Y-a-t-il un gène de l’écriture dans votre famille ?

famille stylo 1Je me suis souvent demandé, moi qui suis dyslexique, pourquoi j’aime écrire.

On dit parfois d’une personne ayant une aptitude pour le dessin la peinture ou la musique,
« qu’elle tient ça » de son père ou de sa mère, voire d’un membre éloigné de la famille.

Y-aurait-il une sorte de gène familial qui nous prédispose à certaines aptitudes ?
Un membre de notre tribu qui répercuterait sur l’une ou l’un de ses descendants
quelque chose échappant à toute approche scientifique ?

N’ayant pas de données généalogiques me permettant de construire l’arbre des Perrat Durand, ni le temps de consulter les registres d’état civil,
j’ai questionné ma mémoire.

Qui, dans ma proche famille, avait un penchant pour l’écriture ?

Ma mère ? Non, pas vraiment. Elle correspondait bien avec son père et sa sœur et n’omettait pas de souhaiter fêtes,
anniversaires et vœux, mais pas plus.

Certes, elle notait toutes sortes de faits sur des agendas cartonnés offerts annuellement par la banque : visites, dépenses,
achats, morts, naissances, mariages, rancœurs… mais c’était habituel pour ces générations.

Un ami notaire m’a d’ailleurs montré un journal tenu pendant plus de deux siècles par une famille de paysans.
Chaque génération avait noté, jour après, le temps qu’il faisait et l’avancée ou le retard des récoltes. Pas plus…

Mon père, quant à lui, n’écrivait que « des choses sérieuses », lettres à l’administration, aux impôts, au propriétaire, etc.
Pas de quoi de me transmettre le moindre gène de l’écriture.

Je m’intéressais alors aux capacités particulières de mes oncles, tantes, cousins, cousines, cousins germains, etc.
Aucun penchant non plus de sur côté.

Quand tout à coup, j’ai songé à Léon Durand, mon grand-père maternel.
Toute la famille louait la prose de ce bistroquet honoré par un certificat d’études primaires obtenu brillamment.
Une syntaxe parfaite, aucune faute d’orthographe, un vocabulaire riche et précis, tel un khâgneux aujourd’hui…

C’était encore une fausse piste.
Grand-père Durand trempait plus souvent ses lèvres dans un verre de Bordeaux que sa plume dans l’encrier.

En dernier ressort, j’ai tenté une recherche sur Internet.
Et là, bingo !
Ont surgi des 18 et 19e siècles plusieurs Perrat auteurs de divers ouvrages à Lyon et ailleurs.

Ouf ! Ma théorie empirique sur un gène de l’écriture s’est confirmée.

Vous qui aimez écrire, qu’en pensez-vous ?
Y-a-t-il dans votre famille une personne qui pourrait vous avoir transmis le gène de l’écriture ?

14 Responses

  1. laurenced dit :

    Psfffff je pars du principe qu’en France, tout le monde écrit donc c’est normal si mes grands parents ont tenu une librairie, si mon père écrivait des poèmes en cachette, si j’ai retrouvé des cahiers de chansons écrites à la main par mon aieuil et si en recherchant avec mon nom de jeune fille ( nom de plume) on trouve un poète italien très connu…..ma fille dévore les livres et a écrit son premier poème à 7 ans, c’est grave docteur ?

  2. Sabine dit :

    Je cherche, je cherche encore.
    Il faudrait que je trace mon arbre généalogique, peut-être y trouverais-je un arrière-arrière-arrière grand-père qui écrivait…Ne serait-ce qu’à son notaire ou à son épicier.
    Toute jeune je voulais être prof de math, maintenant ma vie est faite d’heures d’écriture, de lecture et de théâtre!

  3. Pascal Perrat dit :

    J-M Durand, dans ma famille, c’est certain, il y avait le gène CASTROL
    La meilleure huile pour la Rosalie du grand-père Durand
    La seule valable pour la 11ch de mon père (Traction Citroën 11 légère…)
    Et plus tard, lors de mes années Solex.

  4. Pascal Perrat dit :

    Ce que nous raconte Catherine est la trame d’un beau roman de vie. Merci pour ce beau témoignage.

    Bien sûr, Fred Nache, il n’y a pas que l’écriture, on peut être doué pour bien d’autres activités. Ce dont je suis sûr, c’est que chaque personne naît avec un aptitude dominante, souvent laissée de côté pour de multiples raisons et beaucoup de regrets quand on arrive sur l’autre versant de sa vie.

  5. Fred Nache dit :

    En réponse à smoreau qui dit:

    Et quand qq est dénué de talent artistique, est-ce inné ou acquis ?
    Le résultat d’un driver ? Une injonction silencieuse comme : “tu n’es doué pour rien mon pauvre garçon !”

    Cela peut-être surtout un manque d’intérêt pour ce qui est artistique, ce qui ne veut dire que l’on ne soit doué pour rien. On peut être intéressé et doué pour bien d’autres activités comme le sport, bricolage, cuisine qui n’ont rien à voir avec l’art et n’en apportent pas moins beaucoup de satisfactions.

  6. Bonjour,
    Voilà bien une question qui m’a taraudée plus d’une fois. Je suis aussi une dyslexique qui s’est soignée en devenant secrétaire de rédaction mais revenons aux gènes. D’où me venait ce désir interdit ? Propos de ma mère : à quoi ça sert d’écrire ?, me sermonnait-elle encore après 30 ans voués à l’écriture. Le commentaire de mon premier roman, un Poulpe : Ya beaucoup de gros mots ! je n’ai rien reçu de mon père qui était pourtant fier de mon statut de journaliste. La légende familiale rapporte qu’il aurait préféré tenir un kiosque à journaux plutôt que veiller sur le bon fonctionnement d’un grand restaurant en tant que maître d’hôtel (je n’ai eu cette info qu’à 40 ans)… Plus tard, j’ai appris que mon grand-père paternel, aurait aimé être secrétaire de mairie plutôt que métayer au coude souple, vive le Jurançon… encore un boulot
    d’écriture, tiens, tiens. Côté maternel, mon gp était maire et paysan avec un salon rempli de Spectacle du monde et autres magazines luxueux qui juraient avec l’ambiance de la ferme. C’était un sacré conteur qui m’a poussé à mettre le cap sur l’Argentine afin d’honorer ces colons aveyronnais partis au XIXe siècle vers une terre promise. Je suis devenu journaliste juste après son décès. Ma grand-mère tenait des petits carnets notant courses et ventes qui m’ont inspiré pour la chute d’un récit. Je ne sait rien des générations précédentes, je retournerai sur Internet un de ces 4, en tout cas, y’a quelque chose qui court dans l’arbre…
    Bien à vous et merci de m’avoir permis d’écrire ce témoignage.

  7. Pascal Perrat dit :

    Je ne veux absolument pas faire de la spyratatouille, mais il me semble, à vous lire Isaquarel, que l’écriture et la lecture cernent votre univers.

  8. isaquarel dit :

    En voilà une question -que je ne m’étais jamais posée en ces termes- ! Je ne pensais pas être descendue d’un fil littéraire, ni d’un arbre à mots murs, pourtant dans le jardin de mon enfance je jouais avec de drôles de lettres, de petites lettres d’imprimerie qui vibraient d’un parfum exquis et enivrant, je me perdais dans une pièce emplie de livres du sol au plafond, terrain de jeu favori qui créait autant de cachettes douillettes, secrètes, pour la rêveuse que j’étais. Ma fille fait des études de libraire… que dois-je y voir??? le signe d’une transmission? un penchant pour les lettres non complètement assouvi par mes aïeuls??? c’est une bonne question, merci de l’avoir posée.

  9. durand dit :

    Moi je suis le petit fils d’un Durand qui ne tenait pas de bistrot. Il sillonnait les routes de France pour placer ses bidons d’huile Castrol. De chaque département, il ramenait des vins plus ou moins fins qu’il stockait dans sa cave.

    Son enterrement fut joyeusement arrosé. Une bouteille de vin blanc de Neuville (de Poitou) l’accompagna dans sa dernière tournée.

    Un jour, j’ai retrouvé une huile (pas de chez Castrol) le représentant, bébé, nu…peint par son propre père.

    Plus tôt j’ai eu un ancêtre qui pendant la guerre de 1875 dessinait les uniformes des combattants. Il rédigeait également leur épitaphes.

    Sur une des branches rabougrie de mon arbre généalogique, j’ai pu repérer un escroc portant mon nom bien bas, triste escroc qui gravait de faux assignats.

    Avant, on note qu’un Durand signa le bon autorisant un charcutier à vendre la tête de Louis XVI comme tête de cochon.

    Un Durand porta pendant de nombreuses années la musette à pinceaux de Michel Ange.

    Plusieurs Durante…sont signalés comme musiciens de cour, attachés à la chapelle du roi, voire cloués au côté du Christ.

    Un « Enduran » est noté sur certaines tablettes comme premier bâtisseur de tombeaux égyptiens en zone inondable, dites Pyrhumides!

    Aucun Durand n’a gravé aucune grotte, n’a créé le moindre flûtiau dans un os de mammouth.

    A cette époque là, les Durand habitaient encore sur une autre planète….celle où tout le monde, peignait , chantait, écrivait, la bien nommée BOUSCRIBE, ou APOLLONG, ou ATHENANA…..selon les dialectes propres à chaque galaxie!

  10. smoreau dit :

    D’accord avec Nathalie !
    Un bravo à Fred !

    Et quand qq est dénué de talent artistique, est-ce inné ou acquis ?
    Le résultat d’un driver ? Une injonction silencieuse comme : « tu n’es doué pour rien mon pauvre garçon ! »

  11. Fred Nache dit :

    Parfois des gènes peuvent être déterminants mais est ce seulement à cause d’eux ou aussi à cause d’un intérêt naturel pour un art particulier ?

    Jean Sébastien Bach était le fils d’un musicien et à la mort de son père fut élevé par son grand frère musicien lui aussi. Il vécut donc constamment dans le milieu musical et transmit ses gênes à au moins quatre enfants qui deviendront compositeurs à leur tour.

    Wolfang Amadeus Mozart était le fils d’un musicien et baigna très jeune dans ce milieu :
    Y avait il essentiellement un gêne héréditaire ou plutôt la volonté d’exceller dans un art permettant de prouver son talent à ses contemporains et surtout à son père ?

    Si cet intérêt pour l’art est lié au besoin d’exceller et de montrer aux aînés que l’on peut faire aussi bien qu’eux, est-ce un gêne inné ou le résultat d’une ambition qui pousse l’homme à exceller et à réaliser « le beau »?

    Et même si l’on ne vient pas d’une famille de musiciens ou d’écrivains, ne se lance t’on pas dans ces domaines, en grande partie à cause du désir d’exceller tout en réalisant quelque chose de beau, d’original ?

    Notre talent n’est il pas alors tout autant le résultat de gênes (qualités innées) que de la volonté d’exprimer l’indicible de la meilleure façon possible?

    De toutes façons, cela suppose énormément de travail qui à la fin peut donner un résultat satisfaisant : Ce résultat est il dû à un gêne ou comme le disait Edison à 99 % de transpiration ? Ou aux deux?

  12. Peggy dit :

    Quant à moi mon grand-père paternel nous a laissé énormément de poèmes et ma maman ne parait jamais en voyage sans un petit carnet où elle notait ses impressions.
    Je n’ai pas beaucoup hérité pour les poèmes mais pour les cahiers de voyage (malheureusement sans dessins), j’ai bien hérité de maman car depuis l’âge de 20 ans je ne suis jamais partie sans cahier.

    Justement je disais à une amie, il y a quelques jours, qu’avant l’arrivée de l’ordinateur dans ma vie, j’ai rempli des tas de feuilles sans rature et depuis j’en suis incapable. Lorsque je rentre de voyage je suis obligée de tout remettre au propre.

    Depuis quelques années mes destinations sont répétitives et si, malgré tout, chaque fois je vis de nouvelles expériences, la majorité du temps c’est devenu une routine. Bien agréable mais une routine quand même.

    Merci Pascal, je n’y avais jamais pensé

  13. nathalie dit :

    De mon côté, j’ai l’impression qu’il s’agit plutôt de la transmission d’une sensibilité que chaque membre de la famille exprime à sa manière : certains créent des paysages dans leur jardin, d’autres peignent, ou sculptent, ou encore écrivent,…
    Les histoires de famille diffèrent :o)

  14. Mel dit :

    Bonjour, je suis dyslexique et moi aussi j’aime beaucoup écrire. Mais la relecture est si difficile que je laisse tomber et jette tout…avant de recommencer avec un autre texte.

    Je suis issue d’une famille plutôt matheuse, je suis l’exception littéraire.
    Mais il parait que le grand-père de mon grand-père écrivait des chansons qu’il accompagnait au son de son gwo ka. 🙂

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