Exercice inédit d’écriture créative 44

Un murmure sur un mur, un jour, s’est posé.
Celles qui y collaient l’oreille ne pouvaient s’en détacher.
Elle entendaient…

Je vous invite à inventer la suite.
Bonne imagination.

12 Responses

  1. Clémence dit :

    Un murmure sur un mur, un jour, s’est posé. Celles qui y collaient l’oreille ne pouvaient s’en détacher. Elle entendaient…

    Elles se retournèrent une dernière fois vers l’escalier gigantesque et laissèrent le miroir d’eau sur leur droite.

    Jeanne savait que le plus émouvant restait à voir dans ce parc. Elle prit son amie par les épaules et elles s’engagèrent dans une petite allée.

    Là, au milieu d’arbres encore jeunes, Jackie reçut en plein cœur le premier choc. La souffrance, la douleur, le déchirement. Trois femmes en uniforme, éternellement figée. Hope regardant le ciel, Faith doucement inclinée et Charity soutenant un soldat blessé.

    Un deuxième choc les secoua. Trois Soldats de bronze. Ils les préparaient à plonger dans l’horreur. Ils leur montraient un mur.

    Un mur de marbre noir.
    Un mur qui s’étire à l’infini.
    Un mur que l’on effleure du bout de doigts.

    Un mur sur lequel une oreille posée aurait entendu les pleurs de milliers de femmes, épouses ou compagnes, mères ou filles de cinquante huit mille cent cinquante six soldats américains, morts ou portés disparus pendant la guerre du Vietnam.

    Un mur sur lequel une oreille posée aurait entendu les hurlements, les cris de désespoir, les gémissements et recueilli les derniers souffles…

    © Clémence

  2. Sabine dit :

    Un murmure sur un mur, un jour, s’est posé. Celles qui y collaient l’oreille ne pouvaient s’en détacher. Elles entendaient : « C’est toi la plus belle ». Et chacune y croyait. Les querelles entre les jeunes filles prirent alors très vite de l’ampleur :
    « – C’est moi la plus belle.
    -Non, c’est moi, c’est le murmure qui me l’a dit.
    -Tu mens, c’est à moi qu’il l’a dit ! »
    Elles semèrent un tel désordre que les saules se mirent à pleurer. On n’entendit plus le chant des cigales et les fourmis se mirent en grève.
    Alors un dimanche après midi, la reine du village déclara :
    « -Pour départager ces demoiselles, et surtout pour qu’elles cessent de se crêper le chignon, nous organiserons un concours de beauté dimanche prochain sur la place du village à 15 heures. Tous les hommes et tous les animaux, mâles et femelles sont invités à voter. Et s’ils ne votent pas, qu’on leur coupe la tête.»
    La semaine se passa plus calmement, les demoiselles étant trop affairées aux préparatifs : l’une faisait d’une peau d’âne une robe arc-en-ciel, l’autre faisait d’une citrouille un carrosse, l’autre encore faisait des neiges un blanc manteau.
    Le dimanche venu, Alice fût élue « Reine de beauté ». Sitôt la fête achevée, elle courut embrasser le murmure pour le remercier. Mais au moment où elle posa ses lèvres sur le murmure, le mur s’effondra.De ses gravas on vit se relever le Prince Charmant, remettant un peu d’ordre dans ses habits. :
    « – Voilà cent ans que je suis enfermé dans ce mur. Tu m’en as libéré grâce à ton baiser. Veux-tu m’épouser ? »
    Alice et le prince se prirent par la main, enjambèrent les gravas et partirent vers le Pays des Merveilles.
    Ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants.
    Mais la reine du village en mourut de chagrin.

    ©Margine

  3. Hazem dit :

    Un murmure sur un mur, un jour, s’est posé. Celles qui y collaient l’oreille ne pouvaient s’en détacher. Elle entendaient un peu de ci, un de ça, le son dansait dans leurs têtes et d’une brique à l’autre sauta. Si bien que sans s’en rendre compte, nos curieuses tant envoutées par ces clapotis, clapotas, firent quelques pas de côté, de côté, de côté. Absorbées par ce murmure, des étoiles dans les yeux, elles perdirent la vue, le touché, l’odorat et leurs voeux. Le murmure promenait nos amies aveugles et leurs oreilles mêmes ne savaient dire ce qu’elles pouvaient entendre. D’incertitudes en convictions, leurs esprits se sont promenés tant et si bien que force de vouloir comprendre ils se sont paumés. Nos amies ont toujours leurs murmures et leurs étoiles, mais les briques du mur ont laissé place à un moelleux capitonnage.

    Hazem

  4. Gwenaëlle dit :

    Un murmure sur un mur, un jour, s’est posé. Celles qui y collaient l’oreille ne pouvaient s’en détacher. Elle entendaient le souffle du vent malicieux qui chuchotait à leur oreille les mots qu’il volait aux amoureux soudés les yeux dans les yeux. Il portait à elles le frisson du baiser déposé dans un cou désireux, les distrayait d’un chapelet de petits rires descendant en cascade fraîche sur les peaux veloutées, les ravissait du grelot ému d’un sanglot non retenu, du babil incessant des oisillons naissants.
    Les filles étaient étourdies par ces messages confidentiels, elles se collaient au mur, attentives et subjuguées… Elles écoutaient encore le murmure du vent quand il est brise d’été; et les messages portés par son passage. Et le vent leur susurrait le frôlement d’une caresse dans les cheveux d’un enfant, le bruissement de son souffle sur la tonnelle, une chaude nuit d’été, le clapotis du fier ruisseau chantant sur les pierres dépolies, le tintement léger des clochettes des hauts plateaux, le gémissement des amours de toujours. Tous ces merveilleux bruits, décents et indécents, qu’il récupérait sur son chemin.
    La voix du vent était là, elle s’était posée tel un murmure sur ce mur de pierres, encore chaud de ce soleil de début d’automne. Les filles aussi étaient là, blotties, se délectant sans retenue de ce chant de sirène céleste qui les ensorcelait.

    © Gwenaëlle Joly

  5. Pascal Perrat dit :

    Ce seront des murmures de campagne. Ainsi va la démocratie.

  6. Françoise - Gare du Nord dit :

    Un murmure sur un mur, un jour, s’est posé. Celles qui y collaient l’oreille ne pouvaient s’en détacher. Elles entendaient cette voix suave qui leur susurrait de subversives suppliques susceptibles de susciter la suspicion.

    « Ne crois pas ce qu’il dit, c’est un menteur invétéré ! ». « Ses belles promesses ? Il ne les tiendra pas !». «C’est un séducteur qui se joue des femmes ». « Il n’aime que le pouvoir ! ». « Tu n’as pas honte de t’afficher avec lui sous des abribus, des lampadaires… ! » « Tu épouses ses opinions en oubliant ta propre liberté de pensée ». « Tu vas avec le premier venu ? « Tu ne sais plus où tu te situes à force de virer ainsi de droite à gauche ». « Tu cèdes à toutes ses propositions pour un oui ou pour un non ». « Tu l’as bien regardée la tête de l’élu de ton cœur ?». « C’est t’es mise à la colle avec un survolté ! ».

    Ces pauvres affiches électorales n’ont pas fini d’entendre ces murmures d’ici le mois de mai 2012.

    © Francoise Denaules

  7. Mickaël dit :

    Elle entendait.
    L’histoire de cet édifice aux allures fatigués par les affres du temps.. L’établissement Louis Decroix avait parcouru le siècle en plein milieu de Paris sans jamais céder aux différents ravages de l’histoire. Aujourd’hui en septembre 2011, l’encombrant bâtiment est devenu un centre de rétention pour jeunes filles au caractère bien trempé et à la cachette facile.
    Ce monument donnant sur le boulevard des Menuts continuait à trôner dans un quartier riche en évènements. De l’autre côté de cette épaisse muraille se trouvait la cellule 148, où cohabitait Laure F. et Marie D., toutes deux purgeaient une peine lourde pour homicide volontaire à arme à feux. La première suite à une soirée trop arrosée qui finit dans un bain de sang lorsque deux hommes armés eurent voulu profité de sa belle plastique. La deuxième, qui après des mois de silence, tomba dans une folie passagère et abattit un groupe de jeune de sa classe qui se moquait de son nez aquilin.
    L’ambiance de leur quotidien était morne et redondant, le peu de loisir étant les ballades dans un espace grand comme une chambre d’étudiant et des parties de cartes engagées dans le réfectoire carcéral qui terminaient bien souvent en pugilât de comptoir. La relation avec l’extérieure était quasi nulle puisque les deux jeunes femmes refusaient systématiquement les parloirs et que leurs avocats semblaient occupés à répondre aux sollicitations médiatiques découlant des meurtres perpétrés par leur cliente. Quant aux échanges avec les « matons » ils étaient très souvent heurtés et glaciaux. Avec un tel scénario la folie guettait nos deux pensionnaires en mal de moments d’intimité. Jusqu’au soir où l’une d’entre elle entendit un bruit s’échappant du mur qui donnait sur le boulevard. Sautant de son lit superposé pour rejoindre le fond de la cellule, Marie D. colla son oreille pour mieux discerner le son abstrus qui émanait de la pierre humide de la pièce.
    Dans un cri strident elle réveilla Laure F. qui dormait comme un ours en plein hiver. Elle sursauta et tança sa partenaire de chambre de l’avoir tiré d’un sommeil réparateur. Après quelques remontrances des plus ordurières elle s’approcha de Marie D. afin de connaître l’essence de son alerte. Les premiers mots furent incohérents mais sitôt les émotions évacuaient, elle expliqua qu’un homme essoufflé lui avait parlé, ainsi qu’une jeune fille égarée et pour finir un enfant maladroit. Laure F. se redressa, tel un animal apeuré, et vociféra que l’abus de substances illicites pouvait nuire gravement à l’équilibre mentale. Mais surtout en profita pour adjoindre à la critique un sobriquet bien trouvé de « Jeanne d’arc d’Argenteuil ». Sitôt son venin craché elle se replongea dans son lit aussi inconfortable que modeste.
    Mais après quelques minutes enroulée dans sa couette, elle remarqua pantoise que Marie avait toujours l’oreille collée à son mur et que des larmes coulaient de son visage. Dans un premier temps elle feignît la scène mais lorsque les sanglots s’ajoutèrent à la détresse nocturne, elle se précipita à hauteur de sa codétenue. Après quelques balbutiements, elle lui dévoila qu’elle ne pouvait plus bouger, qu’une sorte de force la retenait ainsi. Elle expliquait aussi qu’elle était obligée d’écouter tous les témoignages un à un et qu’une fois les messages auditionnés elle devait prévenir les destinataires de chacun d’eux afin de pouvoir être libéré de son emprise. Là, le choc fut brutal pour Laure F. qui ne s’attendait pas à vivre une telle aventure dans un lieu si peu propice à l’évasion surnaturelle. Sous l’effet de cet aveu elle tomba à la renverse et chuta lourdement sur la table où une bouteille en fer bascula et provoqua un bruit qui alerta la cellule voisine et l’équipe de garde.
    Le déverrouillage de la porte s’enclencha et deux gorilles, à la finesse égarée depuis des lustres, se jetèrent sur Laure F. qui semblait chercher ses esprits suite aux saignements provoqué par l’impact de sa cascade malheureuse. Le premier s’agrippa à elle tandis que le second rejoignait Marie D., toujours accrochée à son mur par le creux de l’oreille. Après plusieurs tentatives infructueuses et des hurlements à la mort, le gardien décida de stopper son entreprise et frappa la prisonnière par colère et frustration masculine. Un troisième homme arrivât et ordonna aux deux ostrogoths de cesser leurs actes sous peine de sanction. Il appela l’infirmier de garde, à la vue du sang dans la cellule 148. Les premières constatations relatèrent la scène qui s’était tramée depuis le premier bruit sur le mur jusqu’aux cris de Marie D.. Un psychiatre fut dépêché en urgence afin d’entendre la version, plus qu’insensé, de notre tueuse alcoolisée.
    Toutes une escouade de spécialistes arrivèrent sur les lieux et les heures passèrent sans que le moindre indice ou le plus farfelue des stratagèmes ne libèrent Marie D. de son emprisonnement extravagant. L’explication la plus plausible semblait se résumer à la théorie dicter afin de retrouver les personnes de cette mystérieuse malédiction. Ainsi Marie dévoila un à un les récits entendus dans la nuit pour aider l’ensemble des équipes de recherche à définir des pistes de travail.
    La première description se situait le 15 Février 1948, en pleine effervescence des trente glorieuses et des constructions parisiennes, Eric Frontin, maçon à la sauvette, se tuait au travail pour terminer dans les temps, disons avec quelques semaines de retard, l’ouvrage de l’architecte en vogue Mr Louis Decroix. Nous étions en fin de journée, Eric était en train de décoller, non sans peine, une affiche de propagande, qui revendiquait le statut des ouvriers immigrés dans la capitale française quand il entendit un craquement violent au dessus de lui. Il leva la tête et aperçu un des plateaux de l’échafaudage qui était en pleine chute. Il n’eut pas le temps d’éviter l’objet qui lui provoqua une douleur terrifiante dans la moelle épinière, à l’impact il s’effondra à genou, et tandis que son cœur ralentissait il appuya sa bouche sur la pierre ensanglantée. Il raconta brièvement quelques souvenirs mais surtout il déposa sur le calcin du mur la dernière phrase de sa vie :
    – ma Katie, ma fille, tu es né il y a deux jours et déjà je t’abandonne. Sache que ton père t’aime profondément et qu’il te laisse un dernier baiser sur le front.
    Suite à cela il s’écroula et fut déclarait mort par les premiers secours arrivés sur les lieux du drame.
    Après cette déclaration émouvante la stupeur gagna la cellule. Très vite la première équipe organisa son plan de recherche en essayant de retrouver une dénommée Katie Frontin né le 13 février 1948.
    La deuxième histoire se tramait le 15 mai 1968 dans les premières heures de la césure du peuple français contre l’emprise du libéralisme croissant. En pleine après midi de révolte étudiante contre le pouvoir gaulliste, la jeune Corinne Falubert, scandait haut et fort les revendications d’époque qui demandait aux arcanes du pouvoir de fléchir face à la vox populi. C’est dans son parcours de rassemblement aux côtés de nombreux compères qu’elle emprunta le boulevard des Menuts poing levé au ciel et porte voix à la bouche. Son chemin croisa celui d’une patrouille de police qui sans réfléchir chargea les jeunes manifestants. Dans un échange de coup de part et d’autre, la pauvre jeune femme recevit un pavé sur la tempe gauche de son visage. Un éclair foudroya Corinne, qui chancelante, s’affaissa à genou et posa les mains sur le mur le plus proche, celui-là même qui fut le théâtre de la précédente mésaventure. Dans les derniers instants de son agonie, Corinne Falubert dégaina en quelques flashs, sa vie, ses histoires et les émotions les plus vivaces de sa jeunesse engagée. Ensuite elle s’effondra inconsciente sur la rue dans la confusion générale.
    A la fin du monologue de Marie D. la deuxième équipe fut un peu perplexe quant aux démarches à entreprendre. Partant d’un postulat moins macabre que le précédent, ils se mirent à enquêter sur une certaine Corine Falubert ayant vécu sur Paris dans la fin des années 70.
    Le troisième et dernier témoignage, racontait le dimanche 4 novembre 1979. Nous étions en fin de matinée, la brocante du quartier était en pleine effervescence et quelques rayons de soleil agrémentaient le programme dominical. Dans les bruits des négociations et celui des sirènes de pompier alertées par un malaise à l’intersection du Boulevard des Menuts et de la rue Victor Hugo, le jeune Guillaume Soubiront, remontait en trottinette le boulevard les poches pleines de vignettes « panini » et de billes en agate. Il sortait juste de la messe où comme chaque dimanche il avait droit à confesse et à un hostie tout mou au gout infâme. Il se remémorait la scène et ricanait de ne pas avoir avoué son terrible mensonge. Au même moment la roue avant de son embarcation heurta un pavé de la rue, celui là même qui blessa à la tête la jeune Corinne des années plutôt. Guillaume tomba les mains en avant et sur le choc cassa sa gourmette en argent. Il poussa un léger « aïe » de douleur et se releva pour ne pas être trop ridicule. Il pensa soudainement que son malheur avait été provoqué par sa pensée calomnieuse, et sans réfléchir se mit à genou les mains croisés, comme s’il priait, et avoua sa tromperie. Il détailla une scène où un ennemi public numéro 1 fut abattu devant ces yeux quelques rues plus hauts. L’homme s’appelait Jacques Pesrine, il était recherché par toutes les polices de France et fut criblés de balles en quelques secondes. Un Lieutenant de police lui demanda de témoigner qu’il y avait eu sommation avant les coups de fusils. Comme « la vérité sort toujours de la bouche des enfants », tout le monde me croirait. Mais l’enfant savait que rien n’avait été dit avant la rafale de tirs.
    La consternation avait assaillit la pièce est personne pendant plusieurs minutes n’osa dire un mot, une phrase ou un bruit. Après ce long silence pesant face aux circonstances, un des membres du troisième groupe, se leva et pudiquement annonça qu’il allait rechercher la femme de Pesrine qui avait survécu à l’assaut tragique de son mari.
    Les jours qui suivirent les histoires de Marie D., une équipe soignante et Laure F ., restèrent au chevet de la malheureuse témoin. Elles lui prodiguèrent des soins quotidiens pour qu’elle puisse supporter son effroyable position. Ce n’est qu’après dix jours de supplice que le dénouement de l’histoire arriva. Les trois équipes avaient retrouvé dans l’ordre de citation et de manière chronologique les trois femmes que Marie D. avait distinguées. Mlle Katie Frontin âgé de 63 ans se tenait debout et attendait une véritable explication à ce « cinéma » peu distrayant. Mlle Corinne Falubert quant à elle se déplaçait en fauteuil roulant, stigmate d’une longue période de coma d’où elle se réveilla un an après le drame de mai 68 paraplégique et amnésique. Mlle Laetitia Jeanjacquepot était silencieuse et avait les yeux rougis par la nouvelle récente que lui avait confié les enquêteurs.
    Le directeur de la prison, devant les enquêteurs, un psychiatre, les trois demoiselles et les deux prisonnières raconta l’ensemble de l’histoire qui se déroula les quinze derniers jours dans son établissement. Il n’oublia aucun détail puisqu’i avait pris le soin de tout noté et de tout filmé. Dans un dernier souffle demanda aux trois femmes de s’approchaient de Marie D.
    Marie D. demanda à Katie de s’approcher du mur et de mettre son front sur celui-ci, cette dernière s’exécuta. Marie D. souffla les mots du père meurtri et à la fin de l’énoncé, Katie sentit comme un baiser sur son front, elle recula subitement surprise par cette sensation. Une larme coula sur sa joue droite et sans demander une explication alla se blottir comme une enfant dans le coin de la cellule.
    Ce fut le tour de Corinne de s’approcher de Marie D., qui lui demanda de poser ses mains sur le mur tout en relatant les choses perçues quelques jours plutôt. Après l’ultime son qui sortit de la bouche de Marie D., Corinne tressaillît comme si elle avait été électrocutée, son fauteuil recula sous la force du phénomène et elle regarda Marie D., en lui avouant qu’elle avait retrouvé ses souvenirs d’antan.
    Les passages successifs de Katie et de Corinne n’avaient rien changé de l’inconfort éprouvant de Marie D. Elle somma donc Laetitia de la rejoindre et lui demanda de coller son oreille sur le mur qui l’emprisonnait depuis tellement de temps. Laetitia accomplissant les recommandations de Marie D., posa son oreille sur la pierre humide de l’enceinte carcérale, et à l’audition de l’aveu de Guillaume souffla soulagée que sa version des faits était confirmée.
    Au moment où les mots finirent de s’échapper des lèvres de Laetitia, Marie D. se redressa sans réagir dans un premier temps, mais dès qu’elle reprit ses esprits se jeta dans les bras de Laure F. ,sa confidente privilégiée, tout en criant sa joie d’être libre en quelque sorte. L’ensemble des acteurs était sans voix devant un tel spectacle ahurissant et déconcertant.
    Marie se retourna vers Laetitia pour la remercier mais elle remarqua qu’elle se trouvait toujours l’oreille contre le mur et qu’une larme coulait de son visage. Elle s’approcha d’elle et Laetitia la regarda en lui avouant que le mur avait d’autres histoires à raconter… »
    Merci de votre abnégation pour lire ma nouvelle un peu longue je l’admets.
    Au plaisir.
    © Mickaël Dubord

    • Pascal Perrat dit :

      Vous avez raison, c’est un peu long. Vous avez un trop plein d’idées, essayez de le canaliser. Savez-vous qu’au-delà de 800 signes ou caractères la plupart des personnes
      abandonnent leur lecture ?

  8. Pascal Perrat dit :

    J’aime beaucoup ce texte qui se rapporte à une certaine réalité.

  9. Alain dit :

    De l’autre côté du mur

    Un murmure sur un mur, un jour, s’est posé. Celles qui y collaient l’oreille ne pouvaient s’en détacher.
    Elles entendaient une musique céleste qui les ravissaient.
    La rumeur se répandit. Bientôt, on fit la queue au mur des murmures et un temps d’écoute dut être institué.

    Inexplicablement, les hommes n’entendaient rien.
    Cet engouement, on le devine, provoqua de nombreuses plaintes de la population mâle qui considérait d’un très mauvais oeil d’être ainsi exclus d’une prometteuse félicité et de voir leurs épouses négliger leurs tâches ancillaires.
    Les hommes en colère prirent l’habitude de se rassembler de l’autre côté du mur des murmures pour exprimer leur révolte.

    Ainsi, d’un côté du mur, les femmes s’extasiaient, de l’autre côté, les hommes protestaient.

    Du côté masculin du mur, il se murmure aujourd’hui que l’on doit à cet événement fortuit son appellation en « Mur des Lamentations » .

    Alain Lafaurie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Répondez à ce calcul pour prouver que vous n'êtes pas un robot * Temps limite dépassé

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.