« Je ne parviens pas à exprimer mes idées »

Extrait d’un courriel reçu dernièrement : «  J’ai souvent envie d’écrire mais une fois devant la page blanche, je ne parviens pas à exprimer mes idées. C’est le vide !
J’ai songé à participer à un atelier d’écriture mais je suis à la campagne et je n’ai rien trouvé à moins de 35 km, et c’est le soir à partir de 20 h.
Quant à venir écrire avec vous, j’en rêve, mais mon emploi du temps ne me le permet pas pour le moment. Comment faire ? » 

S’il vous vous trouvez parfois dans la même situation essayez cette méthode d’écriture libre dite (freewrite), elle s’inspire du livre écrit par Peter Elbow, en 1973, Writing without teachers. Professeur à l’Université du Massachusetts Amherst, Peter Elbow donnait de nombreux cours d’écriture holistique.

Procédez ainsi :

Peters1 Avec un minuteur, ordinateur ou compte minutes,
programmez une séance d’écriture d’un quart d’heure.

Vous pouvez écrire à l’écran ou sur une feuille de papier selon vos habitudes  

2 – Choisissez un sujet pour ce 1/4 d’heure d’écriture libre

Si vous n’avez pas de sujet ou pas d’idée, si  vous vous trouvez impuissant face à ce manque, choisissez cette impuissance comme sujet.

3 –  Déclenchez la minuterie et écrivez immédiatement

Ecrivez tout ce qui vous traverse l’esprit, que ce soit en rapport avec votre sujet ou pas. L’objectif est d’écrire ce que vous pensez, le plus rapidement possible. Si votre sujet et l’impuissance d’écrire, décrivez-là avec le maximum de détails et d’émotions. En décrivant votre impuissance vous mettrez votre esprit en action. Ce qui était un handicap deviendra un remède.

Votre impuissance à trouver des idées disparaîtra sans que vous vous en rendiez compte.

4 – Ecrivez sans interruption jusqu’à ce que la sonnerie se déclenche

Impératif ! Ne vous arrêtez jamais d’écrire pendant ces 15 minute
Peu importe la grammaire ou les fautes d’orthographe ou de frappe.

Si vous vous trouvez bloqué, continuez d’écrire le même mot ou la même phrase jusqu’à ce que
autre chose vous vienne à l’esprit.  

5 – Une fois le temps écoulé, relisez ce que vous avez écrit et surlignez les idées que vous pourriez utiliser dans un futur texte.

Une nouvelle, par exemple.

6 – Renouvelez cette expérience au moins 2 fois par semaine.

Gardez tous ce que vous avez écrit pendant ces moments d’écriture libre, ne jetez rien.

7 – Lancez-vous dans un projet d’écriture dès que vous aurez assez d’idées à exploiter.

Tel monsieur Jourdain, j’ai longtemps utilisé une méthode similaire dans mes stages d’écriture, ignorant que, 25 ans plus tôt, Peter Elbow y avait déjà pensé.  Je peux vous assurer que ça marche. Vous serez étonné par les résultats.  

Merci de me donner votre avis quand vous l’aurez expérimenté.  

11 Responses

  1. durand dit :

    Un ami m’a fait la réflexion. Sur ce site il n’y a que des drogués. La preuve: » Pas un

    jour sans une ligne ». Moi qui pensait que Pascal ne conservait son inspiration

    qu’avec l’aide d’une navigation quotidienne entre deux mers ?

    Le doute me palpe ??

  2. Sabine dit :

    Moi aussi je dis oui, oui, Pascal. Il est toujours bon de faire un peu d’exercice.Ca fait 10 ans que je fais du théâtre, cette année je reprends des cours. Pourquoi pas avec les exercices d’écriture?
    Bonne journée.
    Sabine

  3. Janine dit :

    Jeudi soir il est 22 H 30 je viens de découvrir à la télévision une troupe de danseurs et j’ai eu le coup de foudre pour ce qu’ils faisaient « Deca Dance » tout un programme, tous jeunes, des hommes et des femmes, élancés (évidemment puisqu’ils sont danseurs, souples et longilignes) qui s’agitent sur des musiques électroniques, des rythmes de sambas, de flamenco ou de tango. Ils lancent leur chapeau, leur veste, leur pantalon, jusqu’où iront-ils ? en tout cas ils ont l’air de s’amuser et le public avec, le public est celui du théâtre de chaillot à Paris, la troupe vient d’Israel, il y a sans aucun doute une certaine osmose et l’ambiance est à son comble quand ils descendent dans la salle pour chercher des spectateurs, les entraîner sur scène, et les faire danser avec eux. Sont-ils complices ? En tout cas ils se débrouillent si bien ils ont l’air tellement à l’aise que je les envie. C’est tout simplement émouvant, gai, sympathique, j’aurais tout donné pour être là ce soir-là, partager cette émotion alors que je me trouve idiote devant ma télévision et je pleure, moi qui trouvais tout ce spectacle énergique, me voici désespérée avec ma solitude qui me semble encore plus grande devant eux qui ont l’air si heureux. Que puis-je faire ? Je me sens ridicule alors que je n’ai aucune raison objective de pleurer. Et si c’était une émotion artistique. Pascal au secours votre exercice est machiavélique, je ne sais plus comment m’en sortir, je ne sais pas où tout cela va me mener, je ne sais même pas si je vais voir un jour le bout du tunnel après ces 15 minutes de travaux forcés, oui j’ai trouvé je suis un forçat de l’écriture, un esclave de la plume, un boulet du clavier, une souris mal embouchée, et surtout, surtout, je suis à la peine, je souffre le martyre de ne pas être plus géniale, plus poétique, plus créative, plus originale, je ne suis qu’un modeste écrivaillon avec quelques prétentions bien dérisoires. Demain il fera jour, j’aurai peut-être oublié, j’aurai peut-être moins mal, mais surtout je pourrai dire fièrement à Pascal, oui moi aussi je l’ai fait, j’ai écrit comme vous l’aviez demandé, un quart d’heure, 15 minutes durant, sans m’arrêter, sans corriger, sans vouloir faire joli, juste pour le plaisir de trouver des mots, d’assembler des idées, qui coulent entre mes doigts, mais je voudrais les retenir pour en faire quelque chose un autre jour peut-etre, si l’inspiration vient enfin tuer l’angoisse de la page blanche. Au-dessus de mon bureau j’ai collé un post-it avec une devis que j’essaie d’appliquer sans grand succès « pas un jour sans une ligne » oui « pas un jour sans une ligne » vous dis-je, alors je crois que je vais me coucher et dormir du sommeil du juste puisque – aujourd’hui – j’ai rempli mon contrat. Il est 22 H 45. Bonne nuit à vous.

  4. durand dit :

    Ben oui, Pascal, c’estclairement expérimental. Sabine était marqué d’une croix rose, moi d’une croix bleu. Nous étions deux souris dans le labyrinthe des mots…et les scientifiques cherchaient à savoir qui s’en sortirait le mieux?

    Amicalement!

    Jean Marc

  5. Pascal Perrat dit :

    Sabine, je ne pense pas que vous ayez besoin, pas plus que Jean-Marc, de vous contraindre à cet exercice.
    A moins que ce soit expérimental. Pourquoi pas ?

  6. Pascal Perrat dit :

    Très facétieux ce Jean-Marc, et très inventif bien sûr.

  7. durand dit :

    A toustoutes!

    L’exercice m’intéressait d’autant plus que je ne me sens pas concerné. La page blanche, connais pas!

    Pourquoi ?? Parce que je me suis toujours laissé la liberté de création. Je prend un clavier (de piano)…j’improvise. Je prend un crayon, je dessine. Un stylo, un ordi…j’écris!

    Même sur cet exercice qui peut sembler « bateau » pour quelqu’un n’ayant pas de problème d’inspiration, j’y ai trouvé mon compte de découvertes. De toute façon ,dès que l’on déplace l’angle de « fonctionnement », on découvre du « neuf », du plus naturel, de l’évident, de l’enfoui ne demandant qu’à galoper, à construire une petite histoire, toujours meilleure car extraite de l’intime.

    Comme Pascal y invite souvent, j’utilise tous les moyens disponibles et à imaginer pour laisser couler tout ce qui sommeille en moi. Et ça fonctionne!

    Là, je viens de casser une amphore fendue transportée dans mon véhicule. Plutôt que de flanquer les deux morceaux à la poubelle, je vais imaginer une statue drôle et unique pour mon jardin. (ça changera des affreux nains!)

    Donc ,vous l’avez saisi, pour moi, c’est plutôt la page noire,l’opulence. Ensuite,il faut gratter, éliminer, ne conserver que ce qui me semble le « meilleur ».

    Mais allez y, vous aussi, laissez filer les mots, déborder le lait de la casserole. Vous aurez toutes les chances d’y découvrir un fameux caramel, goûteux et unique parce qu’il vous ressemblera!

    PS: Chère Sabine! N’hésitez pas à faire danser les ours de votre enfance sur les fils lumineux de la ville, ne vous ne gênez pas, empruntez moi un réverbère, allumez vous!

  8. Sabine dit :

    à « DURAND »
    Attention, ne postez pas trop de textes comme celui que vous proposez, car je vais vite écrire une histoire où les ours tombent des fils de lumière pour atterrir dans une tarte au maroilles confectionnée par des vilons à bras…Merde de pirouette, quand même!!!
    Je crois bien que la méthode va fonctionner.
    Sabine

  9. Sabine dit :

    Il est 9h52. Plus 15min=10h07
    Que faire pendant 15 min. Tout et rien. C’est court, c’est long.Ca dure combien de temps le tirage du loto ? 2 min ? Pas assez. Pourtant suffisant pour gagner la fortune. Pause. Je vais chercher mes lunettes. Il y a Julien Courbet à la radio. Zut mes lunettes sont sales. Le problème c’est qu’il faut 15 min avant de s’installer 15 min sans bouger. Le chat a encore renversé le téléphone. Il s’appelle Voyou et il porte bien son nom celui-là. J’ai mal à l’épaule. Il faudrait que le prenne mes cachets.
    15 min pou étriller et seller mon cheval et partir en balade toute la journée, ça vaut le coup. Mais il pleut. 15 min en attendant les pompiers parce que mon cheval a provoqué un accident c’est long. Il est 9h59. Il faut que je passe l’aspirateur. J’en ai pour plus de 15 min, ça me gonfle. 15 min pour accoucher, 15 min d’agonie avant la mort. Je me demande lequel est le plus pénible. Aïe j’ai mal à l’épaule droite. 10h01 les infos sont en retard à la radio. Ca commence par un fait de violence urbaine, mais il faudrait que je me lève pour éteindre la radio.
    15 min : trop court pour écrire un roman. Dommage. Bien assez pour lire le post de Durant au dessus du mien. Il fait 8 degrés dehors. Normal pour un 10 octobre. Il est 10h03. Julien Courbet bataille pour un canapé non livré à temps. Tiens il y a un message sur mon répondeur. Je n’avais même pas vu. Forcément mon chat est couché devant. En fait il dort sous la lampe de bureau, sur une pile de papiers que j’ai posés là pour qu’il s’y mette. Sinon il s’installe entre le clavier et moi. C’est pas pratique. Surtout quand j’écris. 10h06 J’ai fait quoi de ce ¼ d’heure ? Bof, j’ai écris des trucs sans les raturer, en espérant y trouver des idées pour écrire une nouvelle originale. Mais moi j’aime bien les idées « bien barrées » et là je n’ai parlé que de mon chat et de 15 minutes. Tiens j’aurais pu parler de la mer. la mer la mer. Souvent une obsession chez moi. Vivement la retraite qu’on y retourne vivre. Il est 10h09 J’ai fait 1 minute de rab car je me suis levée 2 fois pour mes lunettes, j’ai allumé une cigarette et j’ai un peu regardé ailleurs. Il est 10h10. J’arrête

    Il est 10h35 car j’écris sur une feuille, après il faut tout taper.En résistant à la tentation de changer une phrase sur deux. Pas facile. Je vais faire cet exercice 2 fois par jour si je peux, pendant une semaine. On verra bien.
    Sabine

  10. durand dit :

    Marche ou crève, escalier d’écriture, laborieuse page blanche, encre et tâche, tâche d’encre. Envers vous, au delà de moi et pour nous. L’ours penché par la fenêtre tombe , tombe se raccroche aux fils de lumières. La ville est éclairée par au dessus… tout près du milieu, près du banc. Un acacia géant piétine les plate bandes, les horizon du gazon, les hirondelles sur le départ. Un homme et pas deux marche à l’envers de lui…carambole son pas, marche et piétine les mots oubliés. Mario a un petit ânon chevauché par un clown agité…secoué…perclus, mal au dos. Dos, dodo dit le dictatheure, l’horloge du pouvoir. Un arbre, puis deux,puis trois, un bûcheron rond, un feu atour de la ville, une lumière encore par dessus. Un hélicoptère et son petit pipi n’éteignent rien, mouille les larmes des habitants coincés. tordus du rire de la mort, les barrières illuminées, fadas, fandangos, fatras de fougères vertes et brisés et cassés menus. Un architecte repense la ville et la ville brûle.La campagne mieux. Il y fait plus sombre. Les arc en ciel sont rangés, les poteaux se télégraphent….cachent leur courrier, leur coeur. Les musaraignes debout sur le mur du cimetière attendent le prochain des cédés, cédés au champ des morts, croix portée, transportée, transposée.Un cri au bord de l’au ,de la mare…tombé du clocher rempli les amphores du temps, conservent dans son bas le nylon du temps. Accessoire, posé, rempli, posé, cancane, cancaner; le connard. Ravi au lit elle se met les pattes aux nouilles. Architecte,architecte…si tous les architectes du monde pouvaient se donner la bonne règle, contre l’entassement des corps, des pustules d’idéaux, des cancans de conduits. Les idiots du village seront roi quand les poules auront retrouvé leur dentier. Maroilles, Maroilles, le moins tarte des fromages. Yaourt et yaourtière et bien mieux que demain…moins pire qu’avant ,en avant la zouzique, la quémandeuse d’oboles, la ramasse miettes des cœurs,des qu’en dira t’on des ratons, des ratonnades. Par dessus le pont, ils ont avaient pris des gnons. Que seras tu devenu quand nous serons partis, toi par là et moi vers l’autre. Le petit phoque a mordu l’esquimau. C’était rafraîchissant. Manque de bol., le chasseur a claqué la bête et le sang et la glace ont fondus. Merde de pirouette! N’empêche qui hein, dis hein quand partiras tu ,demain, ce soir. Quel bon vent t’emportera par dessus la ville et ses violons sur les toits, si rudes, si mornes, si sombres. Quelle direction choisiras tu d’ici tout de suite à courir en rond sur la poutre à se pendre. N’allons pas plus bas. Du mou en sortira toujours, un plein seau.

    Ouf, c’est long 15 mn sans lever les doigts…ou presque!

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