Exercice inédit d’écriture créative 81

 Un citron rencontre une orange dans un cocktail.
Il tente de la séduire 

Racontez sous la forme d’un dialogue  

10 Responses

  1. Clémence dit :

    Un citron rencontre une orange dans un cocktail. Il tente de la séduire 

    Cette année, ce serait à Orange en Provence que se tiendrait «  l’élection » Cet événement qui tenait tous les « people » en haleine, quel que soit le monde dans lequel ils se pavanaient.
    Un grand cru, selon les rumeurs.
    .

    Un double cocktail était organisé.
    Le premier, dit d’ouverture, afin de permettre toutes les rencontres et de décoincer les susceptibilités.
    Le second, dit du couronnement, après la proclamation des titres.
    Cet événement s’annonçait somptueux dans ce lieu mythique : le théâtre antique.

    Il la remarqua immédiatement. Sous une longue frange auburn, ses yeux pétillaient. Elle portait avec grande élégance, une robe boule de couleur orange et une parure d’émeraudes.
    Elle l’aperçut au loin. Dandy moderne, décontracté. Un peu trop peut-être.
    Au gré des discussions éphémères, des duos, des trios ou quatuors qui se défaisaient pour se recomposer en d’autres arpèges, ils se firent face.

    – Bonsoir, Mademoiselle… ou Madame…(Pourvu que ce soit mademoiselle…)
    – Mademoiselle Louise-Juliana d’Orange. (Encore un de ces dragueurs avec ses gros sabots)
    – Ravi, Mademoiselle. Je suis de Menton ( Elle est ravissante…)
    – Moi, je suis d’Orange…(Vraiment, la culture, l’histoire et lui, ça fait trois!)
    – La téléphonie ? ( Le destin mettrait-il son grain de sel dans cette rencontre agréable?)
    – Non, Monsieur. Nombreux sont ceux qui me font la même remarque…(Mais qu’il est lourd!)
    – Oh, mille excuses, je ne me suis pas présenté…(Elle me fait déjà perdre la tête)
    – Je vous en prie…( Et quel langage, de bas étage…)
    – Alcide Pullet Co, pour vous servir ! (Pourvu que mon nom ne lui rappelle rien…)
    – Je suis ravie de vous rencontrer. (Va-t-il encore me coller aux basques longtemps?)

    Alcide lui pressa le bras et la guida vers un espace plus dégagé. Elle le trouva bien quelconque et voyait déjà venir son jeux… l’emmener à l’écart, la draguer vulgairement et laisser courir ses mains…

    – Ah, un peu plus de calme, on va pouvoir s’entendre. (J’ai vraiment envie d’en savoir plus, on dirait que…)
    – Effectivement. Je tenais donc à vous préciser, je suis une d’Orange, Orange Nassau…(Je m’en vais le remettre à sa place, ce…ce…)
    – Une illustre famille, je suppose….( Et bien ! Une descendante de Guillaume I° ; moi qui suis anti-royaliste…)
    – Effectivement. Ma famille descend en ligne masculine de Guillaume I° le Taciturne, 1533- 1584, Prince d’…(J’aurais bien envie de le secouer avec une ramure de mon arbre généalogique!)
    – Votre altesse….( Pourvu qu’elle ne pense pas que je lui manque de respect avec cette allusion à la poire éponyme…)
    – Ne dirait-on pas que la cérémonie va commencer ? Il me semble voir les gens s’avancer…( Mais comment me dépêtrer de ce papier collant?)
    – Ces quelques instants passés avec vous ont été un ravissement, mademoiselle Louise-Juliana d’Orange…sincèrement…
    – Moi de même (Casse-toi, avec tes illusions pauvre c…)

    Mesdames et Messieurs…
    Et bla bla bla et patin couffin….

    Le prix « Citron » est décerné cette année à….
    Chacun retient son souffle. Le maître de cérémonie décachette l’enveloppe, en retire un carton…
    – Le prix « Citron » est accordé à Mademoiselle Louise-Juliana d’Orange. Chroniqueuse piquante et acerbe, dont les éditos de la revue « A Pic People » , rédigés d’une plume acide …. n’épargne aucun ….

    Un brouhaha chevaucha le public et se termina en ovation gargantuesque.

    Alcide, qui n’avait pas quitté Louise-Juliana des yeux, la vit, décomposée, vidée de toute vitalité, blême…Il éprouva une tristesse profonde pour elle. Puis, en un seul instant, il la vit se ressaisir, illuminer son visage d’un sourire éclatant et se diriger, altière, vers l’estrade…

    – Sacrée bonne femme, se dit-il ! Elle a du tempérament !

    – Le prix « Orange » est décerné à Monsieur Alcide Pulco, digne héritier des Fondateurs de la Société Pulco. Son empathie, maintes fois remarquée a fait de lui…

    Louise-Juliana blêmit une seconde fois. De rage cette fois. Elle avait raté, une fois de plus, l’occasion d’une belle rencontre et, qui sait….
    Elle tenta de quitter les lieux en toute discrétion.
    Un brusque serrement sur son avant bras la fit se retourner, prête à … à quoi ?

    Alcide se tenait devant elle.
    – Notre première rencontre a été un peu pressée, ne trouvez-vous pas ?
    – Si…, répondit-elle, en se tordant les mains…

    Leur soirée fut magique. Elle, abandonnant les oripeaux de la comédie de l’héritière d’une grande famille, mais sans le sous et au caractère acide. Lui, oubliant les arrivistes et autres hypocrites qui ne cessaient de le harceler sournoisement.

    Le temps passa agréablement. Orange et Menton fêtèrent dans la liesse Louise-Juliana et Alcide unir leur destinées.

    Alcide et Louise-Juliana annoncèrent, en simultané, la venue d’un duo d’héritiers et la naissance d’une nouvelle société.

    Une boisson pétillante et audacieuse inonda la planète entière…

    What did you expect?

  2. Sabine dit :

    Un citron rencontre une orange dans un cocktail. Il tente de la séduire, mais ne sait pas trop comment s’y prendre. Il lui demande, tout simplement :
    « – Bonjour mademoiselle. Je vous offre un verre ?
    – Non merci, je suis accompagnée. »
    Et une belle pomme s’approche et emmène l’orange danser.
    Et le citron retourne d’où il vient, ronchonnant : « Une pomme ! Elle choisit une pomme… Alors que je sui destiné à devenir une bonne citronnade. Et elle, elle deviendra une bonne orangeade. Nous sommes faits pour régner ensemble sur les tables ensoleillées. Tandis qu’une pomme, ça devient une vieille pommade flanquée au fond d’une armoire à pharmacie ! Une pomme… Qu’elle la garde, sa pomme ! »
    ©Margine

  3. Halima BELGHITI dit :

    – Mais quelle exquise créature ! s’exclama un citron en apostrophant une orange
    – Flatteur ! Vous allez me faire rougir ! répond timidement l’orange
    – Seriez-vous une sanguine ? rétorque le citron
    – Seulement par ma mère, mon père lui était d’Andalousie
    – Quel heureux mélange, s’écrie le citron….vous devez être juteuse et sucrée à souhait !
    – Décidément, vous êtes un bel hâbleur monsieur le citron
    – Appelez moi Léon. Je suis Léon, l’citron. Et vous ? Quel est votre joli petit nom ?
    – Olga. Je m’appelle Olga
    – Ne trouvez-vous pas que cela va bien ensemble Olga et Léon ?
    – Mais quel Cassanova, vous faites, Léon !
    – Figurez-vous que je cherche une orange comme vous depuis des années
    – Vraiment ?
    – Oui, quelqu’un qui adoucisse mon amertume, sucre mon acidité, me titille les papilles…
    – Vous avez dû en croiser tout de même des oranges dans votre vie de jet-setteur ?
    – Mais aucune ne m’a fait l’effet que vous me faites, Olga ! Vous, qui mélangez caractère de sanguine et douceur du Sud
    – Si vos intentions sont honorables, faites de moi une honnête orange, une orange labellisée dit Olga sèchement. Si vous avez juste l’intention de vous emparer de mon jus en me pressant comme un citron…oh, pardon, Léon! Ou d’utilisez mon écorce pour relever le goût de vos drinks.. trop peu pour moi !!
    – Mais comment pouvez-vous penser cela de moi, ma chère Olga ? J’irais avec vous sur les étalages des marchés, dans le bac à fruits et légumes de la ménagère qui nous aura achetés, et jusque dans son mixeur pour être avec vous de son jus de fruits du matin : orange et citron préssés mixés avec un brin de menthe, sans sucre ajouté et avec des glaçons…
    – Vraiment Léon ? Vous êtes sérieux, vous voulez que l’on vieillisse ensemble?
    – Que l’on vieillisse ensemble ? Vous plaisantez ! Je veux plus encore ! Que l’on se liquéfie ensemble, ma douce, que l’on redevienne engrais naturel de la terre par voie digestive !
    – Avec vous Léon… tout parait si merveilleux ! Si simple ! Si magique !
    – Venez ma douce et tendre, allons nous encanailler dans un endroit plus tranquille, frottons nous l’un contre l’autre pour mélanger nos sucs…
    – Oh, Léon !! Quel grand fou, vous êtes !

  4. gepy dit :

    Un citron rencontre une orange dans un cocktail.
    Il tente de la séduire.
    Le citron : « Bonjour, Gente Dame Orange, que faites-vous donc posée ainsi sur le bord de cet élégant verre ? »
    L‘orange : « Je profite du soleil avec ma compagne la cerise. Nous continuons notre plein de vitamines, bon pour notre teint. Et vous, pourquoi macérez-vous donc au fond de ce nectar épais ? »
    Le citron : « Je profite de mon parfum unique et naturel pour optimiser le gout et l’odeur de ce breuvage. Puis-je me permettre : de quelle origine êtes-vous donc avec de si resplendissantes couleurs? »
    L’orange : « Vous voilà fort curieux, Monsieur ! Mais, comme vous vous tenez à distance respectable, j’accepte d’échanger. Je suis originaire de Corse »
    Le citron : « Quelle agréable surprise ! moi aussi ! Je suis fort heureux que nos chemins se soient croisés car le temps me pèse ici : mon voisin l’ananas ne connait mot à notre langue et suit désespérément une fine tranche de banane ! Son pays natal lui manque, savez-vous. Ne sommes nous pas bien là, sur cette terrasse parisienne à palabrer ? Mais que vous arrive-t-il ? Seriez-vous chancelante ? »
    Là, le citron s’émoustille, pensant que la tranche d’orange faiblissait sous son charme.
    L’orange : « Monsieur, je vous l’avoue à faible voix, ce soleil commence à m’estour- -bir, il me reste si peu de peau pour me protéger ! »
    Le citron : « mais là est tout votre charme, belle agrume Corse ! Vu votre incommodité, oserais-je vous proposer de vous joindre à moi dans ce rafraichissant mélange, ceci en tout bien tout honneur, cela va sans dire ! »
    L’orange s’adressant à sa voisine la cerise : « dois-je ? Que faire ? Il est de Corse soit, mais il n’en reste pas moins un inconnu ! M’accompagneriez-vous, ma chère dénoyautée ? ». La cerise acquiesce.
    L’orange : «  Je vous rejoins avec mon amie. Mais ce saut m’impressionne, Monsieur, et si je ne flottais pas ! Mon dieu, que je suis terrifiée ! »
    Le citron : «  Ne soyez pas effrayée, belle Dame, je serai à vos côtés et vous attraperai s’il en était besoin, ayez confiance » (Le citron se gonfle d’orgueil) « et ce bain sera pour vous d‘un réel bienfait, je vous le promets ».
    A ces mots, l’orange plonge. Petit plouf ! Le citron en profite pour la frôler. Petit frisson ! L’orange se sent tout de suite rassérénée et le citron est emballé par cette présence féminine si proche.
    Soudain, un tourbillon survient ; une paille est apparue et tourne, tourne dans ce grand verre à cocktail.
    L’orange : « Mon dieu, mais que se passe-t-il ? Je ne me sens pas bien, je vais me pâmer, je perds mon jus de vie ! »
    Le citron, surpris lui aussi, nage à son secours : « Accrochez-vous fermement à moi, il me faut plus de pression pour perdre mon jus ! N’ayez pas de crainte, serrez-moi fortement ». Le citron n’est pas peu fier de se transformer en héros.
    Puis, soudain, les voilà transpercés et collés l’un à l’autre par une petite flèche, telle la flèche de Cupidon.
    L’orange est émue par tous ses évènements et toutes ses émotions, elle est perdue. Elle s’en remet entièrement au citron qui, lui, prend son rôle de protecteur à cœur.
    Lorsqu’ils sont transportés dans cette bouche humaine sans lumière mais pleine de chaleur, ils sont balancés délicieusement l’un contre l’autre, toutes les résistances de l’orange ont cédé. Elle est en sécurité près de son citron corse.
    La bouche s’ouvre à nouveau, la clarté du jour y entre et une cascade de ce frais cocktail les fait définitivement voguer dans une lente, longue et douce gorgée de bien-être et de bonheur.
    Désormais, unis l’un avec l’autre, pour le meilleur comme pour le pire.

    Gepy

  5. Peggy dit :

    Un citron rencontre une orange dans un cocktail.
Il tente de la séduire

    « Bonjour belle orange »
    « Bonjour monsieur citron »
    « Allons, nous sommes tous deux des agrumes, appelez-moi « citron » comme tout le monde. Si je me réfère à la façon dont votre écorce a été sculptée pour ce cocktail, je vous imagine un zeste coquette. Je reconnais la patte de Monsieur Pépin, c’est le meilleur. Excellent goût chère amie »
    « Merci du compliment mais attention je suis une Maltaise, et dans mon pays on ne badine pas »
    « Maltaise, douce-amère, sanguine peut-être même ? »
    « Oui, mais laissez-moi »
    « N’ayez pas peur, je ne fais que vous admirer. Je suis sûr que vous savez qu’un jus d’orange s’exhale avec une goutte de jus de citron. Vous voyez bien que nous allons de pair »
    « Mais je n’ai aucune envie de me mêler à votre acidité ! »

    Un maitre d’hôtel presse la moitié de chacun des agrumes pour affiner son cocktail avant de le servir.
    Et le citron de chantonner à l’orange « Jus contre jus… »

    Juin 2012

  6. Antonio dit :

    « Mais ne poussez pas !
    – C’est vous qui poussez !
    – Mais j’étais devant vous et je suis attendu !
    – Mais moi aussi et je suis très en retard. J’ai un pépin qui vient de me tomber dessus.
    – Ah si vous croyez qu’il n’y a que vous, je les collectionne moi. ! Et puis arrêtez de me coller comme ça, c’est dégoûtant !
    – Cool ! … Ca va ! … allez-y puisque Madame est attendue !
    – Merci, ben me voilà belle, je suis toute en sueur.
    – Et moi alors, ma veste en pulpe est liquéfiée.
    – Et puis vous sentez fort, dites donc !
    – Parlez pour vous !
    – Ah bon ? … Je ne peux pas me présenter comme ça.
    – Vous allez où ?
    – Au festival du sucre de canne. Et vous ?
    – Pareil. Il paraît que la mangue et la papaye sont là aussi !
    – Elles auraient fait le voyage ?
    – Bien sûr, elles adorent voyager ! … Ca y est on est arrivé. On se mélange ?
    – Euh… oui… Pourvu qu’ils ne sentent rien ! »

  7. Catherine dit :

    Le citron:
    Vous êtes pressée, Mademoiselle?
    L’orange:
    Ça ne se voit pas? Pensez-vous que l’on m’aurait invitée dans ce cocktail si j’étais venue en pelure?
    Le citron:
    Ce que vous êtes nature!
    Excusez ma stupide entrée en matière. C’est que je suis intimidé de vous adresser la parole.
    L’orange:
    Intimidé vraiment? Moi je vous trouve bien cavalier, tandis que vous me parlez fièrement juché, à califourchon, sur le bord du verre! A d’autres!
    Sautez donc le pas et on verra!
    Le citron:
    Vous parlez d’or, cher ange!
    Si la chimie opère, vous ne vous en plaindrez pas!

  8. Maryvonne dit :

    Il pleut des cordes et je ne rêve qu’à la terrasse du grand café de Reggio je m’y suis installée sous le soleil d’un après-midi de juillet. Il fait si chaud qu’une fois ma citronnade calabraise arrivée je somnole déjà doucement. Les voix s’estompent tranquillement et dans mon alanguissement je tend l’oreille…

    – Aïe, je suis tombé directement au fond du verre, faudrait pas secouer comme ça ! On peut me reposer tranquillement quand même on n’est pas si pressé que ça ici !
    – Ah t’es là ? Tout à l’heure au bar je t’ai vu partir je croyais que j’allais rester seule. Y’a plus d’orange en ce moment, enfin les dernières sont toutes vieilles et flétries, on peu même pas causer, elles ont plus rien à dire, personne n’en veux… Ni bonnes à regarder ni à sucer.
    – L’été les gens préfèrent la citronnade il parait que ça étanche mieux la soif, du coup on est un peu serré dans la panière et on n’est jamais au calme.
    – Ça me fait plaisir qu’on se retrouve à la même table, c’est le mec à ta buveuse le gars qui m’a commandé ?
    – Je suppose que oui, ils ne se parlent pas beaucoup, elle dors on dirait, et moi je reste à me réchauffer au soleil, faudrait pas que ça s’éternise trop sa petite sieste …
    – En même temps on est bien ici, il y a du monde qui passe, et y’a pas le boucan et la puanteur des cuisines là-dedans !
    – Et t’a vu, dis t’a vu ! Flute alors il se gêne pas lui, il profite que sa copine roupille pour boire ma citronnade en douce… tu parles ! Et il lui dit rien du genre « Chérie je peux gouter à ton verre ? » Non il boit sans faire de bruit et y repose le verre genre avec tout ce soleil ça s’est évaporé…
    – Oh te fâche pas tout à l’heure tu ne voulais pas croupir au soleil il faut savoir ! Plus vite bu plus vite disparu ce n’est pas ça la devise du fruit d’été ?
    – Tu a raison, je m’agace d’un rien alors que je resterais bien à me laisser siroter toute une journée par de belles lèvres rouges gonflées de plaisir, savourant la fine sueur qui recouvre légèrement son visage quand elle colle sa joue brulante et laisse une empreinte sur la buée de mon silicium glacé. Elle me garde au creux de ses mains, et du bout des doigts saisit mon écorce luisante, la porte à sa bouche ardente, s’imbibe de mon suc acide et termine son sourire sur la joie offerte par mon âpre sirop.
    – C’est d’un romantisme époustouflant pour un quart de citron qui sombre au fond d’un jus opaque parce qu’ici les verres y sont pas propres propres..
    – Rappelle-toi, quand tu brillais sur l’oranger avant d’atterrir ici, n’aurais tu pas tout donné pour qu’une énorme main calleuse te soupèse, te fasse doucement tourner pour te détacher d’un indicible craquement, te frotte lentement contre ses paumes à la chair sombre avant de te déchirer délicatement et te porter goulument à la bouche pour croquer dans ta pulpe gorgée de ce jus rouge qui lentement coulera sur sa peau brune ? D’un revers de la main il essuiera ces quelques gouttes d’un grand sourire d’été et s’allongera sur le muret face à la mer ?
    – Si je repense à ce temps là, l’amertume me gagne…

    Et la pluie qui bat sur les vitres m’éveille, la Calabre est au sud, les citrons se sont tus, quelle déconfiture !

  9. Fred Nache dit :

    « Salut toi ma belle. Tu me sembles bien sucrée et bonne à déguster » dit le citron.
    « Oui, je suis délicieuse quand on veut bien m’accompagner de Rhum. Et toi, avec quoi te boit on ? » dit l’orange.
    « Ce que j’aime bien parfumer, c’est un Bikini, tu sais de la vodka mélangée au rhum avec un peu de lait et du citron. C’est terriblement fort et ça fait monter au 7ème ciel très vite. C’est pour ça qu’on l’appelle comme ça. Ca fait penser à un bikini bien dégustatif. »
    « Un bikini. J’en ai pas mais moi aussi on peut me boire avec de la vodka : Connais tu le Scewdriver ? »
    « Non, c’est un drôle de nom. »
    « Oui, ça veut dire tournevis parce que les ouvriers de la construction américains tu temps de la prohibition n’avaient pas le droit de boire de l’alcool alors ils mettaient de la vodka qu’on aurait pu prendre pour de l’eau dans un gobelet, ajoutaient le jus d’orange et remuaient tout avec un tournevis. »
    « C’est une bonne idée. Pourquoi est ce qu’on ne se mélangerait pas nous aussi. »
    « Tu en as envie ? »
    « Oui. »
    « Eh bien on se retrouve ensemble mélangés dans une Sangria et on aura plein d’amis, de la cannelle, du gingembre et pour nous agrémenter du vin, du porto, du cointreau et du grand marnier. »
    ‘Bonne idée, on sera enfin ensemble. »

  10. Durand Jean Marc dit :

    Malheureusement, alors qu’il l’avait invité pour une sangria endiablée, il eut un zest particulièrement déplacé entraînant en retour une baffe très sanguine!

    PS: Moins connu que le flamenco, la sangria est une danse espagnole du 15e siècle, évoquant les querelles amoureuses se terminant souvent dans l’hemoglobine et du à l’absorption d’un mélange de fruits avariés, d’alcools frelatés, de fonds de tonneaux de vins de Malaga.

    PS 2: Hémoglobine, sorte de récipient en forme de globe terrestre contenant du sang trafiqué utilisé pour doper les chevaux espagnols lors de certaines corridas.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Répondez à ce calcul pour prouver que vous n'êtes pas un robot *