Exercice inédit d’écriture créative 80

Un homme de l’ombre rêvait de se faire une place au soleil,
mais sa situation n’était pas brillante.
Alors il..

Imaginez une suite

14 Responses

  1. Clémence dit :

    Un homme de l’ombre rêvait de se faire une place au soleil, mais sa situation n’était pas brillante. Alors il..

    La chaleur était torride, le soleil incendiaire et le ciel d’un bleu aveuglant. Pas un souffle de vent et pourtant, une poussière rouge sclérosait ce petit monde perdu au milieu de nulle part.

    Il était là, pauvre hombre, assis sur le sol, adossé à un mur blanchi à la chaux.
    Au bout des jambes courtes, ses pieds difformes étaient glissés dans des tongs de cuir brut.
    Sur la toile écrue et rappée, à la hauteur des genoux, des mains aux doigts tordus s’abandonnaient, oisives.

    Combien d’années se cachaient derrière ses rides et sa peau cuivrée ? Nu ne le sait…peut-être même pas lui-même.

    Une lente respiration et des soupirs récurrents donnaient un semblant de vie au sombrero coloré mais usé.
    Ce brave, devenu homme de l’ombre et ombre de lui-même en raison d’un torrent de malheurs, rêvait de se faire une place au soleil.

    Loin d’être brillante, sa situation lui permettait néanmoins de ne pas souffrir de malnutrition. Alors, il s’était accommodé de cette lente fuite en avant.

    Dans ce village en province d’Alméria, l’année 1966 s’installait tranquillement. Sans surprise annoncée.

    Et pourtant, un jour, deux hommes qui semblaient s’entendre comme larrons en foire, débarquèrent. Ils suscitèrent sans tarder la curiosité des habitants. En cause, leur allure, leurs questions étranges et cette manie de tout photographier. Façon de dire… De leurs deux mains, pouces et index inversés, il formaient un cadre et observaient. Rien ne leur échappait.

    Le crépuscule était particulièrement teinté d’airain et c’est à ce moment que l’homme assis apparut dans le cadre de leurs mains.

    Ils se regardèrent et discrètement, ils inclinèrent leur tête.

    Ils se dirigèrent lentement vers lui. Ils attendirent patiemment que l’homme lève la tête.
    Ils virent son visage et ses yeux : le désarroi d’un paradis perdu, plus acéré qu’une dague, se fichait droit dans votre cœur.
    Ils attendirent, immobiles.
    Le vieil homme se leva et leur fit face.
    Ils lui tendirent leurs mains et se présentèrent : Sergio – Ennio.

    Le vieil homme ne marqua ni surprise, ni étonnement, ni élan. Les choses étaient ainsi.

    Ils lui parlèrent doucement de leur projet, un film où une place de figurant lui était toute trouvée.

    Le vieil homme s’assit et s’adossa au mur blanchi, dans sa pose habituelle.
    Le sombrero, enfoncé plus que jamais, cachait un sourire retrouvé.

    Lui, l’homme de l’ombre, ne rêvait plus.
    Deux hommes l’avaient trouvé.
    Le monde lui offrait une place au soleil.

  2. Mi Kl dit :

    Un homme de l’ombre rêvait de se faire une place au soleil, mais sa situation n’était pas brillante.
    Alors il chercha un stratagème pour développer son talent. Lui qui passait souvent pour un rustaud avec son langage peu recommandable, se tracassait désormais l ‘esprit pour trouver le bon mot pour dévoiler sa silhouette inepte au grand jour.
    A l’instar d’un rapin qui croit que son œuvre à sa place au Louvre, notre jocrisse obscur n’avait comme polard que de figurer à la une des journaux « people ». Pour y voir plus clair dans son univers fuligineux il commença par vitupérer la bonne conscience politique par un « tweet » malheureux mais très vite l’hétaire de l’Élysée fit claquer les portes des Francofolies au point de péricliter sa colère. Mais ce jeune homme timoré fut galvanisé par la conviction que ces actes étaient en quelque sorte la genèse de l’actualité et se mit à confectionner des scénarios pour provoquer l’avenir.
    Ainsi il prit son téléphone et appela un ami en imitant la voix d’un homme politique peu fréquentable pour lui annoncer son nouveau pouvoir. Quelle ne fut sa surprise quand son ami fit tomber le masque du bon citoyen à la vie rangée. Les propos fusèrent et sa teneur fielleuse sur les choqua notre blagueur matinal au point qu’il raccrocha le combiné avec un hâle de peau des plus inquiétant. Quelques instants plus tard il écouta la matinale de France Inter © pour se changer les idées. Quand il entendit, que le journaliste annonçait qu’un comique célèbre avait piégé une ancienne ministre avec un canular téléphonique, son sang ne fit qu’un tour. Pris de panique il se prit la tête entre les deux mains et vacilla quelque peu avant de s’effondrer sur le sol.
    Quelques heures plus tard il fut réveillé par la sonnerie de sa porte d’entrée. Il se leva, se précipita sur le perron et ouvrit la porte. Le sosie de Johnny Hallyday apparut à ses yeux. En fait il avait complètement oublié qu’il devait partir voir le concert au stade de France avec un ami fan depuis le premier jour de l’idole des jeunes. Il prétexta une migraine dévastatrice pour annuler son rendez-vous. Quelques heures plus tard il découvrit avec stupeur sur un article de presse que la star nationale avait du mal à remplir ses concerts.
    Pour essayer de penser à autre chose il se jeta sous la douche avant de se mettre devant son écran plat pour suivre le match de l’Euro France Ukraine dont les hymnes commençaient à peine. Sous l’eau qui coulait abondamment il se ressassait tous les derniers instants de sa journée quand il fut retiré de ses pensées par le bip de son Smartphone. Il bondit de la salle de bains, et là l’apocalypse sous ses yeux les images de la télé retransmettait les flots incessants de l’orage ukrainien. Il prit son portable et constata la dépêche de son application préférée : « terrible orage match de l’équipe de France annulé.. ».
    Il posa son portable et se dit finalement qu’il allait rester dans l’ombre pour quelques temps encore.
    Mickaël Dubord ©

  3. Peggy dit :

    Un homme de l’ombre rêvait de se faire une place au soleil, mais sa situation n’était pas brillante.
Alors il s’interrogea sur sa vie pour essayer de comprendre pourquoi s’était-elle déroulée de cette façon. Pourquoi vivait-il toujours à l’ombre de quelqu’un ou de quelque chose ? A force de se creuser les méninges, germa insidieusement dans son esprit une idée pour le moins saugrenue : « faire marche arrière, recommencer à zéro».
    Il prit un congé sans solde et repartit chez lui, au Brésil, consulter la plus célèbre des « Mères-de-saint » qui lui promit de l’aider.

    Au fil des jours, il retrouva des plaisirs de gamin : la pêche à mains nues dans les eaux cristallines de l’océan, les jeux de plage sur le sable chaud ou taper dans un ballon entre copains.

    Jusqu’à ce jour de « fête de la pleine lune », sa mère ne s’était pas inquiétée de l’extraordinaire jeunesse de ce fils aux cheveux déjà grisonnants.

    Mais les « fêtes de la pleine lune » se succédèrent et Bethsaleel*, l’homme de l’ombre, arriva à l’âge où l’on ne se souvient de rien.

    Puis le bébé disparut en même temps que sa mère s’arrondit.

    Alors que les premiers rayons du soleil ondulèrent sur une mer teintée de jaune orangé, les douleurs de la future mère s’accentuèrent. Elle enfila une robe fleurie, sa préférée, et se dirigea vers la plage. Tout en caressant son ventre, malgré la douleur qui lui cisaillait les reins, elle s’allongea sans précipitation à l’ombre du cocotier qui avait déjà vu naître son fils. Par une intuition toute maternelle ou peut-être insufflée par la « Mère-de-saint, elle se déplaça et s’installa cette fois-ci en plein soleil pour accueillir le nouveau né. Elle ne changea pas son nom.

    *Batsaleel : nom hébraïque signifiant « à l’ombre de Dieu »

  4. brigitte dit :

    c’était juste un commentaire sur ce propos que l’on a pas forcément envie de développer avec humour, mais je suis peut-être parano

    • Pascal Perrat dit :

      Mes propositions sont des jeux, il s’agit de s’amuser si l’idée nous séduit. Ce ne sont pas des devoirs.
      On tente d’écrire quelques lignes si bon nous semble. C’est tout simple.

  5. brigitte dit :

    attention, les hommes de l’ombre sont des résistants qui peuvent être heurtés

  6. gepy dit :

    Un homme de l’ombre rêvait de se faire une place au soleil,
    mais sa situation n’était pas brillante.

    Alors, il testa différentes techniques pour rayonner mais fit bien pâle figure,
    sa situation était sombre.

    Il s’exposa donc au soleil et se retrouva couvert d’un urticaire réactionnel. Il dut retourner se cacher à l’ombre.
    Sa situation était emprisonnante.

    Il essaya les U.V. et devint écarlate. Toujours impossible de sortir de l’ombre.
    Sa situation n’était toujours pas éclatante.

    Il testa la carotte, et là, il vit la lumière.
    Sa vision s’était progressivement et prodigieusement améliorée.
    Sa situation devint éblouissante.

    Il put enfin sortir de l’ombre et grimper dans sa cabane à écrire,
    pour commenter avec plaisir les exercices de tous ses excellents élèves.
    Sa situation était devenue lumineuse.

    Car rien ne vaut la chaleur et la lumière de la canopée pour sortir définitivement de l’ombre.

    Gepy

  7. Françoise - Gare du Nord dit :

    Un homme de l’ombre rêvait de se faire une place au soleil, mais sa situation n’était pas brillante. En effet, il avait été contraint de se satisfaire, bien que gradé, d’une situation obscure. Alors il décida de se réfugier, pendant la longue nuit que connut sa patrie, en une contrée plus hospitalière mais pourtant réputée perfide.
    Il ne lui fut pas facile d’y trouver sa place. Il dut batailler âprement contre des vents contraires venus de l’Atlantique Nord pourtant présumés favorables.
    Pourtant, le jour de la St Léonce, il fit entendre sa voix profitant d’un espace certes mesuré mais toutefois inestimable. Dès lors, il fallut compter avec lui.
    Et c’est le cœur gonflé d’orgueil et la démarche fière et altière qu’il foula le sol de son pays qui avait souffert durant 4 ans d’un régime à l’eau pétillante mais néanmoins fétide.
    Depuis, il a trouvé une place au soleil, au soleil incontestablement … mais à la place d’une étoile.

  8. Gwenaëlle dit :

    Un homme de l’ombre rêvait de se faire une place au soleil,
    mais sa situation n’était pas brillante.
    Alors il.. alluma une bougie pour y voir plus clair. Mais tout était sombre et lugubre. Comment sortir de cette impasse, comment accèder à la lumière. Il se mît à tourner, tourner, ses pieds ont décollé du sol, son corps est devenu léger. Il a commencé à dessiner des figures avec ses bras, son corps, ses jambes et sa tête a suivi le mouvement.  De longues enjambées, de grandes arabesques, un pas rapide, deux, puis une avalanche de petites esquives autour de cette danseuse imaginaire. Il est transporté par cette musique intérieure, qui lui dit qu’il est beau, qu’il a la grâce, que le monde est merveilleux et qu’il en fait partie. Qui lui dit encore :  »Danse, vif et léger, comme la flamme d’un feu de joie, chante comme le plus beau des castras , ouvre-toi tel le bouton de rose, fais toi plaisir, fais toi plaisir d’abord, rayonne comme mille éclairs et le monde te verra, t’encensera, te portera. Le soleil est en toi, fais le vivre à travers ton corps, tes mots, ton rire,  ton insouciance, ta bonne humeur. Plus de place au soleil à trouver, tu seras le soleil de ceux qui t’entoureront, et tu auras trouvé la place, ta place ! »Un homme de l’ombre rêvait de se faire une place au soleil,
    mais sa situation n’était pas brillante.
    Alors il.. alluma une bougie pour y voir plus clair. Mais tout était sombre et lugubre. Comment sortir de cette impasse, comment accèder à la lumière. Il se mît à tourner, tourner, ses pieds ont décollé du sol, son corps est devenu léger. Il a commencé à dessiner des figures avec ses bras, son corps, ses jambes et sa tête a suivi le mouvement.  De longues enjambées, de grandes arabesques, un pas rapide, deux, puis une avalanche de petites esquives autour de cette danseuse imaginaire. Il est transporté par cette musique intêrieure, qui lui dit qu’il est beau, qu’il a la grâce, que le monde est merveilleux et qu’il en fait partie. Qui lui dit encore :  »Danse, vif et léger, comme la flamme d’un feu de joie, chante comme le plus beau des castras , ouvre-toi tel le bouton de rose, fais toi plaisir, fais toi plaisir d’abord, rayonne comme mille éclairs et le monde te verra, t’encensera, te portera. Le soleil est en toi, fais le vivre à travers ton corps, tes mots, ton rire, ton insouciance, ta bonne humeur. Plus de place au soleil à trouver, tu seras le soleil de ceux qui ‘entoureront, et tu auras trouvé la place, ta place ! »

    © Gwenaëlle Joly

    © Gwenaëlle Joly

  9. Cyril dit :

    Un homme de l’ombre rêvait de se faire une place au soleil, mais sa situation n’était pas brillante. Alors il mit ses lunettes de soleil, chapeauta le plus élégant de ses panamas. Il sortit. Dehors, l’ombre était de mise. La luminosité improvisait : elle s’était inversée. Pour éviter de prendre un coup d’ombre, son couvre-chef le protégeait. Ses lunettes, solaires, le protégeaient de cette atmosphère sombre. Désormais, comme par magie, elles éclaircissent l’ombre. C’est un fait : ses bésicles permettent de voir, en plein sombre, comme en plein soleil. Le monde à l’envers. Entre ombre et lumière.

  10. PPierre dit :

    Un homme de l’ombre rêvait de se faire une place au soleil, mais sa situation n’était pas brillante.
    Alors il entreprit de tout dévoiler. Il ouvrit un blog, baptisé Tête de nègre, et balança chaque semaine le nom d’un auteur dont il avait rédigé le dernier livre. Le programme pour la France d’un député de second rang, les souvenirs d’une ancienne starlette et même les recettes de cuisine d’une chanteuse en quête d’un souffle nouveau : il écrivait plusieurs volumes chaque mois.
    Il commença par révéler le moins surprenant. Qui s’étonnerait que Johly Aniday, le célèbre rocker-guincheur, n’ait pas écrit lui-même son autobiographie Que je rêve ? De quoi mettre les éditeurs en garde. S’ils s’obstinaient à refuser ses propres manuscrits, ils s’exposeraient à bien pire. Il avait rédigé la moitié du dernier Goncourt et plusieurs titres bien en évidence chez les libraires. De quoi ruiner des réputations !
    Quatre romans dormaient dans ses tiroirs. Peut-être pas des chefs-d’œuvre, mais des textes d’une qualité bien supérieure à ce qu’il produisait pour les autres. Mais lui n’avait pas nom illustre, pas d’autre activité que celle d’écrire dans l’ombre. Aux six éditeurs pour lesquels il travaillait de choisir. Soit il sortait de l’ombre, soit la nuit tombait pour tout le monde.

  11. Smoreau dit :

    Alors il s avança vers la plage. Il etait pâle. Trop blanc pour s allonger sur le sable sans parasol. Trop cher le parasol ! Trop pauvre pour s acheter ne serait qu un chapeau. Courageusement il avait quitté l ombre des arbres. Determiné, il voulait être bronzé. Il desirait avoir bonne mine. Pour paraitre plus riche. On dit que la misere est moins pénible au soleil… Alors il etait descendu au sud. Il voulait sortir de l ombre, précédé son ombre. Sortir de l ornière. Il ne supportait plus l ombre, le noir. Il plongea pour la tuer. Il voulait supprimer son ombre. Il voulait une lumiere pour le suivre. Il descendit plus profondement. Elle criait. Elle suffoquait. Il l entendit rendre son dernier souffle. Il remonta à la surface. La nuit venait de tomber.

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