convenait. Il se fit alors ascendant pour aller voir sa grand-mère.
    Le mardi il n’en n’avait pas encore mare de rester chez mamie Nova. Il l’appelait ainsi car elle avait toujours la tête dans les étoiles et parce qu’elle confectionnait d’excellents desserts.
    Le mercredi il s’attira les foudres de son professeur. Il avait mis un froid entre lui et l’enseignant en soufflant les réponses de l’interro à ses petits camarades. Le pédagogue l’accusa d’être un vent turbulent, de perturber son enseignement.
    Le jeudi les nuages étaient cirrus que le petit préféra prendre un courant d’air chaud en séchant les cours. Il avait le vent en poupe pour s’enivrer de sa liberté jusqu’à mètre du vent dans les voiles des katsurfeurs qui se barraient sur la Volga.
    Le vendredi était le jour de son anniversaire. Il se sentait pluvieux et frisait la dépression. Il n’aimait pas souffler les bougies. Cela le plongeait dans une drôle d’atmosphère, entre nostalgie et peur du lendemain.
    Le samedi il eut un coup de foudre pour un cumulonimbus. Il lui souffla un baiser très humide. L’autre n’était pas tombé de la dernière pluie. Il fit mine d’avoir des vapeurs pour lui demander de garder ses distances.
    Le dimanche se fit religieux. Le ciel était voilé. Il semblait se recueillir pour prier. Le petit vent resta couvert, par respect.
    La semaine venait de passer. Il n’avait plus qu’à tout recommencer.

    • mijoroy dit :

      Même pour un courant d’air solidaire, les semaines sont des éternels recommencements avec des variations en fonction de la ventilation, ou de ses humeurs:)

  6. LAFAURIE Alain dit :

    Moi, courant d’air solidaire, me suis focalisé sur cette maison de campagne normande où la touffeur de cet été est inhabituelle.
    Dans son jardin, la maîtresse de maison sue à grosses gouttes en s’acharnant à extirper les mauvaises herbes. La voyant peiner, mon grand cœur me dicte de l’envelopper d’un doux zéphyr qui caresse ses cheveux poisseux.
    Le lendemain, le paternel sur la terrasse consulte son courrier en soupirant. Compatissant et croyant bien faire, je fais s’envoler une facture douloureuse. L’instant d’après, je me dis qu’il se pourrait qu’il ait une majoration pour retard de paiement. L’enfer est pavé de bonnes intentions…
    Mardi jour de courrier. Le facteur se pointe d’un pas hésitant. Le doberman se tient prêt à s’attaquer à ses mollets. Alors sous la truffe du molosse je m’enrobe d’une bonne odeur de pâtée chipée dans la gamelle du chihuahua du voisin, le détournant ainsi de sa piste initiale. Tout ça pour de la pub et un recommandé insignifiant.
    Les trois jours suivants, je me fais balayer par la bande des mugissants à savoir rafale, aquilon et orage. Tandis qu’ils se déchaînent faisant plier le chêne et courber le roseau, je me réfugie dans la serre et voisine avec les plants de radis et de tomates dont j’effleure les feuilles vert tendre.
    Samedi, le calme revenu, je vois débouler dans le jardin un ado avec un casque sur les oreilles duquel s’échappent les riffs de guitare d’un morceau de heavy metal. Taquin, j’emporte dans mon sillage un moustique qui se met à l’asticoter. Dans un geste brusque pour écarter l’importun, le casque du branché tombe à terre. Et comme par un fait exprès, je lui diffuse, venu de la fenêtre du propriétaire du chihuahua, les notes mélodieuses de l’Adagio d’Albinoni. Peine perdue, il remet ses écouteurs et se déhanche, la tignasse en bataille. Que voulez-vous, nous n’avons pas les mêmes valeurs !

    • mijoroy dit :

      Pour sûr que les oreilles musicales de chacun ne sont pas ajuster sur le même tempo 🙂 l’histoire de la facture qui s’envole m’a fait sourire :)SI seulement, une facture envolée pouvait signifier paiement annulé 🙂

  7. Grumpy dit :

    Je suis Tramontane, épouse d’Autan (originaire du joli village d’Emporte le Vent) et maman du petit Mistral. Si notre fille aînée Bise ne nous a jamais causé de souci, on ne peut pas en dire autant (!) de son petit frère.

    C’est un petit vantard qui prend très au sérieux son rôle de souffleur depuis qu’il a vu sa première pièce de théâtre. Ça lui avait bien plu cette voix qui sortait du plancher de la scène et qui donnait ses directives aux acteurs. C’était décidé : il ferait pareil.

    En seulement l’espace d’une semaine, Il allait donner des leçons à tous ces bouffis d’orgueil qui, gonflés avec ça, s’imaginaient mener leur vie comme ils l’entendaient, au doigt mouillé. Il se dit après tout « le vent c’est moi et je m’en vante »

    Lundi il s’attaqua aux éventails et leur intima de cesser aussitôt de s’agiter en tous sens, on était en février, il ne faisait pas si chaud et on ne dansait pas encore le flamenco en France.

    Mardi, les coiffeurs ayant rouvert leurs boutiques, ils les visita un à un en coup de vent et fit taire d’un ton impératif tous les sèche-cheveux sous prétexte qu’ils le défrisaient.

    Mercredi il déclara aux soufflets que désormais c’était fini pour eux de s’enfler inutilement puisque c’était pour s’aplatir ensuite.

    Jeudi il s’en prit aux ventilateurs. Arrêtez tout net de vous agiter comme ça, on vous a demandé de rafraîchir, pas de faire du vent.

    Vendredi ce fut le tour des accordéons. Vous êtes à bout de souffle, leur dit-il, complètement démodés mes pauvres, alors vous allez replier vos soufflets et cesser illico de nous casser les oreilles.

    Samedi il visa les clims, celles-là alors il leur en voulait beaucoup, ces ronfleuses donnaient le tournis en s’entêtant à souffler six mois chaud et six mois froid.

    Et Dimanche ce fut le bouquet : Hé les grandes là-haut, vous croyez que parce que vous agitez vos pales vous serez épargnées ? Personne ne veut de vous et ne comptez même pas sur les écolos pour vous soutenir, parce que eux … Si vous n’êtes pas contentes allez donc vous planter en mer où vous aurez le pied au frais. Sur terre ne seront plus tolérés désormais que les moulins à vent.

    Tous affolés par ce vent leur soufflant dans les bronches, ainsi fut fait.

    • mijoroy dit :

      J’ai apprécié les savoureux et nombreux jeux de mots, de cette famille qui réside au village d’Emporte le vent. Ce petit courant d’air me semble plus rebelle au tempérament d’adjudant que solidaire. J’aime ce type d’atelier qui permet des versions différentes, riches et pétillantes.

  8. camomille dit :

    Je suis un petit courant d’air de ventilateur en voie de disparition.
    J’ai fait carrière dans l’EHPAD de Figanières.
    Tous les jours de la semaine je me suis décarcassé pour rafraîchir Simone, Marcel, Suzette, Roger et les autres…
    Quand je passais sur leurs visages, ils relevaient la tête en souriant.
    Je leur faisait du bien autant que je le pouvais.
    Et puis, je me sentais tellement utile !
    Là, je vis mes derniers jours…
    La directrice vient d’accepter le devis pour l’installation de la climatisation.
    Je vais donc mourir… avant eux.
    C’était pas prévu au programme.
    Putain de clim !!! Ils sont où les écolos ???

  9. 🐻 Luron'Ours dit :

    602/🐻BOL D’AIR

    Alors, raconte !
    Je ne fais que passer, en courant d’air, car je suis solidaire. Animateur en somme, et pas que, j’ai fort à faire !
    – Mais à quoi ça sert ? Tu courres, tu es un fugitif, tu ne tiens à rien de concret !
    – C’est pas ce que tu crois… Tiens, hier, je suis passé à l’école de musique; la diva s’est enrhumée, la flûte arpègea son aria simultanément avec la porte ouverte et la fenêtre qui claqua avec fracas ! J’ai couru chez le miroitier déjà occupé, il devait remplacer la vitrine du bric-à-brac.
    – On dit quincailler ou marchand de couleurs ou de tout un peu… Une droguerie quoi !
    -Qu’importe, demain, je tiens les grandes orgues !
    – Un récital, toi ?
    -Non, un enterrement.
    -Sans blague ? Ça me fait froid ni chaud !
    Et samedi, prise d’armed au soubassophone accompagné de la fille de mer à la harpe éolienne.
    Pfuitt, il s’envola…

  10. 🐀 Souris verte dit :

    602/ 🐭C Ki Ka ?
    Je suis mondialement connu et apprécié par le soulagement que j’apporte.
    Mais le confort a un prix et pour cela, on me fuit.
    Alors, en tir groupé, en rafale, je pars en pétard comme ce que je suis… à ce qu’on dit comme sur un billard ou une toile cirée… ou en chapelet quand on m’en prie.
    Solidaire ? Je ne dirais pas ça. Le début du mot m’inquiète quand à l’aire !? de repos peut être mais l’air de rien, ça s’est certain.
    J’enfume ! Je mets l’ambiance !
    Combien de fois l’ai-je entendu !
    Le  »c’est pas moi.. c’est lui ! »
    Allons allons ! On sait bien qui… Ne dit-on pas c’est la poule qui chante qui a pondu ?
    Je signe sans honte et même une certaine fierté
    Gaz-part 🐭

  11. Maguelonne dit :

    Bof, raconter ma semaine, ce n’est pas très folichon. Moi je suis un courant d’air polisson, mais toujours prêt à rendre service. Et je suis au bord de la déprime.
    Mon grand délice est de me faufiler sous les jupes des filles. Ça les fait rire et rire aussi les garçons aux terrasses des cafés. Maintenant elles sont en short, ou pire en pantalon. Rendez moi les Marilyn.
    Cette semaine j’ai croisé quelques robes longues. Alors je m’infiltre, je tourbillonne et rafraîchit les lieux. Certaines filles sont coquines. Il n’y a pas beaucoup de tissu sous les jupons. Je joue un peu avec elles. J’adore les voir sourire, ou rosir, ou regarder le ciel, l’air de rien.
    J’aime bien aussi rentrer par une oreille et sortir par l’autre. Au passage je nettoie tout, ça libère, ça ouvre les esprits. Ça c’est mon travail du vendredi. Et les week-ends sont bien plus légers.
    Je suis aussi facétieux. Mercredi j’ai fait tomber une photo. Tigrou, chaton gris et blanc était à coté. Il s’est fait grondé par sa maîtresse. Le poil hérissé, la queue dressée et ébouriffée, il aurait bien voulu me cracher dessus. C’était trop rigolo. Attrape moi si tu peux ? Je suis insaisissable, imprévisible. L’acte n’était pas gratuit. Je lui ai donné une leçon de vie. Tigrou, la vie n’est pas toujours juste.
    Je ne m’occupe pas des chapeaux sur la tête des vieux, des flammes sur les bougies ( le noir ne me sied pas), je n’envole pas les papiers, ne déstabilisent pas les cyclistes au coin des rues. Non je suis un gentil courant d’air citadin.
    Alors je vous en prie rendez moi les Marilyn

    • mijoroy dit :

      oui bien d’accord avec ce courant d’air, nous les filles , nous portons des jupes qui virevoltent, des robes fluides, nous sommes toutes des Marilyn 🙂 J’aime bien l’idée de ce texte

  12. Nadine de Bernardy dit :

    Racontez comment s’est passée la semaine d’un petit courant d’air solitaire.
    Abandonné par ses parents lors de la dernière tempête, timide et encore fragile, Zef, le petit courant d’air, se trouva fort dépourvu quand la bise fut venue.
    Il alla de ci de là, bousculé par des plus forts que lui qui le distancèrent bien vite, agacés par son air de chien battu.
    Il échouât dans une cheminée où il crut mourir de chaud, à moitié étouffé par la fumée qui voulait sortir.
    Ah! tu vois,je te l’avais bien dit, dès qu’on se sert de cette cheminée, ça fait des courants d’air. Eteint moi ça tout de suite dit une voix grondeuse.
    Zef put se faufiler discrètement dans la maison pour se réfugier au grenier afin de prendre un peu de repos.
    Le lendemain, un mardi, la porte fut ouverte, ce qui souleva la poussière accumulée sur les vieilles malles et les cartons. Un éternuement se fit entendre.
    Combien de fois devrais je répéter de fermer les vasistas avant de sortir d’ici ?
    Zef se fit encore plus petit afin de se faufiler sur le toit avant que l’on referme le vasistas incriminé.
    Il prit son élan pour fuir cet endroit plein se chausses trappe. Il faisait froid et beau, il en profita pour se laisser porter sans regarder où il allait. Vers le soir le petit courant d’air examina les alentours, une grande forêt, un château, voilà ce qu’il lui fallait pour la nuit.
    Profitant d’une vitre cassée à une lucarne, il se reposa entre une armoire Empire et une armure rouillée.
    Celle ci gémit toute la nuit, agitée par le souffle léger de Zef qui resta là quelques jours. Le troisième, il eut la visite d’un fantôme qui le sommât de quitter les lieux en vitesse.
    Après quelques autre jours d’errance, le petit courant d’air vit au loin un moulin à vent, morose, immobile. Dés que Zef arriva à sa hauteur, ses ailes se remirent à tourner, d’autant que le courant d’air avait pris de la force, y allant de bon coeur.
    Le meunier, ravi, lui aménageât une place dans son moulin.Tous les deux vécurent longtemps heureux.
    Zef soufflait, les ailes tournaient, les clients affluaient.

  13. Nouchka dit :

    Le courant d’air solidaire et la plume

    Ce matin, Jicky, taille élancée dans une robe de chambre pourpre, secoue l’oreiller sur la terrasse, au rez-de-chaussée du petit immeuble.
    Le ciel, ce printemps, est lumineux. La façade blanche des immeubles un peu plus loin, éclaire celle de la « Villa » de Jicky. A cette heure, le soleil illumine les surfaces claires et projette une lumière blanc-rosé.

    Un duvet s’échappe de la taie et se pose dans le séjour, près de la porte fenêtre. Le duvet, tout étourdi de ce vol hors de l’oreiller, loin de ses frères et sœurs, se sent abandonné et néanmoins intéressé par ce qu’il découvre de ce monde vaste, coloré et légèrement frais.
    Jicky poursuit sa tâche, range la chambre, écoute les actualités du jour à la radio. Elle affectionne en particulier, une chronique politique qui passe chaque matin sur les ondes.
    La petite plume subit les déplacements du courant d’air qu’occasionne l’activité de Jicky.
    Pendant que cette dernière se rend à la salle de bain, Plume observe la pièce autour d’elle. Les murs sont recouverts d’une trame légèrement dorée qui change suivant les mouvements du léger voilage qui sinue, dans l’ouverture de la porte fenêtre, sur le jardin. Ici, Plume est sensible aux parfums du thé récemment infusé et des roses que Jicky a ramenés de son jardin de Grand Bois. Des tapis couvrent le sol carrelé. Courriers et revues sont posés sur la table de verre et de bois.
    Plume se demande ce qui va lui arriver. Elle ressent tout à coup un grand déplacement et se retrouve aspirée, par le courant d’air solidaire, vers le jardin clos. Que c’est beau tout ce vert encadré de murs clairs comme un coffret précieux. Le vent se charge de soulever de nouveau Plume qui prend de l’attitude et atterrit sur le rebord d’une fenêtre au premier étage. De là, Plume voit différemment la surface du coffret de verdure. Quelques plantes en massifs proposent des surfaces plus sombres et d’une densité autre que la pelouse qui couvre l’ensemble du coffret.
    Sans crier gare, la fenêtre, d’où Plume observe, s’entrouvre. Plume perçoit une légère odeur d’humidité venant de l’intérieur. La petite dame retire sa main fluette et, face à l’évier, rince le filtre à café. Plume s’introduit avec le courant d’air solidaire dans la pièce et se laisse dériver vers le séjour. Les meubles, sombres et nombreux, encombrent la circulation mais Marie, toute menue, connait les méandres par lesquelles atteindre le poste de télévision. Contrairement à Jicky, Marie préfère la compagnie de l’écran coloré qui lui donne l’impression d’être moins seule.
    Plume retourne vers la fenêtre entrebâillée et par un courant ascendant monte encore un étage. Elle se retrouve collée à la vitre de Mme Tincour. Elle voit cette dernière, en blouse blanche, un chiffon à la main astiquer avec énergie les meubles de la grande pièce. La radio diffuse ses ondes avec puissance afin de suppléer à la surdité de Mme Tincour qui est très attentive aux actualités. Ici, les parfums semblent peu présents ; peut-être une vague senteur de produits d’entretien dans ce décor épuré et impeccablement rangé ?
    Plume subit de nouveau les transports du vent, rasant la façade de l’immeuble. Après une petite diversion au-dessus et au milieu du coffret de verdure, elle arrive sur la loggia du troisième étage. Nouchka l’a décoré d’immenses photos de dunes de bord de mer et des plantes susceptibles d’y pousser. Plume voit Nouchka devant un pupitre tournant les pages, à la recherche des mélodies qu’elle étudie actuellement. Le piano blanc lui sourit de toute la longueur de son clavier. La pièce mansardée donne une impression de cocon clair et protecteur. Pas de relent de cuisine, ni de produit d’entretien. Nouchka, contrairement à Mme Tincour, ne risque pas d’être intoxiqué par les produits chimiques de détergent ! Les murs clairs alternent bibliothèque, tableau impressionniste et miroir qui réfléchit la lumière du dehors. Nouchka commence les vocalises… Plume aime autant rester à l’extérieur. Ce peut être violent le souffle des vocalises…
    La brise printanière soulève Plume qui est absorbée par la porte fenêtre de Noémi au quatrième étage. De là, la ville se laisse admirer. Une vue totalement dégagée permet de découvrir les toits d’ardoise et quelques bâtiments historiques au sud-ouest. Noémi n’est pas dans la pièce. Plume l’entend au téléphone échanger avec des proches à propos de déplacements à venir. Noémi est lasse. Elle se repose enfin, après avoir donné beaucoup de son temps et de son énergie à l’accompagnement de son conjoint.
    Plume est étonnée de ne rencontrer que des femmes dans cette partie d’immeuble. Les occupantes ont pris de l’âge et leurs compagnons ne sont plus que dans leur esprit. Néanmoins, chacune s’est adaptée à son statut actuel et espère rester longtemps encore sous ce toit. Elles s’y sentent à la fois libres et proches les unes des autres.

    Plume attend que le courant d’air solidaire la déplace de nouveau. Peut-être cette fois-ci découvrira-t-elle une autre partie de l’immeuble et d’autres occupants. Que c’est plaisant de se laisser ainsi balancer et conduire par le courant d’air solidaire et le vent, ses moyens de déplacement.

  14. FANNY DUMOND dit :

    Petit courant d’air passe souvent inaperçu. Solide-air qu’il est :

    – dimanche, il apporta un air joyeux de java, de tango, de valse… au club des genêts d’or où se retrouvent chaque année les retraités heureux de gambiller.

    – lundi, il désamorça une dispute entre deux collègues prêtes à se crêper le chignon. L’une d’elles ferma la fenêtre et se baissa pour récupérer toutes les factures envolées qu’elle avait si bien classées, tandis que l’autre regagnait son bureau sur la pointe des pieds.

    – mardi, il amena un petit vent coulis au bord de la piscine où les campeurs n’en pouvaient plus de s’éventer soit avec leur magazine de mots croisés, soit avec leur couvre-chef.

    – mercredi, il procura de la joie à la jeune ado amoureuse en lui murmurant, à l’oreille, que Théo en pinçait pour elle.

    – jeudi, à l’image de la femme du petit Larousse, il fit s’envoler les graines de pissenlits, au grand dam des jardiniers.

    – vendredi, il fit grimacer mémé Germaine allergique aux courants d’air. Elle s’empressa de sortir de son fauteuil pour bien replacer le boudin sous la porte de son salon.

    – samedi, triste de passer inaperçu, d’être transparent, il inspira un bon coup, gonfla ses poumons et fit s’abattre une stupéfiante pluie de grêlons qui défoncèrent toutes les toitures de ce paisible village.

    Il en va ainsi chaque semaine, dans l’indifférence générale, de l’an neuf à la Saint-Sylvestre.

    P.S. :

    Je vous souhaite un prompt rétablissement, cher Pascal, et de bien vous reposer. Les commentaires attendront. Que nos petits écrits vous apportent le sourire et la détente, c’est tout ce qui nous importe. Avec toute mon amitié. Fanny

  15. Antonio dit :

    Dès lundi, il s’est pointé à neuf-heures sous l’arche de La Défense où il avait eu vent du job dans l’association solidaire. Comme il ne manquait pas d’air, la directrice des Ressources Éoliennes l’a immédiatement embauché.

    Le mardi, il était déjà en poste à balayer les couloirs du parvis. Seulement son air glacial incommodait les attachés-cases de passage qui commençaient à monter dans les tours en grinçant des dents de leur fermeture éclair.

    Mercredi, il en a suivi un, tenu par un costume trois-pièces sombre qui l’avait pris en grippe. Il s’est faufilé entre eux dans l’ascenseur jusqu’au trente-troisième étage. Arrivé sur son bureau, le porte-documents a éternué, échappant ses feuillets que le petit courant d’air a instinctivement pris au vol, avant de redescendre avec par la fenêtre anormalement ouverte.

    Jeudi, il a été convoqué à la R.É. pour mettre fin à sa période d’essai. Il avait commis trois fautes graves : abandon de poste, vol en réunion et disparition des documents dans le ciel de Paris. Le jeune embauché a eu beau souffler qu’il n’était pas au courant du règlement intérieur, que c’est la fenêtre qui les a entraînés à l’extérieur et qu’il ne serait jamais monté s’il n’avait pas été agressé par ces vents à la mauvaise haleine qui l’ont agressé en bas des tours et qu’il voulait simplement assainir.

    Le soir-même, il n’avait plus de job.

    Vendredi, son emploi du vent était entièrement libre, alors il en a profité pour visiter la Tour Eiffel. Il est monté au dernier étage pour avoir une vue imprenable sur tout Paris. Le Sacré-Cœur, la Tour Saint-Jacques, les quais de Seine, Notre-Dame, la Tour Montparnasse, c’était grandiose. Puis il est allé au théâtre, le soir, en se faufilant entre les portes et fenêtres ouvertes, tellement le temps était lourd. Son entrée involontaire en scène le surprit. On l’applaudissait des cils avec des ha ! de plaisir. Il n’avait jamais ressenti une telle sensation, au point de se mettre à danser et improviser le premier air qui lui passait par la fenêtre. Les gens en redemandaient.

    Samedi, il était embauché au théâtre Le Vent se lève. Et toutes les semaines suivantes, il faisait salle comble avec sa petite pièce rafraîchissante comme la qualifièrent les critiques des spectateurs enthousiastes.

  16. durand jean marc dit :

    Racontez comment s’est passée la semaine d’un petit courant d’air solidaire.

    « Alors mon ptit gars, cette semaine, ça s’est bien passé. » m’a balancé derrière sa table en formica, le prof des examens, avec ses pieds énervés tripotant le carrelage. J’entendais ses orteils grincer dans le cuir.

    – Ben, euh lundi, comme prévu, du matin, j’ai poussé quelques ouvriers jusqu’à leurs usines.Même pas eu le temps de flirter avec les odeurs du métro. Pis l’aprème, je leur ai joué un ptit air de climatisation. Histoire de leur amener un autre air de grève, un air marin avec une senteur d’algue, presque naturelle, enfin pas trop chimique!

    – Mouais!

    – Mardi , c’était plus cool puisque c’était Roland Garros. J’ai tout fait pour détourbillonner le jeu de la dernière joueuse française en lice, mais elle a quand même perdu! Faut dire que la polonaise en face, elle cognait comme un cyclone.

    -Mouais!

    – Mercredi….ah oui, Mercredi….j’ai passé ma journée à pousser des vieux avec leurs caddies en ferraille, leur stock d’ huiles, de papier toilette, d’eaux en bouteille, de Pims à l’orange et de flacons de rhum brun pour donner du goût à leurs babas! J’aurai jamais cru que les parkings d’hypermarché étaient si peu plats. Ni que les ptits vieux mangeaiebnt autre chose que des croûtons trempés dans leur soupe.

    – Mouais!

    – Jeudi…ah jeudi! Au bord de la nationale, à l’ombre des désirs boiteux, cette fille en plein méchant courant d’air s’esquintant dans la mauvaise voie qu’elle n’avait pas vraiment choisi. Et que je croyais qu’elle me fixait tout le temps du regard en marmonnant sans cesse: « Atmosphère, Atmosphère…tu l’as vu ma gueule d’atmosphère…. »

    – Mouais!

    Vendredi…ah vendredi….la meilleure journée! Accompagner tous ces gamins pour leur première expérience de cerf volant, c’était génial. Tous ces coups de pouce pour décoller, pour s’élever, pour pirouetter des récréations dans leur tête. Là, je me suis éclaté, en douceur, mais éclaté, quand même.

    – Mouais!

    – Le samedi a été beaucoup plus délicat. Cette manifestation place de la Rébublique, c’était pas du gâteau. Jongler avec tous ces courants d’opinions contraires. Ca sifflait, ça gueulait, parfois ça cognait….j’avoue j’ai navigué à l’aveugle au milieu de tous ces mouvements puis j’ai caboté en lisière de cortège. Ya pas eu de vraie tempête mais de sacrées bourrasques.

    -Mouais!

    – Et le dimanche, vu que c’était comme « quartier libre », pas de consigne précise….j’ai passé ma journée au jardin, sur un banc à me rejouer le Vent de Tonton Georges. J’ai fait tomber les chapeaux des grosses têtes, j’ai poussé le voilier du petit sur le plan d’eau. Le grand père, à mes côtés, il a souri plusieurs fois, quand j’ai soulevé les jupes des filles.

    – Mouais! Mouais…..!

    – Alors, Msieur, je l’ai mon exam ?

    – Ben, oui…avec juste la moyenne….et pour un niveau CAP. Pour le BEP, faudra s’engager un peu plus sur le terrain…. Et puis surtout, surtout, faudra soigner, votre langage, vos intonations…..parfois cela fait un peu négligé. Moi je vous conseille un atelier d’écriture, mais un travail bien ciblé, du séreieux, pas un atelier pour guignols…comme celui qui faisait tanguer les zéros, qui en faisait de tunnels pour Charlot, des auréoles pour Saint François….comment s’appelait t’il déjà, cette brêle ?

  17. Dominique PORHIEL dit :

    Racontez comment s’est passée la semaine d’un petit courant d’air solidaire.
    Je ne l’avais pas encore repéré. On était lundi et j’étais très occupée par ce début de semaine chargé : les enfants, l’école, le mari, le travail, la voiture …
    Bref, je n’avais rien vu ! Le soir pourtant, un petit détail m’avait attiré l’œil : un foulard … par terre ! Mais sans plus.
    Soirée « normale » enfin selon les critères familiaux auxquels j’ai bien du mal à me faire.
    Mardi, ce n’était pas la même chanson : la fenêtre de la cuisine était entrouverte et de vilaines odeurs de la station service à côté s’étaient immiscées partout. Pas drôle : du coup, il a fallu tout ouvrir pour chasser ces miasmes et par la même, en faire entrer de nouveaux !
    Je vous passe le mercredi et le jeudi, où le chat a dû essuyer une engueulade sérieuse pour tous les trucs renversés un peu partout.
    Vendredi soir, les fenêtres battaient allègrement au vent. Malgré une enquête poussée, rien n’a filtré.
    C’était quand même bizarre, voire étrange !
    Le samedi matin, à l’heure du ménage, la poussière volait dans tous les sens. Impossible de la capturer ; ni chiffon, ni aspirateur, ni lingette n’en venait à bout. Je courais à travers la maison à la grande joie des enfants qui s’y sont mis aussi. Même mon mari, pourtant peu enclin à la rigolade, a laissé son journal (qui s’est aussitôt envolé) … pour nous rejoindre !
    Le dimanche, je ne sais pas, je ne sais plus …
    Quand la voiture à la lumière bleue a déversé les hommes en blanc devant la maison, j’étais déjà hors d’état de nuire !
    Un rapide examen n’a fait que confirmer ce qu’ils avaient pressenti dès leur arrivée : un violent courant d’air (peut être étaient-ils plusieurs …) m’avait traversé la tête !

  18. Laurence Noyer dit :

    Reportage sur la semaine
    D’un petit courant d’air solidaire.

    A bord de ma montgolfière je suis partie en tournée
    Pour vérifier les effets de mon activité :
    Parapluies retournés
    Drapeaux alignés
    Rochers patinés
    Arbres penchés

    Depuis mon cerf-volant
    J’ai pu observer le monde sous le vent :
    Girouettes désorientées
    Vagues exhaussées
    Pissenlits déplumés
    Cheveux emmêlés

    Grâce à mon parapente
    J’ai éclairci des mystères :
    Les moulins donnent des ailes
    Les manches à air jouent de la trompette
    Les voiles des bateaux dessinent l’itinéraire
    Les éoliennes tressent des soupirs

  19. mijoroy dit :

    Racontez comment s’est passée la semaine d’un petit courant d’air solidaire.
    ─ Hé quel bon vent t’amène ?
    ─ Oh Alizé, je suis à plat. Je ne sais pas si tu as eu vent des faits suivants :
    ─ Lundi, moi le courant d’air à, l’esprit solidaire, on m’appelle à la rescousse, histoire de secouer les neurones d’Arthur, avant son entretien d’embauche, lui qui n’a que du vent dans les oreilles. Il m’a fallu ruser pour que les astuces dispensées par sa coach en communication, n’aient pas un effet de parasynthèse sur lui. Du genre ça entre d’un côté ça sort de l’autre.
    Mardi, contre vents et marées, l’adversité étant au summum dans l’équipe du bureau des élections, entre les retards de livraisons des bulletins de vote, les désistements des présidents ou secrétaires de bureau de vote, les procurations de dernière minute à inscrire sur les cahiers d’émargements, les usagers mécontents de ne pas avoir reçu les professions de foi, il m’a fallu marner plus que de raison pour apaiser les esprits qui s’échauffaient.
    Mercredi, j’ai décidé de prendre une pause dans ce surmenage, et me suis octroyé une séance de cinéma. Une envie de rire ? Je vous conseille « Champagne », film réjouissant et tellement tendance.
    Jeudi, la tempête administrative s’est abattue sur un SDF logé aux quatre vents. Peu soucieux de ses affaires, il était anonyme sans plus aucune pièce d’identité. La colère d’une préposée de la sécurité sociale faisait rage par rafale. Miss Bise (j’en pince pour elle) m’a aidé à lui caresser la nuque, histoire de lui dérider les fesses et sa face d’hyène.
    Vendredi, ah j’aime le vendredi. Surtout lorsque je survole les terrasses, en début de soirée. Juste histoire de faire fondre les glaçons lentement dans les mojitos. Plus tard, dans la soirée, j’agite légèrement les feuillages, m’immisce subrepticement sous les vêtements pour permettre des effeuillages sensuels.
    Samedi c’est la corvée de ceux qui ont un vent dans les voiles. Je dois dissiper leurs haleines. Je déteste ça.
    Dimanche, je vous laisse deviner. Il y avait une pluie drue et un vent à décorner les bœufs. A l’abri des bourrasques, j’ai conté fleurette à Miss Bise. Ensemble nous avons eu des aventures voluptueuses et …aériennes !

    • 🐀 Souris verte dit :

      🐭Mijoroy votre  »caresser la nuque, histoire de lui dérider les fesses  » !!! Drôle.. drôle… Ça fait du bien ! si vous trouvez le moyen de caresser les fesses pour dérider la face .. je suis preneuse! 🐭 Souris verte

  20. mijoroy dit :

    Bravo, belle déclinaison des vents. J’ai beaucoup aimé.

  21. iris79 dit :

    lundi : content de retrouver tous les employés de l’étage. Je me suis faufilé avec plaisir dans l’interstice de la fenêtre entrouverte et j’ai bien vu que ça remettait du baume au cœur aux employés tout froissés après leur week end.

    Mardi : je me suis lassé de l’open space et suis ressorti par la porte, fais tomber des piles de feuilles sur le coin du bureau du vieux chef acariâtre et un brin autoritaire.

    Mercredi : tellement heureux de courir sur les petits mollets des sportifs en herbe ! J’adore caresser les balles et ballons, passer à travers les raquettes, décoller les mèches transpirantes, glisser sur les joues rougies, frôler les peaux qui palpitent et qui me font de vraies déclarations !

    Jeudi : je me fais chahuté par plus gros que moi ! Gros temps ! Mauvaise météo ! Pas moyen de faire le job correctement ! Je me fais plaquer au sol par ces brutes épaisses de rafales !

    Vendredi : j’ai une vraie carte à jouer ! La canicule s’est installée ! Fenêtres et portes grandes ouvertes aux premières lueurs du jour, je m’éclate un max, me faufile partout et tout le monde m’adore, un régal !

    Samedi : je suis outré par ces faux courants d’air tout droit sortis des pales des ventilos ! Pathétique ! Obligés de se projeter avec le courant…je ne suffis plus à personne, moral dans les chaussettes…Tant pis pour eux, je m’en vais ! Je ferais bien claquer quelques portes mais je n’en ai même plus ni l’envie ni la force…

    dimanche : allez, je m’accorde un jour de repos ! Je l’ai bien mérité. Je me pose sur un petit cumulonimbus histoire de voyager gratis ! J’ai envie de voir du pays ! J’irai bien du côté de Marseille ! Ça fait longtemps que je n’ai pas vu la famille. Mistral me manque et avec un peu de chance, si je pousse un peu le voyage , je croiserai peut-être Sirocco. Quoique je ne suis pas insensible à la bise. Ça fait tellement longtemps que je ne l’ai pas croisée. Et puis je verrai bien ! De toute façon, je sais que quoiqu’il arrive, je pourrai toujours aller voir mes amis fidèles ; les alizés ne déçoivent jamais…

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